UP' Magazine Le magazine de l'innovation et de l'économie créative

Paris HIP HOP 2014

Du 22 juin au 6 juillet 2014, 400 artistes, 40 événements reviennent investir Paris et la région Ile de France pour quinze jours de partage autour de la culture Hip Hop.

(Photo ©Agat films & Cie)

Le festival Paris Hip Hop, créé en 1985 et organisé par Hip Hop Citoyens, s’est imposé comme l'un des événements majeurs du Hip Hop en France afin de proposer aux Franciliens un événement symbolique et fédérateur fort autour du hip hop, de ses disciplines artistiques et de ses acteurs amateurs comme professionnels.
Il propose chaque année une série d’événements représentatifs de toutes les expressions artistiques de la culture hip hop (rap, djing, graffiti, danse, cinéma...) dans toute l’Ile-de-France (Zénith de Paris, La Gaîté Lyrique, LaPlage de Glazart, les Berges de Seine, La Maison des métallos, Sevran, Ivry-sur-Seine, Aubervilliers, Clichy-sous-Bois, Clichy-la-Garenne, Saint Ouen...).

Les premiers noms !

Depuis 2006, la Quinzaine du Hip Hop fait dialoguer les différentes disciplines de cette culture, en programmant des artistes de renommée mondiale, au même titre que des artistes indépendants émergents de la scène française. L'édition 2014 vous réserve de belles surprises !

Premier avant-goût de la programmation :

- DILATED PEOPLES
29 JUIN - LAPLAGE DE GLAZART SETH GUEKO
26 JUIN - CABARET SAUVAGE SCRED CONNEXION
27 JUIN - HANGAR (94)

- DEEN BURBIGO
2 JUIL - LAPLAGE DE GLAZART A2H
2 JUIL - LAPLAGE DE GLAZART SET & MATCH
2 JUIL - LAPLAGE DE GLAZART

- KENYON
27 JUIN - CAFE LA PECHE (93) GAÏDEN & YOSHI
27 JUIN - CAFE LA PECHE (93) ESPIIEM
2 JUIL - LAPLAGE DE GLAZART

- PHASES CAHÉES (en 1ère partie)
29 JUIN - LAPLAGE DE GLAZART VALD
26 JUIN - CABARET SAUVAGE FEINI X CREW
27 JUIN - CAFE LA PECHE (93)

- JAZZEFFIQ
(WARM UP + DJ SET)
29 JUIN - LAPLAGE DE GLAZART

Et aussi...

- PARIS DANSE HIP HOP
23 JUIN - CASINO DE PARIS BEATDANCE CONTEST
28 JUIN - GAITE LYRIQUE FINALE EOW FRANCE
21 JUIN - BERGES DE SEINE

- PARIS HIP HOP CAMPUS
ATELIERS // CONFÉRENCES :
22 JUIN AU 6 JUILLET PARIS HIP HOP CINEMA
PROJECTIONS // DEBATS
22 JUIN - 6 JUILLET GRAFFITIZM
EXPOS // PERFORMANCES
28/29 JUIN - MANTES LA VILLE

- FESTIVAL ALL ACCESS - CONCERT / DANSE / GRAFFITI :  5 JUIL - ETAMPES (91)

- STREET ART FESTIVAL - 21/22 JUIN - SEVRAN (93)

Ouverture billeterie : MARDI 8 AVRIL/ 10h dans les points de vente habituels (Paris-hiphop.com, Fnac, Digitick, Ticketnet, Carrefour...) pour réserver les premiers billets.

Si vous êtes passionnés par la culture HIP HOP, vous pouvez rejoindre l'équipe de bénévoles pour la période du festival : télécharger le formulaire sur le site www.paris-hiphop.com et renvoyez-le à l’adresse suivante : benevole[at]paris-hiphop.com

www.paris-hiphop.com
www.hiphopcitoyens.com

Bill Viola au Grand Palais

"Going Forth By Day " - "First Light"(panneau 5) - installation vidéo sonore, cycle de cinq projections, 36 minutes. Performeurs : Weba Garretson, John Hay / Collection Pinault / Photo : Kira Perov.

Touchée jusqu’au fond du cœur ! Mais pas coulée, à la différence de certains personnages mis en scène par Bill Viola dans ses vidéos. Si je me permets ce trait d’esprit, c’est que l’eau tient un rôle fondamental dans la plupart des œuvres exposées (et remarquablement bien présentées) au Grand Palais.

"Ascension" 2000 - Installation vidéo sonore, 10 minutes - Performeur : Josh Coxx / Bill Viola Studio, Long Beach, Etats Unis / Photo : Kira Perov

L’eau placentaire, les fluides corporels, l’eau qui consacre, l’eau régénératrice, l’eau qui coule, celle d’une rivière ou l’eau plate d’un lac, l’eau qui s’échappe comme la vie, l’eau salvatrice d’où l’on renaît ; l’eau est la pierre angulaire de l’artiste. Il la prend comme vecteur pour nous parler du cycle de la vie et nous affirmer que mourir n’est qu’un passage (Ascension : un personnage plonge dans des abysses marins et son âme remonte, portée en gloire par des millions de bulles).

D’entrée de jeu, ("Nine Attempts to Achieve Immortality" , oeuvre que l’on pourrait  aussi intituler : l’expérimentation du dernier souffle.), Viola se prend lui-même pour sujet afin de mieux observer la mort et ce, à la manière d’un entomologiste.
Pour lui, elle est grave mais elle n’est pas sombre. Elle serait même presque douce et d’une lenteur délicieuse si l’on avait la sagesse de savourer la vie jusqu’à la dernière goutte sans redouter de franchir l’ultime porte. Car notre âme poursuivra son chemin vers on ne sait quelle résurrection, à en croire Bill Viola qui fait ici œuvre d’espérance.

"Nine Attempts to Achieve Immortality" - 1996 - Installation vidéo sonore, projection sur écran suspendu 18mn, 16 secondes /  Autoportrait / Bill Viola Studio, Long Beach, Etats Unis.

Pour le démontrer, il filme le temps qui s’écoule (lui aussi, lui, surtout) en nous entraînant vers notre finitude terrestre, d’une manière quasi imperceptible. Il semble vouloir capter sur des visages ou sur des corps aux mouvements ralentis à l’extrême les infimes manifestations de cette lente et inexorable dégradation de nos cellules internes qui se produit sans que nous en soyons véritablement conscients. ("The Dreamers". Personnages ophéliens noyés sous les eaux dont les remous déforment les visages.)

" The Dreamers" (détail) 2013 - Installation vidéo sonore, sept écrans plasma verticaux , quatre canaux stéréo, en continu. Performeuse : Madison Corn / Collection Pinault / Photo : Kira Perov.

Un tel ralentissement des images nous amène dans un autre espace-temps. Le fait de s’y trouver nous rappelle d’une part, que notre matière, atomes de carbone et acides aminés, est celle de l’Univers et que lorsqu’elle s’y dispersera, nous serons aussi infinis que lui. D’autre-part, que le temps perçu n’est que relatif.

À cet effet, Bill Viola compose des « tableaux » à la façon d’un Rembrandt  ou d’un Vermeer,("The quintet of the astonished"), en reliant de cette façon le passé au présent mais, avant tout, au futur car ses personnages sont mus par des mouvements à peine captables qui vont changer le cours des choses en changeant la composition de la scène. On est alors en droit de penser que ce phénomène évolutif se reproduira ad vitam aeternam et que la mort n’existe décidément pas.

Une de ses installations, "Going forth by day", celle qui m’a le plus émue, en est la preuve parfaite. Elle est faite de cinq vidéos projetées dans une grande salle rectangulaire.
Sur le mur de gauche, on voit des êtres humains en tenue de ville qui marchent d’un pas tranquille à travers bois, vers une destination inconnue, sans manifester d’émotion particulière ni la plus petite angoisse. Ils se succèdent, c’est tout ; comme se succèdent les générations. C’est l’humanité qui passe et qui, à peine passée, est déjà anonyme.
Bien sûr, nous savons qu’ils marchent vers la mort mais si nous ne l’avions pas encore compris ; la vidéo suivante, sur le mur du fond, nous le ferait encore mieux entendre.
Nous nous retrouvons face à une maison de style Victorien qui crache par portes et fenêtres des cascades d’eau (magnifique prise de vue). Elle perd les eaux à proprement parler comme une parturiente.  Pourtant si l’on pense, dans un premier temps à  une naissance, on ne peut s’empêcher de songer à la mort qui l’accompagne en corollaire. Alors, ne serait-ce pas plutôt la vie qui s’échappe à gros bouillons de cette maison-corps ?  Sentiment renforcé et, par le spectacle, une fois les eaux calmées, d’héritiers (?) qui débarrassent la dite maison de ses objets intimes et par le tableau suivant.

Il présente une maison sans paroi, posée sur un promontoire au-dessus d’une étendue d’eau. Elle laisse apercevoir un vieil homme qui se meurt lentement dans son lit, d’une agonie douce et comme pleinement vécue. Pendant ce temps, une barge est arrivée sur la rive du lac et quelques personnages commencent à la charger du mobilier du futur défunt.

"Going Forth By Day " (Détail) - 2002 "The Deluge" (panneau 3), installation vidéo sonore, cycle de cinq projections, 36 minutes / Collection Pinault / Photo : Kira Perov.

C’est le passage du Styx. Ce sont les meubles qu’emmène Pharaon pour sa résurrection dans sa demeure éternelle. Et les ordonnateurs de cette résurrection se trouvent dans le dernier tableau.

Bill Viola filme des ouvriers en tenue de chantier, au repos, au bord d’une mare, après un travail de fouille ou d’égoutier. La pluie les surprend, une pluie drue, épaisse qui tombe en cataractes (cela nous rappelle les trombes d’eau qui sortent de la maison) et les fait fuir, aveuglés  par l’eau sans doute mais peut-être, aussi, par la crainte de voir en face le Mystère. Pauvres humains dont les travaux de terrassement ont ouvert la voie mais qui fuient si précipitamment, qu’ils n’assistent pas au miracle qui se produit derrière eux.
Un corps jeune, arqué de vie, s’expulse de la flaque à toute vitesse et on se prend à espérer que c’est l’âme du vieil homme qui vient de renaître et de se réincarner.

Voilà pour cette installation. Mais, il ne faut oublier de signaler les autres œuvres qu’il faut absolument voir et les bandes sons qui sont remarquables. Quant à la qualité photographique de ces vidéos,  elle est tout simplement époustouflante. C’est une chance de voir cette superbe rétrospective et je vous engage à ne la rater sous aucun prétexte. Prenez quand même deux bonnes heures pour ne rien laisser passer. N’oubliez pas que Bill Viola étire le temps !

© Affiche de la réunion des musées nationaux - Grand Palais Paris 2014

Claude Cehes, Sculpteur - Grand Reporter UP' Magazine

Exposition au Grand Palais. Galeries Nationales. Jusqu'au 21 juillet 2014.

Appel à projets Résidences de photoquai 2014/ musée du quai Branly

Le musée du quai Branly lance un nouvel appel à projet pour son programme d’aide à la création photographique : LES RESIDENCES DE PHOTOQUAI.

Doté d’un montant de 15.000€, cette aide doit permettre aux artistes sélectionnés de mener à bien un projet spécifique en phase avec leurs recherches et leur production actuelle.

Cette bourse couvre aussi bien les droits d’auteur rémunérant le travail des lauréats, que les dépenses liées aux frais de la résidence dans le pays ou la zone géographique qu’ils ont choisis. Les projets développés doivent se situer dans la continuité d’une carrière artistique personnelle.
Le but du programme est de montrer l’Ailleurs vu de l’Ailleurs, à l’occasion d’un projet cohérent avec les précédentes séries réalisées par l’Auteur. L’Ailleurs peut être un thème, un pays, un peuple, un objet, un passé révolu, ou encore les collections du musée et du Pavillon des Sessions, antenne du musée du quai Branly au Louvre.
L’enjeu artistique de chaque projet sera d’abord photographique et esthétique, au-delà des aspects documentaires ou ethnographiques.

Les dossiers de candidature seront étudiés par un jury de présélection interne au musée du quai Branly. Un jury de sélection définitive rassemblera en juillet 2014 des professionnels de la photographie internationale, internes et externes au musée du quai Branly.
L'annonce des 3 lauréats sélectionnés sera réalisée directement à la suite du comité de sélection définitive, soit à la mi-juillet 2014.
Date limite d’inscription : 31 mai 2014 

Dossier complet à télécharger sur www.photoquai.fr et également sur le site du musée : www.quaibranly.fr/fr/actualites/les-residences-de-photoquai.html

Riche d’une collection de plus de 700.000 photographies et portant une attention toute particulière à la création contemporaine extra-européenne, ce programme d’aide à la création artistique du musée du quai Branly, intitulé LES RESIDENCES DE PHOTOQUAI, est étroitement lié à la biennale des images du monde, PHOTOQUAI (www.photoquai.fr).

Depuis sa création en 2007 à l’initiative du musée, PHOTOQUAI met en valeur la photographie non-occidentale, et présente au grand public international des artistes dont l’œuvre est inédite en France. Saluée dès sa première édition pour son originalité et sa pertinence, PHOTOQUAI a pour mission de susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde.
La dernière édition de PHOTOQUAI (présentée du 17/09 au 17/11/13) a attiré un public très nombreux : 527.582 visiteurs (soit une augmentation de 22% par rapport à l’édition 2011) sont venus découvrir les œuvres de 40 photographes issus de 29 pays.
Chaque année, le programme des RESIDENCES DE PHOTOQUAI donne l’opportunité à deux ou trois artistes, ressortissant des pays d’origine des collections du musée du quai Branly, de développer une œuvre inédite, originale, mettant en valeur ce dialogue des cultures et en cohérence avec leur trajectoire esthétique personnelle.

De renommée internationale, ce programme, ouvert à des photographes ayant ou non participé à PHOTOQUAI auparavant, a attiré depuis sa création en 2008 près de de 332 candidatures ; 17 lauréats ont été sélectionnés, chacun produisant une série qui intègre ensuite les collections de photographies du musée.

LES PRECEDENTS LAUREATS DES RESIDENCES DE PHOTOQUAI

2008
- Wu QI, Chine : LA CHINE CATHOLIQUE, série de 26 tirages couleur
- Lourdes GROBET, Mexique : ÉQUILIBRE ET RÉSISTANCE, série de 12 tirages noir et blanc et couleur et 2 vidéos
- Sammy BALOJI, République Démocratique du Congo : ALLERS ET RETOURS, série de 6 tirages noir et blanc et 1 vidéo

2009
- Wayne LIU, Taiwan : THIS IS BELGRADE, SERBIA, série de 21 tirages couleur
- Pablo BARTHOLOMEW, Inde : LES INDIENS DE FRANCE, UN DIALOGUE INTERCULTUREL, série de 10 tirages couleurs

2010
- Cinthya SOTO, Costa Rica : PAYSAGE (RE)TROUVE : A LA RECHERCHE DU PARADIS PERDU, série de 10 tirages couleur
- Roberto CACERES, Pérou : CHIFA, LA CULTURE CHINOISE AU PEROU, série de 10 tirages couleur
- Fiona PARDINGTON, Nouvelle-Zélande : WHAKAAHUA : THE PRESSURE OF SUNLIGHT FALLING, serie de 11 triptyques

2011
- Andrew ESIEBO, Nigeria : PRIDE, série de 12 images couleur
- Joao CASTILHO, Brésil : VADE RETRO, série de 10 tirages couleur et noir et blanc
- Hak KIM, Cambodge : SOMEONE, série de 20 images couleur

2012
- Hugo AVETA, Argentine : CONSTRUIRE LA MEMOIRE, série de 12 tirages couleur
- Che ONEJOON, Corée du Sud : A MONUMENTAL TOUR, série de 7 tirages couleur
- Lek KIATSIRIKAJORN, Thaïlande : LOST IN PARADISE, série de 13 tirages couleur

2013
- Pedro DAVID, Brésil : 360 METRES CARRES
- Daniela EDBURG, Mexique : WADMAL, THE SAMPLE PROJET ICELAND
- Nyaba Léon OUEDRAOGO, Burkina Faso : LES DÉVOREUSES D’ÂMES

Séries complètes des lauréats sur le site de PHOTOQUAI

Tatoueurs, tatoués

Première grande exposition du 6 mai 2014 au 18 octobre 2015 au musée du Quai Branly Paris : "TATOUEURS, TATOUÉS"qui explore l’univers du tatouage et propose une approche inédite de cette pratique ancestrale en rassemblant 300 œuvres historiques et contemporaines provenant du monde entier. Pour une mise à l'honneur des artistes ayant révolutionné le milieu du tatouage.

- Commissaires de l'exposition : Anne & Julien, Fondateurs de la revue HEY ! modern art & pop culture, performers, journalistes, auteurs, réalisateurs
- Consultant artistique : Tin-Tin, artiste tatoueur.
- Conseillers scientifiques : Sébastien Galliot, anthropologue ; Pascal Bagot, journaliste spécialiste du tatouage pour le Japon.

 

Photo : Yantra  Muay Thai Boxer, Bangkok © Cédric Arnold Courtesy  /Galerie Olivier Waltman

Pour la première fois, une exposition met en perspective la dimension artistique du tatouage, son histoire depuis les premiers témoignages de son existence, au travers de toutes les cultures. Le musée du quai Branly fait écho à l’intérêt grandissant porté à cet art – à la fois « objet » de fascination et marquage identitaire – dans nos sociétés contemporaines.

 

Tête sculptée, Nouvelle-Zélande, Océanie (©Musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado).

Si le tatouage est riche d’une histoire à la fois technique et esthétique, déjà très largement étudiée et représentée, les tatoueurs et tatoués en sont les porte-parole au quotidien. Pour la première fois, le propos d’une grande exposition est consacré au tatouage en tant que geste artistique, et rend hommage aux pionniers contemporains, ces artistes qui ont fait évoluer l’art du tatouage mais dont le rôle n’a jamais été mis en valeur.

Anne & Julien, commissaires de l’exposition, ont su réunir pour l’occasion, via un important réseau, les œuvres des plus importants artistes-tatoueurs, dont Tin-Tin (France), Horiyoshi III (Japon), Filip Leu (Suisse), Jack Rudy (USA), Xed Ledhead (Grande Bretagne) et Chimé (Polynesia)…

«Plusieurs phénomènes liés à l'observation de son actuel statut permettent d'affirmer que la pratique vit un temps crucial de son horloge interne.
Longtemps, tatoueurs et tatoués occidentaux n'affichèrent pas une préoccupation du« beau» tel qu'entendu par
l'art savant. Relié aux dites "basses couches populaires", l'acte était brut, sa vertu se lisait dans l'audace du fait. Il écrivait les premiers chapitres de son histoire moderne.
Puis, à la fin du 19e siècle, certains tatoueurs imposèrent la qualification de « tattoo artists » pour exprimer la dimension de leur travail. Ce terme instinctif rejetait toutes distinctions entre « art savant» et « art populaire » -
on refuse souvent de reconnaÎtre aux marges une valeur si facilement accordée à leurs opposés. Les marges ne s'en plaignent pas, elles y prospèrent : acharnés, habités, les tatoueurs n'eurent de cesse d'innover, d'améliorer leur pratique.
Un foisonnement d'échanges entre professionnels de différents continents s'en suivit, révélant au jour le tronc commun de cette confrérie mondiale : le dessin, la composition, la technique.

Le champ artistique de l'histoire contemporaine n'a pas encore été investi. C'est ce territoire que notre exposition veut explorer, en offrant un nouvel éclairage sur le tatouage : « le jus artistique », « le geste de l'artiste », cc la puissance créatrice », où l'importance des réseaux internationaux complète l'observation scientifique. »
Anne & Julien commissaires de l'exposition

Quatre zones d'exposition mettent en valeur les différents langages du tatouage à travers le monde :

Section 1 : Du global au marginal

Au sein de cette section, une chronologie graphique met en scène les tatoueurs et tatoués les plus célèbres. Elle retrace leur parcours et montre l'implication de ces pionniers pour valoriser le tatouage en tant que pratique en mouvement ainsi que leurs efforts pour échanger des connaissances ou des innovations techniques. Cette
présentation - véritable Wall of Fame du tatouage - est la toute première synthèse jamais réalisée sur l'Histoire du tatouage contemporain (fin 18e siècle- années 1980).

Médium graphique du langage mondial, le tatouage a changé de signification au cours de son histoire. Son ancienneté, son omniprésence dans différentes sociétés, la diversité de ses formes et la pluralité de ses
pratiques à travers le monde sont un des pivots de l'exposition.
Dès le milieu du 19ème siècle, le tatouage devient porteur de messages intimes ou sociétaux, de conviction personnelle ou d'appartenance à un groupe identitaire. Sur le corps des tatoués (soldats, prisonniers ...)- à l'instar de groupes ethniques, comme les Maoris par exemple, qui développent la pratique de façon identitaire et sociale­ s'imprime un langage secret. Il perpétue une légende sociale autant que des styles graphiques conditionnés par les techniques rudimentaires de l'époque. C'est sur cette catégorie sociale que les non-tatoués posent leurs premiers regards et identifient avec des préjugés forts les tatoués.
Le tatoué, considéré comme marginal, devient personnage de spectacle dès 1840, lors de la 11Chicago World's Fair" (Exposition Universelle), catalyseur des premiers cirques itinérants . Ils intègrent des tatoués dans leurs spectacles au même titre que la femme à barbe ou l'avaleur de sabre, ou bien en les installant dans les baraques foraines situées à l'entrée des chapiteaux, appelées également les Sideshows.

- Section 2 : Nouvelle donne : le Japon, l'Amérique du Nord et l'Europe

Dans cette partie de l'exposition sont présentés de nombreux volumes tatoués et des projets de tatouage peints notamment par Sabado, Horimistu et Shige (japonnais). L'exposition met à l'honneur le travail de grands maîtres ayant révolutionné le milieu du tatouage contemporain, dont l'artiste Ed Hardy qui a favorisé puis popularisé les échanges artistiques internationaux.

- Section 3 : Renouveau su tatouage traditionnel : Asie et Océanie

Cette partie de l'exposition met en valeur la diversité des traditions de tatouages, leur dimension esthétique, rituelle mais aussi le renouveau de ces pratiques et leurs évolutions modernes, en s'attardant tout particulièrement sur la Polynésie, la Nouvelle-Zélande, l'archipel de Samoa, l'île de Bornéo, l'archipel des Philippines et la Thaïlande.

- Section 4 : Nouveaux territoires : Les tatouages chicano et chinois  

Lieu : Musée du quai Branly - Mezzanine Ouest, 37 Quai Branly - 75007 - Paris / www.quaibranly.fr

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