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Sous Trump, de plus en plus d’Américains utilisent Internet comme s’ils étaient dans un régime répressif

Donald Trump
Un hôpital situé au cœur de la Silicon Valley accueille ses patients en leur conseillant de ne pas utiliser Internet pour rechercher des informations sur leur maladie sans avoir, au préalable, téléchargé une application de confidentialité. Parano ? Les américains sont de plus en plus nombreux à craindre que les fournisseurs d’accès à Internet ne vendent leurs données à des compagnies d’assurance pour influencer le taux de crédit du patient.
 
On pourrait être tenté de penser que cette attitude est dictée par une sorte de légende urbaine. Les géants de la publicité sur Internet comme Google, Facebook ou Yahoo, tout comme les grands fournisseurs d’accès, jurent, la main sur le cœur, qu’ils ne vendent pas les données personnelles de leurs utilisateurs. Pourtant, il est notoire que ces entreprises utilisent une masse impressionnante de données personnelles pour mieux cibler leurs publicités et connaître le moindre de nos goûts et comportements.
 
Mais, car il y a un mais, ce mardi 28 mars dernier, les Républicains de la Chambre des représentants ont voté le feu vert aux fournisseurs d’accès Internet pour vendre leurs données, sans le consentement des utilisateurs. Ce consentement était pourtant l’une des pierres de touche que souhaitait mettre en œuvre l’administration Obama. Trump, qui nous habitue chaque jour à détricoter les mesures prises par son prédécesseur, annonce vouloir appliquer cette nouvelle règle dans la loi.
 
Il est vrai que le nouveau président voit d’un très mauvais œil cette tendance qui émerge depuis son élection : de plus en plus d’Américains s’efforcent de cacher leurs données liées à leur navigation sur Internet aux appétits des sociétés en ligne, quand ce n’est pas des agences d’espionnage du gouvernement. Preuve de cette paranoïa, la hausse significative du téléchargement d’applications de messageries secrètes depuis les élections.
 
C’est le cas de l’application devenue vedette, Hotspot Shield, qui encrypte votre activité en ligne pour la garder privée et protégée de tous regards malveillants. David Gorodyansky, le fondateur de AnchorFree, société éditrice de cette application, précise au magazine Business Insider : « Aux États-Unis, nous avons vu l’utilisation de notre application doubler depuis que Trump a été élu. Auparavant, notre application était surtout utilisée dans des pays répressifs comme l’Égypte ou la Turquie. Chaque fois qu’il y avait des événements liés à la censure ou à la violation de la vie privée, nous observions de pics d’utilisation. Nous observons le même phénomène aujourd’hui aux États-Unis."
 
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avant l’élection de Trump, l’application était chargée 200 000 fois par mois sur iPhone. Aujourd’hui, la société avance le chiffre de 700 000 nouveaux téléchargements par mois, soit une augmentation de 240 % ! Et c’est sans compter sur les téléchargements pour la version Android de l’application qui vient de sortir et affiche déjà 1.5 millions de nouveaux utilisateurs par mois depuis le mois de novembre, dans les seuls États-Unis. David Gorodyansky affirme qu’à l’échelle mondiale l’application est téléchargée 6 millions de fois par mois. « Les États-Unis représentaient 20 % de notre parc. Ce chiffre est passé à 40 % aujourd’hui. »
 
L’augmentation de l’utilisation de cette application aux États-Unis a suscité un sondage pour essayer de comprendre ce qui se passait. 64 % des répondants disent qu’ils ont installé cette application parce qu’ils sont préoccupés de la confidentialité en ligne à cause de l’administration Trump. 36 % disent que ce sont les derniers piratages russes qui ont motivé leur décision. Il faut rappeler à ce propos que Yahoo avait annoncé en décembre dernier que 1 milliard de comptes de sa messagerie avaient été volés à la suite d’une attaque de pirates.
 
Pour David Gorodyansky, il ne fait aucun doute que, sous Trump, les utilisateurs américains pensent que leur vie privée est menacée et que la nouvelle administration n’est pas moralement alignée avec ce droit fondamental.
 
Source Business Insider
 

 

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