UP' Magazine L'innovation pour défi

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Les concours EDF Pulse en Régions

Lancé par EDF au plan national en 2013, le concours EDF Pulse est déployé en régions. Pour une seconde édition en région Occitanie Pyrénées-Méditerranée (Toulouse, Montpellier, Perpignan, Nîmes, Tarbes, Rodez, Foix) et une toute première édition en Normandie et en région PACA. Sa vocation : valoriser et soutenir le développement d'entreprises innovantes du territoire ou comment les start-up vont révolutionner les pratiques de demain. 

Le concours EDF Pulse Normandie

EDF Normandie a lancé mercredi 5 octobre 2016 à Rouen (Seine-Maritime) la déclinaison régionale du concours Pulse, à destination des start-up. Objectif : développer de nouvelles solutions dans l'habitat connecté, la ville bas carbone et la performance industrielle.
La Normandie est l'une des premières régions où EDF décline son concours national Pulse, à destination des entreprises et start-up. Il a été lancé mercredi 5 octobre 2016 à Rouen (Seine-Maritime) par Alban Verbecke, délégué régional d'EDF. Ce dernier explique à Tendance Ouest le sens de ce concours : "Il existe depuis 2013 à l'échelle nationale. Nous avons voulu le régionaliser pour être au plus près de l'innovation sur les territoires. C'est un concours qui touche bien sûr au domaine de l'électricité. Trois prix, de 10 000€ chacun, sont en jeu : dans l'habitat connecté, dans la ville bas carbone et dans la performance industrielle. C'est un concours gagnant-gagnant : nous bénéficions des idées de ces entreprises créatives qui elles, sont accompagnées financièrement et dans le développement de leur projet par EDF". Outre le prix financier, les gagnants auront également droit "à une sorte de passe droit au niveau national", promet le délégué régional.
 
Piloter des équipements à distance : Dans la catégorie Habitat connecté, Olivier Durand, chef du centre relation clients en Normandie, donne l'exemple d'une innovation récente à EDF, la Solution Equilibre, lancée fin 2015 : "Elle permet aux clients de comprendre leur consommation, de la suivre en KW/h mais aussi en euros, de la comparer à des foyers similaires ou à des moins énergivores, de connaître quels équipements consomment le plus..." Et Olivier Durand d'évoquer des innovations qui pourraient être développées grâce au concours, notamment en termes de pilotage à distance d'équipements électroménagers.
 
Des données transmises par la lumière : Dans la catégorie Ville Bas Carbone, Franck Blanpin, chargé de mission Innovation à EDF, évoque la solution SoHuCe, déjà développée, et qui permet la transmission de données grâce au Li-Fi (l'équivalent du Wi-fi mais les données sont transmises par la lumière). Exemple : vous passez sous un faisceau de lumière devant un commerce, et grâce à votre tablette ou votre smartphone, vous avez accès aux informations sur ledit commerce avant même d'y entrer.
 
Faciliter le travail dans les centrales nucléaires : Enfin, dans la catégorie Performance Industrielle, où les conséquences pour le plus grand public sont moins directes, les innovations touchent essentiellement les deux grandes activités d'EDF : l'éolien et les centrales nucléaires. EDF a par exemple développé cette année, avec une entreprise, un moyen d'accès plus rapide au couvercle-cuve d'un réacteur quand celui-ci est à l'arrêt pour maintenance.
Industries toujours, l'une des innovations lauréates les années passées permet une prise de vue à distance pour réaliser le diagnostic d'une pâle d'éolienne qui a besoin d'une opération de maintenance. Auparavant, un technicien devait monter sur le mât pour réaliser ce diagnostic.
 
Autant de nouveautés qui peuvent donner des idées aux éventuels candidats. EDF Normandie attend une quarantaine de dossiers. Les 12 finalistes seront connus fin novembre et les trois lauréats seront désignés en décembre.
Dossiers à télécharger en ligne ici et à renvoyer avant le 20 novembre par mail (DRNORMANDIE[at]edf.fr) ou par courrier à la délégation régionale, 13, rue Jacques Monod à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime).

Le concours EDF Pulse Occitanie

Le concours EDF Pulse Occitanie récompensera, début 2017, trois initiatives locales intégrant les grands enjeux des métiers de l'énergie en matière d'innovation selon trois catégories :   « Le service innovant », « La performance industrielle », « Le territoire durable ».
Depuis le 27 septembre et jusqu’au 15 décembre 2016, les candidats sont invités à proposer leur projet innovant sur la plateforme : occitanie-pulse.edf.com
 
Les finalistes bénéficieront d'un accompagnement d'EDF pour développer et expérimenter leur solution ou technologie. Parmi eux, trois lauréats (un par catégorie) recevront 10 000 euros chacun.
 
Les Prix EDF Pulse apportent aux lauréats un appui concret et opérationnel grâce à cette dotation financière et un soutien d'EDF pour accroître leur visibilité et leur notoriété, facilitant ainsi le développement du projet vis-à-vis des investisseurs, des clients et des nombreux partenaires du territoire.
« Le concours EDF Pulse Occitanie, s'inscrit dans la démarche globale d'EDF en faveur de l'innovation, historiquement au cœur de l'ADN du Groupe. En région, l'innovation est plus que jamais une priorité pour le développement économique, la création de valeur et d'emploi. Fort de ce constat, EDF a créé en Occitanie, une démarche « d'Open Innovation Territoriale », visant à développer des projets innovants dans le domaine de l'énergie, tout en s'appuyant sur la dynamique régionale et ses pépites. Concrètement, notre rôle est de réunir les conditions pour que start-up, PME et laboratoires basés en Occitanie, développent aux côtés des équipes d'EDF, des solutions innovantes répondant aux besoins des métiers de l'énergie.
EDF Pulse Occitanie est un outil très intéressant, inhérent à notre démarche d'Open Innovation. Il ne s'agit pas d'un simple concours : nous allons ouvrir nos portes, organiser des rencontres avec nos agents, expliquer nos process... L'objectif est de trouver des solutions novatrices, adaptées à nos besoins, en s'appuyant sur une innovation collaborative et collective. Au-delà de la découverte et du soutien que nous pouvons apporter à ces jeunes pousses, c'est un excellent moyen pour EDF d'être plus agile, d'être davantage tourné vers le monde de demain », explique Gilles Capy, Délégué Régional EDF en Occitanie.

Le concours EDF Pulse en PACA

Jacques-Thierry MONTI, délégué régional EDF PACA, a lancé jeudi 15 septembre, le concours « EDF Pulse en PACA » qui vise à donner l’impulsion au progrès en PACA. EDF PULSE mettra ainsi à l'honneur des start-up régionales innovantes qui répondent aux enjeux de notre société, liés à la transition énergétique et au numérique. Les projets les plus innovants de la région PACA seront soutenus. Il permettra aux jeunes pousses sélectionnées de bénéficier du soutien et du réseau du grand groupe.
 
Emanant de start-ups ou de laboratoires, les projets soumis doivent répondre aux défis de la transition énergétique et du progrès : numérique, mobilité électrique, efficacité énergétique, santé, procédés industriels du futur.
 
Trois catégories seront mises à l’honneur :  « Ville Durable et habitat connecté », « Industrie du futur », « E-santé » (le bien-vivre, la silver economie).
Créateurs, développeurs, start-up régionales, vous avez jusqu’au lundi 31 octobre 2016 à minuit pour déposer votre dossier de candidature sur le site https://paca-pulse.edf.com/prix-edf-pulse-paca/
Un jury d’experts de l’innovation régionale sélectionnera ensuite les projets les plus emblématiques. Les résultats seront ensuite annoncés au cours d’une soirée de l’innovation le 13 décembre 2016 à Marseille. Les prix de 10 000 euros par lauréat seront remis au cours de cette soirée.

Focus : EDF et l'innovation

Premier électricien mondial, le Groupe EDF rassemble tous les métiers de la production, du commerce et des réseaux d'électricité. En s'appuyant sur l'expertise de ses équipes, sa R&D et son ingénierie, son expérience d'exploitant industriel et l'accompagnement attentif de ses clients, EDF apporte des solutions compétitives qui concilient développement économique et préservation du climat.
Aussi, EDF développe des projets innovants pour un mix énergétique peu émetteur de CO2 et œuvre pour une consommation en électricité sobre et efficace.
Pour accélérer sa révolution numérique et collaborative EDF a mis en place des dispositifs de soutien à l'innovation au niveau national et régional :
-          Innovation Hub Saclay : Au cœur du nouveau centre de R&D « EDF Lab Paris Saclay »,  l'« Innovation Hub », destiné à accélérer les industrialisations d'innovations de rupture et incrémentales, ouvert sur l'écosystème du campus universitaire de Paris-Saclay et le campus formation d'EDF.
-          I2R : un laboratoire de « design thinking » : Installé sur le site d'EDF Lab les Renardières, l'Incubateur d'Innovations de Rupture formule des hypothèses, prototype, teste et accompagne les innovations : le club EDF Pulse, le réseau d'innovation ouverte du Groupe qui facilite le développement des start-up distinguées dans le cadre du concours Groupe EDF Pulse ou leur intégration dans les métiers du groupe ; mais aussi des incubateurs internes s'appuyant sur des méthodes agiles pour lancer des « Proof Of Concept » (POC) et apporter rapidement des solutions concrètes comme : Le Smart Lab de la direction Commerce, le Blue Lab d'EDF Energy, l'Espace EDF Bazacle, la Chocolaterie : le design thinking interne du Groupe EDF et encore des incubateurs externes comme le Microsoft Ventures Paris et d'autres incubateurs en région.
Source : EDF Pulse
 
 
 

 

Fermes en ville

Les fermes des villes

Comment revaloriser les friches urbaines et périurbaines ? L'association Orée a présenté dans leur guide « Sur la route de l’économie circulaire », paru en juillet 2016, un projet d’agriculture urbaine proposant une solution innovante, basée sur le modèle de l’économie circulaire. Le modèle économique linéaire actuel - « extraire, produire, consommer, jeter » - montrant aujourd’hui ses limites, il s’agit là d’une alternative basée sur l’optimisation de l’utilisation des ressources et le bouclage des flux de matière, d’énergie, d’eau... Son fonctionnement en boucles fermées permettant de développer des écosystèmes territoriaux sobres, efficients et durables. 
 
Tout est parti d’un terrassier qui, pendant vingt ans, a stocké ses terres sur un site situé sur la commune de Saint-Cyr-l’Ecole. Fermé par son propriétaire en 1990 et délaissé depuis, ce site a été utilisé en terrain de cross, en zone de deal et en décharge sauvage !
En 2012, la mairie de Saint-Cyr-l’Ecole a incité l’association Le Vivant et la Ville à trouver une vocation à ce terrain abandonné. Les Fermes de Gally /Jardins de Gally, membre de l’association et acteur territorial voisin, l’a récupéré et l’a mis partiellement à disposition de l’association Le Vivant et la Ville, grappe d’entreprises rassemblant 28 sociétés du monde du paysage, du sol, de la gestion de l’eau, de l’urbanisme et de la formation, afin qu’elle y implante son démonstrateur : Les Fermes en Villes.
Piloté par le groupement de ses quatre structures membres (Les Fermes de Gally, Veolia, Sol Paysage et Hydrasol) ce projet a pour objectif de démontrer qu’il est possible de revaloriser du foncier délaissé, par un service agricole fonctionnant en économie circulaire.
 
Situé en périphérie urbaine sur une terre non cultivable, le démonstrateur Les Fermes en Villes occupe désormais 3,5 hectares des 8 hectares de cette ancienne décharge. Inauguré en septembre 2015, il se déploie sur trois pôles d’activités : une production maraîchère hors-sol, un espace de location de jardins hors-sol pour le grand public et une zone « vitrine », pour accueillir des visites pédagogiques et professionnelles de découverte de l’agriculture hors sol.
 

Un positionnement innovant

Porté par l’association Le Vivant et la Ville, Les Fermes en Villes est un projet d’agriculture urbaine proposant une solution innovante pour revaloriser les friches urbaines et périurbaines.
La reconquête de ce foncier abandonné passe tout d’abord par la production maraîchère hors-sol. Elle met en œuvre différentes techniques consistant à faire pousser fruits, légumes et aromates sans que la plante soit en contact avec le sol, ici infertile. Les cultures sont suivies par un maraîcher permanent et par une main d’oeuvre saisonnière. Huit tonnes de fraises, quatre tonnes de framboises, huit tonnes de tomates cerise et des herbes aromatiques ont ainsi été produites en 2014 sur le site. L’idée étant de les vendre ensuite uniquement en circuit court.
Alexis Lefebvre, chef de projet pour les Jardins de Gally et chargé de piloter le projet relève que le pari du circuit court est d’être constamment à l’affût des débouchés, « Nous avons noué des partenariats avec divers magasins de proximité pour écouler nos produits dans les épiceries, les supermarchés ou même directement au sein des cuisines de grands chefs ». Le site propose également l’organisation de visites pédagogiques. Il s’agit de diffuser des connaissances sur la culture hors-sol.
« Les établissements scolaires et professionnels sont invités à venir visiter le site. Des dizaines de techniques de cultures hors-sol différentes leur sont présentées. Les visiteurs bénéficieront d’informations autant scientifiques que pragmatiques, avec de réels conseils pour être dans l’action. »
 
 
Enfin, une zone est consacrée à la location de jardins pour les particuliers. Pour 50 € par mois le m², les locataires disposeront de bacs fertiles et d’arrosages automatiques leur permettant de cultiver leur potager. « Des personnes viennent du coin et d’ailleurs pour jardiner, cultiver et se ressourcer le week-end. En mettant les mains dans la terre, ces personnes se reconnectent à des choses concrètes et transmettent ce plaisir à leurs enfants ».
 
La force de ce projet est d’être économiquement viable, avec un temps de retour sur investissement estimé de 5 à 7 ans. Alors que des milliers d’hectares de friches urbaines délaissées émaillent l’Hexagone, ce démonstrateur, qui a vocation à être réplicable, pourrait bien séduire des communautés d’agglomération ou des personnes privées qui auraient des problématiques similaires de foncier abandonné.
La réhabilitation de friches industrielles permet de préserver le gisement foncier et constitue un enjeu stratégique d’économie circulaire à la fois en termes d’économie de ressources et de création d’activité.
 
La solution développée par Le Vivant et la Ville à travers Les Fermes en Villes permet d’optimiser l’usage du sol. « Cette solution réversible et amovible peut, par exemple, permettre à une collectivité territoriale de reconquérir une zone foncière, en attente d’un projet immobilier ». Le terrain délaissé est ainsi valorisé et retrouve une fonction environnementale, sociale et économique.
 
Sur le site de Saint-Cyr-l’Ecole, la conception d’un projet économe en ressources s’est appliquée dès la phase de préparation du terrain. En effet, l’association a travaillé en partenariat avec le chantier limitrophe de rénovation d’une station d’épuration. Une partie des terres évacuées par le chantier a été récupérée pour recouvrir le terrain. Cette synergie a permis d’éviter la circulation de nombreux camions. Elle a également allégé les coûts des deux chantiers et les frais d’investissement pour l’infrastructure du projet.
De plus, l’espace a été aménagé pour fonctionner de manière vertueuse, en lien avec les préceptes de l’économie circulaire. Par exemple, la récupération des eaux imaginée par Veolia permet d’éviter de recourir à un système d’approvisionnement extérieur coûteux. « Grâce à la récupération des eaux de pluies et des eaux de drainage, le système d’irrigation des cultures fonctionne en boucle fermée avec zéro rejet ».

Facteurs de succès

Le déploiement du projet a été facilité par l’unité de la gouvernance au sein de l’association Le Vivant et la Ville où chacun a pu apporter ses connaissances métiers : Veolia pour l’eau, Hydrasol s’agissant de l’irrigation, Sol Paysage pour les sols et Les Jardins de Gally pour les solutions maraîchères et la coordination du groupement en tant que mandataire. « Toutes les décisions ont pu être prises au sein de l’association, ce qui fut un atout considérable, l’aboutissement de la démarche en 22 mois seulement le prouve ! » Cet apport transversal des savoirs et savoir-faire a permis de dégager une solution aux interfaces des métiers de chacun.
La présence sur le territoire des Fermes de Gally a contribué au succès du projet. Du matériel a ainsi pu être mutualisé avec la cueillette de Gally et une bonne connaissance des acteurs politiques locaux a été un gage de confiance accélérant les démarches.
Le projet a pu se concrétiser aussi rapidement grâce aussi aux soutiens financiers à l’investissement de la Communauté d’Agglomération de Versailles Grand Parc, du Conseil départemental des Yvelines, de la Chambre de commerce et d’industrie Versailles- Yvelines et du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET - ex DATAR), notamment sur la partie visites pédagogiques subventionnée à hauteur de 50 %.

Prochaine étape

Le démonstrateur Les Fermes en Villes doit tout d’abord confirmer la robustesse de son modèle économique. Il s’agira par la suite de passer au stade de la duplication en capitalisant sur le projet et en invitant d’autres territoires à s’emparer de la méthodologie.
Le démonstrateur appuiera ces nouvelles initiatives mais l’ancrage local étant fondamental, elles devront nécessairement être portées par un acteur économique du territoire. 
Source : Orée.org
 

 

environnement

Quand le bio fait revivre les villages

Comment lutter aujourd’hui contre l’exode rural ? Qui n’a jamais traversé ces villages aux rues désertées, aux volets clos et aux boutiques vides, voire inexistantes ? Un village a su résister ! Interdiction des pesticides, bistrot-épicerie "bio", école Montessori : en voie de désertification voici seulement quelques années, le village de Saint-Pierre-de-Frugie en Dordogne, aux confins du Périgord Vert, a radicalement inversé la tendance en misant sur l'écologie et la qualité de vie.
 
"Quand j'ai été élu (en 2008), le premier constat que j'ai fait, c'est que la commune où j'avais grandi avait changé", raconte Gilbert Chabaud, maire de cette commune de 400 habitants. Comme ailleurs, les maisons s'étaient vidées, des anciens étaient morts et les jeunes étaient partis "à la ville", emportant avec eux emplois et enfants. En 2007, le rectorat fermait l'école et le seul bistrot, qui assurait aussi la cantine scolaire, mettait rapidement la clef sous la porte.
 
La presque totalité des 15 000 communes rurales ou isolées de France sont rongées par la dévitalisation de leur centre, qui va en s’accélérant. Et la dernière publication de France Stratégie en juillet 2016 a de quoi affoler les maires. Le rapport souligne la métropolisation de l’économie française et appelle tout simplement, pour plus d’efficacité et « dans un contexte de rareté budgétaire, à concentrer les investissements sur les métropoles mais aussi à soutenir les territoires qui risquent de décrocher définitivement, tout en investissant moins dans les territoires intermédiaires ». « La France vit un deuxième exode rural », affirme Emmanuel Ducasse, expert des marchés immobiliers pour le Crédit foncier.

Un pied de nez à la « civilisation de l’hyper »

"On était là, derrière les fenêtres avec Véronique, mon assistante. Les rues étaient désertes. On s'est dit : On doit bien pouvoir faire quelque chose", se souvient l'ancien concessionnaire automobile converti à l'écologie.
 
Pour enrayer ce déclin, le maire et son équipe décident de faire un pied-de-nez à cette "civilisation de l'hyper", source de tous les maux des villageois. Saint-Pierre-de-Frugie va prendre son temps là où tout le monde va vite et se lancer dans une transition écologique exemplaire.
 
Première décision : supprimer tous les pesticides et traitements phytosanitaires. Une décision visionnaire - elle s'appliquera à toutes les collectivités locales à partir du 1er janvier -, que les habitants accueillent d'abord avec scepticisme.
 
Gilbert Chabaud, maire de Saint-Pierre-de-Frugie
 
"Il a fallu renverser les mentalités, prouver que le monde est un écosystème global où tout est imbriqué. La nature est conçue pour nous aider. Il suffit juste de l'aider un peu nous aussi", sourit Guillaume, le jardinier en chef du village.
 
Huit ans après, pas une haie ou un bosquet de Saint-Pierre dont les fleurs ne soient visitées par des dizaines de papillons, abeilles et autres insectes pollinisateurs. "Ils font le boulot", résume le jardinier.

"Musée à l'envers"

Ce premier pari remporté, Gilbert Chabaud crée, dès 2010, un jardin partagé qui accueille les visiteurs à l'entrée du village. On peut s'y initier à la permaculture et se fournir en fruits, légumes et plantes médicinales. Un jardin arrosé par un bélier hydraulique, procédé presque aussi vieux que la roue, qui utilise la force de l'eau pour propulser, depuis l'étang situé en contrebas, de quoi arroser les plantes.
 
"En améliorant l'environnement, en rachetant les zones humides tout autour de la commune, on s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire pour l'écotourisme", explique le maire. Neuf sentiers de randonnée ont été ouverts et le petit patrimoine a été rénové en matériaux 100% écologiques.
 
Après les papillons, ce sont les randonneurs qui sont revenus à Saint-Pierre. Pour les accueillir, Gilbert Chabaud a réhabilité l'école abandonnée pour en faire un gîte rural, lui aussi 100% écolo.
 
En 2013, la commune rénove son bistrot, confié en gérance à un entrepreneur venu spécialement s'installer à Saint-Pierre-de-Frugie et qui fait le bonheur des randonneurs affamés. Et pour ses administrés, le maire a poussé à l'ouverture d'une épicerie bio où les agriculteurs locaux vendent eux-mêmes leur production.
 
"C'est un cercle vertueux", s'enthousiasme Véronique Friconnet, la secrétaire de mairie, et désormais il ne se passe "pas un jour sans que des gens appellent pour nous demander s'il y a des maisons à vendre à Saint-Pierre".
Restait à rouvrir l'école. Devant les refus du rectorat, Gilbert Chabaud a mis à contribution une enseignante qui souhaitait quitter l'Education nationale pour créer une école Montessori (pédagogie alternative). Elle a doublé ses effectifs à la rentrée et accueille désormais une vingtaine d'enfants.
 
Accompagné par le Parc naturel régional Périgord-Limousin, le village est cité en exemple et sollicité par d'autres communes pour faire partager son savoir-faire.
 
Et après ? "Demain, j'imagine un village autonome en énergie, une autre vision de l'espace public qui donne la priorité aux piétons, rend possible les rencontres", répond M. Chabaud.
 
"Mais aussi un « musée à l'envers » où, au lieu de raconter comment c'était mieux avant, on montrera comment l'avenir peut être joyeux à l'aune de notre expérience", lance-t-il.
 
Source : AFP
 

 

territoires en mutation

Gouvernance territoriale : l'espace concret de la complexité

Le bilan des actions menées depuis plus de vingt ans pour aller vers des villes et territoires durables sont unanimes à pointer du doigt la question de la gouvernance territoriale. Encore faut-il que ce ne soit pas seulement un nouveau concept à la mode, qu'on en découvre toute la substance et toutes les implications et qu'il contribue à proposer aux acteurs publics et privés du territoire d'autres références intellectuelles et méthodologiques, d'autres modes d'approche.
 
Le niveau territorial -la ville, le « pays », la région- est appelé à jouer un rôle majeur au XXIe siècle. Les crises de la modernité sont avant tout des crises de la relation : entre les personnes, entre les sociétés, entre l'humanité et la biosphère. Or le territoire est l'espace par excellence de la relation, le niveau où la complexité, c'est à dire précisément le système de relations, s'appréhende de la façon la plus concrète. Cela se vérifie d'ailleurs dans l'éducation. C'est en l'enracinant dans des territoires, espaces de l'expérience quotidienne, que l'on aide le mieux les jeunes à comprendre leurs sociétés, à découvrir les écosystèmes, à assumer des responsabilités à leur portée et même à se préparer à devenir les citoyens d'un monde irréversiblement interdépendant.
 
Mais, si le territoire a toutes ces potentialités, encore faut-il que sa gestion, sa gouvernance, en tirent pleinement parti. Or les modes locaux de gestion sont loin de tous favoriser la gestion des relations, entre les acteurs, entre les échelles de gouvernance, entre les politiques. Trop souvent au contraire ils fonctionnent sur le mode du découpage, du cloisonnement, de la différence.
 
D'ailleurs, le bilan des actions menées depuis plus de vingt ans pour aller vers des villes et territoires durables sont unanimes à pointer du doigt la question de la gouvernance territoriale. Encore faut-il que ce ne soit pas seulement un nouveau concept à la mode, qu'on en découvre toute la substance et toutes les implications et qu'il contribue à proposer aux acteurs publics et privés du territoire d'autres références intellectuelles et méthodologiques, d'autres modes d'approche.
 
C'est l'aventure dans laquelle je me suis lancé avec l'association CITEGO -Cités, Territoires, Gouvernance (www.citego.info) et le Centre National français de Formation du Personnel Territorial, CNFPT, en réalisant une série de douze conférences sous forme de CLOM (conférences en ligne ouvertes et massives) sur la gouvernance territoriale. Elles seront diffusées entre le 9 mai et le 15 juillet, au rythme approximatif d'une conférence de 50 minutes par semaine, sur la plateforme FUN (France Université Numérique), la plateforme commune des Universités et des centres de formation supérieure. L'inscription à ces conférences est gratuite et se fait directement sur la plateforme.
 
Pour vous donner une idée des thèmes abordés, vous trouverez ci-dessous le sommaire de ces conférences. Je ne suis pas un universitaire, mais un praticien de la gouvernance qui, à force de sillonner le monde, s'est convaincu de l'importance d'élaborer des éléments de théorie à partir des réalités de terrain car c'est ainsi que l'on prend le mieux conscience de l'inadaptation de nos modes de pensée, hérités souvent d'une histoire ancienne, aux réalités du vingt et unième siècle. Ce sont ces découvertes progressives que j'ai voulu partager aussi largement que possible et que j'aimerais partager avec vous.
 
 
 
 
 

 

Vitesse Internet

Connexion Internet: La France parmi les très mauvais élèves de l’Europe

La Commission européenne a commandé une carte de la couverture d’Internet a haut débit en Europe. On y observe que la France fait partie des pays les plus mal lotis, accusant un retard préjudiciable à une croissance compétitive.
 
La carte ci-dessous fait apparaître que 65 % des territoires de notre pays ne sont pas couverts par le haut-débit et s’enlisent dans ce que les spécialistes appellent des « zones blanches ». La France est largement distancée par les Pays baltes, l’Islande, l’Irlande du Nord et même l’Espagne. Seules la Grèce et l’Italie semblent avoir une couverture internet moins développée.
 
 
Pourquoi ces différences d’un pays européen à l’autre ? L’une des responsables de l’étude interrogée par le Washington Post explique : «Les disparités entre les différents pays européens reflètent des stratégies très diverses adoptées par les opérateurs de réseaux dans chaque pays. En Italie et en Grèce, la raison de l’absence de haut débit est principalement due à l’absence de câblo-opérateurs.
En France, la stratégie nationale a toujours été axée sur le déploiement des réseaux FTTP (la fibre optique). Néanmoins, en raison des coûts élevés de la fibre optique jusqu’au domicile des clients, le déploiement n’a pas autant progressé que dans les autres pays européens
 
Le gouvernement français a pourtant lancé début 2013 un vaste plan « France très haut débit » doté de 10 milliards d’investissements d’ici 2020. Or on est encore loin du compte puisque l’Observatoire France Très Haut Débit établit que, hormis les grandes villes, le haut débit se fait encore désirer. Ainsi, si 87 % de la population  des Hauts de Seine est couverte par des débits Internet supérieurs à 100 Mb/s, les habitants de la Creuse n’ont aucun accès rapide et pis, près de 30 % de la population fonctionne avec un débit inférieur à 3Mb/s. Dans ce cas, inutile d’essayer de télécharger une pièce attachée volumineuse et encore moins de regarder une vidéo sur son ordinateur.
 
Source : Slate
 

 

Conférence Reputation War : l’influence du territoire

La 3e édition de la conférence Reputation War a eu lieu le 16 janvier et avait pour thème « La marque et le territoire ».
Les interventions des professionnels et experts ont permis de comprendre comment le territoire peut être un vecteur d’influence précieux pour les acteurs publics, comme pour les acteurs privés.  

Près de 18 intervenants se sont succédé sur la scène du Théâtre des Variétés autour d'un thème central, "la marque et le territoire", proposant un voyage au coeur de la réputation des territoires eux-mêmes et de ces marques, mythiques pour certaines, qui lient leur réputation à celle d'une géographie. Avec pour ambition d'évoquer les enjeux de la réputation à l'ère du web social en s'intéressant aux comportements et en prenant de la hauteur sur les technologies qui ne sont que des outils.

La France et ses territoires : vecteurs d’influence

La dimension géographique revêt une importance fondamentale dans la formation de la réputation. Elle inspire les communautés en ligne et permet à certaines campagnes de se répandre plus rapidement par un phénomène d'appropriation des valeurs fortes et fondamentales que portent les territoires eux-mêmes. 

Dans ce cadre, la place de la France, son image et sa réputation y ont tenu une place centrale. De fait, en posant la question « A quoi sert la France dans la compétition économique mondiale ? », Philippe Lentschener (Président de la mission gouvernementale sur la Marque France et Président de McCann Worldgroup France) a démontré le caractère essentiel de la valorisation d’une « Marque France », que les pouvoirs publics ne se sont pas encore approprié. Selon lui, trois piliers caractéristiques de l’économie nationale sont à valoriser : « l’amour des gestes et des savoir-faire ; la capacité à penser et initier ; l’art de la surprise ». Il a toutefois souligné l’une des principales faiblesses de notre pays : l’absence de liens entre la pensée industrielle et le design des objets.

Au niveau de l’entreprise, l’exemple d’Armor-Lux a permis de comprendre comment l’attachement fort et authentique à un territoire, en l’occurrence la Bretagne, donne les moyens de renforcer son influence. Pour rappel, Armor-Lux avait été choisi par Arnaud Montebourg, portant une marinière à la une du Parisien Magazine, pour défendre le « Made in France ».

Au niveau des collectivités, le travail réalisé par des étudiants de Sciences Po et présenté par Nicolas Bordas (TBWA/Europe) et David Jobin (Agence Royalties) a mis en avant l’impact prépondérant du choix, non pensé par les politiques, des noms des régions françaises, qui vont être fusionnées dans quelques mois. Alors que la recherche d’attractivité donne lieu à une compétition fantastique à l’échelle planétaire, jusqu’où les territoires peuvent-ils aller pour développer leur réputation ? Quel impact pour les populations qui vivent au sein de ces territoires ? Ces sujets ont donc été abordés conjointement par Nicolas Bordas et David Jobin, dans le prolongement d’un enseignement qu’ils délivrent à Science Po Paris. 

En dehors de nos frontières, les exemples albanais, belge et marocain, présentés lors de Reputation War, ont montré comment les initiatives d’un gouvernement, d’une chaîne de télévision ou d’une banque peuvent, chacun de manière singulière, agir sur la réputation d’un pays.

La matrîse de sa réputation

Ces différentes interventions ont démontré l’importance de penser son influence, en amont des décisions, afin de pouvoir maîtriser sa réputation. Les caractéristiques mises en avant par un Etat, une collectivité ou une entreprise ne peuvent être le fruit du hasard ou d’un buzz éphémère.

Elles doivent être accompagnées par une démarche méthodique de veille et d’analyse. Seul ce travail préalable, complété par la production et la diffusion de connaissances porteuses de sens auprès de ses parties prenantes, sont de nature à agir durablement sur la réputation d’un acteur attaché à un territoire. (Source : Spin Partners)

A propos de réputation...

La société de l’information expose en permanence les organisations publiques et privées au regard et au jugement de tous. Cette situation positionne les entreprises, les institutions et la société civile au même niveau sur l’ensemble des supports de communication : médias traditionnels, espace virtuel et hors média.
Tout individu ou entité, légitime ou non, peut à tout moment porter atteinte de manière décisive à la réputation et aux intérêts des organisations.

Démontrer et promouvoir ses qualités ou talents n’est plus suffisant. Il convient d’agir sur les perceptions de ses parties prenantes pour faire entendre ses messages et défendre ses intérêts. Pour cela, il convient de se positionner :
- En posture de préservation, pour empêcher ses détracteurs d’occuper une place prépondérante afin que ses intérêts puissent être défendus de manière audible.
- En posture de conquête, pour instaurer de nouvelles formes de relations afin de s’affirmer durablement comme l’élément moteur de son environnement économique, sociétal et politique.

Pour ces deux types de postures, la communication d’influence est un outil intéressant pour atteindre les objectifs recherchés.

 

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