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arts et culture

"Simple Forms: Contemplating Beauty" au Mori Art Museum, Tokyo

En 2014, la Fondation d’entreprise Hermès s’associait au Centre Pompidou-Metz en tant que mécène et coproducteur de l’exposition thématique « Formes simples ». Le succès public et critique suscité par sa présentation a donné le désir de prolonger cet engagement commun par une association au Mori Art Museum de Tokyo. Le 25 avril 2015, l’exposition ouvrira ainsi ses portes au Japon dans une nouvelle version repensée à travers le prisme de la culture orientale.

Photo : Susanna Fritscher,Souffle, 2014 - Cristal, L: 76cm, diam: 35cm
Commande de la Fondation d'entreprise Hermès dans le cadre de l’exposition « Formes Simples », réalisée avec les cristalleries Saint-Louis. © Susanna Fritscher

Sous la direction de Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo à Paris, et de Nanjo Fumio, directeur du Mori Art Museum, l’exposition « Simple Forms: Contemplating Beauty » met en scène, dans la continuité de sa présentation au Centre Pompidou-Metz, la fascination ancestrale de l’homme pour les formes simples jusqu'au 5 juillet 2015. Éminemment poétique, l’exposition réunit des chefs-d’œuvre de l’art moderne et des objets d’art et d’architecture, les confrontant à leurs ancêtres archaïques, à des pièces mécaniques ou à des éléments façonnés par la nature.

Historiquement fondée par un regard sur l’importance de ces formes pour l’émergence de la modernité, l’exposition, dans sa présentation nippone, s’enrichit d’une résonnance évidente avec la tradition orientale. Par la célébration de la lune, la primauté de l’épure ou l’influence de la culture zen, l’exposition « Formes simples » trouve une résonance évidente au Japon où les formes universelles n’ont pas manqué à travers les âges.
Au Mori Art Museum, qui accueille le projet à l’occasion de sa réouverture, elle inclut des pièces emblématiques de la culture nippone comme des représentations de l’Ensō par Sengai, des bols à thé de style Raku créés par le maître céramiste Chōjirō ou encore des plateaux de laque utilisés pendant le rituel du Shuni-e au sein du temple Tōdai-ji de Nara. Des œuvres signées par des artistes contemporains japonais étoffent cette exposition transversale qui célèbre l’universalité de formes essentielles.

Reflet de la fascination ancestrale de l’homme pour ces formes pures ayant inspiré la modernité, « Simple Forms: Contemplating Beauty » présente ainsi, en neuf sections, 130 pièces issues du monde entier, du quatrième millénaire avant notre ère à aujourd’hui. Cette exposition permet au public nippon de découvrir pour la première fois un certain nombre d’entre elles provenant de grandes collections françaises, qu’il s’agisse de chefs-d’œuvre de cultures archaïques ou de l’art moderne, d’objets mathématiques et mécaniques ou encore de formes simplement modelées par la nature.

« Simple Forms: Contemplating Beauty » présente également pour la première fois au Japon plusieurs chefs-d’œuvre de l’art moderne réalisés par Arp, Brancusi, BrassaÏ ou Matisse. Des œuvres signées par des artistes contemporains, pour certaines produites pour l’occasion – ainsi des pièces inédites imaginées par Susanna Fritscher et Emmanuel Saulnier – complètent cette exposition transversale, célébration essentielle de la beauté universelle des formes simples.

Commissaires : Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo à Paris, et Nanjo Fumio, directeur du Mori Art Museum. Commissaires associés : Sandra Adam-Couralet, commissaire indépendante, Tsubaki Reiko, Mori Art Museum.

« Simple Forms: Contemplating Beauty » du 25 avril au 5 juillet 2015 au Mori Art Museum Tokyo - 53F Roppongi Hills Mori Tower, 6-10-1 Roppongi, Minato-ku,
Tokyo, Japan

Redécouvrir l'exposition "Formes simples" au Centre Pompidou Metz

arts et culture

Jean-Paul Gaultier au Grand Palais

L'exposition Jean-Paul Gaultier, qui a déjà attiré plus d'un millier de visiteurs à New York, Montréal et Londres, ouvre ses portes mercredi 1er avril 2015 au Grand Palais à Paris. Pour nous faire partager les sources d’inspiration du créateur, qu’elles viennent des différentes cultures du monde, de l’exploration des frontières entre les sexes, ou de son regard sur les tendances de la rue, cette exposition résume 35 ans de création avant-gardiste du couturier. Cette exposition, que Gaultier considère comme son plus grand défilé, est une création à part entière et non une rétrospective.

UP' Magazine était à la soirée d'inauguration ce 31 mars.

Des photos, des croquis, des portraits, des vidéos, mais aussi des documents très personnels pour la plupart jamais exposés. Au total, 175 pièces, de 1970 à nos jours, dont les plus iconiques sont à découvrir sur place, au plus près de Jean Paul Gaultier, à l'exposition rétrospective qui investit à partir de ce mercredi 1er avril et jusqu'au 3 août 2015 le Grand Palais. Exposition lancée en 2011 par le Musée des Beaux-Arts de Montréal, initiée par Nathalie Bondil, directrice et conservatrice du Musée et par Thierry Maxime Loriot, son conservateur, qui connaît un succès sans précédent. 

Mais aussi des surprises : grâce à un dispositif ingénieux, une trentaine de mannequins de l'exposition est animé, notamment celui de Jean Paul Gaultier en marinière qui s'est prêté au jeu du moulage et des captations vidéo : les yeux et les lèvres bougent et parlent grâce à système de projection vidéo, conçu par le scénographe Denis Marleau et Stéphanie Jasmin de la compagnie canadienne UBU. "Je trouvais qu'on montrait toujours une image "sois belle et tais toi". Je voulais montrer que la femme était forte et avait des idées", explique Jean Paul Gaultier. Les mannequins récitent des vers de Prévert, des pensées de Barthes ou chantent du Dalida,...

Dans une autre pièce, un podium de défilé a été reconstitué où les modèles sont annoncés par la voix de Catherine Deneuve.

Pour Nathalie Bondil, directrice du Musée des Beaux-Arts de Montréal, il ne s'agit "pas simplement d'une exposition de Haute Couture ou de mode", mais de soutenir un " message très fort : l'univers de Jean Paul Gaultier est un univers de tolérance, contre tous les stéréotypes, et multiculturel".

 

 

"L'enfant terrible de la mode"

Dénommé ainsi par la presse dès ses premiers défilés dans les années 1970, Jean-Paul Gaultier est incontestablement l'un des créateurs les plus importants de ces dernières décennies.

 

 

 

 

 

Dans ses collections, Gaultier interroge les concepts du genre, de nudité et d'érotisme. Le corps - qu'il considère comme son principal outil, sa base de travail - est pour lui source inépuisable d'inspiration. Son imagination débridée et sa profonde liberté le conduisent à transformer les matières, qui se changent alors en seconde peau. Il explore les possibilités du trompe-l'oeil, notamment sans ses modèles "tatouages" tissés ou imprimés sur un tulle élastique. Parfois, le vêtement dévoile ou souligne ostensiblement ce qu'il devrait dissimuler.

 

 


Tout en jouant sur l'illusion de la nudité, Jean-Paul Gaultier bouleverse les codes esthétiques en travaillant des matières peu utilisées par le prêt-à-porter et la haute couture. L'univers qu'il propose est émaillé de pièces qui font référence à des pratiques telles que le bondage, la domination, la soumission. Ses créations intègrent le latex, le cuir, la résille, les harnais et autres éléments associés au sadomasochisme, qui passent ainsi du sexshop au podium grâce au couturier qui revendique crânement le droit à la différence.
Proposant des vêtements hypersexués qui évoquent des univers à la fois romantique et fétichiste, Jean-Paul Gaultier habille les nouvelles amazones, élégantes et provocantes certes mais jamais vulgaires. Son style subversif va influencer la mode contemporaine mais aussi toute une génération de créateurs - de Gianni Versace à Tom Ford. Gaultier maintient en effet cette tendance alors qu'il dirige la création du prêt-à-porter femme d'Hermès de 2003 à 2010.

Tout petit, Gaultier est fasciné par le charme suranné des corsets. Dès les années 1960, le témoin privilégié des premiers élans créatifs de l'enfant terrible, c'est Nana, son ours en peluche. Comme l'explique Gaultier : "Dès mon jeune âge, j'ai expérimenté diverses facettes de la création. J'ai fabriqué mes premiers seins coniques avec du papier journal sur mon ours Nana. J'ai pris chez ma geand-mère un napperon circulaire, au milieu duquel j'ai découpé un rond pour faire une jupe à mon ours. Sans le savoir, j'ai ainsi fait une coupe en biais !"
Ainsi, en travaillant les corsets du début du XXè siècle et les guêpières des années 1940 exhumés des placards de sa grand-mère, Gaultier parvient à réinventer des classiques. De cet exercice naissent notamment le fameux soutien-gorge à seins coniques et les sous-vêtements portés sur les vêtements. Dans la garde-robe de la femme moderne, les robes-corsets symbolisent non pas la soumission et l'emprisonnement, mais le pouvoir et la sensualité.
Pour certains, les femmes corsetées de Gaultier apparaissent comme une négation des luttes féministes des années 1960 et 1970, mais en réalité, le couturier provoque plutôt une libération post-féministe au chapitre de l'apparence. De nombreuses vedettes portent diverses déclinaisons de ses corsets aux bonnets à surpiqûres concentriques dont Madonna pendant sa fameuse tournée mondiale Blond Ambition en 1990.

Loin d'être un instrument de torture enfermant le corps féminin, les corsets de Gaultier se veulent l'équivalent du veston chez les hommes. Ils permettent également aux hommes de renouer avec l'usage qu'en faisaient les dandys et les militaires anglais du XIXè siècle, c'est-à-dire pour accroître leur force et leur endurance.

Les muses...

Dès ses débuts, l'enfant terrible est attiré par les beautés non classiques. Balayant les critères et les codes définis par la mode et la société, il crée un nouvel idéal, faisant fi de la corpulence, de la couleur de peau, de l'âge, du genre et de l'orientation sexuelle. Gaultier se distingue par son rapport à la différence qu'il accueille avec bonheur. Par le choix de ses mannequins et de ses muses, il contribue à l'ouverture des critères de beauté, offrant une mode inclusive où tous sont les bienvenus. Il est le premier à travailler avec des mannequins androgynes tels que Teri Toye, premier mannequin transgenre des années 1980, la québécoise Eve Salvail, avec son crâne rasé et tatoué, ... Peu soucieux des conventions, il organise pour ses défilés des castings sauvages qui viennent compléter la sélection des agences professionnelles.
En septembre 1992, un défilé rétrospectif est présenté à Los Angeles, au profit de la recherche contre le sida (amfAR). De nombreuses célébrités présentent une centaine de modèles aux 6300 spectateurs présents !

Ce qui fascine le couturier, ce sont les mélanges atypiques : rencontre du monde de la mode et d'autres univers du spectacle, à savoir le cinéma, la télévision, la musique et la danse, dans un registre tant populaire qu'avant-gardiste. Enfant, le petit écran est la principale fenêtre culturelle de Jean-Paul Gaultier qui se passionne déjà pour le cinéma et le music-hall. La mode ? Elle ne l'intéresse que parce qu'elle autorise le spectacle : pour lui, un défilé est une sorte de tribunal visant à prouver que ses vêtements peuvent être portés.

Sa vision futuriste de la mode se manifeste dans les costumes qu'il crée pour le cinéma et la scène. De nombreux réalisateurs sont attirés par son vocabulaire unique, riche d'influence venues tant de la musique que du cinéma, toutes époques confondues, tels que Luc Besson, Pedro Almodovar, Peter Greenaway, Marc Caro et Jean Pierre Jeunet,...
Gaultier collabora également avec des chorégraphes de danse contemporaine tels que Karol Armitage, Maurice Béjart, Régine Chopinot, Angelin Preljocap,... mais aussi avec des stars de la pop française et internationale, notamment Boy George, Arielle Dombasle, Yvette Horner, Mylène Farmer, Nirvana, Depeche Mode, Niagara, Rita Mitsouko, Tina Turner, et Lady Gaga.

Exposition jusqu'au 3 août 2015 au Grand Palais, Galeries nationales – 3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris 

Photo illustration principale : Pierre et Gilles, Jean Paul Gaultier, 1990. Designed specially to illustrate the cover of the autobiographical photo novel ''À Nous Deux la mode''. Painted photograph, framed by the artists 112 x 92 cm (framed). Private collection, Paris. Photo © Pierre et Gilles/Rainer Torrado.

Photos UP' Magazine 2015

arts et culture

Le marché de l'Art en folie !

Le Rapport Annuel Artprice du Marché de l’Art mondial 2014 annonce une croissance du secteur de +26%. Fruit d'une alliance entre Artprice, le Leader mondial de l'information sur le Marché de l'Art, présidé et fondé par Thierry Ehrmann, et son puissant partenaire institutionnel Chinois Artron, présidé par Wan Jie, le 13ème Rapport Annuel du Marché de l'Art mondial offre enfin une parfaite lecture du marché pour l'Orient et l'Occident.
Les deux entités mettent leurs ressources en commun pour analyser le Marché de l'Art global avec une exhaustivité jamais atteinte jusqu'alors, permettant ainsi de dévoiler les enjeux d'une compétition d'une rare férocité.

Entre logique d'investissement, spéculation, collections passionnées, demande insatiable de grandes signatures pour alimenter les nouveaux Musées du monde, le Chiffre d'affaires du Marché de l'Art mondial affiche une progression insolente à deux chiffres, malgré la dégradation de l'économie mondiale. Le CA 2014 est historique, avec un résultat de 15,2 milliards USD et une croissance de 26% par rapport à 2013.

Les leviers d'une telle croissance passent par la facilité d'accès aux informations sur le Marché de l'Art, la dématérialisation des ventes - le tout sur Internet avec 91% des acteurs connectés - la financiarisation du marché, l'accroissement des consommateurs d'art (de 500 000 à l'après-guerre à 70 millions en 2015), leur rajeunissement, l'extension du marché à toute la Grande Asie, zone Pacifique, Inde, Afrique du Sud, Moyen-Orient et Amérique du Sud.
Ils passent aussi par l'industrie muséale (700 nouveaux Musées/an) devenue une réalité économique mondiale au XXIème siècle. Il s'est construit plus de Musées entre 2000 et 2014 que durant tout le XIXème et XXème siècles. Cette industrie dévoreuse de pièces muséales est l'un des facteurs primordiaux de la croissance spectaculaire du Marché de l'Art.

Le Marché́ de l'Art est désormais mature et liquide, offrant des rendements de 10% à 15% par an pour les oeuvres supérieures à 100 000 $. En 2014, dans le combat de titans Chine / USA, les Etats-Unis connaissent une croissance spectaculaire, tant dans les records que dans le CA global. Ils ratent de peu la première place, ravie par la Chine qui dispose du plus grand marché d'œuvres anciennes au monde.

Le pouvoir de l'art constitue un Soft Power essentiel pour les Etats-Unis, la Chine et à une autre échelle le Qatar.
Les prix de l'art ne cessent ainsi de changer d'échelle. Après avoir stagné sur une fourchette haute de 10 m$ dans les années 1980 puis atteint au cours des années 2000 la barre des 100 m$, ils ont franchi le 5 février 2015 selon « The New York Times » la barre des 300 m$ avec la vente d'un Gauguin par un acheteur qatarien. Cette échelle est, selon Artprice, « appelée à franchir le milliard de dollars très prochainement. »

Ce rapport contient également le célèbre classement Artprice des 500 artistes les plus puissants au monde, le top 100 des enchères, l'analyse par pays et par capitale, l'analyse par périodes et par médiums, les différents indices d'Artprice et 21 chapitres clés pour décrypter implacablement le Marché de l'Art. 

Lire le rapport complet 

(Source : CP Artprice 3 mars 2015)

Illustration sans titre de Yue Minjun (1994), fondateur du "réalisme cynique"  © Fondation Cartier pour L’art contemporain

arts et culture

Halte à la destruction du génie humain !

La guerre contre la culture en Irak par l'organisation"Etat Islamique" se poursuit avec la destruction ce week-end du site antique d'Hatra fondé au 13ème siècle avant JC. L'UNESCO, par la voix de sa directrice générale, Irina Bokova, estime que « La destruction de Hatra marque un tournant dans l'effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak ». Les condamnations se multipient. Notre responsable de la rubrique Arts et Culture lance un cri : NON ! Assez !

Halte à la destruction du génie humain. Halte à la destruction de l’histoire. Halte à la destruction de ce qui a de plus beau en l’homme, de ce qui le rapproche des dieux : son infinie aptitude à la création.

Assez ! Déjà, en 1999, la décapitation des bouddhas de Bâmiyân nous a arraché le cœur car le trou que cet acte forait dans la civilisation était mille fois plus grand que le trou en forme de cercueil laissé dans la roche. Un trou noir prêt à avaler l’âme humaine, un trou où l’on brûle tout ensemble, les hommes et les livres, l’avenir et le passé car comment s’affilier à l’humanité sans les précieux livres de pierre ou de parchemin de ceux qui nous ont précédé, de ceux qui ont inventé l’écriture, il y a plus de 6.000 ans en Mésopotamie. Artistes de la planète terre, levez-vous ! Protestez ! Écrivez partout où vous le pourrez votre indignation.

Quant à vous qui n’êtes plus tout à fait humains, qu’avez-vous fait à Mossoul ? Qu’avez-vous fait à Nimroud ? Qu’avez-vous fait à vos enfants ? Ne craignez-vous pas que les dieux antiques ne se lèvent et n’abattent leur colère sur vos épaules, pour vous punir et vous balayer tels les fétus de paille que vous êtes au regard de l’Histoire ? Il est encore temps de se repentir. Arrêtez !
Injonction naïve de ma part, bien sûr. Les nazis qui étaient certainement plus instruits que ceux-là, s’en sont donné à cœur joie pour détruire livres et œuvres d’art qui ne correspondaient pas à leur idéologie. Cela ne leur a pas porté bonheur ! Et malheureusement, la nature humaine semblant invariable, ils n’étaient pas les premiers à commettre l’irréparable.

Il serait plutôt drôle si ce n’était tragique, de constater que les fanatiques auxquels nous avons à faire, effacent les vestiges d’une civilisation dont ils devraient plutôt se revendiquer, eux qui foulent cette terre au pied et en sont peut-être originaires. Leur barbarie n’a d’égale que celle des assyriens qui, en leur temps et sur les mêmes lieux, terrorisaient les populations, les suppliciaient avec une rare cruauté ou les déportaient après les avoir réduites en esclavage. À l’aune des horreurs commises, ils en sont les dignes héritiers. Mais ces barbares-là étaient des barbares « éclairés ». Ils détruisaient tout sur leur passage mais pour mieux reconstruire. Ils nous ont laissé les traces de palais somptueux, de tombes étonnantes, de sculptures d’une grâce rare et d’une exécution remarquable. Leurs bijoux et mobilier n’ont rien à envier aux créations contemporaines. Il en est de même pour ceux de l’antique Égypte qui n’étaient pas spécialement tendres non plus et qui, à chaque changement de pharaon, se jetaient sur les temples de leur prédécesseurs pour en effacer l’imagerie et les cartouches. Mais que ne nous ont-ils pas donné en échange ! Un patrimoine que toute l’humanité revendique comme le sien.

Pas le vide absolu que laissent derrière eux ces terroristes, un grand fond de désespérance aussi noir que le trou d’impact d’une balle de kalachnikov dans les murs.

Claude Cehes, UP' Magazine

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