UP' Magazine L'innovation pour défi

arts et culture

Anish Kapoor/ "Réflections"- Réflexions

Anish Kapoor invité à investir le château de Versailles jusqu'au 1er novembre 2015 n’a voulu intervenir que dans le parc et très à l’extérieur de l’enceinte du Château, dans la fameuse Salle du Jeu de Paume.
Au château, il a fait entrer en résonance le bel ordonnancement de l’architecture et des collections avec sa vision déformante du lieu, à la manière d’une onde sismique venant frapper les constructions de l’ordre établi. Pour ce faire, il a transformé les jardins en un organisme vivant et perturbateur comme un grand corps étalé, des marches du palais au Grand Canal.

Les lentilles-miroirs qui ouvrent l’exposition en sont les yeux. Tournés vers le ciel, ils captent une réalité qui n’appartient qu’à eux, le Dirty Corner en est l’oreille, volontairement sale pour, dit-il à Julia Kristéva : « Imposer l’irrésolu, le débraillé, l’incertain dans ce lieu » ( Si patiemment organisé par Lenôtre ). Puis, l’artiste a sexué ce corps en présentant une coupe d’organes génitaux féminins où l’on pénètre, non pas en tant que symboliques spermatozoïdes ou phallus car on passe par une porte latérale, mais en tant qu’explorateurs appelés à être fascinés par ce que nous voyons, à l’instar des héros du « Voyage Fantastique » (Richard Fleisher 1957) qui naviguent à l’intérieur du corps humain.

La visite se termine sur un ultime trou dans ce corps, un trou formé par un vortex d’eau où s’évacuent, peut-être les déchets organiques de ce corps, peut-être les atomes dont il est fait, semblables à ceux de l’univers. Alors, il y aurait là un message d’espérance (Et un clin d’œil aux grandes eaux de Versailles) concernant la continuité de la vie, née d’eaux relevées sans cesse par la mystérieuse machine de la création. N’oublions pas qu’Anish Kapoor est indien et que les interrogations sur le sens de la vie baignent cette belle culture. Et c’est probablement un avatar de lui-même ou d’une divinité à venir qu’il nous montre dans son installation.

 

Claude Cehes, Grand reporter UP' Magazine

L'exposition est gratuite, sauf les jours de Grandes Eaux musicales et de Jardins Musicaux (tous les mardis, samedis et dimanches).
Les Jardins sont ouverts tous les jours de 8h à 20h30 (bosquet de l'Etoile : de 10h à 18h30), sauf les les samedis du 20 juin au 19 septembre ainsi que le mardi 23 juin, le dimanche 25 octobre, le samedi 31 octobre et le dimanche 1er novembre : fermeture à 17h30.

L’exposition sera également visible en nocturne les soirs de Grandes Eaux Nocturnes, les samedis du 20 juin au 1er novembre sauf le 4 juillet (de 20h30 à 23h).

Danse avec la lumière

Hakanaï est un solo dansé en forme de haïkus visuels, dans une boîte de lumière où se meuvent des images vivantes.

Depuis longtemps la chorégraphie a su apprivoiser les arts numériques pour créer de nouvelles scénographies et nous procurer de nouvelles émotions esthétiques. Associer savamment danseur, projection vidéo, images de synthèse, capture du mouvement, musique immersive, etc. dans un espace virtuel est toujours une expérience étonnante. C’est ce type d’expérience que propose la compagnie Adrien M/ Claire B avec Hakanaï.

Ici, l’enjeu n’est pas, comme quelques fois dans les arts numériques, d’effacer toute matière ou de faire disparaître le corps, mais au contraire, de le transcender. Se crée ainsi une «réalité augmentée» au sens premier du terme ; une réalité éphémère et surréelle, pleine de poésie.
La danseuse est immergée dans un volume de lumière qui réagit à ses mouvements grâce à des capteurs. Une véritable danse avec la lumière, onirique, abstraite, enchanteresse. Dans la langue japonaise, Hakanaï définit ce qui est impermanent, fragile, évanescent, transitoire, entre le rêve et la réalité. Mot très ancien, il évoque une matière insaisissable associée à la condition humaine et à sa précarité, mais associée aussi à la nature. Il s’écrit en conjuguant deux éléments, celui qui désigne l’homme et celui qui désigne le songe. Ce collage symbolique est le point de départ de cette partition pour une danseuse rencontrant des images, faisant naître un espace situé à la frange de l’imaginaire et du réel. Les images sont animées en direct, selon des modèles physiques de mouvement, au rythme d’une création sonore également interprétée en direct.

Hakanaï a été présentée le 22 mai à l'occasion du Festival D'ici Danse, à Vizille et le 28 mai au Théâtre Jean Lurçat, Scène Nationale d’Aubusson et fera cet été une tournée dans plusieurs villes du monde.

 Prochaines représentations d’Hakanaï :

  • 17 juin : Festival IKS, Split – dans le cadre de « Rendez-vous » Festival de la France en Croatie
  • 9-11 juillet : Festival GREC, Barcelone (Espagne)
  • 13-14 août : ISEA – 21st International Symposium of Electronic Art, Vancouver (Canada)

Retrouvez aussi l’univers de la Compagnie Adrien M / Claire B au Palais de la découverte à Paris du 8 juin 2015 au 3 janvier 2016 avec l’exposition XYZT, Les paysages abstraits

 

Découvrez Hakanaï en vidéo et en images :

 

 

A propos :
La compagnie Adrien M / Claire B crée des formes allant du spectacle aux installations dans le champ des arts numériques et des arts vivants. Elle est co-dirigée par Claire Bardainne et Adrien Mondot. Leur démarche place l’humain au centre des enjeux technologiques, et le corps au coeur des images, avec comme spécificité le développement sur-mesure de ses outils informatiques. Ils poursuivent la recherche d’un numérique vivant : mobile, artisanal, éphémère et sensible.
Depuis sa révélation aux Jeunes Talents Cirque 2004 avec le projet Convergence 1.0, Adrien Mondot, artiste pluridisciplinaire, informaticien et jongleur crée des spectacles mettant en œuvre des interactions sensibles entre le numérique, le jonglage, la danse et la musique. Avec Cinématique, il remporte le Grand Prix du jury dans le cadre de la compétition internationale «Danse et Nouvelles Technologies» du festival Bains Numériques à Enghien-les-Bains en 2009.
En 2011, avec Claire Bardainne, plasticienne, designer graphique et scénographe, ils refondent la compagnie qui devient Adrien M / Claire B. Aller au-delà de l’espace du plateau et de la temporalité de la représentation est notamment un des axes forts de la transformation de la compagnie. Ils co-signent ainsi la création de l’exposition interactive XYZT, Les paysages abstraits. En 2011, ils créent également le spectacle-conférence Un point c’est tout. Puis en 2013, Hakanaï, pièce chorégraphique pour une danseuse dans une boîte d’images. Ensemble, ils interrogent le mouvement et ses multiples résonances avec la création graphique et numérique. Il en surgit un langage poétique visuel, associant imaginaire, réel et virtuel porteur d’infinies perspectives d’exploration.
Photo © Romain Etienne / Item

Site : http://www.am-cb.net/

 

La poésie des machines de Zim & Zou

Ils fabriquent des smartphones, des caméras, des usines…
Mais aussi des animaux sauvages, des paysages oniriques.
Creative Factory est une fabrique d’innovations unique en son genre car ses productions sont en papier.

A leur tête, deux jeunes artistes/poètes/graphistes/designers français : Zim & Zou (de leurs vrais noms, Lucie Thomas and Thibault Zimmerman). Ils ont installé leur usine à rêves à Nancy et y produisent de fragiles objets qui font aujourd’hui le tour de la planète.

Dans un monde où les objets en plus d’être connectés sont industrialisés, fabriqués en nombre, dispersés sous toutes les latitudes, il est bon de s’arrêter un instant et de les confronter au geste gratuit, au temps minutieux, à l’imperfection propre et nécessaire à la création manuelle. Industrie contre poésie ou jeu de miroirs entre notre quotidien et nos rêves.

Avec des ciseaux, du papier et de la colle, Zim & Zou enchantent notre imagination et séduisent le monde ; ils participent à plusieurs expositions internationales et Hermès leur a demandé d’habiller ses vitrines dans les plus grandes villes du monde.

 

 

Leur installation « Creative Factory » est présentée au 60e Salon de Montrouge, jusqu’au 3 juin.

Site : http://www.zimandzou.fr/

arts et culture

Séminaire Artistes et scientifiques au code à coude

Séminaire artistique "Artistes et scientifiques, au code à coude" le mercredi 6 Mai de 9h30 à 18h au Cube

Partenariat, collaboration, co-création, coproduction, résidence, groupe artistique... Autant de termes qui caractérisent les rapports entre les différents intervenants de l’art contemporain qui recourt aux théories scientifiques ou aux technologies du numérique. Pourtant, le cadre est souvent flou et les relations plus consensuelles que contractuelles. Le moteur est la motivation, avec le désir d’avancer ou de mener à terme, ensemble, un projet valorisant. Il n’y a pas besoin de cadre pour l’envie.

Mais un tel projet est nécessairement de grande ampleur. Sur la durée, la participation et le degré d’implication sont instables et peuvent se déséquilibrer. Les temps et les échéances diffèrent. Le vocabulaire et la perception du rendu divergent tandis que les rôles et les droits d’auteur se mélangent. Les ambitions et les difficultés s’amplifient. Il faut un cadre pour la réussite.

Et c’est ce cadre méthodologique, humain et juridique qui sera présenté dans ce séminaire organisé autour de retours d’expérience multiples, que ce soit au niveau de la conception, que de la production.

Intervenants :
- Anne Caldin : responsable du service Culture et Patrimoine et de la section Image-Etudes. INSA de Rouen
- Jean-Marc Chomaz : chercheur et artiste, co-fondateur du collectif d’artistes LABOFACTORY, co-fondateur de La Diagonale Paris Saclay. Laboratoire LADHYX /CNRS. Ecole Polytechnique.
- Pierre Gioux : avocat au barreau de Paris, spécialisé en droit de la propriété intellectuelle et en droit des nouvelles technologies de l’information.
- Carine Le Malet : responsable de la programmation artistique, Le Cube.
- Claire Leroux : directrice de l’exploratoire ARNUM. ESIEA, membre de l’Association Internationale des critiques d’art.
- Nicolas Rosette : directeur-adjoint du théâtre Les Ateliers (Lyon), directeur du Développement et de la Recherche du TNG, CDN de Lyon, président de Gamelab Agency et curateur.
Séminaire conçu et animé par Claire Leroux, en partenariat avec Le Cube

Inscription gratuite en ligne obligatoire
Un déjeuner est proposé aux participants, paiement en ligne lors de l'inscription (12€).

Lieu : Le Cube - 20 cours Saint Vincent / 92130 Issy-les-Moulineaux

www.lecube.com

Photo : Travail de Nicolas Maigret et Nicolas Montgermont. Leur travail se nourrit des avant-gardes historiques et d’expérimentations artistiques et scientifiques.

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