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L’Hyperloop bientôt en France ?

Hyperloop
Paris-Marseille et la Côte d’azur en 30 minutes, une virée de la gare Montparnasse vers les plages de Bretagne en 15 minutes. Ça vous dit ? Ce sera peut-être possible bientôt avec l’Hyperloop, ce train futuriste et supersonique imaginé par Elon Musk. La SNCF déclare avoir pris une participation financière dans ce projet pour être prête à remplacer, le jour venu, nos bons vieux TGV par le voyage en lévitation électromagnétique.
 
Nous vous avions déjà parlé de ce train futuriste projeté pour rejoindre, à plus de 1100 kilomètres/heure, Los-Angeles à San-Francisco en moins de trente minutes. Un rêve ? Pas vraiment car l'initiateur de ce projet n'est autre que Elon Musk, le fondateur de SpaceX, Tesla Motors, SolarCity et co-fondateur de PayPal.

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L'hyperloop consiste en un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules. L'intérieur du tube est sous basse pression pour limiter les frictions de l'air. Les capsules se déplacent sur un coussin d'air généré à travers de multiples ouvertures sur la base de celles-ci, ce qui réduit encore les frottements. Les capsules sont propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction linéaires placés à intervalles réguliers à l'intérieur des tubes.
 
Elon Musk déclarait, au lancement de son projet, en juillet 2012 : « Ce système que j’ai en tête serait quelque chose qui ne puisse pas s’écraser, qui puisse fonctionner peu importe le temps qu’il fait, et qui soit trois à quatre fois plus rapide qu’un train à grande vitesse… sa vitesse moyenne serait deux fois la vitesse moyenne d’un avion. Vous iriez du centre de Los Angeles au centre de San Francisco en 30 minutes. Ça vous coûterait bien moins cher qu’un billet d’avion ou tout autre mode de transport. Je pense qu’on pourrait le rendre auto-suffisant si vous placiez des panneaux solaires dessus, vous pourriez en fait générer plus d’énergie que vous n’en consommez. Il y a un moyen de stocker l’énergie si bien qu’il pourrait fonctionner 24h/7 sans utiliser de batteries. Oui, c’est possible, absolument. »

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Ce projet n’est pas resté à l’état de rêve. Il est en marche et les différents tests avancent à grand pas. Un prototype grandeur nature est en cours de construction dans le Nevada.
 
 
La SNCF observe avec un grand intérêt ce projet de l'Hyperloop depuis plusieurs mois. En novembre dernier, à Paris au Palais de Tokyo, Guillaume Pépy et Brogan Bambrogan, le cofondateur de Hyperloop, n’avaient caché ni leurs accointances ni leur volonté de faire un bout de chemin ensemble. « Nous nous connaissons, sommes intéressés par une collaboration et allons discuter » avait, selon le magazine Challenges,  lâché, enthousiaste, le patron de la SNCF.
Un intérêt désormais confirmé, puisque l'entreprise a participé, selon les informations de BFM Business, à la deuxième levée de fonds réalisé par la start-up Hyperloop Technologies. L'augmentation de capital se chiffrerait à 80 millions de dollars. Les fonds d'investissement GE ventures et 137 ventures auraient également participé.
 
Pourquoi la SNCF s’intéresse tellement à l’Hyperloop ? La vénérable société de chemins de fer a toujours misé sur l’innovation. C’est la clé de sa réussite. Le TGV en étant un exemple suffisamment fort. Alors, cet Hyperloop futuriste ne peut manquer d’attirer son attention. Guillaume Pépy précise à nos confrères de Challenges que ce n’est pas tant l’aspect supersonique qui l’intéresse que le modèle que fait émerger ce nouveau type de transport. Hyperloop est en effet non seulement un train révolutionnaire dans sa technologie mais aussi dans son organisation et son process industriel.  Ce nouveau train circule automatiquement, sans conducteur, il nécessite des infrastructures qui seraient selon Elon Musk bien plus économiques que celles du TGV traditionnel. Il innove aussi dans le voyage lui-même puisque les passagers embarquent dans des capsules qui circulent presque en continu. Un tapis roulant (volant) à très haute vitesse.
 
Ce projet provoque des réactions dithyrambiques. Certaines voix pourtant tentent de resituer ces projets dans un contexte de développement territorial. C’est le cas d’Alternatives économiques qui alerte : « Desservant des grandes villes ou mégapoles, l’Hyperloop va exacerber les limites du TGV ou Shinkansen (les deux trains à grande vitesse de référence dans le monde). On ne peut pas impunément voyager à 300km/h (et encore plus à 1200 !) et s’arrêter toutes les 10 km. On filerait donc toujours plus vite, entre des villes encore plus grosses et concentrées, au milieu de désert et d’espace ruraux vides. Est-ce vraiment la vision d’aménagement du territoire que l’on souhaite promouvoir ? Car c’est bien ce qui se trouve derrière ces projets d’accélération. ».
 
Consommation d’énergie par passager pour un trajet Los Angeles - San Francisco
 
D’autres voix soulignent les vertus écologiques du projet. Selon les ordres de grandeur fournis dans la communication officielle, l’Hyperloop pourrait être dix fois plus efficace en matière énergétique que tous les autres modes de transports. Tout cela, en étant autosuffisant avec une couverture complète de l’infrastructure à l’aide de panneaux solaires. Cela fait réfléchir…