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Chouette idée pour les éoliennes !

eoliennes et bruit

Une enquête sur la façon dont les chouettes volent et chassent en silence a permis à des chercheurs de développer un prototype de revêtement de lames d'éoliennes qui pourrait réduire considérablement le nombre de décibels qu'elles génèrent.  

Voilà près de quinze ans que les premières éoliennes ont été implantées en France. Progrès vers une énergie non polluante ? Pas si sûr...
Car selon la Fédération environnement durable, le ministère de l'Ecologie recevrait de nombreuses plaintes relatives aux nuisances de ces nouveaux moulins à vent : des voisins d'éoliennes se plaindraient de nombreuses douleurs physiques comme maux de tête violents, vertiges, nausées,... Une pollution sonore sur laquelle se sont concentrés des chercheurs britanniques et américains via l’étude poussée du vol des chouettes et du silence caractéristique de leurs ailes. 

Le magazine Enerzine.com révèle que les premiers tests du matériau qui imite la structure complexe de l'aile d'une chouette, ont démontré qu'il pourrait réduire considérablement la quantité de bruit produite par les éoliennes et aussi par d'autres types d'ailes, telles que celles rencontrées dans les ordinateurs (ailette du ventilateur) ou d'un avion de ligne. 

L’étude microscopique poussée des ailes des chouettes a en effet permis d’observer la composition des plumes dans leurs moindres détails, révélant un revêtement duveteux ou pelucheux, un “peigne de soie” flexible régulièrement espacé le long de leur bord d’attaque (partie avant de l’aile) et un bord poreux et élastique sur le bord de fuite (partie arrière de l’aile).
Or une grande partie du bruit causé par une aile provient du passage turbulent de l’air sur le bord de fuite. “La structure de l’aile d’un hibou sert à réduire ce bruit, à adoucir le passage de l’air sur l’aile, à diffuser le son de sorte que leurs proies ne les entendent pas venir", explique le professeur Nigel Peake du Département de mathématiques appliquées et de physique théorique à l’Université de Cambridge, et directeur de ce projet d’étude.

Des pales d’éolienne comme des voiles de mariées

Cette étude menée sur la façon dont les chouettes ou les hiboux volent et chassent en silence a permis aux chercheurs de développer un prototype de revêtement de pales d’éolienne qui pourraient réduire de manière significative leur volume sonore. Imitant la structure complexe des ailes de chouettes, cette nouvelle technologie (applicable également aux ailes d’avion ou aux ventilateurs d’ordinateur) permettrait d’augmenter considérablement la vitesse des turbines et d’optimiser ainsi la production en silence.

Ce revêtement particulier, développé par les chercheurs de l’Université de Cambridge, en collaboration avec des chercheurs de l’université technologique de Virginie, de l’université Lehigh et de l’université Atlantic de Floride, consiste à éparpiller le bruit généré par la turbine. Les premières expériences, basées sur un matériau identique à celui utilisé pour les voiles de mariage, ont permis de réduire la rugosité sous-jacente de la surface, diminuant ainsi le bruit de 30 décibels.
Cela étant, si le voile de mariée fonctionne relativement bien, il n’est pas applicable en pratique à une éolienne ou à un avion. Les chercheurs ont donc mis au point, selon les mêmes caractéristiques, un matériau prototype en plastique testé sur un segment d’une pale d’éolienne. Durant les essais en soufflerie, le traitement appliqué a permis de réduire le bruit généré par une pale de turbine éolienne de 10 décibels, sans impact notable sur l’aérodynamisme.

Selon les chercheurs, le revêtement doit encore être optimisé pour espérer un jour l’appliquer sur un avion. Préalablement, le revêtement pourrait être utilisé sur une gamme différente d’ailes et de pales. La prochaine étape sera donc de tester ce revêtement sur une éolienne dans des conditions réelles de fonctionnement. (Source : EDF Juin 2015)