UP' Magazine L'innovation pour défi

film mobile étoile

Questions de temps et de lieux

Le dernier film de Raphaël Nadjari, Mobile étoile, est sorti en salle ce mercredi 27 avril. Hannah, chanteuse de musique classique, passionnée et obstinée, dirige une chorale à Montréal avec son mari Daniel, pianiste. Ils vivent de concerts de création de musiques françaises sacrées, véritables trésors du patrimoine, composées pour les synagogues de France fin XIXe - début XXe. Mais depuis quelques temps, ils peinent à maintenir leur groupe vocal à flot. Et alors qu’ils recrutent Abigail, une jeune fille fragile et surdouée qui leur redonne de l’espoir, l’ancien professeur d’Hannah, Samuel, arrive à Montréal avec une ancienne partition perdue...
 
Le couple Dussault-Hermann se débat pour tenir à bout de bras l’ensemble musical Les Cantiques dédié aux « musiques de synagogue » d'avant la seconde guerre mondiale, dont les données, les partitions, ont pour la plupart disparu, réapparaissant parfois mystérieusement, souvent endommagées, comme des victimes supplémentaires, des dégâts encore à constater des tourments et horreurs de l’Histoire. 
 
A côté du mari Daniel, pianiste, et de la femme Hannah, chanteuse, il y a l’amie de longue date Etha, chanteuse, et le fils David, merveilleux violoniste capable d’improviser à la demande avec une grâce inouïe. Il ne fait pas de doute qu’il s’agit là d’une parabole de la transmission, dont la musique est le ciment, le fil rouge qui justifie les inlassables efforts déployés pour poursuivre. D’ailleurs, on verra le père de Daniel, Jean-Paul, atteint par l’âge qui apparaît comme un inspirateur initial.
 
Cela se passe dans le Nouveau Monde au Québec, et dans ce film en deçà de la disparition d'un matériau culturel riche d’autrefois, dans les tribulations des difficultés économiques et des choix artistiques, ou apparait Marlus, le gérant des salles de répétition, survient la découverte d'Abigail, une jeune soprano très douée. Samuel, le vieux professeur de chant venu d’Europe avec une partition originale restaurée récuse l’interprétation nouvelle du groupe et repart.
 
Ce film est construit autour d’un vide qui lui donne sa densité : dans l’évocation des œuvres disparues, nulle énonciation de la Shoa. Elle n’est pas nommée. Les artistes, de même qu’ils cherchent un « lieu » pour répéter, un makom en hébreux, un lieu « inspiré », cherchent aussi en restant dans le Sacré, comment au présent faire vivre ces œuvres. Les ressusciter en les réinterprétant. L’important en effet réside dans l’essentiel qu’apporte la nuance. Raphaël Nadjari démontre la puissance de la délicatesse, de la retenue, du à peine dit, du laisser voir.
 
Remarquablement interprété, c’est un beau film que cette étoile mobile : oscillation des oscillations, entre fiction scénarisée et  documentaire, entre la personne et le groupe, entre générations, entre profane et sacré, entre découragements et regains d’énergie. En quête de la survivance ou re-vivance d’une musique séculaire aux “cantiques” éclatés et déchirés par une période tragique. Et qui, par ce qu’on appelle « miracle » n’ont pas complètement disparu. Voici même qu’ils ont survécu à leurs auteurs et interprètes qui ne peuvent plus en témoigner, exterminés dans les circonstances que le spectateur ne peut ignorer. Voici même que le Nouveau Monde, les entend à nouveau résonner.
 
 
 
 
Liste artistique
Hannah Hermann                                                   GÉRALDINE PAILHAS
Daniel Dussault                                                        LUC PICARD
Etha Salomons                                                         FÉLICIA SHULMAN
Abigail Colin                                                              ÉLÉONORE LAGACÉ
Samuel Baladsz                                                        PAUL KUNIGIS
David Hermann-Dussault                                      ALEXANDRE SHEASBY
Jean-Paul Dussault                                                  MARCEL SABOURIN
Marlus                                                                       RAYMOND CLOUTIER
Madame Kessel                                                        MICHÈLE DASCAIN
Monsieur Ruben                                                      JEAN CORDIER
 
Liste technique
Réalisation                                                                 RAPHAEL NADJARI
Scénario                                                                     RAPHAEL NADJARI, VINCENT POYMIRO
Image                                                                          BENOÎT BEAULIEU
Montage                                                                     ELRIC ROBICHON
Son                                                                               XAVIER DREYFUSS
Direction artistique                                                  GENEVIÈVE HUOT
Création musicale originale                                    JÉRÔME LEMONNIER
Liturgie et chansons                                                 EMMANUEL MOSES
Production                                                                 ALEXIS DANTEC,
                                                                                     ANNE-MARIE GÉLINAS & FRED BELLAÏCHE,
                                                                                     BENOÎT BEAULIEU, JULIE PARATIAN
Directeur de production                                          MICHEL CROTEAU
Direction de production France                             NELLY MABILAT, DAVID HURST
 
 
 

 

exposition double je

Double Je, étranges scènes de crimes au Palais de Tokyo

Le Palais de Tokyo présente "Double Je, artisans d'art et artistes" jusqu'au 16 mai 2016, exposition conçue grâce au partenariat avec la Fondation Bettencourt Schueller, où le musée met en scène le travail de plusieurs artistes sur fond d’énigme policière. Les visiteurs doivent mener l'enquête au fil de l'exposition pour retrouver l'auteur du crime. Après l'usage des formes, en 2015, le Palais de Tokyo manifeste à nouveau son intérêt pour les liens entre les artisans d’art, les designers et les artistes plasticiens avec cette exposition conçue d’après une nouvelle écrite spécialement par le jeune et déjà célèbre auteur de romans policiers Franck Thilliez. Bluffant !
 
"J'ai commis un meurtre." C'est la main droite encore couverte de sang séché que l'artisan d'art Ganel Todanais se livre à la police. Il est 8h47 et ses mains tremblent lorsqu'il confie à la jeune lieutenant une dague en acier damassé dont le manche reproduit les vertèbres d'un serpent. L'extrémité de la lame porte les traces des blessures de son rival, le célèbre natan de Galois, dont certaines oeuvres paraissent inspirées par les siennes...Une patrouille est dépêchée au domicile de la victime. Le corps est introuvable."
 
Partant du postulat qu’un artisan d’art, un artiste... et un criminel ont cette même fascination obsessionnelle du détail, l’exposition plonge dans le quotidien et l’intimité des métiers d’art, tout en racontant l’intrigue policière imaginée par Franck Thilliez.
 
 
À la différence d’une scénographie traditionnelle, celle de l’exposition représentera les ateliers ainsi que les lieux de vie de deux artisans d’art, et le décor d’une scène de crime. Le contexte de cette scène est celui de l’artisanat d’art de pointe, proche des nouvelles technologies. Dans ce décor, chaque objet présenté est une oeuvre d’art ou de design, tout en constituant un indice amenant le visiteur à reconstituer le scénario du crime et à tenter d’en résoudre l’énigme.
Parmi les oeuvres, les objets et les pièces de mobilier qui le constituent, figurent de nombreuses commandes réalisées en collaboration entre des artistes et des artisans d’art, par exemple une moto ornée par un plumassier, des photographies décorées par une brodeuse, un paravent en bois sculpté et peint par un artiste, des vases générés par le son de la voix, une dague en acier damassé dont le manche est un moulage de vertèbres de serpent...
 
Inédit dans sa forme, ce projet l’est également dans sa conception et dans ses modalités de diffusion. Ayant été conçu dès le départ comme une exploration originale du dialogue entre art et artisanat d’art à partir d’un thème populaire de polar, il s’incarne à travers une exposition et une nouvelle.
 
Après L’Usage des formes, en 2015, cette exposition est le deuxième volet du partenariat mené avec la Fondation Bettencourt Schueller pour mettre à l’honneur les métiers d’art et révéler leur contemporanéité. 
 
Commissaire : Jean de Loisy, Commissaire associée : Bethsabée Attali. L'installation des outils de Police Scientifique a quant à elle été réalisée par la Police Judiciaire. 
 
Découvrez l'intégralité de la nouvelle de Franck Thilliez DOUBLE JE, EN QUÊTE DE CORPS, paru chez Fleuve Editions, en vente à l'accueil et à la librairie du Palais de Tokyo.
 

 

Daniel Buren

L'observatoire de la lumière, de Daniel Buren

La Fondation Louis Vuitton présente à partir du 11 mai 2016 une œuvre temporaire de Daniel Buren. Conçue en dialogue étroit avec le bâtiment de Frank Gehry - dont l’architecture appelle l’inspiration des artistes - « L’Observatoire de la lumière » va se déployer sur l’ensemble des verrières, élément emblématique de l’édifice.   
 
Artiste majeur de la scène internationale, Daniel Buren (1938-FR) développe depuis les années 1960 une œuvre radicale, caractérisée par l’utilisation de son « outil visuel » (des bandes verticales alternativement blanches et colorées de 8,7 cm de large). Il est passé d’un travail sur la peinture (19651967) à un travail sur l’espace et son contexte. Toutes ses œuvres sont désormais conçues en fonction des particularités de leur lieu d’accueil et sont réalisées in situ, aussi bien dans l'espace public que dans les musées et les galeries d’art.   
 
Les douze voiles, constituées de 3600 verres, seront recouvertes en quinconce de filtres colorés qui sont à leur tour,  ponctués à distances égales les uns de autres par des bandes alternativement blanches et vides, axées  perpendiculairement au sol. Les treize couleurs retenues vont faire apparaître et disparaître des formes colorées toujours changeantes selon les heures et les saisons. À travers un jeu de couleurs, de projections, de reflets, de transparences et de contrastes, à la fois intérieur et extérieur, Daniel Buren va offrir un nouveau regard sur le bâtiment.  
« Daniel Buren a conçu un projet grandiose, pertinent et enchanteur, fruit d’un dialogue véritable avec Frank Gehry et son bâtiment. Son œuvre répond magnifiquement à l’architecture dans la continuité d’un travail, initié dès les années 1970, où se croisent couleurs, transparence et lumière. »
Bernard Arnault, Président de la Fondation Louis Vuitton.      
 
A l’occasion de cette intervention, un catalogue - conçu avec l’artiste - réunira pour la première fois un important corpus d’œuvres autour de thématiques croisées – la couleur, la transparence, la lumière, la translucidité, la projection - réalisées depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui.  Réalisé en co-édition avec les éditions Xavier Barral.  
 
 
BurenCirque : « 3 fois un Cabanon » 
 
En parallèle à cette intervention le BurenCirque s’installe en face de la Fondation, pour trois représentations exceptionnelles et inédites avec un nouveau spectacle « 3 fois un Cabanon », les 2,3 et 4 juin 2016. Imaginé au début des années 2000 par Daniel Buren avec Dan et Fabien Demuynck, pionniers du cirque contemporain, BurenCirque est un projet pluridisciplinaire où des nouveaux talents, nationaux et internationaux, sont invités à interagir avec des dispositifs créés par Daniel Buren. En 2013, ce dernier conçoit une nouvelle structure avec trois cabanons inspirés de l’architecture foraine. Lumineux le jour, ils deviennent des lanternes translucides et mystérieuses la nuit.   
 
Ateliers  pour enfants
 
Les enfants de 6 à 10 ans pourront eux aussi s’approprier l’intervention de l’artiste grâce à « L’attrapelumière », un atelier qui leur proposera de traverser les multiples facettes colorées de la Fondation Louis Vuitton, devenu un kaléidoscope géant. Traquant les projections et les reflets lors de leur découverte, ils expérimenteront ensuite en atelier comment les jeux de transparence, d’opacité, de couleur modifiant la perception de l’espace.
 
DANIEL BUREN, « L’Observatoire de la lumière » Travail in situ. A partir du 11 mai 2016 à la Fondation Louis Vuitton - Bois de Boulogne - Paris
 

 

festival hors pistes

Hors Pistes, l'art de la révolte - 11ème édition

Toujours proche de l’actualité, le festival Hors Pistes au centre Pompidou prend cette année, du 22 avril au 8 mai, comme terrain d’investigation le combat citoyen et ses représentations plurielles sur la scène artistique contemporaine à travers une série de dispositifs propres à la lutte civique, repensés, détournés, recentrés, déjoués par les artistes. 
A l’image de l’ensemble de l’édition, les œuvres réunies dans l’exposition documentent les contestations, en témoignent, ou en questionnent plus largement ses fondements idéologiques et anthropologiques.
Trois installations proposent de participer de manière très concrète à une réflexion participative à travers des ateliers réguliers. Des parcours thématiques en présence des artistes sont proposés comme des lectures particulières de l’exposition et un moment d’échange entre les artistes et le public.
 
Hors Pistes revisite les grandes figures historiques de la manifestation et le mythique ciné-tract de 1968, ou celles, plus contemporaines, des lanceurs d’alerte ou autres rébellions virtuelles, dans un Forum -1 ouvert à la parole et à l’action. Les enfants qui défilent de Philippe Parreno, la chorale de slogans de Marco Godoy, la chorégraphie des manifestants de Justine Triet, etc. : autant de représentations qui questionnent la manifestation, ce qui semble être un acte de ralliement spontané, citoyen, presque naturel, qui a pourtant son histoire, ses pratiques, ses codes et ses mythes.
 
Dans ce contexte de protestation collective apparaît un autre mode de contestation plus solitaire mais en réseau : les lanceurs d’alerte, à l’exemple des célèbres actions de Snowden, d’Assange, de Manning, qui constituent de nouvelles modalités de déstabilisation et réinterrogent la désobéissance
civique. Plus largement, Looking for Internet de Miltos Manetas pose le web comme une nouvelle terre
de résistances. Le ciné-tract ou « videowitnessing » (témoignage vidéo) en est une manifestation.
Entre témoignages d’une époque, invention de slogans, résistances aux images officielles, la production de ciné-tracts a perduré, augmenté, muté. Le genre s’est vu réinventé du fait de la multiplication des procédés d’enregistrement et des supports de diffusion. Pour l’occasion, treize artistes invités
répondent à la commande du ciné-tract. Durant deux semaines intenses, Hors Pistes invite artistes, intellectuels et activistes/hacktivistes, à « contester-proposer-choquer-informerinterrogeraffirmer-convaincre-pensercrier-dénoncer-cultiver» afin de « susciter la discussion et l’action ».
(NDLR : définition du ciné-tract en 1968)
 
Soirée d'ouverture le vendredi 22 avril / Programme
 
18H, GALERIE 4 : OUVERTURE DE L’EXPOSITION
18H, FORUM-1OUVERTURE DE LA BIBLIOTHÈQUE PARTICIPATIVE ET DU LABO DES ANARCHIVES DE LA RÉVOLTE.
La Bpi a mis met en place une bibliothèque participative et citoyenne, à laquelle vous êtes invités à collaborer, en apportant un ou plusieurs livres qui ont éveillé en vous le désir de révolte et de changement et à votre tour vous pourrez repartir avec un livre qui a éveillé un(e) autre citoyen, annoté, commenté, un livre unique, objet de transmission.
Au sein de cette bibliothèque, WOS/Agence des Hypothèses initie son Labo : Les Anarchives de la révolte, où vous pouvez apporter des articles, partager et éditer textes et récits, et élaborer un portrait collectif et multi-support de la révolte.
 
À 19H, PETITE SALLE : CONFÉRENCE INAUGURALE DE GABRIELLA COLEMAN : ANONYMOUS
Gabriella Coleman étudie depuis plus de dix ans la communauté de hackers au masque désormais célèbre, Anonymous.
C’est en anthropologue qu’elle s’est immergée dans l’univers de ces militants radicaux, activistes défenseurs des libertés numériques, au cœur de « la bataille rangée sur l’avenir de la vie privée et de l’anonymat ». Elle y a rencontré la figure du trickster, la jubilation du lulz, la délectation du trolling, l’ivresse de la piraterie et la multiplicité des engagements politiques.
Gabriella Coleman, anthropologue, dirige aujourd’hui la chaire Wolfe en littératie scientifique et technologique de l’Université McGill à Montréal. Elle vient de publier Anonymous. Hacker, activiste, mouchard, lanceur d’alerte (éditions Lux, 2016)
 
La bibliothèque participative et citoyenne et les anarchives de la révolte 
 
La Bpi met en place une bibliothèque participative et citoyenne, à laquelle le visiteur est invité à collaborer, en apportant un ou plusieurs livres qui ont éveillé en lui le désir de révolte et de changement. A son tour il pourra repartir avec un livre qui a éveillé un(e) autre citoyen, annoté, commenté, un livre unique, objet de transmission.
Cette bibliothèque participative et citoyenne s’inspire des bibliothèques collectives et spontanées qui apparaissent au sein des mouvements Occupy tout autour du monde (New-York, Hong-Kong, Taïwan…).
Sommes de connaissance théorique, mais avant tout lieux de partage et d’échange, ces bibliothèques sauvages démontrent une volonté de nourrir une démarche militante avec des écrits. Ceux-ci peuvent d’ailleurs être de natures diverses, de la poésie à la théorie, en passant par la fiction et le témoignage.
La révolte semble ainsi avoir besoin de s’appuyer sur des ouvrages et des pensées pour devenir un mouvement éclairé, qui peut apporter le changement.
La Ferme des Animaux de George Orwell, Utopia de Thomas More, World Poverty and Human Rights de Thomas Pogge, Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty,
Germinal d’Emile Zola, Nouvelles de Nulle Part de William Morris, Murmures à la jeunesse de Christiane Taubira, Des fins du capitalisme de David Graeber… Romans, poèmes, catalogues, textes théoriques, essais, se mêlent sur les rayons de la bibliothèque.
Autour de cette bibliothèque, WOS/Agence des Hypothèses/Claire Dehove & Julie Boillot-Savarin initie son Labo des Anarchives de la révolte, où le visiteur peut apporter des articles, des photos, partager et éditer textes et récits, élaborer un portrait collectif et multi-support de la révolte. Chaque jour les propositions viennent enrichir l’espace réserver aux Anarchives, un espace en perpétuel évolution aux grès des contributions inédites.
Le webmagazine de la Bpi, Balises, diffuse les vidéos et les documents constitutifs des Anarchives de la révolte réalisées avec les lecteurs, éditeurs, militants et participants du festival. Proposant des contenus thématiques sur des sujets d’actualité, il a pour ambition d’offrir des repères nécessaires
pour contextualiser et expliquer cette actualité dans tous les domaines de la connaissance en renvoyant sur une sélection de ressources documentaires fiables et pertinentes.
http://balises.bpi.fr
 
Oeuvres vidéos
 
La question du vote et sa valeur citoyenne est contesté depuis quelques années.
C’est sur ce principe démocratique que reviennent les artistes.
EMILIE ROUSSET & LOUISE HÉMON
FRANCE, 1983 / FRANCE, 1980
Louise HÉMON est une réalisatrice issue de l’Atelier Documentaire de La Fémis. Pris entre légendes et rituels, ses films mélangent les formes : essai, danse, documentaire ou fiction. En 2014, elle signe le « péplum documentaire », L’homme le plus fort, diffusé sur Arte, avant de co-réaliser avec Emilie Rousset en 2015 Rituel 1 : L’Anniversaire, produit par Hors Pistes. Son dernier film, Mutant Stage 5, est un court-métrage chorégraphique produit par Lafayette Anticipation.
Émilie ROUSSET est une metteure en scène qui, au sein de sa compagnie John Corporation, explore différents modes d’écriture théâtrale et performative,
utilisant le documentaire et l’installation.
En 2015, elle présente notamment Classons les peignes par le nombre de leurs dents, une exposition performée créée au Centre Pompidou pour le festival Hors Pistes. Sa pièce Les Spécialistes, créée au Grand Palais puis à la Villette, viens d’être jouée au MAC VAL.
 
RITUEL 2 : LE VOTE FRANCE, 2016, VIDÉO, 15’, LOOP
A l’heure où les bureaux de vote se dépeuplent, les deux artistes s’intéressent au rituel électoral comme décorum d’une démocratie en crise. Lorsque le réel pouvoir du vote est remis en question, c’est sur ses symboles, ses chants et ses rituels que la République semble s’appuyer plus que jamais.
Ce qui change le moins, ce qui résiste le mieux, c’est la forme. C’est cette mise en scène du civisme qui est explorée au travers d’une comédie documentaire où le comédien Manuel Vallade joue sur le langage et les codes qui construisent notre imaginaire collectif et citoyen.
L’œuvre prendra une dimension performative le samedi 23 avril à 15h dans le forum -1
 
Lanceurs d'alerte
 
Chaque année, Hors Pistes s’associe à une université et/ou une école d’art afin d’explorer la thématique de la manifestation avec de jeunes artistes.
Pour cette édition, c’est avec l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy (ENSAPC) et deux de ses professeurs, le philosophe Geoffroy de Lagasnerie et l’artiste Sylvie Blocher que Hors Pistes s’est allié.
A travers les deux œuvres vidéos originales proposées, l’objectif était de produire sur/à partir des formes politiques qui rompent avec la scène de la politique traditionnelle, ses catégories, ses modalités habituelles (comme la manifestation, le tract, l’émeute, etc.) et proposer d’autres modalités : fuite, sédition, anonymat, lanceurs d’alerte, infiltration, sabotage, surveillance des forces de l’ordre par drone etc.
http://www.ensapc.fr/
 
Les Rendez-vous
 
Projections, performances et paroles viennent ponctuées les deux semaines d’Hors Pistes en parallèle de l’exposition et de la bibliothèque.
 
CINÉTRACTS
(TARIFS : 6 EUROS ET 4 EUROS TARIF RÉDUIT)
Les cinétracts sont à l’origine des films de trois minutes environ, filmés au banc-titre et réalisés par Godard, Marker, ou Resnais entre autres, qui avaient pour fonction d’inciter le spectateur à prendre part à la lutte politique lors des événements de Mai 68.
Ils faisaient partie du travail de cinéastes au service d’une lutte. Les tracts étaient montrés sur les lieux mêmes de la lutte (usines, universités).
Selon le protocole, les cinétracts devaient « contester-proposer-choquer-informer-interroger-affirmerconvaincre-penser-crier-dénoncer-cultiver» afin de « susciter la discussion et l’action ».
Dans l’exposition actuellement en cours sur l’artiste Gérard Fromanger vous pourrez découvrir l’un de ces cinétracts « Le rouge : film tract n°1968 » qu’il a réalisé avec Jean-Luc Godard.
Entre témoignage d’une époque, invention de slogan, résistance aux images officielles, la forme du cinétract a naturellement perdure, s’est même multipliée, a muté, perpétuellement réembarquée du fait de la multiplication des procédés d’enregistrements et des supports de diffusion.
Dans un contexte d’interconnexion permanente, quelle est sa forme aujourd’hui ? Le nouveau corpus d’images, celles postées sur le net par les amateurs, les nouvelles images (webcam, drone, 3D) qui sont à disposition, déplacent le protocole de départ.
Treize artistes répondent par une commande originale à la question du cinétract en 2016. 
 
Performances
 
SAMEDI 20 AVRIL, 15H – FORUM -1
ANNA HALPRIN & ANNE COLLOD
ANNA HALPRIN, ÉTATS-UNIS, 1920 :  Figure majeure de la post-modern dance américaine, Anna Halprin a fasciné des générations de chorégraphes par ses improvisations structurées et son approche interdisciplinaire de la danse. A 95 ans, elle continue à danser, créer et enseigner.
ANNE COLLOD, FRANCE : Danseuse et chorégraphe, Anne Collod a été récompensée par un Bessie Award en 2009 pour ses réinterprétations de Parades
& Changes (1965) d’Anna Halprin.
 
BLANK PLACARD DANCE (REENACTMENT) -160’ - PERFORMANCE
La Blank Placard Dance est une performance créée par Anna Halprin à San Francisco à la fin des années 60, en réaction à la guerre du Vietnam et en écho au mécontentement social qui secoue le pays.
Un étrange cortège défile en silence dans les rues les plus animées de la ville brandissant des pancartes blanches. A la question des passants « Contre quoi protestez-vous ? » les danseurs leur retournent l’interrogation « Contre quoi voulez-vous protester ? » et collectent leurs réponses. Dans le cadre d’Hors Pistes, Anne Collod, en dialogue avec Anna Halprin, recréé l’œuvre avec une trentaine de danseurs professionnels et amateurs. Elle donne une résonnance contemporaine à cette œuvre des années 60 et questionne la dimension politique de la performance et son inscription dans l’espace urbain.
Production Les spectacles vivants.
 
Parole et rencontre
 
À l’ occasion du festival, seront organisées plusieurs tables rondes par le service de la parole et la BPI avec notamment : Gabriella « Biella » Coleman, Danielle Tartakowsky, Esteban Buch, Isabelle Sommier, Gaby Bonnefille… et une journée organisée par Geoffroy de Lasganerie, avec entre autres
Edouard Louis, Achille Mbembe, Catherine Corsini, Céline Sciamma… 
 
Toutes les rencontres :
- Conférence inaugurale de Gabriella « Biella » Coleman Vendredi 22 avril, 19h – Petite salle
- Les livres vivants : bibliothèque vivante des militants
Les 27, 28 et 29 avril de 17h30 à 19h30 – Forum -1, dans la bibliothèque participative
- La guérilla gardening ou L’art de la révolte jardinière avec Gaby Bonnefille
 Mercredi 27 avril, 19h – Cinéma 1
- Les signes du combat : La manifestation, une conférence de Danielle Tartakowsky, avec Mathieu Potte-Bonneville.
Mercredi 27 avril, 19h – Petite Salle
- Les signes du combat : La musique, la politique et l’écoute émue, une conférence d’Esteban Buch, avec Marielle Macé.
Jeudi 28 avril, 19h – Petite Salle
- Les signes du combat : La rhétorique, une conférence d’Isabelle Sommier
 Vendredi 28 avril, 19h – Petite Salle
- L’esprit d’insoumission : hier, aujourd’hui autour de Dionys Mascolo avec Dominique Cardon, Edgar Morin, Jean Pierre Saez, Gisèle Sapiro, Jean-Marc Turine et Leyla Bakhli.
Lundi 2 mai, 18h – Petite Salle
- Exposer la Recherche en Art - « L’activisme dans l’art » avec Loïc Fel et Jorge Orta,
Rencontre animée par les étudiants Renata Bellanova, Pietro Della Giustina et Firouzeh Saghafi
Jeudi 5 mai, 19h – Petite Salle
 
Les ateliers
(entrée libre et sur inscription :nouvelle-generation[at]bpi.fr)
 
Initiation au tag en mousse, ateliers de hacking, de cryptographie ou de jeu vidéo engagé, dans les différents espaces qu’occupe la manifestation de nombreux ateliers sont proposés. Plus que jamais Hors-Pistes se veut participatif.
 
Centre Pompidou - Festival Hors Pistes du 22 avril au 8 mai 2016
 
 

 

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