Société de l'information

Le smartphone provoquerait des fuites de bande-passante dans notre cerveau

smartphone addict
C’est une étude tout ce qu’il y de plus sérieux qui l’affirme : la simple présence d’un smartphone à nos côtés réduirait nos capacités cérébrales, provoquerait une sorte de fuite de la bande passante de nos neurones, en bref, nous rendrait un peu plus stupides.
 
Des chercheurs américains ont publié une étude qui mesure, pour la première fois précisément, l’impact de la présence d’un smartphone à nos côtés. Cet objet du quotidien, devenu rapidement une sorte de prothèse indispensable d’une immense partie des êtres humains vivant sur cette planète, nous rend d’innombrables services, certes, mais ne concourt pas à améliorer notre intelligence. Bien au contraire.
 
La plupart des possesseurs de smartphone en ont fait l’expérience. Ce petit objet nous est indispensable. Nous en sommes mêmes parfaitement accros. Le dernier baromètre 2017 des usages des mobiles indique que 72 % des Français se déclarent dépendants à leur mobile.  Pas une conversation, même la plus enamourée, sans que nous portions un regard furtif sur son écran. Au cas où un sms serait tombé, ou un mail, ou une alerte importante. Les smartphones nous lient de façon quasi-organique à notre vie numérique, sociale, professionnelle, amicale… Le smartphone est devenu au fil des années un objet de dépendance. Mais quelle est son influence sur nos capacités cognitives ? Jusqu’à présent, on tissait des conjectures. Désormais, on sait scientifiquement que le smartphone réduit nos capacités intellectuelles. Même quand il est éteint mais à portée de notre main.
 
Des chercheurs de la McCombs School of Business de l’Université du Texas ont étudié un panel de 800 cobayes soumis à une batterie de tests de concentration. Certains membres du panel étaient autorisés à conserver leur smartphone (toujours éteint) tandis que d’autres acceptaient de laisser leur appareil dans une pièce éloignée.
 
Les résultats sont accablants pour ceux qui conservent leur smartphone près d’eux. Leurs capacités cognitives sont significativement inférieures à ceux qui se sont séparés de leur téléphone. Le phénomène laisse entendre que le smartphone aspire les ressources cognitives disponibles. Même quand il est inactif ou éteint, le seul fait d’avoir à ne pas y penser utilise des ressources cognitives. Pour le professeur Adrian Ward qui dirige cette étude, le smartphone est à l’origine d’une « fuite de cerveau » car il en mobilise constamment les ressources. Le seul fait d’avoir un smartphone à portée de main réduit la capacité à se concentrer et à effectuer des tâches.
 
Les jeunes souffriraient plus de ce handicap. Selon la dernière enquête du Credoc 95 % des 18-24 ans sont équipés d’un smartphone. Les jeunes enfants sont eux aussi concernés. L’experte des addictions, Mandy Saligari, déclarait récemment lors d’une conférence à Londres : « Je dis toujours aux gens : "Lorsque vous donnez à votre enfant une tablette ou un téléphone, c’est comme si vous lui donniez une bouteille de vin ou un gramme de cocaïne" »
 
 
 

 

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