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Isolement

« Veiller sur mes parents » ou comment faire payer la relation humaine

La Poste a lancé le service « Veiller sur mes parents » le 22 mai 2017 à grand renfort de publicité. Elle propose un ou plusieurs passages par semaine du facteur au domicile de personnes âgées, suivi d’un compte rendu de la visite par le biais d’une application sur smartphone. Un service payant pour se positionner sur le marché du vieillissement de la population, alors que les politiques publiques tardent à répondre à cet enjeu démographique.
 
« Tu te rends compte qu’avant ils gardaient les parents à la maison... on ne fait pas des enfants pour qu’ils s’occupent de nous. » Le clip publicitaire de Veiller sur mes parents commence ainsi. Une dame âgée, seule dans un appartement où le temps semble s’être arrêté. Après des considérations sur la vieillesse, le besoin d’autonomie et le maintien à domicile, la septuagénaire prépare et offre une tasse de café à un jeune facteur. La publicité chute sur l’offre de lancement de la prestation. Un forfait mensuel incluant une visite hebdomadaire du facteur et une télé-assistance fournie par Europ Assistance pour 19,90 € par mois pendant un an. Tel est le nouveau service que vend La Poste.

Un service ne relevant pas du médical ou du soin

Avec la télé-assistance et la visite du facteur, l’entreprise – encore – publique se propose de favoriser le maintien à domicile le plus longtemps possible d’un parent vieillissant et de rompre son isolement. Le souscripteur de l’offre reçoit un compte rendu à chaque visite à domicile grâce à une application mobile. Une réponse au vieillissement de la population et à la crainte d’un remake de l’hécatombe de la canicule de 2003, pour cette offre proposée juste avant l’été ?
 
Les mots utilisés par La Poste pour promouvoir son service peuvent le laisser imaginer. Veiller, maintien à domicile, visites, rompre l’isolement, rassurer, bien-être... tout le vocabulaire utilisé renvoie à la notion de prendre soin. La prise en charge de ce service par une entreprise publique renforce cette perception pour les usagers. Le groupe La Poste se défend cependant de toute ambiguïté : « Le facteur est là pour passer un moment de convivialité, de discussion et d’échange. On n’est pas du tout dans le domaine médical. »

Marchandisation de la relation sociale

En plus de la télé-assistance, ce qui est vendu, c’est une courte présence humaine lors du passage du postier. L’offre d’entrée de gamme est à 39,90 € par mois (19,90 €, jusqu’au 31 décembre 2017) pour une visite par semaine. « Le prix du service correspond aux prix du marché de la téléassistance », assure le service de communication de La Poste. Les entreprises fournissant des boîtiers d’alarme et une assistance téléphonique 24 h/7j proposent effectivement des offres autour de 30 €. Les passages supplémentaires du préposé des postes, au-delà de la relation hebdomadaire, sont cependant grassement facturés. Un second passage coûte 59,90 € (29,90 avec l’offre de lancement). Pour quatre ou six visites par semaine l’offre promotionnelle disparaît et la facture grimpe à 99,90 € et 139,90 €.
 
Le facteur ne reçoit pas de rémunération supplémentaire pour une prestation intégrée à sa tournée, sans compensation de temps. Le prix semble élevé pour quelques minutes par visite. « Est-ce que la personne qui en a besoin sera la personne qui va s’abonner ? », s’interroge de son côté Gilles Berrut, membre du bureau de la Société française de gériatrie et gérontologie. C’est l’inconvénient « du modèle payant individuel ». Pour le médecin, « l’installation d’un boîtier ne permet pas le maintien à domicile, même associé à la visite du facteur ». Cependant, le service a la vertu à ces yeux de créer une dynamique.
 
Pour lui, le maillage territorial de soutien aux personnes âgées est insuffisant. D’ici une décennie, la France subira un choc démographique. À ce moment-là, en 2027, « un tiers de la population aura plus de 65 ans ». Les politiques publiques n’ont pas suivi, laissant le champ libre au secteur privé. Gilles Berrut voit La Poste comme un acteur important pour l’avenir et analyse le service proposé aujourd’hui par l’opérateur public comme une première phase présentant de nombreuses imperfections. Une bienveillance qui n’est pas partagée par les internautes sur les réseaux sociaux, où le Poste-bashing fait rage depuis le lancement de « Veiller sur mes parents ». Peut-être une des raisons de la faible réussite du nouveau service. La Poste n’avait enregistré qu’un millier de contrats au 11 juillet, dont les deux tiers pour une visite unique par semaine.

Des facteurs peu convaincus

Qu’en pensent les facteurs chargés de fournir ce service ? Un contrat Veiller sur mes parents a été signé sur les tournées de Mathieu, Alice et Marion (les prénoms ont été modifiés) au début de l’été. « La publicité est totalement fausse », s’exclame Marion. L’image, dans la campagne promotionnelle, du facteur assis, buvant le café et prenant le temps de discuter ne correspond pas à sa réalité.
 
« Je lui demande comment cela va. Si elle me dit qu’elle va bien, je coche « rien à signaler » sur l’application, je la fais signer et je continue la tournée ». Pas de café, pas de temps pris pour discuter. L’opération dure moins de cinq minutes. Les nombreuses suppressions de tournée et réorganisations dans les bureaux de distribution ont fait la chasse aux temps morts. Après quatre ou cinq coups de rabot en 10 ans, les agents n’ont plus de marge de manœuvre. Alice, factrice depuis cinq ans, ne se destinait pas à ce métier. Elle a débuté en CDD, et ne s’imaginait pas rester. La découverte du contact avec le public sur sa tournée, associé au sentiment d’être utile, lui ont plu. Elle est restée. Aujourd’hui, faire payer la relation humaine la rend mal à l’aise. Ses collègues rappellent qu’ils faisaient cela gratuitement auparavant.

Une mise en route qui tient du bricolage

Pour Marion, ce service « sert surtout à rassurer les gens ». La personne âgée chez qui elle se rend a récemment fait une chute. Sa fille inquiète a signé un contrat pour un passage quotidien. « S’il se passe quelque chose, je n’ai pas envie d’être responsable », s’inquiète la factrice. La direction de La Poste affirme de son côté que l’entreprise est seule responsable. Mais cet élément n’a pas été communiqué à Marion. Malgré une formation, de nombreuses questions pratiques restent sans réponse.
 
Alice ne fait sa visite qu’une fois par semaine. Une formation, établie en collaboration avec le Gérontopôle des Pays de la Loire, lui a été dispensée durant l’hiver, sous forme d’e-learning. Elle a passé trente minutes après sa tournée seule devant un ordinateur pour apprendre les bons comportements avec les personnes âgées. Les agents reçoivent ainsi quelques conseils numériques : parler en face de la personne, garder de la distance si elle est trop en demande, ne pas crier... Le tout sous forme de saynètes. Une feuille de route jugée un peu mince par les agents de la distribution du courrier, pour faire face à toutes les situations pouvant se présenter avec une population vieillissante. L’habilitation lui a été donnée au dernier moment par La Poste fin juin. Elle a duré cinq minutes et a porté essentiellement sur la maîtrise technique de l’application mobile.
 
Le premier problème rencontré est celui d’avoir un service rendu régulier et réalisé par le même agent pour ne pas déstabiliser les personnes âgées. Surtout en période estivale avec les départs en congé. Pour effectuer la prestation sur la tournée de Mathieu, ses chefs ont prévu deux suppléants au maximum, définis nominalement. Il a déjà été remplacé à deux reprises en 15 jours lorsqu’il était en RTT, mais, par deux facteurs différents et non prévus à cet effet. Même problème sur la tournée de Marion. « Quand j’ai dit à la dame que je partais en congé, elle n’était pas contente. Ma remplaçante n’a pas été bien accueillie. » L’organisation concrète du service risque d’être compliquée alors que le personnel du bureau de distribution de Marion, Alice et Mathieu est composé d’environ 40 % de facteurs en CDD et d’intérimaires.
 
Stéphane Ortega
Cet article a été publié la première fois par Bastamag.
Image d’en-tête : Chalmers Butterfield
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vie associative

Les nouveaux territoires de la vie associative au XXIe siècle

Une civilisation à la dimension planétaire interactive et culturellement métissée est en parturition, remodelant nos paysages associatifs et institutionnels. Que peut-on en attendre pour la cohésion de notre corps social, en danger d’effritement ? Peut-on l'instaurer sur des bases solides ? Les fourmis de la solidarité associative répondent par l’affirmative et ouvrent des horizons nouveaux à la vie sociale dans notre pays.
 
« Une espèce d’émeute lente, dépourvue de relais sociaux capables de lui donner une forme collective ». Telle est la vision du sociologue (1) sur l’état de notre corps social. Le spectacle est tout autre pour les citoyens engagés dans la vie associative, dans la mesure où ils y sont appréciés en tant qu’« entrepreneurs sociaux » , «explorateurs spirituels» ou encore  «travailleurs de l’intelligence. »
 
Ce faisant, Ils œuvrent à transformer la cohabitation conflictuelle individus/Société en une dynamique de co-éducation pacifique, qui s’avère contagieuse. Tant il est vrai que le progrès de la Société ne tient pas à des performances grandioses mais à un ensemble cohérent d’avancées modestes qui renouvellent les mœurs et les opinions. 

La galaxie du « sans buts lucratifs »

Il se crée annuellement dans notre pays, qui en compte près d'un million et demi, pour un effectif de 12 millions de bénévoles, quelques 33 000 associations « sans buts lucratifs » se réclamant de la loi de 1901. L’article 1 de cette loi leur autorise toutes les activités légales, à la condition que, dans ce contrat, les « personnes qui conviennent de mettre en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances, et leurs activités poursuivent un autre but que celui de partager des bénéfices. » A l’heure actuelle, ce sont notamment les secteurs de l'action sociale, de l’environnement ou de type "think tanks" qui recrutent le plus grand nombre d’adhérents.
 
Statistiquement parlant mal connu, notre paysage associatif s'engage depuis plusieurs décennies dans une révolution culturelle, qui conduit ses acteurs à se passer de gouvernance de type hiérarchique, pour s’autogouverner en « union libre, » au moyen de collectifs d’animation .

Privilégier les valeurs de la relation

Ce nouveau comportement de la vie associative entend privilégier au quotidien les valeurs de la  relation interpersonnelle. D’où le style festif de ses manifestations dont la priorité, selon des témoignages recueillis sur le vif, est « de placer la joie de vivre au cœur d’un projet collectif, à l’exclusion de tout militantisme de type sacrificiel. « Chacun est invité à s’y rendre, non pas avec une ambition ou un point de vue personnel à défendre mais avec des ressources à partager, ce qui lui permettra « de recharger ses batteries à bloc, d’approfondir ses attentes et de les concrétiser dans un pas en avant ."
 
Et c’est sur cette longueur d’onde que les entrepreneurs sociaux de ce style animent  solidairement des lieux de rencontre en forme de gîtes d’étape et de forums de discussion et non pas essentiellement des plateformes de luttes idéologiques. De ce fait, leurs alliances avec d’autres réseaux ne sont pas des pactes défensifs, mais reposent sur une manière de s’accorder sur des enjeux afin d’être en harmonie avec des actions. 
 
Pour leur part, bon nombre de militants associatifs ne se contentent plus aujourd’hui du statut d’intermittents, mais préfèrent s’investir dans une forme de mobilisation quasi permanente en faveur des causes de leur choix. Comme me l’ont confiée certains, « J’’y pense tout le temps. Cette aventure attend de moi une présence vivante. Elle me donne à réfléchir et me rend vigilant au destin commun que nous incarnons. Jusqu’où ? Pour qui ? Est-ce une rencontre comme une autre ? "
Reprenant le cri « un autre Monde est possible », cher au Mouvement surréaliste des années 30, cette jeune génération évoque explicitement des préoccupations de cet ordre :
-              Remplacer l’autorité hiérarchisée par l’intelligence collective,
-              S’investir dans la joie de vivre et les valeurs culturelles,
-              Conjuguer développements personnel et social, de façon à "grandir en humanité," 'expression née au congrès annuel inter-associatif de Lyon intitulé "Dialogues en Humanité."
             
Si les perspectives d’avenir de ce nouvel état d'esprit sont indéniables, elles ne font pas nécessairement l'unanimité dans tous les milieux.
Ecoutons à ce propos Geneviève Esmenjaud, thérapeute Vittoz : « Oui, depuis quelque temps, ça bouillonne de partout dans la vie associative mais l’horizon de sa rénovation est encore incertain. Je ne suis pas pessimiste, mais mon pronostic est réservé. Nous sommes fragiles. Ce qu’il nous faudrait, c’est une vision claire de nos attentes et des enjeux d’une telle rénovation. Et aussi une formulation des comportements qui nous aiderait à avancer. "
Malgré ces difficultés, nos contemporains demandent de plus en plus souvent à ce milieu associatif en genèse de les aider à surmonter leurs contraintes quotidiennes, dès le début de leur engagement : "Donnez-nous autre chose que ce que nous connaissons déjà " se plaignent ils, " car cela ne suffit plus à donner sens à notre vie. » 

Surprise-partie à l’auberge espagnole

Le néophyte dans ce cas devra s’attendre à un accueil du style « auberge espagnole » qui l’invitera à alimenter de ses ressources créatives la conduite du projet en genèse. « Bienvenue ici à tous ceux qui veulent changer le Monde » leur est-il promis en retour, avec cet engagement de la puissance invitante : « nos prestations sont proches de l’accompagnement individuel et du conseil méthodologique et ne relèvent pas de l’action politique. »
Lui seront alors proposés des ateliers de réflexion à la carte, des débats et animations sur le mode ludique ou théâtral, par exemple. C’est ainsi qu’après quelques mois d’incubation, l’intention fondatrice du Groupe en genèse pourra donner naissance à une dynamique de l’événement et faire ainsi école sur un mode original.
 
En ce domaine, l’expérience créative menée par le Congrès itinérant Intitulé : « Et si la beauté pouvait sauver le Monde » est sans doute l’une des plus réussies de ce panorama. Elle a rassemblé depuis 1993, dans plusieurs capitales mondiales, des centaines de participants venus de 23 pays et des horizons les plus variés, pour des temps de fête, de travail et de ressourcement. Selon Claire Fabre, sa co-fondatrice : « Ce congrès n’est ni un mouvement, ni une association. C’est un courant, un souffle, une interpellation qui oriente progressivement le chemin de ceux qui en sont à la fois la source et le réceptacle. »

Vers une nouvelle phase de l’Histoire ?

La portée et l’enjeu de ces dynamiques en émergences ne manquent pas de susciter un intérêt croissant dans la communauté scientifique, notamment chez les chercheurs édités dans les collections du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en Sciences sociales) dirigées par Alain Caillé.
 
Comme le diagnostique pour sa part l'Historien Emmanuel Todd, « Ce dépassement conscient de l’intérêt individuel témoigne d’un saut qualitatif de la conscience humaine... qui peut être le début d’ une nouvelle phase de l’Histoire. » (2)
 
Telle est bien, me semble-t-il, l’ambition du contrat associatif de deuxième génération, car il fait novation par rapport à son prédécesseur, en conduisant les partenaires qui s’y rallient à en assumer personnellement la mise en œuvre. Ce scénario, en leur donnant un pouvoir accru sur la conduite de  leur destin, leur permettra également de  vivre une aventure collective le plus souvent passionnante. 
 
Il est trop tôt pour que nous puissions définir l'éthique devant être respectée sur les nouveaux territoires de la mouvance associative.
Dans cette attente, contentons-nous d'adhérer à cette conviction du sage Amartya Sen : "Chacun doit aujourd'hui prendre en charge la survie physique et morale du Monde."
 
1)      D’après François Dubet, Le Travail des Sociétés, Seuil 2 000
2)      Après la Démocratie, Seuil, 2 000
 
 
 
 
 
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CESE

Le CESE sera transformé en « Chambre du futur »

Le président Emmanuel Macron a annoncé lundi une réforme du Conseil économique, social et environnemental (Cese) pour qu'il redevienne un "trait d'union" entre la société civile et les instances politiques, lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
 
Le nombre de ses membres sera réduit "d'un tiers" et ses règles de représentativité revues "de fond en comble" pour faire de cette assemblée "la grande instance consultative qui fait aujourd'hui défaut" à l'État, a-t-il dit.
 
Pour le président, le Cese est de ces "institutions de la République que le temps a figées dans les situations acquises quand le sens véritable de leur mission eût été d'incarner le mouvement vivant de la société française"
 
"Sa mission était de créer entre la société civile et les instances politiques un trait d'union, fait de dialogue constructif et de propositions suivies d'effets. Cette intention fondatrice s'est un peu perdue", a-t-il déclaré avant de souhaiter que le Cese devienne "la Chambre du futur, où circuleront toutes les forces vives de la nation".
 
Actuellement, le Cese comprend 233 membres représentant la société civile, désignés pour un mandat de cinq ans. Il se réunit deux fois par mois en assemblée plénière pour voter les avis présentés par ses différentes sections. 
 
Les avis du Cese, peu sollicité, restent souvent lettre morte. Son coût élevé lui est régulièrement reproché. Le Cese est présidé depuis décembre 2015 par l'ex-dirigeant du Medef Patrick Bernasconi. A suivre.
 
Source : AFP
 
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nouvelles solidarités

577 députés immergés dans « 24 heures de bonheur » ... pour la bonne cause

577 cardboards vont être distribués ce mardi 27 juin aux membres de l’Assemblée nationale nouvellement élue pour tester en réalité virtuelle « 24 heures de bonheur », film en 360° sur le quotidien d’une mère de famille dans la précarité. Une action de sensibilisation unique au cœur des acteurs publics, grâce à une technologie immersive et impactante.
 
La France compte 9 millions de personnes pauvres aujourd’hui, dont 2,7 millions d’enfants. Et pourtant les politiques pérennes de lutte contre ce fléau qui fragilise notre société et le vivre ensemble manquent à l’appel (manquent d’ambition/de l’ampleur nécessaire).
 
A l’occasion de cette nouvelle mandature, le Secours Catholique-Caritas France veut donner à voir, à vivre, à ressentir aux élus de la République le quotidien de ces personnes. Via la technologie novatrice d’un film réalisé en 360° de smartVR for impact qui permet de s’immerger dans le quotidien d’une mère de famille, le Secours Catholique souhaite toucher les décideurs publics pour qu’ils accordent à la lutte contre la pauvreté tous les moyens nécessaires.

Pourquoi un film en 360° ?

Chaque année, en novembre, le Secours Catholique publie un rapport statistique, véritable photographie des situations de pauvreté dans notre pays. Chaque année, l’association interpelle les politiques, les pouvoirs publics, les citoyens à partir des données recueillies sur le terrain. Celles-ci permettent également de nourrir les plaidoyers comme les actions de l’ONG. Mais cela ne suffit pas.
Trop souvent, l’indignation à la lecture des chiffres est désincarnée. Les lecteurs ont parfois du mal à se projeter concrètement dans la vie des personnes touchées. Le Secours Catholique a souhaité, via la réalisation d’un film en 360°, donner un visage, une voix, un regard aux millions de personnes qui en France se battent au quotidien pour survivre.
 
Ce film, de 3 minutes 37 secondes, permet à ceux qui le visionnent de s’immerger dans le quotidien d’une mère de famille et de son fils. Sans misérabilisme, mais sans fard non plus, ce film permet de vivre la journée d’une femme qui se bat pour offrir la meilleure vie possible à son enfant.
Ces familles monoparentales, en situation précaire, subissent une pauvreté lourde et durable. Elles cumulent insuffisance de revenu et isolement affectif. Ce sont majoritairement des femmes, particulièrement vulnérables. Un grand nombre d’entre elles sont dans l’obligation vitale d’accepter des emplois à temps partiel subi, à faible rémunération et à horaires décalés, peu compatibles avec leurs responsabilités de mères de famille.
 
Chaque année, le Secours Catholique accompagne 1,5 millions de personnes. Autant de femmes et d’hommes qui ont un visage, un nom, des rêves et des espoirs. Ce film c’est une façon de mettre en valeur leur humanité, au-delà des chiffres qui ne donnent pas à voir leur combat quotidien.
 
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La réalité virtuelle au service de l’impact social

La réalité virtuelle représente un nouveau levier clé pour créer de l’impact social et engager autrement le grand public sur des grands enjeux sociaux et environnementaux.
En créant smartVR for impact, son nouveau pôle indépendant, en février 2017, smartVR studio a souhaité mettre son expertise de la VR au service de grandes causes, dans la lignée du mouvement « Tech4good » qui rassemble depuis plusieurs années des entrepreneurs du numérique, engagés autour de grands enjeux de notre société.
L’objectif est double :
• créer ses propres expériences sur des grands sujets de société et démontrer l’impact de la VR pour développer l’empathie et l’engagement citoyen ;
• accompagner des acteurs responsables et engagés dans la révolution VR – associations, fondations, départements RSE des entreprises, institutions… – pour valoriser et développer leur impact social.
 
Pour Sarah Mariotte-Tirmarche, fondatrice de smartVR for impact : « la VR peut créer de véritables déclics émotionnels. Les expériences immersives touchent nos émotions, s’ancrent dans nos mémoires et changent notre rapport au monde. Elles permettent de s’immerger dans des situations qui nous sont parfois lointaines et nous donnent l’envie d’agir.  Au cœur de ce dispositif réside l’empathie, cette capacité à nous mettre dans la peau d’un autre, de ressentir ces émotions, de le comprendre et d’agir en sa faveur. »
 
Pour voir le film en 360° :
1) Téléchargez l’application dédiée baptisée « 24 heures de bonheur »  via le Playstore ou l’Applestore de votre téléphone portable
2) Une fois l’application installée sur votre téléphone :
•             ouvrez l’application
•             choisissez vos options
3) La vidéo se lance automatiquement, vous pouvez la mettre en pause.
•             sélectionnez l’option cardbord pour lancer le mode 360°
 4) Insérez votre téléphone dans le cardboard Secours Catholique-Caritas France (indications sur l’objet)
5) Bravo… Vous êtes prêts à visionner le film !
 
 
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jardin partagé

Tous unis autour des jardins partagés

Véritable vecteur de lien social, les jardins partagés encouragent la sensibilisation à la nature et le bien vivre ensemble. LogiRep, Trois Moulins Habitat et LogiOuest, filiales du Groupe Polylogis, ont mené plusieurs actions au sein de leurs résidences en partenariat avec des associations locales pour valoriser les espaces verts au pied des résidences.
 
Les jardins partagés sont un remarquable outil de réappropriation des espaces collectifs, pour une plus grande autonomie financière, sociale et alimentaire des habitants d’un quartier ou d’une commune. Cultiver son jardin, produire ses légumes, les cuisiner..., c’est une manière de redécouvrir le contenu de son assiette. C’est aussi l’occasion d’améliorer son alimentation, de découvrir ou redécouvrir l’origine des produits, la succession des saisons et de s’intéresser aux questions environnementales. De telles initiatives participent au grand mouvement citoyen qui traverse nos villes, nos villages et nos territoires. Il faut sortir de l’ornière où nous ont menés certains modes de production agricole et agro-alimentaire intensifs et mondialisés. Ces jardins changent l’atmosphère d’une cité ; c’est pourquoi des bailleurs sociaux se lancent dans l’aventure, contribuant ainsi à la diffusion des projets existants, dans une communauté de valeurs, d’objectifs et de méthodes, et améliorant les relations entre bailleurs et locataires.

Les jardins partagés comme ferment historique du lien social

Le saviez-vous ? Les premiers jardins partagés sont nés en France durant la seconde moitié du XIXème siècle pour faire face aux difficultés alimentaires. Les diverses initiatives locales ont inspiré l'abbé Jules Lemire, député du Nord, à mettre un coin de terre à disposition des ouvriers. Cette action a ainsi contribué à la création de la Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer en 1896, qui va par la suite s’étendre à toute la France.
Le système de jardin « nourricier » s’est étendu à d’autres populations avec la crise des années trente et l’occupation. L’objectif étant pour les habitants des villes d’investir l’espace public pour y cultiver ce qui faisait défaut dans les magasins. Après la guerre, une fois la pénurie alimentaire terminée, les jardins ont disparu.
Tout comme les jardins ouvriers à l’époque, les jardins partagés sont des jardins collectifs dans toute leur diversité. Ils visent à développer la sensibilisation à la nature et sont des lieux propices à la sociabilité et à l’échange. De nombreuses initiatives se développent chez les bailleurs sociaux pour promouvoir les espaces verts dédiés au jardinage.
« Par cette initiative, le Groupe Polylogis s’inscrit dans son projet RSE, en renouant avec une tradition très ancienne du logement social : les jardins familiaux. Chacun peut ainsi cultiver son jardin qui, outre l’agrément de manger sainement les légumes que l’on a produits, offre aussi une belle occasion de mieux se connaître, en échangeant avec son voisin. Les jardins familiaux deviennent alors bien plus qu’un lieu où l’on récolte ses légumes, ils sont aussi un espace de détente et de rencontre », explique Daniel Biard, Président du Comité exécutif du Groupe Polylogis.

Zoom sur les actions organisées par le Groupe Polylogis

Le bailleur social Polylogis et ses filiales LogiRep, Trois Moulins Habitat et LogiOuest, ont développé de nombreuses activités autour du jardinage.
En Ile-de-France et en Province, dans de plus en plus de résidences, des actions de fleurissement voire des projets de jardins partagés sont possibles, grâce au concours des locataires, en partenariat avec les collectivités et les associations locales.
Ces activités à caractère pédagogique permettent de fédérer autour du « faire ensemble », du « mieux vivre ensemble » (ateliers de jardinage, ruches, potagers, mise à disposition d’outils, etc.), et de sensibiliser les habitants et les salariés du Groupe aux enjeux environnementaux.
 
Parmi les manifestations organisées cette année :
 
- Clayes-sous-Bois (78) sur la Résidence de l’Avre (428 logements locatifs sociaux), une animation s’est tenue le 12 mai sur le thème « Que planter au printemps ? » avec l’association ESPACES autour de l’écologie urbaine. Elle a réuni 12 participants. Depuis la création du jardin en 2015, l’association est chargée chaque mois d’accompagner les locataires jardiniers qui se retrouvent et approfondissent ensemble leur connaissance et leur technique de jardinage écologique (ex : comment faire face à la pression ravageuse causée par les limaces).
 
Le jardin fait naître un cadre de convivialité : les femmes bénéficiaires du centre social et résidentes de LogiRep, ont apprécié le cadre d’accueil chaleureux et la dégustation d’une tisane à la menthe cueillie dans le jardin après l’animation.
Prochaine étape : la célébration des deux ans du jardin baptisé 'L’Avre de paix’ aura lieu le mercredi 28 juin 2017 autour d’une animation spéciale sur l’utilisation d’un four solaire dans le cadre de la Semaine Nationale des HLM.
 
- Saison de jardinage au potager "Casanova" (85 logements locatifs sociaux) à Rosny-sous-Bois (93), le samedi 8 avril. Depuis le début de l'année, l'association Rosny-Potagers a aménagé le terrain, construit des cadres en bois pour y installer les cultures, étalé du terreau et placé des copeaux autour pour rendre les allées plus agréables et praticables.
 
L’association a réuni quatre adultes et cinq enfants pour réaliser les premières plantations et installer des bacs de réserve d’eau pour l’arrosage. Des pommes de terre et des oignons pour commencer, puis des soucis pour agrémenter le jardin. Quelques semences de plantes aromatiques : persil, basilic vert et basilic pourpre et enfin les traditionnels ciboulette et cerfeuil.
La fréquentation des habitants des immeubles entourant le jardin se développe petit à petit, les enfants étaient au rendez-vous.
 
- Opération de fleurissement en avril 2017 de la Résidence des Bleuets et des Primevères (165 logements locatifs sociaux) à Verneuil L’Etang (77) avec une quinzaine d’habitants venus fleurir, le temps d’un après-midi, leurs pieds d’immeubles en présence de l’équipe de proximité.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des locataires autour d’un projet de jardin partagé. Trois Moulins Habitat, a également accompagné la création de l’association de jardiniers « Les jardins verts N’Oeillet ». Cette association s’est constituée autour d’un noyau dur de 3 locataires et d’une dizaine de locataires-jardiniers. Les habitants ont eux-mêmes défini les règles de fonctionnement, mais aussi la taille des parcelles, les règles d’attribution, conditions tarifaires, etc. Prochaine étape : le jardin est opérationnel mais l’inauguration aura lieu en septembre 2017 autour des premières récoltes !
 
- Ouverture du jardin partagé de la Résidence du Noyer Perrot (203 logements locatifs sociaux) à Moissy-Cramayel (77), avec le Centre Social ARC EN CIEL. Une quinzaine de locataires est déjà mobilisée autour du projet.
Le groupe immobilier composé de huit bâtiments a fait l’objet d’une rénovation et d’une résidentialisation. Le jardin vient compléter le projet en offrant une qualification aux pieds d’immeubles résidentialisés et en contribuant à une diminution des charges des locataires.
Prochaine étape : le jardin est ouvert depuis mars mais l’inauguration aura lieu le 2 septembre 2017 autour des premières récoltes !
 
- Création d’un « Corporate garden » au siège de LogiOuest. La filiale poursuit son engagement dans les démarches responsables en faveur du développement durable, et s’inscrit dans le mouvement ACTE HLM 2016-2020 en s’appuyant sur sa Stratégie Développement Durable 2016/2020, et plus particulièrement dans ce cadre sur son 3ème pilier « Communiquer sur les enjeux du développement durable auprès des parties prenantes internes et externes ».
Cette action vise notamment à  favoriser le partage des savoirs autour d’un thème et faire quelques récoltes et les partager sur place (cuisine du siège).
L’espace d’environ 4m² a été installé sur la terrasse du siège social donnant sur la Salle du Conseil.
Le 1er atelier d’inauguration et de 1ères plantations (tomates, fraises et aromates) a eu lieu le 15 mai sur un temps de pause-déjeuner avec 8 collaborateurs.
Prochaine étape : les salariés sont invités à jardiner chaque mardi midi, selon leurs disponibilités.

De nouveaux jardins partagés seront inaugurés par LogiRep en Seine-Saint-Denis et Trois Moulins Habitat en Seine-et-Marne : le mardi 27 juin à 18h à Montreuil (93) ;  le mercredi 28 juin de 14h à 18h à Saint-Denis (93) ; le samedi 2 septembre de 11h à 12h30 à Moissy-Cramayel résidence du Noyer Perrot (77) ; en septembre 2017 (date à venir) à Verneuil l’Etang résidence Bleuets Primevères (77).

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silver économie

Voisin-Age, le nouveau réseau social pour séniors, s’installe à Montreuil

Des gestes simples, des petites attentions au fil des jours, une vigilance bienveillante…. C’était un peu l’esprit « village » qui existait dans le temps mais qui a quasiment disparu de nos jours dans les grandes villes et dans les quartiers. La ville de Montreuil (93) a choisi le nouveau réseau social pour séniors Voisin-Age, comme manière inédite de retisser des liens sociaux et de replacer les personnes âgées au cœur de la vie de leur quartier et lutter contre l’isolement.
 
Voisin-Age, c'est la communauté web des petits frères des Pauvres qui met en relation des personnes âgées et leurs voisins en privilégiant la proximité, les affinités et la réciprocité des échanges. Un nouveau réseau social mais, à la différence de Facebook, favorise les rencontres réelles et non virtuelles entre les utilisateurs. Parmi eux, il y a d’un côté les « voisinés » et de l’autre les « voisineurs ».
Les voisinés sont des seniors qui créent leur profil et qui donnent des informations basiques pour l’alimenter. Ils précisent ce qu’ils recherchent : des personnes pour leur rendre visite, faire leurs courses, des petits travaux de bricolage ou simplement correspondre. Les voisineurs, eux, sont là pour entrer en contact avec les personnes inscrites dans leur quartier.
 
Avec quasiment 20 millions de personnes, les plus de 50 ans représentent aujourd’hui près d’un tiers de la population française. Les progrès de la médecine et l’amélioration des conditions de vie aidant, il y a inéluctablement de plus en plus de seniors dans un pays dit « développé » comme la France. Cette distorsion de la pyramide des âges engendre logiquement d’importantes évolutions sociales. Mais les personnes âgées sont les plus touchées par l’isolement et la solitude en France, par manque de relations sociales, comme le révélait la Fondation de France dans son rapport sur les Solitudes en 2014, qu'elle appelle "isolement relationnel". Comment agir contre cette perte de liens sociaux ?
 
Le principe de Voisin-Age est de mettre en relation les personnes âgées et leurs voisins, en privilégiant la proximité, les affinités, et la réciprocité des échanges.  Il n'y a pas d'engagement de temps. Chacun fait comme il peut et comme il veut. La responsabilité, partagée par plusieurs « voisineurs », devient légère.
Certes, les personnes âgées ont besoin qu'on prenne soin d'elles mais la réciprocité existe, avec une disponibilité et une efficacité que vous n'imaginez pas : Maryse peut réceptionner vos colis, arroser vos plantes ou récupérer votre courrier pendant vos vacances.
 
Une communauté web Voisin-age.fr réunit tous les membres de la communauté Voisin-Age. Il vous permet de rencontrer les personnes âgées de votre voisinage et les voisins qui sont déjà en relation avec elles. Ainsi vous pourrez coordonner vos actions entre voisins (visites, coups de fil, petits mots, coups de main…), partager vos expériences, vos idées... et vivre une expérience de solidarité enrichissante, en renforçant les solidarités de proximité et ce, entre tous les âges.
 
A Montreuil, Voisin-Âge est le fruit d’un travail entre le Service des personnes âgées de la Ville (CLIC), Les Petits Frères des Pauvres et Malakoff Médéric, groupe spécialisé dans la protection sociale. Un partenariat qui complète les actions menées par la ville en faveur du bien vieillir et des liens intergénérationnels bénéfiques à tous les habitants.
 
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Voisin-Age est déjà présent à Paris (75), Rueil-Malmaison (92), Sceaux (92), Nanterre (92), St-Quentin (02), Nantes (44), Toulon (83), Nice (06), Grenoble (38), Limonest (69), Roubaix (59), Rosny-sous-Bois (93) et Orsay (91) et se déploie progressivement sur d’autres villes et communes. A l'étranger des développements sont prévus à Madrid, Chicago...
 
En savoir plus : voisin-age.fr

 
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