UP' Magazine L'innovation pour défi

innovations sociales

L’impact d’Internet sur le fonctionnement du marché du travail

Le numérique a profondément bouleversé nos sociétés. Le marché du travail n’est pas resté à l’écart : on peut dire qu’il existe aujourd’hui un « marché du travail en ligne » et les outils numériques sont de plus en plus utilisés pour le recrutement. Pourtant, cette évolution n’a été que peu analysée et son impact sur la qualité du fonctionnement du marché du travail peu étudié. Le Conseil d’orientation pour l’emploi a donc jugé nécessaire de se saisir de ce sujet et d’en clarifier les enjeux.

Dans ce rapport, le Conseil dresse d’abord un panorama du marché du travail en ligne : les acteurs de l’emploi et du recrutement en ligne se sont multipliés et diversifiés (job boards, agrégateurs, réseaux sociaux, sites de e-cooptation, sites de notation d’entreprises, plateformes de travail à la tâche etc.).
Le rapport du Conseil montre ensuite que les acteurs du marché du travail s’approprient l’ensemble de ces outils, dans une logique de fluidification et de transparence. « Chercheurs d’emploi et recruteurs adaptent progressivement leurs comportements et stratégies. Leurs pratiques changent très vite », explique Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’Orientation pour l’Emploi.
Le rapport décrit ainsi la manière dont Pôle Emploi a développé son usage des technologies numériques, dans un contexte où un nombre croissant d’acteurs privés diffusent un grand volume d’offres d’emploi et assurent une fonction d’intermédiation. Outre une démarche partenariale destinée à coordonner l’ensemble de ces initiatives, l’opérateur public a développé une stratégie numérique pour améliorer le service offert aux demandeurs d’emploi et aux entreprises.
Le rapport du Conseil fait également le point sur l’adaptation du cadre juridique à la situation actuelle du marché du travail sur internet, tant en ce qui concerne le droit applicable aux offres d’emploi et au recrutement que la protection des données personnelles.

Plus d’information, plus de transparence, plus de dynamisme grâce à internet, le marché du travail pourrait mieux fonctionner et être mieux connu

Surtout, le rapport entend mieux appréhender les effets de l’utilisation du numérique sur le fonctionnement du marché du travail.
Il montre qu’en facilitant l’accès à l’information, en augmentant de manière considérable la quantité d’informations en circulation et en desserrant les contraintes de temps et d’espace, internet et les technologies du numérique sont susceptibles de favoriser le « matching » et d’avoir un impact positif sur le marché du travail. « L’espoir est que chaque candidat puisse trouver plus facilement l’emploi qui lui convient le mieux et que chaque recruteur puisse, lui aussi plus facilement, trouver le meilleur candidat », souligne Marie-Claire Carrère-Gée.
Des études faites aux Etats-Unis montrent d’ailleurs que les personnes qui cherchent du travail sur internet en complément des moyens de recherche traditionnels trouvent désormais plus vite que celles qui cherchent hors ligne.
A terme, grâce à l’exploitation des nombreuses données sur le marché du travail et des mises en relation facilitées, internet devrait également favoriser la réduction du nombre d’emplois vacants, difficiles à pourvoir.
Enfin, « internet permettra aux pouvoir publics d’avoir une bien meilleure connaissance du marché du travail qu’aujourd’hui et donc de définir des politiques de l’emploi mieux adaptées. »
Il faut toutefois tenir compte du fait qu’en dépit d’indiscutables progrès, internet n’a pas rendu le marché du travail totalement transparent. Tous les recrutements ne font pas l’objet d’une offre et une partie du marché reste cachée. Les offres d’emploi ont gagné en précision, mais la majorité d’entre elles ne comporte aucune indication sur la rémunération. Et l’information sur les emplois offerts et les entreprises comme sur le profil ou l’expérience des candidats n’est pas toujours sincère, même si de nouveaux outils permettent d’en vérifier plus facilement la fiabilité.

Des enjeux liés à l’accentuation de la concurrence sur le marché du travail, des enjeux de segmentation aussi

Par ailleurs, l’un des principaux apports d’internet est d’avoir élargi le marché du travail en permettant aux actifs, qu’ils soient ou non à la recherche d’un emploi, d’exposer leurs parcours et leurs compétences sur les réseaux sociaux, accentuant ainsi la concurrence entre salariés en poste et demandeurs d’emploi. « C’est très positif, car le marché du travail est plus large et plus dynamique mais, dans une période où le rythme de créations d’emploi est ralenti, une concurrence accrue entre salariés en poste et demandeurs d’emploi peut accentuer les difficultés des chômeurs de longue durée » explique Marie-Claire Carrère-Gée.
De plus, la diffusion, le contrôle, l’échange et le traitement de l’information deviennent des enjeux majeurs.
Du côté des candidats, la démultiplication de l’information peut entraîner un manque de lisibilité de l’ensemble des opportunités d’emploi existantes, renforcé par la persistance d’offres qui ne sont plus valides. Si la diffusion du numérique s’est généralisée, il existe des disparités d’équipement et de maîtrise des techniques et des « codes » du marché du travail en ligne entre les demandeurs d’emplois. Pour les personnes les moins qualifiées, l’enjeu de l’adaptation à l’outil numérique est considérable.
Des telles segmentations existent également entre les grandes entreprises et les petites, qu’il s’agisse du degré d’utilisation d’internet pour le processus de recrutement ou du recours, plutôt par les grandes entreprises, à des outils automatisés de gestion et de tri des candidatures. Le recours à ces outils automatisés crée enfin des enjeux de transparence des processus de recrutement, avec une information des candidats qui n’est pas toujours au rendez-vous et des risques de formalisation excessive des premières étapes de la sélection, avec le renforcement d’un certain « conformisme » des recrutements.

Optimiser l’utilisation d’internet

Le COE a identifié plusieurs pistes d’optimisation d’internet pour améliorer le fonctionnement marché du travail et répondre aux attentes et aux besoins de tous ses acteurs. Ces pistes sont organisées autour de plusieurs axes :
- Encourager une meilleure coopération entre les opérateurs privés et les administrations chargées de la statistique publique et des politiques de l’emploi, afin de mieux exploiter la mine d’informations sur le marché du travail présente sur internet ;
- Renforcer la diversité des compétences disponibles au sein des administrations publiques ;
-Améliorer la qualité des offres d’emploi, lutter contre les stéréotypes et d’éventuelles discriminations ;
-Améliorer encore les référentiels de métiers et de compétences ainsi que leur utilisation, afin qu’ils deviennent un outil plutôt qu’une contrainte pour les demandeurs d’emploi et les employeurs ;
- Améliorer encore le volume d’offres et de CV disponibles sur le site de Pôle emploi ;
- Optimiser l’utilisation d’internet pour réduire le nombre d’emplois durablement vacants ;
- Réduire les inégalités et segmentations sur le marché du travail en ligne ;
- Améliorer la protection des données personnelles, la transparence et la neutralité du marché du travail en ligne ;
- Améliorer la connaissance de l’impact d’internet sur le fonctionnement du marché du travail.

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numérique

« Le numérique déroutant » : l’impact du digital sur les PME, question de survie et opportunité sans précédent

Le secteur du numérique et la numérisation de l’économie représentent des opportunités considérables pour les PME et toutes les entreprises françaises. La France a des atouts indéniables, au premier rang desquels la qualité de ses ingénieurs, mais aussi la puissance de ses grandes entreprises et de ses infrastructures de télécoms, ou encore son avance relative dans le secteur de l’advertising technology. Pour autant, le numérique fait aussi la preuve, depuis plusieurs années, de sa capacité à bouleverser totalement un secteur d’activité en « déroutant » sa valeur vers de nouveaux acteurs émergents, principalement les plateformes d’intermédiation. Quelle est la portée de cette menace ? Quels secteurs peut-elle toucher ? Comment y faire face ? Comment en tirer tout le parti possible dans les secteurs favorables pour les entreprises françaises ? C’est l’objet de cette nouvelle étude de Bpifrance Le Lab, menée sous la direction d’Olivier Sichel, président de LeGuide.com
(Illustration ©Getty Images)

Bpifrance Le Lab s’est fixé pour objectifs d’améliorer la connaissance des PME et ETI françaises, et de stimuler la réflexion stratégique des dirigeants, avec pour finalités une plus forte croissance des entreprises et un regain d’investissements pour anticiper la France de demain.

C’est parce qu'il faut changer le regard porté sur l’émergence du numérique dans tous les domaines d’activités et susciter une prise de conscience des dirigeants d’entreprise sur les bouleversements radicaux qu’il implique, que Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, a confié la réalisation d’une étude à Olivier Sichel, président de LeGuide.com, membre du Comité national d’orientation de Bpifrance, avec le concours d’un comité de pilotage d’experts. Cette étude qui veut « réveiller les filières » (« Wake up call ») donne des clés de compréhension et d’action aux acteurs économiques sur la révolution numérique à l’œuvre dans de nombreux secteurs.

Une question de survie

Si la croissance économique mondiale semble marquer le pas dans les grands pays développés, il existe néanmoins des secteurs dans lesquels elle progresse à deux chiffres depuis déjà plusieurs années :
- Des taux de croissance annuels à 20, 30 voire 50 % sont revendiqués par les services Internet : les réseaux sociaux, les applications mobiles, les marchés du cloud ou encore le e-commerce ;
- Les acteurs de ces services, nés dans les années 1990 ou encore plus récemment dans les années 2000, multiplient leur chiffre d’affaires dans des proportions impressionnantes (entre 2008 et 2013), selon des facteurs de 3, 4, voire jusqu’à 25 pour Facebook, fondé en 2004.

Intégrer et comprendre les enjeux numériques suppose de prendre la pleine mesure de l’innovation disruptive, l’innovation « déroutante » qui est d’abord et avant tout un processus de transformation d’un marché. Dans la recomposition souvent radicale de la chaîne de valeur, le numérique permet à de nouveaux acteurs de capter, littéralement « dérouter », du chiffre d'affaires au sein des chaînes de valeur traditionnelles.

Avec cette étude, Bpifrance Le Lab adopte une approche volontairement décalée pour attirer l’attention sur la révolution numérique en cours, porteuse de changements profonds dans l’ensemble des secteurs de l’économie. La question est simple : dans bien des secteurs, il s’agira de renouveler en profondeur le modèle économique sous peine de disparaître. Ceux qui n’y parviendront pas seront en effet condamnés à une mort lente ou, au minimum, à un déclassement sur la chaîne de valeur. Mais ceux qui y parviendront, au contraire, deviendront les leaders de leur secteur : formidable opportunité dont les entrepreneurs français doivent aussi se saisir !
Les cartes vont être rebattues, au détriment des acteurs traditionnels, souvent des PME, qui ne sont pas suffisamment conscientes des risques à venir et des opportunités sur lesquelles se positionner. Si toutes partageaient jusqu’à maintenant l’idée que leur croissance devait s’appuyer sur le numérique, elles doivent réaliser qu’il s’agit maintenant d’une question de survie, autant que d’une opportunité sans précédent.
Le conflit entre Uber et les taxis n’en est qu’une petite illustration récente. Le modèle de disruption suivi par Uber l’avait déjà été par les plateformes Internet de réservation de voyages, modifiant radicalement les chaînes de valeur du secteur du tourisme.
Ce « numérique déroutant » concernera demain d’autres secteurs…

Le BTP, la plasturgie ou le transport de petits colis… quelques exemples de futurs champs potentiels pour le numérique déroutant

L’étude s’attache ainsi à examiner le BTP, la plasturgie, ou le transport de petits colis, autant de secteurs traditionnels qui pourraient se croire hors champ de ces nouveaux enjeux du numérique.

À l’aune de cette réflexion et de ce choix d’analyse de sa diffusion dans les entreprises, le numérique apparaît en tant que facteur de recomposition totale de la chaîne de valeur, autour d’un même schéma-type quel que soit le secteur.

L’introduction du logiciel dans la chaîne de valeur a un effet à double détente :

• Un nouvel acteur émerge et remédie à des manques diagnostiqués comme l’absence de fluidité, de visibilité dans le secteur. Le tourisme en est un exemple type avec les plateformes de réservation ;
• Dans un second temps, la plateforme capte une part croissante de la valeur au détriment des acteurs historiques du secteur, qui la nourrissent avec ses données ;
• La forme oligopolistique que revêtent ces intermédiaires est de nature à leur donner un pouvoir de marché qui leur permet d’imposer des conditions aux TPE et PME du secteur.

Trois « lignes Maginot » à dépasser

Pour comprendre les bouleversements radicaux amenés par le numérique, trois barrières conceptuelles (de fausses « lignes Maginot ») doivent être dépassées. Elles font croire aux PME concernées que le « numérique ne passera pas » alors qu’elles ne permettent pas réellement de se protéger et interdisent a fortiori d’en devenir les nouveaux champions :

• La proximité physique avec son client ne suffit pas : la qualité de service des Amazon, Price Minister, Ventes Privées et autres Cdiscount (dont quatre opérateurs français, notons-le) ont eu largement raison du libraire « si proche de son client », ou de distributeurs spécialisés en équipement de la maison ou en high-tech ;
• Les réglementations et « barrières à l’entrée » subissent la pression des consommateurs : les plateformes telles qu’Airbnb bénéficient d’une telle popularité qu’il est difficile pour les pouvoirs publics de limiter leur activité ;
• La non-délocalisation est une protection illusoire. L’hôtellerie a par nature une activité non-délocalisable. Elle a pourtant subi une profonde mutation de son modèle économique, avec l’apparition en moins de dix ans de nouveaux opérateurs Internet qui lui « déroutent » de 15 à 30 % de ses ventes en ligne, et qui sont devenus incontournables.

Saisissons-nous du « numérique déroutant » : cinq recommandations de Bpifrance

o N° 1 : Informer beaucoup plus largement les entrepreneurs sur les enjeux du numérique. C’est le rôle des fédérations professionnelles et des autres acteurs des filières, des CCI, du Conseil national du Numérique, etc.
o N° 2 : Choisir l’une des deux stratégies possibles (ou les combiner) face à la puissance des acteurs du numérique déjà en place sur certains marchés :
- Susciter et favoriser les réponses collectives aux menaces que représentent aujourd’hui les grandes plateformes numériques d’intermédiation, plateformes d’intermédiation communes portées par une collective notamment ;
- « Disrupter pour ne pas être disrupté », en encourageant la création de nouvelles PME disruptives françaises, à vocation mondiale. Les succès de Blablacar ou, en B2B, de Criteo, ou encore la dynamique de la French Tech, démontrent que cela n’a jamais été aussi faisable en France.
o N° 3 : Encourager la recherche sur les thèmes liés aux PME et à la technologie numérique, notamment en lien avec Bpifrance Le Lab.
o N° 4 : Prendre en compte, au niveau des pouvoirs pu blics et des principaux acteurs, les enjeux majeurs concernant la propriété des données, déjà au cœur des nouveaux modèles économiques. Le développement de l’économie des objets connectés renforce encore cette urgence.
Concrètement, les entreprises doivent être conscientes que leurs données sont une ressource clé dans ce nouvel univers et qu’en conserver la propriété est une priorité stratégique.
o N° 5 : Défendre, lorsque c’est pertinent en termes d’égalité des règles de concurrence ou de protection du consommateur, l’application de notre droit face aux abus caractérisés de certains des nouveaux acteurs du numérique. (Source : Etude Bpifrance Le Lab - 19 Fév 2015)

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Bilan annuel du e-commerce en France : les Français ont dépensé 57 milliards d’euros sur internet en 2014

Selon l’étude publiée le 27 janvier dernier par la Fevad et présentée à Madame Carole Delga, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire, les ventes en ligne ont poursuivi leur développement en 2014 de + 11 %, classant la France à la 3ème place du e-commerce en Europe

Carole Delga, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire,déclare : "Je souhaite que le commerce traditionnel, qui est confronté aux modifications socio-économiques et aux mutations technologiques, accède plus facilement au e-commerce. Le taux de "digitalisation" est plus faible et plus disparate au sein du commerce indépendant, mais nous voyons aussi que ce développement est une opportunité en termes de notoriété et d’augmentation de l’activité commerciale. C’est une opportunité pour transformer le magasin et s’adapter à ces changements, particulièrement peut-être en milieu rural. La valeur ajoutée des commerçants traditionnels réside dans leur implantation physique et dans la relation nouée avec le client au sein du magasin".

Le chiffre d’affaires des sites de e-commerce en hausse de +11%

Les ventes sur internet ont continué de progresser fortement en 2014, dans un contexte général de tassement de la consommation des ménages. Au total, les Français auront dépensé 57 milliards d’euros sur internet, un chiffre en hausse de 11% sur un an. Le nombre de transactions augmente quant à lui de 15%.
Ces résultats sont légèrement supérieurs aux attentes grâce à une fin d’année meilleure que prévue avec des ventes de Noël qui cette année ont atteint 11,4 milliards d’euros soit 13% de plus que l’an dernier sur la même période. Les e-commerçants ont su tirer parti de cette période d’achat exceptionnelle comme le montre l’excellent taux de satisfaction de 99% mesuré dans l’étude CSA réalisée juste après les fêtes.
La France devrait donc conserver son rang de 3ème marché e-commerce en Europe après le Royaume-Uni et juste derrière l’Allemagne (selon le classement E-Commerce Europe).
Le marché du e-commerce en France représente 9% du commerce de détail hors produits alimentaires.

La fréquence d’achat continue de progresser

De son côté, le panier moyen s’affiche toujours en baisse. Il perd ainsi -4% en un an pour atteindre 81 euros. C’est la 4ème année de baisse consécutive ; depuis 2011, il a chuté de 10%. Cette baisse est néanmoins compensée par l’arrivée de nouveaux acheteurs et par l’augmentation de la fréquence d’achats : 20 transactions en ligne sont effectuées par an et par acheteur contre 18 il y a un an.
Cette fréquence d’achat profite aussi de la progression du rythme de création de sites qui reste toujours aussi dynamique en 2014 : 20 000 sites supplémentaires ont ainsi vu le jour en un an soit une progression de 14%. La France compte aujourd’hui 157 300 sites marchands actifs.

L’indice iCE 40 progresse de 3 points sur un an

L’indice iCE 40 (qui permet de mesurer la croissance des sites leaders, à périmètre constant) progresse de +3% sur un an. Une hausse comparable à celle de l’an dernier (+4%) malgré la dégradation du contexte économique.
De manière plus spécifique, on note que les sites de ventes de produits grand public composant l’indice enregistrent une croissance de 9% (vs 6% en 2013) tirée en partie par la bonne performance des places de marché.
Les ventes internet aux professionnels progressent également de 9% sur l’année. L’année 2014 ayant marqué le retour à une croissance plus importante pour ces sites.
Les ventes en ligne du panel iCE voyage-tourisme sont en recul de 2% sur l’année 2014/2013. Cette évolution fait écho à la baisse du volume d’affaires des réservations qui s’est poursuivie au 4ème trimestre (volume d’affaires des agences de voyage -11% en octobre, -5% en novembre, 0% en décembre – Snav Atout France).

Le m-commerce et les places de marché attirent de plus en plus

L’indice iPM, destiné à mesurer le volume des ventes réalisées sur les places de marché (ventes réalisées par les sites hébergés sur les places de marché de l’iCE40), a progressé de 53% en un an. Ces ventes représentent 21% du volume d’affaires total des sites participant à l’iPM (vs 15% en 2013). Une croissance liée au fort développement de l’offre sur les places de marché.
L’indice iCM, qui mesure les ventes sur l’internet mobile (smartphones et tablettes, sites mobiles et applications hors téléchargements d’application et hors ventes sur les places de marchés) a progressé de 60% et représente 16% du volume d’affaires total des sites de l’iPM vs 10% en 2013.

Le marché devrait franchir la barre des 60 milliards en 2015

Selon les prévisions de la Fevad, les ventes sur internet devraient connaître une progression de l’ordre de 10% en 2015. Ces estimations tablent sur une nouvelle poussée de l’offre, tirée par le nombre de sites marchands ainsi que sur une nouvelle progression du nombre de cyber-acheteurs, dont les effets conjugués devraient permettre au e-commerce français de franchir la barre des 60 milliards, malgré la baisse du panier moyen qui devrait se poursuivre en 2015.

Méthodologie :
Les données collectées auprès des sites marchands correspondent aux définitions suivantes :
Indice commerce électronique (iCE) : chiffre d’affaires réalisé directement par les entreprises du panel iCE 40 sur l’internet fixe et mobile. Les sites qui éditent une market place ne comptent pas le volume d'affaires réalisé sur la market place, ni les commissions générées. Uniquement les commandes livrées en France. Tous les lieux de livraison sont retenus (y compris retraits en magasin). Il s’agit du chiffre d’affaires commandé (on considère la date de prise de commande et pas la date de livraison). Annulations, échanges et retours déduits, frais de port compris, T.T.C pour les ventes aux particuliers, HT pour les ventes aux professionnels.
Chiffre d’affaires tourisme : chiffre d’affaires France net comptable (y compris frais de dossier).
Indice place de marché (iPM) : ensemble des ventes réalisées sur la market place par les sites utilisateurs.
Indice commerce mobile (iCM): chiffre d’affaires réalisé directement par l’entreprise sur smartphones et tablettes numériques dans le cadre des sites mobiles et applications (hors téléchargements d’applications). Les sites qui éditent une market place ne comptent pas le volume d'affaires réalisé sur la market place ni les commissions générées.
Composition du panel iCE 40 : Les résultats du bilan e-commerce ont été calculés à partir du panel iCE 40 composé des sites suivants :
Accor-Hotels, Actissia, Air France, Auchan, Blanche Porte, Boulanger, Brandalley, Cdiscount, Cdiscount Pro, Club Med, Darty, Edreams, Ebookers, Fnac, Go Voyages, Bruneau, Kiabi, La Redoute, Lastminute, LDLC Pro, Legallais, Manutan, Mistergooddeal, Opodo, Pierre & Vacances, Pixmania, Pixmania Pro, Raja, Rue du commerce, Rue du Commerce Pro, Sarenza, Showroomprivé, Spartoo, Staples, Ugap, Vente-privee.com, vente-privee-voyage.com, Verbaudet, Viking Direct, Voyages-sncf.com, Yves Rocher.
Composition du panel PSP : Pour les besoins de l’étude, la Fevad interroge un panel de plateformes sécurisées de paiement, totalisant 157 300 sites : Be2bill-Rentabiliweb, Worldline,Crédit Mutuel-CIC, Monext, PayBox, Paypal, PayZen, Ingenico Payment Services.
Estimation du marché global : Le calcul de l’estimation de marché global est obtenu en agrégeant les données recueillies auprès des sites du panel iCE40 et la valeur des paiements électroniques (hors membres du panel iCE.40) communiqués par les prestataires participant au panel PSP

A propos de la Fevad :
La Fédération du e-commerce et de la vente à distance, créée en 1957, fédère aujourd'hui 590 entreprises et 800 sites internet. Elle est l’organisation représentative du secteur du commerce électronique et de la vente à distance. La Fevad a notamment pour mission de recueillir et diffuser l’information permettant l’amélioration de la connaissance du secteur et d'agir en faveur du développement durable et éthique de la vente à distance et du commerce électronique en France.

Cette étude repose à la fois sur les informations recueillies auprès des principaux sites marchands et sur le montant agrégé des transactions réalisées par les principales sociétés prestataires de paiement pour le compte de plus de 157 000 sites internet. La permanence de la méthodologie et le traitement des données ont été validés par le cabinet KPMG.
(Source : FEBAD - Janvier 2015)

transition numérique

La transition numérique au coeur de la stratégie d'entreprise

TheFamily est heureux de vous présenter sa dernière étude : LA TRANSITION NUMÉRIQUE AU COEUR DE LA STRATÉGIE D'ENTREPRISE

Ceci est le résultat de plusieurs mois d'écriture par Nicolas Colin, cofondateur et Partner de TheFamily. Réalisée par TheFamily et co-financée par le groupe Caisse des Dépôts et le groupe La Poste, l'étude est inspirée par les startups et nourrie par l’exemple des entrepreneurs de l’économie numérique.

Ce travail a également bénéficié des ressources et de l’expertise de deux grandes entreprises qui, à plusieurs moments dans l’histoire, ont joué un rôle clef dans la structuration de marchés nouveaux, l’aménagement du territoire et le développement de l’économie.

Cette étude générale est un premier volet et sera suivi par trois autres études sectorielles sur l'assurance, les transports en commun et la logistique.

Une offre plurielle 

• Un modèle de compréhension partagée de ce qu’est la transition numérique d’une filière et d’en tirer des leçons stratégiques et opérationnelles pour les entreprises en place.
• Un outil pour dépasser les directions des systèmes d’information et les directions du marketing afin d' ouvrir une discussion sur la transition numérique avec les directions financières et les directions générales.
• Les clefs pour positionner la transition numérique au coeur de la stratégie des entreprises. Nous sommes convaincus qu’ainsi, ces entreprises verront à nouveau les choses en grand et apprendront à prendre des risques et à innover plus vite.
• Un exposé général du modèle que nous utilisons à TheFamily pour analyser la transition numérique des filières.

Les Trois idées qui ont motivé le rapprochement de deux univers

• Le développement des startups est riche d’enseignements pour les entreprises en place – Nouer des liens avec des entrepreneurs est une 1ère étape dans la compréhension de la transition numérique et dans l’appréhension des menaces, comme des opportunités, pour les entreprises en place. L’éducation des grandes entreprises fait partie des missions de TheFamily.
• Le succès des entreprises en place dans la transition numérique est une condition de l’épanouissement des startups – Si les entreprises en place refusent d’affronter la transition numérique, alors cette transition va s’exercer contre elles et va servir les intérêts des entreprises les plus capitalisées issues des écosystèmes les plus dynamiques. À l’inverse, si nos grandes entreprises entament leur transition, leurs intérêts peuvent alors s’aligner avec ceux des startups locales et permettre de trouver leur place dans une filière profondément transformée.
• Enfin, les startups et les grandes entreprises ont beaucoup de choses à faire ensemble – Pour les startups, les grandes entreprises peuvent être des investisseurs, des acquéreurs, des plateformes de ressources difficiles d’accès dans les filières dont la transition commence à peine. Pour les grandes entreprises, les startups sont un gisement inépuisable de talents, de technologies numériques de pointe, de connaissance intime du marché et des consommateurs et, surtout, de la dynamique entrepreneuriale qui, dans l’économie numérique, départage les perdants et les gagnants.

Cette étude est dédiée à tous les membres des Barbares Attaquent, elle est accessible à tous, sous licence Attribution Share Alike.

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mobilité et innovation

Rapport Stratégies des entreprises pour le climat : La mobilité

EpE présente sa nouvelle publication « Stratégies des entreprises pour le climat : La mobilité », un guide sur la mobilité décarbonée à destination des entreprises et des particuliers.
Le développement mondial des transports a accompagné et accompagne encore la croissance des économies mondiales et permet le développement des territoires. Cependant, le transport pèse lourd dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, avec 14 % des émissions totales annuelles. Le secteur des transports se mobilise pour trouver des réponses qui permettent le développement social et économique, tout en luttant contre le changement climatique.

Nombre d'entreprises, notamment au sein de l'association française des Entreprises pour l'Environnement (EpE), ont travaillé dans la dernière décennie sur les solutions à apporter pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports. Ces solutions concernent aussi bien la mobilité des personnes que celle des marchandises. Dans tous les secteurs, elles travaillent à réduire les émissions, et dans le transport, elles développent des solutions dont le déploiement est placé au cœur de leurs stratégies. Ces entreprises pensent quela mobilité est à la fois un levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement social et économique des territoires. C'est pour cela que les entreprises d'EpEaméliorent chaque jour les véhicules existants, tout en inventant de nouvelles voies pour la mobilité des biens et des personnes.

Le guide « Stratégies des entreprises pour le climat : La mobilité » est issu des travaux du groupe de travail « Mobilité dans la ville durable » d'EpE, conduits entre 2012 et 2014. Présidé par Patrice-Henry Duchêne, Délégué au Développement Durable de PSA Peugeot Citroën, ce groupe regroupe les représentants des entreprises membres d'EpE issus de tous les secteurs de la mobilité, aérien, ferroviaire ou terrestre, véhicules ou équipements, énergies ou services, qui ont partagé leurs expériences et leurs réflexions. Pour favoriser un débat constructif sur le sujet, des experts externes, du monde scientifique et associatif, les pouvoirs publics et des consultants, ont été invités ponctuellement à intervenir et dialoguer avec les membres d'EpE.

Cette publication en trois parties est destinée aux entreprises qui souhaitent intégrer au mieux la question du changement climatique dans leur prise en compte de la mobilité de leurs clients, de leurs salariés et des marchandises. Par ailleurs, elle s'adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du transport, proposées par les entreprises membres d'EpE.

Pierre-André de Chalendar, Président d'EpE, Président-Directeur Général de Saint-Gobain, déclare :
« Comment imaginer atteindre les objectifs préconisés par le GIEC sans diminuer les émissions dues au transport ? Comment imaginer réduire ces émissions sans renoncer à notre développement et à unemobilité devenue une composante essentielle des progrès de l'humanité ?
Les entreprises membres d'EpE ont compris cet enjeu. Dans tous les secteurs, elles travaillent à réduire les émissions, et, dans le transport, elles développent des solutions dont le déploiement est placé aucœur de leurs stratégies. Ces entreprises pensent que la mobilité est à la fois un levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement social et économique des territoires. »

La publication « Stratégies des entreprises pour le climat : La mobilité » est divisée en trois grands chapitres illustrés par des cas concrets issus des pratiques des membres d'EpE.

Le chapitre 1, intitulé « Mobilité et changement climatique : les enjeux », précise le lien entre changement climatique et mobilité et rappelle les enjeux en quelques chiffres en informations clés. On y découvre que les émissions de gaz à effet de serre du secteur sont en constante progression, en forte corrélation avec la croissance mondiale.
Les acteurs du transport se mobilisent donc pour trouver les solutions techniques et organisationnelles qui permettront de réduire fortement les émissions du secteur et contribuer ainsi à la réussite des objectifs mondiaux de limitation du changement climatique.

Le chapitre 2, intitulé « Réinventer les véhicules et les énergies », montre que les entreprises travaillent depuis de nombreuses années sur la performance des véhicules. Les voies explorées sont nombreuses, et il devient aujourd'hui possible de produire des véhicules dont les émissions de gaz à effet de serre sont minimes. Ces progrès concernent tous les modes de transport : voitures, motos, avions, trains, bateaux, etc.
Ce chapitre fait également la revue des motorisations et énergies qui feront avancer nos véhicules dans le futur. Des énergies moins émettrices sont déjà disponibles ou en cours de l'être à un coût acceptable dans les prochaines années : biocarburants, gaz liquéfiés, électricité, pile à combustible.
Enfin, on s'interroge sur ce que sera la voiture dans un futur proche et à moyen terme. Alors que le gouvernement français mobilise l'ensemble de la filière automobile française sur la voiture à 2L/100km, les géants des technologies s'intéressent de plus en plus à ce marché et développent des véhicules hyper-connectés, voire complètement autonomes.

Le chapitre 3, intitulé « Inventer les modèles économiques de la mobilité bas-carbone », explore alors les conséquences du changement climatique sur la mobilité des biens et des personnes.
Les entreprises inventent de nouveaux modèles de déplacement, tels que le covoiturage, l'autopartage ou la logistique inversée.
Pour répondre au défi du changement climatique, les transporteurs comme les chargeurs repensent les transports de marchandises pour les inscrire dans une trajectoire bas-carbone. Cela passe d'abord par l'optimisation logistique des flux, mais aussi par le choix du mode de transport le moins émetteur quand cela est possible du point de vue opérationnel.

À propos d'EpE
Entreprises pour l'Environnement (EpE) rassemble une quarantaine de grandes entreprises qui partagent la vision de l'environnement comme source de progrès et d'opportunités et travaillent ensemble à mieux le prendre en compte dans leurs stratégies et leur gestion.

Lire le rapport

Lobbying : où se situe la France ?

Transparence, équité, intégrité du lobbying en France : un état des lieux inédit montre que nos pratiques ne sont pas encore à la hauteur

Pour la première fois, Transparency International France rend public un état des lieux complet sur le lobbying en France.
A travers une analyse historique, sociopolitique et juridique, cette étude permet également de mieux comprendre les raisons des réticences françaises à reconnaître la réalité du lobbying et à prendre des mesures pour l’encadrer.

A ce jour, l’encadrement des relations entre décideurs publics et représentants d’intérêts est quasiment inexistant en France, à l’exception notable de l’Assemblée nationale. Alors que les budgets et moyens consacrés au lobbying sont croissants, que celui-ci intervient à tous les stades des processus de décision et à tous les niveaux (européen, national, local), Transparency France appelle le Gouvernement, les collectivités locales, le Parlement et l’ensemble des lieux de la décision publique à se doter de règles ambitieuses tant à destination des représentants d’intérêts que des décideurs publics. Ces règles doivent permettre de favoriser la transparence, l’intégrité et l’équité d’accès des acteurs de la société aux décideurs publics et préserver ainsi l’intérêt général.

Transparency France publie une nouvelle étude intitulée Transparence et intégrité du lobbying, un enjeu de démocratie – État des lieux citoyen sur le lobbying en France, volet français d’un projet financé par la Commission européenne, conduit parallèlement dans 19 pays européens. Depuis six ans, Transparency International France s’efforce en effet de documenter et d’analyser les enjeux et pratiques du lobbying, dans le secteur public comme dans le secteur privé, afin de nourrir le débat démocratique par des éléments objectifs.

Une question souvent traitée de manière restrictive

Alors que la question du lobbying est souvent traitée de manière restrictive en se limitant aux seuls lobbyistes ou, pour les instances publiques, au seul Parlement et à la création d’un registre et de badges d’accès, ce rapport rassemble un ensemble de données pour fournir aux citoyens un état des lieux global sur le lobbying en France.

Suivant une méthodologie commune aux 19 pays participants, cette étude évalue la réglementation nationale au regard des principes de traçabilité de la décision publique, d’intégrité des pratiques des lobbyistes et des décideurs publics et d’équité d'accès aux processus de décision publique. Pour chacun de ces principes, l’association formule des recommandations précises.

A travers une analyse de la situation historique, sociopolitique et juridique nationale, cette étude permet également de mieux comprendre les raisons des réticences françaises à reconnaître la réalité du lobbying et à prendre des mesures pour l’encadrer.

Études de cas et valorisation des bonnes pratiques

Enfin, trois études de cas illustrent les dérives potentielles d’un lobbying non régulé et les risques qu’elles représentent pour la société : lobbying exercé autour de la loi de séparation des activités bancaires, pratiques de lobbying dans le secteur du tabac, lobbying autour du Mediator. Afin de valoriser les meilleures pratiques, le rapport présente aussi des exemples d’initiatives prometteuses comme le fait d’inscrire le lobbying dans les politiques de responsabilité sociétale.

Au cours des six dernières années, Transparency France a pu en effet constater que les représentants d’intérêts, en particulier les entreprises, prennent de plus en plus conscience de la nécessité de réformer leurs pratiques de lobbying vers plus de transparence. A l’inverse, les décideurs publics, à quelques rares exceptions, peinent à se doter de règles pour eux-mêmes alors même que leur mandat s’effectue sur fonds publics, au nom des citoyens et de l’intérêt général.

Créer les conditions de la confiance des citoyens dans la décision publique

Comme le souligne Anne-Marie Ducroux, administratrice de Transparency International France, « dans un contexte de fortes tensions sur les budgets publics, de confiance dégradée envers les décideurs publics et les acteurs économiques, il est aujourd'hui essentiel de clarifier les relations entre décideurs publics et représentants d’intérêts dans l’ensemble des lieux où se forgent les décisions publiques (Élysée, ministères, administrations centrales, autorités publiques indépendantes, collectivité locales…). »

Transparency France appelle à l’adoption par toutes ces institutions de règles ambitieuses tant pour les représentants d'intérêts que pour les décideurs publics. L’enjeu est de prévenir des décisions répondant plus à des intérêts particuliers qu’à l’intérêt général et ainsi créer les conditions de la confiance des citoyens dans la décision publique nécessaire à un bon fonctionnement démocratique.

Une étude européenne, compilant et comparant les résultats des 19 études nationales, sera publiée début 2015 par le secrétariat international de Transparency International.

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