UP' Magazine L'innovation pour défi

académie franco-allemande pour l'industrie du futur

Lancement de l’Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur

Pour répondre aux défis de l’industrie de demain, il faut des projets d’envergure et des pédagogies numériques adaptées. C’est le choix qui vient d’être fait par les gouvernements français et allemand avec la mise en place de l’Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur qui est confiée à l’Institut Mines-Télécom (IMT) et à la Technische Universität München (TUM). Une initiative qui vise à favoriser, de part et d’autre du Rhin, le développement des usages du numérique les plus innovants dans l’industrie car l’accélération de la transition numérique des industries traditionnelles est un enjeu fondamental de la modernisation et de la compétitivité de l’appareil productif français et allemand.
 
En visite à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, Christophe SIRUGUE, Secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, du numérique et de l’innovation auprès du ministre de l’économie et des finances, a annoncé le lancement de l’Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur. Décidée à l’initiative conjointe des gouvernements français et allemand lors de la première conférence franco-allemande sur le numérique d’octobre 2015, la mise en place de cette Académie a été confiée à l’Institut Mines-Télécom (IMT) et à la Technische Universität München (TUM). Ce partenariat entre dans le cadre du projet "Industrie du futur" lancé officiellement par le président de la République le 14 avril 2015, et présenté le 18 mai 2015 par Emmanuel Macron, projet qui ouvre la seconde phase de la Nouvelle France Industrielle. Lancé en 2013 par Angela Merkel, le concept d'industrie 4.0, repris dans le monde entier, traduit une prise de conscience profonde.
 
Cette Académie déploiera une offre scientifique, technologique et pédagogique d’excellence, en lien étroit avec les industriels des deux pays, pour répondre aux défis de l’industrie du futur. Elle mettra en place dès 2017 cinq projets de recherche d’envergure structurants dans les domaines des cyberarchitectures sécurisées et des coopérations interconnectées, deux écoles d’été et un MicroMaster certifiant appuyé par des pédagogies numériques (MOOC).
 
Cette Académie a un triple objectif dans le domaine de la recherche et de la formation au service de l’industrie du Futur :
– Former une plateforme de recherche de pointe dans les domaines du numérique pour l‘industrie du futur, de l’organisation et la logistique industrielles et des interfaces humaines.
– En associant les forces des partenaires, développer de nouveaux cursus de formation, créer des contenus (MOOC) et intensifier les échanges d’étudiants.
– Monter des projets de R&D innovants dans le cadre de partenariats industriels autour de thématiques clefs comme l’automatisation, la flexibilité, le big data, l’internet des objets, la sécurité, mais aussi la logistique et les transports, l’organisation et le management, ainsi que la coopération homme-robot et les agents intelligents.
De manière plus large, l’Académie se donne pour mission de mener une réflexion prospective et des travaux de recherche sur la place de l’homme dans les transitions numériques et industrielles, et de faire émerger et mûrir les nouveaux paradigmes de l’industrie du futur.
 
Christophe SIRUGUE a annoncé le financement d’une première tranche de programmes à hauteur de 1 million d’euros. Ce financement marque le lancement effectif de l’Académie franco-allemande et confère à cette coopération ambitieuse et originale l’impulsion nécessaire pour s’ouvrir largement à l’ensemble des thématiques s’inscrivant dans les enjeux de l’Industrie du Futur.
Pour Christophe SIRUGUE, « L’Industrie du Futur est un enjeu-clé pour nos entreprises. Dès 2015, les gouvernements allemands et français ont décidé de renforcer leur coopération en signant un partenariat entre l’Industrie 4.0. et l’Industrie du Futur. L’Académie franco-allemande jouera un rôle central pour développer des projets communs et favoriser les coopérations académiques. »
 
"L'initiative d’une Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur de l´Université Technique de Munich (TUM) et de son partenaire l´IMT, fournit la base idéale pour relever le challenge de la quatrième révolution industrielle dans laquelle s´engagent nos deux pays. La contribution française nous permet de démarrer dès cette année les premiers projets scientifiques d´envergure" souligne le Professeur Klaus BENGLER (TUM), membre du comité de pilotage de l´Académie.
 
Philippe JAMET a déclaré pour sa part : « Le financement annoncé par le ministre va permettre à  l’Académie franco-allemande, d’entrer dans une phase d’activité opérationnelle. Il va lui offrir de solides bases pour son élargissement à de nouvelles thématiques et de nouveaux partenariats académiques et industriels »
 
Avec 13.000 étudiants et 1800 enseignants-chercheurs et personnels de recherche, l’Institut Mines-Télécom est le premier groupe français pour la formation d’ingénieurs (7% des ingénieurs dont 10 % des ingénieurs en formation par apprentissage) et pour la recherche partenariale (105 M€/an soit 15 % des contrats des grandes écoles). Les incubateurs de ses écoles accompagnent la création de près d’une centaine d’entreprises par an, 24 start-up issues de l’IMT étaient présentes au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas (10 % de la délégation française).
 
 
 
Pour aller plus loin :

Livre blanc de Syntec Numérique "Transformer l'industrie par le numérique" - Avril 2016

 

 

Air Liquide

Air Liquide : production à la demande grâce au Big data !

Air Liquide a inauguré le 26 janvier dernier en France, dans le cadre du projet Connect, un centre d’opération unique dans l’industrie des gaz industriels, permettant de piloter à distance la production de 22 unités du Groupe en France, d’optimiser leurs consommations énergétiques et de renforcer leur fiabilité. Labellisé Vitrine Technologique par l’Alliance Industrie du Futur (1), Connect représente un investissement de 20 millions d’euros (2). Ce projet repose sur la diffusion de nouvelles technologies numériques dans les sites de production français et sur la création de nouveaux métiers. Les unités de production d'Air Liquide qui produisent selon la demande : un sacré virage !
Photo : Le centre d’opération d’Air Liquide à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon. Pierre-Emmanuel Rastoin /AIR LIQUIDE
 
Imaginez une tour de contrôle emplie d’ordinateurs pilotant la consommation énergétique des usines d'Air Liquide en France face à un écran géant de 20 m2, une douzaine de «pilotes» surveillant et programmant en direct les usines françaises : le centre d’opération et d’optimisation à distance, situé près de Lyon, à Saint-Priest, dispose désormais d’une vision nationale des besoins des clients en oxygène, en azote, en argon et en hydrogène.
Capable d’arrêter ou de redémarrer un site à distance, le centre adapte le niveau de production des usines selon la demande des clients. Grâce à ce centre, les flux de production de chaque unité sont adaptés en temps réel aux besoins de chaque client. Le volume de production et l’acheminement des gaz vers les clients sont ainsi optimisés sur tout le territoire. Une première dans ce secteur.
 
Grâce à l’analyse des données de masse 24h/24 de 22 sites en France, Air Liquide développe la maintenance prédictive des sites de production en identifiant les signaux faibles qui précèdent un dysfonctionnement : grâce au pilotage à distance, basé sur le big data, les usines peuvent être arrêtées ou redémarrées, la production peut être augmentée ou diminuée. Le système permet de déterminer le mode de fonctionnement le plus adapté à la consommation instantanée des clients d'Air Liquide en proposant la meilleure configuration par rapport à ce nouveau mode de marche. Des algorithmes élaborés par les ingénieurs d’Air Liquide permettent d’affiner les réglages des équipements des usines pour optimiser les consommations d’énergie, en s’appuyant sur près de 15 ans de données enregistrées sur tous les sites industriels.
 
Dans les usines, de nouvelles technologies comme les tablettes tactiles, scan 3D, tutoriels vidéos, sont aussi introduites pour simplifier la gestion des opérations de maintenance ou d’inspection, ainsi que l’organisation des tâches quotidiennes des opérateurs.
 
Le centre d’opération et d’optimisation à distance a fait naître de nouveaux métiers : les « pilotes en temps réel » en contact permanent avec les sites et les « analystes » qui étudient la production et l’optimisation des consommations d’énergie.
Avec la création du centre d’opération et l’introduction de nouvelles technologies dans le travail quotidien des techniciens des unités de production, Connect s’inscrit dans la démarche d’innovation ouverte d’Air Liquide entre les équipes des sites de production, le laboratoire d’innovation d’Air Liquide, i -Lab, et l'écosystème français de start-up technologiques.
 
 
(1)    L’Alliance Industrie du futur réunit les organisations professionnelles de l’Industrie et du Numérique
(2)    Décision d’investissement d’Air Liquide du premier semestre 2016
 

 

transition numérique

La révolution numérique sera celle des compétences ou ne sera pas

La révolution numérique sera celle des compétences ou ne sera pas, selon une nouvelle étude d’Accenture Strategy. La majorité des employés pensent que les nouvelles technologies auront un impact positif sur leur travail, même s’ils sont lucides quant à l’automatisation d’une partie de leurs activités. Ils estiment que ces technologies les aideront à être plus efficaces, à acquérir de nouvelles compétences et à améliorer la qualité de leur travail.
 
Un nouveau rapport d’Accenture Strategy avertit qu’au vu de l’évolution rapide de l’environnement numérique, les dirigeants doivent engager leurs collaborateurs et activement les former pour qu’ils puissent s’approprier pleinement les outils et modes de fonctionnement de l’ère digitale, acquérir de nouvelles compétences et savoir-faire afin de s’adapter au changement et rester pertinents dans le monde du travail à venir. Anna-Christina Chaves de la Fondation Concorde explique dans Le Monde que la France peut tirer parti de l’automatisation à condition de prendre des mesures importantes sur le front de l’emploi.
 
Moins de 10 % des emplois sont menacés par la robotique, l’intelligence artificielle et les technologies liées à Internet. Mais près de un sur deux a de fortes chances d’être transformé, prévient le Conseil d’orientation pour l’emploi, ainsi que le COE, organisme de réflexion placé sous l'autorité du Premier ministre. « 10 % « exposés » parce qu'ils « cumulent de manière importante des caractéristiques qui les rendent vulnérables ». Comme l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auparavant, qui arrivait au chiffre de 9 %, le COE écarte donc le scénario noir qui verrait des hordes de robots ou de logiciels balayer les humains sur leur lieu de travail. « Seule une faible part des emplois a un indice d'automatisation élevé », résume-t-il, même si ces « moins de 10 % » représentent tout de même 1,49 million d'emplois, là où une extrapolation du pourcentage de l'OCDE à la population active aboutit à 2,6 millions.
Pour arriver à ce chiffre, le COE a exploité les données tirées de la dernière enquête de la Dares (ministère du Travail) sur les conditions de travail, mais en cherchant à aller plus loin que toutes les études précédentes. En plus d'une estimation des emplois « exposés » et d'une déclinaison par métiers, son étude a mesuré la proportion des emplois touchés par métier.
Résultat : près d'un emploi sur deux est susceptible de voir son contenu évoluer sous l'effet de la robotisation et de la numérisation (Source : Les échos.fr)
 
Etude France Stratégie 2017
 
Pour France Stratégie, la maîtrise des outils numériques, appelée aussi « littératie numérique », est la condition nécessaire à l’autonomie et l’intégration des individus dans l’ère numérique. La question de la formation se pose tout au long de la vie, les compétences numériques devenant incontournables sur le marché du travail (Akène Groupe). Cela doit se traduire par une profonde évolution de la formation, afin que les travailleurs soient prêts à exercer de nouveaux métiers issus de l’évolution technologique, mais aussi par une profonde refonte de notre protection sociale, pour que les travailleurs soient couverts indépendamment de leur forme d’activité (Pierre-Yves Geoffard, CNRS – EHESS).
 
Selon ce rapport ("Harnessing Revolution : Creating the Future Workforce"), les dirigeants ont donc une réelle responsabilité vis-à-vis de leurs employés, tant pour des raisons de compétitivité de leur entreprise que de responsabilité sociale. Il s’agit à la fois de créer les conditions d’accélération de leur transformation digitale, en limitant les inquiétudes et résistances, et de préparer les talents de demain en s’assurant notamment de l’employabilité des collaborateurs sur le long-terme.
 
L’absence de compétences numériques est une nouvelle forme d’illettrisme »
Neelie Kroes, ancienne vice-présidente de la Commission européenne

Doubler le rythme de formation permettrait de réduire significativement la part des emplois menacés par l’automatisation

Les enjeux pour les entreprises, les employés et la société dans son ensemble sont considérables. La valorisation dans les futurs modèles économiques des compétences dites « humaines » telles que l’esprit critique, la créativité et l’intelligence émotionnelle (notamment l’empathie et la capacité à faire face à l’imprévu) peuvent réduire considérablement la perte d’emplois liée à l’automatisation et créer des nouvelles sources de création de valeur.
 
Dans cette étude, les travaux de modélisation effectués par Accenture Strategy montrent qu’en doublant le rythme auquel les employés acquièrent les compétences nécessaires, la part des emplois menacés par l’automatisation pourrait être réduite d’un tiers voire de moitié, selon les pays analysés : aux Etats-Unis, cette part passerait de 10 % à 4 % ; au Royaume-Uni et en Allemagne, la même progression de la formation entraînerait des réductions de 9 % à 6 % et de 15 % à 10 %, respectivement.
 
« Avec le développement du « self-service », on se rend compte de l’importance renforcée des contacts humains comme marqueur de la relation client et créateur de « capital marque ». Les compétences que l’on pourrait qualifier de réellement humaines, comme la capacité à avoir de l’empathie aussi bien que de l’autorité, à savoir faire face à des situations émotionnelles ou avoir de la créativité pour faire face à de l’imprévu, deviennent encore plus pertinentes, » affirme Fabrice Asvazadourian, directeur exécutif d’Accenture Strategy pour la France et le Benelux. « Les entreprises devront trouver le bon équilibre pour exploiter les technologies afin de fluidifier le service à leurs clients tout en investissant dans leur capital humain pour que les collaborateurs s’approprient pleinement les nouveaux codes de relations client et de collaboration avec leurs collègues et partenaires externes. Notre sondage dans 10 pays montre que partout les employés sont lucides et optimistes. Lucides sur l’effort personnel de formation qu’ils doivent faire pour s’approprier les technologies numériques et optimistes sur les opportunités de repositionnement sur des tâches à plus forte valeur ajoutée qu’elles offrent. »

Les employés sont positifs vis-à-vis de l’impact des nouvelles technologies sur leur travail et sont prêts à se former pour s’adapter

Le rapport s’appuie également sur un sondage mené auprès de 10 527 professionnels dans dix pays. Et que ce soit en France, aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde ou dans les six autres pays étudiés, les employés ont une attitude très majoritairement positive face à l’impact des technologies numériques sur leur travail. Pour 87 % des employés interrogés dans le monde (78% en France), l’impact du numérique sur leur travail devrait être positif. Plus des deux tiers estiment que les technologies telles que les robots, l’analytique et l’intelligence artificielle les aideront à être plus efficaces (74% dans le monde et 67% en France), à acquérir de nouvelles compétences (73 % dans le monde et 67% en France) et à améliorer la qualité de leur travail (66 % dans le monde et 56% en France).
 
L’étude révèle également que 87 % des employés dans le monde (85% en France) s’attendent à ce qu’une partie de leur activité soit automatisée au cours des cinq prochaines années. Cependant, 80% d’entre eux (72% en France) perçoivent cette automatisation davantage comme une opportunité pour se recentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée.
 
De plus, les valeurs auxquelles les employés d’aujourd’hui sont attachés forceront les dirigeants à repenser leurs façons de motiver, récompenser et soutenir leurs collaborateurs. Selon une modélisation réalisée par Accenture Strategy et Gallup, des facteurs non financiers comme le bien-être, l’implication, la qualité de vie et la reconnaissance sont devenus aussi importants voire plus importants que le salaire et autres avantages financiers.
 
«Il est de la responsabilité des dirigeants de s’assurer de l’employabilité de leurs collaborateurs et aussi de créer dès aujourd’hui le vivier de talents dont ils auront besoin demain » selon Fabrice Asvazadourian. « Les dirigeants qui mettent leurs collaborateurs réellement au cœur de leur transformation digitale et comprennent l’urgence de ce défi sont ceux qui réussiront dans ce monde en réinvention, qui exige une capacité et rapidité d’adaptation sans précédent.»

LIRE AUSSI DANS UP' : Tirer parti de la révolution numérique

Quelques pistes de réflexion 

•             Utiliser le digital pour former au digital. Il faut capitaliser sur l’état d’esprit actuel, davantage fondé sur « l’apprentissage permanent » (85 % des employés dans le monde et 73% en France étant prêts à investir leur temps libre dans les six prochains mois pour acquérir de nouvelles compétences) et utiliser le numérique pour former à grande échelle et rapidement en donnant la possibilité à chaque employé de personnaliser son programme. C’est bien entendu la montée en puissance du e-learning et des MOOC mais cela peut aussi inclure des technologies portables (« wearable ») pour former en temps réel sur les lieux de travail. Cela concerne aussi des logiciels intelligents qui permettent de personnaliser la formation en offrant des recommandations et aider une personne dans ses besoins d’apprentissage tout au long de sa vie professionnelle.
 
•             Repenser le travail pour tirer parti du potentiel humain. Co-créer des opportunités d’emploi reposant sur des rôles et des projets spécifiques pour répondre au désir de variété et de flexibilité qu’expriment les employés. Développer des plateformes à travers lesquelles des ressources et des services peuvent être offerts aux employés comme aux indépendants pour créer une communauté fidélisant les meilleurs talents.
 
•             Renforcer le vivier de talents, en amont. Répondre à la tension de plus en plus forte sur la main d’œuvre qualifiée dans le domaine des nouvelles technologies en proposant des solutions collectives de long terme. Il peut s’agir de partenariats public-privé et de collaboration avec le secteur éducatif pour anticiper la croissance exponentielle des besoins de formation aux compétences les plus demandées, tout en utilisant plus pleinement les nouveaux modes de diffusion ‘’à la demande’’ offrant des parcours de formation sur-mesure en fonction des besoins de chacun.
 
Méthodologie
Accenture a combiné des techniques quantitatives et qualitatives de recherche afin d’analyser comment un leadership actif et responsable peut créer les talents de demain. Le programme de recherche repose sur une enquête, une modélisation économétrique et un index, complétés par des entretiens approfondis avec des spécialistes de grandes écoles, de startups, de grandes entreprises et du service public.
L’enquête en ligne a été conduite en Allemagne, France, Italie, Turquie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, Brésil, en Australie, Inde et au Japon, auprès de 10 527 professionnels (dont 1 023 en France) représentant différents domaines de compétence et différentes générations. Elle s’est déroulée entre le 26 novembre et le 9 décembre 2016.
 

Conférence sur la révolution numérique (troisième édition de "Monde d’emploi") le Lundi 6 février, de 18 h à 21 h, au Val Saint-Martin, à Pornic (44). Entrée libre.

 

cybersécurité

L’Indice mondial de confiance dans la cybersécurité en berne

L’Indice Mondial de Confiance dans la cybersécurité tombe à 70% avec une note moyenne de « C » en 2017. C’est ce que révèle la seconde enquête annuelle auprès des professionnels de la sécurité réseau pour l’un indice de confiance dans la capacité à évaluer précisément les cyber risques en baisse de 12% par rapport à 2016. Une mauvaise nouvelle notamment pour notre cyber défense qui  doit reposer sur trois piliers : le renseignement, la protection/défense et la lutte informatique offensive, selon le ministre Jean-Yves Le Drian qui vient d’annoncer ce dimanche 11 décembre une nouvelle doctrine en matière de cybersécurité.
 
Tenable Network Security, Inc., leader mondial dans la gestion des vulnérabilités, annonce les résultats de son Rapport 2017 Global Cybersecurity Assurance Report Card, (Fiche d’Evaluation sur la Confiance dans la Cyber sécurité 2017) dans lequel les spécialistes mondiaux de la sécurité informatique ont donné pour l’indice de confiance dans le niveau de cyber sécurité dans leur entreprise une note moyenne de « C », avec un score global de 70%.
Ce rapport repose sur les réponses de 700 responsables de la sécurité dans neuf pays et dans sept secteurs d’activité, qui permettent de calculer un indice global reflétant le taux de confiance dans l’efficacité des cyber défenses en place au niveau mondial.
D’après les résultats de cette année, l’indice de confiance global dans la cyber sécurité a baissé de six points par rapport à 2016 pour s’établir à 70 pour cent – soit une note moyenne de « C » dans le rapport d’évaluation.
La baisse de l’indice de confiance global est le résultat d’une chute de 12 points dans l’Index 2017 d’Evaluation des Risques, qui a mesuré la capacité des responsables interrogés à évaluer les cyber risques respectivement sur onze composants clés de l’infrastructure informatique de leur entreprise.
 
Pour la deuxième année consécutive, les responsables interrogés ont cité « l’énorme prolifération des cyber menaces » comme le plus grand défi auquel doivent faire face les professionnels de la sécurité informatique aujourd’hui, suivi tout de suite après par « une faible sensibilisation à la sécurité de la part des employés » et « un manque de visibilité sur le réseau (BYOD, shadow IT).”
 
“Les réseaux aujourd’hui sont en constante évolution — terminaux mobiles, cloud, Internet des objets, applications web, containers, machines virtuelles — et les données indiquent que beaucoup d’organisations n’ont pas la visibilité nécessaire pour avoir confiance dans leur niveau de sécurité,” a déclaré Cris Thomas, stratégiste chez Tenable Network Security. “Il est assez clair que des technologies très récentes telles que DevOps et les containers ont contribué à orienter le score global vers le bas, mais en fait ce ne sont pas seulement une ou deux choses qui doivent être améliorées, c’est toute l’infrastructure.”
 
Pour ce qui est de notre défense nationale, Jean-Yves Le Drian a annoncé la création, en janvier 2017, d’un commandement français des opérations cyber (le « CyberCom »), placé sous la responsabilité directe du chef d’état-major des armées afin de mettre en place les trois piliers d’appui de la cyber défense française. D’abord le renseignement, « pour détecter les actions hostiles et leurs auteurs. ». Ensuite, la protection et la défense : « Nous devons bâtir d’épaisses murailles numériques. » Enfin, la lutte informatique offensive : « Nous avons besoin de combattants numériques pour riposter et neutraliser les cyber agresseurs. » « L’irruption du numérique dans toutes les activités de la vie quotidienne nous oblige à repenser en profondeur l’art de la guerre. » a-t-il déclaré lors d’un déplacement près de Rennes pour d’inauguration d’ un nouveau bâtiment de 9 000 m2 au centre DGA maîtrise de l’information.
 
Les bataillons de hackers sont désormais structurellement organisés, au service de puissances criminelles ou étatiques aux moyens et aux ambitions considérables. Il y a donc urgence à agir face à une cybermenace devenu un véritable enjeu de sécurité nationale.
Et comme le précise l'agence Science-Presse, le gros problème en fait, n’est pas d’augmenter la cybersécurité. Le gros problème est d’identifier la source de l’attaque. 

Principaux Résultats Globaux 2017

●         De moins en moins de visibilité sur le Cloud – Le SaaS (Software as a Service) et l’IaaS (Infrastructure as a Service) dans le Cloud font partie des domaines qui obtiennent les scores les plus bas dans l’Index d’Evaluation des Risques en 2016. Le SaaS et l’IaaS ont été combinés avec le PaaS (Platform as a Service) pour l’enquête 2017 et le nouveau composant « environnements cloud » a obtenu un score de 60 pour cent (D-), en chute de sept points par rapport à la moyenne de l’année dernière pour l’IaaS et le SaaS.
●         Marasme sur les mobiles – Identifiée aux côtés de l’IaaS et du SaaS dans le rapport de l’année dernière comme l’un des principaux points faibles pour la sécurité des entreprises, l’Evaluation des Risques pour les terminaux mobiles a chuté de huit points passant de 65 pour cent (D) à 57 pour cent (F).
●         De Nouveaux Défis Apparaissent – Deux nouveaux composants informatiques ont été introduits pour 2017 — plates-formes de ‘containérisation’ et environnements DevOps.
 
DevOps transforme la façon dont les équipes de développement logiciel collaborent via une cohérence et une automatisation accrues, mais il introduit aussi de nouvelles menaces de sécurité. En fait, les responsables interrogés n’ont indiqué qu’un taux de confiance de 57 pour cent dans la capacité à évaluer la sécurité durant les processus DevOps.
 
Dans le même temps, l’adoption de technologies de ‘containérisation’ telles que Docker est en pleine explosion, les organisations cherchant à accélérer les cycles d’innovation et à réduire leur ‘time to market’. Malheureusement, seules 52 pour cent des personnes interrogées ont indiqué que leur organisation connaissait la meilleure façon d’évaluer les risques dans des environnements de containers.

Résultats de l’Indice de Confiance 2017 dans le monde

1.       Inde : B (84 pour cent)
2.       Etats Unis : C+ (78 pour cent)
3.       Canada : C (75 pour cent)
4.       France : C (74 pour cent)
5.       Australie : C- (71 pour cent)
6.       Royaume Uni : D (66 pour cent)
7.       Singapour : D (64 pour cent)
8.       Allemagne : D- (62 pour cent)
9.       Japon : F (48 pour cent)

Résultats de l’Indice de Confiance 2017 par secteur d’activité

1.       Grande distribution : C (76 pour cent)
2.       Services financiers : C- (72 pour cent)
3.       Industrie manufacturière : C- (72 pour cent)
4.       Télécoms & Technologie : C- (70 pour cent)
5.       Santé : D (65 pour cent)
6.       Education : D (64 pour cent)
7.       Administration publique : D (63 pour cent)
 
 
A propos du rapport 2017 Global Cybersecurity Assurance Report Card
Tenable a interrogé 700 professionnels de la sécurité informatique dans des organisations de plus de 1000 employés en 2016. Sur la base d’une enquête en ligne en 12 questions, les personnes interrogées ont été invitées à fournir une évaluation sur une échelle de cinq points. En regroupant les deux réponses les plus favorables (par exemple tout à fait d’accord + assez d’accord) pour chaque question, puis en faisant la moyenne des réponses associées, deux indices globaux ont été calculés. L’Index d’Evaluation des Risques a mesuré la capacité d’une organisation à évaluer les risques de cyber sécurité sur 10 composants clés d’une infrastructure informatique d’entreprise. L’Index de Confiance en la Sécurité a mesuré la capacité d’une organisation à pallier les menaces en investissant dans une infrastructure de sécurité impulsée par un engagement clair de la direction générale. Les scores de ces deux index ont été combinés pour produire l’indice global pour chaque pays et chaque secteur d’activité. Pour plus d’informations, visitez tenable.com/2017-global-cybersecurity-assurance-report-card.
 

 

numérique

La révolution de la connectivité pour lutter contre les protectionnismes

Invité à plancher sur la "révolution de la connectivité" lors du forum de coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) qui réunissait les 19 et 20 novembre à Lima (Pérou) patrons d'entreprises et dirigeants des 21 économies de la région, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a délivré un message très politique. Face au Brexit qui fait vaciller l'Union européenne et aux engagements protectionnistes du prochain président des États-Unis, Donald Trump, il prône en réponse toujours plus de connectivité pour accroître la prospérité.
 
La victoire inattendue de Donald Trump le 8 novembre a laissé le secteur technologique américain dans une position inconfortable, obligé de composer dans l'avenir avec un président dont il ne voulait pas et confronté au risque de politiques défavorables pour lui.
"Comme nous l'avons appris cette année, et élection après élection, bien que la mondialisation permette d'augmenter la taille du gâteau, elle crée aussi des inégalités. Elle aide certaines personnes mais en blesse d'autres. Nous ne devons laisser personne derrière", a déclaré le fondateur du réseau social, accusé d'avoir contribué à la victoire du magnat de l'immobilier en laissant circuler de fausses informations sur son réseau.
 
"Nous sommes face à un choix fondamental pour combattre l'inégalité", a déclaré Mark Zuckerberg.
"Nous pouvons déconnecter, risquer moins de prospérité et espérer que les emplois perdus reviendront", a-t-il dit dans une allusion à peine voilée au candidat républicain. Donald Trump a su en effet capter la colère d'un électorat populaire laissé sur la touche de la mondialisation en promettant un tour de vis protectionniste censé protéger l'emploi américain de la concurrence low-cost chinoise ou mexicaine.
"Ou nous pouvons nous connecter davantage, essayer de réaliser de meilleures choses. Développer la prospérité et tout faire pour la partager entre tous", a poursuivi Mark Zuckerberg.

'Sacré retour de bâton'

"Il n'y a aucun doute que la seconde voie est la meilleure. Mais il faut reconnaître que c'est aussi la plus difficile. Déconnecter est relativement facile", a estimé le dirigeant du réseau aux 1,79 milliard d'utilisateurs.
 
Améliorer la connectivité mondiale, en contribuant à apporter un accès internet aux personnes qui n'en ont pas encore, est l'une des grandes priorités à dix ans affichées par Facebook, parallèlement à des travaux sur l'intelligence artificielle et sur la réalité virtuelle.
Ses différents produits ou projets, dont les drones solaires quasi géostationnaires pour apporter internet dans les régions les plus reculées du globe, étaient présentés ce week-end au sommet de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).
 
"La connectivité qui s'oppose au repli sur soi, c'est la nouvelle gauche et droite de la politique", a résumé lors d'une table ronde Matthew Bishop, un des responsables de la revue The Economist.
 
Dans leur projet de déclaration finale, les dirigeants des 21 pays de l'Apec, qui représentent 60% du commerce mondial et 40% de sa population, soulignent d'ailleurs que "le renforcement de la connectivité va permettre de trouver de nouvelles sources de croissance économique (...) rapprocher les économies de l'Apec en tant que communauté".
 
Mais "si vous donnez internet à quatre milliards de personnes ou Facebook à sept milliards de personnes, vous allez avoir un tas de gens qui sont profondément mécontents avec le statu quo, qui se méfient au plus haut point de Mark Zuckerberg ou de Microsoft, des PDG, des banques, de l'Apec, de l'ONU, de nos gouvernements...", a prévenu Ian Bremmer, le président du cabinet Eurasia Group.
 
Avec internet et les réseaux sociaux, "vous leur donnez des mégaphones et cela va provoquer un sacré retour de bâton", a-t-il ajouté. "Ce qui ne veut pas dire que nous ne voulons pas les connecter, mais qu'il faut être prêt à en assumer les conséquences politiques", a souligné M. Bremmer.
 
Source : AFP
 

 

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