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Le 1″ nouvel hebdo" – une vraie bonne Idée ? (mon avis ) et interview de J. Rifkin

Ce mercredi 15 octobre vient de sortir dans nos kiosques un nouvel hebdomadaire « Le "1″ : un nom minimaliste comme son concept qui sonne un peu comme l’Article 1er des droits de l’homme (le seul que tout le monde retient et connait !)

Ce que j’aime

Son format concept éducateur simple : une grande feuille de papier de 84 cm avec 1 seul sujet par semaine sous de multiples angles et points de vues (1 décryptage) et pas de publicité. Sur le site du « 1 » ont peut lire que le journal se déploie "comme une grande aile d’oiseau dans le ciel mouvementé de la presse écrite". Effectivement, sur une seule et même grande feuille, pliée en huit, on peut lire en trois temps un sujet et prendre son envol (déploiement judicieux d’une idée).

Dans une interview accordée à La Croix, le fondateur Eric Fottorino explique que son journal propose trois « moments » de lecture : "Le premier format, tout plié (format A4), invite à une approche sensible, émotionnelle, littéraire du sujet. En effectuant un premier dépliage (format tabloïd), vous accédez à un second univers  : celui de l’analyse et de l’expertise, avec aussi de la philosophie… Lorsque vous le dépliez complètement (format carte routière), c’est l’invitation au voyage, à un ailleurs où l’imagination et le rationnel se réunissent" . Enfin, un media qui intègre l’économie de l’attention neuro scientifique.

Je m’interroge

A la lumière de l’interview de Rifkin ci-dessous je me dis que l’on est loin d’un media à coût marginal ! Loin de la reconnaissance d’une intelligence collective, de makers penseurs .. vous découvrirez que l’hebdo est composé de nombreux intellectuels, penseurs de « l’ancien monde » (certes j’aime certains ..) mais on est encore englué dans un monde d’idées qui datent du siècle des lumières et beaucoup trop insulaire (france / europe) .. J’espère par ailleurs que l’hebdo ne va pas tomber dans une version Haiku du Monde ! Et puis cette idée du luxe grand public ! Faut arrêter de vouloir tout designer ! (cf le choix du papier dit luxe !)

Comment j’imagine les médias ?

Des médias de consciences qui inspirent le changement et poussent à la transformation d’une idée en action. Des médias « vivants » totalement organiques qui s’enrichissent des contributions de chacun qui évolue et grandissent : un sujet pourrait vivre de un à trois ans et être un déclencheur-incubateur de projets !
Des journaux TV micro métrage qui nous fassent passer « une journée avec » : une journée avec des makers, une journée avec un virtuose de la musique, une journée avec un hatchers ; une journée avec des acteurs du changement disséminés dans le monde entier ; une journée avec de vraies gens ; une journée avec un artiste, etc. Et un journal, un mag sur mobile avec plusieurs choix de format lectures – des bulles de sensations pensées (images / mots) des vidéos, des images, en bref, long, version chercheurs (avec sources, vrais précis de liens et références – perso c’est le format que je prendrais mais je suis 0,1% représentative de la population ! 

Des médias miroir d’un mega cerveau planetaire – une co-conscience étendue : mille et une intelligences pour mille et une consciences et mille et une actions.

Mais par nature optimiste, je vais acheter et suivre le 1 qui promet d’inspîrer (donc j’adhère !) et je ferais partie de ceux qui le déplient totalement d’ailleurs (ce qui n’a pas plu dans le metro ce matin !) … 1 pour tous – Tous pour 1 –

En attendant, je vous invite à lire cet article “comment ré inventer son travail” interview de Jeremy Rifkin parue justement dans le "1".
Voici les idées clés que je retiens centrées sur le basculement d’économie avec son éthique du Nous via les makers, le nouveau visage du social et les business « libérateurs » : impression 3D, Internet des objets … pour le nombre d’heures de travail etc lisez l’article mais ce n’est qu’accessoire selon moi

Pour rappel, Jeremy Rifkin est économiste, auteur de La Troisième Révolution industrielle (2012) et de bien d’autres essais remarqués. Il est le président de la Foundation on Economic Trends qui mène depuis la fin des années 1970 un travail de prospective sur les questions économiques, sociales et environnementales. Il vient de publier La Nouvelle Société du coût marginal zéro aux éditions Les liens qui libèrent.

Les idées clés à retenir

1 - La troisième révolution industrielle correspond à la disparition progressive du capitalisme au profit d’un nouveau système économique, fondé sur le partage et les communautés collaboratives.
2 - Cette transition, qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux, est la conséquence du développement des nouvelles technologies, et notamment de l’imprimante 3D, qui permettent de réduire considérablement le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production d’une unité supplémentaire.
3 - Grâce à l’« Internet des objets », l’humanité entière sera bientôt connectée. Sous réserve que la protection des données personnelles et le principe de neutralité du Web soient garantis, chacun pourra, sur son smartphone, tirer profit des Big Data [les données numériques à la croissance exponentielle] et devenir un véritable prosumer, mi-producteur, mi-consommateur.
4 - Une grande transition en cours
5 - Certains pays L’Allemagne, le Danemark et la Chine ont saisi avant tout le monde les enjeux de ce changement majeur. 
6 - En France, le Nord-Pas-de-Calais a pris de l’avance sur le reste du pays. Un certain nombre d’indus­triels se préparent à cette transition, sans pour autant complètement quitter la logique de la seconde révolution industrielle.
7 - La France : quels moyens pour la transition ? 
Le gouvernement affirme qu’il n’a pas le budget nécessaire pour suivre, mais c’est faux. Chaque année, l’Europe investit 780 milliards d’euros dans des infra­structures qui vont devenir obsolètes. Avec seulement 15 % de ce budget, l’Internet des objets pourrait être opérationnel d’ici 2040. De plus, la France détient certaines des meilleures industries spécialistes de l’électronique, des technologies de l’information et de la communication, toutes capables de prendre part à ce grand changement. Le pays a besoin d’air frais au niveau de son gouvernement. Il doit dépasser le clivage des partis politiques et prendre exemple sur l’Allemagne où les socialistes, les écologistes et les chrétiens-démocrates se sont alliés pour favoriser cette transition.
8 - Economie sociale solidaire du 21ème siècle (rien à voir avec l’éco sociale de marché)
“Elle représente des millions d’organisations, de coopératives et d’institutions de toutes sortes, ainsi que des milliards d’individus qui produisent et partagent gratuitement tous types d’objets et de services. Ces organisations créent du capital social, qui bénéficie à un groupe dans son ensemble plutôt qu’à un individu en particulier. C’est quelque chose que les machines sont incapables de générer.
Ce secteur grouille d’activité et voit de plus en plus de personnes s’impliquer dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, la culture ou l’environnement. Un milliard et demi d’individus appartiennent déjà à des coopératives. Certains s’engagent comme bénévoles, d’autres comme travailleurs. Si demain l’économie sociale venait à disparaître, c’est toute la société qui s’effondrerait. Au niveau des créations d’emplois, il s’agit du secteur à la croissance la plus rapide dans plus de 40 pays : il représente jusqu’à 14 % de l’emploi dans certaines régions de l’Europe.

Maryline Passini, Fondatrice et directrice de l'agence de prospective Proâme