Transition numérique

Mon smartphone d'abord, la planète on verra plus tard ...

addiction smartphone
Le smartphone devenu « couteau suisse numérique » est devenu indissociable de la vie des Français au point de bousculer leurs habitudes, leurs interactions sociales et leurs valeurs. Nous le savons tous mais on voit mal comment on pourrait s'en passer. Pour prendre la mesure de ce chamboulement, Volpy (1), éditeur d’une application de rachat mobile, a chargé Opinionway de mener l’enquête auprès des Français : Quelles sont leurs pratiques en termes de téléphonie mobile ? Qu’est ce qui les incite à changer d’appareil ?  Et comment concilient-ils téléphonie mobile et consommation responsable ? En résonnance avec le concept de Green IT : prendre conscience que le numérique a un impact environnemental et social qu'il est nécessaire de réduire. 
 
L’étude « La relation des Français à leur téléphone portable » dévoile ainsi que si le téléphone mobile est devenu un outil du quotidien, auquel les Français apparaissent peu attachés à première vue, sa place dans la société semble en réalité sous-estimée : non seulement, les Français affichent des pratiques de consommation peu en phase avec leurs convictions environnementales, mais de plus, leur utilisation compulsive du mobile bouleverse leur vie sociale. 

Des pratiques peu responsables associées à l’image statutaire du téléphone mobile battent en brèche la conscience environnementale des Français

Les Français ne cherchent pas à prolonger la durée de vie de leurs mobiles en cas d’incident. Pourtant conscients de l’impact environnemental lié à la fabrication et l’utilisation de leurs téléphones – 67% reconnaissent que leur téléphone portable est un produit « polluant » – ils saisissent toute occasion pour en changer (dysfonctionnement de la batterie : 54% contre 40% cherchant à la faire réparer, casse de l’écran : 44% contre 39% ou de fonctionnalité défectueuse : 41% contre 26%).
 
Dans le même esprit, si 65% des Français dénoncent la durée de vie trop courte de leur mobile, 48% conservent leur ancien téléphone chez eux, alors que ce dernier pourrait connaître une seconde vie ou être recyclé. En tout, ils sont 86% à déclarer ne pas le recycler. Dès lors que le téléphone demeure en état de fonctionner, seule une infime minorité choisit de le donner à une connaissance.
 
Particulièrement conscients de l’impact environnemental de leur téléphone, les plus jeunes (74% des 18-24 ans estiment qu’il s’agit d’un produit polluant, contre 62% des 65 ans et plus) sont ceux qui affichent les pratiques les plus responsables : 62% des 18-24 ans souhaitent faire réparer l’appareil lorsque l’écran est cassé (contre 24% des plus de 50 ans), ou même rayé (22% contre 13%), alors que le remplacement de l’appareil se justifie pour 52% des 18-24 ans lorsque la batterie ne fonctionne plus, contre 57% des 25-49 ans.
 
Malgré cette conscience des enjeux environnementaux, les pratiques des jeunes générations traduisent le fait que le téléphone portable ne peut être réduit à une dimension purement utilitaire : ils y font attention comme à la prunelle de leurs yeux (46% chez les 18-24 ans contre 28% en moyenne), attachent plus d’importance à sa marque (9% des jeunes âgés de moins de 35 ans souhaitent que leur téléphone soit d’une marque connue contre 5% des personnes âgées de 50 ans et plus) et à son esthétique (14% des jeunes souhaitent que leur téléphone soit avant tout un bel objet, contre seulement 2% des seniors). Ils ressentent davantage d’excitation quand il faut en changer (21% contre 12% des Français) et en changent plus facilement lorsqu’ils observent une avancée technologique importante (24% contre 16% en moyenne) ou lorsque son état cosmétique est jugé dépassé (13% contre 4% en moyenne).
 
En réalité, le téléphone mobile n’apparaît pas aussi « utilitaire » que les Français le disent. 7% exigent une « marque connue » et 4% un bel objet. 24% des 18-24 ans justifient leur changement de téléphone portable par « l’apparition d’une avancée technologique importante » et 8% des 25-34 ans par « le désir de toujours disposer du dernier modèle ».
Certains Français – comme le prouvent les queues dans les boutiques spécialisées lors de la sortie d’un nouveau modèle – ont adopté une vision statutaire, voire tribale, de leur téléphone mobile et n’hésitent pas à y consacrer un budget important. Ils ne sont pas forcément les plus jeunes, ni les plus riches, mais se comportent un peu comme les passionnés de voitures prêts à s’endetter pour s’offrir un véhicule de prestige. C’est ainsi que le smartphone d’Apple est devenu l’un des principaux objets « culte » du moment, comme peuvent l’être les Harley-Davidson, qui associent à leur fonction une dimension symbolique, émotionnelle et affective.
 
Une récente étude américaine relayée par le New York Times va encore plus loin. Menée par la Harvard Business School et les Universités de Columbia et du Michigan, elle indique que lorsqu’un nouveau mobile est lancé sur le marché, le soin qu’on porte à son ancien téléphone mobile diminue. Les consommateurs sont en réalité à l’affut de tout prétexte pour justifier un mode de consommation compulsive.
 L’enquête d’Opinionway vient confirmer cette présomption : loin d’être simplement utilitaire, le téléphone portable occupe une place à part dans le quotidien des Français, qui n’hésitent pas à adopter des pratiques en contradiction avec leurs convictions.

L’utilisation compulsive du téléphone portable bouleverse la vie sociale des Français

Les conséquences sociales de l’utilisation frénétique du smartphone sont également importantes. Il est devenu difficile de s’en détacher complètement pendant de longs moments. Les Français éteignent leur téléphone surtout par contrainte, dans des moments où le silence est de mise et où il est explicitement demandé de le mettre hors service.  Là encore, les différences entre générations sont flagrantes : 67% des 18-35 ans bravent l’interdit et n’éteignent pas leur portable dans un avion (contre 59% des plus de 65 ans). Et seulement 25% des 25-34 ans l’éteignent au spectacle contre 79% des plus de 65 ans.
De manière globale, si moins de la moitié des personnes interrogées (39%) déclarent éteindre leur téléphone la nuit et 23% admettent ne jamais l’éteindre (34% des 25-34 ans), 71% des Français affirment rester connectés lors d’un dîner en tête à tête (88% des 25-34 ans et 53% des plus de 65 ans). Même dans les moments les plus intimes des Français, le téléphone est devenu omniprésent.

Le téléphone mobile : un outil du quotidien, surtout pour les plus jeunes

L’étude livre également quelques enseignements sur l’utilisation quotidienne des portables. En moyenne, les Français passent 1h08 sur leur téléphone portable, chaque jour. Bien sûr, cette durée varie en fonction du modèle utilisé : 50 mn pour un téléphone simple et 1h28 pour un smartphone qui offre bien plus de fonctions. Elle dépend également de l’âge de l’utilisateur : 2h49 pour les 18-24 ans et 1h56 pour les 25-34 ans, contre 32 minutes pour les plus de 50 ans.
Cette durée n'est pas jugée excessive par près des trois quarts des personnes interrogées (72%), 37% estimant même qu'ils ne passent « pas du tout » trop de temps sur leur téléphone. Là encore, des différences apparaissent selon l’âge de l’utilisateur : plus de la moitié des moins de 35 ans (53%) reconnaissent passer « trop de temps » sur leur portable, contre seulement 12% des personnes âgées de 50 ans et plus.
Le temps passé chaque jour à consulter son téléphone portable se justifie par le fait que les derniers modèles comportent de nombreuses fonctionnalités qui simplifient le quotidien. Il a remplacé de nombreux objets des Français qui se passent désormais de réveil (39%), d'appareil photo (34%) ou de montre (34%). Le téléphone mobile a de même rendu superflue la possession d'un téléphone fixe chez 29% d’entre eux.

Quelles solutions pour réconcilier numérique et développement durable ? 

L'étude n'en propose pas ... Il faut pourtant inventer des solutions pour faire coïncider technologie et développement durable. C'est l'idée du Green IT ou "informatique verte". D'après les prévisions du World Economic Forum, d'ici 2020 nous serons 5 milliards à être connectés par au moins 50 milliards d'objets « intelligents ». Les besoins d'énergie et de capacité de réseau s'annoncent donc exponentiels. Le défi sera d'y répondre en prenant en compte l'aspiration des citoyens à évoluer dans un environnement le plus respectueux possible. 
 
L'alternative serait d'utiliser des smartphones avec des composants irréprochables, des ouvriers respectés et une véritable conscience environnementale, comme par exemple le Fairphone2 conçu par une startup néerlandaise, qui confectionne des smartphones intégrant des contraintes environnementales et de commerce équitable. En deux ans, 60.000 smartphones équitables Fairphone ont été écoulés. 

Voir aussi : Cash Investigation : Le smartphone équitable Fairphone intrigue les Français

« Il s'est vendu près de 1,3 milliards de smartphones dans le monde en 2014, ce qui implique forcément de se poser des questions quant au respect de l'environnement ou aux conditions parfois contestables dans lesquelles certains métaux précieux utilisés sont extraits. Sur ce créneau, nous sommes donc sensibles à tout ce qui peut apporter une alternative intelligente et efficace pour conduire à une consommation citoyenne plus responsable. » déclarait à La Tribune en octobre 2016 Valérie Ducourty, dirigeante d’Idinvest Partners, qui vient d’investir 13 millions d’euros dans une startup spécialisée dans le reconditionnement de smartphones, Green&Biz. 
 
Et dernière info, Apple vient de publier son rapport d'évolution pour l'environnement. La marque à la pomme y précise son engagement pour le développement durable. Elle envisage en effet d'utiliser des matériaux recyclés pour concevoir ses nouveaux produits. Le géant américain va notamment doubler ses investissements sur son robot Liam.
Celui-ci permet de décomposer les iPhones en plusieurs parties réutilisables, les clients de la marque pourront ainsi être incités à adhérer au programme de recyclage. Des matériaux comme l'aluminium, le cuivre, le tungstène ou encore l'étain seront entièrement recyclés pour fabriquer de nouveaux appareils. Apple a également annoncé que 96% de ses usines et 100% de ses centres de données fonctionnaient grâce aux énergies renouvelables. A suivre …
 
 
Méthodologie de l’enquête
L’étude « Les Français et l’attachement à leur téléphone portable » a été réalisée auprès d’un échantillon de 1061 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, au sein duquel 976 personnes possédaient un téléphone mobile. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées les 22 et 23 mars 2017 par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview).
 
(1) A propos de Volpy
Volpy est une plateforme  de rachat et de recyclage de téléphones mobiles. Elle estime en quelques secondes le prix de votre smartphone et vous propose  une offre de reprise. Son ambition est de démontrer que téléphonie mobile et consommation responsable sont conciliables. volpy.com
 

 

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