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L’identité numérique au cœur des enjeux règlementaires

Garantir l’identité d’un signataire pour donner une valeur légale à des documents électroniques est au cœur des enjeux actuels. La signature électronique est devenue un élément indispensable à l’heure de la transformation digitale, pour autant, c’est bien l’identité du signataire qui sera à la base de la confiance numérique.

Définir la valeur d’une identité

Volontairement ou involontairement, chacun laisse de plus en plus de traces de soi sur internet, via les réseaux sociaux ou par le biais des objets connectés. Ces traces nous caractérisent, elles reflètent ce que nous sommes, dévoilent notre façon de vivre et révèlent comment les autres nous perçoivent.
 
Ces sources d’information permettent à n’importe qui de mieux nous connaître, voire même de « trop » nous connaître en s’immisçant souvent dans notre intimité. En revanche, elles ne permettent pas de certifier « qui » nous sommes. En effet, au sens légal, l’identité est un sujet régalien. L’État est en définitive le garant de notre identité, qu’il s’agisse d’une personne physique ou morale. La valeur d’une identité numérique est ainsi portée par la force du lien entre cette identité régalienne, matérialisée par nos papiers d’identité et son équivalent digital : le certificat électronique.

Des contraintes règlementaires centrées sur le contrôle d’identité

Les événements géopolitiques et la pénétration du numérique dans nos vies favorisent l’augmentation et l’impact de risques déjà existants tels que le blanchiment d’argent, la fraude à grande échelle, le terrorisme et l’usurpation massive d’identité. Pour y faire face, de nouvelles réglementations ont été imposées aux acteurs économiques, certaines avec l’objectif de renforcer les contrôles : Know Your Customer (KYC), Anti-Money Laundering (AML) et d’autres servant à protéger les consommateurs : le devoir de conseil et le règlement européen sur la protection des données.
 
Pour les entreprises, ces réglementations se traduisent par un contrôle systématique et plus poussé des informations de leurs clients entrainant une complexification de la relation et des coûts importants. En particulier, le contrôle de l’identité est une des étapes les plus lourdes et fréquentes ; à elle seule, cette étape se chiffre en milliards d’euros.

eIDAS, entre exemple européen et opportunités économiques

Le règlement eIDAS, en application depuis le 1er juillet 2016, instaure un cadre européen en matière d’identification électronique et de services de confiance. Dorénavant, les règles qui définissent l’identité numérique sont claires et reconnues entre les États membres de l’Union Européenne. 
 
Au cœur de ce dispositif, se situent évidemment les organismes publics, mais également les Prestataires de Services de Confiance (PSCo) qui sont qualifiés pour garantir la qualité des données personnelles, ainsi que leur traitement. Ils facilitent aussi le déploiement des identités numériques tout en leur conférant une valeur légale. Les PSCo sont idéalement placés pour offrir aux opérateurs économiques des services de confiance permettant de réduire significativement le coût des contrôles tout en simplifiant et sécurisant la relation digitale.
Sur ce thème de la Confiance Numérique, l’Europe est très en avance par rapport aux autres régions du monde. Ces dernières nous regardent avec attention et la réglementation eIDAS leur servira probablement de modèle. Il y a fort à parier qu’eIDAS devienne la norme, ce qui permettra aux entreprises européennes d’être, à moindre frais, conformes aux réglementations partout dans le monde. C’est là un avantage majeur sur un marché mondialisé.

Les Prestataires de Services de Confiance, ces « RegTech » qui proposent des solutions depuis longtemps

Les PSCo européens ont également une belle carte à jouer pour devenir des leaders mondiaux de la confiance numérique. Ceux d’entre eux qui proposent depuis plusieurs années des solutions de signature électronique avancée (impliquant un contrôle de la pièce d’identité du signataire pour lui émettre un certificat numérique) ont acquis une forte et valorisante expérience. Toutefois peu nombreux, ils disposent aujourd’hui d’une avance considérable pour conquérir ce nouveau marché qui s’inscrit dans la mouvance « RegTech ».
 
Thomas Galvaing, Universign
 
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addiction smartphone

Mon smartphone d'abord, la planète on verra plus tard ...

Le smartphone devenu « couteau suisse numérique » est devenu indissociable de la vie des Français au point de bousculer leurs habitudes, leurs interactions sociales et leurs valeurs. Nous le savons tous mais on voit mal comment on pourrait s'en passer. Pour prendre la mesure de ce chamboulement, Volpy (1), éditeur d’une application de rachat mobile, a chargé Opinionway de mener l’enquête auprès des Français : Quelles sont leurs pratiques en termes de téléphonie mobile ? Qu’est ce qui les incite à changer d’appareil ?  Et comment concilient-ils téléphonie mobile et consommation responsable ? En résonnance avec le concept de Green IT : prendre conscience que le numérique a un impact environnemental et social qu'il est nécessaire de réduire. 
 
L’étude « La relation des Français à leur téléphone portable » dévoile ainsi que si le téléphone mobile est devenu un outil du quotidien, auquel les Français apparaissent peu attachés à première vue, sa place dans la société semble en réalité sous-estimée : non seulement, les Français affichent des pratiques de consommation peu en phase avec leurs convictions environnementales, mais de plus, leur utilisation compulsive du mobile bouleverse leur vie sociale. 

Des pratiques peu responsables associées à l’image statutaire du téléphone mobile battent en brèche la conscience environnementale des Français

Les Français ne cherchent pas à prolonger la durée de vie de leurs mobiles en cas d’incident. Pourtant conscients de l’impact environnemental lié à la fabrication et l’utilisation de leurs téléphones – 67% reconnaissent que leur téléphone portable est un produit « polluant » – ils saisissent toute occasion pour en changer (dysfonctionnement de la batterie : 54% contre 40% cherchant à la faire réparer, casse de l’écran : 44% contre 39% ou de fonctionnalité défectueuse : 41% contre 26%).
 
Dans le même esprit, si 65% des Français dénoncent la durée de vie trop courte de leur mobile, 48% conservent leur ancien téléphone chez eux, alors que ce dernier pourrait connaître une seconde vie ou être recyclé. En tout, ils sont 86% à déclarer ne pas le recycler. Dès lors que le téléphone demeure en état de fonctionner, seule une infime minorité choisit de le donner à une connaissance.
 
Particulièrement conscients de l’impact environnemental de leur téléphone, les plus jeunes (74% des 18-24 ans estiment qu’il s’agit d’un produit polluant, contre 62% des 65 ans et plus) sont ceux qui affichent les pratiques les plus responsables : 62% des 18-24 ans souhaitent faire réparer l’appareil lorsque l’écran est cassé (contre 24% des plus de 50 ans), ou même rayé (22% contre 13%), alors que le remplacement de l’appareil se justifie pour 52% des 18-24 ans lorsque la batterie ne fonctionne plus, contre 57% des 25-49 ans.
 
Malgré cette conscience des enjeux environnementaux, les pratiques des jeunes générations traduisent le fait que le téléphone portable ne peut être réduit à une dimension purement utilitaire : ils y font attention comme à la prunelle de leurs yeux (46% chez les 18-24 ans contre 28% en moyenne), attachent plus d’importance à sa marque (9% des jeunes âgés de moins de 35 ans souhaitent que leur téléphone soit d’une marque connue contre 5% des personnes âgées de 50 ans et plus) et à son esthétique (14% des jeunes souhaitent que leur téléphone soit avant tout un bel objet, contre seulement 2% des seniors). Ils ressentent davantage d’excitation quand il faut en changer (21% contre 12% des Français) et en changent plus facilement lorsqu’ils observent une avancée technologique importante (24% contre 16% en moyenne) ou lorsque son état cosmétique est jugé dépassé (13% contre 4% en moyenne).
 
En réalité, le téléphone mobile n’apparaît pas aussi « utilitaire » que les Français le disent. 7% exigent une « marque connue » et 4% un bel objet. 24% des 18-24 ans justifient leur changement de téléphone portable par « l’apparition d’une avancée technologique importante » et 8% des 25-34 ans par « le désir de toujours disposer du dernier modèle ».
Certains Français – comme le prouvent les queues dans les boutiques spécialisées lors de la sortie d’un nouveau modèle – ont adopté une vision statutaire, voire tribale, de leur téléphone mobile et n’hésitent pas à y consacrer un budget important. Ils ne sont pas forcément les plus jeunes, ni les plus riches, mais se comportent un peu comme les passionnés de voitures prêts à s’endetter pour s’offrir un véhicule de prestige. C’est ainsi que le smartphone d’Apple est devenu l’un des principaux objets « culte » du moment, comme peuvent l’être les Harley-Davidson, qui associent à leur fonction une dimension symbolique, émotionnelle et affective.
 
Une récente étude américaine relayée par le New York Times va encore plus loin. Menée par la Harvard Business School et les Universités de Columbia et du Michigan, elle indique que lorsqu’un nouveau mobile est lancé sur le marché, le soin qu’on porte à son ancien téléphone mobile diminue. Les consommateurs sont en réalité à l’affut de tout prétexte pour justifier un mode de consommation compulsive.
 L’enquête d’Opinionway vient confirmer cette présomption : loin d’être simplement utilitaire, le téléphone portable occupe une place à part dans le quotidien des Français, qui n’hésitent pas à adopter des pratiques en contradiction avec leurs convictions.

L’utilisation compulsive du téléphone portable bouleverse la vie sociale des Français

Les conséquences sociales de l’utilisation frénétique du smartphone sont également importantes. Il est devenu difficile de s’en détacher complètement pendant de longs moments. Les Français éteignent leur téléphone surtout par contrainte, dans des moments où le silence est de mise et où il est explicitement demandé de le mettre hors service.  Là encore, les différences entre générations sont flagrantes : 67% des 18-35 ans bravent l’interdit et n’éteignent pas leur portable dans un avion (contre 59% des plus de 65 ans). Et seulement 25% des 25-34 ans l’éteignent au spectacle contre 79% des plus de 65 ans.
De manière globale, si moins de la moitié des personnes interrogées (39%) déclarent éteindre leur téléphone la nuit et 23% admettent ne jamais l’éteindre (34% des 25-34 ans), 71% des Français affirment rester connectés lors d’un dîner en tête à tête (88% des 25-34 ans et 53% des plus de 65 ans). Même dans les moments les plus intimes des Français, le téléphone est devenu omniprésent.

Le téléphone mobile : un outil du quotidien, surtout pour les plus jeunes

L’étude livre également quelques enseignements sur l’utilisation quotidienne des portables. En moyenne, les Français passent 1h08 sur leur téléphone portable, chaque jour. Bien sûr, cette durée varie en fonction du modèle utilisé : 50 mn pour un téléphone simple et 1h28 pour un smartphone qui offre bien plus de fonctions. Elle dépend également de l’âge de l’utilisateur : 2h49 pour les 18-24 ans et 1h56 pour les 25-34 ans, contre 32 minutes pour les plus de 50 ans.
Cette durée n'est pas jugée excessive par près des trois quarts des personnes interrogées (72%), 37% estimant même qu'ils ne passent « pas du tout » trop de temps sur leur téléphone. Là encore, des différences apparaissent selon l’âge de l’utilisateur : plus de la moitié des moins de 35 ans (53%) reconnaissent passer « trop de temps » sur leur portable, contre seulement 12% des personnes âgées de 50 ans et plus.
Le temps passé chaque jour à consulter son téléphone portable se justifie par le fait que les derniers modèles comportent de nombreuses fonctionnalités qui simplifient le quotidien. Il a remplacé de nombreux objets des Français qui se passent désormais de réveil (39%), d'appareil photo (34%) ou de montre (34%). Le téléphone mobile a de même rendu superflue la possession d'un téléphone fixe chez 29% d’entre eux.

Quelles solutions pour réconcilier numérique et développement durable ? 

L'étude n'en propose pas ... Il faut pourtant inventer des solutions pour faire coïncider technologie et développement durable. C'est l'idée du Green IT ou "informatique verte". D'après les prévisions du World Economic Forum, d'ici 2020 nous serons 5 milliards à être connectés par au moins 50 milliards d'objets « intelligents ». Les besoins d'énergie et de capacité de réseau s'annoncent donc exponentiels. Le défi sera d'y répondre en prenant en compte l'aspiration des citoyens à évoluer dans un environnement le plus respectueux possible. 
 
L'alternative serait d'utiliser des smartphones avec des composants irréprochables, des ouvriers respectés et une véritable conscience environnementale, comme par exemple le Fairphone2 conçu par une startup néerlandaise, qui confectionne des smartphones intégrant des contraintes environnementales et de commerce équitable. En deux ans, 60.000 smartphones équitables Fairphone ont été écoulés. 

Voir aussi : Cash Investigation : Le smartphone équitable Fairphone intrigue les Français

« Il s'est vendu près de 1,3 milliards de smartphones dans le monde en 2014, ce qui implique forcément de se poser des questions quant au respect de l'environnement ou aux conditions parfois contestables dans lesquelles certains métaux précieux utilisés sont extraits. Sur ce créneau, nous sommes donc sensibles à tout ce qui peut apporter une alternative intelligente et efficace pour conduire à une consommation citoyenne plus responsable. » déclarait à La Tribune en octobre 2016 Valérie Ducourty, dirigeante d’Idinvest Partners, qui vient d’investir 13 millions d’euros dans une startup spécialisée dans le reconditionnement de smartphones, Green&Biz. 
 
Et dernière info, Apple vient de publier son rapport d'évolution pour l'environnement. La marque à la pomme y précise son engagement pour le développement durable. Elle envisage en effet d'utiliser des matériaux recyclés pour concevoir ses nouveaux produits. Le géant américain va notamment doubler ses investissements sur son robot Liam.
Celui-ci permet de décomposer les iPhones en plusieurs parties réutilisables, les clients de la marque pourront ainsi être incités à adhérer au programme de recyclage. Des matériaux comme l'aluminium, le cuivre, le tungstène ou encore l'étain seront entièrement recyclés pour fabriquer de nouveaux appareils. Apple a également annoncé que 96% de ses usines et 100% de ses centres de données fonctionnaient grâce aux énergies renouvelables. A suivre …
 
 
Méthodologie de l’enquête
L’étude « Les Français et l’attachement à leur téléphone portable » a été réalisée auprès d’un échantillon de 1061 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, au sein duquel 976 personnes possédaient un téléphone mobile. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées les 22 et 23 mars 2017 par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview).
 
(1) A propos de Volpy
Volpy est une plateforme  de rachat et de recyclage de téléphones mobiles. Elle estime en quelques secondes le prix de votre smartphone et vous propose  une offre de reprise. Son ambition est de démontrer que téléphonie mobile et consommation responsable sont conciliables. volpy.com
 
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robot-travail

80 à 90% des emplois vont être éliminés dans les 10 à 15 ans à venir

Les robots peuvent-ils vraiment prendre votre travail ? Les avancées technologiques ont révolutionné depuis longtemps le paysage du monde du travail, et les progrès en intelligence artificielle font aujourd'hui craindre une prise de pouvoir par les robots, y compris pour les emplois hautement qualifiés.
 
Les exemples ne manquent pas, entre les voitures autonomes qui pourraient mettre les chauffeurs de taxi au chômage (même si Uber vient de subir un revers en la matière, obligé d'interrompre son programme après un accident), le rôle grandissant des algorithmes dans le journalisme, les robots qui informent les clients dans les centres commerciaux ou les machines qui aident les chirurgiens à repérer tumeurs cancéreuses ou anomalies cardiaques.
 
Une étude de l'Université d'Oxford en 2013 sur 700 métiers aux États-Unis avait conclu que 47% d'entre eux risquaient d'être automatisés.
Des données corroborées par une étude du cabinet McKinsey, selon qui "près de la moitié des activités pourraient être automatisées si l'on adapte les technologies actuelles". McKinsey concluait cependant que seulement 5% des emplois pourraient être "entièrement automatisés".
 
Mais selon Vivek Wadhwa, entrepreneur technologique et membre de la Carnegie Mellon University dans la Silicon Valley, ces études sont très loin de la réalité.

Hommes « superflus »

"Ces études sous-estiment l'impact des technologies : de 80 à 90% des emplois vont être éliminés dans les 10 à 15 ans à venir", affirme à l'AFP Vivek Wadhwa, auteur d'un livre à paraître sur le sujet.
"L'intelligence artificielle progresse beaucoup plus vite qu'on ne le pensait. Les assistants personnels Alexa ou Google Home deviennent très intelligents très rapidement. Microsoft et Google ont prouvé que l'intelligence artificielle peut comprendre le langage humain mieux que les humains eux-mêmes", ajoute-t-il.
Les conseillers économiques de Barack Obama, l'an dernier, notaient que la plupart des emplois rémunérés moins de 20 dollars de l'heure risquaient d'être automatisés. Avec des conséquences sociales inquiétantes.
 
Yuval Noah Harari, auteur et historien à l'Université hébraïque de Jérusalem, auteur du best-seller international "Sapiens : Une brève histoire de l'humanité", met ainsi en garde contre la technologie qui rendra les hommes "superflus" : "Alors que les algorithmes poussent les humains hors du marché du travail, la richesse et le pouvoir pourraient se concentrer entre les mains d'une petite élite propriétaire d'algorithmes tout-puissants, créant une inégalité sociale et politique sans précédent", avance-t-il.
M. Harari se réfère à l'étude d'Oxford, qui classe par secteur les pertes d'emploi dues à l'automatisation : les plus touchés seront les caissiers (97%), les boulangers (89%) ou les serveurs (77%).

Bouleversements sociaux

A l'inverse, James Bessen, économiste et chercheur à la Boston University, pense que le problème est exagéré, notant que les avancées technologiques mènent généralement à davantage d'emplois, même si la nature du travail change :
"Les robots peuvent remplacer les humains pour certaines tâches, mais pas pour tout", dit-il à l'AFP, avouant tout de même que l'automatisation "va détruire beaucoup d'emplois peu qualifiés et peu rémunérés".
 
L'impact reste encore difficile à cerner mais beaucoup s'interrogent déjà sur la manière de gérer les inévitables déplacements dans le monde du travail.
Bill Gates, fondateur de Microsoft, a ainsi prôné une "taxe sur les robots", une idée notamment mise en avant par Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle française.
Mais cette solution pourrait être contre-productive selon M. Bessen : "Si vous taxez les robots vous allez ralentir les effets positifs du processus".
 
D'autres aimeraient un "revenu de base universel" pour compenser les pertes d'emplois, une mesure qui figure également dans le programme du candidat socialiste français.

LIRE AUSSI DANS UP' : Primaire socialiste : une victoire pour le revenu universel ?

Cependant, pour Vivek Wadhwa, les problèmes sont plus profonds et des solutions plus créatives vont devoir être trouvées : "Un revenu de base ne résoudra pas les problèmes sociaux des pertes d'emplois parce que l'identité des gens tourne autour de leur travail. Même si nous avons assez de nourriture et d'énergie, on va devoir gérer les bouleversements sociaux qui se profilent. Il faut une discussion plus large".
 
"C'est très possible qu'on arrive à relever ce défi", reprend James Bessen. "Mais on a vu ces 20 dernières années que les choses ne vont pas dans la bonne direction".
 

LIRE AUSSI DANS UP' : Tendances confirmées en 2016 : robotique et révolution de l’humain augmenté 

 
Source  : AFP
 
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académie franco-allemande pour l'industrie du futur

Lancement de l’Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur

Pour répondre aux défis de l’industrie de demain, il faut des projets d’envergure et des pédagogies numériques adaptées. C’est le choix qui vient d’être fait par les gouvernements français et allemand avec la mise en place de l’Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur qui est confiée à l’Institut Mines-Télécom (IMT) et à la Technische Universität München (TUM). Une initiative qui vise à favoriser, de part et d’autre du Rhin, le développement des usages du numérique les plus innovants dans l’industrie car l’accélération de la transition numérique des industries traditionnelles est un enjeu fondamental de la modernisation et de la compétitivité de l’appareil productif français et allemand.
 
En visite à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, Christophe SIRUGUE, Secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, du numérique et de l’innovation auprès du ministre de l’économie et des finances, a annoncé le lancement de l’Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur. Décidée à l’initiative conjointe des gouvernements français et allemand lors de la première conférence franco-allemande sur le numérique d’octobre 2015, la mise en place de cette Académie a été confiée à l’Institut Mines-Télécom (IMT) et à la Technische Universität München (TUM). Ce partenariat entre dans le cadre du projet "Industrie du futur" lancé officiellement par le président de la République le 14 avril 2015, et présenté le 18 mai 2015 par Emmanuel Macron, projet qui ouvre la seconde phase de la Nouvelle France Industrielle. Lancé en 2013 par Angela Merkel, le concept d'industrie 4.0, repris dans le monde entier, traduit une prise de conscience profonde.
 
Cette Académie déploiera une offre scientifique, technologique et pédagogique d’excellence, en lien étroit avec les industriels des deux pays, pour répondre aux défis de l’industrie du futur. Elle mettra en place dès 2017 cinq projets de recherche d’envergure structurants dans les domaines des cyberarchitectures sécurisées et des coopérations interconnectées, deux écoles d’été et un MicroMaster certifiant appuyé par des pédagogies numériques (MOOC).
 
Cette Académie a un triple objectif dans le domaine de la recherche et de la formation au service de l’industrie du Futur :
– Former une plateforme de recherche de pointe dans les domaines du numérique pour l‘industrie du futur, de l’organisation et la logistique industrielles et des interfaces humaines.
– En associant les forces des partenaires, développer de nouveaux cursus de formation, créer des contenus (MOOC) et intensifier les échanges d’étudiants.
– Monter des projets de R&D innovants dans le cadre de partenariats industriels autour de thématiques clefs comme l’automatisation, la flexibilité, le big data, l’internet des objets, la sécurité, mais aussi la logistique et les transports, l’organisation et le management, ainsi que la coopération homme-robot et les agents intelligents.
De manière plus large, l’Académie se donne pour mission de mener une réflexion prospective et des travaux de recherche sur la place de l’homme dans les transitions numériques et industrielles, et de faire émerger et mûrir les nouveaux paradigmes de l’industrie du futur.
 
Christophe SIRUGUE a annoncé le financement d’une première tranche de programmes à hauteur de 1 million d’euros. Ce financement marque le lancement effectif de l’Académie franco-allemande et confère à cette coopération ambitieuse et originale l’impulsion nécessaire pour s’ouvrir largement à l’ensemble des thématiques s’inscrivant dans les enjeux de l’Industrie du Futur.
Pour Christophe SIRUGUE, « L’Industrie du Futur est un enjeu-clé pour nos entreprises. Dès 2015, les gouvernements allemands et français ont décidé de renforcer leur coopération en signant un partenariat entre l’Industrie 4.0. et l’Industrie du Futur. L’Académie franco-allemande jouera un rôle central pour développer des projets communs et favoriser les coopérations académiques. »
 
"L'initiative d’une Académie franco-allemande pour l’Industrie du Futur de l´Université Technique de Munich (TUM) et de son partenaire l´IMT, fournit la base idéale pour relever le challenge de la quatrième révolution industrielle dans laquelle s´engagent nos deux pays. La contribution française nous permet de démarrer dès cette année les premiers projets scientifiques d´envergure" souligne le Professeur Klaus BENGLER (TUM), membre du comité de pilotage de l´Académie.
 
Philippe JAMET a déclaré pour sa part : « Le financement annoncé par le ministre va permettre à  l’Académie franco-allemande, d’entrer dans une phase d’activité opérationnelle. Il va lui offrir de solides bases pour son élargissement à de nouvelles thématiques et de nouveaux partenariats académiques et industriels »
 
Avec 13.000 étudiants et 1800 enseignants-chercheurs et personnels de recherche, l’Institut Mines-Télécom est le premier groupe français pour la formation d’ingénieurs (7% des ingénieurs dont 10 % des ingénieurs en formation par apprentissage) et pour la recherche partenariale (105 M€/an soit 15 % des contrats des grandes écoles). Les incubateurs de ses écoles accompagnent la création de près d’une centaine d’entreprises par an, 24 start-up issues de l’IMT étaient présentes au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas (10 % de la délégation française).
 
 
 
Pour aller plus loin :

Livre blanc de Syntec Numérique "Transformer l'industrie par le numérique" - Avril 2016

 
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Air Liquide

Air Liquide : production à la demande grâce au Big data !

Air Liquide a inauguré le 26 janvier dernier en France, dans le cadre du projet Connect, un centre d’opération unique dans l’industrie des gaz industriels, permettant de piloter à distance la production de 22 unités du Groupe en France, d’optimiser leurs consommations énergétiques et de renforcer leur fiabilité. Labellisé Vitrine Technologique par l’Alliance Industrie du Futur (1), Connect représente un investissement de 20 millions d’euros (2). Ce projet repose sur la diffusion de nouvelles technologies numériques dans les sites de production français et sur la création de nouveaux métiers. Les unités de production d'Air Liquide qui produisent selon la demande : un sacré virage !
Photo : Le centre d’opération d’Air Liquide à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon. Pierre-Emmanuel Rastoin /AIR LIQUIDE
 
Imaginez une tour de contrôle emplie d’ordinateurs pilotant la consommation énergétique des usines d'Air Liquide en France face à un écran géant de 20 m2, une douzaine de «pilotes» surveillant et programmant en direct les usines françaises : le centre d’opération et d’optimisation à distance, situé près de Lyon, à Saint-Priest, dispose désormais d’une vision nationale des besoins des clients en oxygène, en azote, en argon et en hydrogène.
Capable d’arrêter ou de redémarrer un site à distance, le centre adapte le niveau de production des usines selon la demande des clients. Grâce à ce centre, les flux de production de chaque unité sont adaptés en temps réel aux besoins de chaque client. Le volume de production et l’acheminement des gaz vers les clients sont ainsi optimisés sur tout le territoire. Une première dans ce secteur.
 
Grâce à l’analyse des données de masse 24h/24 de 22 sites en France, Air Liquide développe la maintenance prédictive des sites de production en identifiant les signaux faibles qui précèdent un dysfonctionnement : grâce au pilotage à distance, basé sur le big data, les usines peuvent être arrêtées ou redémarrées, la production peut être augmentée ou diminuée. Le système permet de déterminer le mode de fonctionnement le plus adapté à la consommation instantanée des clients d'Air Liquide en proposant la meilleure configuration par rapport à ce nouveau mode de marche. Des algorithmes élaborés par les ingénieurs d’Air Liquide permettent d’affiner les réglages des équipements des usines pour optimiser les consommations d’énergie, en s’appuyant sur près de 15 ans de données enregistrées sur tous les sites industriels.
 
Dans les usines, de nouvelles technologies comme les tablettes tactiles, scan 3D, tutoriels vidéos, sont aussi introduites pour simplifier la gestion des opérations de maintenance ou d’inspection, ainsi que l’organisation des tâches quotidiennes des opérateurs.
 
Le centre d’opération et d’optimisation à distance a fait naître de nouveaux métiers : les « pilotes en temps réel » en contact permanent avec les sites et les « analystes » qui étudient la production et l’optimisation des consommations d’énergie.
Avec la création du centre d’opération et l’introduction de nouvelles technologies dans le travail quotidien des techniciens des unités de production, Connect s’inscrit dans la démarche d’innovation ouverte d’Air Liquide entre les équipes des sites de production, le laboratoire d’innovation d’Air Liquide, i -Lab, et l'écosystème français de start-up technologiques.
 
 
(1)    L’Alliance Industrie du futur réunit les organisations professionnelles de l’Industrie et du Numérique
(2)    Décision d’investissement d’Air Liquide du premier semestre 2016
 
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