UP' Magazine L'innovation pour défi

La poésie des machines de Zim & Zou

Ils fabriquent des smartphones, des caméras, des usines…
Mais aussi des animaux sauvages, des paysages oniriques.
Creative Factory est une fabrique d’innovations unique en son genre car ses productions sont en papier.

A leur tête, deux jeunes artistes/poètes/graphistes/designers français : Zim & Zou (de leurs vrais noms, Lucie Thomas and Thibault Zimmerman). Ils ont installé leur usine à rêves à Nancy et y produisent de fragiles objets qui font aujourd’hui le tour de la planète.

Dans un monde où les objets en plus d’être connectés sont industrialisés, fabriqués en nombre, dispersés sous toutes les latitudes, il est bon de s’arrêter un instant et de les confronter au geste gratuit, au temps minutieux, à l’imperfection propre et nécessaire à la création manuelle. Industrie contre poésie ou jeu de miroirs entre notre quotidien et nos rêves.

Avec des ciseaux, du papier et de la colle, Zim & Zou enchantent notre imagination et séduisent le monde ; ils participent à plusieurs expositions internationales et Hermès leur a demandé d’habiller ses vitrines dans les plus grandes villes du monde.

 

 

Leur installation « Creative Factory » est présentée au 60e Salon de Montrouge, jusqu’au 3 juin.

Site : http://www.zimandzou.fr/

arts et culture

Séminaire Artistes et scientifiques au code à coude

Séminaire artistique "Artistes et scientifiques, au code à coude" le mercredi 6 Mai de 9h30 à 18h au Cube

Partenariat, collaboration, co-création, coproduction, résidence, groupe artistique... Autant de termes qui caractérisent les rapports entre les différents intervenants de l’art contemporain qui recourt aux théories scientifiques ou aux technologies du numérique. Pourtant, le cadre est souvent flou et les relations plus consensuelles que contractuelles. Le moteur est la motivation, avec le désir d’avancer ou de mener à terme, ensemble, un projet valorisant. Il n’y a pas besoin de cadre pour l’envie.

Mais un tel projet est nécessairement de grande ampleur. Sur la durée, la participation et le degré d’implication sont instables et peuvent se déséquilibrer. Les temps et les échéances diffèrent. Le vocabulaire et la perception du rendu divergent tandis que les rôles et les droits d’auteur se mélangent. Les ambitions et les difficultés s’amplifient. Il faut un cadre pour la réussite.

Et c’est ce cadre méthodologique, humain et juridique qui sera présenté dans ce séminaire organisé autour de retours d’expérience multiples, que ce soit au niveau de la conception, que de la production.

Intervenants :
- Anne Caldin : responsable du service Culture et Patrimoine et de la section Image-Etudes. INSA de Rouen
- Jean-Marc Chomaz : chercheur et artiste, co-fondateur du collectif d’artistes LABOFACTORY, co-fondateur de La Diagonale Paris Saclay. Laboratoire LADHYX /CNRS. Ecole Polytechnique.
- Pierre Gioux : avocat au barreau de Paris, spécialisé en droit de la propriété intellectuelle et en droit des nouvelles technologies de l’information.
- Carine Le Malet : responsable de la programmation artistique, Le Cube.
- Claire Leroux : directrice de l’exploratoire ARNUM. ESIEA, membre de l’Association Internationale des critiques d’art.
- Nicolas Rosette : directeur-adjoint du théâtre Les Ateliers (Lyon), directeur du Développement et de la Recherche du TNG, CDN de Lyon, président de Gamelab Agency et curateur.
Séminaire conçu et animé par Claire Leroux, en partenariat avec Le Cube

Inscription gratuite en ligne obligatoire
Un déjeuner est proposé aux participants, paiement en ligne lors de l'inscription (12€).

Lieu : Le Cube - 20 cours Saint Vincent / 92130 Issy-les-Moulineaux

www.lecube.com

Photo : Travail de Nicolas Maigret et Nicolas Montgermont. Leur travail se nourrit des avant-gardes historiques et d’expérimentations artistiques et scientifiques.

arts et culture

"Simple Forms: Contemplating Beauty" au Mori Art Museum, Tokyo

En 2014, la Fondation d’entreprise Hermès s’associait au Centre Pompidou-Metz en tant que mécène et coproducteur de l’exposition thématique « Formes simples ». Le succès public et critique suscité par sa présentation a donné le désir de prolonger cet engagement commun par une association au Mori Art Museum de Tokyo. Le 25 avril 2015, l’exposition ouvrira ainsi ses portes au Japon dans une nouvelle version repensée à travers le prisme de la culture orientale.

Photo : Susanna Fritscher,Souffle, 2014 - Cristal, L: 76cm, diam: 35cm
Commande de la Fondation d'entreprise Hermès dans le cadre de l’exposition « Formes Simples », réalisée avec les cristalleries Saint-Louis. © Susanna Fritscher

Sous la direction de Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo à Paris, et de Nanjo Fumio, directeur du Mori Art Museum, l’exposition « Simple Forms: Contemplating Beauty » met en scène, dans la continuité de sa présentation au Centre Pompidou-Metz, la fascination ancestrale de l’homme pour les formes simples jusqu'au 5 juillet 2015. Éminemment poétique, l’exposition réunit des chefs-d’œuvre de l’art moderne et des objets d’art et d’architecture, les confrontant à leurs ancêtres archaïques, à des pièces mécaniques ou à des éléments façonnés par la nature.

Historiquement fondée par un regard sur l’importance de ces formes pour l’émergence de la modernité, l’exposition, dans sa présentation nippone, s’enrichit d’une résonnance évidente avec la tradition orientale. Par la célébration de la lune, la primauté de l’épure ou l’influence de la culture zen, l’exposition « Formes simples » trouve une résonance évidente au Japon où les formes universelles n’ont pas manqué à travers les âges.
Au Mori Art Museum, qui accueille le projet à l’occasion de sa réouverture, elle inclut des pièces emblématiques de la culture nippone comme des représentations de l’Ensō par Sengai, des bols à thé de style Raku créés par le maître céramiste Chōjirō ou encore des plateaux de laque utilisés pendant le rituel du Shuni-e au sein du temple Tōdai-ji de Nara. Des œuvres signées par des artistes contemporains japonais étoffent cette exposition transversale qui célèbre l’universalité de formes essentielles.

Reflet de la fascination ancestrale de l’homme pour ces formes pures ayant inspiré la modernité, « Simple Forms: Contemplating Beauty » présente ainsi, en neuf sections, 130 pièces issues du monde entier, du quatrième millénaire avant notre ère à aujourd’hui. Cette exposition permet au public nippon de découvrir pour la première fois un certain nombre d’entre elles provenant de grandes collections françaises, qu’il s’agisse de chefs-d’œuvre de cultures archaïques ou de l’art moderne, d’objets mathématiques et mécaniques ou encore de formes simplement modelées par la nature.

« Simple Forms: Contemplating Beauty » présente également pour la première fois au Japon plusieurs chefs-d’œuvre de l’art moderne réalisés par Arp, Brancusi, BrassaÏ ou Matisse. Des œuvres signées par des artistes contemporains, pour certaines produites pour l’occasion – ainsi des pièces inédites imaginées par Susanna Fritscher et Emmanuel Saulnier – complètent cette exposition transversale, célébration essentielle de la beauté universelle des formes simples.

Commissaires : Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo à Paris, et Nanjo Fumio, directeur du Mori Art Museum. Commissaires associés : Sandra Adam-Couralet, commissaire indépendante, Tsubaki Reiko, Mori Art Museum.

« Simple Forms: Contemplating Beauty » du 25 avril au 5 juillet 2015 au Mori Art Museum Tokyo - 53F Roppongi Hills Mori Tower, 6-10-1 Roppongi, Minato-ku,
Tokyo, Japan

Redécouvrir l'exposition "Formes simples" au Centre Pompidou Metz

 

arts et culture

Jean-Paul Gaultier

L'exposition Jean-Paul Gaultier, qui a déjà attiré plus d'un millier de visiteurs à New York, Montréal et Londres, ouvre ses portes mercredi 1er avril 2015 au Grand Palais à Paris. Pour nous faire partager les sources d’inspiration du créateur, qu’elles viennent des différentes cultures du monde, de l’exploration des frontières entre les sexes, ou de son regard sur les tendances de la rue, cette exposition résume 35 ans de création avant-gardiste du couturier. Cette exposition, que Gaultier considère comme son plus grand défilé, est une création à part entière et non une rétrospective.

UP' Magazine était à la soirée d'inauguration ce 31 mars.

Des photos, des croquis, des portraits, des vidéos, mais aussi des documents très personnels pour la plupart jamais exposés. Au total, 175 pièces, de 1970 à nos jours, dont les plus iconiques sont à découvrir sur place, au plus près de Jean Paul Gaultier, à l'exposition rétrospective qui investit à partir de ce mercredi 1er avril et jusqu'au 3 août 2015 le Grand Palais. Exposition lancée en 2011 par le Musée des Beaux-Arts de Montréal, initiée par Nathalie Bondil, directrice et conservatrice du Musée et par Thierry Maxime Loriot, son conservateur, qui connaît un succès sans précédent. 

Mais aussi des surprises : grâce à un dispositif ingénieux, une trentaine de mannequins de l'exposition est animé, notamment celui de Jean Paul Gaultier en marinière qui s'est prêté au jeu du moulage et des captations vidéo : les yeux et les lèvres bougent et parlent grâce à système de projection vidéo, conçu par le scénographe Denis Marleau et Stéphanie Jasmin de la compagnie canadienne UBU. "Je trouvais qu'on montrait toujours une image "sois belle et tais toi". Je voulais montrer que la femme était forte et avait des idées", explique Jean Paul Gaultier. Les mannequins récitent des vers de Prévert, des pensées de Barthes ou chantent du Dalida,...

Dans une autre pièce, un podium de défilé a été reconstitué où les modèles sont annoncés par la voix de Catherine Deneuve.

Pour Nathalie Bondil, directrice du Musée des Beaux-Arts de Montréal, il ne s'agit "pas simplement d'une exposition de Haute Couture ou de mode", mais de soutenir un " message très fort : l'univers de Jean Paul Gaultier est un univers de tolérance, contre tous les stéréotypes, et multiculturel".

 

 

"L'enfant terrible de la mode"

Dénommé ainsi par la presse dès ses premiers défilés dans les années 1970, Jean-Paul Gaultier est incontestablement l'un des créateurs les plus importants de ces dernières décennies.

 

 

 

 

 

Dans ses collections, Gaultier interroge les concepts du genre, de nudité et d'érotisme. Le corps - qu'il considère comme son principal outil, sa base de travail - est pour lui source inépuisable d'inspiration. Son imagination débridée et sa profonde liberté le conduisent à transformer les matières, qui se changent alors en seconde peau. Il explore les possibilités du trompe-l'oeil, notamment sans ses modèles "tatouages" tissés ou imprimés sur un tulle élastique. Parfois, le vêtement dévoile ou souligne ostensiblement ce qu'il devrait dissimuler.

 

 


Tout en jouant sur l'illusion de la nudité, Jean-Paul Gaultier bouleverse les codes esthétiques en travaillant des matières peu utilisées par le prêt-à-porter et la haute couture. L'univers qu'il propose est émaillé de pièces qui font référence à des pratiques telles que le bondage, la domination, la soumission. Ses créations intègrent le latex, le cuir, la résille, les harnais et autres éléments associés au sadomasochisme, qui passent ainsi du sexshop au podium grâce au couturier qui revendique crânement le droit à la différence.
Proposant des vêtements hypersexués qui évoquent des univers à la fois romantique et fétichiste, Jean-Paul Gaultier habille les nouvelles amazones, élégantes et provocantes certes mais jamais vulgaires. Son style subversif va influencer la mode contemporaine mais aussi toute une génération de créateurs - de Gianni Versace à Tom Ford. Gaultier maintient en effet cette tendance alors qu'il dirige la création du prêt-à-porter femme d'Hermès de 2003 à 2010.

Tout petit, Gaultier est fasciné par le charme suranné des corsets. Dès les années 1960, le témoin privilégié des premiers élans créatifs de l'enfant terrible, c'est Nana, son ours en peluche. Comme l'explique Gaultier : "Dès mon jeune âge, j'ai expérimenté diverses facettes de la création. J'ai fabriqué mes premiers seins coniques avec du papier journal sur mon ours Nana. J'ai pris chez ma geand-mère un napperon circulaire, au milieu duquel j'ai découpé un rond pour faire une jupe à mon ours. Sans le savoir, j'ai ainsi fait une coupe en biais !"
Ainsi, en travaillant les corsets du début du XXè siècle et les guêpières des années 1940 exhumés des placards de sa grand-mère, Gaultier parvient à réinventer des classiques. De cet exercice naissent notamment le fameux soutien-gorge à seins coniques et les sous-vêtements portés sur les vêtements. Dans la garde-robe de la femme moderne, les robes-corsets symbolisent non pas la soumission et l'emprisonnement, mais le pouvoir et la sensualité.
Pour certains, les femmes corsetées de Gaultier apparaissent comme une négation des luttes féministes des années 1960 et 1970, mais en réalité, le couturier provoque plutôt une libération post-féministe au chapitre de l'apparence. De nombreuses vedettes portent diverses déclinaisons de ses corsets aux bonnets à surpiqûres concentriques dont Madonna pendant sa fameuse tournée mondiale Blond Ambition en 1990.

Loin d'être un instrument de torture enfermant le corps féminin, les corsets de Gaultier se veulent l'équivalent du veston chez les hommes. Ils permettent également aux hommes de renouer avec l'usage qu'en faisaient les dandys et les militaires anglais du XIXè siècle, c'est-à-dire pour accroître leur force et leur endurance.

Les muses...

Dès ses débuts, l'enfant terrible est attiré par les beautés non classiques. Balayant les critères et les codes définis par la mode et la société, il crée un nouvel idéal, faisant fi de la corpulence, de la couleur de peau, de l'âge, du genre et de l'orientation sexuelle. Gaultier se distingue par son rapport à la différence qu'il accueille avec bonheur. Par le choix de ses mannequins et de ses muses, il contribue à l'ouverture des critères de beauté, offrant une mode inclusive où tous sont les bienvenus. Il est le premier à travailler avec des mannequins androgynes tels que Teri Toye, premier mannequin transgenre des années 1980, la québécoise Eve Salvail, avec son crâne rasé et tatoué, ... Peu soucieux des conventions, il organise pour ses défilés des castings sauvages qui viennent compléter la sélection des agences professionnelles.
En septembre 1992, un défilé rétrospectif est présenté à Los Angeles, au profit de la recherche contre le sida (amfAR). De nombreuses célébrités présentent une centaine de modèles aux 6300 spectateurs présents !

Ce qui fascine le couturier, ce sont les mélanges atypiques : rencontre du monde de la mode et d'autres univers du spectacle, à savoir le cinéma, la télévision, la musique et la danse, dans un registre tant populaire qu'avant-gardiste. Enfant, le petit écran est la principale fenêtre culturelle de Jean-Paul Gaultier qui se passionne déjà pour le cinéma et le music-hall. La mode ? Elle ne l'intéresse que parce qu'elle autorise le spectacle : pour lui, un défilé est une sorte de tribunal visant à prouver que ses vêtements peuvent être portés.

Sa vision futuriste de la mode se manifeste dans les costumes qu'il crée pour le cinéma et la scène. De nombreux réalisateurs sont attirés par son vocabulaire unique, riche d'influence venues tant de la musique que du cinéma, toutes époques confondues, tels que Luc Besson, Pedro Almodovar, Peter Greenaway, Marc Caro et Jean Pierre Jeunet,...
Gaultier collabora également avec des chorégraphes de danse contemporaine tels que Karol Armitage, Maurice Béjart, Régine Chopinot, Angelin Preljocap,... mais aussi avec des stars de la pop française et internationale, notamment Boy George, Arielle Dombasle, Yvette Horner, Mylène Farmer, Nirvana, Depeche Mode, Niagara, Rita Mitsouko, Tina Turner, et Lady Gaga.

Exposition jusqu'au 3 août 2015 au Grand Palais, Galeries nationales – 3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris 

Photo illustration principale : Pierre et Gilles, Jean Paul Gaultier, 1990. Designed specially to illustrate the cover of the autobiographical photo novel ''À Nous Deux la mode''. Painted photograph, framed by the artists 112 x 92 cm (framed). Private collection, Paris. Photo © Pierre et Gilles/Rainer Torrado.

Photos UP' Magazine 2015

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