UP' Magazine L'innovation pour défi

architecture et urbanisme

Quelle modernité pour Paris ? Entretien avec Jean-Louis Missika

"La ville se transforme. Ces dernières décennies ont été marquées par de profonds changements qui affectent particulièrement les villes : émergence de nouvelles technologies qui révolutionnent les télécommunications et les transports, risques liés au climat et à l’environnement, modifications des modes de travail, évolution des formes de vie sociale et familiale, flux migratoires, mutations du monde économique…" C'est en ces termes qu'Anne Hidalgo, Maire de Paris, aborde son projet de modernisation pour Paris 2014-2020. Un projet très concret avec 26 propositions recensées dans un petit livre "Paris qui ose".

Des transformations urbaines qui doivent passer par l'agriculture urbaine, des réseaux intelligents, une revalorisation des déchets,... En quoi va consister la politique de modernisation de Paris et du "Grand Paris", qu'en est-il de l'axe Paris Seine, quel avenir pour la tour Triangle ? Rencontre avec Jean-Louis Missika, dans son bureau à la Mairie de Paris. Bureau historique puisqu'il fut celui de Georges Clémenceau où les ornements sont ceux des valeurs sûres de l’art officiel et des thématiques classiques. C’était l'époque du triomphe de l’allégorie exaltant la République, le règne des sciences et de la mécanique, la pensée et la connaissance, et Paris avec ses fêtes, ses monuments, ses environs et ses métiers, y était amplement glorifié. Un signe ?!

 

Paris grandit, Paris bouge, Paris innove... Justement la politique d'innovation de la Ville dont Jean-Louis Missika était en charge avant avril 2014, parlons-en !

médias et innovation

Sparknews ou l'information généreuse

100 millions de lecteurs. 40 journaux du monde entier. Ce sont les résultats de la participation à la 2ème édition de l’Impact Journalism Day initié et coordonné par Sparknews. Le 20 septembre dernier, ces journaux ont publié en moyenne huit pages sur des solutions concrètes qui changent le monde. Le but : inspirer les lecteurs pour qu’ils deviennent à leur tour acteurs du changement. 

Sparknews est une entreprise sociale qui identifie et valorise les initiatives à fort impact social à travers trois outils : une plateforme vidéo collaborative (www.sparknews.com), l’Impact Journalism Day (et ses déclinaisons) et des missions de conseil en entreprises. L'Impact Journalism Day fédère les rédacteurs en chef des plus grands journaux du monde, fruit d'un travail collectif mais surtout d'une sensibilité sociale très forte de la part de son fondateur, Christian de Boisredon. Il le dit lui-même : « L’impact journalism c’est la valorisation du double impact que peut avoir un journaliste : il a un premier impact lorsqu’il dénonce un problème et nous alerte, mais il peut avoir un double impact lorsqu’il présente, en plus, une solution concrète qui répond à ce problème, en nous donnant des pistes pour agir. Et toutes les études témoignent d’attente pour ce type de contenus.» UP' Magazine ne pouvait manquer une rencontre avec cet entrepreneur social passionné.

 

www.sparknews.com

économie sociale et solidaire

Lorsque le Développement Durable se décline aussi en Développement Solidaire

Ça me regarde, co-créé par Arnaud Fimat et Ségolène Delahalle, est une coopérative (SCOP) dont la vocation est d'aider les entreprises à développer leur implication sociétale. Elle répond à un besoin criant de sens des salariés et managers. Ils ont développé un concept qui met en relation des associations pour réaliser des chantiers solidaires avec des salariés et managers d’entreprises. Il sont les leaders des chantiers solidaires en France et  ambitionnent pour demain de créer un réseau des entreprises solidairement impliquées. Rencontre.

Pouvez-vous nous dire qui vous êtes ? Votre parcours, ce qui vous a conduit à créer Ca me regarde ?

Arnaud Fimat : J’ai bientôt 40 ans. J’ai eu un démarrage de carrière classique, j’ai débuté chez Thales où j’avais des activités liées à la sécurité, puis j’ai continué pour d’autres grandes entreprises de ce type. Ensuite, je suis entré chez Manutan qui est une grosse PME de la région du nord de Paris, et là j’ai découvert l’environnement de l’immobilier.

Avec le boum du Développement Durable en 2007/2008, Manutan s’est posé la question de ce qui pourrait être fait pour sensibiliser son personnel. Le patron a une idée intéressante : au lieu d’aller chercher un ténor du DD qui déclamerait ses solutions durant la « messe » annuelle, il a voulu créer une équipe participative de collaborateurs pour s’emparer du sujet. Nous avons constitué une équipe d’une dizaine de personnes représentant toutes les directions de l’entreprise afin de réfléchir, en plus de notre temps de travail, c’est-à-dire le soir et le week-end, à ce que pourrait être « Manutan et le DD ».

Nous avons évidemment commencé par trier des déchets, changer les ampoules, imprimer moins, et toutes sortes d’autres actes éco-citoyens jusqu’au jour où nous nous sommes demandé ce que nous pourrions faire dans le domaine sociétal.
Nous avions remarqué que ce volet était rarement traité par les entreprises.

Motivés par cette envie d’agir de manière solidaire, nous sommes allés rencontrer des associations, car il fallait « défricher le terrain », imaginer avec l’une d’entre elles un projet. Ce qui a été un peu compliqué car l’association avait beaucoup de peurs et d’a priori sur le monde de l’entreprise telles que : « qu’est-ce que ces capitalistes qui viennent redorer leur image en faisant une journée de green washing ? »
Puis, nous sommes parvenus à bien travailler avec une première responsable d’association en imaginant ensemble un projet. Douze personnes de Manutan, dont Ségolène - co-fondatrice de Ça me regarde -, sommes partis tester un chantier au sein de cette association. Ségolène, via la communication interne, avait diffusé l’information pour que les salariés soient informés de notre projet. Le message tenait essentiellement en ces mots : « qui a envie de poser une journée de RTT pour partager un engagement solidaire au sein d’une association ? »

Car c’était sous forme RTT ?

AF : Oui, ce qui implique un véritable engagement du collaborateur.
C’est ainsi que nous sommes partis à douze vivre cette première expérience, participer à un chantier solidaire pour une association engagée dans une mission sociale et solidaire. 
Là, il s’est passé quelque chose. Il y a eu un véritable déclic, notamment pour Ségolène et moi. 

Nous avons renouvelé l’expérience l’année suivante dans le cadre de la semaine du DD impulsée par le gouvernement et nous avons créé un partenariat avec une nouvelle association. A cette occasion, les collaborateurs de Manutan nous ont partagé qu’ils avaient bien compris notre intention et qu’ils ne voulaient pas faire ça une fois de temps en temps mais de manière régulière. Ce qui nous a conduit à accélérer la cadence.

Qu’est-ce qui a créé cet engouement ?

AF : Nous avons été surpris. Nous ne nous attendions pas au décloisonnement que cela a permis au sein de l'entreprise. Un cariste et la DRH se sont embrassés le lendemain et causèrent l’étonnement du reste des salariés ; les autres caristes disant : « mais tu es de quel côté ? Du côté du patron ou du nôtre ? – Pourquoi tu lui fais la bise ? – C’est elle qui m’a appris hier à poser du papier peint. »

Nous avons pris conscience combien ces chantiers étaient extraordinairement efficaces en terme de cohésion. Cela permet de regarder les autres sous un nouveau regard et de se découvrir soi-même aussi, révélant talents et ressources dans cette mise à disposition d’une journée au service d’un projet sociétal ou solidaire.
Alors nous est venue l’envie avec Ségolène de nous dédier à ce type d’actions. Nous avons démissionné ensemble de chez Manutan et nous avons co-crée à partir de rien. Nous avons choisi la forme d’une coopérative, une scop, car nous voulions coucher sur le papier le périmètre de l’entreprise que nous souhaitions créer. Celle-ci permettant de répondre à notre objectif d’être rentable et de réaliser des profits pour nous payer et investir.

Quel est l’objectif de « Ça me regarde » ?

AF : Nous proposons des journées « clé en main » solidaires sur trois formats possibles. Le format classique du séminaire : au lieu de faire du karting, de l’accro-branches et autres activités de team building, Ça me regarde emmène les personnes chez Emmaüs, aux Resto du cœur, au Secours populaire ou sur un chantier nature à ramasser des déchets ou lutter contre une plante invasive.

Le deuxième format c’est le format « historique » c’est-à-dire les RTT. Nous proposons à une entreprise de proposer dans le cadre des RTT une ou plusieurs journées dédiées aux chantiers sociaux et solidaires. Avec la GMF nous avons mis en place six journées sur l’année et avec la Macif quatre journées par an.
L’entreprise propose, le salarié dispose. Le personnel s’inscrit et pose un engagement en s’investissant aux côtés des associations.

Le troisième format est davantage celui d’une formation, car l’immersion des salariés et notamment dans l’environnement de la grande précarité est un moyen de faire tomber les masques et de créer des moments d’authenticité, rares en entreprise.
Nous nous servons de cette immersion pour travailler la cohésion d’équipe, le stress, les émotions, le leadership. Ceci se produit, une fois que les personnes ont dépassé leurs différences et ont trouvé un espace de rencontre au-delà des hiérarchies.
Car lorsque l’on va « aider » les compagnons d’Emmaüs, on comprend très vite, contrairement aux idées reçues, que ce sont les salariés qui vont prendre une leçon de vie. En effet, chez Emmaüs, il n’y a pas de contrat de travail, il y a 17 nationalités, 55 langues et tout fonctionne sans cadre. Et pourquoi ? Le socle des valeurs est tellement fort que cela fonctionne uniquement sur les valeurs. Et dans l’entreprise dans laquelle il y a beaucoup de cadre et de règles on note plus de dysfonctionnements.
Durant ces séminaires nous effectuons des parallèles entre les deux environnements et nous incitons les participants à en tirer les leçons.

Qu’est-ce que ce « travail » vous apporte ?

AF : Pour Ségolène et moi et depuis peu, avec Cyrielle qui développe désormais Ça me regarde à Lyon, ces journées nous apportent beaucoup de bonheur.
Chaque journée faite ce sont des yeux qui s’ouvrent, des conditionnements et barrières œillères qui s’estompent et cela se passe sans nous. De nombreux participants s’engagent à la suite des chantiers ensuite comme bénévoles dans telle ou telle association.
Nous avons réalisé un séminaire pour des hauts potentiels d’une filière de Total, CCP Composite, et à la fin de la journée, le directeur nous dit : « c’est la première fois qu’ils se parlent ». Cela faisait sept ans qu’il organisait des séminaires de toutes sortes et c’est la première fois qu’ils se parlaient véritablement. »
L’immersion amène l’empathie naturelle. Elle conduit à la posture basse , celle de l’humilité et non la posture haute de l’expert ou du sachant.

Et nous n’avions pas imaginé ces éléments au départ, cela a surgi au fil des expériences.
De ce fait, nous sommes enthousiastes à venir dans l’entreprise. Et en ce qui me concerne, je n’ai pas l’impression de travailler. Nous avons divisé nos salaires par 4 ou 5 avec Ségolène mais nous vivons pleinement ; nous sommes remplis chaque jour par ces expériences. Nous sommes contents de ce que nous faisons. Nous ne sommes pas dans la démarche commerciale de vendre notre business. 

Avec nos clients nous co-créons des formats qui répondent à leurs besoins et qui font sens pour l’entreprise et pour l’association. Nous n’avons pas de catalogue de chantiers solidaires, nous élaborons avec le client qui veut travailler une problématique, la réponse adaptée. A nous de comprendre ce que le client veut faire vivre à ses équipes et derrière, nous co-créons la journée. Nous l’impliquons dans la préparation, l’élaboration et parfois même la participation.
De cette manière nous fonctionnons de manière tripartite : l’association, l’entreprise et Ça me regarde.

Quel est votre modèle économique ?

AF : Pour le moment, nous gagnons peu, nous sommes au SMIC, ET nous sommes heureux. Nous avons envie de pousser plus loin le projet. Surtout lorsque nous entendons que des personnes qui font des heures de traitement de données sur Excel prennent des journées sur leur temps de loisir pour aller trier des vêtements chez Emmaüs, cela veut dire qu’il faut aller encore plus loin. Ça marche très bien par recommandation.
On a déjà rencontré 1500 personnes qui ont participé à nos journées ou utilisé leur temps RTT auprès d’associations.

Nous existons depuis trois ans. La première année a servi à nous faire connaître, la deuxième nous avons réalisé des chantiers et pour la troisième année, nous avons fidélisé des entreprises qui reviennent. Le CA est modeste mais en croissance.

Les gens ont besoin de se sentir utiles, de retrouver du sens...

AF : Oui. C’est le sentiment d’utilité qui est perdu en entreprise et nous voyons comment nous pouvons aider à le restaurer. De nombreuses personnes ont beaucoup de mal à se projeter dans le projet de leur entreprise tant il est parfois déconnecté du réel.
Et nous leur faisons vivre des choses tellement simples. Le vrai luxe c’est la simplicité avait dit Picasso. Nous leur faisons vivre des rencontres simples.
Par exemple : nous avons réalisé des journées avec la GMF et la responsable RSE était là pour voir si tout se passait bien, sans participer. J’essaie de la connecter avec un compagnon d’Emmaüs, notamment pour qu’il raconte sa vie. Et il lui explique qu’il a fait la manche pendant 27 ans devant le palais de justice de Paris et que c’étaient les plus belles années de sa vie et qu’il ne comprend pas comment elle fait pour travailler enfermée dans un bureau. Il lui explique qu’il avait les poches pleines, qu’il obtenait beaucoup d’argent, et surtout il se sentait vivant. 

Et d’assister à ce constat, cette différence entre elle qui doit très bien gagner sa vie, toutefois avec une mine un peu terne, et lui disant combien il avait été heureux avec 15 euros par jour et qui resplendissait de vie, avec ses 27 ans de rue, sans savoir où il allait dormir le soir, le contraste était impressionnant et les effets sur chacun.

Des bénéficiaires d’associations, notamment chez Emmaüs, nous disent combien ils se sentent heureux et chanceux d’avoir la vie qu’ils ont. Et nous sommes persuadés que chacun peut s’inspirer de l’autre. Cet environnement solidaire peut inspirer l’entreprise sur plein de sujets.

Une expérience m’a vraiment changé : on organise une journée pour le comité de direction d’une société, et lors du débriefing, autour du sujet : « c’est quoi une équipe ? », il y a eu un partage d’impressions et de contacts tels que : « le matin, ils se disent bonjour. Et nous ? ». Une équipe peut peut-être commencer là. Ces constats ouvrent des dialogues authentiques entre les participants. Et le DRH, lui ne disait rien dans son coin. Et je le sollicite et il nous livre : « j’étais avec un homme qui est venu des Balkans à pied, il a laissé sa femme et ses enfants là-bas, j’ai passé cette journée sous la pluie avec lui, on est vraiment pas du même monde ; il pue, c’était vraiment une rencontre improbable et puis il m’a expliqué la ferraille et tout d’un coup il a une bouffée d’émotion, il explique en larmes et il dit à son patron : « peut-être que nous aussi on pourrait apprendre à donner une deuxième chance ». J’en ai encore des frissons. Six mois après sa vie a changé, il s’est montré vulnérable devant ses collègues, il s’est mis à pleurer et désormais sa porte est ouverte.

Ségolène et moi réalisons Ça me regarde pour ces moments-là. Je me lève pour ça.

Evidemment les chantiers doivent être utiles aux associations, mais au-delà de la part visible de l’iceberg, c’est surtout les effets des rencontres (3ème génération) improbables que nous visons. C’est le plus important.
Et c’est de ça dont les gens ont besoin, se reconnecter à des choses simples comme à l’essentiel vécu lors des rencontres.

Quelle serait la citation qui vous inspire, vous caractérise ?

AF : « Soyons le changement que nous voulons pour le monde. » Gandhi.
Cela me donne envie de relater un récent exemple. Il s’agit de la collecte géante de dons chez Coca-Cola. Nous avons disposé d’une salle pour nous pendant une semaine, les personnes de l’association sont venues dire à quoi allaient servir les dons, le vendredi une dizaine d’ambassadeurs Coca-Cola sont venus déposer les dons dans l’association et cela a crée un buzz extraordinaire au sein de l’organisation.

Aider quelqu’un de plus pauvre que soi, cela crée des relations, chacun amène quelque chose et cela permet de partager et d’expérimenter des valeurs communes et c’est de cela dont les gens ont besoin.
Cela tisse des liens entre salariés autres que la feuille de paye. Que chacun puisse donner, cela tisse des liens de qualité et répond au besoin de sens.

A l’instar d’un nuage de tags, quels sont les mots clé qui caractérisent Ça me regarde ? 

AF : Rencontre, solidaire, joie, surprise, échange, journée, étonnement, vraie vie et Encore !

Comment vous projetez-vous dans cinq ans ?

AF : Pour ce qui me concerne, j'aimerais pousser une réflexion académique et terrain sur qu’est-ce que les gens viennent chercher dans ces journées solidaires ? Le sujet de la rencontre me passionne.
J’aimerais que l’on vende aux entreprises des rencontres et pas uniquement une journée utile dans et pour une association. Aujourd’hui nous communiquons sur la partie visible de l’iceberg mais celle qui est invisible et essentielle ce sont les rencontres.

Et Ça me regarde dans 5 ans ?

AF : Je voudrais que l’on devienne la référence des chantiers solidaires en France. Avoir créé entre toutes les entreprises et les participants un mouvement d’entreprises impliquées.

Est-ce qu’il y a des personnes qui veulent vous rejoindre ?

AF : Expliquer Ça me regarde aux entreprises c’est très compliqué. Si la journée se passe bien nous sommes très effacés, tout est réalisé en amont dans la préparation et certains ne nous voient pas. Pour ceux qui ont compris notre concept, ils souhaitent être bénévoles et nous demandent comment nous aider.

Quel est l’impact sur vos vies personnelles ?

AF : Aucun. Certes une baisse de salaire, je me fais une fierté d’avoir une courbe salariale en diminution et d’avoir renoué avec le sens.
Et mon épouse m’a dit : « s’il faut vendre la maison pour Ça me regarde on vendra la maison. » C’est un projet qui porte la famille.

Qu’auriez-vous envie d’ajouter au-delà de ces questions ?

AF : Compte-tenu de l’évolution de la société, ce dont je suis persuadé c’est que si toutes les entreprises s’y mettaient alors il serait réellement possible d’améliorer la société et la vie de l’entreprise.
L’effet dans les entreprises qui se sont engagées dans ces chantiers solidaires c’est que la communication, la cohésion se sont améliorées entre collaborateurs. Ils se sentent mieux. Nos chantiers favorisent le bien-être comme la cohésion.
Tout a changé dans ma vie, mes costumes sont au placard, je vais voir les dirigeants en basquettes ! Je suis moi ! Pleinement avec envie, passion, enthousiasme et je dévore la vie !

Et si nous traitions les avènements ?

Aujourd’hui s’ouvre à Oran, le Congrès international féminin pour une culture de paix. Un mois après l’assassinat d’Hervé Gourdel, cet événement placé sous haute sécurité, entend témoigner qu’il y a d’autres nouvelles que la spirale de la peur. Organisée par la Fondation Djanatu Al-Arif (Le paradis du connaissant) et l’ONG internationale AISA portée par le Cheik soufi Khaled Bentounes, cette semaine d’échanges interculturels mise sur « l’énergie féminine (des femmes comme des hommes), porteuse de paix par essence. Cet engagement dans des cohabitations non plus subies mais fécondes pour soutenir un « mieux vivre ensemble » entend valoriser les initiatives multiples contre les replis identitaires.

Témoin et acteur de ce mouvement, Patrick Busquet est en poste à Kinshasa (République démocratique du Congo) pour la Fondation Hirondelle (www.hirondelle.org). Expert en mission auprès de l’ONU et ancien grand reporter, il exhorte à sortir de l’égocentrisme ambiant, d’un encodage des cerveaux à la violence, et propose de nous centrer sur les valeurs humaines partagées et les enjeux constructifs.

Pensez vous que les médias peuvent contribuer à une culture de paix ?

Patrick Busquet : Voici dix ans, alors que je dirigeais à Paris une équipe pour la création d’une agence d’information dédiée aux innovations sociales et sociétales, nous avions réalisé une étude afin d’évaluer la part positive des contenus diffusés par les médias français. Le résultat était inférieur à 1% !

Ce 1% englobait de la belle histoire individuelle sans intérêt collectif (par exemple : un parachutiste saute d’un avion en ayant oublié son parachute, un autre se précipite, le rattrape et lui permet de toucher terre sans dommage) ; des thèmes de développement personnel, dont beaucoup, bien qu’intéressants et utiles, sont plus égocentrés que d’intérêt général, et des informations constructives sur des sujets ayant un intérêt général, orientés vers l’amélioration de la vie (par exemple : Barefoot College, ce centre de formation créé par Bunker Roy en Inde, qui transforme des femmes analphabètes en ingénieures en énergie solaire).

99% des contenus produits, à l’époque par les médias français, étaient polarisés sur les catastrophes, les guerres, les tensions et les conflits de toutes sortes, le business, l’actualité événementielle, le divertissement et la distraction, le ragot, les stars, le débat et la polémique, le commentaire, le commentaire du commentaire, etc. Il s’agit là d’un encodage des cerveaux à la violence (y compris celle qui ne s’exprime pas par le conflit), la violence des tragédies mais aussi celle des réalités illusoires et artificielles. 

Cet encodage agit par une parole à fragmentation (comme il existe des bombes à fragmentation) : les contenus fabriqués par cette parole, dans les médias ou dans nos échanges courants, réduisent la vie à une pulvérisation d’histoires. Cette narration du monde est loin, très loin de dire la vie, quoique en prétendent les médias, particulièrement ceux de masse.

Quelle forme donnons nous donc au monde ?  

PB : Par le biais des technologies, environ 4 milliards de personnes sont devenues… des médias puissants. Depuis 2012, nous produisons et diffusons plus de contenus que tous les médias du monde. Il s’agit, massivement, de contenus presque jamais vérifiés, souvent de rumeur, de fausseté, de futilité ; ces derniers expriment surtout des opinions, des expressions narcissiques dans une recherche de profits, de jouissance immédiate… Une minorité de ces contenus apporte des éclairages justes et originaux, partage des expériences utiles, est éclairée par le génie humain.

Ainsi, les médias et les publics, sont mus par de la négativité (esprit de division, de compétition et de conflits entre les personnes, entre les représentations culturelles, entre les organisations, entre les nations). Bien sûr, ils peuvent se mobiliser pour la beauté ou la générosité, mais ces logiques n’ont aujourd’hui qu’une place résiduelle.  

Ces regards négatifs n’ont pas été créés par les médias. Nous sommes leur origine. Nous les transmettons à nos enfants dès leur conception, dans le bassin des femmes, dans nos familles, dans nos milieux privés, dans les systèmes que nous créons. Ainsi nos messages, médiatiques ou de conversation, maintiennent le monde dans le pire (désenchantement, irresponsabilité, désespérance collective…).

Ainsi, nous construisons la vision par laquelle nos enfants donneront, à leur tour, forme au monde. Mais, sommes-nous obligés de parler à nos enfants comme les médias nous parlent ? Pourquoi ne pas faire l’effort de chercher, sous les couches des apparences, les jeunes pousses de véritable libération ? Pourquoi ne pas ouvrir une conversation avec les médias ?

La responsabilité des médias et des individus est intimement fusionnée. Les médias ne sont critiquables que dans la limite de notre influence sur eux. Parce qu’ils ne diffusent que les contenus que nous validons. Par les médias, nous imposons les formes de société que nous désirons. Autrement dit, les 99% de contenus négatifs que j’évoquais, sont en rapport avec notre part d’ombre. Donc, la situation actuelle, catastrophique pour la santé psychique de l’humanité, peut changer, par l’œuvre d’un choix qui dépend… de nous.

La parole est-elle devenue toxique ?

PB : Et si l’humain ne savait pas parler ? Et si la guerre était née de l’aphasie humaine ? Pour sortir de sa guerre civile, l’humain ne doit-il pas donner un langage commun à la diversité de sa famille ?

Vous savez la Fondation Hirondelle, a été créée par des journalistes suisses, à la suite des massacres entre Hutus et Tutsis, du côté du Rwanda et du Congo. Depuis 20 ans, elle installe des médias dans des zones de crises. Elle installe prioritairement des radios qui sont les média les moins intrusifs. La voix accompagne, tandis que la lecture oblige à se mobiliser et que l’image détourne, souvent, son sujet au profit d’elle-même.

En République démocratique du Congo, la Fondation Hirondelle travaille avec 90 radios communautaires, sur 400 qu’en compte le pays. Elle a créé aussi, voici 13 ans, Radio Okapi pour la Mission de paix de l’ONU, la Monusco. C’est la radio la plus importante du pays. Quand interviennent des actes tragiques, les auditeurs et les auditrices dénoncent les crimes auprès de Radio Okapi, bien avant se tourner vers les autorités de police ou de justice.

Certains journalistes, telle Caddy Adzuba, ré­compensée la semaine dernière par le prix Concorde de la Fondation Prince des Asturies, à Oviedo (Espagne), pour son action de lutte pacifique contre la violence faite aux femmes (il y a en moyenne 36 viols par jour en RDC), contre la pauvreté et la discrimination, sont des héroïnes et des héros aussi admirables qu’ordinaires.

Vous pronez un changement d’attention…

PB : Nous savons être magnifiques dans le malheur et l’urgence. Nous pouvons le devenir dans le quotidien. Nous pouvons traiter notre intoxication négative, gravement avancée, en accordant moins d’espace mental aux événements, en repositionnant nos regards sur les avènements, c’est-à-dire sur les enjeux de la construction du futur et les réponses proposées. Cela veut dire encourager une nouvelle architecture de la parole agissante qui cerne un enjeu, un contexte, une réponse, un effet et qui met en conversation nos expériences, pour les mutualiser. Pour en sublimer aussi les difficultés, et ainsi entrer dans une conversation non plus des seules idées, mais des actes : cette conversation des expériences installera peu à peu notre universalité, elle nous hissera dans cette humanité dont nous portons la promesse, tout en la détruisant par la négativité que nous avons accumulée au fil des générations et des enfermements comportementaux. La conversation des expériences équilibrera la conversation des idées qui, souvent, nous emporte vers les idéologies et la guerre.   

La culture de paix s’installera dans le monde, si nous jardinons les initiatives en ce sens, et si développons un « Langage des expériences ». Pour faciliter la transformation du monde, nous devons modifier nos représentations. Pensez-vous que nous aiderons à l’émergence d’une culture de paix si nous continuons à confondre, par nos médias et par nos conversations les mondes islamo/persan/arabe/tchétchène/afghan/asiatiques ou banlieusards des pays riches, etc. avec les organisations violentes qui prennent l’Islam en otage ?  De même, nous mélangeons souvent les croyances religieuses avec les dictatures morales et sociales, qu’elles soient sexuelles,  vestimentaires, coutumières, etc. ?

Si nous faisions l’effort de parler davantage des villages judéo-palestiniens vivant en paix, éduquant à la paix, des expériences hospitalières ou éducationnelles de même esprit, pensez-vous que ces paroles ne produiraient pas d’effet positif ? Pensez-vous qu’une parole apaisée des femmes, entre elles, avec leurs conjoints, avec leurs enfants, avec leur environnement, n’assècherait pas les barbaries, peu à peu ?

Propos recueillis par Dorothée Browaeys, Rédactrice en chef adjointe UP' Magazine

 

 

 

Vitrines sur l'art : l'ADN du groupe Galeries Lafayette

6ème édition des « Vitrines sur l’art » aux  Galeries Lafayette Haussmann jusqu'au 30 juillet 2014 à Paris et en région. Au total, 21 musées et centres d’art sont invités à investir les vitrines des magasins de Paris, Bordeaux, Marseille, Nantes et Strasbourg. Pour cette nouvelle édition, chacune des institutions s’associe à un artiste qui réalise une ou plusieurs installations inédites pour leurs vitrines. Tels des extraits d’expositions, ces projets feront écho à la programmation des 21 institutions. Grâce aux oeuvres des 23 artistes représentés, les visiteurs auront une vision panoramique de la création d’aujourd’hui et de l’offre culturelle de leur ville. Ce sont les nouvelles valeurs du Groupe Galeries Lafayette qui ont été redéfinies récemment et désormais mettent l’innovation en première ligne.

Entretien avec Elsa Janssen, directrice des événements culturels, depuis huit ans à la direction de la Galeries des Galeries qui expose sur 300m² au 1er étage du grand magasin: « Ma responsabilité est d’offrir un espace d’expression aux artistes ».

Pensez-vous que le commerce actuel est en cours de mutation ?

Elsa Janssen : Aujourd’hui, la façon de consommer des individus évolue : la façon de circuler dans un grand magasin, de se déplacer. Pour les inciter à justement se déplacer, il faut innover, soit continuer à s’inscrire dans l’avenir en incarnant la modernité. Dans l’histoire de ce qu’est un grand magasin, il a toujours été question de valoriser les artistes pour les soutenir en tant que partenaire, d’une part et d’autre part, pour que le visiteur vienne aussi en tant que simple touriste : les Galeries Lafayette sont le troisième monument le plus visité de Paris ; il y a plus de 100 000 visiteurs par jour.

Il s’agit donc d’une mission de leur faire vivre quelque chose d’unique. L’art en est le plus vif prétexte.

D’où vient cette idée d’habiller les vitrines avec des œuvres d’artistes ?

EJ : Ce que j’aime par-dessus tout, c’est chercher et avoir des idées à proposer. Quand la question s’est posée de savoir quoi mettre dans les vitrines, juste après les soldes, dans la rigueur d’un calendrier précis, très rythmé, il y avait cette respiration estivale : l’évidence a été immédiate d’offrir tous les musées de Paris, de les fédérer côte à côte pour permettre ce rêve d’une visibilité de l’actualité artistique dans les vitrines.

A travers les différentes institutions parisiennes et maintenant, régionales, vous avez décidé de donner une autre vitrine de « liberté » face au statu quo habituel de l’artiste en le libérant de la galerie ou de son lieu d’exposition classique qu’est le musée. Quelle a été la véritable motivation des Galeries Lafayette, à part occuper des vitrines vides ?

EJ : Selon moi, quand on a la chance de bénéficier de tels espaces de respiration, les meilleurs ambassadeurs de la beauté sont les artistes. Avec très peu de moyens, très peu d’éléments, ils peuvent créer des projets superbes. Je ne me lasserai jamais de l’art et de la capacité des artistes à mettre en scène un espace. Ensuite, fédérer ces musées et participer ainsi à la démocratisation de la culture par la mise en avant de ces institutions qui agissent et font la culture à Paris, notamment la création contemporaine. Il ne s’agissait pas de travailler avec des institutions trop patrimoniales, car nous sommes une entreprise de mode et la mode si vivante est plus légitime à travailler avec le Palais de Tokyo qu’avec le Louvre. Par ailleurs, pour des raisons de conservation, nous ne pouvons pas exposer des peintures et chefs d’œuvre fragiles. Notre mission est de promouvoir la création contemporaine en premier lieu.

Comment s'est effectuée la sélection des artistes exposés ?

EJ : Le premier choix des Galeries Lafayette est celui des musées. Avec à Paris, des musées qui sont présents depuis six ans : le musée d’art moderne, le Palais de Tokyo, maison rouge, …
Habituellement, je leur donnais comme exercice la création d’une vitrine faisant écho à l’exposition présentée durant l’été. Chaque musée avait donc sa propre façon de concevoir ces vitrines : soit en invitant un artiste, soit avec le commissaire d’exposition et les régisseurs, soit avec le scénographe de l’exposition ; il y avait plusieurs déclinaisons possibles. Cela faisait des projets réalisés par différents corps de métier liés à la création.

Nous avons innové cette année, en souhaitant redynamiser le concept. Nous avons réalisé que les plus belles vitrines étaient celles réalisées directement par les artistes in situ. J’ai donc donné comme exercice supplémentaire aux musées de sélectionner un artiste vivant qui créera la vitrine spécifiquement pour vous. Il y a donc un jumelage qui n’existait pas les années précédentes et qui, en regard de chaque institution, on a un artiste mis en avant. Cela débouche sur 21 institutions, 23 artistes pour 29 vitrines.

Sur quelles bases sont définis les thèmes exposés ?

EJ : Les vitrines sont comme les bandes annonces de leurs expositions, mais en vitrines. Le visiteur parisien et les touristes vont pouvoir regarder les vitrines et avoir ainsi une vue d’ensemble de ce qui se passe cet été dans les musées, comme de mini extraits d’exposition !

Ces artistes ne sont pas dans l’univers de la mode ; qui sont-ils ?

EJ : Quand nous parlons d’artiste, nous pensons à plasticien. Et un plasticien peut être sculpteur, photographe, il peut réaliser des installations,…Les 23 artistes exposant dans nos vitrines sont donc tous des plasticiens, à l’exception d’un artiste du musée du quai Branly qui est architecte et de un ou deux graphistes. Mais en effet, aucun n’a de lien avec la mode. Et ils n’ont aucune contrainte de rentrer dans cet univers.

Quels retours avez-vous des visiteurs sur ces vitrines ?

EJ : Nous effectuons chaque année un micro trottoir où nous interrogeons un panel d’environ 150 personnes. Connaissaient-ils les musées ? Ces vitrines leur ont-elles donné envie d’aller voir les expositions ? Quelles expositions ont-elles envie d’aller voir ? Quelle est leur vitrine préférée ?

Il s’agit là d’un vrai projet de circulation : mon rêve est que les gens qui n’ont pas accès à la culture et qui sont surpris par une création en vitrine aient envie d’aller à maison rouge, par exemple, de découvrir et d’aller plus loin.  

Et pour les artistes exposés ?

EJ : Pour certains artistes, l’image des vitrines des Galeries Lafayette reste une référence dans leur imaginaire d’enfant. Certains créaient même des vitrines animées. Leur rêve est devenu réalité…

Sur quelle base avez-vous choisi d’exposer dans certaines villes de province ?

EJ : Sur la base de magasins d’au moins 10 000m² situés en situation idéale de centre-ville. L’impact de ce projet est particulièrement fort en région : la situation de directeur de magasin et très différente de celle de notre directeur à Paris où l’offre est tellement pléthorique et la concurrence énorme. En région, les Galeries Lafayette sont souvent leader et sont le magasin de référence ; le directeur de magasin a donc un vrai rôle d’acteur dans sa ville : c’est un contexte d’innovation très important ou comment faire des 60 magasins de région des partenaires leader, comment créer un projet d’entreprise nouveau pour les salariés (500 personnes par magasin en moyenne) pour les démonstrateurs, les vendeurs, les différentes équipes de vente . C’est donc un projet d’entreprise, un projet d’expérience pour nos clients, un projet de politique de vie car on sait comment la culture peut être vecteur de dynamisation des villes. Prenons l’exemple de Lille, Marseille… Comment lier culture, commerce et loisirs. C’est donc un pari de dire qu’on est une force aussi pour participer à ces atouts et la mise en valeur des atouts d’une ville.

Est-ce que les Galeries Lafayette sont un magasin de luxe ?

EJ : Ce n’est pas notre positionnement. Les GL ont toujours revendiqué ce qu’on appelle une offre en ciseaux, c’est-à-dire une offre qui doit aller chercher tous les types de clients et qui doit répondre bien sûr à une clientèle de plus en plus exigeante sur les marques de luxe mais qui doit aussi faire rentrer tout un panel de marques référentes mais pour d’autres types de clients. Mais jamais les GL n’ont voulu se positionner comme un magasin de luxe.

Vous connaissez le lieu commun qui est de dire que l’art contemporain est réservé à une élite, à des connaisseurs … ne prenez-vous pas un risque ?

EJ : Le propos est tout simplement l’inverse. C’est de dire à nos 100 000 visiteurs par jour qui n’ont pas forcément accès à la culture que là, ils peuvent facilement pousser la porte d’un musée. Grâce à cette présentation de l’art dans nos vitrines, on crée une passerelle entre tout le monde et l’art. Les musées en sont très conscients car dans leurs projets, ils tendent la main au public à travers des choix avisés. Il y a plusieurs niveaux d’art. C’est un peu ce que nous faisons à la Galerie des Galeries : une forte exigence dans notre programmation mais conscients que nous ne sommes pas un centre d’art, nous souhaitons montrer ce qu’il y a d’ambitieux et d’universel dans l’art.

Parlez-moi un peu de la Galerie des Galeries, espace culturel des Galeries Lafayette et le rapport à l’art de ce Grand magasin.

EJ : Créée en 2001, la Galerie des Galeries est devenue un vrai centre culturel en 2007.  La mode est une forme de création qui dialogue de plus en plus avec les artistes, les couturiers qui ont des sources d’inspiration qui viennent parfois de la peinture et des arts plastiques d’une manière générale, disciplines qui inspirent depuis toujours les Galeries Lafayette. Il était donc dans la logique des choses de recréer un tel espace. La Galerie des Galeries essaie de monter quatre expositions par an autour de l’art, la mode et le design.

Les Galeries Lafayette ont été créées en 1884 par Théophile Bader qui est en fait le grand-père de la présidente actuelle du Conseil de surveillance du Groupe. Son petit-fils, Nicolas Houzé, est le directeur général de la branche Grands Magasins des Galeries ; Philippe Houzé étant le Président.
Le rapport des Galeries à l’art est double. Il est dans l’activité personnelle des fondateurs et dirigeants actuels qui ont entretenu des collections privées et leur engagement dans de nombreuses actions de mécénat. C’est le cas surtout pour Guillaume Houzé, frère de Nicolas, qui est directeur de l’image et de la communication du Groupe. C’est sous son impulsion directe que la Galerie des Galeries existe.

Mais aussi dans la fonction première d’un Grand magasin : historiquement, un grand magasin était fait pour y humer l’air du temps ; il y avait des salons de lecture, des fumoirs, des expositions sur des thématiques particulières,… En 1946, Giacometti y exposait.

Guillaume Houzé a donc accentué la place de la création dans le magasin. Tout cela fonctionne car il y a une vraie sincérité. Je fais mon métier dans une entreprise qui est particulièrement sincère dans ce projet-là. Il n’y a pas de stratégie d’image calculée.

www.galeriedesgaleries.com 

Pour en savoir plus sur l’histoire des Galeries Lafayette

Artistes exposants :

Le 104  : L’Atlas
CAPC  : Asco
CEAAC : Bruno Persat
Centre Pompidou
FRAC ALSACE  : Felix Schramm
FRAC AQUITAINE  : Sébastien Vonier
FRAC PAYS DE LA LOIRE  : Bruno Peinado
FRAC PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR  : Emmanuel Régent
Gaîté Lyrique : Kyle Bean
Galerie du 5ème  : Mark Garry
Institut culturel Bernard Magrez : Claude Lévêque
Lieu unique : A deux doigts
MAC : John Deneuve
maison rouge : Nicolas Darrot
MAMVP : Anita Molinero
MuCEM : Hassan Darsi
MAMCS : Clément Cogitore
Palais de Tokyo : Zhao Yao
Plateau - FRAC ÎLE-DE-France : Julien Carreyn
Musée du Quai Branly : Jean-Benoît Vétillard
Voyage à Nantes : Sarah Fauguet et David Cousinard

Loading...
Loading...