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Données personnelles et confiance : quelles stratégies pour les citoyens-consommateurs en 2017 ?

Après le 9ème Opus des Cahiers de Veille de la Fondation Mines-Télécom qui vient de sortir, l’Institut Mines-Telecom révèle les résultats d’une étude exclusive réalisée avec Médiamétrie, « Données personnelles et confiance : quelles stratégies pour les citoyens-consommateurs en 2017 ? », pour prouver, s’il en est encore besoin, que la confiance est primordiale pour le vivre ensemble dans la société et le développement de l’économie numérique.
 
La Chaire Valeurs et Politiques des Informations Personnelles de l’IMT (Institut Mines-Télécom) s’est associée à Médiamétrie pour réaliser une grande enquête sur la manière dont les Français gèrent leurs données personnelles, présentée lors de la 14e Rencontre de la Chaire, le 23 juin. La Chaire propose d’étudier ces problématiques en se positionnant de la manière suivante : Une création de valeur durable, marchande et non marchande s’appuyant sur de l’innovation sociale et économique, sur une appropriation sociétale éthique et une sécurité juridique et technique.
Une enquête qui s’inscrit dans le contexte d’une lente érosion de la confiance sur Internet, de la collecte souvent abusive des données personnelles et des moindres faits et gestes des individus par certains Etats ou acteurs privés.
 
La confiance est primordiale pour le vivre ensemble dans la société et le développement de l’économie numérique, qui se nourrit des données des internautes. C’est un préalable primordial pour le bon développement de l’économie numérique, une économie qui se nourrit en grande partie des données relatives aux individus. Il s’agit donc de comprendre dans quelle mesure les usagers, citoyens et consommateurs, sont prêts à partager leurs données personnelles, avec quels acteurs, et dans quelles conditions.
Subissent-ils les pratiques des grands acteurs de l’Internet ou développent-ils de nouveaux comportements, notamment en utilisant des outils de protection qui empêchent la collecte de leurs données personnelles ? Quel est l’impact de ces nouveaux comportements sur la manière de s’exprimer en ligne, de rechercher des informations ou d’acheter des produits ?
 
Ces informations fournies par les personnes, ou traces de leurs activités et interactions, posent en effet de nombreuses questions en termes de :
- Valeur sociale : quels nouveaux services pour assurer la confiance, quel type de confiance ? Comment préserver ce qui nous définit en tant qu'être humain ?
- Valeur économique : De quelle manière les informations personnelles participent-elles à la création de valeur ? Comment associer les données publiques, business et privées pour développer des produits, services et stratégies innovantes ?
- Politique de contrôle : qui contrôle ou doit contrôler les informations personnelles ? Comment assurer leur sécurité technique et pratique ? Comment contrôler les contrôleurs ?
- Politique de régulation : comment ces informations sont-elles ou doivent-elles être régulées au niveau juridique, économique et éthique ? Comment assurer de façon effective le respect des droits et libertés fondamentales des citoyens ?
 
L’étude révèle, entre autres, que la prudence est de mise : 61% des internautes refusent de partager leur géolocalisation, 35% d’entre eux ont déjà renoncé à l’achat ou ont changé de moyen de paiement pour ne pas laisser de traces sur Internet et 11% naviguent uniquement sur des sites qui ne nécessitent pas de s'identifier.
 
Par ailleurs, les internautes ne sont pas prêts à accepter toutes les intrusions pendant leur navigation sur le web et souhaitent rester sélectifs : 60% d’entre eux règlent les paramètres de confidentialité et de préférences sur leur moteur de recherche ou les réseaux sociaux pour limiter les informations collectées et 55% ont déjà utilisé un bloqueur de publicité sur au moins un écran.

Des utilisateurs de plus en plus attentifs à la circulation de leurs données personnelles

Plus de la moitié des internautes s’estiment plus vigilants sur Internet (par rapport aux années précédentes). Parmi les raisons évoquées figurent principalement l’exposition de la vie privée de certaines personnes sur les réseaux sociaux et la médiatisation des vols de données personnelles.
 
Surtout, les internautes différencient les contextes dans lesquels s’effectue la circulation de leurs données (cf. la notion de « contextual privacy » développée par Helen Nissenbaum et reprise dans le Cahier n° 1 de la Chaire Valeurs et Politiques des Informations Personnelles). Ainsi, les goûts et les centres d’intérêts, mais aussi les habitudes de navigation sont estimés pouvoir être partagés essentiellement avec les réseaux sociaux. A contrario, les données figurant dans une pièce d’identité le sont uniquement avec les sites de l’Etat.
 
Sur ce fond, une autre tendance plus récente se dessine : 38% des personnes ne souhaitent plus partager leurs données avec les réseaux sociaux par exemple et 10% d’entre elles, si elles en avaient le choix, préfèreraient ne fournir aucune information.
 

Des utilisateurs qui développent des stratégies de protection

L’étude confirme le constat de plus en plus partagé : les Conditions Générales d’Utilisation (CGU) n’inspirent plus confiance. Ainsi, 89% des internautes ne lisent pas, ou seulement partiellement, les informations relatives aux politiques de confidentialité. Ils considèrent que celles-ci sont trop longues (80%), non modulables (54%) et peu claires (42%). Comme les utilisateurs sont conscients des risques inhérents à la circulation de leurs données et qu’ils font moins confiance à l’encadrement de celle-ci, ils mettent en place des stratégies pour leur propre protection.
L’augmentation de la vigilance des internautes porte principalement sur le paramétrage des comptes ; celui-ci concerne principalement la désactivation de la localisation, la suppression des traces de navigation sur Internet et le paramétrage des comptes sur les réseaux sociaux.
 
 
L’utilisation d’un bloqueur de publicités est largement motivée par un refus de l’intrusion représentée par les publicités. Au-delà, plus d’un tiers des personnes interrogées déclarent utiliser un bloqueur pour protéger leurs informations personnelles et leur vie privée.
 
On constate enfin une modification des comportements d’achats pour protéger ses données. Renoncer à l’achat ou changer de moyen de paiement pour ne pas laisser de traces constituent deux pratiques utilisées par plus d’un tiers des Internautes lors de leurs achats en ligne.
Actions pour ne pas laisser de traces lors d’un achat en ligne : Renoncer à l’achat ou changer de moyen de paiement, pour ne pas laisser de traces, sont deux pratiques qui concernent plus d’un tiers des Internautes ayant déjà effectué des achats en ligne.

La protection n'est pas un frein à l'achat en ligne

Il a été constaté qu’une part significative des internautes a recours à des stratégies de protection des données personnelles tandis qu’une partie grandissante semble refuser tout partage. Quelles peuvent être les incidences socio-économiques de ces stratégies de protection des données personnelles ? Nous observons que les personnes qui utilisent des outils de protection sont celles qui consomment le plus : le comportement de protection est donc synonyme d’inscription dans l’économie numérique.
 

Perspectives économiques et sociétales

L’étude semble démontrer que nous passons à une situation nouvelle où les enjeux économiques et sociaux liés à l’utilisation des données personnelles se situent dans une relation complexe.
D’un point de vue économique, les comportements de refus pur et simple de partage de données personnelles constituent un risque non-négligeable pour la nouvelle économie basée sur la collecte et le partage des données. Pour autant, les stratégies individuelles de protection (gestion des identités numériques, gestion des moyens de paiement, bloqueurs de publicités, paramétrage de compte) sont loin d’être un frein à l’échange économique : par exemple, la profusion des bloqueurs de publicité, contrairement à la menace qu’y voient certains annonceurs, s’accompagne d’une augmentation des achats par les personnes qui les utilisent. Donner des moyens de protection renforce le sentiment d’une capacité à agir (« encapacitation » ou « empowerment ») des individus.
 
D’un point de vue sociétal, des pistes de réflexion complémentaires doivent être évoquées. Si les utilisateurs sont plus vigilants, se protègent de plus en plus, voire sont obligés de prendre en main leur propre protection, ils sont aussi largement méfiants quant à la portée réelle d’encadrement des relations qui les lient aux prestataires des services numériques, comme l’illustre leur perception des CGU.
 
Cette sollicitation constante ou cette injonction à « être vigilant » est-elle vraiment ce que les consommateurs recherchent de prime abord ? Pour tenter d’y répondre, il a été demandé aux internautes participant à l’enquête de caractériser la notion de confiance à l’aide de trois mots dans le cadre de champs libres. Les deux termes qui reviennent le plus souvent sont sécurité et respect, suivis de près par transparence.
 
Si la sécurité n’est pas une surprise, si la transparence semble indiquer un souhait de voir les pratiques des acteurs évoluer vers plus de réciprocité en termes de rapport de forces sur l’utilisation de données collectées, le respect semble indiquer l’aspiration à ce que la vie privée des internautes soit respectée sans qu’ils aient à consacrer des efforts croissants à sa défense.
Nous sommes ici en présence d’une composante essentielle de la confiance, le respect indiquant un type de rapport social qui ne se réduit pas à la simple exécution d’une relation contractuelle. De ce point de vue, tout reste à faire pour que cette nouvelle économie numérique ne conduise pas à un sentiment de rejet dans la société contemporaine.
 
Un observatoire veille sur ce secteur de la confiance numérique : l'ACN - Alliance pour la confiance numérique - qui vient de se moderniser. Son rôle ? Fédérer les principaux acteurs français et européens de la confiance numérique et contribuer à la consolidation de la filière sécurité en France.
Mais il paraît plus fondamental de se concentrer aujourd’hui sur la production même de la confiance au lieu de se focaliser sur les risques et la sécurité, comme l’a très justement analysé le dernier ouvrage de Daniel Kaplan, « La confiance numérique » - FYP Éditions, collection "La fabrique des possibles" - , fruit d’un an d’études indépendantes menées par la Fing et la Fondation Télécom. 
Le lien qui unissait les organisations et les individus s’effiloche de jour en jour. La crise frappe aujourd’hui les médias, les institutions, les banques, les services publics, en butte à la méfiance de leurs clients ou usagers. Et pour cause… Avec la déshumanisation de la relation clients, les entreprises et les institutions sont entrées dans une relation asymétrique avec leur public. Suréquipées et surprotégées, elles réutilisent abondamment les données personnelles des individus…
Si les causes de cette rupture sont connues depuis longtemps, les solutions tardent. Renaud Francou et Daniel Kaplan, respectivement chef de projet et délégué général de la Fing (Fondation internet nouvelle génération), les apportent dans ce livre novateur. Ils proposent un modèle différent de relation entre organisations et individus : un modèle symétrique, de « pair à pair », comme celui qui lie les utilisateurs du monde numérique.
Quatre leviers de changement pour restaurer la confiance : les dispositifs et tiers de confiance ; la relation ; la confiance « de pair à pair » ; l’outillage des individus. Neuf pistes d’innovation, de recherche et d’action collective, sont proposées, inspirées du meilleur du monde numérique. Un scénario présente chaque piste à travers des situations quotidiennes. Ce sont autant de solutions concrètes …
 
 
Source : Synthèse du Rapport « Données personnelles et confiance : quelles stratégies pour les citoyens-consommateurs en 2017 ? », Chaire Valeurs et Politiques des Informations Personnelles, Patrick Waelbroeck, Armen Khatchatourov, Claire Levallois-Barth, 23 juin 2017
 
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numérique

Confiance numérique : où en sommes-nous ?

Cybersécurité, blockchain, identités numériques… En 27 pages, le 9ème opus des Cahiers de Veille de la Fondation Mines-Télécom qui vient de sortir propose de prendre du recul sur ces sujets très médiatisés, liés à l’actualité de l’innovation numérique. Cette année, ce 9ème cahier de veille s’intitule « Les nouveaux équilibres de la confiance – entre algorithmes et contrat social » et questionne le fondement de nos interactions et usages : la confiance, aujourd’hui en pleine mutation. 
 
Ce 9e opus des Cahiers de la Fondation Mines-Télécom (1) a pour grande thématique transversale la confiance à l’ère du numérique. Construit au fil d’un cycle d’événements en partenariat avec NUMA Paris et avec le soutien des grands partenaires entreprises de la Fondation, ce cahier questionne les mutations de la notion de confiance, en mettant en lumière les recherches existantes au sein des écoles de l’IMT dans ce domaine.
 
Le succès de l’économie numérique a généré de nombreuses préoccupations pour les consommateurs et les entreprises en ce qui concerne la sécurité et l’intégrité de l’environnement numérique. Pour cette raison, l’augmentation de la confiance numérique devient un facteur clé de la croissance – ou un frein à celle-ci – au sein de l’économie numérique. Cette confiance numérique est bâtie sur quatre piliers (2) : Intégrité du réseau et qualité du service afin de fournir en particulier des plateformes technologiques sécurisées et flexibles pour l’économie numérique et de procurer une expérience client optimale, protection de la vie privée et des données concernant les problèmes de la sécurité des individus et le respect de leurs données numériques, protection des mineurs visant à défendre le bien-être des mineurs au sein de l’univers internet, et enfin, prévention contre la piraterie et le vol afin d'offrir à toutes les parties prenantes un environnement sécurisé de transactions numériques. 
 
Dans une première partie, les Cahiers interrogent la notion de confiance et en donne une définition multidimensionnelle. En particulier, sont différenciés confidence, à traduire par « confiance assurée », liée au contexte social dans lequel nous vivons, et trust, « confiance décidée » qui se joue à l’échelle individuelle. Cette deuxième forme de confiance devient prédominante dans l’économie numérique : la confiance tend alors à se réduire à un calcul de risque, au détriment de notre capacité à savoir faire confiance.
 
Dans une deuxième partie, le cahier interroge les transformations de la confiance à l’ère numérique. En particulier, il offre une présentation de la blockchain en introduisant les notions de protocole, consensus et preuves qui l’entourent. En plus de donner des cas d’usages dans les domaines de la santé, des données personnelles et de la vie privée, il apporte des éclairages économiques et pose la question suivante : comment faire de la confiance un nouveau bien commun ?
 
Il se conclut avec une troisième partie mettant l’humain au centre de la réflexion. Enjeux de gouvernance, transitivité de la confiance, réseaux de confiance… De nouveaux équilibres se mettent en place et les articulations sont mouvantes entre consensus social et consensus algorithmé.
 
 
(1) Ce cahier de veille, rédigé par Aymeric Poulain-Maubant, expert indépendant, a bénéficié des contributions d’enseignants-chercheurs des écoles de l’IMT : Claire Levallois-Barth (Télécom ParisTech), Patrick Waelbroeck (Télécom ParisTech), Maryline Laurent (Télécom SudParis), Armen Khatchatourov (Télécom École de Management) et Bruno Salgues (Mines Saint-Étienne). Les entreprises partenaires de la Fondation, en particulier Accenture, Orange, Le Groupe La Poste et la Caisse des Dépôts ont également partagé leurs expertises.
 
Pour aller plus loin :
 
- Livre "La Blockchain ou la confiance distribuée" de Yves Caseau et Serge Soudoplatoff
 
 
 

 
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transition numérique

1,75 milliard de personnes des huit pays les plus riches du monde restent sans connexion

Une nouvelle étude de la Wireless Broadband Alliance (WBA) (1) révèle que 1,75 milliard de personnes des huit pays les plus riches du monde (par PIB) restent sans connexion - sachant que 34 % d'entre eux vivent dans de grandes agglomérations urbaines. Le rapport, publié aujourd'hui, souligne que la fracture numérique reste un problème mondial, en dépit du fait que le développement de la connectivité universelle reste une priorité courante pour l'ensemble des pays.
 
La nouvelle étude, entreprise par IHS Markit pour marquer la Journée mondiale du Wi-Fi, ce mardi 20 juin, explore les niveaux de connectivité urbaine et rurale dans huit grands pays : le Brésil, la Chine, l'Allemagne, l'Inde, le Japon, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Elle découvre également les défis auxquels ces pays sont confrontés et les initiatives qui sont en train d'être mises en œuvre par cinq des plus grandes villes du monde : Delhi, Londres, Moscou, New York et Sao Paulo.
 
Les principaux résultats du rapport révèlent que :
 
- Delhi et Sao Paulo comptent le plus grand nombre d'habitants non-connectés. 29 % (5,331 millions) de la population de Delhi ne sont pas connectés, 36 % à Sao Paulo (4,349 millions) ne sont pas connectés
- Londres est la ville la plus connectée, sachant que seuls 7 % de ses habitants ne sont pas connectés (625,336)
19 % des habitants de New York ne sont pas connectés (1,600 millions), alors que 17 % des habitants de Moscou ne sont pas connectés (2,154 millions).
 
 
L'adoption d'Internet a été plus rapide dans les villes que dans les régions rurales ; toutefois, les zones urbaines sont encore confrontées à d'importants défis à l'expansion des internautes. Parmi ces défis, on compte un pouvoir d'achat limité, un manque de disponibilité de la technologie, un manque de sensibilisation aux avantages de l'utilisation d'Internet et également de faibles connaissances en informatique.
 
Tant sur les marchés en développement que sur les marchés mûrs, la disponibilité de services Internet abordables reste un obstacle à la connectivité. Même parmi les pays qui disposent de salaires moyens plus élevés, l'existence de fractures économiques et sociales façonne considérablement le problème de la fracture numérique.
 
- À New York, un des plus grands obstacles à la connectivité est la qualité et le prix des connexions Internet.
- Pour les londoniens, les connaissances en informatique et la compréhension des avantages que présente une connexion, ainsi que le pouvoir d'achat, sont les défis clés de l'adoption d'Internet.
- Moscou est confrontée à des difficultés spécifiques en lien avec l'infrastructure, le développement d'une approche intégrée de la promotion de l'adoption d'Internet et le fait d'assurer des normes élevées et la qualité des services Internet.
 
Le rapport souligne également les nombreux avantages et opportunités qui échappent aux personnes non-connectées, de la génération d'économies au développement personnel suite à l'absence d'accès aux services d'information et d'éducation. Qui plus est, l'inclusion numérique est un moteur de la croissance économique pour les villes, les nations et les entreprises de toutes tailles car elle aide à attirer les investissements, à démarrer de nouvelles entreprises et à stimuler l'innovation.
 
« La connectivité est désormais un produit de base essentiel, au même titre que le sont l'électricité et l'eau. Et pourtant, de nombreuses personnes dans certaines des plus importantes villes du monde restent toujours sans connexion Internet » constate Shrikant Shenwai, PDG de la WBA. « Le Wi-Fi joue un rôle déterminant pour aider les villes à apporter une connectivité plus vaste et plus abordable à ses habitants. La WBA s'engage à aider les villes à réduire la fracture numérique grâce à des initiatives comme la Journée mondiale du Wi-Fi et notre Comité consultatif de la ville connectée, et elle considère le Wi-Fi comme la clé permettant à tout le monde de se connecter partout. »
 
« Le problème des habitants des villes non-connectés est d'une importance essentielle pour les économies et les sociétés de par le monde. Nous appelons les gouvernements du monde entier à redoubler leurs efforts visant à connecter les habitants des villes non connectées. Il est vital que l'accès Internet soit reconnu comme un droit de l'homme, et que toutes les parties prenantes impliquées dans la prestation du haut débit travaillent de concert pour mettre cela en place », ajoute M. Shenwai.
 
La Journée mondiale du Wi-Fi a été lancée par la WBA en 2016 pour contribuer à accélérer le déploiement au niveau mondial d'une connectivité abordable. L'initiative encourage les villes et les organismes gouvernementaux, ainsi que les opérateurs, les fournisseurs de services, les fournisseurs technologiques et les géants de l'Internet à unir leurs efforts pour offrir la connectivité à tout le monde et partout.
 
Le livre blanc complet, intitulé « The Urban Unconnected », peut être téléchargé ici.
 
(1)    Fondée en 2003, la mission de la Wireless Broadband Alliance (WBA) est d'accélérer le leadership mondial pour promouvoir des services sans fil qui sont transparents, sécurisés et interopérables. En se basant sur leur héritage de hotspot nouvelle génération (NGH) et de Wi-Fi d'opérateur, la WBA a continué de promouvoir et de soutenir l'adoption de services sans fil nouvelle génération sur l'ensemble de l'écosystème Wi-Fi public, y compris l'IdO, les services convergents, les villes intelligentes, la 5G, etc. Aujourd'hui, sont membres d'importants opérateurs fixes tels que BT, Comcast et Charter Communications ; sept des 10 plus importants groupes d'opérateurs de téléphonie mobile (par chiffre d'affaires) et des sociétés leaders de la technologie comme Cisco, Microsoft, Huawei Technologies, Google et Intel.
Participent au conseil d'administration de la WBA : AT&T, Boingo Wireless, BT, China Telecom, Cisco Systems, Comcast, Intel, KT Corporation, Liberty Global, NTT DOCOMO, Orange et Ruckus Wireless.
 
Source : businesswire.com
 
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numérique

L’identité numérique au cœur des enjeux règlementaires

Garantir l’identité d’un signataire pour donner une valeur légale à des documents électroniques est au cœur des enjeux actuels. La signature électronique est devenue un élément indispensable à l’heure de la transformation digitale, pour autant, c’est bien l’identité du signataire qui sera à la base de la confiance numérique.

Définir la valeur d’une identité

Volontairement ou involontairement, chacun laisse de plus en plus de traces de soi sur internet, via les réseaux sociaux ou par le biais des objets connectés. Ces traces nous caractérisent, elles reflètent ce que nous sommes, dévoilent notre façon de vivre et révèlent comment les autres nous perçoivent.
 
Ces sources d’information permettent à n’importe qui de mieux nous connaître, voire même de « trop » nous connaître en s’immisçant souvent dans notre intimité. En revanche, elles ne permettent pas de certifier « qui » nous sommes. En effet, au sens légal, l’identité est un sujet régalien. L’État est en définitive le garant de notre identité, qu’il s’agisse d’une personne physique ou morale. La valeur d’une identité numérique est ainsi portée par la force du lien entre cette identité régalienne, matérialisée par nos papiers d’identité et son équivalent digital : le certificat électronique.

Des contraintes règlementaires centrées sur le contrôle d’identité

Les événements géopolitiques et la pénétration du numérique dans nos vies favorisent l’augmentation et l’impact de risques déjà existants tels que le blanchiment d’argent, la fraude à grande échelle, le terrorisme et l’usurpation massive d’identité. Pour y faire face, de nouvelles réglementations ont été imposées aux acteurs économiques, certaines avec l’objectif de renforcer les contrôles : Know Your Customer (KYC), Anti-Money Laundering (AML) et d’autres servant à protéger les consommateurs : le devoir de conseil et le règlement européen sur la protection des données.
 
Pour les entreprises, ces réglementations se traduisent par un contrôle systématique et plus poussé des informations de leurs clients entrainant une complexification de la relation et des coûts importants. En particulier, le contrôle de l’identité est une des étapes les plus lourdes et fréquentes ; à elle seule, cette étape se chiffre en milliards d’euros.

eIDAS, entre exemple européen et opportunités économiques

Le règlement eIDAS, en application depuis le 1er juillet 2016, instaure un cadre européen en matière d’identification électronique et de services de confiance. Dorénavant, les règles qui définissent l’identité numérique sont claires et reconnues entre les États membres de l’Union Européenne. 
 
Au cœur de ce dispositif, se situent évidemment les organismes publics, mais également les Prestataires de Services de Confiance (PSCo) qui sont qualifiés pour garantir la qualité des données personnelles, ainsi que leur traitement. Ils facilitent aussi le déploiement des identités numériques tout en leur conférant une valeur légale. Les PSCo sont idéalement placés pour offrir aux opérateurs économiques des services de confiance permettant de réduire significativement le coût des contrôles tout en simplifiant et sécurisant la relation digitale.
Sur ce thème de la Confiance Numérique, l’Europe est très en avance par rapport aux autres régions du monde. Ces dernières nous regardent avec attention et la réglementation eIDAS leur servira probablement de modèle. Il y a fort à parier qu’eIDAS devienne la norme, ce qui permettra aux entreprises européennes d’être, à moindre frais, conformes aux réglementations partout dans le monde. C’est là un avantage majeur sur un marché mondialisé.

Les Prestataires de Services de Confiance, ces « RegTech » qui proposent des solutions depuis longtemps

Les PSCo européens ont également une belle carte à jouer pour devenir des leaders mondiaux de la confiance numérique. Ceux d’entre eux qui proposent depuis plusieurs années des solutions de signature électronique avancée (impliquant un contrôle de la pièce d’identité du signataire pour lui émettre un certificat numérique) ont acquis une forte et valorisante expérience. Toutefois peu nombreux, ils disposent aujourd’hui d’une avance considérable pour conquérir ce nouveau marché qui s’inscrit dans la mouvance « RegTech ».
 
Thomas Galvaing, Universign
 
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addiction smartphone

Mon smartphone d'abord, la planète on verra plus tard ...

Le smartphone devenu « couteau suisse numérique » est devenu indissociable de la vie des Français au point de bousculer leurs habitudes, leurs interactions sociales et leurs valeurs. Nous le savons tous mais on voit mal comment on pourrait s'en passer. Pour prendre la mesure de ce chamboulement, Volpy (1), éditeur d’une application de rachat mobile, a chargé Opinionway de mener l’enquête auprès des Français : Quelles sont leurs pratiques en termes de téléphonie mobile ? Qu’est ce qui les incite à changer d’appareil ?  Et comment concilient-ils téléphonie mobile et consommation responsable ? En résonnance avec le concept de Green IT : prendre conscience que le numérique a un impact environnemental et social qu'il est nécessaire de réduire. 
 
L’étude « La relation des Français à leur téléphone portable » dévoile ainsi que si le téléphone mobile est devenu un outil du quotidien, auquel les Français apparaissent peu attachés à première vue, sa place dans la société semble en réalité sous-estimée : non seulement, les Français affichent des pratiques de consommation peu en phase avec leurs convictions environnementales, mais de plus, leur utilisation compulsive du mobile bouleverse leur vie sociale. 

Des pratiques peu responsables associées à l’image statutaire du téléphone mobile battent en brèche la conscience environnementale des Français

Les Français ne cherchent pas à prolonger la durée de vie de leurs mobiles en cas d’incident. Pourtant conscients de l’impact environnemental lié à la fabrication et l’utilisation de leurs téléphones – 67% reconnaissent que leur téléphone portable est un produit « polluant » – ils saisissent toute occasion pour en changer (dysfonctionnement de la batterie : 54% contre 40% cherchant à la faire réparer, casse de l’écran : 44% contre 39% ou de fonctionnalité défectueuse : 41% contre 26%).
 
Dans le même esprit, si 65% des Français dénoncent la durée de vie trop courte de leur mobile, 48% conservent leur ancien téléphone chez eux, alors que ce dernier pourrait connaître une seconde vie ou être recyclé. En tout, ils sont 86% à déclarer ne pas le recycler. Dès lors que le téléphone demeure en état de fonctionner, seule une infime minorité choisit de le donner à une connaissance.
 
Particulièrement conscients de l’impact environnemental de leur téléphone, les plus jeunes (74% des 18-24 ans estiment qu’il s’agit d’un produit polluant, contre 62% des 65 ans et plus) sont ceux qui affichent les pratiques les plus responsables : 62% des 18-24 ans souhaitent faire réparer l’appareil lorsque l’écran est cassé (contre 24% des plus de 50 ans), ou même rayé (22% contre 13%), alors que le remplacement de l’appareil se justifie pour 52% des 18-24 ans lorsque la batterie ne fonctionne plus, contre 57% des 25-49 ans.
 
Malgré cette conscience des enjeux environnementaux, les pratiques des jeunes générations traduisent le fait que le téléphone portable ne peut être réduit à une dimension purement utilitaire : ils y font attention comme à la prunelle de leurs yeux (46% chez les 18-24 ans contre 28% en moyenne), attachent plus d’importance à sa marque (9% des jeunes âgés de moins de 35 ans souhaitent que leur téléphone soit d’une marque connue contre 5% des personnes âgées de 50 ans et plus) et à son esthétique (14% des jeunes souhaitent que leur téléphone soit avant tout un bel objet, contre seulement 2% des seniors). Ils ressentent davantage d’excitation quand il faut en changer (21% contre 12% des Français) et en changent plus facilement lorsqu’ils observent une avancée technologique importante (24% contre 16% en moyenne) ou lorsque son état cosmétique est jugé dépassé (13% contre 4% en moyenne).
 
En réalité, le téléphone mobile n’apparaît pas aussi « utilitaire » que les Français le disent. 7% exigent une « marque connue » et 4% un bel objet. 24% des 18-24 ans justifient leur changement de téléphone portable par « l’apparition d’une avancée technologique importante » et 8% des 25-34 ans par « le désir de toujours disposer du dernier modèle ».
Certains Français – comme le prouvent les queues dans les boutiques spécialisées lors de la sortie d’un nouveau modèle – ont adopté une vision statutaire, voire tribale, de leur téléphone mobile et n’hésitent pas à y consacrer un budget important. Ils ne sont pas forcément les plus jeunes, ni les plus riches, mais se comportent un peu comme les passionnés de voitures prêts à s’endetter pour s’offrir un véhicule de prestige. C’est ainsi que le smartphone d’Apple est devenu l’un des principaux objets « culte » du moment, comme peuvent l’être les Harley-Davidson, qui associent à leur fonction une dimension symbolique, émotionnelle et affective.
 
Une récente étude américaine relayée par le New York Times va encore plus loin. Menée par la Harvard Business School et les Universités de Columbia et du Michigan, elle indique que lorsqu’un nouveau mobile est lancé sur le marché, le soin qu’on porte à son ancien téléphone mobile diminue. Les consommateurs sont en réalité à l’affut de tout prétexte pour justifier un mode de consommation compulsive.
 L’enquête d’Opinionway vient confirmer cette présomption : loin d’être simplement utilitaire, le téléphone portable occupe une place à part dans le quotidien des Français, qui n’hésitent pas à adopter des pratiques en contradiction avec leurs convictions.

L’utilisation compulsive du téléphone portable bouleverse la vie sociale des Français

Les conséquences sociales de l’utilisation frénétique du smartphone sont également importantes. Il est devenu difficile de s’en détacher complètement pendant de longs moments. Les Français éteignent leur téléphone surtout par contrainte, dans des moments où le silence est de mise et où il est explicitement demandé de le mettre hors service.  Là encore, les différences entre générations sont flagrantes : 67% des 18-35 ans bravent l’interdit et n’éteignent pas leur portable dans un avion (contre 59% des plus de 65 ans). Et seulement 25% des 25-34 ans l’éteignent au spectacle contre 79% des plus de 65 ans.
De manière globale, si moins de la moitié des personnes interrogées (39%) déclarent éteindre leur téléphone la nuit et 23% admettent ne jamais l’éteindre (34% des 25-34 ans), 71% des Français affirment rester connectés lors d’un dîner en tête à tête (88% des 25-34 ans et 53% des plus de 65 ans). Même dans les moments les plus intimes des Français, le téléphone est devenu omniprésent.

Le téléphone mobile : un outil du quotidien, surtout pour les plus jeunes

L’étude livre également quelques enseignements sur l’utilisation quotidienne des portables. En moyenne, les Français passent 1h08 sur leur téléphone portable, chaque jour. Bien sûr, cette durée varie en fonction du modèle utilisé : 50 mn pour un téléphone simple et 1h28 pour un smartphone qui offre bien plus de fonctions. Elle dépend également de l’âge de l’utilisateur : 2h49 pour les 18-24 ans et 1h56 pour les 25-34 ans, contre 32 minutes pour les plus de 50 ans.
Cette durée n'est pas jugée excessive par près des trois quarts des personnes interrogées (72%), 37% estimant même qu'ils ne passent « pas du tout » trop de temps sur leur téléphone. Là encore, des différences apparaissent selon l’âge de l’utilisateur : plus de la moitié des moins de 35 ans (53%) reconnaissent passer « trop de temps » sur leur portable, contre seulement 12% des personnes âgées de 50 ans et plus.
Le temps passé chaque jour à consulter son téléphone portable se justifie par le fait que les derniers modèles comportent de nombreuses fonctionnalités qui simplifient le quotidien. Il a remplacé de nombreux objets des Français qui se passent désormais de réveil (39%), d'appareil photo (34%) ou de montre (34%). Le téléphone mobile a de même rendu superflue la possession d'un téléphone fixe chez 29% d’entre eux.

Quelles solutions pour réconcilier numérique et développement durable ? 

L'étude n'en propose pas ... Il faut pourtant inventer des solutions pour faire coïncider technologie et développement durable. C'est l'idée du Green IT ou "informatique verte". D'après les prévisions du World Economic Forum, d'ici 2020 nous serons 5 milliards à être connectés par au moins 50 milliards d'objets « intelligents ». Les besoins d'énergie et de capacité de réseau s'annoncent donc exponentiels. Le défi sera d'y répondre en prenant en compte l'aspiration des citoyens à évoluer dans un environnement le plus respectueux possible. 
 
L'alternative serait d'utiliser des smartphones avec des composants irréprochables, des ouvriers respectés et une véritable conscience environnementale, comme par exemple le Fairphone2 conçu par une startup néerlandaise, qui confectionne des smartphones intégrant des contraintes environnementales et de commerce équitable. En deux ans, 60.000 smartphones équitables Fairphone ont été écoulés. 

Voir aussi : Cash Investigation : Le smartphone équitable Fairphone intrigue les Français

« Il s'est vendu près de 1,3 milliards de smartphones dans le monde en 2014, ce qui implique forcément de se poser des questions quant au respect de l'environnement ou aux conditions parfois contestables dans lesquelles certains métaux précieux utilisés sont extraits. Sur ce créneau, nous sommes donc sensibles à tout ce qui peut apporter une alternative intelligente et efficace pour conduire à une consommation citoyenne plus responsable. » déclarait à La Tribune en octobre 2016 Valérie Ducourty, dirigeante d’Idinvest Partners, qui vient d’investir 13 millions d’euros dans une startup spécialisée dans le reconditionnement de smartphones, Green&Biz. 
 
Et dernière info, Apple vient de publier son rapport d'évolution pour l'environnement. La marque à la pomme y précise son engagement pour le développement durable. Elle envisage en effet d'utiliser des matériaux recyclés pour concevoir ses nouveaux produits. Le géant américain va notamment doubler ses investissements sur son robot Liam.
Celui-ci permet de décomposer les iPhones en plusieurs parties réutilisables, les clients de la marque pourront ainsi être incités à adhérer au programme de recyclage. Des matériaux comme l'aluminium, le cuivre, le tungstène ou encore l'étain seront entièrement recyclés pour fabriquer de nouveaux appareils. Apple a également annoncé que 96% de ses usines et 100% de ses centres de données fonctionnaient grâce aux énergies renouvelables. A suivre …
 
 
Méthodologie de l’enquête
L’étude « Les Français et l’attachement à leur téléphone portable » a été réalisée auprès d’un échantillon de 1061 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, au sein duquel 976 personnes possédaient un téléphone mobile. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées les 22 et 23 mars 2017 par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview).
 
(1) A propos de Volpy
Volpy est une plateforme  de rachat et de recyclage de téléphones mobiles. Elle estime en quelques secondes le prix de votre smartphone et vous propose  une offre de reprise. Son ambition est de démontrer que téléphonie mobile et consommation responsable sont conciliables. volpy.com
 
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