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Les premières esquisses des futures œuvres du Grand Paris Express dévoilées

innovation urbaine
Tandems Artistes/Architectes : les premières œuvres des futures gares du Grand Paris Express dévoilées
 
Bâtir une grande collection d’art public, d’architecture et d’innovation urbaine à l’échelle de la métropole est l’objectif d’un grand programme de mise en valeur des « projets d’alliance entre artistes et architectes dans plusieurs dizaines de stations du Grand Paris [qui] témoignent de la vitalité culturelle de notre capitale dans le monde. » (1) Le Grand Paris Express dévoile donc les premières esquisses de ce qui sera demain la plus grande collection d’art urbain d’Europe jusqu'au 25 janvier à la Fabrique du Métro (Saint-Ouen).
 
Le Grand Paris Express est le plus grand projet urbain d’Europe : 200 km de nouvelles lignes de métro automatique et 68 futures gares, connectées avec les réseaux de métro, RER, Transilien et les pôles bus, en cours de construction avec les meilleurs architectes contemporains. Pour accompagner cette transformation urbaine sans précédent et contribuer à l’émergence d’une identité métropolitaine, la Société du Grand Paris a initié un programme artistique et culturel alliant événements de chantiers, appels à projets, résidences d’artistes sur les chantiers et création d'œuvres pérennes intégrées aux futures gares pour d'autres.
 
Ce programme est conduit sous la direction artistique de José-Manuel Gonçalvès, accompagné de personnalités invitées, notamment Laurent Le Bon, Alexia Fabre, Paula Aisemberg, Zoe Gray et Jean-François Chougnet. Il vise à bâtir une grande collection d’art public, d’architecture et d’innovation urbaine à l’échelle de la métropole. Chaque gare est ainsi le lieu d’interventions artistiques pérennes, fruits de la rencontre entre deux univers esthétiques : l’architecte et l’artiste œuvrent ainsi en « tandem ». Cette étroite collaboration se concrétise tout au long des différentes études de conception de la gare, permettant la création d’œuvres véritablement intégrées et à coûts maîtrisés. D’un montant prévisionnel de 30 millions d’euros pour les 68 gares, le financement de la production de ces commandes artistiques est assuré par le Fonds de dotation du Grand Paris Express. Les mécènes sont ainsi invités à financer la réalisation de ces œuvres, soit en accompagnant le programme dans sa globalité, soit en prenant en charge la production d’une œuvre spécifique.
 
Ce projet sans précédent est entré fin 2018 dans une phase opérationnelle : 29 artistes, de renommée internationale (Michelangelo Pistoletto, Laurent Grasso, Tatiana Trouvé, Rioji Ikeda, Stromae, LUC junior team…) ou figures de la jeune création française (Hicham Berrada, Duy Anh Nhan, Noémie Goudal...) dévoilent aujourd’hui les premières esquisses de ce qui sera demain la plus grande collection d’art urbain d’Europe.
 
Pour José-Manuel Gonçalvès, directeur artistique et culturel du Grand Paris Express, « Notre exigence artistique relève de plusieurs niveaux. Faire appel à des artistes déjà inscrits dans l’histoire de l’art, qui le seront forcément encore dans dix ans, mais aussi parier sur d’autres que nous pensons voir entrer dans l’histoire de l’art. Pour constituer des tandems entre architectes et artistes, nous avons puisé dans les études des gares et dans la singularité de chacun des territoires pour proposer des artistes dont le travail pourrait y faire écho. Il s’agissait de privilégier une diversité, en termes de formes et de genres artistiques mais aussi que toutes les propositions aient en commun d’être extrêmement généreuses avec le public et les voyageurs. Parfois un thème a surgi, d’autres fois l’inspiration est venue de la topographie des lieux, toujours en relation avec les forces de chaque territoire... »
 
 Les 68 nouvelles gares du Grand Paris Express seront des locomotives au service du développement urbain des territoires. La Société du Grand Paris souhaite renouer avec ce qui fait le fondement de nos villes européennes : les places, l’espace public, une densité urbaine qui favorise les rencontres, les échanges et qui permettra de gagner la guerre contre le réchauffement climatique en limitant l’étalement urbain. Les tandems artistes-architectes que nous mettons en place nourriront le rayonnement culturel des territoires de la Métropole avec une égale et haute ambition pour tous. Cette place centrale de l’art et de la culture au cœur du Grand Paris Express en fait un vaste projet de création qui contribuera à bâtir le patrimoine métropolitain du XXIe siècle et à forger une nouvelle identité urbaine. »
Thierry Dallard, président du directoire de la Société du Grand Paris.
 
LES TANDEMS DÉVOILÉS
 
Ivan Navarro / Dominique Perrault Gare de Villejuif – Institut Gustave Roussy
Susanna Fritscher / Cyril Trétout Gare de Saint-Maur – Créteil
Berger & Berger / Aldric Beckmann  Gare d’Aulnay
Hicham Berrada / Denis Valode Gare des Ardoines
Krijn de Koning / Denis Valode  Gare du Vert de Maisons
Laurent Grasso / David Trottin Gare de Châtillon – Montrouge
Ryoji Ikeda / Jean-Marie Duthilleul Gare de Pont de Sèvres
Ange Leccia / Thomas Richez Gare de Bry – Villiers – Champigny
Duy Anh Nhan Duc / Pascale Dalix et Frédéric Chartier Gare de La Courneuve Six Routes
Ned Kahn / Mark Wilson Gare de Maison Blanche – Paris XIII
Stromae & Luc Junior Tam / Kengo Kuma Gare de Saint-Denis – Pleyel
 
 
Exposition des esquisses jusqu'au 25 janvier à la Fabrique du Métro (Saint-Ouen), sur réservation : http://www.societedugrandparis.fr/fabrique
 
(1)Discours du Président de la République en l’honneur des artistes et de la création, le 19 octobre 2018 à l’Elysée.
 
Photo d’entête : Ryoji Ikeda, data.scape.
Située en bord de Seine, non loin des anciennes usines Renault, la future gare de Pont de Sèvres bénéficie d’une situation dont a su profiter l’architecte Jean-Marie Duthilleul en ménageant deux sorties de gare, une sur l’eau et l’autre côté jardins. «En sortant du métro et en prenant l’escalier, le voyageur pourrait voir le miroitement des reflets de l’eau, des éclats de soleil et de lumière qui lui tomberont dessus», explique l’architecte de ce bâtiment en béton brut satiné. Pour enrichir cette expérience, l’artiste japonais Ryoji Ikeda propose une œuvre sensorielle immersive, longue de 50 mètres, dans le passage principal de la gare. L’installation, intitulée data.scape, s’accordera aux rythmes diurnes et nocturnes: « Pendant la journée, l’intégralité des séquences ADN du génome humain (chromosome 1-22, XY), soit l’information la plus fondamentale pour nous définir en tant qu’êtres humains, défilera rapidement sur toute la surface de l’écran LED. De nuit, une grande carte du ciel tracée avec précision défilera doucement avec élégance sur cet écran .»  
 

 

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