Philippe Chiambaretta : L'architecture doit être pensée comme une nouvelle façon d'habiter la Terre

Philippe Chiambaretta a fondé l’agence PCA-STREAM en 2000. Architecte au profil hybride, c’est à l’origine un ingénieur, passé par l’école des Ponts et Chaussées et la Sloan Business School du MIT à Boston. Il n’est devenu architecte qu’à 36 ans, après une première vie dans la finance, la direction de l’agence de Ricardo Bofill, et même une incursion dans la peinture. L’architecture est venue cristalliser in fine les différentes facettes de ce parcours.
Un architecte n’a jamais été aussi proche du « Bâtir, habiter, penser » de Heidegger (conférence d’aout 1951) : au lieu de ravaler l’habitation et l’urbanisme au rang d’« outil » et d’« outillage » comme Le Corbusier, Heidegger les élève à celui de l’ « être ». Pour Philippe Chiambaretta, les architectes sont des bâtisseurs, leur rôle est de façonner de l’habiter, entre le « penser » et le « bâtir ».
 
Pour Philippe Chiamberatta, comme pour toute une nouvelle génération d’architectes, le travail de l’architecte ne peut plus se cantonner à un domaine, la conception, et à la construction d’ouvrages. S’il bâtit localement, son rôle est d’apporter des solutions aux problématiques contemporaines majeures. Et pour y parvenir, il doit s’ouvrir à d’autres visions, d’autres méthodes, afin de ne pas être déconnecté des mutations des sociétés. 
Ses  réalisations vont de galeries en lieux d'exposition puis en immeubles de bureaux.... Les projets s’enchaînent : le #cloud.paris, le centre commercial Aéroville de Roissy-Charles de Gaulle, la Caisse des dépôts et consignations, Paris, le musée d’art contemporain Pinchuk Art Center de Kiev, ou encore le Centre national des arts plastiques, à La Défense. En 2017, de nouveaux projets comme la tour The Link à la Défense, futur siège de Total, le pôle gare des Ardoines, dans le cadre d'Inventons la Métropole, ou le MoCo, centre d'art contemporain à Montpellier, et des chantiers en cours : le 52 Champs, Laborde, Haussmann, Be Issy, Canopy et Penthièvre, … Sans oublier le Stream building, puisque Philippe Chiambaretta est lauréat de l’Appel à Projets Urbains Innovants « Réinventer Paris », lancé par la mairie de Paris en 2015. Le Stream Building est un projet manifeste de la philosophie de travail développée par l’agence PCA-STREAM, qui associe recherche et action et crée un nouveau lien avec la nature, vision fondée sur l’application de plusieurs années de recherches sur les nouveaux espaces de travail (Stream 02, After office). Le Stream Building s’inscrit en ce sens dans la continuité du projet #cloud.paris, livré fin 2015. Il intègre par ailleurs les idées issues de Stream 03, Habiter l’Anthropocène, en abordant notamment le bâtiment comme un métabolisme. Mutations technologiques, nouveaux usages et vision renouvelée des rapports ville-nature caractérisent ce projet-manifeste.
 
Philippe Chiamberetta est aussi le fondateur de la série biennale de livres-revues qui s’étendent sur une dizaine d’années, STREAM, dont le dernier numéro, "Stream 04, Les Paradoxes du vivant 2017" explore les scénarios de réponses au constat de l'ère Anthropocène, en constatant une nouvelle relation de l’homme au vivant, avec un renforcement du modèle de la ville-métabolisme. "Un outil d'exploration !" comme l'architecte aime à le définir mais qui y voit surtout le moyen d'anticiper de nouveaux usages et de futurs comportements. Interview exclusive pour UP' Magazine.
 
UP’ Magazine : Philippe Chiambaretta, votre parcours est atypique ; comment et pourquoi êtes-vous devenu architecte ?
 
Philippe Chiambaretta : J’ai suivi une formation assez classique, la voie toute tracée et considérée comme royale des Grandes Écoles, avec une formation d’ingénieur à la clé, aux Ponts et Chaussées. Après la Business School du MIT, j’ai commencé à travailler comme consultant à New York, mais il me manquait une dimension, je cherchais à donner davantage de sens à ce que je faisais, et j’étais notamment tenté par une carrière de plasticien. Rencontrer Ricardo Bofill et pouvoir travailler avec lui sur le long terme, dans le monde entier, m’a permis de réaliser que l’architecture était un champ particulier où l’on peut articuler des logiques de production et de création. Au final, je ne suis devenu architecte qu’en 2000, à presque quarante ans, mais ce parcours un peu atypique pour la profession influence certainement ma pratique, notamment mon approche résolument non-formaliste. Je ne crois pas au génie créatif, à cette chimère du créateur inspiré, omniscient et omnipotent ; une bonne architecture a des responsabilités, elle part d’une analyse fine d’un contexte et des usages, la forme vient en second, et surtout c’est un travail collectif. Je garde en revanche la conviction que, du fait même de cette position charnière entre différentes logiques, l’architecture est une position privilégiée pour agir, pour répondre aux enjeux contemporains de l’urbanisation globale et de l’urgence environnementale.
 
UP’ : Vous dites que l’architecte doit se nourrir du travail des penseurs, des artistes et des chercheurs. Cela paraît une évidence, mais qu’entendez-vous exactement par-là ?
 
PC : Je ne suis pas certain qu’il s’agisse à ce point d’une évidence, les architectes et urbanistes, notamment au XXe siècle, ont fait preuve de beaucoup d’assurance, s’arc-boutant sur leurs certitudes, revendiquant leur savoir spécifique d’architecte et n’hésitant pas à faire table rase pour imposer leur vision. Se revendiquer d’un certain nombre d’influences, enrichir son dessin en s’inspirant d’autres créateurs est une chose, mais cela reste cosmétique ; véritablement intégrer d’autres visions, d’autres savoirs et méthodes est plus difficile qu’on ne le croit. Ce qui en revanche me paraît clair, c’est que nous vivons dans un monde toujours plus complexe, toujours plus liquide. La posture humaniste n’est plus tenable, aucun d’entre nous ne peut saisir à lui seul l’ampleur des changements en cours. L’architecte a besoin de s’entourer d’experts de diverses disciplines pour comprendre les enjeux contemporains et à venir dans le but d’y adapter un dessin spatial et un programme.
 
L’intelligence collective est primordiale dans l’émergence d’un projet cohérent. La synergie, la reliance entre acteurs, disciplines ou secteurs – telle que favorisée dans les nombreux appels à projets innovants –, permet de faire du tout davantage que la somme des parties, pour reprendre les termes d’Edgar Morin sur la pensée complexe. L’architecte a clairement un rôle à jouer dans l’identification et le brassage des acteurs et savoirs pour croiser les points de vue et fertiliser un projet. L’avenir se dessine dans cette migration d’un modèle segmenté, descendant et linéaire vers un modèle transversal, ascendant et circulaire.
 
UP’ : Est-ce ce qui vous a poussé à créer Stream ? Vous sentez-vous investi d’une mission ? Laquelle ?
 
PC : Comme je le disais, nous sommes dans l’obligation de rester attentif à l’évolution des différents champs du savoir pour répondre aux enjeux cristallisés dans l’acte de bâtir. Mais l’architecture est une activité très intense, il est facile de se retrouver emprisonné dans le travail quotidien, submergé par l’immédiat. Je savais que pour moi comme pour mon équipe il fallait trouver un moyen de prendre du recul, de s’ouvrir et de penser sur le plus long terme. Stream a été ma réponse : c’est un outil d’exploration et d’analyse pluridisciplinaire par essence. Nous y interrogeons des penseurs, scientifiques ou artistes d’horizons et de nationalités volontairement variés autour de grands sujets contemporains. C’est donc moins une mission, terme un peu pompeux, qu’une façon de répondre à ce qui me semble être devenu un impératif pour les architectes. Nous ne pouvons plus nous contenter du seul champ de l’architecture, et puiser une nourriture théorique extérieure nous permet d’enrichir les projets, de les rendre plus justes.
 
En revanche, si les avis d’experts que nous avons recueillis sur des questionnements aussi vastes que les mutations de nos modes de vie causés par des bouleversements écologiques, idéologiques, techniques… concernent évidemment mes 80 collaborateurs, ils peuvent également susciter l’intérêt d’un plus large public, raison pour laquelle nous avons adopté une large démarche de diffusion de ces recherches. Cela passe par la revue elle-même, mais aussi par notre plateforme web, les expositions, tables-rondes etc. C’est une façon de partager nos découvertes et nos rencontres, mais aussi de promouvoir notre conception de l’architecture articulant bâtir et penser.
 
Abattre la frontière séparant la pensée de l’action me semble une condition fondamentale pour l’amélioration de la démarche architecturale. Un projet se bâtit dans l’expérimentation, le prototypage et la confrontation faite d’aller-retours constants entre la théorie et la pratique. La dimension expérimentale de mon métier ne réside plus dans l’exploit technique ou dans le geste esthétique formant un objet architectural à la signature reconnaissable. C’est bien la dimension prospective et la figuration de ce que sera notre société dans les années à venir, ainsi que la tentative de définition d’un programme adapté à ce qui n’existe pas encore qui m’excite au plus haut point en architecture. Pour vous donner un ordre d’idée, lorsque nous avons conçu le campus #cloud.paris dans le second arrondissement, BlaBlaCar, l’un de ses locataires actuels (avec Facebook et Exane), n’existait pas encore…
 
UP’ : Depuis 2008, Stream explore les grands enjeux contemporains attachés aux problématiques de la ville. Cet opus 04 est une ode au vivant, à la nature. Alors que l’architecture s’oppose par essence à la nature, quel est l’intérêt aujourd’hui de vouloir les associer ?
 
PC : L’architecture ne s’oppose pas par essence à la nature. Ce n’est que depuis l’époque Moderne qu’une rupture s’est établie en Occident entre nature et culture. Historiquement, elle constitue certes un abri devant protéger l’homme des intempéries et des dangers du monde extérieur et sauvage. Pour autant, elle n’est pas en conflit avec la nature, traditionnellement elle s’y adapte même. L’essentiel est de ne pas perturber un système naturel ; lorsque l’architecture ne fait pas barrage – au développement d’un espace naturel, à l’écoulement nécessaire des eaux de pluies, au déplacement d’espèces… –et lorsqu’elle n’asphyxie pas un espace – par ses rejets et déchets –, elle s’insère dans un cycle qui lui préexiste. C’est ce que les architectures traditionnelles ont toujours fait.
 
Cela dit, nous nous situons en effet à un moment charnière où l’accroissement de la population et nos modes de production/consommation mettent en péril le fonctionnement de tous les systèmes mis en œuvre par la planète. Il est urgent de prendre conscience des ravages de la Modernité mais surtout de réviser nos manières d’habiter et de construire. Il ne s’agit pas de rétropédaler vers des modes de vie ancestraux mais de comprendre ce qui rendait possible la cohabitation de l’homme et des autres espèces dans le système planétaire.
 
La compréhension du fonctionnement autonome d’un milieu et la prise en compte des paramètres à ne pas déstabiliser pour y insérer un nouvel élément sont devenues essentielles. Mais cette attention portée au contexte ne peut être fonctionnelle que si elle est menée de manière pluriscalaire, de l’échelle des métropoles à celle du bâti. Voilà tout l’enjeu de notre avenir d’urbains. Le travail de l’architecte n’est plus de créer des formes figées, imposant un ordre géométrique, politique ou technologique, mais d’ajuster progressivement les écosystèmes existants, dans un processus d’expérimentation itératif à long terme.
 
UP’ : L’homme semble aujourd’hui adopter une nouvelle relation au vivant. Comment vous situez-vous par rapport à cette tendance ?
 
PC : Je crois en l’innovation et ne suis pas effrayé par le progrès technique. L’homme repousse les limites de la nature depuis qu’il a domestiqué le feu, sans pour autant rompre avec ses règles. Je me sens proche des chercheurs qui prônent la domestication du vivant plutôt que son asservissement. S’appuyer sur les propriétés du vivant – qu’il s’agisse de nourriture, de pharmacopée ou de matériaux –pour améliorer notre condition humaine me paraît tout à fait logique. La distinction est qu’il ne s’agit plus uniquement de faire attention à ce que ces ressources ne s’épuisent pas, mais de réparer les dégâts causés. Dans ce processus de remédiation, il faut mettre en place un principe de services mutuels pour ne pas réitérer les erreurs passées. Le récit Anthropocène, qui nous alerte sur l’obsolescence du monde tel que nous le connaissons et dont l’homme est responsable, place le vivant comme un allié. Nous devons veiller à ne pas entamer une démarche contre-productive d’épuisement de cet allié, sans pour autant nous priver d’expérimenter des solutions innovantes. L’éthique a un rôle fondamental à jouer dans l’encadrement des dérives possibles.
 
UP’ : Vous dites qu’il faut réinventer notre manière d’habiter. Qu’entendez-vous par là ?
 
PC : J’en reviens toujours à l’idée de dépasser la rupture moderne, avec son corollaire d’une vision de l’architecture comme frontière, séparation, pour se diriger vers une approche du bâti et de la ville relevant davantage des porosités, pensée de façon globale en termes de métabolisme. Pour l’architecte, cela suppose de dépasser le seul cadre du projet architectural, de l’objet bâti, pour penser de façon systémique des façons de s’inscrire dans un écosystème.
 
UP’ : Comment la prise de conscience et la connaissance du vivant apportent-elles une nouvelle façon de penser et de créer la ville ?
 
PC : La ville a longtemps été perçue comme une immense machine associée à l’industrialisation. Elle tend désormais à être de nouveau considérée comme un organisme, poursuivant les approches avant-gardistes des années 1970, notamment le mouvement des Métabolistes japonais. Ces utopies pionnières prennent une nouvelle acception, mais tendent surtout à s’incarner, d’une part parce que les mentalités ont évolué, mais aussi parce que l’évolution des techniques permet des réalisations inenvisageables alors. La tendance à l’exploitation des flux et synergies, la circularité ou la prise en compte de la dimension temporelle de l’architecture viennent clairement de cette évolution du paradigme machinique à celui du vivant.
 
Attention cependant à ne pas chercher à contrôler viscéralement l’organisme urbain, comme la course technologique a tendance à le faire en déployant l’utilisation de capteurs et la collecte des données pour surveiller et « monitorer » son fonctionnement. La smart-city pourrait vite se révéler dystopie si la technologie ne reposait que sur le contrôle. À ce titre, utilisées hors sens critique, les ressources du numérique pourraient devenir une façon de poursuivre aveuglément le projet moderne de domination. Tout comme avec le vivant, nous devons respecter des principes de régulation interne, d’homéostasie, mais aussi d’aléas, de mutation et d’adaptation de la ville, sans chercher à tout contrôler, à la placer sous perfusion ou électrocardiogramme.
 
UP’ : Où se situe aujourd’hui, d’après vous, la recherche architecturale, face à la prise de conscience écologique ?
 
PC : La question environnementale a pris à l’évidence une place centrale, assez brutalement et, reconnaissons-le, assez tardivement dans le milieu architectural. Tous sont convaincus maintenant de l’intérêt, sinon de la nécessité, de construire durable, et sur ce point les incitations publiques ont aidé à concrétiser les intentions nées de la large diffusion du récit Anthropocène. Nous avons cependant assisté ces récentes années au retour d’un biomimétisme formel qui n’est pas une réponse en soi, et heureusement tend à décliner. Il faut véritablement penser en termes de systèmes et non de forme. Le second écueil est de dépasser la seule lecture de ces enjeux au travers du prisme énergétique. La multiplication des normes et labels nous y invite, mais c’est aussi une solution de facilité, car il ne s’agit pas seulement de cocher des cases, d’empiler des mesures de performance énergétiques pour atteindre des certifications valorisantes : nous ne pouvons faire l’économie d’une refonte en profondeur de notre vision de l’urbain, et c’est là l’idée de métabolisme devient riche pour moi.
 
UP’ : Quelle définition donneriez-vous de la ville-métabolisme ? Quels en sont les principes ? L’architecte doit-il revoir son approche, son métier ?
 
PC : Ce que j’appelle la « ville-métabolisme » repose sur des approches écosystémiques et de croissance organique. Elles combinent les conditions de développement du vivant, de recyclage d’une partie de ses déchets, avec ses facultés d’évolution et de réversibilité. Nous devons créer moins d’infrastructures monofonctionnelles et davantage de nouveaux écosystèmes articulant paysage, technologie et biodiversité. Nous devons également construire « avec » le vivant, en utilisant par exemple de nouveaux matériaux à la fois organiques et hyper-technologiques, mais aussi des solutions d’ingénierie inspirées du vivant et des principes biologiques. Ces nouveaux enjeux pour l’architecte changent la vision classique de sa fonction. Fini le geste formel, la signature théâtrale et égotiste, nous retrouvons une forme d’humilité et faisons face à de nouvelles responsabilités. Y répondre passe par les éléments que j’évoquais précédemment : s’ouvrir à de nouveaux champs du savoir, dépasser les ruptures modernes, privilégier l’intelligence collective et une vision métabolique de la ville.
 
UP’ : Enseigne-t-on l’approche du vivant dans les écoles d’architecture aujourd’hui ?
 
PC : Les mentalités ont clairement évolué au vu des enjeux, mais le principal problème de l’enseignement architectural, et c’est particulièrement vrai en France, est plutôt celui de son manque de pluridisciplinarité. Les échanges et formations croisées sont beaucoup plus développés dans les campus américains, de même que l’intégration de laboratoires associant des partenaires industriels par exemple. Il me semble qu’il faut favoriser dès cette phase de l’apprentissage l’idée que notre réponse collective aux défis environnementaux passe par un travail en commun poussé des architectes, penseurs, artistes et scientifiques. Les logiques de silo ont la vie dure, mais elles sont devenues morbides, faisant le terreau d’une impuissance de l’architecture.
 
UP’ : Vous sentez-vous proche de la pensée de Kazuyo Sejima, pour qui « l’architecture est une création au milieu de laquelle naît la création » ?
 
PC : Bien sûr. L’architecture est une œuvre collective : celle d’un architecte, des collaborateurs de son agence, d’un commanditaire, d’un client, d’un public… Par la construction de vides et de pleins, par le dessin d’agoras et d’espaces refuges, par la gestion des flux et la définition d’un programme initial, l’architecture doit favoriser les rencontres, d’où naîtra la création. Quelle que soit la force de son dessin, l’architecture est toujours pour une large part définie par les usages inattendus dont elle fera l’objet, et c’est pour le mieux. Autant assumer cette dimension non programmable, cet aléa, et la concevoir en termes de porosités et de rencontres.
 
Propos recueillis par Fabienne Marion
 
Photo : Philippe Chiambaretta ©PCA STREAM – J. Delpire