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« Réinitialiser » les protéines du sang pour ralentir le vieillissement

Ce pourrait être un nouveau chapitre dans la course à la jeunesse éternelle. Des scientifiques de l’Université de Berkeley sont parvenus à modifier les niveaux de protéines du sang afin de « rajeunir » les tissus et entraver le processus de vieillissement.
 
Les chercheurs californiens envisagent de lancer d’ici six mois un essai clinique radical mais qui, s’il fonctionne, ouvre des perspectives qui allècheront nombre d’entre nous.
Les individus choisis pour cette expérimentation verront leur sang passer dans une machine qui réinitialisera les niveaux normaux de protéines. Selon les scientifiques, en effet, des niveaux élevés de certaines protéines dans le sang sont susceptibles d’entraver la croissance et le bon fonctionnement des tissus du corps en bonne santé. C’est ce qui contribue à la détérioration des tissus et, prosaïquement, à la vieillesse.
 
Avant cette expérimentation qui sera menée sur l’homme, les chercheurs avaient mené des tests concluants sur l’animal. Leurs études, au passage, étaient financées par la filiale de Google, Calico ; rappelons que Google avait juré urbi et orbi vouloir « tuer la mort ».
 
Leur expérience a démontré et apporté des preuves que les perfusions de sang jeune accéléraient la réparation des muscles chez les animaux âgés. Sans vouloir crier victoire trop vite, une des responsables de l’étude, Irina Conboy, de l’Université de Berkeley, précise que l’amélioration pourrait aussi être due à la dilution du vieux sang chez les animaux, plutôt qu’au jeune sang aux propriétés rajeunissantes.
Il n’en demeure pas moins que ce travail se situe dans une série d’études visant à démontrer que les molécules du sang peuvent changer le rythme apparent du vieillissement dans certains tissus corporels.
 
Mais alors que la plupart des travaux antérieurs ont porté sur les effets rajeunissants des protéines existant dans le sang jeune, l’équipe de Berkeley conclut que des niveaux normaux de protéines dans du sang vieux sont un facteur encore plus important de vieillissement. « Ces protéines sont fabriquées tous les jours par tous les tissus de notre corps » a déclaré Irina Conboy au Guardian. « Quand elles sont présentes, à des niveaux bas, elles sont indispensables à la vie. Mais, avec l’âge, leurs niveaux deviennent biaisés. Dans certains cas, il y en a trop, dans d’autres cas, il n’y en a pas assez. Notre approche est donc de normaliser les niveaux de protéines dans le sang plutôt que d’injecter du sang jeune. »
 
Pour la scientifique ces travaux sont prometteurs pour combattre des maladies comme Alzheimer, Parkinson ou le diabète de type 2. En intervenant pour entraver le processus de vieillissement et la dégénérescence des tissus qui est liée, vous évitez les ravages de ce type de maladies.
 
La communauté scientifique observe ces expérimentations avec une grande attention. Certains comme Tony Wyss-Coray de l’Université de Stanford, qui prône la méthode de transfusion de jeune plasma sanguin, émet des doutes sur la validité statistique de l’étude de Berkeley. Il est vrai que la méthode de ces derniers est très différente de celle utilisée depuis déjà longtemps, consistant à échanger par transfusion du sang vieux avec du sang jeune.
 
Les scientifiques de Berkeley travaillent en effet sur un dispositif innovant qui consiste à filtrer les niveaux élevés de protéines dans le vieux sang humain afin de les remettre à des niveaux plus jeunes. En informatique, on appellerait cette manip’, un upgrade ou un « reset ». Irina Conboy précise encore : « si vous parvenez à éliminer les molécules inhibitrices clés du sang chez une personne âgée, le sang que vous lui réinjectez est son sang, doté de vertus immédiatement thérapeutiques ».
La scientifique promet obtenir des résultats tangibles dans les trois ans qui viennent et se prend à rêver : « Actuellement, notre santé diminue après environ sept décennies. Nous pensons être très près de prolonger cette limite ; certes vous ne serez pas champion du monde de natation ou coureur du marathon, mais vous pourrez continuer à vivre encore pendant quelques décennies, sans maladies graves. »
 
Source : The Guardian