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A l’ère du tout-numérique, le support papier est-il condamné à disparaître ?

img-presse-mondeLe journal Le Monde organisait la semaine dernière une conférence-débat autour du thème « Planète papier et météorite numérique ». Conférence animée par la Société des lecteurs du Monde en la personne de son Président, Christian Martin, en partenariat avec l'association Culture papier et son Président, Laurent de Gaulle.

Culture Papier est une association dont les priorités sont la lutte contre les idées reçues affectant le papier, la valorisation du papier et sa complémentarité avec les supports numériques, et le développement des pratiques et usages responsables du papier et de l'imprimé.

 

Laurent de Gaulle considère le numérique tout connecté dans son instantanéité, même sans onde, ni connexion internet, comme une pollution constante, sans apport de réflexion. Alors que le support papier privilégie et nourrit une information plus précise, bien traitée, générant une pensée plus innovante, à l'écart de cette pollution d'informations tous azimuts. « Le papier n'est pas obsolète. Le secteur papier s'est toujours remis en question pour faire de la recherche, se lancer dans l'innovation. Le problème aujourd'hui c'est qu'il doit montrer qu'il existe et il doit le faire plus vite qu'avant. Par ailleurs, sur un plan économique, le papier fait partie des matières premières qui se renouvellent le plus, recyclables et parfaitement maîtrisées en France. La filière papier est très complémentaire du numérique car elle sert tous les intérêts de fond pour penser ensemble un avenir pleinement humain, tout à fait novateur mais qui devra jongler avec le numérique comme outil complémentaire. C'est ainsi que fonctionnent nos imprimeries en France. »

Avec cette profusion de l'information offerte par Internet, cela ne nécessite-t-il pas de revoir les problèmes de la hiérarchisation de cette information, le « bien informer » ? Faut-il de nouveaux codes avec le numérique versus papier ?

Serge Michel, Directeur adjoint des rédactions du Monde, répond : « On construit le site du Monde dans la hiérarchisation de la Une du journal, en fonction des sujets auxquels on croit. C'est un processus dynamique car le site se construit et évolue au fil de la journée. Le sommaire reste en moyenne 30 minutes en ligne et est renouvelé et mis à jour constamment. (Ce n'est pas le cas d'autres sites, notamment celui du Figaro où il s'agit là d'un flux constant d'informations où tous les sujets sont mélangés.) C'est une expérience différente de celle du journal. Il y a néanmoins des sujets qui vont provoquer un taux de lecture important et on a tendance quand même à les mettre en lien. Mais il y a toujours une cohérence de décision entre les différentes rédactions du monde ».

L'autre grand avantage de l'information numérique, c'est la démultiplication de l'information. Sur le site du Monde, par exemple, il est proposé des services d'archivage : terminé l'âge d'or pour la presse où les lecteurs découpaient les articles qui les intéressaient et les classaient dans des chemises en papier ; désormais, ce service se fait directement en ligne. A ce propos, toutes les archives du Monde depuis sa création en 1945 sont en cours de numérisation et seront mises en ligne vers mars ou avril 2012. Pour les équipes des deux rédactions du journal, ce sera là un très bel hommage rendu à tous les rédacteurs du journal.

L'internet permet également d'envoyer un article à des centaines d'autres lecteurs, et par extension à des réseaux sociaux et à faire partager l'information dans le monde entier.

Le papier ne vivrait-il que grâce au numérique ?

Raymond Redding, PDG des éditions Nouveaux Débats publics et auteur de « L'écrit fait de la résistance » s'étonne : « j'aurai plutôt tendance à penser que le papier nourrit le numérique. S'il n'y avait pas de papier, il n'y aurait pas de numérique. »

Philippe Jannet, PDG du monde interactif, répond : « Je pense que s'il n'y avait pas de numérique, il y aurait moins de papier. Le numérique est devenu la première source d'abonnement au journal papier. La marge financière du numérique est plus importante que celle du journal. »

Mais le papier n'a pas fini de surprendre ! Quel support favorise le partage de l'information avec autant d'émotion ? Il est encore le support idéal pour nos échanges intellectuels, culturels,... Il offre des moments de liberté, d'évasion et de plaisir : rien ne remplace l'émotion si particulière que provoque l'ouverture d'un courrier, la lecture d'une lettre manuscrite ou d'un livre.

Alors, pourquoi ne pas « augmenter » ces plaisirs en combinant papier et numérique ? Avec SmartPaper, n'importe quel document, texte, œuvre picturale, produit ou objet devient numérique ; sans rajout de tags, QR Codes ou autres artifices. Emparez-vous du pouvoir de la créativité et participez à la révolution du papier !