UP' Magazine L'innovation pour défi

EndoControl lauréat du Concours Mondial d’Innovation

Le projet du président de la société EndoControl, Clément Vidal, est sélectionné dans la catégorie « Médecine individualisée » : Assistance Robotique de Co-manipulation pour la Chirurgie (ARCC) pour le Prix Mondial de l'Innovation 2014.

EndoControl, entreprise innovante spécialisée dans l’assistance robotique pour la chirurgie endoscopique, annonce aujourd’hui que le projet porté par son président Clément Vidal a été sélectionné pour le concours mondial d’innovation, dans la catégorie « Médecine Individualisée ». Le projet ARCC (Assistance Robotique de Co-manipulation pour la Chirurgie) d’interaction intelligente robot-chirurgien a été choisi par la commission « Innovation 2030 », présidée par Anne Lauvergeon.

Les lauréats du concours mondial ont été reçus ce mercredi à l’Elysée par le Président de la République François Hollande, en présence de Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, d’Arnaud Montebourg, Ministre de l’Economie, du Redressement Productif et du Numérique, de Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique.

« Je suis honoré d’avoir été reçu aujourd’hui par le Président de la République, dans le cadre du Concours Mondial d’Innovation. L’annonce de notre sélection renforce notre crédibilité et notre positionnement sur le marché de l’assistance robotique des actes chirurgicaux », indique Clément Vidal. « C’est aussi une reconnaissance internationale du caractère innovant et porteur des technologies que nous développons. Notre ambition est de contribuer au développement de la filière de la robotique médicale en France et les fondamentaux du Concours Mondial correspondent à notre vision, qui consiste à développer des produits de rupture technologique. »

Le Concours Mondial d’Innovation fait partie de l’initiative « Innovation 2030 », lancée par l’Etat en 2013 afin de faire émerger les talents et futurs champions de l’économie française. Moins de 10 pour cent des projets présentés ont été retenus, et parmi eux, le projet ARCC d’EndoControl.

Les projets sélectionnés recevront un financement de Bpifrance pouvant aller jusqu’à 200 000 euros. Ce projet ARCC viendra étoffer le portefeuille de produits de la société. Les trois premiers produits de la société, ViKY(R) EP, ViKY(R) UP et JAiMY(TM), sont déjà utilisés dans plus de 150 blocs opératoires au niveau mondial.

« Je suis heureux de voir que Clément Vidal, fondateur d’EndoControl et polytechnicien, a été retenu dans le cadre du Concours Mondial d'Innovation », ajoute Jacques Biot, Président de l’Ecole Polytechnique et membre de la Commission Innovation 2030. « Le projet éducatif de l'Ecole Polytechnique se veut de plus en plus tourné vers l'innovation et l'entrepreneuriat. J’observe ainsi avec intérêt et satisfaction le parcours de Clément Vidal, qui illustre cet élan entrepreneurial et qui a pour ambition de répondre aux besoins sociétaux de demain en développant des technologies médicales innovantes. »

La chirurgie à l'heure de la robotique

Dans l’ère de la robotisation des tâches, la médecine présente une singularité : les variations anatomiques et de pathologie entre les patients font qu’elle ne peut être réduite à des gestes parfaitement reproductibles. Ainsi, les solutions proposées à ce jour font du robot un simple bras « esclave », télé-manipulé par le chirurgien.
Avec ses produits, EndoControl optimise la collaboration entre le praticien et le robot pour tirer le meilleur parti des capacités humaines (connaissance de la pathologie, capacité d’adaptation, flexibilité, ...) et de la robotique (précision, stabilité, reproductibilité, puissance de calcul, base de données, ...).

Avec JAiMY, par exemple, EndoControl a déjà mis sur le marché le plus petit instrument de robotique chirurgicale permettant de diminuer les cicatrices et douleurs associées.

Avec le projet ARCC, le robot d’assistance devient un compagnon de travail tour à tour guide du chirurgien et guidé par le chirurgien. L’interaction intelligente robot-chirurgien permet de répondre aux besoins de personnalisation du geste opératoire tout en assurant un haut degré de précision. ARCC est une véritable rupture à la fois technologique et d’approche de la robotique chirurgicale qui permet au robot d’être acteur de la stratégie thérapeutique, travaillant en parallèle du chirurgien, et non en série comme dans l’approche classique de télémanipulation.

Le marché global des robots chirurgicaux est actuellement estimé à 3,2 milliards de dollars et devrait atteindre près de 20 milliards de dollars en 2019 (Source : WinterGreen Research). En 2000, seules 1 000 opérations chirurgicales étaient effectuées avec l’assistance d’un robot chirurgien à travers le monde contre 360 000 en 2011 et 450 000 en 2012. Avec ses multiples innovations, EndoControl se place en position idéale pour jouer un rôle majeur dans ce marché en forte croissance.

Les bénéfices qu’apportent les robots chirurgicaux sont extrêmement nombreux. Pour les patients d’abord : réduction des pertes sanguines, de la durée d’hospitalisation, des risques d’infections et de complications, des douleurs postopératoires et même du temps de cicatrisation et du délai de récupération. Pour le chirurgien, les avantages sont également non négligeables. Le robot lui apporte une plus grande précision, une meilleure ergonomie, un gain de temps lors de certaines étapes critiques et, surtout, améliore sa vision de la zone à opérer.
La robotique chirurgicale concerne aujourd’hui de plus en plus de spécialités. Et chaque type d’opération apporte son lot de bénéfices spécifiques.
Et Robot ne signifie pas pour autant absence humaine ! 
"La robotique offre un potentiel de progrès très important par rapport à la chirurgie classique. C’est une vraie rupture technologique" déclarait un directeur de clinique de Bordeaux pour une étude de la revue Missions Santé.
Il existe bien sûr encore des progrès à faire en matière de robotique chirurgicale. Le coût d’acquisition d’un robot par exemple, entre un et deux millions d’euros, reste très élevé.
«Les interventions ont un coût plus élevé qu’en chirurgie classique » précisait un autre directeur de clinique d'Amiens, ajoutant « le problème, c’est que la robotique est encore considérée en France comme une innovation, alors dans d’autres pays occidentaux, elle n’en est déjà plus une… ».

A propos d’EndoControl
EndoControl est une entreprise innovante spécialisée dans l’assistance robotique pour la chirurgie endoscopique. Sa mission est de participer au progrès clinique en concevant des dispositifs de pointe pour les chirurgiens. La société commercialise toute une gamme de produits incluant ViKY EP (marquage CE 2007, agrément FDA 2008) un porte endoscope motorisé pour la laparoscopie, ViKY UP (marquage CE 2010, agrément FDA 2013) un porte manipulateur utérin motorisé et JAiMY (marquage CE 2011) le premier instrument laparoscopique articulé robotisé utilisable dans les mini incisions de 5 mm.
Plus de 10 000 chirurgies ont été réalisées avec ViKY dans le monde. Via un accord de distribution avec Trumpf Medical System (Allemagne), EndoControl distribue ses produits en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie du Sud-Est. EndoControl est également présente aux Etats-Unis, au Canada et au Japon, à travers un réseau de distributeurs indépendants.

Actuellement, 150 robots EndoControl sont en service dans des établissements hospitaliers à travers le monde.
EndoControl, basée à Grenoble, a été créée en 2006 par Clément Vidal (Polytechnique, Stanford) et Patrick Henri (GE, Siemens). La société a levé depuis sa création 8 millions d’euros auprès de capitaux-risqueurs.
Pour plus d’informations : www.endocontrol-medical.com

(Sources : Andrew Lloyd & Associates - 23 Juillet 2014)

Photo principale : Robot Myomectomie ©Endocontrol

Science Midsummer Nights 2014

Science Midsummer Nights est une réunion annuelle de conférences qui explore les avancées clés dans la génétique et la médecine, notamment la génétique de la psychiatrie. Cette série de conférences est organisée chaque été à Cambridge, est gratuite et ouverte au grand public. 

Voici - en anglais - les différentes conférences phare à ne pas rater !

www.broadinstitute.org

Thérapies de rupture cardiaques : réels potentiels ou utopies ?

Thérapies de rupture cardiaques : à la croisée de quatre approches pionnières : réels potentiels ou utopies ?

L’insuffisance cardiaque est un problème de santé publique car c’est une pathologie fréquente (800 000 patients en France) et grave. En effet, sa mortalité est élevée (plus de 200 000 morts par an en France, avec une mortalité intrahospitalière de 8 % et une mortalité à 5 ans de 60,3 %). De plus, elle est à l'origine de nombreuses hospitalisations (216 000 hospitalisations en 2012 en France) et de réhospitalisations (45,1 % en 2012) avec, de ce fait, un coût financier considérable (1,6 milliard d’euros en 2007, en France).

Incontestablement, la médecine régénératrice constitue un champ de recherche en plein essor, particulièrement dans ses applications cardiaques. Le marché européen, voire mondial, est marqué ces dernières années par une frénésie évidente autour du développement de thérapies cardiaques régénératives. Depuis plusieurs mois, quelques acteurs émergent et bouleversent le secteur, à commencer par les sociétés médicales Carmat, Cardio 3 Biosciences et CellProthera.

Tandis que tous les regards se tournent vers chacune d’elles et leurs avancées, comment s’y retrouver ? Quels sont leurs dénominateurs communs ? Quelles sont leurs divergences manifestes ? Leurs approches thérapeutiques sont-elles foncièrement opposées ou complémentaires dans le traitement de l’insuffisance cardiaque ?

Dans 24 à 36 mois, les trois sociétés devraient commercialiser leurs premiers dispositifs et solutions curatives. Aussi, il s’avère essentiel de bien appréhender les enjeux qui en découlent et de distinguer chaque thérapie régénérative. 

L’insuffisance cardiaque reste la première cause de mortalité dans le monde. Les maladies cardiovasculaires dans leur ensemble représentent un tiers des décès planétaires. Plus de 20 millions de personnes en mourront cette année en Europe et Amérique du Nord !

Les cellules souches

Face à ce véritable enjeu de santé publique, certaines études encourageantes ont notamment démontré l’extrême potentiel des cellules souches. Contrairement aux cellules de la peau, du foie ou de l’os, par exemple, celles du muscle cardiaque se renouvellent peu et leurs capacités d’auto-réparation diminuent avec l’âge. La mort des cellules après un infarctus du myocarde conduit à la destruction quasi définitive de la partie du cœur touchée, d’où l’intérêt des études de médecine régénérative. 

Les cellules souches que l’on greffe tentent de régénérer un organe endommagé ou détruit en sécrétant, elles aussi, des substances réparatrices dont certaines commencent à être identifiées. 

La greffe de cellules souches qui ont deux caractéristiques principales. 1. La capacité de se multiplier. 2. Quand elles sont embryonnaires, elles peuvent se transformer en cellules de n’importe quel organe. Les cellules souches adultes sont plus “spécialisées”. Ainsi, seules les cellules souches embryonnaires peuvent donner de nouvelles cellules du cœur. C’est à ce stade très précoce du développement qu’elles ont la plasticité nécessaire pour se différencier en de multiples types cellulaires (cœur, cerveau, œil, etc.). 
A l’hôpital européen Georges-Pompidou de Paris, la première étude d’implantation de cellules souches embryonnaires a été réalisée au cours d’un pontage coronaire. Elles ont au préalable été traitées pour devenir des cellules cardiaques dans le laboratoire de thérapie cellulaire de l’hôpital Saint-Louis (Pr Larghéro et Dr Vanneaux). Le premier objectif de l’essai est de vérifier la sécurité de ce type de greffe.

Les substances régénératrices sécrétées par les cellules souches prendront sans doute leur place dans l’arsenal thérapeutique. Mais, pour rester prudents, cette médecine n’accomplira pas de miracles. Elle contribuera cependant à améliorer le pronostic de nombreuses maladies, en association avec d’autres traitements, existants ou en développement. (Source : Propos du  Pr Philippe Menasché, Chirurgien cardiaque, codirecteur d’une équipe Inserm (thérapie cellulaire des maladies cardio-vasculaires, hôpital européen Georges-Pompidou) - Interview ParisMatch 17 juin 2014)

Un besoin médical considérable 

En sus des problèmes éthiques qui y sont liés, l’utilisation de cellules souches embryonnaires pose encore bien des problèmes techniques non résolus qui en limitent leurs applications. C’est pourquoi, dans le domaine cardiaque, seules des cellules souches adultes ont été utilisées à ce jour dans les essais thérapeutiques.

Aujourd’hui, il est donc primordial de séquencer les indications des différents traitements à l’étude, puis d’en dégager les avantages et inconvénients respectifs. Ils interviennent à différents stades de l’insuffisance cardiaque (IC), post-infarctus ou non, leur but étant de rétablir la fonction cardiaque à des degrés distincts. Malgré leurs divergences et approches apparemment antinomiques, ces thérapies semblent néanmoins complémentaires…

CARMAT - Un traitement patent bientôt dépassé ?

Le positionnement de Carmat est à restituer dans ses indications et applications premières. Dans le cadre du traitement de l’insuffisance cardiaque, son dispositif a pour vocation de pallier le manque notoire de greffons et les problèmes d’éligibilité à la transplantation. Le cœur artificiel est indiqué pour le traitement de l’insuffisance cardiaque chronique (ICC) en phase avancée, voire terminale.

Sa principale originalité, par rapport aux précédents cœurs artificiels, est de pouvoir s’adapter aux changements de rythme de vie du patient, lui permettant de retrouver un niveau de fonctionnalité cardiaque acceptable en (presque) toutes circonstances, sans le contraindre à un système trop lourd.
Néanmoins, dans sa configuration actuelle, le cœur artificiel de Carmat pèse encore 900 grammes, contre 300 grammes pour un organe naturel, et nécessite toujours d’être relié à une batterie externe, dont l’autonomie reste limitée à 12 heures. Autrement dit, pour accueillir un tel dispositif, les patients éligibles doivent présenter une certaine « robustesse » anatomique. En conséquence, seul un malade sur cinq disposant d’un torse assez large pour l’implantation, peut accueillir la prothèse de Carmat, ce qui rend actuellement improbable l’implantation chez la plupart des femmes.

Assurément, cette technique, indépendamment de la récente actualité de la société, incarne une véritable prouesse technologique et l’aboutissement de 20 années de recherche. Toutefois, elle arrive sans doute un peu tard au regard des promesses de la médecine dite « régénératrice ».
Les thérapies cellulaires en cours de développement démontrent en effet chaque jour un peu plus leur potentiel et avancées. En cardiologie, si elles tiennent leurs promesses, elles vont sérieusement tarir à moyen terme le « réservoir » de patients présentant une insuffisance cardiaque terminale. Mais pour l’heure, le problème ne se pose pas encore en ce sens à Carmat, dont le dispositif révolutionnaire présente l’avantage majeur de pouvoir pallier le manque criant de donneurs pour une transplantation cardiaque dans tous les pays, peut-être dans l’attente de nouveaux traitements.

Chaque année, en effet, des milliers de malades décèdent par manque de donneurs d’organes. Actuellement, seuls 350 à 400 patients, en insuffisance cardiaque terminale, peuvent être transplantés en France, tandis que le besoin est trois fois supérieur. Le niveau fixé par Carmat, d’implanter chaque année près de 1 000 à 2 000 patients, reste donc un objectif ambitieux , si la société parvient à l’atteindre. L’essai de faisabilité en cours, mené encore sur trois autres patients « au pronostic vital engagé », constitue un véritable espoir pour les patients actuels mais, sur le long terme et à grande échelle, offre des perspectives plus modestes.

Car, bien que le traitement de Carmat ne nécessite pas l’administration à vie de médicaments immunosuppresseurs, le dispositif conserve un niveau de prise en charge élevé, le coût estimé à ce jour de l’ensemble du dispositif étant de l’ordre de 200 à 250 000 euros, auquel il faut ajouter le coût de l’intervention chirurgicale d’implantation. Ce coût rend répréhensible, pour les organismes de santé, la diffusion à large échelle de ce cœur artificiel, et ce d’autant plus s’il ne réduit que faiblement le risque d’une multi-défaillance organique à court terme chez le patient.

CARDIO 3 BIOSCIENCES, une amélioration modérée de l’insuffisance cardiaque chronique post-infarctus

L’approche thérapeutique de Cardio 3-Biosciences est basée sur un procédé - initialement développé et breveté par une équipe de la Mayo Clinic (USA) - de différenciation de cellules souches spécifiques, les cellules souches mésenchymateuses, présentes dans la moelle osseuse en faible quantité (1/10 000 cellules mononuclées), en progéniteurs de cellules musculaires cardiaques.
A partir d’un prélèvement de moelle osseuse, effectué chez le patient en état d’ICC secondaire à un infarctus, les cellules mésenchymateuses sont isolées et purifiées, puis mises en culture pour être multipliées et différenciées en cellules souches « cardiopoïétiques » : le produit final, obtenu au bout de 22 jours, comprenant entre 600 millions et 1,2 milliard de cellules autologues, est proposé sous le nom de C-CURE.

Cardio 3 Biosciences a déjà mené à bien un essai clinique phase II, incluant 33 patients ayant fait un infarctus du myocarde (IDM) entre 6 mois et 20 ans auparavant. Ces patients ont été randomisés en deux groupes, l’un (20 patients) recevant le produit cellulaire autologue C-CURE, tandis que, dans l’autre, 13 patients continuaient simplement à recevoir leur traitement conventionnel.

La réinjection cellulaire était faite directement dans le myocarde par voie endo-ventriculaire, avec 9 à 26 points d’injection dans la zone, encore viable mais dysfonctionnelle (zone « hibernée ») entourant la lésion cicatricielle de l’infarctus, via un cathéter dédié, introduit dans l’artère fémorale. La procédure d’injection n’a été suivie d’aucun effet secondaire désagréable.
Six mois après, les patients en ayant bénéficié ont présenté une amélioration modérée, mais statistiquement significative, de leur fonction cardiaque par rapport aux données initiales, caractérisée par une augmentation de sept points en moyenne de la fraction d’éjection, une réduction des volumes ventriculaires systolique et diastolique, et une amélioration d’une soixantaine de mètres du périmètre de marche. Au contraire, dans le groupe contrôle, aucun de ces paramètres n’était amélioré.

En d’autres termes, le traitement développé par Cardio 3B, permet de ré-irriguer la zone péri-infarcie, avec pour double effet favorable d’éviter sa destruction progressivement inéluctable et d’améliorer sa fonctionnalité. Il circonscrit donc l’infarctus à sa zone primitive. Par contre, il ne semble induire aucune régénération proprement dite de la zone infarcie, sans doute pour plusieurs raisons : l’ancienneté de la lésion cardiaque, généralement fibreuse, voire même calcifiée à ce stade ; la réinjection cellulaire périphérique ; et, peut-être, l’incapacité des cellules injectées à pouvoir reconstituer un tissu cardiaque fonctionnel à partir d’une lésion théoriquement irréversible : un tel résultat n’a en effet jamais été observé à ce jour avec des cellules mésenchymateuses ou leur dérivés. Un essai Phase III multicentrique international, en cours, permettra peut-être d’y voir plus clair sur la réelle capacité régénératrice du produit C-CURE.

Pour le reste, ce processus nécessite un prélèvement de moelle osseuse, geste malgré-tout un peu désagréable pour le patient - surtout s’il est pratiqué sous anesthésie locale et non générale, et qui doit être réalisé en bloc opératoire par un médecin entraîné. Quant au coût, le traitement C-CURE est estimé par Cardio 3-Biosciences à 50 000 euros l’unité.

Enfin, le modèle d’industrialisation actuel de Cardio 3-B présente des aléas logistiques significatifs : la société ne pourra sans doute pas conserver sa production sur un seul site et devra équiper d’autres laboratoires d’expansion dans de nombreux pays afin de répondre à la demande et aux délais d’injection. Sinon, la société de biotechnologie s’avèrera très rapidement limitée dans son champ d’intervention à travers le monde, d’autant qu’elle devra respecter le cadre législatif de chaque pays pour importer ses produits médicamenteux (C-CURE).

CELLPROTHERA : Agir au plus proche de l’infarctus, en empêchant la survenue d’une insuffisance cardiaque secondaire

L’approche thérapeutique de CellProthera est différente des deux autres, puisqu’elle traite l’infarctus au plus tôt, dans le double but de régénérer structurellement et fonctionnellement la zone myocardique lésée et, par là même, d’éviter la survenue d’une ICC secondaire, de mauvais pronostic. En outre, elle utilise un type cellulaire tout à fait différent de celui utilisé par Cardio 3-B, puisqu’il s’agit de Cellules Souches Sanguines CD34+.

La première au monde, l’équipe de l’Institut de Recherche en Hématologie et Transplantation (IRHT), dirigée par le futur fondateur de CellProthera (Professeur Hénon), avait en effet mené à partir de 2002 un essai clinique pilote dans lequel des malades atteint d’IDM sévère - trois étaient même d’emblée justiciables d’une transplantation cardiaque - recevaient une injection intracardiaque directe de cellules souches sanguines CD34+ autologues purifiées.

Les résultats au long cours de cette étude sont spectaculaires puisque six sur sept des patients inclus ont obtenu une réparation anatomique de la lésion cardiaque, clairement démontrée par PetScan, corrélée à une amélioration de plus de 70% de la fonction cardiaque. Ces six malades sont toujours vivants - y compris les trois qui étaient programmés pour une transplantation cardiaque urgente et qui l’ont évitée jusqu’à ce jour - et mènent une vie normale en ne prenant que très peu de médicaments à visée cardiaque, avec un recul allant de 7 à 11 ans depuis l’injection cellulaire.

En outre, l’équipe de l’IRHT a clairement démontré que les cellules CD34+ pouvaient se différencier en cellules cardiaques ou endothéliales, capables respectivement de « reconstituer » du tissu cardiaque et de le revasculariser, ce qui donne un sens à leur utilisation dans le domaine cardiaque.

Aujourd’hui, après quelques contestations et controverses, les cellules souches sanguines CD34+ ont le vent en poupe en thérapie cellulaire cardiaque, d’autant que la « faveur » dont jouissaient les cellules mésenchymateuses dans le domaine s’est atténuée du fait de leurs résultats « mitigés ». Plusieurs études cliniques récentes ont d’ailleurs confirmé le remarquable potentiel thérapeutique des cellules CD34+ dans le domaine cardiaque.

Ainsi, l’approche de CellProthera est de simplifier, standardiser et industrialiser la production de greffons CD34+ afin de rendre son traitement accessible au plus grand nombre de patients. A partir d’une simple prise de sang, réalisée par une infirmière chez le patient, au plus tard 15 jours après la survenue de l’IDM, les cellules CD34+ sont isolées puis multipliées (x 20 fois) pendant neuf jours dans l’automate StemXpand® développé par CellProthera. Elles gardent les mêmes caractéristiques après multiplication qu’avant, en particulier aucune modification génétique n’a été observée.

En outre, une étude préclinique, réalisée chez le rat ayant subi un IDM expérimental, a permis de valider l’effet thérapeutique indiscutable et identique des cellules avant et après multiplication, confirmant ainsi les données de l’essai clinique pilote. Les résultats de la validation biologique du processus de production automatisé développé par CellProthera sont en cours de publication. Le produit cellulaire, ainsi obtenu et labellisé sous le nom de « Protheracytes® », est considéré par les autorités comme un médicament de thérapie innovante (MTI), avec l’indication de régénérer rapidement les tissus et vaisseaux lésés et d’empêcher ainsi la survenue de l’ICC post-infarctus.

Autre différence significative avec Cardio 3-Biosciences, CellProthera a pris le parti de ne pas produire directement les greffons, mais plutôt de mettre à disposition des centres de thérapie cellulaire, déjà existants et aux normes de production pharmaceutique, les automates (StemXpand®) et équipements à usage unique (StemPack® ) assortis d’une licence d’exploitation et de production.
Cela a pour double intérêt d’éviter les investissements lourds qu’auraient entrainé la mise en place dans le futur d’unités de production disséminées dans le monde entier, et de permettre de répondre au mieux aux impératifs de délais de transport et d’injection des greffons.

Comme C-CURE, le produit cellulaire Protheracytes® sera réinjecté par le biais d’un cathéter introduit par la voie de l’artère fémorale. Par contre, le greffon cellulaire sera ici réinjecté avant la fin du 1er mois suivant l’IDM, directement dans la lésion cardiaque, et non pas autour, assurant ainsi une meilleure diffusion des cellules au sein du tissu à régénérer et donc une meilleure efficacité. L’acte d’injection par un cardiologue interventionnel pourra là aussi se faire en ambulatoire.

CellProthera estime à 25 000 euros le coût de chaque greffon, soit deux fois moins que le produit C-Cure et dix fois moins qu’un cœur artificiel Carmat.

En conclusion, ces trois thérapies de rupture présentent l’avantage d’intervenir à différents stades de l’infarctus et de l’insuffisance cardiaque, et sont donc actuellement complémentaires. Toutefois, si les résultats thérapeutiques obtenus par le procédé CellProthera confirment ceux obtenus lors de l’essai pilote et de l’étude pré-clinique, le taux d’insuffisance cardiaque secondaire à un IDM devrait considérablement baisser au fil des ans et « assécher » progressivement le marché de Carmat et de Cardio 3 Biosciences. Mais, en attendant, ces derniers ont encore quelques « bonnes » années devant eux pour traiter les insuffisants cardiaques existant déjà.

Innovations thérapeutiques pour les maladies mentales ITMM

Un enjeu sociétal majeur : première cause mondiale de handicap à l’horizon 2020 (OMS) les maladies mentales sont responsables de décès prématurés (suicides, addictions, conduites à risque, maladies somatiques). Parce qu’elles frappent un Français sur cinq et touchent le jeune adulte et l’enfant, ces maladies posent un défi d’avenir. 

L’objectif de ce Défi autour de l’innovation thérapeutique pour les maladies mentales est de rassembler des communautés différentes autour d’une problématique commune afin de lever des verrous méthodologiques (modèles, approches,…), instrumentaux (imageries, acquisition de données,…) et thérapeutiques (diagnostic précoce, prévention, prescription, traitement, accompagnement, …) dans le domaine des maladies mentales et des troubles du comportement. Toutes les perspectives scientifiques (Physique, chimique, technologique, biologique, sociétale) sont concernées par ce défi.

Les maladies mentales s’accompagnent de souffrances importantes pour le patient et ses proches et se traduisent souvent par une désinsertion sociale, familiale et professionnelle. L’impact économique et social est donc considérable. Alors que le rôle de l’environnement à travers les réponses aux stress et aux perturbations est de plus en plus reconnu dans l’étiologie des pathologies mentales, les liens de causalité restent inconnus.
D’un point de vue pharmacologique, depuis l’apparition des premiers neuroleptiques dans les années 1950, des premiers antidépresseurs dans les années 1960, puis des antidépresseurs de seconde génération dans les années 1980, la psychiatrie biologique n’a pas connu d’évolution majeure. Or des avancées technologiques récentes (imagerie, réalité virtuelle, …) ouvrent de nouvelles perspectives dans la prise en charge de ces pathologies.

L’objectif du défi Innovations thérapeutiques pour les maladie mentales - ITMM, lancé en 2013 par la Mission pour l’interdisciplinarité du CNRS autour de l’innovation thérapeutique est de rassembler des communautés différentes autour d’une problématique commune afin de lever des verrous méthodologiques, instrumentaux et thérapeutiques dans le domaine des maladies mentales et des troubles du comportement. En effet, malgré les efforts et les moyens déployés dans les centres de recherche, de nombreuses questions restent posées et les besoins médicaux dans ce domaine restent aujourd’hui insatisfaits.

Périmètre : Toutes les approches scientifiques (physique, chimique, technologique, biologique, sociétale) sont concernées par ce défi, car il s’agit de lever des verrous de natures différentes :

- Méthodologiques : modèles, approches, …
- Instrumentaux : imageries, acquisition de données, intervention minimalement invasive…
- Thérapeutiques : diagnostic précoce, prévention, prescription, traitement, accompagnement, recherche de nouvelles molécules et cibles, association de principes actifs,…
- Humaines et sociales : dimension économique, approche éthique et valeurs des individus, pratiques sociales et contextes, variabilité individuelle.

Le défi aidera à promouvoir la constitution de nouveaux réseaux d’équipes, issues d’horizons disciplinaires différents mais dont la complémentarité est nécessaire pour travailler ces questions et faire émerger des projets réellement novateurs.

Un appel à projets, pour quoi faire ?

Certaines maladies majeures pouvant déjà bénéficier de supports financiers importants et récurrents via des appels d’offres spécifiques ou des associations caritatives, le CNRS a choisi de focaliser ce défi sur le champ de recherche moins soutenu des maladies mentales et des troubles du comportement. En effet, malgré les
efforts et les moyens déployés dans les centres de recherche, de nombreuses questions restent posées et les besoins médicaux dans ce domaine restent aujourd’hui insatisfaits.

Dans ce défi, le CNRS souhaite, via l’interaction des disciplines, favoriser les innovations thérapeutiques :

■ En associant les approches qualitatives et quantitatives pour appréhender et caractériser les pathologies en
cause, les traitements, leurs effets, les conditions de leurs usages et leur contexte psychosocial.
NB : le périmètre de ce défi ne comprend pas les maladies neuro-dégénératives

■ En renouvelant l’approche éthique des pathologies mentales, incluant les valeurs des individus, leur motivation à se faire traiter et les conséquences de leur traitement.

■ En analysant la chaîne de production de l’innovation thérapeutique, interrogeant les conditions de l’innovation entre recherches académique, clinique, industrielle et associations de patients, ainsi que les enjeux techniques et financiers et les formes de régulation des marchés.

Processus de cet appel à manifestations d’intérêt

■ Phase 1
- déclaration d’intention du candidat, sur la base de compétences et d'expertise dans le champ thématique du défi, toutes disciplines confondues (formulaire de candidature).
- examen des candidatures par le comité de sélection et de coordination du défi qui, après analyse des  contenus et des compétences proposées, procèdera à l’identification de réseaux potentiels, émanant de disciplines complémentaires, autour d’une problématique commune.
Après cette première phase, les candidats seront tenus informés.

■ Phase 2
- organisation d’ateliers visant des échanges interdisciplinaires, pour aider à structurer ces réseaux afin de favoriser l’émergence de propositions de projets de recherche collaboratifs originaux : soumission des projets.
- évaluation et sélection des projets ; le critère principal sera leur pertinence par rapport aux objectifs du défi.

Le comité de sélection et de coordination du défi souhaite que le taux de succès puisse être supérieur à  50% des projets déposés.
La durée de soutien des projets sera d’un an. Après l’examen du rapport d’avancement, le projet pourra être renouvelé. Le montant annuel sera compris entre 100 et 150 k€.

Le formulaire de candidature est disponible à l'URL : http://www.cnrs.fr/mi/spip.php?article249

Défis projets soutenus en 2013 et renouvelés en 2014 / Lauréats 2013 / Innovations thérapeutiques pour les maladies mentales 

Pour obtenir des informations :

-Martine KNIBIEHLER :  martine.knibiehler[at]cnrs-dir.fr (correspondant scientifique du défi)
- Mission pour l'interdisciplinarité : mi.contact[at]cnrs.fr

(Source : CNRS - Mai 2014)

Redonner de la vision à ceux qui l’ont perdue

Le 11 avril dernier, l'Institut de la Vision, dans le cadre d'essais cliniques, présentait l'avancée de ses travaux sur la prothèse rétinienne IRIS®, conçue et développée par Pixium Vision : de nouvelles perspectives porteuses d'espoir pour des milliers de malvoyants et non voyants.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime à 285 millions dans le monde le nombre d’individus malvoyants (pouvant avoir une vision faible à modérée, ou présenter une sévère déficience visuelle) : 40 à 45 millions d’entre eux sont complètement aveugles. 

Rétinite pigmentaire, choroïdérémie, ces maladies ophtalmologiques aux noms complexes présentent un point commun fondamental : elles affectent la rétine et s’attaquent toutes aux phororécepteurs ; leur défaillance va altérer progressivement la vue et souvent conduire à une profonde malvoyance, voire à la cécité, bien que leur nerf optique soit toujours fonctionnel.
Le remplacement des photorécepteurs par la stimulation de certaines cellules de la rétine permet d’espérer restaurer, au moins partiellement, la vision des malades et d’augmenter leur autonomie. C'est l'objectif de la société Pixium vision qui développe à Paris au sein de l'Institut de la Vision, structure mixte de recherche de l'UPMC, de l'Inserm et du CNRS, dirigée par le Professeur José-Alain Sahel, deux systèmes de restauration de la vision (IRIS et PRIMA).

La neuromodulation rétinienne ou comment re-stimuler les cellules neuronales de la rétine

La construction du message "Image" peut s’assimiler à un processus en deux temps : 
1. Le signal lumineux est d’abord "intégré" par les photorécepteurs (cônes et bâtonnets) de la rétine qui vont le convertir en un signal électrique. 
2. Celui-ci est ensuite transmis à la rétine interne puis au cerveau par l'intermédiaire du nerf optique pour aboutir à la perception effective de l'image.

La construction du message "image" se décomposant en deux phases principales, il est possible d’envisager de traiter ces patients par une stimulation du nerf optique avec des électrodes positionnés sur la rétine. L’utilisation d’implants rétiniens pourrait permettre à terme à ces patients de retrouver une vision utile. 

La neuromodulation consiste à agir directement sur les nerfs ou sur la zone cible où l'activité des nerfs est altérée en induisant des réponses biologiques par stimulation électrique.
Les dispositifs de neuromodulation par stimulation électrique contiennent de petites électrodes qui peuvent être reliées au cerveau, à la rétine, à la moelle épinière ou aux nerfs périphériques.
La neuromodulation est utilisée en ophtalmologie pour traiter les maladies liées à la dégénérescence des photorécepteurs.

Un système qui restitue le fonctionnement de la rétine

Comment fonctionne la rétine ?
La rétine est un tissu nerveux localisé dans le globe oculaire, faite de plusieurs strates de cellules nerveuses : les photorécepteurs doivent convertir les événements lumineux en signaux électriques. Ces signaux sont ensuite transmis aux différentes cellules qui composent la rétine (cellules bipolaires, cellules amacrines, etc…), avant d’être envoyées
aux cellules ganglionnaires. Ces dernières sont logées à la surface de la rétine et leurs  axones forment le nerf optique. Le signal est ensuite envoyé au cortex visuel, via le nerf optique.

Comment agir sur la rétine, comment stimuler la rétine ?

La stimulation rétinienne peut emprunter deux voies :
• la stimulation épi-rétinienne (IRIS 50 et 150) grâce à l’implantation d’électrodes à la surface de la rétine qui stimulent les cellules ganglionnaires ;
• la stimulation sous-rétinienne (PRIMA) qui consiste à placer les électrodes sous la rétine, en contact avec les cellules de la rétine interne.

Les systèmes d’implants

Les travaux de recherche de Pixium Vision développent deux systèmes de restauration de la vision :
1) IRIS (Intelligent Retinal Implant System), première plateforme technologique de prothèse rétinienne. Le dispositif se compose de trois parties :
- Un implant positionné sur la rétine. Celui-ci porte les électrodes qui vont  recevoir les informations visuelles d’un transmetteur sans fil et vont ensuite envoyer les signaux électriques de stimulation vers le nerf optique.
Dans cette première génération, l’implant comprend 50 ou 150 électrodes.
- Un transmetteur sans fil qui joue le rôle d’unité de traitement du signal. Il s’agit dans ce dispositif, d’un  ordinateur de poche qui va traiter les données visuelles générées par la caméra et les transformer en signal électriques transmis aux électrodes.
- Une interface visuelle composée d’une paire de lunettes équipée d’une mini-caméra. Ici, la caméra ATIS fonctionne comme une rétine humaine : elle capte les événements de l’environnement et génère les données visuelles.
IRIS50 est composé de 50 électrodes et est actuellement en essais cliniques. (L’obtention du marquage CE est prévue en 2015).
IRIS150 a été conçu et développé sur le même modèle qu’IRIS 50. Il comprend 150 électrodes. L’utilisation d’un plus grand nombre d’électrodes est destinée à augmenter la qualité de la vision.
Dans les deux cas, une intervention chirurgicale est nécessaire pour implanter le dispositif sur la rétine, généralement sur un seul œil. Le patient doit ensuite suivre un programme de rééducation pour apprendre à son cerveau à interpréter les signaux émis par l’implant.

L’essai clinique en cours a été initié en juin 2013 dans trois centres en Allemagne, en Autriche et en France. L’étude débute par un premier examen pour déterminer si le patient peut intégrer l’essai. Après implantation, le patient participe à des séances de rééducation avec l’équipe médicale pour régler et affiner la stimulation de l’œil. Des visites de suivi sont
prévues pour une durée de 18 mois afin de surveiller l’état de l’œil. La sécurité de la procédure (critère principal d’évaluation de l’étude) est étudiée grâce à différents examens ophtalmologiques (fond d’œil, tomographie à cohérence optique, angiographie en fluorescence). L’amélioration de la performance visuelle (critère d’évaluation secondaire de
l’étude) est déterminée par une série d’examens tels que des tests de perception de la lumière, localisation d’objets et des tests de mobilité.
L’étude doit inclure entre dix et vingt malades. Cinq patients ont déjà été implantés avec succès et la mise sur le marché du dispositif est prévue en 2015.

2)  PRIMA, système destiné à améliorer la qualité de la vision, tout en simplifiant la procédure chirurgicale. Il comprendra : 
- Un implant sous-rétinien composé de mosaïques compactes ultra fines. Ces mosaïques étant totalement autonomes (aucun câble, aucun lien), il sera possible d'en placer plusieurs sous la rétine et d'implanter ainsi jusqu'à plusieurs milliers d’électrodes. 
- Une interface visuelle comportant la caméra ATIS utilisée pour le système IRIS. Une source de lumière infrarouge fournira simultanément aux mosaïques l'énergie lumineuse et les informations visuelles.
- Un ordinateur de poche de la taille d’un smartphone relié à l’interface visuelle abrite les logiciels et les algorithmes.

Les études de preuve de concept ont été réalisées chez l’animal. Un prototype de l'interface visuelle est désormais disponible. Il permettra de poursuivre le développement des algorithmes nécessaires en vue du lancement des essais cliniques en 2016.

Les équipes de recherche

Docteur Bernard Gilly, PhD, Président Directeur Général de Pixium Vision, fondée en 2011
- Khalid Ishaque, Spécialiste mondial de la neuromodulation
- Professeur José Alain Sahel, Université Pierre et Marie Curie et Institut de la Vision
- Docteur Ryad Benosman, Université Pierre et Marie Curie et Institut de la Vision
- Docteur Yannick Le Mer, chirurgien ophtalmologiste, Fondation Adolphe de Rothschild
- Max Bouvy, Association de patients malvoyants Valentin Hauy
- Association scientifique Ophta Biotech.


Interview du Professeur José-Alain Sahel, directeur de l'Institut de la vision à l'hôpital des Quinze-Vingts à Paris sur le thème de ses recherches sur le traitement des troubles graves de la vision / Septembre 2013.

Ces avancées technologiques façonnent de multiples pistes thérapeutiques de réparation de la rétine, dont la thérapie génique ou la greffe de cellules souches, avec un premier essai clinique prévu en 2015. Reste à savoir si le nouveau forfait innovation mis en place par le Ministère de la Santé, et qui vise à accélérer la mise à disposition d'une thérapie ou d'une technique, prendra en charge cette innovation.

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