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Biopsie virtuelle de Diafir

Diafir, entreprise créée par Hugues Tariel et cinq associés en juin 2011 pour commercialiser un système d'analyse biologique innovant, offre une alternative à la biopsie. Ce dispositif est issu des résultats des travaux du Laboratoire Verres et céramiques de l'Université deRennes 1 et de l'Inserm.

Jusqu'à présent, pour diagnostiquer certaines maladies du foie, on soumet les patients à une biopsie : sous anesthésie, on leur prélève un morceau de tissu par une aiguille introduite dans le ventre. C'est invasif, douloureux et risqué. Il faut ensuite attendre les analyses du laboratoire.
Imaginez : une machine dans laquelle on introduit une simple goutte de sang du patient qui, grâce à une technique d'imagerie infrarouge, permet d'établir un diagnostic en trois minutes.

diafirC'est le produit mis au point par Diafir, entreprise créée en 2011 par Hugues Tariel, qui se base sur dix années de recherches menées à l'université de Rennes 1.L'objectif de cette alternative à la biopsie du foie est d'éviter un examen invasif et douloureux. Diafir se focalise sur le diagnostic de la stéatosehépatite non alcoolique, appelée aussi "Nash". C'est une maladie liée au surpoids, qui touche 10 à 20% de la population des pays développés et peut évoluer vers un cancer.

"Avec notre système, utilisable par des médecins sans formation préalable, on évite l'anesthésie, les jours d'hospitalisation, les risques d'hémorragie interne, explique Hugues Tariel. On va également pouvoir améliorer les médicaments. Actuellement, parce qu'il serait impensable de faire subir à un patient des biopsies régulières, leur efficacité n'est pas testée."

Le système de Diafir utilise un capteur en fibres de verres infrarouge, unique et breveté, qui analyse un échantillon de liquide du patient et le compare à une banque de données pour établir un diagnostic fiable.
Le produit s'adresse à des laboratoires d'analyses et à des médecins, qui pourront bientôt réaliser leurs propres diagnostics, sur des maladies chroniques et, à terme, sur le cancer.

Le projet de Diafir a obenu le label Rennes - La Novosphère. Une utilité sociale : le procédé épargne en effet des heures douloureuses aux malades et il lutte contre les risques liés aux biopsies. Il est le fruit d'une collaboration locale, dix ans de recherches partagées entre l'équipe Foie, métabolismes et cancer de l'Inserm (UMR991) et celle du laboratoire Verres et céramiques (UMR 6226) de l'Université de Rennes 1. Sa portée sera rapidement internationale. La maladie "Nash" se développant avec l'augmentation du niveau de vie, les marchés ciblés ne sont pas seulement en France. Dès 2014, Diafir compte développer la commercialisation de son produit en Europe et aux États-Unis.

Pour l'instant, Diafir a installé un prototype du système au CHU de Pontchaillou de Rennes. "La machine est encore volumineuse, reconnaît Hugues Tariel. Mais petit à petit, nous allons réduire son encombrement pour qu'elle soit d'un usage facile au quotidien." En parallèle, l'entreprise a initié un important travail de réglementation pour certifier l'appareil. Elle a notamment réalisé une levée de fonds pour obtenir le marquage CE.

"Ensuite, nous commercialiserons les capteurs infrarouge. Ces biopsies nouvelle génération sont proposées en France depuis le début de l'année 2014."

La Novosphère va faire connaître le procédé au grand public. "Souvent, les patients qui ont déjà vécu une biopsie cherchent une alternative moins douloureuse, signale le porteur de projet. Ils peuvent devenir prescripteurs, en parlant de notre procédé à leur médecin. La Novosphère va donc diffuser l'explication de notre nouveau système sur des forums de discussions et des sites Internet tels que Doctissimo. Par son réseau, elle relaiera aussi l'information au niveau des médias locaux et pourra aussi mettre au courant d'éventuels malades."

A propos de Yves Tariel

"Le projet m'a intéressé et je l'ai suivi en parallèle de mon travail", raconte le scientifique, fort de quinze ans d'expérience dans l'industrie verrière et médicale.
Après des années d'aller-retours entre la France, le Japon et les Etats-Unis, Hugues Tariel s'était finalement installé dans la métropole de Rennes. Puis il a quitté son employeur, Umicore, pour fonder sa propre entreprise : Diafir. Il s'est alors entouré de Catherine Boussard, ingénieur de recherche, du Pr Bruno Bureau, spécialiste de la spectrographie, d'Olivier Loréal, médecin hépato-gastroentérologue et de deux conseillers stratégiques : Jacques Lucas, de l'Académie des sciences et Joël Renault, fondateur de Delta Dore.

"Ce qui me motive, dans ce projet, c'est son originalité technologique, explique le Grenoblois d'origine, qui a complété ses études d'ingénieur par une formation en commerce. Le capteur que nous avons mis au point est compact et facile à utiliser. C'est agréable de pouvoir simplifier un processus à ce point et de soulager des patients."

Pour plus d'informations:   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / 02 56 01 75 12

(Source : Rennes-La Novosphère- 2013)

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