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Bienvenue dans le worl wide push !

Voilà une innovation qui, lorsqu’elle arrivera en France, devrait conquérir nombre d’utilisateurs. Car son usage est des plus simples et remplit une fonction utile. Simplicité et utilité étant les deux clés du succès en innovation, gageons que celle-ci trouve son public et ouvre une nouvelle étape du web, celle de la pulsion d’achat immédiate et ubiquitaire.

Qui parmi vous ne s’est un jour retrouvé, désemparé devant son frigo, en panne de son soda préféré, de lait pour le petit déj’ ou de yaourts si bons pour la forme ? Panne de ravitaillement agaçante, vécue mille fois.

Eh bien cette angoisse va disparaître grâce aux boutons connectés que vous allez poser sur votre frigo, comme de simples magnets. Chaque bouton correspond à un produit. Pour se ravitailler, il suffit de pousser le bouton et le tour est joué !
Votre commande part immédiatement depuis votre distributeur préféré et vous voilà livré en un temps record.

Pour l’instant ce service n’est disponible qu’aux Etats-Unis, distribué par Amazon sous le nom de Dash et couvre environ 300 produits de grande consommation.

Amazon décrit le mode d’emploi archi simple : "Utilisez l'application Amazon pour vous connecter à votre réseau Wifi et sélectionnez ensuite le produit que vous voulez commander avec le Dash Button. Une fois connecté, une simple pression déclenche automatiquement votre commande. Amazon envoie une notification de confirmation à votre smartphone pour que vous puissiez éventuellement annuler la commande. Par défaut, le Dash Button ne répondra qu'à une seule pression jusqu'à ce que le produit commandé vous soit livré."

Le service est offert au grand public mais il vise aussi les grandes marques d’équipement ménager (les machines à laver pour commander de la lessive, les cafetières, pour les capsules, etc…) qui y verront sans doute un service à valeur ajoutée à proposer à leurs clients. Elles y verront aussi un avatar de plus dans la course au pulsionnel, à l’achat impulsif, immédiat. Une étape importante qui marque, avec l’avènement de ces objets connectés, l’éclatement de l’écran (de l’ordinateur ou du smartphone) en une multitude de points d’actions. Les écrans éparpillés façon puzzle dans toute la maison, poussant partout, même sur la façade de nos frigos.

Coût cognitif = 0

Les objets connectés n’ont pas fini de nous surprendre par l’inventivité des usages plus ou moins utiles qu’ils proposent. Ce qui caractérise toutefois ces boutons connectés, c’est qu’ils s’inscrivent dans une logique du coût cognitif zero. C’est ce qu’explique l’universitaire Olivier Ertzscheid dans son blog en soulignant que l'objectif des Google, Amazon et autres Facebook est d'alléger au maximum le coût cognitif de la moindre de nos actions : «nous installer dans un confort cognitif fait de la libération de toute charge (cognitive). Entretenir le coût cognitif zéro, le coût cognitif nul des plus essentielles comme des plus inessentielles de nos interactions."

L'apparition de ces boutons s'inscrit donc parfaitement dans cette logique. Vu depuis la Silicon Valley, « il était sans doute encore un peu trop coûteux - cognitivement - de se souvenir - par exemple - qu'il fallait penser à racheter de la lessive, de le noter sur un post-it ou directement dans l'une des innombrables applis de "to-do list" de notre smartphone, donc on va nous coller directement un bon vieux gros bouton sur la machine à laver pour commander directement de la lessive ».
Olivier Ertzscheid nous alerte : « A la manière dont le bouton "like" de Facebook fut l'arme de distraction massive du web dit "social", le bouton "Dash" d'Amazon pourrait être la force de frappe nucléaire des - nouvelles - pratiques de consommation de l'internet des objets et du web physique ».