Dans le secret des labs

Conor Walsh ou la marche des robots

robotique
En combinant textiles techniques et robotique, Conor Walsh, ingénieur biomédical irlandais, et son équipe de spécialistes du Harvard Biodesign Lab, révolutionnent la rééducation des patients ayant subi un accident vasculaire cérébral grâce à l’Exosuit.
 
Il ne s’agit pas de remplacer les méthodes de rééducation existantes ; ce nouvel outil permet avant tout de les diversifier et d’en accélérer les effets. » Conor Walsh
 
Chaque année, 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC. Cinq millions d’entre elles doivent réapprendre à marcher, mais cette rééducation peut être longue, douloureuse et coûteuse. Conor Walsh est déterminé à changer cela. Afin d’accélérer et de faciliter la rééducation, ce professeur diplômé du MIT, associé de la Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Science (École d’ingénierie et de sciences appliquées) et son équipe d’ingénieurs, d’informaticiens, de créateurs vestimentaires, de cliniciens et de neuroscientifiques de l’Université d’Harvard créent des robots que l’on peut porter comme des vêtements.
 
Léger, en fibres élastiques et mécanisé, l’Exosuit apprend aux nerfs, aux muscles, aux tendons et aux articulations lésés à retrouver leur fonction. De puissants moteurs miniaturisés, des poulies, des câbles, des capteurs de mouvement et un logiciel intelligent aident le patient à marcher en corrigeant ses mouvements en douceur, encourageant ainsi une démarche naturelle. Outre les patients victimes d’un AVC, cette invention pourrait également aider des personnes à mobilité réduite, tels que les patients atteints de la maladie de Parkinson, de sclérose en plaques ou encore les personnes âgées.
 
 
Conor Walsh avait déjà mis au point et testé sur lui-même des exosquelettes rigides, mais à Harvard, il a été inspiré par ses collègues qui bénéficiaient d’une expertise dans les matériaux souples : « J’ai tout de suite compris qu’une combinaison confortable, plus souple, plus légère, qui accompagnerait les mouvements adéquats sans engoncer son porteur pourrait être à l’origine de nombreuses applications dans le domaine biomédical. »
 
 
Grâce à ses partenariats avec le Wyss Institute d’Harvard et l’entreprise biomédicale ReWalk, l’Exosuit souple devrait être prêt à la commercialisation d’ici trois ans. Il vient de remporter le prestigieux Rolex Awards for Enterprise 2016 (1).
 
(1) Il y a plus de 40 ans, Rolex créait les Rolex Awards for Enterprise, initiative philanthropique inédite destinée à aider des visionnaires déterminés à tout mettre en oeuvre pour améliorer la vie sur Terre. Attribués tous les deux ans, ils soutiennent des projets novateurs dans trois domaines : environnement, sciences et techniques appliquées, et exploration. Pour l’édition 2018, cinq Jeunes Lauréats, âgés de 18 à 30 ans, recevront chacun 100 000 francs suisses.
 
 

 

Articles en relation
Déco : les murs se mettent au vert

C’est bien connu, le printemps arrive avec ses envies de changements : grand nettoyage, rangement, déco, … C’est donc le moment de profiter des dernières innovations en matière de peinture. La...

La Fabrique du vivant « Mutations / Créations 3 »

L’archéologie du vivant et de la vie artificielle est exposée au Centre Pompidou qui présente de manière prospective les œuvres récentes d’une cinquantaine de créateurs ainsi que des recherches issues...

Des pilules motorisées en guise de vaccins

Est-ce la fin des piqûres pour faire des vaccins ? Elles ont traumatisé des dizaines de générations d’enfants et vont bientôt sans doute être mises au rencart. Pour les remplacer, les scientifiques...

Plus d'articles
Comprendre, repérer et accompagner l’innovation sociale et territoriale – Guide pour renouveler son approche du développement local
Les médicaments opiacés et la morphine bientôt bannis pour être remplacés par un produit naturel ?
L'océan, comme aire de jeu des architectes - II
Nanodilemmes : l’éloge des contraintes
Robotique, génomique, nano : la médecine change et n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était
Comment la Réalité virtuelle s’immisce dans tous les secteurs scientifiques