UP' Magazine L'innovation pour défi

Quand Apple et Facebook se mêlent du planning familial

Un bébé ou sa carrière ? Voilà le nouveau dilemme auquel les femmes —américaines— vont peut-être devoir faire face. Facebook et Apple viennent en effet de proposer et rembourser la procédure de congélation des ovocytes à leurs employées aux Etats-Unis, dès janvier 2015, afin de préserver leur carrière professionnelle. Google devrait suivre. Sur simple demande, les employées de ces deux entreprises pourront faire appel à cette nouvelle offre de leur couverture médicale professionnelle. Certains crient au scandale, d'autres y voient là une innovation managériale. Nul doute que cela va faire du bruit... Et si nous prenions un peu de recul, si nous replacions cette proposition dans son contexte  ? Et si vous donniez votre avis ? Ce papier va être long mais la question le vaut bien. 

La France avait réservé cette pratique aux cas de «raison médicale» depuis la loi de bioéthique de juillet 2011. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) s'était prononcé en 2012 pour l'autorisation de cette technique de conservation des ovocytes à des fins sociétales et non seulement médicales, afin que des femmes jeunes, non stériles, puissent organiser leur vie comme elles le souhaitent et reporter leur maternité sans être angoissées par leur horloge biologique. C'est exactement ce que Facebook et Apple mettent aujourd'hui en musique.

« Un bébé ou son emploi : de la Démocratie en Amérique à la régression éthique ? »

Valérie Boyer (1) est députée, rapporteuse de la loi Bioéthique 2011 ; elle s'exprime sur ce sujet dans une tribune libre : 

"Facebook et Apple ont annoncé vouloir proposer à leurs employées une compensation financière si elles avaient recours à la congélation d’ovocytes afin de repousser leur maternité dans un but professionnel.
Leurs effectifs étant composés de deux fois plus d’hommes que de femmes, les deux entreprises souhaitent réduire ce déséquilibre, en incitant les femmes à mettre sur « pause » leur horloge biologique.
Ces deux entreprises, se mêlent donc de l’intimité de leurs salariés et de la « reproduction ». Nous assistons à une véritable OPA de ces firmes importantes, sur la vie privée des femmes, dans ce qu’elle a de plus intime. Aux Etats-Unis, le choix d’avoir un enfant, de donner la vie, ne peut être ainsi soumis à la volonté de l’entreprise. (...)

Aujourd'hui, ces deux géants de la Silicon Valley, proposent de congeler des ovocytes, demain ils proposeront les mères porteuses ? Ces entreprises veulent que les femmes passent plus de temps à travailler, qu’elles soient davantage productives, sans être dérangées par une famille.

La liberté réside dans le fait de permettre aux femmes de conjuguer carrière et grossesse. De ne pas considérer la grossesse ou la maternité comme un handicap ou une maladie et ouvrir ainsi la voie à une forme de discrimination à l’embauche.
Jusque-là, c'est la société qui s'adaptait à la grossesse des femmes mais avec cette proposition c'est l'entreprise qui décide qui pourra conduire sa grossesse.
Une telle prise de position soulève également un véritable problème concernant notre conception de la médecine. S’il n’y a plus de problème médical, peut-on parler encore de médecine ? Doit-on bafouer nos principes éthiques au profit d’une fausse « égalité » ou encore sous prétexte que d’autres pays acceptent la conservation d’ovocytes dans le cadre de la convenance ? La congélation d’ovocytes par « convenance » présente un autre problème, elle est une véritable incitation aux grossesses tardives, alors qu’être enceinte après 40 ans, naturellement ou assistée médicalement, présente des risques non négligeables, largement plus importants après 45 ans.

Je suis pour le progrès médical, pour la préservation de la richesse du patrimoine mais le corps doit rester inaliénable ! J’ai pleinement confiance en nos médecins et à leur éthique ! Comme l’avait écrit Rabelais « Science sans conscience, n’est que ruine de l’âme ». Autoriser, en France, la congélation d’ovocytes par « convenance » aboutirait à la légalisation de la GPA, ouvrant ainsi la voie à la marchandisation du corps sans que nous en connaissions les limites.

La manière dont une femme est traitée dans un Etat, permet souvent de mesurer le degré de civilisation d’une société. Dans les pays où domine la Charia, les femmes sont souvent tuées, torturées ou même vendues comme esclaves. Dans certains pays en développement comme l’Inde, elles sont dans des « fermes » et servent de mères porteuses. Aujourd’hui, dans les pays dominés par un capitalisme non maîtrisé, nous les considérons, bien trop souvent encore, comme un sexe inférieur ou des ventres à louer.

La France est un des rares Etat dont la loi bioéthique est rigoureuse, notamment depuis les deux lois du 29 juillet 1994 et grâce à l’existence du Comité National d’Ethique. En effet, notre pays, en 1983, a été le premier Etat à créer un Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé. Sa vocation est de soulever les enjeux des avancées de la connaissance scientifique dans le domaine du vivant et de susciter une réflexion de la part de la société. Don d’organes, mais aussi Gestation Pour Autrui, vente de gamètes - et autres technologies médicales permettant de repousser les limites du Vivant. L’ensemble de ces sujets devrait être envisagé dans une triple perspective : médicale, économique et éthique. La marchandisation du corps relève de notre humanité profonde.(...)

La congélation d’ovocytes en France n’a qu’un but thérapeutique. En effet, elle a été conçue pour les femmes dont la fertilité se trouve compromise par un traitement aux effets stérilisants. Aujourd’hui, une patiente rendue infertile à la suite d’un traitement anti-cancéreux peut garder l’espoir d’avoir un jour un enfant grâce à la congélation préalable de ses ovocytes. Nous pouvons être fiers aujourd’hui d’une telle avancée ! Ne la compromettons pas avec des apprentis sorciers et continuons de nous opposer à ceux, qui veulent nous faire croire qu’avant 35 ans, une femme doit obligatoirement choisir entre sa réussite professionnelle et sa vie de famille !"  
(1) Valérie Boyer est Députée des Boûches du Rhône, Maire des 11ème et 12ème arrondissements de Marseille, Secrétaire de l'Assemblée nationale

"Homo oeconomicus diabolicus !" 

La congélation d’ovocytes (cellules sexuelles qui évoluent en ovules) créée en 1986 n’a perdu son statut de méthode expérimentale qu’en 2012 outre-Atlantique. A la base réservée à des raisons médicales telle qu’un cancer du sein qui peut empêcher une grossesse par la suite, cette pratique est maintenant de plus en plus banalisée. Le corps médical craint qu’avec ce genre de nouvelles mesures, la congélation des ovules devienne une mode.

"C'est le type même de technologie qui offre a priori l'assurance d'une liberté supplémentaire pour les femmes et pour chaque femme (à l'instar, pense-t-on peut-être, de l'IVG : un enfant si je veux et quand je veux...)... et, en fait, c'est tout l'inverse !
En effet, la possibilité ouverte deviendra... une obligation pour toutes ! Pour toutes celles qui non seulement souhaiteront un parcours professionnel maîtrisé, mais aussi pour toutes celles... qui auront peur de perdre leur emploi si elles refusent de rentrer dans ce qui deviendra peu à peu la Norme imposée par tout employeur !" déclare Jean-Paul Karsenty, chercheur hors classe au CNRS.

"Ce ne sont pas des philanthropes" 

Aux yeux de Françoise Kourilsky, Coach, conférencière et auteure de deux livres sur l’accomplissement personnel, l’initiative de Facebook et Apple est toute sauf désintéressée : "Ils misent clairement sur les ressources de la gent féminine dans leur business !"  Ce qui n’est, de son point de vue, pas une mauvaise nouvelle non plus. Les femmes ont montré depuis longtemps les bienfaits qu’elles apportent aux différents conseils d’administration dont elles font partie.

70 % des 98 000 employés d'Apple dans le monde sont des hommes, le chiffre grimpant à 80 % pour les postes techniques. Le constat est similaire chez Facebook, mais la proportion de «techies» mâles augmente à 85 %. Il est évident que ces entreprises sont loin de la parité !

La proposition de ces entreprises pour mettre de côté les grossesses de leurs employées semble promettre aux femmes de ne décaler leur projet personnel que de quelques années. Sauf que lorsque, plus âgées, leurs ovules ne mèneront pas au bébé tant attendu pour diverses raisons de non-garantie absolue des résultats (2), il sera trop tard. Facebook et Apple auront profité du talent et du travail de leurs employées ; quant aux femmes, ne regretteront-elles pas de s'être résignées ? A quel moment de leur vie vont-elles décongeler leurs ovules ? Est-ce à la retraite ? Ou après quelques années de travail quand leurs patrons décideront de les remplacer par des plus jeunes et de les mettre au placard ?  

Proposer aux femmes de congeler leurs ovules pour privilégier leur carrière laisse penser que travail et maternité ne peuvent pas coexister. Dans une société où l’égalité hommes-femmes est loin d’être acquise, est-ce un nouveau pas en arrière ?

C’est une initiative moderne, précurseur  mais aussi coûteuse, rappelle Dominique Druon, dirigeante d’Aliath. En effet, la congélation n’est pas à la portée de toutes les bourses qui le souhaiteraient. Aux États-Unis, la congélation coûte en moyenne entre 10 000 et 20 000 dollars pour chaque congélation et 500 dollars de frais annuels de conservation.  

(2) 70 à 80% des femmes finissent par accoucher après une fécondation in vitro avec leurs ovocytes mais ça laisse 20 à 30% de patientes qui diront adieu à leur rêve d’enfanter. De plus, ces statistiques sont valables uniquement si la congélation se fait dans des conditions optimales. C’est-à-dire, selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), entre 25 ans 35 ans. Après cet âge, les résultats sont nettement en baisse. A  40 ans, par exemple, la femme  n’a plus que  5 à 10% de chances de grossesse avec cette technique. Et même si vos ovules sont congelés avant 35 ans, il est encore possible que les médecins refusent la fécondation in vitro si vous êtes atteinte de diabète ou que vous avez une santé fragile. Chez la femme, la qualité des ovocytes est ce qui chute en premier, à partir de 35 ans. La dégradation de la qualité de l'utérus intervient plus tard. C'est pourquoi il y a des femmes qui ont pu porter les bébés des autres à 50 ou 60 ans. En pratique, on n'est jamais sûr à 100% que cela donnera lieu à une naissance. Plus on avance en âge, plus les grossesses sont difficiles et plus le risque de complications lors de l'accouchement augmente.

La fin d'un tabou ?

"Et si cette mesure (validée depuis 2012 par l'American Society of Reproductive Medicine) était tout simplement la pilule de notre époque ? demande Jessica Bennett, chroniqueuse au New York Times. Celle qui permettrait de briser un dernier tabou, un dernier carcan biologique", en l'occurrence l'inégalité des hommes et des femmes devant les opportunités de carrière.

Dans Le Figaro.fr, une étude de la revue Fertility and Sterility, reprise par les médias américains, révèle qu'une majorité des femmes interrogées ayant ainsi pu mettre sur pause leur horloge biologique éprouvent depuis un sentiment de «responsabilisation», véritable assurance psychologique vue comme un puissant facteur «égalisateur» sur le marché de l'emploi.
Le philosophe et théologien Bertrand Vergely (3)  déclare : "Jusqu'ici, une femme pouvait ne pas être engagée car on supposait qu'elle allait devoir partir, s'occuper de ses enfants et qu'on ne pourrait ainsi pas compter sur elle. Cette mesure peut donc permettre à ces femmes d'outrepasser cette discrimination : l'entreprise lutte contre son propre sexisme, et cette mesure est en cela un réel progrès."

Manipulation de la vie ?

Mais il complète : "D'un autre côté, sous prétexte de respecter la femme en tant que personne, on ne respecte peut-être pas suffisamment l'être humain en tant que personne. A partir du moment où vous congelez des ovules, du sperme, et engagez un processus de procréation artificialisée, vous manipulez l'être humain. En cela, la procréation devient technique, impersonnelle, hors du corps des parents. De plus, Google, par exemple, Facebook ou Apple se servent en réalité de cette proposition pour gagner de l'argent : les femmes deviennent encore plus corvéables, déchargées du souci de la maternité, et peuvent en cela se consacrer corps et âme à l'entreprise. Le plus frappant, c'est que ce gain de productivité, caché sous une enveloppe féministe, donne une excellente image à l'entreprise..."

Pour Laurent Alexandre, spécialiste du transhumanisme : "la congélation d’ovocytes est une étape vers le choix des « meilleurs embryons », qui devrait être possible dans une dizaine d’années". Allons-nous vers l’avancée de l’idéologie transhumaniste, ce courant de pensée estimant que la science doit permettre d’améliorer les capacités humaines ? 
"C’est une illustration concrète de la banalisation de la fécondation in vitro, qui est appelée à devenir le mode principal de fécondation. La congélation d’ovocytes est un pas de plus vers la sélection d’embryons, vers laquelle on se dirige aujourd’hui à toute vitesse. Pour y parvenir, il faudra bien passer par la fécondation in vitro. Dans la deuxième moitié de ce siècle, il sera vu comme incongru d’avoir une fécondation qui ne soit pas in vitro. Cela semblera aussi bizarre que d’accoucher à domicile sans péridurale.
On voit bien les différents champs d’extension de la fécondation in vitro : au départ la stérilité, puis l’homosexualité, puis le diagnostic embryonnaire dans les cas de maladies rares, le stockage des ovocytes pour des raisons de confort, et après viendra la généralisation du séquençage et du choix des embryons à des fins « eugénistes 2.0 ». On assiste à un continuum dans la banalisation de la fécondation in vitro. La technologie ultime sera l’utérus artificiel, mais elle n’arrivera qu’après 2050."

"Quand votre embryon est stocké, cela vous donne la possibilité de faire de la sélection dans le futur. Ce n’est qu’une étape intermédiaire, car l’étape d’après sera de fabriquer des ovules à partir de cellules iPS (cellules souches pluripotentes induites, capables de fabriquer des cellules de tout type), une technologie qui est déjà expérimentée chez l’animal et qui sera au point chez l’humain à partir de 2020-2025. Le stockage n’est en fait qu’une technologie intermédiaire, comme l’a été le Minitel par rapport à Internet. L’étape finale sera de fabriquer des ovocytes en grand nombre à partir de cellules de peau, et comme on a un nombre illimité de spermatozoïdes en face, de séquencer un nombre élevé d’embryons pour choisir le meilleur d’entre eux - « meilleur » étant bien sûr tout-à-fait subjectif."

Intrusion dans la vie privée ?

Valérie Rozée, chercheuse à l'Ined (Institut national d'études démographiques), spécialiste des questions de genre et de reproduction, déclare dans une interview à l'Express.fr : "On n'a pas l'habitude de voir des entreprises rembourser ce qu'on peut appeler des "frais de convenance". Est-ce vraiment une convenance, ou au contraire un véritable moyen d'améliorer les relations de genre au travail ?" 

En un mot, "de quoi j'me mêle ?". Que veut dire cette emprise du Capital sur le privé ?

Même si la Sécurité sociale française accuse un trou abyssal, notre système de santé créé en 1945 met l'essentiel de la population à l'abri et place la France comme le pays ayant le meilleur système au monde (mais pas le plus efficace), contrairement aux Etats unis classés à la 46ème place.
Aux Etats-Unis, quand nous entendons parler de réformer le système de santé, c'est parce que le nombre de personnes n'ayant pas d'assurance-maladie ne cesse de croître (60 % des américains disposent d'une assurance privée) et la qualité des soins est très inégale. ll n'y a pas de système obligatoire qui couvre toute la population. C'est la logique d'un système libéral organisé autour d'une industrie d'assurances privées, financées sur la base de primes actuarielles.
Le système Medicare existe néanmoins, ressemblant à l'assurance-maladie en France, sauf qu'il y a des forfaits à régler avant d'être remboursé et que le ticket modérateur est plus élevé qu'en France.
Il existe aussi les Health Maintenance Organisations ("organisations d'entretien de la santé"). Ce sont des centres de santé où les malades vont directement consulter. 70 % des HMO, appelées aujourd'hui "managed care organizations", sont privées à but lucratif. Les Etats-Unis sont le seul pays qui ait un secteur aussi important de fournisseurs de soins cotés en Bourse. 

Le recours au privé illustre bien l'orientation néolibérale des dirigeants : plus de place au privé, au libre marché. Il faut comprimer les dépenses publiques et sauvegarder la croissance économique pour les mieux nantis...
Y a-t-il menace sérieuse des valeurs et de la volonté des gens en un système de santé équitable pour tous ?

Jacques Testart, pionnier des méthodes de procréation assistée, «père scientifique» du premier bébé-éprouvette français déclare dans le Figaro.fr qu' "Il n'est pas innocent que des entreprises comme Apple ou Facebook, porteuses d'une idéologie, initient ce mouvement. N'oublions pas que Google finance les recherches sur le transhumanisme. En France, cela nous paraît un peu fou mais aux États-Unis, cela représente des investissements énormes. Facebook est une multinationale qui s'adresse aux amis et aux amis d'amis… Les idées se répandent très vite et se nivellent."

La ministre Marisol Touraine s'exprimait mercredi sur Europe 1, préoccupée d’entendre que "c'est un projet porté par des entreprises". "Le débat est un débat médical, éthique, ça n'est certainement pas un débat pour directeurs de ressources humaines", a-t-elle averti.  

Alors, qu'en penser ?

Est-ce que tout cela ne traduirait pas un symptôme de la temporalité humaine ? La durée de vie augmente sans cesse depuis ces dernières décennies, le temps de nos vies quotidiennes se rétrécit à l'instant, au temps réel, à l'immédiat ; or, le temps du corps humain dans sa fonction essentielle au regard de l'espèce, la reproduction, est inchangé.

Les curseurs de nos différentes temporalités évoluent, le curseur de la temporalité féminine reste quant à lui inchangé.
Autrefois, une femme était épouse et mère. Depuis la fin du XXe siècle, elle a conquis la maîtrise de sa fécondité et son indépendance économique. 
Néanmoins, la maternité est et restera son état de nature. Va-t-elle pouvoir désormais sécuriser sa fertilité et retarder l'âge de la grossesse pour se donner quelques années de plus afin de stabiliser une vie professionnelle et construire une vie personnelle pour accueillir un enfant dans les meilleurs conditions ? Comme le pense, Françoise Kourilsky,(3) "ma conviction est qu’il nous faut aujourd’hui prendre conscience que rien n’est jamais trop tard, ni trop tôt. Il faut plutôt savoir se sentir prêt, et ne plus s’emprisonner dans des conventions de timing". 

Qu'en pensez-vous ?

(3) Françoise Kourilsky est Docteur en psychologie, diplomée de Sciences Po ; elle a développé dans sa thèse de doctorat une approche originale qui s'applique à la communication managériale, la conduite du changement, la négociation et la gestion des conflits.

 

- Livre "Deviens qui tu es : La philosophie grecque à l'épreuve du quotidien" de Bertrand Vergely (Ed. Albin Michel, 2014).
- Article "Vices et vertus du système de santé américain"Le monde.fr
- Livre "Faire des enfants demain" de Jacques Testart - (Ed. Seuil 2014)
- Article : "Facebook, Apple, les ovocytes congelés et le « progrès » au service du profit", de Natacha Polopny

Intelligence Artificielle & Santé : de la réparation à l'augmentation

Dans le cadre des séminaires organisés par le LIMICS (Laboratoire Informatique Médicale et Ingénierie des Connaissances en e-Santé - Inserm U1142), une conférence s'est tenue le 29 septembre dernier portant sur le thème Intelligence artificielle et Santé.

En santé, l’intelligence artificielle (IA) a longtemps été cantonnée dans des projets d’aide au diagnostic, avec plus ou moins de succès. Aujourd’hui, l’avènement de la réalité augmentée, de l’internet des objets et du Quantified Self avec ses multiples capteurs et ses flux de données tend à étendre les champs d’application de l’IA dans ce domaine.
Ainsi, Chris Drancy, l’homme le plus connecté au monde, dit avoir en permanence entre 300 et 700 systèmes de mesures de données qui lui permettent de mieux comprendre son corps et sa manière de vivre. Atteint de surpoids, il aurait pu perdre près de 45 kilos grâce à cette nouvelle forme de connaissance de soi. Des ontologies pour assurer l’interopérabilité des systèmes d’informations hospitaliers aux prothèses intelligentes, en passant par les serious games utilisant la réalité augmentée, l’IA investit progressivement tous les champs du domaine médical.

Nombre de dispositifs dits « intelligents » apparaissent pour remplacer des organes ou des membres déficients. De la cochlée à la rétine en passant par les prothèses orthopédiques, les chercheurs arrivent à reproduire in silico le comportement et les fonctionnalités de ces organes ou de ces membres. A ce stade, il ne s’agit pas véritablement d’intelligence artificielle, mais que dire des prothèses cognitives développées par le Professeur Berger (1) de l’université de Californie du Sud. Encore au stade de la recherche de pointe, elles visent autant un objectif de réparation que d'augmentation qualitative et quantitative de la cognition.

Au-delà même de ce que peut apporter l’IA dans le domaine de la santé, la frontière entre réparation et augmentation est très mince. Oscar Pistorius, athlète sud-africain, amputé des deux pieds alors qu’il n’avait que 11 mois, réalise des temps assez similaires à ceux des athlètes valides dans les courses de sprint grâce à deux lames en carbone en guise de tibias. Aimee Mullins, athlète handisport, actrice et mannequin américaine, amputée des jambes à l’âge de un an, fait de ses prothèses une normalité et joue véritablement de son esthétique augmentée.

Dans un récent éditorial du journal The Independant, le physicien Stephen Hawking écrit au sujet de l’IA que «Les avantages potentiels sont énormes ; tout ce que la civilisation a à offrir est un produit de l'intelligence humaine ; nous ne pouvons pas prédire ce que nous pourrions réaliser lorsque cette intelligence sera amplifiée par les outils que l'IA peut fournir, mais l'éradication de la guerre, de la maladie et de la pauvreté seraient la priorité de tous. Réussir à créer l'IA serait le plus grand événement dans l'histoire humaine. Malheureusement, il pourrait aussi être le dernier, à moins que nous n'apprenions à éviter les risques. » 

Dans notre cas, si dans un premier temps ces nouveaux dispositifs visent à pallier des fonctions déficientes de l’humain malade, n’est-il pas possible d’y voir également l’occasion de pouvoir augmenter cet humain tant dans ses fonctionnalités que dans sa durée de vie – comme le suggèrent les transhumanistes ? Ne serions-nous pas en train de ré-inventer l’homme comme le souligne Jean-Marie Besnier (2) ? Ne serions-nous pas tout bonnement en train de jouer avec le feu ?

Vidéo d'introduction à la conférence :

Visionner toute la conférence 

(1) Berger, T. W.; Song, D.; Chan, R. H.; Marmarelis, V. Z.; LaCoss, J.; Wills, J.; Hampson, R. E.; Deadwyler, S. A. & Granacki, J. J. A hippocampal cognitive prosthesis: multi-input, multi-output nonlinear modeling and VLSI implementation Neural Systems and Rehabilitation Engineering, IEEE Transactions on, IEEE, 2012, 20, 198-211

(2) Jean-Michel Besnier, « Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l'homme ? », Études, 2011/6 Tome 414, p. 763-772.

Chèque santé, chèque solidaire

Chèque Santé, Chèque solidaire : lutter contre la précarité en permettant l’accès aux soins pour tous via les CCAS.  Après les Chèques vacances, voici le chèque santé financé par l’entreprise, le CE ou la collectivité, pour faciliter les soins pour tous les salariés, agents ou bénéficiaires de ressources sociales et qui sera commercialisé le 1er janvier 2015. En lançant le premier titre prépayé dédié aux prestations de santé, Chèque Santé veut répondre à un enjeu de santé publique. D'autant que le trou de la Sécu sera plus important que prévu cette année atteignant "11,7 milliards d'euros en 2014" selon Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales.
Alors qu’un français sur trois, couvert ou non par une mutuelle, renonce aux soins par manque de moyens, quelles solutions existent ? 

Derrière ce chiffre alarmant, il est des situations encore bien plus inquiétantes. Chez les personnes bénéficiant des minima sociaux, ce taux est encore supérieur : 63% d’entre elles renoncent aux soins bucco-dentaires, 25% aux lunettes et 16% aux soins spécialistes [1]. Au sein de cette population, les jeunes et les seniors sont particulièrement touchés. Chèque Santé veut donc ne laisser personne sur le bord du chemin et propose d’élargir les chèques santé aux bénéficiaires des aides sociales au même titre que les bons alimentaires ou chèques énergie qui leur permettent de régler leurs factures.

Le Chèque Santé se décline pour les plus démunis

Si Chèque Santé est un outil de management social proposé aux entreprises, aux comités d’entreprise, aux collectivités à l’attention de leurs salariés ou usagers, il peut également être décliné en Chèque Santé social et solidaire.
Les 15 et 16 octobre prochains, Chèque Santé participe au Congrès National de l’Union Nationale des CCAS. Alors que le budget global consacré aux aides financières pour l’accès aux soins ou à la santé en 2013 par les CCAS peut être estimé à un peu plus de 3 millions d’euros et que 59 % des CCAS engagés dans le domaine de l’accès à la santé déclarent attribuer des aides financières [2], Vincent Daffourd, président de Chèque Santé, veut profiter de ce congrès pour proposer aux représentants des CCAS un nouveau dispositif dans le volet Santé des aides apportées aux plus démunis : « Notre volonté est de permettre l’accès aux soins pour tous. Aucune population ne doit être laissée pour compte. En proposant notre dispositif aux différents services sociaux, nous pouvons toucher les populations qui ne peuvent pas en bénéficier via leur entreprise : jeunes et retraités, notamment ! »

En effet, la problématique santé est très prégnante dans les accompagnements de publics défavorisés. Ainsi, par exemple lors des journées du travail social organisées par la FNARS [3] fin 2013, les travailleurs sociaux ont souvent évoqué le manque de moyens et de dispositifs pour faire face aux difficultés de plus en plus nombreuses des personnes qu’ils accompagnent. Ils ont largement témoigné que « la santé est une thématique omniprésente par l’augmentation des troubles mentaux, les addictions ou les maladies graves soignées avec retard faute de prévention et diagnostic ». Les professionnels de l’accompagnement social, démunis face à de tels constats, se sont fixés comme objectif prioritaire de combattre cette inégalité d’accès aux soins. « La santé ne peut pas être reléguée au second plan dans les parcours d’insertion au risque d’un échec de la réinsertion toute entière ».

Fort de ce constat et d’une compétence dans le secteur social, internalisée au sein de Care Labs SAS, une réflexion a été menée quant à l’opportunité d’ouvrir le spectre du déploiement de Chèque Santé vers les services sociaux. Il s’avère que les premiers contacts établis reçoivent une écoute toute particulière de la part de ces acteurs et que le dispositif initialement ancré dans une relation employeur / employé pourrait se concevoir dans un rapport prescripteurs / bénéficiaires.

Comment ça marche ?

C’est très simple, les collectivités désirant investir dans la bonne santé et le bien-être des administrés en situation précaire, adhèrent au dispositif Chèque Santé et ouvrent, via les CCAS ou autres acteurs sociaux, un compte individuel et nominatif au bénéficiaire du montant de leur choix. Pour quel montant ? Les sociétés expérimentant ce futur produit ont décidé d'accorder 150 € par an et par salarié en moyenne, selon Vincent Daffourd, président de Care Labs. Une somme financée par le comité d'entreprise ou directement par l'employeur - sauf exceptions, exonérée de charges sociales.
Ce crédit «santé» permet de s’assurer que l’aide allouée est strictement utilisée dans un parcours santé fléché répondant à un besoin du bénéficiaire : chirurgiens dentistes, orthophonistes, orthodontistes, psychologues, nutritionnistes, kinésithérapeutes, matériel médical, …

Côté technique, Chèque Santé va éditer des titres dématérialisés disponibles sur un smartphone ou une carte équipée d’un QR Code personnel et sécurisé. Ainsi le professionnel de santé n’a pas besoin d’un terminal de paiement. Le salarié a accès à son solde via l’application et il peut recréditer lui-même son compte ou être remboursé par son comité d’entreprise, sa mutuelle ou son assurance. L’application de Chèque Santé offrira la possibilité de prendre des rendez-vous médicaux ou paramédicaux en ligne, avec un rappel des dates, des vaccins obligatoires, des séances de coaching… A ce jour, 10 000 généralistes, dentistes, et ostéopathes se sont déjà engagés à accepter ce nouveau moyen de paiement.

Jeune, Femme, Sénior : précarité ? Comparatif avec les Etats-Unis

Le baromètre 2013 de l’UNCCAS a braqué le projecteur sur la santé et de l’accès aux soins. « Depuis 2009, les CCAS constatent une augmentation globale des demandes d’aides relatives à la santé : aide au paiement des soins, à l’acquisition d’une mutuelle, à la prise en charge des frais non remboursés, au reste à charge… La réponse consiste en un accompagnement administratif et/ou une aide financière pour les deux tiers des CCAS. »
Si l’augmentation est généralisée notamment dans une conjoncture difficile pour tous ; il est important de bien connaître le profil des personnes en situation de précarité, afin de leur apporter le soutien adéquat.
Ainsi, en France, comme aux Etats-Unis, les chiffres sont sans appel : la précarité concernant l’accès aux soins médicaux touche les populations à faibles revenus, en particulier les jeunes, les femmes et les retraités.
En France, 68 % des personnes sollicitant une aide financière pour l’accès aux soins auprès des CCAS sont des femmes ; 42 % de ces personnes sont retraitées. Même si 83 % des demandeurs sont affiliés à la Sécurité Sociale ; plus d’un quart (27 %) ne sont couverts par aucune complémentaire santé.
De la même manière aux Etats-Unis, seuls 2% des seniors ne sont pas couverts par une couverture publique, néanmoins 29% des seniors déclarent ne pas arriver à se soigner. [4] Couverture et accès aux soins sont deux choses différentes ! Etudes à l'appui, Vincent Daffourd ne doute pas un instant du succès de son produit : « Aux Etats-Unis, pour 1 $ investi, entre 3 et 8 $ sont gagnés cinq ans plus tard. S'attaquer au stress, à la fatigue, aux troubles musculaires ou psychosociaux permet de réduire l'absentéisme ou les accidents au travail ».

L’accès aux soins des moins de 25 ans est également un fait alarmant dénoncé par la Mutuelle des Etudiants qui indique qu’ « un tiers des étudiants, déclare avoir renoncé à des soins médicaux au cours des 12 derniers mois, pour des raisons financières principalement (29%). Dans le même temps, la Mutuelle des Etudiants (LMDE) montre que le fait de disposer d’une complémentaire santé améliore l’état de santé des étudiants en facilitant l’accès aux soins, dentaires, optiques, gynécologiques , etc… » [5]

Sans parler des problèmes d'absentéisme.  Six jours par an en moyenne. C’est le taux d’absentéisme en 2013 révélé par une étude d’Alma Consulting Group. 67% des DRH et 68% des salariés affirment que la principale cause de cet absentéisme est l’état de santé du salarié. "La santé des salariés, c’est la santé de l’entreprise !  Parfaitement intégré aux politiques RSE des entreprises, Chèque Santé constitue une alternative innovante et socialement responsable permettant de garantir une meilleure Qualité de Vie au Travail (QVT) et une véritable politique de Prévention Santé en Entreprise (PSE)."  argue le fondateur lors d'une interview au magazine info expoprotection.com.

L'innovation résulte d'activités entrepreneuriales comme celle-ci pour lutter contre les inégalités, pour une croissance inclusive, c'est-à-dire une croissance avec mobilité sociale qui ne laisse personne sur le bord de la route.

A propos de Chèque Santé

Née d’une expérience personnelle vécue par les deux cofondateurs, Chèque Santé est un produit de la société CARE LABS SAS, créé en juin 2014. Vincent Daffourd, porteur du projet, et son kinésithérapeute respiratoire, Guillaume Gallois, constatent, en 2010, l’inexistence d’un dispositif dédié au financement des soins complémentaires aux traitements allopathiques alors même que l’éventail des titres prépayés destinés aux salariés est large : chèque restaurant, culture, voyage, cadeaux … Après 3 ans d’étude de marché et de combat pour stabiliser sa maladie, Vincent Daffourd lance Chèque Santé : le 1er titre prépayé dématérialisé de prestations santé qui sera commercialisé auprès des entreprises, des comités d’entreprises, des collectivités, des mutuelles, des associations et des services sociaux.
Chiffres clés :
• 35 % des Français renoncent aux soins par manque de moyens
• 600€/ an restent à la charge des ménages après remboursement
• 300 000 professionnels de santé et thérapeutes (ostéopathes, psychologues, nutritionnistes…) ne sont pas remboursables
________________________________________
[1] Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale – CNLE
[2] www.unccas.org, revue Enquêtes et observations sociales - « Accès aux soins et à la santé : actions des CCAS », n°7 JUIN 2014 : Les aides financières octroyées par les CCAS dans le domaine de l’accès à la santé financent en majorité l’achat de petits appareillages (prothèse auditive, orthodontie, lunettes) et l’aide pour l’acquisition d’un contrat de complémentaire (concerne respectivement 73 % et 70 % des CCAS accordant des aides financières pour la santé)
[3] Fédération Nationale des associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale
[4] Etats-Unis : séniorité, précarité ?, 5 juin 2013 - http://etudes-economiques.credit-agricole.com/medias/EF13_42_PVB_20130605.pdf
[5] http://www.leciss.org/bons-points-mauvais-points/15-%E2%80%93-24-ans-l%E2%80%99%C3%A2ge-de-plomb-pour-l%E2%80%99acc%C3%A8s-aux-soins

La santé connectée est en marche

ADI crée l'événement de la "Santé connectée" le 4 octobre à Bordeaux (33)

Des applications mobiles pour gérer des problèmes de dos, surveiller ses risques cardio-vasculaires, soulager les "maux" du quotidien... Des "serious games" pour aider aux relations parents-ados...
Les patients veulent devenir acteurs de leur santé et le numérique investit le champ médical : l'ère de la "santé connectée" est en marche.

Aquitaine Développement Innovation (ADI) et le Cluster TIC SANTÉ AQUITAIN donnent rendez-vous aux industriels et professionnels de santé samedi 4 octobre à Bordeaux, en plein cœur de la 1ère région en matière de Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) appliquées à la santé.
Cet événement d'envergure nationale vise à favoriser les échanges entre la communauté médicale et les compétences de santé connectée : les entreprises et les laboratoires y présenteront ces outils et services d'avenir tandis que les praticiens aquitains y exposeront leurs besoins.

De quoi anticiper les défis du "lifestyle medicine" : s'appuyer sur les nouvelles technologies pour compléter les traitements traditionnels.

Un marché en plein boom, des progrès pour la médecine de demain

Cette tendance fait suite à une transformation profonde de la société, prenant à la fois appui sur l'appétit grandissant pour les smartphones, objets connectés, médias sociaux... et sur le souci permanent du corps et de sa santé.
Face à cet engouement, les objets "connectés" ou "intelligents" dessinent un marché promis à un bel avenir, voire un nouvel eldorado. On comptabilisait déjà 100 000 applications santé et bien-être en 2013 (contre 20 000 en 2012), dont 40 000 médicales. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) estime que la santé mobile pourrait représenter, à l'horizon 2017, 26 milliards de dollars et concerner près de 1,7 milliard d'utilisateurs.

Lorsqu'elle repose sur des preuves scientifiques, cette technologie ouvre de nouvelles réponses aux défis que pose la prise en charge des maladies chroniques : les outils impactent la motivation du patient et permettent un suivi collaboratif avec l'équipe des professionnels de santé ; le médecin lui-même les utilise pour se former, pour mieux communiquer avec son patient, et échanger avec ses pairs.

L'Aquitaine, berceau d'innovations TIC santé

L'Aquitaine est leader français dans le domaine des TIC santé (notamment appliquées aux établissements de soins publics, privés et aux établissements d'accueil de personnes âgées et/ou dépendantes), avec 1 000 emplois privés, 45% du chiffre d'affaires national et près de 50% des effectifs de la filière française en informatique de santé.
Le foisonnement de PME et start-up innovantes dans ce très récent marché de la santé connectée (Interaction Healthcare, Interactive Situations, Doado, 10h11...) contribue à ce positionnement.
Un leadership qui repose aussi sur l'existence et le soutien du cluster "TIC SANTÉ AQUITAIN" co-animé par ADI et composé d'industriels, d'acteurs de la recherche et de professionnels de santé.

Le 4 octobre : un carrefour pour créer de nouvelles solutions

Sont-ils efficaces ? Comment les évaluer ? Quels modèles économiques ?... Si la journée du 4 octobre permettra de débattre autour de ces questions centrales, elle vise surtout à soutenir le développement d'outils et initier des projets de santé connectée. Les problématiques présentées directement par les professionnels de santé donneront du contenu aux entreprises pour créer de nouvelles solutions.



"Alors que la santé mobile fait régulièrement l'actualité, les usages réels tardent à se concrétiser. Le potentiel est pourtant là, et les attentes sont nombreuses chez les industriels comme chez les utilisateurs potentiels. Dès lors, pourquoi et comment soutenir la santé mobile en France et en Europe ?" Guillaume Marchand, Médecin Psychiatre, Président DMD Santé.

"S'agissant de la santé connectée, il y a des patients ou des usagers relais potentiels de prévention qui ne demandent qu'à interagir grâce aux interfaces que l'on peut leur proposer : ce sont les adolescents d'aujourd'hui ??? ces digital natives qui utilisent avec virtuosité les outils numériques. À charge pour les professionnels de la santé de mieux connaître les outils en question et d'en comprendre les bénéfices escomptés tant en termes de compliance aux soins que d'amélioration de la communication. C'est tout l'intérêt d'une telle Journée que de pouvoir échanger autour de dispositifs ou d'applications utilisables avec les jeunes ou les moins jeunes." Dr Xavier Pommereau, chef du Pôle aquitain de l'adolescent, CHU de Bordeaux.

Parallèlement aux conférences de fond animées par des professionnels aguerris aux questions de santé connectée (experts ADI, entreprises innovantes, praticiens...), seront présentées les nouvelles solutions nées en Aquitaine. À noter : la possibilité de tester les solutions de réalité augmentée avec les "Google Glass" et "l'Occulus Rift".

Programme complet
Inscription : aquitaine-developpement-innovation.com

Lieu : Amphi Léon Duguit - 35 place Pey Berland - Bordeaux

A propos d'Aquitaine Developpement Innovation
Née en 2012 de la fusion de 2ADI (Agence Aquitaine de Développement Industriel) et d'Innovalis Aquitaine, l'agence Aquitaine Développement Innovation est le fer de lance du développement économique de la région. Son équipe de 50 experts (ingénieurs, docteurs, spécialistes sectoriels, juristes, marketeurs...) apporte son savoir et son soutien aux PME/PMI/ETI/Start-up de la région (aide à l'amélioration de la performance et de la compétitivité : financement, marketing, R&D...), aux filières, pôles et clusters (structuration, animation, émergence de filières..) et aux territoires (accompagnement de projets structurants, animation de réseaux, marketing territorial et attractivité, implantation d'entreprises...). Un vaste champ d'intervention qui amène ADI à s'imposer comme le lieu privilégié d'animation de l'écosystème régional d'innovation et du développement industriel.
www.aquitaine-developpement-innovation.com

La santé connectée est en marche (2)

ADI crée l'événement de la "Santé connectée" le 4 octobre à Bordeaux (33)

Des applications mobiles pour gérer des problèmes de dos, surveiller ses risques cardio-vasculaires, soulager les "maux" du quotidien... Des "serious games" pour aider aux relations parents-ados...
Les patients veulent devenir acteurs de leur santé et le numérique investit le champ médical : l'ère de la "santé connectée" est en marche.

Aquitaine Développement Innovation (ADI) et le Cluster TIC SANTÉ AQUITAIN donnent rendez-vous aux industriels et professionnels de santé samedi 4 octobre à Bordeaux, en plein cœur de la 1ère région en matière de Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) appliquées à la santé.
Cet événement d'envergure nationale vise à favoriser les échanges entre la communauté médicale et les compétences de santé connectée : les entreprises et les laboratoires y présenteront ces outils et services d'avenir tandis que les praticiens aquitains y exposeront leurs besoins.

De quoi anticiper les défis du "lifestyle medicine" : s'appuyer sur les nouvelles technologies pour compléter les traitements traditionnels.

Un marché en plein boom, des progrès pour la médecine de demain

Cette tendance fait suite à une transformation profonde de la société, prenant à la fois appui sur l'appétit grandissant pour les smartphones, objets connectés, médias sociaux... et sur le souci permanent du corps et de sa santé.
Face à cet engouement, les objets "connectés" ou "intelligents" dessinent un marché promis à un bel avenir, voire un nouvel eldorado. On comptabilisait déjà 100 000 applications santé et bien-être en 2013 (contre 20 000 en 2012), dont 40 000 médicales. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) estime que la santé mobile pourrait représenter, à l'horizon 2017, 26 milliards de dollars et concerner près de 1,7 milliard d'utilisateurs.

Lorsqu'elle repose sur des preuves scientifiques, cette technologie ouvre de nouvelles réponses aux défis que pose la prise en charge des maladies chroniques : les outils impactent la motivation du patient et permettent un suivi collaboratif avec l'équipe des professionnels de santé ; le médecin lui-même les utilise pour se former, pour mieux communiquer avec son patient, et échanger avec ses pairs.

L'Aquitaine, berceau d'innovations TIC santé

L'Aquitaine est leader français dans le domaine des TIC santé (notamment appliquées aux établissements de soins publics, privés et aux établissements d'accueil de personnes âgées et/ou dépendantes), avec 1 000 emplois privés, 45% du chiffre d'affaires national et près de 50% des effectifs de la filière française en informatique de santé.
Le foisonnement de PME et start-up innovantes dans ce très récent marché de la santé connectée (Interaction Healthcare, Interactive Situations, Doado, 10h11...) contribue à ce positionnement.
Un leadership qui repose aussi sur l'existence et le soutien du cluster "TIC SANTÉ AQUITAIN" co-animé par ADI et composé d'industriels, d'acteurs de la recherche et de professionnels de santé.

Le 4 octobre : un carrefour pour créer de nouvelles solutions

Sont-ils efficaces ? Comment les évaluer ? Quels modèles économiques ?... Si la journée du 4 octobre permettra de débattre autour de ces questions centrales, elle vise surtout à soutenir le développement d'outils et initier des projets de santé connectée. Les problématiques présentées directement par les professionnels de santé donneront du contenu aux entreprises pour créer de nouvelles solutions.



"Alors que la santé mobile fait régulièrement l'actualité, les usages réels tardent à se concrétiser. Le potentiel est pourtant là, et les attentes sont nombreuses chez les industriels comme chez les utilisateurs potentiels. Dès lors, pourquoi et comment soutenir la santé mobile en France et en Europe ?" Guillaume Marchand, Médecin Psychiatre, Président DMD Santé.

"S'agissant de la santé connectée, il y a des patients ou des usagers relais potentiels de prévention qui ne demandent qu'à interagir grâce aux interfaces que l'on peut leur proposer : ce sont les adolescents d'aujourd'hui ??? ces digital natives qui utilisent avec virtuosité les outils numériques. À charge pour les professionnels de la santé de mieux connaître les outils en question et d'en comprendre les bénéfices escomptés tant en termes de compliance aux soins que d'amélioration de la communication. C'est tout l'intérêt d'une telle Journée que de pouvoir échanger autour de dispositifs ou d'applications utilisables avec les jeunes ou les moins jeunes." Dr Xavier Pommereau, chef du Pôle aquitain de l'adolescent, CHU de Bordeaux.

Parallèlement aux conférences de fond animées par des professionnels aguerris aux questions de santé connectée (experts ADI, entreprises innovantes, praticiens...), seront présentées les nouvelles solutions nées en Aquitaine. À noter : la possibilité de tester les solutions de réalité augmentée avec les "Google Glass" et "l'Occulus Rift".

Programme complet
Inscription : aquitaine-developpement-innovation.com

Lieu : Amphi Léon Duguit - 35 place Pey Berland - Bordeaux

A propos d'Aquitaine Developpement Innovation
Née en 2012 de la fusion de 2ADI (Agence Aquitaine de Développement Industriel) et d'Innovalis Aquitaine, l'agence Aquitaine Développement Innovation est le fer de lance du développement économique de la région. Son équipe de 50 experts (ingénieurs, docteurs, spécialistes sectoriels, juristes, marketeurs...) apporte son savoir et son soutien aux PME/PMI/ETI/Start-up de la région (aide à l'amélioration de la performance et de la compétitivité : financement, marketing, R&D...), aux filières, pôles et clusters (structuration, animation, émergence de filières..) et aux territoires (accompagnement de projets structurants, animation de réseaux, marketing territorial et attractivité, implantation d'entreprises...). Un vaste champ d'intervention qui amène ADI à s'imposer comme le lieu privilégié d'animation de l'écosystème régional d'innovation et du développement industriel.
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