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Neom, la ville de l’avenir selon l’Arabie Saoudite

Neom Arabie saoudite
Une ville sur 26.500 km2, établie au nord-ouest de l’Arabie saoudite, sur les bords de la mer Rouge,  avec certains secteurs frontaliers de la Jordanie et  de l'Egypte, où les énergies seront entièrement renouvelables : voici Neom (1), la future nouvelle ville d’Arabie Saoudite que le prince héritier Mohammed ben Salmane a présenté ce mardi 24 octobre. Il s’agira de la création d'une gigantesque zone de développement économique, ultra-connectée, dotée d'une législation et d'une fiscalité spécifiques destinées à favoriser les investissements et attirer les compétences humaines. Un paradis technologique pour parer aux temps de crise d'un pays en pleine restructuration.
 
Ce lieu tout droit sorti du sable sera un modèle de technologie. Le royaume veut y développer les secteurs des énergies renouvelables avec des fermes éoliennes et photovoltaïques et des systèmes de stockage d'énergie à grande échelle, de l’eau avec un programme de dessalement de l’eau de mer, de biotechnologie avec la prochaine génération de thérapie génique, la génomique, la recherche sur les cellules souches, la nano-biologie et la bio-ingénierie, mais aussi du numérique, et de l’industrie des loisirs (divertissements), des médias et de la culture. Cette ville du futur entend aussi révolutionner l'alimentation de ses citoyens grâce à l'agriculture verticale, le développement de cultures en zones arides et en eau de mer ainsi que l'utilisation de serres photovoltaïques.
 
Projet initial de Neom implantée en Arabie saoudite. Mais à terme, il est prévu qu’elle s’étende aux rives de l’Égypte et de la Jordanie dans le golfe d'Aqaba © Google Maps
 
Dans cette cité du futur, l'internet sans fil à haut débit serait gratuit, devenant ainsi un bien public, tout comme l'éducation, qui serait dispensée en ligne. Les habitants vivraient dans des immeubles n'émettant aucun gaz à effet de serre. "Tout ceci permettrait une nouvelle façon de vivre qui prendrait à la fois compte les aspirations et les ambitions de l'humanité avec les meilleurs technologies et d'incroyables perspectives économiques", se réjouit dans le communiqué de presse le prince qui veut moderniser en profondeur le royaume.
 
"Seuls les rêveurs seront les bienvenus", a prévenu Mohammed ben Salmane. Voilà qui donne le ton …
 
 
« Une ville où les robots seront plus nombreux que les humains » : Transport sans chauffeur, drones avec passagers, ... tous les ingrédients de la modernité y seront concentrés. Le communiqué de presse indique qu'une très grande partie des tâches du quotidien serait automatisée via des robots si bien que la ville, qui serait avant tout peuplée de personnes "aux compétences uniques", serait susceptible d'avoir "le PIB par habitant le plus élevé au monde"...
« Neom est située sur l'une des artères économiques les plus importantes du monde, à travers laquelle passent près d'un dixième des flux commerciaux mondiaux », lit-on aussi dans dans un communiqué de presse publié par les fonds. Communiqué qui révèle aussi l'ambition portée par ce projet de créer un carrefour commercial entre plusieurs continents en précisant : « Son emplacement stratégique facilitera également un développement rapide de la zone en tant que plaque tournante mondiale reliant l'Asie, l'Europe et l'Afrique et permettant à 70% de la population mondiale de l'atteindre en moins de huit heures. »
« Tout cela permettra l'émergence d'un nouveau mode de vie qui tiendra compte des ambitions et des perspectives de l'humanité, associées aux meilleures technologies futures et à des perspectives économiques exceptionnelles », a déclaré le prince héritier saoudien.
 
Le prince héritier Mohammad ben Salmane d’Arabie saoudite et Klaus Kleinfeld, nommé PDG de la nouvelle zone économique, NEOM. ©HO/SPA/AFP
 
Le mégaprojet, piloté par Klaus Kleinfeld, l'ex-PDG de Siemens et d'Alcoa, qui s'inscrit dans la lignée du plan de transformation de l'Arabie saoudite « Vision 2030 », est estimé à 500 milliards de dollars d'investissement sur plusieurs années. Il devrait être financé par le gouvernement saoudien, son fonds souverain et des investisseurs locaux et internationaux (Voir le projet chiffré).
La première phase du projet devrait aboutir en 2025, selon son document de présentation.
 
L’Arabie saoudite cherche à diversifier son économie, trop dépendante du pétroler dont les prix ont chuté ces trois dernières années. Ce projet prendra-t-il corps comme promis ? En tout cas, l'effet d'annonce et la publicité qui y sont faits fonctionnent à merveille pour pallier un problème d'image à l'international ...
 
(1) ou "Neo-Mostaqbal" qui signifie « nouveau futur »
 
 
Photo :  © Fayez Nureldine, AFP 

 

 

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