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Le top 10 des robots humanoïdes

Robots humanoïdes
Les robots débarquent. Ils nous fascinent, ils nous inquiètent, mais ils ne nous laissent pas indifférents. Le salon Innorobo qui s'est tenu la semaine dernière à Paris pour sa sixième édition a démontré à quel point ce secteur est en pleine effervescence. Deux cents exposants venus du monde entier et des robots de toutes sortes et de toutes tailles. Des robots travailleurs pour l’usine mais aussi des robots compagnons pour nous assister, nous distraire, nous soigner et nous tenir compagnie. D’autres font la guerre ou sauvent des vies. Beaucoup prennent nos formes ; ils deviennent humanoïdes et nous ressemblent tellement qu’immanquablement un sentiment d’empathie se déclare à leur égard. Un général américain qui envoyait des robots se faire sauter sur des mines à la place de ses soldats, décida de les faire revenir, trouvant que leur traitement était « inhumain »… Les robots humanoïdes sont à nos côtés, ils ont des petits noms sympas. Ils sont quelquefois très intelligents. Ils vont devenir notre quotidien.
Revue de détail du top 10 des robots humanoïdes
 

1. Atlas

Atlas est déjà un vieux robot mais c’est une star. Créé en 2013 par la filiale de Google Boston Dynamics, il a été conçu à l’origine pour des objectifs militaires puisque le DARPA, le département de recherche de la Défense américaine, est très impliqué dans son développement.
La dernière version 2016 d’Atlas est spectaculaire. Le robot est débarrassé de toute attache ou cordon ombilical comme l’était son prédécesseur. Il est complètement autonome et sait marcher, monter des escaliers, crapahuter sur des terrains accidentés, se relever quand on le bouscule, lever des charges etc.
Son prédécesseur, Atlas Unplugged était un colosse de 1.88 m pour 156 kg. Il valait mieux s’en faire un copain. La dernière version est plus allégée, plus proche de l’humain : 1.75 m pour 82 kg. Un concentré d’intelligence artificielle pour lui permettre de s’adapter, seul, à son environnement.
Son design semble tout droit sorti d’un comics ou d’un film de science-fiction. Humanoïde il est, et un tantinet inquiétant aussi. À tel point que Google a envisagé, en mars dernier, de se séparer de sa filiale, craignant que la réputation du groupe ne soit entachée par ces robots humanoïdes un peu trop inquiétants.
 
 

2. Asimo

Asimo est un robot humanoïde développé par le constructeur automobile Honda Motor Co. Il mesure 130 centimètres et pèse 50 kilos. Il est capable de marcher à une vitesse de 2,7 km/h et de courir à une vitesse de pointe de 7 km/h. Il possède une autonomie d’une heure et peut reconnaître les visages et mouvements. Il parlait déjà japonais et savait utiliser la langue des signes grâce à ses cinq doigts indépendants. Il est désormais capable de s’exprimer en chinois et en anglais.
 
Le design d’Asimo le fait ressembler à une sorte de cosmonaute sympathique. Ses concepteurs ont opté pour un look gai et attachant, susceptible de susciter de l’empathie et un contact facile. Un choix pertinent car Asimo est conçu pour être mis en place dans des gares et des centres commerciaux d’ici 2020 avec pour objectif d’aider à l’accueil de touristes étrangers. Sa nouvelle fonction de langues, créée par le National Institute of Information and Communications Technology (l’institut japonais des technologies de l’information et de la communication), lui permet de tenir une conversation en quatre langues. Il est en outre capable de reconnaître la langue utilisée par son interlocuteur et de lui répondre dans la même langue.
Il possède également une fonction d’interprète de base, lui permettant de traduire une question posée par un touriste pour la retransmettre en japonais aux employés de magasin. Selon H+ Magazine, Honda et le NCIT ont prévu pour le futur d’ajouter des langues et d’améliorer la précision des conversations menées.
 
 
 

3. iCub

iCub a été créée par un consortium de plusieurs universités européennes. Son nom est l’acronyme de Cognitive Universal Body. Cet humanoïde est un enfant. Il cherche en tout cas à lui ressembler. Par la taille : 1.04 m pour une vingtaine de kilos, mais aussi par le mode d’apprentissage. En effet, comme un enfant, iCub apprend de son environnement et de sa relation avec les autres humains. Il acquiert des compétences cognitives interagissant grâce à ses membres et ses sens.
 
iCub fait l’enfant et cela en fait un objet à la fois attirant mais terriblement inquiétant. En effet, il est capable de montrer ses émotions, de jouer, de marcher, de danser. Quand il joue à un jeu, s’il gagne, il éclate de rire. S’il perd, on sent une immense tristesse l’envahir. iCub demande aussi des câlins ; difficile de lui résister quand il vous dit « J’aime que tu me touches de cette façon ».
Selon ses concepteurs, ce robot non seulement parle, mais est également capable de raisonnements. Il apprend et s’améliore pour s’approcher progressivement d’un petit humain.
 
 

4. Nao

Nao est le robot humanoïde le plus populaire en France. Il a posé à l’Élysée, fréquente les studios de télévision, il danse, il joue au foot, il amuse les enfants comme les personnes âgées. Il n’est pourtant pas bien grand, moins de 60 cm, il n’est plus tout à fait français puisque Aldebaran, la société qui l’a conçu est passée sous pavillon japonais. On ne sait pas trop à quoi il sert, mais depuis son lancement en 2006, 7000 unités ont été vendues.
Nao est le prototype du robot compagnon au quotidien. Il peut se déplacer, vous reconnaître, vous entendre, vous parler. Ses compétences lui promettent une belle carrière. En attendant de pénétrer tous les foyers, Nao est avant tout une plateforme robotique de luxe destinée aux labos de recherche et aux institutions éducatives. Le MIT, Stanford, Polytechnique ou le CNRS travaillent sur des robots Nao pour améliorer les fonctionnalités, définir des usages, et en faire un bijou parfait. Nao ira même dans l’espace, avec pour mission de transmettre les connaissances acquises aux différents équipages qui se succéderont à bord de la Station spatiale internationale. 
 
 
 

5. Valkyrie

Valkyrie est un robot humanoïde développé par la NASA pour l’exploration spatiale.  Cet astronaute artificiel a été conçu pour ressembler le plus possible à un humain. Bâti comme un champion de football américain, il mesure 1.80 mètre pour 125 kg. Il est bardé de capteurs et d’électronique, ce qui en fait un des robots les plus chers du marché.
Valkyrie a été construit pour résister à des situations extrêmes. L’accent a été mis sur la modularité de telle sorte qu’on puisse remplacer n’importe quel élément très facilement. Il est ainsi possible de remplacer son bras par un outil approprié à une tâche définie dans l’espace.
Les concepteurs pensent que ce robot pourrait servir d’assistant aux astronautes pour effectuer des tâches dangereuses, difficiles ou pénibles. Il pourra aussi préparer le terrain avant l’arrivée des premiers hommes sur Mars.
Pour le moment, Valkyrie parvient à se déplacer, à ramasser des objets et à cartographier son environnement de façon spectaculaire. Mais avant de le lâcher dans l’espace, il faudra encore qu’il soit capable d’interagir avec les autres membres de l’équipage d’un vaisseau spatial. Les ingénieurs s’activent donc sur la mise au point d’algorithmes permettant de faire de ce robot un parfait compagnon de voyage interstellaire.
 
 

6. Pepper

Tout incite, chez Pepper, à prendre soin de lui, comme d’un enfant. Son visage est jovial, ses grands yeux bleus et sa petite voix incitent immédiatement à la bienveillance. Quand on lui sert la main, on est surpris de sa peau douce et lisse, un peu élastique. Pepper incite à la conversation. Et il est fait pour cela. Pepper est en effet le petit frère de Nao, conçu par Aldebaran devenu SoftBank Robotocs. Sa vocation est toute tracée : c’est un robot compagnon, dont la mission est de se tenir à nos côtés, au quotidien. Pour cela, Pepper possède un atout considérable : il sait comprendre et réagir aux émotions et peut donc s’adapter à l’humeur de son interlocuteur. Pepper apprend de nous, d’une façon naturelle et intuitive et évolue avec nous. Il sait mémoriser les traits de notre personnalité, nos préférences, nos goûts, nos petites habitudes.
Pepper est destiné au grand public. Présent déjà dans de nombreux magasins au Japon pour accueillir et guider les visiteurs, il va progressivement se rendre indispensable dans tous les foyers.  Dès le premier jour de sa commercialisation au Japon, 1000 exemplaires ont été vendus en quelques minutes.
Depuis le 24 mai dernier, il débarque en Europe et guide les visiteurs de Roland Garros et de plusieurs gares françaises. L’objectif de Pepper est de s’introduire dans les foyers avec des missions d’éducation et de soin à la personne.
Il est déjà commercialisé pour la somme de 1500 euros puis 200 euros par mois. 
 
 

7. Actroid

Les actroids sont des humanoïdes qui recherchent la ressemblance la plus fine avec les traits des humains. Ce sont essentiellement des avatars capables d’imiter les expressions humaines et dotés d’une intelligence artificielle qui leur permet d’interagir avec des interlocuteurs.
Le grand prêtre des actroïds est le professeur en robotique Hiroshi Ishiguro. Il en a fabriqué plusieurs à son effigie et la ressemblance est frappante. D’autant que le professeur japonais pousse l’expérience jusqu’à habiller son robot avatar comme lui, à la coiffer comme lui, à lui faire prendre toutes ses positions. Nous entrons avec ce type de robots de plain-pied dans « la vallée de l’étrange », cette zone d’inconfort où l’on ne distingue plus l’original de la copie.

LIRE DANS UP’ : Les robots androïdes du Miraikan, plus vrais que nature

Dans la même série, on retrouve Kodomoroid, un robot présentatrice de journal télévisé mais aussi, du côté américain, Han, une créature de Hanson Robotics doté d’expressions faciales inédites actionnées par une quarantaine de moteurs faciaux. L’imitation humaine atteint ici la perfection. 
 
 

8. Robothespian

Autant on hésite sur l’usage que l’on peut faire de la plupart des robots humanoïdes, autant avec Robothespian, on ne se pose pas la question. En effet, ce robot est un comédien né. Sa première apparition publique se fit sur les planches d’un théâtre en Angleterre où ce robot jouait avec de vrais acteurs. Depuis, sa vocation a été toute trouvée : il anime les lieux publics. Et dans ce registre, il excelle. Charmant, fascinant, Robothespian sait accueillir les visiteurs avec politesse et humour. Il leur donne des informations, il peut même leur raconter des histoires dans 30 langues différentes. Son visage est très expressif et nous est plutôt familier car il ressemble à C3P0 de la guerre des Etoiles.
Il est déjà présent dans des dizaines de musées et centres d’exposition scientifique. La NASA l’a même recruté pour effectuer des visites guidées de ses installations.
 
 
 

9. Sophia 

Quand les robots ne nous mettent pas en défaut par rapport à la haute opinion que nous avons de nous-mêmes, ils nous interrogent sur notre reproductibilité et sur notre pérennité. C’est typiquement le cas de ce robot Sophia, présenté par la firme américaine Hanson Robotics et qui emprunte les traits parfaits d’un visage humain, avec toutes ses expressions, sourires charmeurs et grimaces impertinentes.  Un exploit technique qui fait froid dans le dos surtout quand cette beauté siliconée annonce fièrement son intention ultime de se débarrasser de nous. Une plaisanterie ? Un clin d’œil ? Peut-être, mais il est glaçant.
 
 

10. Buddy

 
Ce petit robot compagnon est un rêve d’enfant devenu réalité. C’est celui du parisien Rodolphe Hasselvander, fondateur de la société Blue Frog Robotics. Il faut dire que l’on a du mal à ne pas craquer devant la petite bouille de ce robot qui entrera sans appréhension dans la vie des familles. Il est destiné à cela : vous accompagner à domicile, surveiller votre maison, vous alerter en cas de problème. Mais il sait aussi jouer avec les enfants, leur raconter des histoires et les surveiller. Enfin, si vous êtes en panne de mémoire, adressez-vous à lui, il vous rappellera en un clin d’œil électronique le numéro de téléphone oublié ou le rendez-vous que vous alliez manquer.
Les précommandes de l’année sont en cours et Buddy devrait être dans certains magasins à l’horizon 2017 au tarif indicatif de 650 euros.
 
 
 
Photo d’entête : Real Humans/SVTI