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France, culture numérique

enseignement et formation

“La France est en mesure de jouer un rôle de premier plan dans la course au numérique"

Tel est le point de vue développé par Benoît Thieulin, Président du Conseil national du numérique (1), dans sa leçon de clôture aux tables rondes organisées, le 4 octobre par France Culture, sur le thème “L’année vue par le numérique”. Nous en présentons ci-dessous les grandes lignes.

Un champion du web social

Chargé par le Premier Ministre d’organiser une vaste concertation sur l’impact économique et sociétal de la révolution digitale en cours, M.Thieulin , créateur d’entreprise et chercheur, s’est illustré depuis vingt ans dans les domaines de la démocratie participative et de l’open innovation. A ses yeux, l’opinion selon laquelle la France aurait pris du retard dans la course au numérique est sans fondement. Il n’hésite pas à affirmer que “notre pays est actuellement l’un des mieux placés dans la compétition mondiale du numérique.”

M. Thieulin entend respecter dans la conduite de sa nouvelle mission les principes qui lui valent la réputation de “champion du web social.” Rappelant que la volonté des inventeurs d’internet , aux USA, était de “changer le monde , en mettant la conquête du numérique à la portéee des sans-pouvoirs,” il estime que “c’est aux citoyens de décider dans quelle Société numérique ils veulent vivre. “ Il nous faut donc, selon lui, conserver à cet espace son caractère originel de neutralité car il permet à chacun d’y disposer de la même liberté d’accès. Cette préoccupation nous impose une réflexion et des choix de nature politique autant que technologique.

De nouvelles missions pour l’Education Nationale

M.Thieulin observe qu’en ce qui concerne la maîtrise du numérique, “la Société civile a pris une longueur d’avance sur ses élites.” Il estime néanmoins que, dans la phase de “l’hyperinternet” que nous abordons, l’accompagnement de l’Education Nationale, qui lui a fait défaut jusqu’à présent, lui devient nécessaire. Notamment pour la sécurisation des réseaux digitalisés, actuellement inexistante.

Cette révolution culturelle, a-t-il souligné, implique une révision des priorités que J. Ferry avait assigné à l’Education nationale, et dont seule la première (former des citoyens à la vie démocratique) doit être maintenue. La deuxième, (donner des travaileurs à l’industrie, alors naissante) doit désormais être remplacée par le souci de former des professionnels capables de maîtriser la digitalisation en cours de l’ensemble de la Société.
Dans cette perspective, le Conseil national du numérique a rendu public le 3 octobre un rapport intitulé “ Quarante premières recommandations pour bâtir une école créative et juste dans un monde numérique. “
Parmi les mesures dès à présent envisagées pour la rentrée 2016, figure la création d’une filière destinée à être enseignée dans les lycées et qui pourrait s’intituler ” Bac en Humanités numériques.”

(1) Instance consultative de 30 membres, créée par un Décret du 13.XII.2012