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Toyota a le plaisir de vous annoncer la naissance de Kirobo mini

robot Kirobo
Voici un nouveau compagnon de route robotisé pour les Japonais ! Toyota vient de présenter lors du salon de l’électronique Ceatec dans la banlieue de Tokyo, Kirobo Mini, le petit frère du Kirobo, 34 cms, qui était allé se balader 18 mois dans l’espace en 2015 à bord de la station spatiale internationale en orbite.
Les robots tiennent une place à part dans la culture et le quotidien des Japonais. Au Japon, le nano, le mini c’est une culture ! « Approcher l’essence des choses » … Ils sont les dignes descendants d'une lignée qui trouverait ses origines au XVIIe-XVIIIe siècle, à l'époque où des automates avaient été conçus pour servir le thé aux invités. C’est aussi une culture de la solitude : peu d’enfants, une population hyper-vieillissante … avec un attachement fort pour les « béquilles de compagnies » comme les chats et… les robots.
Photo Kirobo Mini © Toyota
 
Eh bien voici le petit dernier de Toyota qui se nomme Kirobo Mini, inspiré de son grand frère Kirobo. Cette fois, il passe à 10 cm assis, pour un poids plume de 183 grammes, très mignon (« kawaïi » en japonais) pour ne pas dire craquant ! Bref, il a tout d’un baby robot car il ne tient pas bien sur ses jambes ; il faut quasiment le porter comme un bébé ! Car comme l’explique dans la presse le chef de projet de la firme, Fuminari Kataoka, Kirobo Mini ne sait pas faire grand-chose. En fait, il deviendra plus intelligent à vos côtés : à vous de l’éduquer (machine Learning) et de l’aimer pour qu’il grandisse !
 
Connecté en bluetooth à votre smartphone, ce petit robot d’une dizaine de centimètres est capable d’interagir avec un interlocuteur grâce à de nombreux capteurs de reconnaissance faciale et vocale (censé pouvoir converser, il réagit à la voix de son interlocuteur) pour lui distiller de nombreux conseils et rappels concernant son emploi du temps, ou des recommandations pour une conduite plus prudente en voiture ou encore des encouragements face aux aléas de la vie… Kirobo Mini a besoin d'être relié à un Cloud où il puise son intelligence grâce à un algorithme qui gère les données stockées et lui permet de répondre. 
 
 
Toyota n’en est pas à son premier coup d’essai, même s’il s’agit là d’une première commerciale. Le groupe nourrit de grandes ambitions dans la robotique de l'optique, notamment du développement de la conduite autonome. Il souhaite ainsi en apprendre plus sur le comportement des automobilistes et améliorer leur expérience de conduite. Il a déjà conçu plusieurs automates, non seulement des modèles industriels mais aussi des humanoïdes (violoniste, trompettiste, danseur...).
 
L’automatisation industrielle, déjà très développée dans l’automobile, donne aujourd’hui naissance à une nouvelle génération de robots collaboratifs, capables de travailler aux côtés d’humains. Ils sont bardés de capteurs, plus sûrs, plus petits, plus intelligents et moins chers qu’avant et font leur entrée dans de nouveaux pans de l’industrie, en particulier dans les PME. Sans oublier les technologies sous-jacentes, les processeurs et logiciels notamment, qui permettent aux robots d’apprendre par eux-mêmes et de corriger leurs erreurs (IA). Grâce à elles, ils effectuent des tâches plus complexes, sont connectés à Internet et ont accès au big data.
 
D’un point de vue culturel, ce nano robot répond aux spécificités du Japon mais ailleurs ?
Commercialisé début 2017 au Japon aux alentours de 350 euros, le chef de projet Fuminari Kataoka reste assez vague quant à la possibilité de le proposer au reste du monde : “Au Japon chaque chose a une âme, c’est un concept unique, dans quelle mesure cela peut être compris ailleurs, nous devons y réfléchir”.
Devrons-nous chercher l’affection, l’amour, l’empathie avec des machines plus qu’avec les humains ? Quelle place émotionnelle doivent prendre les machines dans notre quotidien ?
On sait que les robots compagnons sont en passe de devenir un vrai marché et de grands groupes investissent beaucoup d’argent en recherche et développement pour les créer. Sharp a développé le robot-téléphone RoboHon qui s’est enrichi de nouvelles fonctionnalités comme guide voyage, vidéo projecteur ou aide à la prise de tension de personnes âgées et le Home assistant, petite boule blanche capable de régler votre température intérieure si vous lui dites que vous avez trop chaud ; Aldebaran a créé le robot Pepper ; Asus le Zenbo ; le français BlueFrog Robotrics, le robot Buddy ; NTT Docomo, l’Ohanas. Les labos de recherche ne sont pas en reste, tel que l’INRIA qui a développé Poppy, un androïde imprimable en 3D et aujourd'hui accessible au grand public grâce à la société Génération Robots.
 
Le marché de la robotique de service, dont font partie les robots de divertissement pouvant interagir avec les humains, atteindra 23 milliards d'euros dès la fin de l'année et 100 milliards en 2020, selon la Commission européenne :
-31 millions : c'est le nombre de robots de services personnels vendus dans le monde d'ici à 2017 (source Syrobo).
- + 20% : c'est le rythme de croissance annuelle moyen du secteur pour les cinq prochaines années (source Xerfi).
Une vie facilitée sans doute qui a de beaux jours devant elle.