Close

Ces drones vont planter 1 milliard d’arbres par an

reforestation
Planter 1 milliard d’arbres par an pour lutter contre la déforestation, tel est le pari fou de cet ex-ingénieur de la NASA. Pour y parvenir, il a mis au point un drone qui est en mesure de « mitrailler » les zones à reboiser de semences d’arbres. Un gain de temps et une économie considérable pour cette mission fixée par la COP21 : replanter 300 milliards d’arbres d’ici 2030 pour compenser les ravages des hommes sur leurs forêts.
 
La déforestation est une calamité pour notre planète. Les arbres sont le poumon de la Terre. Ils sont en nombre considérable, sur tous les continents. On en dénombre le chiffre astronomique de 3000 milliards. Cela représente le nombre de secondes égrenées pendant cent mille ans. Mais cette quantité énorme se réduit sur certaines zones du globe comme peau de chagrin. Selon le World Resources Institute, 80 % de la couverture forestière mondiale originelle a été abattue ou dégradée, essentiellement au cours des trente dernières années.
La communauté internationale s’est émue de cette tendance dramatique et a décidé, lors de la COP 21 de Paris, de restaurer 350 millions d’hectares de terres dégradées ou déboisées d’ici 2030. Objectif : replanter 300 milliard d’arbres.
 
Cette tâche semble herculéenne car la plantation d’un arbre se fait en général à la main. Le secteur forestier est d’ailleurs le plus gros pourvoyeur d’emplois de la planète. En effet, 1.7 % de la main-d’œuvre mondiale travaille dans cette activité qui contribue à 0,8 % du produit intérieur brut international. Malgré ces chiffres impressionnants, l’objectif de la COP21 risque d’être difficile à atteindre. Aujourd’hui, 26 milliards d’arbres sont brûlés ou coupés et seulement 15 milliards sont replantés chaque année.
 
Lauren Fletcher, CEO de BioCarbon Engineering
 
 
C’est pourquoi l’invention de Lauren Fletcher est à accueillir avec un grand intérêt. Cet ex-ingénieur de la NASA a fondé, à Oxford en Grande-Bretagne, la société BioCarbon Engineering, avec l’idée d’inverser cette tendance en ayant recours à la plantation d’arbres par drones. Les appareils mis au point par Lauren Fletcher embarquent des capsules contenant des pousses d’arbres qui sont projetées au sol par le drone volant à deux ou trois mètres d’altitude. Une méthode capable d’étendre considérablement les surfaces de reboisement et d’atteindre des zones difficiles d’accès.
Pour le dirigeant de BioCarbon, « La seule manière d’attaquer ce problème à la racine est d’utiliser des techniques inédites, qui n’étaient pas possibles ou pas envisageables par le passé. En utilisant une approche à la fois technologique et responsable, on peut véritablement espérer apporter une solution à la dimension du problème ».
 
 
Le travail des drones est opéré en trois temps : d’abord, ils volent au-dessus des zones à reboiser pour collecter le maximum de données sur le terrain, la flore, le paysage, etc. Des cartes 3D de haute qualité sont ainsi générées permettant d’établir des schémas de plantation très précis.
Ensuite, les drones s’envolent à une altitude de deux ou trois mètres. Ils sont équipés d’une sorte de mitrailleuse qui projette des capsules biodégradables contenant les graines pré-germées et recouvertes d’un hydrogel nutritif. La nature peut alors faire son travail.
Troisième étape, les drones reviennent sur le terrain de leurs exploits quelques temps plus tard pour évaluer les résultats et prendre des mesures réparatrices si nécessaire.
 
 
Cette méthode permet selon Lauren Fletcher de planter, avec deux drones, 36 000 arbres par jour pour un prix qui ne représente que 15 % de celui des méthodes traditionnelles. Il faut rappeler qu’un planteur ne peut planter à la main qu’un très grand maximum de 1 500 arbres par jour.  En un an, c’est bien 1 milliard d’arbres qui peuvent être ainsi plantés. Le dirigeant de BioCarbon précise que sa méthode n’a pas la prétention d’être aussi efficace que la main de l’homme. En revanche, face au désastre écologique que représente la déforestation massive, il pense que la méthode rationnelle et industrielle de son offre est une réponse pertinente.
 
La société de Lauren Fletcher semble promise au succès et intéresse des sociétés minières et de grands groupes forestiers publics et privés. La société collabore actuellement avec des ONG environnementales impliquées dans le reboisement de la forêt amazonienne. Fletcher est persuadé que son activité représente non seulement un avantage environnemental mais également social en rétablissant les écosystèmes détruits. Il déclare à Wired : « Nous voulons rétablir l'écosystème mondial car l’intérêt n’est pas seulement pour la forêt elle-même. Il y aura également un avantage en aval » Il explique ainsi « le potentiel que représente sa méthode pour la création d'emplois locaux, de nouveaux matériaux pour l'industrie locale ». Il poursuit sur les conséquences vertueuses d’obtenir ainsi un sol propre, une amélioration de la qualité de l'air et une réduction considérable du CO2 qui serait absorbé par les arbres. 
Un avenir florissant que n’a pas manqué de remarquer un des pionniers des drones, la société Parrot qui a pris, le 13 mai, une participation dans la startup.