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La France et les robots : je t’aime moi non plus

robots domestiques
Métropolis en 1927, L’Odyssée de l’espace en 1968, Star Wars en 1977… autant de films mythiques parmi tant d’autres dans lesquels les robots n’étaient que pure fiction.
Aujourd’hui, cette fiction devient réalité. Tous les jours de nouvelles innovations voient le jour : robots pour réaliser des opérations à cœur ouvert, accueillir les clients dans les magasins, assister nos seniors au quotidien ou encore aller sur Mars… La robotique et ses applications sont partout : dans nos intérieurs, l’industrie, le médical, l’agriculture…
Qui plus est, avec un marché estimé à 135 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2019, elle est devenue en quelques années un secteur d’avenir placé au cœur de la politique industrielle française.

Un paradoxe français illustré par la robotique domestique

A y regarder de plus près, la réalité est bien plus contrastée. A l’heure où la transformation robotique semble en marche et où l’excellence des technologies de notre pays est mise à l’honneur, le marché français est à la traîne, notamment dans le secteur industriel où nous recensons peu de constructeurs et un faible taux d’équipement, contrairement à l'Allemagne ou l'Italie, en Europe.
Mais les français sont également aux abonnés absents sur le marché de l’électroménager qui semble pourtant le plus accessible.
L’exemple des aspirateurs robots est flagrant. Les ventes d’aspirateurs robots explosent à travers le monde et s’élèvent à environ 1,3 milliard de dollars, soit un poids de 20% de l’univers de l’aspiration. En Europe le marché est en croissance dynamique constante. Si nous prenons le cas de l’Espagne, les ventes d’aspirateurs robots représentent plus d’1/3 des ventes d’aspirateurs globales (en valeur), devant l’aspiration traditionnelle. L’Allemagne est également un territoire sur lequel les aspirateurs robots sont en forte progression mois après mois.
Des parts de marché de la catégorie robot qui tombent à 9% en France ! Alors même que les français sont les plus gros acheteurs d’aspirateurs de toute la zone EMEA (5 millions d’aspirateurs achetés par an) et que 43% des utilisateurs d’aspirateurs déclarent vouloir acheter un aspirateur robot.

Des freins structurels et culturels

Comment expliquer un tel retard alors même que les innovations et les attentes des consommateurs sont là ? Contrairement aux idées reçues, le prix n’est pas le premier frein au passage à l’acte d’achat. Le marché français souffre avant tout d’un manque d’évangélisation et de lisibilité de l’offre.
Là où, en Allemagne et en Espagne, le consommateur a le choix entre trois marques et une dizaine de produits, en France, ce sont plus de 16 marques et 130 produits qui sont présentées par les distributeurs. Cette stratégie d’atomisation trouble le consommateur, rend difficile la formation des vendeurs en magasin et finalement décourage les acheteurs potentiels.
Parallèlement, la loi sur l’énergie qui oblige à afficher les puissances des aspirateurs induit les consommateurs en erreur. La puissance d’un robot se calcule différemment d’un aspirateur traditionnel (nombre de passages, fréquence d’utilisation hebdomadaire, couverture des sols renforcée, …). L’intelligence contenue dans un robot permet une aspiration aussi efficace voir supérieure par rapport à un aspirateur traditionnel, qui demande de surcroit beaucoup plus de puissance.
Le rôle de la distribution et des acteurs du marché est donc essentiel pour contribuer à l’évangélisation et à la simplification de l’offre et ainsi faciliter le choix des consommateurs.

Réveille-toi la France !

Le potentiel du marché français est énorme. Sur les 28 millions de foyers, déjà 7 millions sont adressables à court terme. Nous devons donc transformer l’essai et lever ces freins pour rattraper notre retard si nous voulons embrasser cette Robolution, chère à Bruno Bonnell ! Et cela passe par une implication de tous les acteurs afin d’améliorer la diffusion de la technologie et ainsi proposer au plus grand nombre une solution satisfaisante pour se libérer de tâches ménagères peu gratifiantes !
 
Marc Dinee, Directeur Général Robopolis