UP' Magazine L'innovation pour défi

Innovation biotech : le concours Genopole détecte les meilleurs projets

Genopole lance la quatrième édition de son concours dédié aux biotechnologies dans les secteurs de l'environnement, de l'agronomie et de l'industrie pour détecter et accompagner les meilleurs projets de biotech français

Genopole (Evry, Essonne), lance son concours 2014 qui récompensera les meilleurs projets de biotechnologie portés par des chercheurs ou des start-up dans les secteurs de l'environnement, de l'agro-alimentaire ou de l'industrie. Les lauréats rejoindront les 80 entreprises génopolitaines pour bénéficier de l’accompagnement et des effets de synergie du premier biocluster français.

Les biotechnologies, fondées sur l'utilisation du vivant (cellules, gènes, enzymes...), gagnent chaque année du terrain sur la chimie classique et la pétrochimie.
Les investisseurs ne s'y trompent pas et misent de plus en plus sur ces nouvelles filières :
- gisements d'innovations à fort potentiel industriel
- voies de production de molécules plus respectueuses de l'environnement
- vecteurs de redynamisation des secteurs de l'énergie, des matériaux, de l'agro-alimentaire, de la chimie verte ...
Genopole est à l'affût des projets les plus novateurs, pour les soutenir, accélérer leur développement et les amener au stade du développement commercial et industriel.

Un premier prix de 90 k€

Placé sous le haut patronage des ministères de la Recherche, de l'Ecologie et du Redressement productif, le concours Genopole décernera au projet alliant la plus belle science et le meilleur potentiel industriel, un premier prix de 90 000 € parfaitement adapté aux besoins du créateur :
- 30 000 € en numéraire
- un accompagnement de Genopole Entreprises (stratégie, recrutement, recherche, financements...)
- six mois d'hébergement gratuit à Genopole (bureaux, laboratoires, équipements...)
- une expertise du projet réalisée par EY
- une étude de marché par Tech2Market.

Genopole pourra également décerner un ou deux prix spéciaux de 45 000 €

Nouveauté cette année, les lauréats pourront candidater au concours mondial Cleantech Open, un atout supplémentaire pour la visibilité internationale de leur projet.

Gagner le concours Genopole, un accélérateur de succès

En intégrant Genopole, les lauréats bénéficient d'un environnement accélérateur de succès. En témoignent les gagnants de l'édition 2013 :

- Julien Fils, PDG de Metemis : «L'accompagnement de Genopole nous a été extrêmement utile et a été un booster de croissance. Un certain nombre de partenaires ont été identifiés au sein de Genopole aussi bien en développement qu'en tant que clients... L'apport financier a permis un effet de levier pour trouver des financements...»

- Antoine Hubert, président d'Ynsect : «Notre installation à Genopole nous a permis de mettre en place un laboratoire d'élevage et de transformation d'insectes mais aussi une unité de production à des fins de recherches. Après avoir gagné le prix spécial Potentiel industriel du concours, on a pu lever 1,8 M€ auprès de fonds d'investissements, Demeter Partners, Emertec Gestion et quelques investisseurs privés... L'équipe passera à quinze personnes dans les prochaines semaines ».

- Cyrille Pauthenier, président de Abolis : «S'implanter ici nous a permis de bénéficier d'équipements que l'on n'aurait pas pu acquérir. Le prix spécial Potentiel technologique a été un ticket d'entrée vers les autres concours, et notamment le concours mondial d'innovation 2030. On a pu démarrer l'activité de la société et embaucher les premières personnes».

30 septembre 2014 : Clôture des candidatures à 16h
 Novembre : Le séminaire « Parcours du créateur d’entreprise » offert à une première sélection de candidats : entretiens individuels avec des professionnels de la création d'entreprises
 Décembre : Cérémonie de remise des prix aux lauréats à Paris

Site internet du concours : http://concoursentreprisebiotech.genopole.fr/

Reportage au sein du biocluster des trois lauréats 2013 : Metemis, Ynsect et Abolis déjà sur la voie du succès !

A propos de Genopole
Premier biocluster français, Genopole rassemble 80 entreprises de biotechnologies, 19 laboratoires de recherche et 21 plates-formes technologiques ainsi que des formations universitaires (université d’Evry-Val-d’Essonne). Il compte un effectif de 2 245 emplois directs dont 800 chercheurs. 368 millions d’euros ont été levés par des entreprises du site depuis les débuts du biocluster. Genopole est principalement financé par le Conseil régional d'Ile-de-France (30 %), le Conseil général de l'Essonne (26,5 %) et l'Etat (15,7 %).

www.genopole.fr

Modélisation, construction et imitation des processus vitaux. Approche pluridisciplinaire du Biomimétisme

Deux journées d'études et de réflexion critique pour mieux déterminer le statut du biomimétisme, son champ d’application, les concepts et les méthodes qu’il mobilise, les 10 et 11 juin 2014 de 9h15 à 18h30, au Collège de France Paris, edn partenariat avec le CNRS, le Laboratoire d'anthropologie sociale et la Fondation Fyssen.

Au moment où nous prenons conscience des conséquences potentiellement catastrophiques de nos activités sur les écosystèmes, se multiplient les discours valorisant le biomimétisme comme un moyen pour sortir de la crise écologique, changeant le paradigme productiviste associé à la représentation du progrès pendant plusieurs siècles.

L’idée que les humains devraient s’attacher à imiter la nature devient courante, que ce soit pour fabriquer des artefacts possédant des qualités spécifiques (résistance, ergonomie, etc.) ou pour agir au niveau des systèmes de relations entre les êtres : par-delà l’inspiration recherchée dans les processus naturels, le biomimétisme est aussi conçu comme une manière d’élaborer des techniques plus respectueuses de l’environnement, ouvrant des perspectives nouvelles pour la science ou pour l’innovation industrielle. On comprend dès lors le pouvoir d’attraction qu’un tel projet exerce sur les différents praticiens cherchant à façonner de nouvelles formes et à créer des écosystèmes.

Dans un tel contexte d’innovation et d’effervescence, il est étonnant de constater que les sciences humaines et la philosophie se sont encore peu intéressées à ce champ de la pratique et du savoir dont le potentiel de modification des conditions de vie est pourtant immense. Le plus souvent, Biomimicry : Innovation Inspired by Nature (1997) fait office de texte de référence, alors même que pour Janine Benyus cet ouvrage visait davantage à faire connaître au plus grand nombre de nouvelles expériences qu’à proposer une réflexion épistémologique systématique et approfondie.

Une fois rappelées quelques inventions phares, telles que le velcro ou le train reprenant la forme du martin pêcheur, et les trois niveaux – les formes, les matières/structures, les systèmes – où se manifeste le biomimétisme, toute une série de problèmes demandent encore à être traités.
En effet, le biomimétisme, si sensible à l’idée d’innovation, n’est peut-être pas aussi opposé à la biologique de synthèse qu’il le prétend. Qu’est-ce qu’imiter ? Est-ce s’inscrire en continuité ou en discontinuité avec ce qui sert de modèle ? Le projet est-il thaumaturgique, renvoie-t-il à un geste de domestication, d’appropriation, voire de fabrication du vivant, ou bien requiert-il une posture d’humilité de la part de celui qui imite cherchant à insérer son action dans des processus plus vastes à l’œuvre dans la nature ?
Une réflexion critique serait donc la bienvenue pour mieux déterminer le statut du biomimétisme, son champ d’application, les concepts et les méthodes qu’il mobilise.

L’objectif de ces journées d’étude est d’offrir un espace pour amorcer cette réflexion. Il est proposé à des chercheurs et des spécialistes provenant d’horizons divers, de partir d’études de cas et d’interroger les conceptions de la vie sous-jacentes à l’imitation de certains processus naturels.
Plutôt que de limiter l’approche à la seule étude des inventions contemporaines réalisées dans les laboratoires des pays occidentaux, des contributions s’appuyant sur les disciplines anthropologiques et historiques montreront comment la question de l’imitation de la nature varie dans le temps et dans l’espace.

On s’intéressera en particulier aux conceptions de la vie qui se manifestent en modélisant le réel, en construisant de nouveaux existants ou d’autres systèmes de relations. On qualifiera de « biomimétique » une fabrication visant à copier un être ou un fonctionnement « naturel », créant ainsi une sorte de seconde nature, mais également l’inscription de cette fabrication au sein des processus observés dans la nature. Parmi la multiplicité des processus vitaux (reproduction, croissance, interaction avec l’environnement, etc.), quels sont ceux que le biomimétisme privilégie au niveau de l’individu ou du système ?

Dans "La pensée sauvage", Lévi-Strauss explique comment, par-delà le plaisir esthétique qu’ils procurent, les modèles réduits offrent aux humains la satisfaction de comprendre la logique qui préside à leur fabrication. Semblablement, réfléchir à la manière dont la modélisation de la vie – sous une forme réduite, mais aussi par le biais de procédures d’agrandissement – permet aux humains de mieux comprendre les ressorts des processus vitaux, en les représentant ou les reconstruisant, constitue un véritable intérêt.

L’enjeu est en somme de se demander ce que signifie le bio- de biomimétisme afin de déterminer les conceptions de la vie associées à son usage en tant que méthode d’observation et de transformation du réel. En établissant un dialogue interdisciplinaire et comparatiste, il s’agira d’étudier de façon systématique la complémentarité – ou les éventuelles incompatibilités de ces conceptions – en prêtant par exemple attention aux problèmes soulevés par les changements d’échelle ou les rapports entre individus et systèmes.

Lieu : Collège de France, Amphithéâtre Lévi-Strauss, 52 rue du Cardinal Lemoine, Paris 5ème.

Organisation: Anne Dalsuet, Bérengère Hurand & Perig Pitrou

Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Réservation obligatoire avant le 4 juin : provost.fabien[at]gmail.com

PROGRAMME

- 10 juin 2014

9h15 Accueil

9h35 Perig Pitrou, CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale, L’imitation de la vie dans une perspective anthropologique.

10h15 Anne Dalsuet, Académie de Créteil, Le biomimétisme : une refondation éthique de l’épistémologie ? Réflexions critiques à partir de Biomimicry, Innovation inspired by Nature de J. Benyus.

10h55-11h10 Pause

11h10 Gilles Bœuf, Collège de France, Muséum national d’histoire naturelle, Tirer parti de la biodiversité pour de la bio-inspiration.

11h50 Gauthier Chapelle, Biomimicry Europa, Le biomimétisme comme une approche pour nous réinsérer dans la biosphère : un point de vue de la société civile.

12h30 Discussion

13h10-14h30 Buffet

14h30 Philippe Descola,Collège de France, Laboratoire d’anthropologie sociale, Le jardin comme imitation d’un écosystème.

15h10 Nathalie Blanc, CNRS, LADYSS, De la séparation nature/culture au biomimétisme : un rapport à la nature revu et corrigé ?

15h50-16h10 Pause

16h10 Julien Delord, ERRAPHIS, De Lascaux 2 à Biosphère 2 : analyse des échecs de l’éco-mimétisme.

16h50 Doyle McKey,Université Montpellier 2, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier, et Institut Universitaire de France, Do farmers use, and imitate, self-organizing resource-concentration mechanisms driven by non-human engineers in constraining environments? Biocultural landscapes and biomimicry at the ecosystem level.

17h30-18h30 Discussion

- 11 juin 2014

9h30 Accueil

9h45 Dimitri Karadimas, CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale, Biomimétisme ou biomorphisme? Imiter ou reconnaître le vivant dans la création des animaux imaginaires.

10h25 Jessica Riskin, Stanford University, L’Horloge inquiète.

11h05-11h20 Pause

11h20 Joffrey Becker,EHESS, Artmap, Engrenages : à propos de l’imitation robotique de la nature.

12h Carole Collet, University of the Arts London, The Biological Advantage.

12h40 Discussion

13h10-14h40 Pause

14h40 Marc Fontecave,Collège de France, Chimie bioinspirée : le vivant au service des nouvelles technologies de l’énergie.

15h20 Philippe Rahm, architecte EPFL/FAS, directeur de l’agence Philippe Rahm architectes à Paris et Professeur invité à l’Université de Harvard, USA, L’architecture comme une forme augmentée de la thermogenèse.

16h-16h20 Pause

16h20 Bérengère Hurand, Académie de Paris, La nature peut-elle inspirer l’économie ?

17h-18h Discussion

18h Cocktail de clôture

La seconde vie des bouteilles d'eau plastique

L'éco-responsabilité ou comment redonner une seconde vie aux rebuts plastique en objets de vie du quotidien : les bouteilles du minéralier vosgien se transforment en garnissage pour couettes et oreillers.
Dans la continuité de sa collaboration initiée avec BIic en 2013, Vittel s’associe cette année au leader français d’articles de literie DodoA cette occasion, Vittel a réuni makers et hackers (1) le temps d’un Fab Lab éphémère.

En France, l’offre en PET est inférieure à la demande. Et, pourtant, encore aujourd’hui, seulement une bouteille sur deux est recyclée. La marque Vittel (Nestlé) s’engage depuis des années en sensibilisant les consommateurs à la nécessité du geste de tri.
L’upcycling industriel et l'upcycling makers font partie des sujets qui s’inscrivent dans cette démarche et qui ne demandent qu’à se déployer, mais encore faut-il un changement de perspective : "la bouteille n’est pas un déchet, c’est une matière première, un maillon de léconomie circulaire".

Recycler une tonne de bouteilles en plastique permet d’économiser 830 litres de pétrole, 430 m³ de gaz naturel, la consommation en énergie d’un habitant durant 14 mois et sa consommation domestique en eau durant deux mois (Source : consoGlobe 2013).

Deux marques engagées dans l'Upcycling Made in France

Un cercle régional vertueux entre deux entreprises françaises installées en Lorraine : toutes deux engagées pour réduire l'impact environnemental de leurs productions, les deux marques s'associent donc pour transformer le PET de bouteilles non conformes en une gamme de couettes et d'oreillers totalement recyclés, sous la marque "Eau Dodo". 

De la bouteille à la couette 

Vittel a décidé d’octroyer une partie de ses rebuts de fabrication à un recycleur intermédiaire, qui transforme les bouteilles en paillettes, puis en fibres textiles polyester, utilisées ensuite par Dodo pour la fabrication des couettes et oreillers.

Ce recycleur (Wellman) récupère chez Vittel les bouteilles non conformes (environ 120 tonnes), les transforme en granulés, puis en fibres textile. Dodo bénéficie ainsi d’un garnissage issu du recyclage local et lui permet de fabriquer plusieurs milliers de produits.

Grâce à ce processus de production éco-responsable, Dodo a maintenant recours à 100% à des matériaux recyclés pour le garnissage de ses articles. La transformation des bouteilles en fibres polyester permet ainsi d’améliorer significativement la performance environnementale : une réduction de 70% des émissions de CO2 et des besoins en énergie.  (Source : Université UTRECHT. Etude commandée par Wellman International).
A leur tour en fin de vie, les couettes et oreillers Dodo peuvent être recyclés en éléments d’isolation pour l’habitat, d’insonorisation pour l’automobile… pour prolonger la boucle.

- 17 bouteilles PET Vittel d'1,5L sont utilisées pour fabriquer un oreiller 60x60 cm,
- 58 bouteilles d'1,5L pour une couette 220x240 cm,
- 5,5 bouteilles d'1,5L pour un coussin de voyage.

Fab Lab, ‘Hack in the Bottle’

Une équipe de treize designers pilotée par le collectif nod-A a hacké la bouteille Vittel le temps d’un Fab Lab éphémère pour unir production et geste artistique, coopération et enjeu technologique, ingéniosité et solution environnementale.
Dans l’esprit des Fab Labs, les plans numériques et techniques des objets créés le 15 avril sont disponibles en open source sur la plateforme de partage DIY.

Quatre objets qui apportent vitalité au quotidien ont été créés en donnant une seconde vie aux bouteilles Vittel : une enceinte nomade, une lampe écologique faite à partir d'un morceau de bouteille, un mini skate ("finger skate") réalisé à partir de bouchons fondus, et des accessoires sportifs.

Abat-jour de lampe réalisé avec un morceau de bouteille Vittel passé à la bombe de peinture.

La sensibilisation au geste de tri est un des piliers d'engagement de Vittel. Tout d'abord, les bouteilles sont 100% recyclables. Egalement en partenariat avec Eco-emballages, la marque incite les consommateurs au recyclage et à la valorisation des contenants alimentaires au travers d’une communication sur les bouteilles, dans les médias, en magasins, par la réalisation d’objets pédagogiques tels que le disque de recyclage. Les bouteilles Vittel 1L, 50cl et 33cl contiennent désormais 30% de matière d’origine végétale et les packs d'emballage ont été allégés de 12% depuis 2008, ce qui a permis d’économiser plus de 3 000 tonnes de PET en France.

(1) L'équipe de designers et de makers  nod-A qui a conçu les ateliers DIY et des objets à partir de bouteilles  :
Laurent Pavot, Arthur Baude, Laura Pandelle, Isabelle Pegliasco, Adrien Beton, Anais Durand, Alfred Hébert, Christophe Machet, Yoann Thony,
George Koulouris, Emile De Visscher, Julio Pedraza, Sakada Ly.

Clément Sanchez, lauréat du Prix François Sommer 2014

"C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas", Victor Hugo.

La chimie joue un rôle central dans la vie, dans notre vie, contribuant de façon déterminante aux besoins de l’humanité : nourriture, énergie, matières premières, médicaments, matériaux.
Clément Sanchez est le nouveau lauréat du Prix François Sommer 2014 en tant que chimiste des matériaux hybrides. Monsieur Sanchez vient d'être récompensé ce jour, jeudi 13 mars 2014, pour son approche biomimétique : il a compris que l’observation des systèmes vivants peut être source d’inspiration pour favoriser les innovations en science des matériaux réconciliant ainsi l’humanité avec la nature.

Observer et interroger la flore et la faune

Cette nouvelle approche biomimétique et/ou bio-inspirée, est une révolution car elle ne repose pas sur ce que nous pouvons prendre dans la nature, mais sur ce que nous pouvons en apprendre et bouleverse ainsi les paradigmes d’une société accoutumée à dominer la nature.
L'objectif est de favoriser l'accélération d'innovations durables par l'aide à l'identification des modèles biologiques pertinents, de repérer ce qui fonctionne et dure dans la nature après 3,8 milliards d'années de recherche, de développement et de mise à l'épreuve. Lorsque nous regardons attentivement la nature, nous nous apercevons que nombres de nos inventions existent déjà et, parfois, sous une forme plus élégante dans une économie de moyens n’affectant pas l’environnement.

L’analyse, la compréhension et in fine l’utilisation de ces concepts développés par mère nature doivent nous permettre de produire des architectures hybrides multi-échelles originales et performantes.
Face aux préoccupations écologiques et économiques qui exigent de plus en plus des matériaux qu’ils soient recyclables, biodégradables, multifonctionnels, très performants, voire " intelligents ", les matériaux hybrides fabriqués par la nature représentent à la fois un modèle, un potentiel de ressources et une source d’inspiration inépuisables.
Un des défis actuel est l’élaboration bio-inspirée de matériaux hybrides à structures hiérarchiques. A l’interface de la chimie, de la physique, de la biologie et de la science des matériaux, la chimie des matériaux hybrides intègre déjà de nombreux domaines d’application (automobile, construction, textile, cosmétique, micro-optique, microélectronique, revêtements fonctionnels, énergie, sciences environnementales et biomédicales).

L’art de la nature : élaborer des objets complexes à partir d’éléments simples

La chimie des matériaux hybrides que pratique Clément Sanchez se trouve au carrefour de la physique, de la biologie et de la science des matériaux. Elle s’inspire de cette chimie naturelle. Elle permet de concevoir des matériaux nouveaux et plus performants que les matériaux conventionnels.
Ces hybrides conjuguent la souplesse des polymères organiques, par exemple, et la résistance des verres et des céramiques. Il peuvent aussi être conçus de manière à présenter des propriétés d’auto-réparation. Ils remplacent progressivement les polymères qui ont envahi notre vie au cours du XXe siècle.

Un scientifique, autonome et créatif, qui a ouvert un nouveau champ disciplinaire

Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de Chimie, qui a présenté Clément Sanchez au Collège de France, a souligné son goût pour l’interdisciplinarité, et plus que tout, lui adresse ce compliment : l’aventure et la créativité font aborder à Clément Sanchez des thèmes originaux et explorer de nouveaux espaces.

Clément Sanchez est un architecte-chimiste capable de trouver de nouvelles solutions dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et de la médecine. Il imagine et réalise l’assemblage de véritables " légos chimiques" pour aboutir à des matériaux hybrides multifonctionnels, adaptatifs, autoréparables, répondant à des besoins prédéfinis.
Ses objectifs de recherche se sont orientés sur trois axes principaux :
- concevoir et élaborer des matériaux inorganiques et hybrides organiques- inorganiques originaux susceptibles d’applications dans de nombreux domaines ;
- étudier et comprendre les mécanismes de formation des nanomatériaux et de matériaux nanostructurés inorganiques et hybrides, de la molécule au produit final ;
- fabriquer sur mesure de nouveaux matériaux hybrides à structures hiérarchiques.

Un parcours non linéaire : le détour par une école buissonnière très formatrice

Après en avoir été le précurseur, Clément Sanchez est sans conteste le leader international de son domaine, celui de la chimie et de la physicochimie des solides hybrides organiques-inorganiques. Il en est arrivé là au terme d’une carrière pour le moins peu classique. Pour des raisons familiales, il interrompt le cycle normal de ses études et rentre dans le monde du travail dès 1966. Il poursuit ses études pendant son activité professionnelle, avec un baccalauréat et un Diplôme Universitaire de Technologie en Chimie (major de promotion). Admis en 1975 à l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris, il en sort major en 1978 et rentre la même année au CNRS comme attaché de recherches. Sa thèse passée (sous la direction de Jacques Livage) et après son séjour post-doctoral à l’université de Berkeley, il devient directeur de recherches au CNRS et reçoit en 1995 la Médaille d’Argent du CNRS.
Clément Sanchez franchit toutes les étapes de l’échelle du CNRS et parallèlement enseigne comme professeur chargé de cours à l’École polytechnique. Il dirige le laboratoire de Chimie de la Matière Condensée à l’Université Pierre et Marie Curie de 1999 à 2013.

Une forte reconnaissance internationale

Membre de plusieurs académies, son activité de recherche s’est traduite par de nombreuses publications et distinctions. Le Web of Science l’a récemment classé premier français dans la discipline "Materials Science".
Ses travaux fondamentaux engagés sur les Matériaux Hybrides depuis plus de vingt ans ont donné lieu à de nombreuses applications dont certaines sont commerciales. Responsable de nombreux contrats industriels (Rhodia, Saint-Gobain, IFP, Corning, Protex, Rhône-Poulenc, Bouygues, Lafarge, l’Oréal, CEA, EADS, Sumitomo, Air liquide, Chryso, Solvay, SARP, PSA…), sa contribution à la valorisation des recherches sur les matériaux hybrides lui a permis de déposer plus de 50 brevets dont la majorité a une extension internationale. Certains de ces travaux ont donné lieu à un développement au niveau commercial (vernis photochromes, nano-membranes, produits cosmétiques), d’autres ont donné naissance à de nombreux brevets "d’application" déposés en interne par les entreprises.

Récipiendaire de nombreux prix dont le prestigieux International Gay-Lussac-Von Humboldt Award, Guest Professor dans plusieurs Universités en Chine à Jilin et Wuhan (2009), il a été nommé membre étranger à la Real Academia Nacional de Farmacia en 2011 (Espagne) et membre de lEuropean Academia of Sciences en 2010. En 2011, il est le 19e chimiste à rentrer au Collège de France depuis sa création en 1530 et l’Académie des Sciences française l’accueille en son sein.
Plus récemment il est devenu membre de l’Academia Europaea, 2012 et a été nommé Fellow de la très sélective Materials Research Society américaine en 2012.

A propos du Prix François Sommer Homme et Nature

Philippe Dulac, président de la Fondation François Sommer, a donc remis ce jeudi 13 mars 2014 pour la première fois le Prix François Sommer Homme et Nature dans les salons de l’hôtel de Guénégaud, à Paris, en présence des membres du jury (Yves Coppens, Pierre Corvol, Renaud Denoix de Saint Marc, Christian Dumas, André-Laurent Parodi, Yves Pouliquen, Hugues de Saint Simon, Claudine Tiercelin, Cédric Villani).

La Fondation François Sommer pour la chasse et la nature est reconnue d’utilité publique (FRUP), par décret du 30 novembre 1966.
La Fondation François Sommer dispose d’un « pôle culture » organisé autour de son musée, le musée de la Chasse et de la Nature (Musée de France). Elle mène un grand nombre d’actions de mécénat et de soutien aux artistes vivants. Depuis 1980, elle remet un prix littéraire saluant une oeuvre qui contribue à la promotion de ses valeurs.
La Fondation François Sommer possède également un « pôle nature » qui coordonne l’ensemble des actions qu’elle conduit en ce domaine.
Elle est dite « opératrice », parce qu’elle mène – seule ou en partenariat – des missions de gestion de la biodiversité en France et en Afrique. Elle est également distributrice, par l’aide qu’elle apporte à des projets de cette nature, en France et à l’international.
Dans le cadre de ce second pôle a été créé en 2012 un prix scientifique pour l’homme et le développement durable : le Prix François Sommer Homme et Nature.
Ce Prix honore une oeuvre novatrice, contribuant d’une manière remarquable au développement durable et à la réconciliation de l’homme avec la nature.
Ce prix est biennal et doté d’un montant de 50 000 €. La pluridisciplinarité des sciences mises en oeuvre est l’un des principaux critères de sélection pour l’attribution du prix. L’oeuvre doit faire appel aux connaissances développées par les sciences de la nature (physique, chimie), les sciences du vivant (biologie) et les sciences de l’homme (philosophie, sociologie). En outre, l’oeuvre primée peut faire appel à la création artistique.
(Source : Fondation François Sommer Homme et nature - 14 mars 2014)

« Vivre avec les vivants, pour que les suivants vivent décemment »

L’économie se fera avec le vivant où ne sera pas. Ce leitmotiv a fait battre le cœur des Assises du vivant, les 12 et 13 décembre 2013, à l’Unesco. On l’a perçu : parler des enjeux de la bioéconomie donne des vertiges : quand certains évoquent de gigantesques opportunités, d’autres soulignent des risques majeurs de faillite de notre système hors-sol.

Nous vous proposons de prendre ici la mesure des défis que pose la bioéconomie qui envisage - rien de moins que - de prendre le relais des matières et énergies fossiles. Pour saisir le paysage en train de naître, vous pouvez découvrir dix-huit dialogues réalisés auprès d’économistes, d’anthropologues, de biologistes, d’agroécologues, d’industriels, de responsables d’organisations, d’artistes… qui sont intervenus au sein des Assises du vivant 2013. Ils parlent de leurs expériences et de la conversion à accomplir pour « revenir à la vie ».

Bande annonce

« Ces notions d’équilibre et d’optimum, ca suffit ! lâche l’économiste Jacques Weber. Je prêche pour une anthropologie écologique qui replacerait les activités humaines dans le vivant ». Pour Marc Roquette, administrateur du Groupe Roquette frères « Nous n’avons pas besoin du nucléaire, ni des énergies fossiles qui sont en train de devenir plus chères que le renouvelable, dès lors que l’on veut bien tenir compte de leurs externalités négatives ». Et René Passet, d’asséner : « Cessons donc de considérer l’environnement comme un stock mais réalisons que nous devons compter avec les écosystèmes indispensables à la reproduction des ressources ».

Parce que nous allons devoir faire face à des arbitrages délicats, nous devons nous doter d’outils de régulation. « Au-delà des indicateurs d’impact, l’arbitrage sera nécessaire afin de décider quelle quantité de notre biomasse nous attribuerons à l’alimentation, à l’énergie, à la chimie du végétal, ou au maintien des fonctionnalités des écosystèmes » souligne Denis Couvet, biologiste au Muséum national d’histoire naturelle. « Il nous faut donc collectivement nous accorder sur les démarches utiles, cohérentes aptes à soutenir la conversion de notre économie ; nous accorder sur les indicateurs qui intègrent qualité de vie, qualité de travail, et qualité de nos productions », insiste Eric Martin, président d’Agro Stratégies et prospectives.
Le parcours est stratégique : entre fragilité et puissance du capital naturel, notre industrie est désormais sommée de composer entre performance économique et performance écologique, en intégrant les préoccupations de bien-être. Une écologie humaine devenue incontournable….

Les interviews exclusives :

Jacques Weber
Economiste et anthropologue

 

Gilles Boeuf
Biologiste, Président du Muséum national d'histoire naturelle

 

Faustine Defossez
Chargée des politiques agricoles et de la bioénergie au Bureau européen de
l'environnement (BEE)

 

Jean-Paul Karsenty
Economiste au CETCOPRA, Paris I Sorbonne

 

Luc Guyau
Ancien Président du conseil de la FAO, Inspecteur général de l'agriculture

 

Olivier Goulet
Artiste, membre du Comité de pilotage des Assises du vivant

 

Benji Piyako
Chef du peuple amazonien Ashaninka

 

Gwenaël Kervajan
Administrateur de l'Institut Inspire

 

Sylvain Boucherand
Secrétaire général de l'Institut Inspire

 

Etienne Lebas
Fondateur, Président de Cogebio

 

Marc Roquette
Administrateur du groupe Roquette

 

Jean-Marc Petat
Directeur développement durable, Communication et Affaires publiques BASF France

 

Eric Martin
Président de l'ASP / Agro Stratégies et Prospectives

 

Chistophe Rupp-Dalhem
Directeur des programmes d'innovation chimie du végétal du Groupe Roquette

 

Emmanuel Delannoy
Institut Inspire

 

Richard Marietta
Président de Nature et Progrès

 

Anne Parienté
Formatrice au Centre d'éthique internationale

 

Henri de Pazzis
Président de ProNatura

 

Denis Couvet
Directeur de l'unité de conservation des espèces, restauration, suivi des populations - Directeur du CRESPO

 

Retrouvez toutes ces vidéos sur la chaîne Youtube d'UP Magazine

 

Pour retrouver les vidéos des séances plénières des Assises du vivant 2013

1 : Introduction

2 : Intervention René PASSET : Les défis posés à et par la bioéconomie

3 : Capitalisme vert et patrimoine naturel : quelles régulations ?

4 : Restitution Ateliers

5 : Chimie du végétal et agroécologie : coexistence ou conflit ?

6 : Dialogue entre Gilles Bœuf et Luc Guyau

7 : Gouverner la bioéconomie : pour une politique démocratique, cohérente et soutenable.

8 : Conclusions

Pour aller plus loin :
Lire l’article La bioéconomie comme troisième révolution industrielle, D. Benoit Browaeys, Biofutur janvier 2014 (payant) 

Illustration : VidyaKellie- JOGA6

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