Education et savoirs

Le Maître est l'enfant

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Nous rêvons tous d’un avenir radieux pour nos enfants : une vie personnelle féconde et une vie sociale harmonieuse. L’école les y prépare en partie. Alors, quelle pédagogie choisir ?
Le film documentaire « Le Maître est l’enfant »  invite à découvrir les grands concepts de la pédagogie Montessori et surtout comment ils se mettent en œuvre dans la réalité du quotidien d'une classe maternelle, dans la plus ancienne école Montessori de France qui se trouve à Roubaix. C'est là que le réalisateur Alexandre Mourot a posé sa caméra : pendant deux ans et demi, dans la même classe, celle de Christian Maréchal, où règnent le calme, la bienveillance et l'envie de travailler. De beaux mots qui prennent tout leur sens en découvrant les images du film qui est en salles jusqu'au 17 octobre.
 
 
Quelle valeur peut avoir la transmission de la connaissance, si la formation de l’homme est négligée ? » Maria Montessori
 
Alexandre Mourot, réalisateur et jeune père, regarde sa fille faire sa propre expérience du monde. S’interrogeant sur sa scolarisation prochaine, il décide d’aller tourner dans une classe d’enfants de 3 à 6 ans de la plus ancienne école Montessori de France. Dans une salle accueillante, avec des fleurs, des fruits, beaucoup de matériel, Alexandre rencontre des enfants libres de leurs mouvements et de leurs activités, qui travaillent seuls ou à plusieurs dans une ambiance étonnamment calme. Le maître est très discret. Chacun lit, fait du pain et des divisions, rit ou dort en classe.
Nous sommes loin des démonstrations pédagogiques et théoriques de la méthode Montessori (1), qui connaît actuellement un engouement certain en France. C’est un film d’observation, uniquement dirigé vers l’enfant et la façon dont il découvre le monde.
 
Pendant une année, le réalisateur filme la mise en œuvre de cette pédagogie de l’autonomie et de l’estime de soi que Maria Montessori voyait, en pleine fureur de la première moitié du XXe siècle, comme la promesse d’une société nouvelle de paix et de liberté.
 
Le film est sorti en salles en France le 27 septembre 2017. Tous les lieux de projection en France sont mentionnés ici.

Le projet

Maria Montessori, à partir de ses observations scientifiques, a découvert qu’en respectant la personnalité de l’enfant et en lui offrant un lieu répondant à ses besoins de développement, il pouvait s’épanouir et construire des bases solides pour vivre avec joie l’aventure humaine. En 1907 à Rome, elle a ouvert une école maternelle où elle a pu mettre au point une méthode pédagogique qui a eu très vite un retentissement considérable dans le monde et qui aujourd’hui est en plein essor…
 
Ce documentaire vous invitera à découvrir les grands concepts de cette pédagogie et surtout comment ils se mettent en œuvre dans la réalité du quotidien d’une classe maternelle où le réalisateur a tourné durant toute l’année 2015.
 
Le programme : partir à la rencontre des enfants, observer leur vie libre, et découvrir comment, au fil du temps, grâce à la confiance qui leur est accordée et à l’écoute de leurs besoins, ils gagnent en autonomie, en concentration, en confiance en soi, en auto-discipline, en ouverture sociale… et comment s’éveille en eux l’enthousiasme d’apprendre.
 
L’enjeu du film est aussi de restituer tous les défis que doit relever Christian Maréchal, qui cherche à exercer toujours au mieux son rôle d’éducateur avec les 28 enfants de 3 à 6 ans de sa classe. Comment s’y prendre pour installer et maintenir une ambiance paisible ? Pour que chaque enfant soit heureux, construise son estime de soi, nourrisse ses potentialités… ?
 
En voix off : des clefs pour comprendre les valeurs et le fonctionnement de cette pédagogie et Maria Montessori elle-même, grâce à des archives inédites, retrouvées dans le cadre de la préparation de ce film. Seront aussi évoquées les dernières recherches en neurosciences et en psychologie qui viennent confirmer les intuitions de la pédagogue.
 
 
 
Que serait l’adulte sans l’enfant qui l’aide à s’élever ?» Maria Montessori
 
Si l’on pense comme Maria Montessori que « l’enfant est le père de l’homme » se laisser guider par ce maître en amour, en enthousiasme, en intelligence, c’est ouvrir un chemin vers la paix et l’élévation de l’humanité.
J’ai découvert la pédagogie Montessori il y a quelques années, à la naissance de ma première fille, sans être sûr de bien comprendre de quoi il s’agissait. En mai 2014, la lecture d’un article dans la presse m’invite à acheter un premier livre de Maria Montessori. Conquis, je commence à avaler des livres…puis à envisager la création d’un film documentaire pour faire comprendre cette pédagogie. Je mène alors quelques entretiens avec différents acteurs de l’univers Montessori en France, qui, par leur enthousiasme si vif pour la méthode et par l’amour voué aux enfants, me décident à me lancer… A la rentrée 2014, je commence donc un travail d’approfondissement du sujet, des recherches d’archives, de multiples rencontres, et bien entendu, entame des journées d’observation dans des classes partout en France (22 au total). Ma passion pour le sujet ne cesse de grandir et je cherche activement un lieu pour réaliser mon projet. Cela sera finalement dans la classe de Christian Maréchal à l’école Jeanne d’Arc de Roubaix que je débute mon film en février 2015… Pendant les vacances d’été 2015, afin de parfaire ma connaissance du sujet, j’entame une formation d’éducateur Montessori International 3-6 ans.
J’ai beaucoup d’ambition pour ce film : la qualité la meilleure qui soit pour que les spectateurs vivent au mieux l’expérience de la classe et de la rencontre avec les enfants, et une large diffusion, y compris à l’international. En effet, il me semble que la pédagogie scientifique de Maria Montessori est une belle proposition pour l’avenir de nos enfants. Je suis persuadé que si l’on cherche à la comprendre, elle agrandit notre regard sur nos enfants et nous permet ainsi d’être plus juste dans nos relations avec eux.
Grâce à la participation de 2255 coproducteurs ayant apporté 142 375 euros lors du financement participatif mis en place en 2016, le film pourra sortir en salles à l’automne 2017 puis en DVD. Qu’ils en soient vivement remerciés ! Il reste toujours possible d’aider à la distribution du film en précommandant le DVD.
 
Alexandre Mourot, le réalisateur

Le financement du film

Du printemps 2014 au printemps 2016, tout le projet a été autofinancé par le réalisateur. En février 2016, l’association Dans le sens de la vie, productrice du film, a lancé un financement participatif qui a permis de recevoir 142 375 euros grâce à la générosité de 2255 coproducteurs.
Cette somme a permis de finir le film en finançant la post production et de commencer les avant-premières avant la sortie nationale de septembre 2017. Elle permet également de financer la réalisation et le montage des bonus du film qui iront sur le DVD.
Enfin, grâce au montant obtenu, une version en anglais et en espagnol du film sera réalisée. Sachez qu’il reste toujours possible d’aider à la distribution du film en précommandant le DVD.
 
 

Il faut mettre l’enfant au-dessus de la politique

C’est ce que déclarait Maria Montessori quand elle reçut la Légion d’honneur en 1947. Aujourd’hui, soixante-dix ans plus tard, le nouveau ministre de l’Education nationale explique que le meilleur moyen de dépasser les idéologies est de suivre les pistes ouvertes par les neurosciences quand elles observent les mécanismes d’apprentissage à l’œuvre dans le cerveau.
 
Maria Montessori, née en Italie en 1870, et bien qu’elle fût une des premières femmes médecins du continent, ne disposait pas de ces connaissances mais elle avait observé de près le jeune enfant. Son regard qui fixe intensément les adultes, la vraie joie qu’il éprouve à comprendre comment se combinent les êtres et les choses autour de lui. Avant les découvertes des neurosciences, Montessori se demandait comment l’esprit absorbant des enfants devenait un esprit comprenant.
 
Sa première création dans un faubourg pauvre de Rome en 1907 fut nommée la Maison des enfants. Une maison plus encore qu’une école, un environnement approprié où l’enfant pouvait concentrer ses énergies mentales afin de s’ouvrir lui-même un monde nouveau, prolifique, plein de merveilles. Pour cela, il lui fallait suivre et focaliser ses intérêts et ses énergies mentales.
Là encore, Montessori rejoint une préoccupation contemporaine : ne dit-on pas que nos régimes d’attention, soumis à toutes sortes de sollicitations immédiates, sont en train de se dégrader ?
Autour de Montessori, s’est constitué un mouvement qui concernait, dès avant la Première Guerre, trois continents. Aujourd’hui, 30 000 écoles se réclament d’elle. En France, où le « développement personnel » est prôné pour tous les âges, les méthodes Montessori ont plutôt le vent en poupe mais la tendance est aussi à la critique du pédagogisme. Là encore, faisons référence au ministre Blanquer. Il distingue une sous-discipline universitaire, jargonnante et sûre d’elle-même, le « pédagogisme » et le souci de la pédagogie que tous devraient partager. Montessori le définissait ainsi : donner et faire juste ce qu’il faut pour que l’enfant puisse agir par et pour lui-même. (Source : France Inter – Jean Lebrun – 05/09/2017)
 
 
(1) Maria Montessori a consacré sa vie à l' Homme, à l' étude de l'amélioration du potentiel humain sur la terre, en étudiant le développement naturel, physique et psychique de l' enfant dès sa naissance et même avant... 
Pour accomplir cette mission, Maria Montessori a dû affronter  et vaincre les préjugés de son époque, militant activement  pour la reconnaissance internationale de l'enfant et de ses droits.
Médecin et pédagogue italienne, Maria Montessori (1870-1952) s’est intéressée très tôt aux enfants et à leur éducation préscolaire. À partir de ses observations scientifiques, elle a découvert qu’en respectant la personnalité de l’enfant et en lui offrant un lieu répondant à ses besoins de développement, il pouvait s’épanouir et construire des bases solides pour vivre avec joie l’aventure humaine.
En 1907, elle ouvre à Rome sa première maison pour enfants en retard mental de 3 à 6 ans, où elle commença à y appliquer ses méthodes d’éducation. En 1913, elle organisa des cours internationaux, notamment aux États-Unis, où elle y créa un collège pour enseignants et dirigea une « semaine pédagogique ».
En 1929 elle fonde l’Association Montessori Internationale. Mussolini porta un grand intérêt à sa pédagogie comme le moyen de créer un Homme nouveau mais il imposa l’uniforme fasciste dans les écoles, ce que Maria Montessori refusa. Il demanda alors la fermeture de ses écoles. Maria Montessori quitta l’Italie pour aller en Espagne. Elle fut ensuite invitée en Inde par la Société théosophique où elle y donna une formation sur ses méthodes qu’elle développa jusqu’en 1946.
En 1952, elle put retourner en Italie mais préféra s’installer aux Pays-Bas jusqu’à sa mort. Son fils Mario continuera son œuvre.

 

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