Close

La Tour Montparnasse va changer de look

Tour Montparnasse
C’est la mal aimée de Paris. Depuis sa construction en 1974, elle n’a jamais su conquérir le cœur des parisiens. Verrue, incongruité, horreur… Que de quolibets n’a-t-elle entendu !  Pour certains, la plus belle vue panoramique de Paris se trouve être depuis la Tour Montparnasse… car c’est la seule d’où on ne la voit pas. Cette image désastreuse sera peut-être bientôt de l’histoire ancienne : un concours international d’architecture est ouvert pour la relooker, lui donner une nouvelle jeunesse. Présentation des projets le 13 juillet prochain.
 
Quand Malraux imposait en pleine Trente Glorieuses l’idée de construire une Tour au cœur de Paris, une vitrine, à l’instar de ce que fut la Tour Eiffel en son temps, du savoir-faire et de l’ingénierie française, il ne se doutait pas qu’il allait enfanter d’un monument de problèmes.
Malgré ses 209 mètres de hauteur et ses 58 étages, la Tour ne s’est jamais imposée dans le paysage. Perclue d’amiante, elle est même devenue le symbole des erreurs architecturales des années 1970.
 
On songea même à la détruire, l’abattre à tout jamais. Mais le coût de l’opération s’avéra vite intenable. Le temps passait et les grandes métropoles du monde s’ornaient de bâtiments prestigieux, faisant encore plus reculer notre Tour du quartier Montparnasse au rang d’erreur de jeunesse. Il fallait donc agir. C’est ce que firent les copropriétaires actuels de la Tour, réunis au sein d’une société immobilière. Ils ont confié à l’architecte Jean-Marie Duthilleul la tâche d’organiser un concours international. Les candidats ont jusqu’au 13 juillet pour déposer leur dossier. Décision sera prise au printemps 2017.
 
Jean-Marie Duthilleul connait bien le quartier. C’est lui qui a construit la gare Montparnasse. Il confie au quotidien La Croix que la Tour « dialogue mal avec le ciel et avec la ville ». Les candidats devront donc résoudre ce problème en priorité. Leurs projets doivent s’inscrire dans les grandes perspectives parisiennes, celles de la Tour Eiffel ou du jardin du Luxembourg.
Les architectes devront également résoudre le problème de la coiffe de la Tour et de son restaurant panoramique. Quelle forme prendra-t-elle pour inscrire durablement la tour dans son siècle ?
 
Enfin, dernière recommandation : inscrire la tour dans son environnement.
Une gageure quand on sait que l’intégration dans son contexte est le drame congénital de la tour actuelle. L’historien de l’architecture François Loyer rappelle à La Croix : « La décision de la construire a été prise en 1962, par André Malraux lui-même, lors de l’adoption du projet de plan d’urbanisme directeur de Paris. Ce document prenait la relève du règlement de Paris, dont les origines remontaient à Louis XIV ! D’un coup, on a voulu basculer dans la modernité, là où une grande harmonie et une continuité avaient prévalu. »
Il est vrai que la décision de construire cette tour était hautement politique. Il fallait, dans ce geste, montrer l’étendue du savoir-faire industriel français. L’industriel du verre Saint Gobain invente à cette occasion les « murs rideaux », une technique de construction innovante qui fera le tour du monde. Mais c’est justement là que le bât blesse. En effet, la tour a été construite par des ingénieurs et non des architectes. Il lui manque ce trait de génie si particulier et si fulgurant qui distingue un grand bâtiment, appeler à durer dans l’histoire, d’un édifice sans esprit.
 
Espérons que les architectes sélectionnés sauront donner de l’esprit à cette Tour Montparnasse. Elle en a grand besoin.