UP' Magazine L'innovation pour défi

médecine personnalisée

Cancer: vers une prise en charge personnalisée

Parce que chaque cancer est différent, chaque patient devrait pouvoir bénéficier d’un traitement personnalisé. A l'occasion de la journée mondiale contre le cancer, demain jeudi 4 février, l'Université de Montpellier met en avant les recherches révolutionnaires du laboratoire Cellules Circulantes Rares Humaines (Université de Montpellier-CHRU) dont la technique unique au monde ouvre une nouvelle ère dans la lutte contre le cancer.

Journée mondiale contre le cancer le 4 février 2016

Chaque année le 4 février, pour la Journée mondiale contre le cancer, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) soutiennent l’Union internationale contre le cancer (UICC) pour promouvoir les moyens de faire reculer la charge de morbidité imputable à cette maladie. Avec 14 millions de nouveaux cas et 8,2 millions de décès en 2012, le cancer est une des principales causes de mortalité dans le monde. Comment combattre cet adversaire redoutable ?
 
Chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, hormonothérapie, aujourd’hui les médecins disposent de tout un arsenal thérapeutique. Mais comment déterminer quel traitement est le plus adapté pour chaque patient ? Peut-être grâce à un simple prélèvement sanguin. « Quand un patient est atteint d’un cancer on peut retrouver dans son sang des "cellules tumorales circulantes" ou CTCs, explique Catherine Alix-Panabières, responsable du LCCRH (CHRU Montpellier – Université de Montpellier). Ce sont des cellules cancéreuses qui se détachent d’une tumeur et circulent dans le sang pour aller se loger dans d’autres organes où les plus agressives peuvent créer des métastases ».
En pratiquant ce qu’on appelle une « biopsie liquide », les chercheurs parviennent à détecter ces cellules tumorales qui se comptent parfois sur les doigts d’une main, cachées au milieu de dizaines de millions de cellules sanguines normales. Une véritable prouesse technologique que seuls quelques centres de recherche dans le monde sont capables de réaliser.

Une nouvelle ère de la lutte contre le cancer

« Ces CTCs donnent des renseignement précieux sur le type de cancer qui affecte le patient », explique Catherine Alix-Panabières. Elles permettent d’évaluer la gravité de certains cancers mais aussi l’efficacité des traitements mis en œuvre. « Si les CTCs augmentent malgré le traitement, on peut en déduire que la thérapie mise en place est inefficace, à l’inverse si ces cellules diminuent on peut dire que le traitement fonctionne ».
Mais ce marqueur biologique permet aussi d’aider les médecins à choisir le traitement le plus adapté. « Dans un projet de recherche clinique national, si une personne atteinte d’un cancer du sein métastatique a plus de 5 CTCs, elle doit être mise sous chimiothérapie. Dans le cas contraire, on opte plutôt pour l’hormonothérapie », indique la chercheuse.
 
C’est une nouvelle ère qui s’ouvre dans la lutte contre le cancer : en proposant au patient le traitement le plus adapté à son cas, on entre dans une prise en charge personnalisée. « Les patients ne devront plus forcément subir des traitements lourds, qui ne seront plus prescrits s’ils s’avèrent inadaptés ou inefficace, c’est une amélioration considérable de leur qualité de vie ».
 
L’équipe montpelliéraine est une véritable experte internationale dans la recherche sur les CTCs. Catherine Alix-Panabières a reçu le prix Gallet et Breton de l’Académie de médecine en décembre 2012 sur cette thématique. Elle a publié dans de nombreux journaux scientifiques internationaux dont le prestigieux Nature Review Cancer. Récemment, elle est l’auteur d’un article dans la revue Molecular Oncology qui montre que les CTCs peuvent exprimer un marqueur de surface leur permettant de ne plus être reconnues par le système immunitaire et d’échapper à son contrôle, des données importantes pour les progrès en immunothérapie.
« Désormais des dizaines de milliers de publications sont consacrées à ce sujet. C’est un progrès considérable dans la lutte contre le cancer », se réjouit la chercheuse qui espère désormais que le test des CTCs puisse être proposé en routine à tous les patients : « D’ici 2 à 3 ans si tout va bien ».
 
 
 

 

Moustique tigre

Zika, le virus de la globalisation

Alors que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de décréter "une urgence de santé publique de portée mondiale", l'épidémie du Zika s'accélère. Face à ce virus émergent transmis par les moustiques, les laboratoires pharmaceutiques se lancent dans une course à la recherche d'un vaccin. Sanofi annonce aujourd'hui s'engager à répondre à l'appel mondial pour le développement d'un vaccin contre ce virus Zika. Transmis par les moustiques, ce virus est le symptôme de la globalisation et de la généralisation des échanges. Ces changements exercent une énorme pression sélective sur les virus et peuvent engendrer l’apparition de nouveaux variants doués d’une capacité de transmission accrue et responsables de nouvelles pathologies. C'est ce que nous explique l'entomologiste, Christophe Paupy.

L’Amérique latine est, depuis février 2015, confrontée à une vague épidémique du virus Zika (ZIKV) jusqu’alors inconnu sur ce continent. Le ZIKV est un arbovirus transmis par des moustiques du genre Aedes, tout comme les virus de la dengue et du chikungunya.

De quoi parle-t-on précisément ? Les arbovirus (ARthropod-BOrne VIRUS) sont des virus transmis par des arthropodes hématophages (moustiques, phlébotomes, tiques…). Ils appartiennent à plusieurs familles. Les plus importantes concernant la santé humaine sont celles des Flaviviridae (zika, dengue, west-nile, encéphalite japonaise, encéphalite à tiques), Togaviridae (chikungunya, mayaro, o’nyong nyong, ross-river) et Bunyaviridae (fièvre de la vallée du Rift, fièvre de Crimée-Congo). Quasiment tous les arbovirus sont des virus à ARN, dont la plasticité et les forts taux de mutation permettent une meilleure adaptation à des hôtes tour à tour vertébrés et invertébrés. Les arbovirus infectent naturellement des animaux sauvages (mammifères, oiseaux…) et certains sont capables d’être transférés à l’homme et de causer des maladies.

Emergence en Amérique Latine

Le virus Zika a émergé au Brésil, affectant pour l’heure un nombre de personnes estimé entre 440 000 et 1 300 000. Il entame désormais une progression continentale en Amérique du Sud et Centrale et dans l’arc Caribéen. Les territoires français d’Amérique ne sont donc pas épargnés, les premiers cas ont été enregistrés en Guyane française, Guadeloupe, Saint-Martin et en Martinique.

Cette vague épidémique américaine fait suite à celle enregistrée en différents points de l’Océanie en 2013-2014. La Polynésie française avait alors payé le plus lourd tribut avec l’infection probable de plus de 30 000 personnes. Antérieurement à ces deux grands épisodes de circulation, le virus demeurait globalement discret en raison de sa distribution géographique « limitée » à l’Afrique et à l’Asie et de sa faible pathogénéicité pour l’homme.

Son statut d’arbovirus bénin a néanmoins évolué avec d’une part, la survenue de syndromes de Guillain-Barré en Polynésie Française, et avec d’autre part, l’augmentation dramatique (d’un facteur 20) du nombre de nouveau-nés présentant des microcéphalies au Brésil. La communauté médicale demeure démunie face au phénomène car il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique contre le virus, et l’essentiel de la réponse repose sur une prise en charge des symptômes, sur le contrôle des moustiques vecteurs et sur la protection contre leurs piqûres.

Cycle forestier

Durant la première moitié du 20e siècle, en plein essor de l’arbovirologie, de nombreuses équipes de recherche visaient à comprendre l’épidémiologie de virus maintenus dans la faune sauvage, et en particulier celle de la funeste fièvre jaune. On plaçait alors en forêt des singes sentinelles afin de voir s’ils pouvaient acquérir ou non des virus selvatiques (c’est-à-dire circulant naturellement au sein de cycles impliquant des animaux sauvages et des moustiques forestiers, le mot selvatique venant du mot latin “selva”, “forêt”).

 

Petit singe forestier africain en canopée au Gabon. Nil Rahola, IRD, unité MIVEGEC, Author provided

Ce fut le cas du ZIKV, isolé pour la première fois en 1947 d’un singe macaque placé dans la forêt de Zika près de la ville d’Entebbe en Ouganda. Plus tard le virus sera isolé de moustiques forestiers dans cette même forêt, et de l’organisme d’un homme en 1954 au Nigéria. La circulation du virus sur le continent sera ensuite rapidement confirmée dans d’autres pays d’Afrique, puis en Asie sans pour autant qu’il soit considéré comme un problème majeur de santé publique en l’absence de formes graves documentées et en raison de la fréquence de formes inapparentes (tellement discrètes, sans symptômes, qu’elles passent inaperçues de la personne atteinte).

Les études génétiques indiquent qu’il existe deux lignées du virus, l’une africaine, l’autre asiatique résultant d’une introduction secondaire depuis l’Afrique à une date difficile à estimer, mais qui aurait pu intervenir dès la fin du 19e siècle où il aurait circulé de manière silencieuse.

Ainsi et jusqu’en 2006, moins de 40 cas humains de ZIKV étaient décrits dans la littérature et il faudra attendre 60 ans après son isolement, pour que le virus revienne sur le devant de la scène en 2007 avec un nouveau territoire touché dans le Pacifique dans l’île de Yap (États fédérés de Micronésie).

L’épisode de Yap constitue un fait marquant car il donne lieu, outre l’évasion du virus en dehors de la zone Afrique-Asie, à la première documentation d’une épidémie de ZIKV, à la mise en évidence de sa réalité clinique et surtout de son potentiel épidémique. Les épidémies actuelles ou récentes permettent de le vérifier avec en outre, la description de graves complications.

Globalisation

Pour l’heure on explique mal les facteurs responsables du changement brutal de l’épidémiologie du ZIKV. Néanmoins on peut incriminer l’accélération de la globalisation de l’économie observée au cours des dernières décennies. Notamment, le changement d’échelle opéré dans le secteur des transports de biens et de personnes. L’augmentation du trafic aérien se traduit non seulement par l’augmentation du nombre de voyageurs porteurs du virus, mais également par la création de nouvelles connexions, offrant ainsi des opportunités quasi illimitées pour la dissémination rapide de virus (qui pourront être transmis à d’autres personnes au point d’arrivée si les porteurs de virus sont piqués par des moustiques compétents) y compris dans des lieux extrêmement isolés.

Par ailleurs le transport de marchandises aide à la diffusion des moustiques vecteurs, et à l’homogénéisation de leurs distributions géographiques comme c’est le cas pour Aedes albopictus, le moustique tigre présent aujourd’hui sur tous les continents en régions tropicales et tempérées, mais aussi pour son cousin Aedes aegypti présent dans toute la zone intertropicale.

Pour résumer, de nombreux territoires sont, du fait de la présence de l’une ou l’autre de ces espèces de moustiques, à risque en cas d’introduction du virus ZIKV. Il est tentant de faire le parallèle avec le virus Chikungunya, lui aussi découvert en Afrique, lui aussi transmis par des Aedes, qui a lui aussi connu une période de latence de plusieurs décennies en Afrique et en Asie, et qui a lui aussi finalement émergé durant la dernière décennie causant des épidémies explosives en différents points du globe et donnant lieu à la description de formes graves de la maladie.

Dans le grand village planétaire, les virus doivent sans cesse s’adapter aux conditions locales, notamment à la variabilité des hôtes humains ou des vecteurs. Ces changements intempestifs exercent une énorme pression sélective sur les virus et peuvent engendrer l’apparition de nouveaux variants doués d’une capacité de transmission accrue et responsables de nouvelles pathologies.

Les émergences de virus transmis par moustiques sont de plus en plus fréquentes (virus west-nile, fièvre de la vallée du rift, dengue, chikungunya, zika…) et de nouvelles sont attendues dans les prochaines années. Les zones tropicales et en particulier les forêts regorgent de nombreux virus qui pourraient quitter leurs niches forestières pour être transférés d’hôtes animaux réservoirs vers de nouveaux hôtes dont l’homme, puis diffusés à des échelles locales ou planétaires.

Les arbovirus profitent des environnements urbanisés où pullulent les moustiques du genre Aedes au contact de nombreux hommes. chensiyuan/Wikipédia

Ce risque est particulièrement grand dans les interfaces entre les environnements naturels et anthropisés. L’empreinte croissante de l’homme sur ces milieux rend l’hypothèse encore plus plausible. En Afrique Centrale par exemple, le moustique tigre est désormais présent en forêt où il pique l’homme et les animaux sauvages. On conçoit donc très bien qu’il pourrait faciliter des transferts de nouveaux virus vers l’homme. Plus que jamais il est crucial d’accentuer les efforts de recherche dans de telles interfaces, afin de comprendre les modalités et les risques d’émergences d’arbovirus zoonotiques, et de prévenir précocement leur diffusion. Les arbovirus engagent avec nous une grande partie d’échecs : Ils ont pour eux la patience, nous la capacité d’anticipation.

Christophe Paupy, Entomologiste médical, Institut de recherche pour le développement (IRD)

 

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

The Conversation

 

e-santé

France eHealthTech: fédérer les startups de la santé

59 startups françaises de l'e-santé se réunissent en une association : France eHealthTech, afin de créer une filière du numérique en santé. Une bonne nouvelle dans un système français plutôt enclavé, même si l'on reconnait que le secteur se transforme petit à petit sous l'effet des progrès des technologies et de la révolution numériqueCela permettra-t-il de renverser la fracture privé/public et de créer des convergences dans le domaine de l'e-santé ?
 
En moins de trois mois, l’idée d’une association, France eHealthTech, fédérant les startups du secteur de l'e-santé et du bien-être en France s’est concrétisée. L'objectif : fédérer les pépites françaises du secteur pour renforcer leur visibilité auprès du grand public et influer jusqu'au plus haut de niveau de l'Etat pour faire entendre leurs intérêts. Aujourd’hui, elle rassemble déjà 59 jeunes entreprises dont Withings, Doctolib (1), 360 medical (2), Pharmanity (3),... Un chiffre qui augmente chaque jour. Preuve que le besoin de rassembler et de représenter les acteurs de ce secteur en pleine expansion est indispensable. 
 
L'e-santé : un écosystème complexe et innovant
 
Plateformes web, réseaux sociaux en santé, applications mobiles et objets connectés de santé, data, interfaces numériques conversationnelles, labellisation de la santé mobile, deep learning, … : les startup du secteur de l'e-santé et du bien-être ont des domaines d’intervention très variés.
Alors que le système de santé français vit encore en silos (le sanitaire est dissocié du médico-social, le public du privé, les patients des soignants, …) l’écosystème de l'e-santé, protéiforme et mouvant, repose sur le décloisonnement de ces acteurs. L’objectif de France eHealthTech est justement de les rassembler pour gagner en lisibilité et visibilité.
 
Une association pour représenter les startups de l'e-santé
 
“Nous, startup en e-santé, partageons des problématiques communes. France eHealthTech est un lieu d’échanges qui manquait pour structurer notre filière et exprimer des positions communes” explique Guillaume Marchand, président de l’association et fondateur de dmd Santé.
Organisée en six commissions distinctes, l’association a pour mission de promouvoir et de représenter les startups de l' e-santé auprès des pouvoirs publics, des élus et l’ensemble de l’écosystème.
 
 
Un secteur économique d’avenir en France et à l’étranger
 
Les membres de France eHealthTech, avec une moyenne d’âge de deux ans et quatre mois, représentent plus de 731 emplois, soit plus de 13 emplois par startup en moyenne (4).
Une cartographie des membres permet d’observer qu’ils sont présents sur l’ensemble du territoire français, un tiers en Ile-de- France, dix en Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées… mais aussi deux à La Réunion.
Plus de la moitié de ces startup bénéficie d’un soutien structurel, qu’elles soient membres d’un incubateur, d’une technopole, d’un cluster santé ou d’un pôle de compétitivité.
Concernant leur rayonnement à l’étranger, il est intéressant de noter que quatre membres de France eHealthTech ont déjà annoncé leur participation au CES de Las Vegas en janvier prochain, lieu incontournable de l’innovation..
 
Des patients confiants quant à la capacité des startup françaises à faciliter leur vie de malade au quotidien
 
Un sondage réalisé par B3 TSI via le Chronic Panel, pour France eHealthTech, du 25 novembre au 7 décembre auprès de 1 010 malades chroniques montre la confiance des patients dans les startup de l'e-santé : 77 % des répondants affirment que les principales innovations en santé seront portées par les startup (placées en 3e position, après les établissements de recherche publique et les entreprises de santé).
Lorsqu’on leur demande d’attribuer une note entre un et cinq (cinq étant la meilleure note) sur la capacité des startup françaises à apporter des solutions innovantes au service des patients et / ou professionnels de santé, ils placent la barre à 3,24. Une note qui est tout à la fois une reconnaissance et un encouragement à aller plus loin.
 
Faire de l' e-santé d’aujourd’hui la santé de demain
 
Fédérer les startups du secteur de l' e-santé en France profitera, directement et indirectement, aux professionnels de santé, aux patients, aux usagers, et au système de santé à court et moyen terme. Il apportera également beaucoup au dynamisme économique français.
L’association a par ailleurs été consultée dans le cadre de la loi santé ou de la future Loi Macron II, et milite pour l’ouverture des données de santé publique pour favoriser l’économie de la donnée et l’émergence de nouveaux services. Elle assume « une double ambition : favoriser et permettre l’éclosion de licornes françaises en e-santé (5) et faire de la e-santé d’aujourd’hui, la santé de demain ».
 
 
 
(1) Leader français de la prise de rendez-vous médicaux en ligne
(2) bibliothèque médicale numérique
(3) plateforme qui propose aux internautes de connaître la disponibilité et les prix des médicaments dans les pharmacies à proximité, et de les réserver en ligne
(4) À noter que deux d’entre elles dépassent l’effectif de 100 personnes, en les soustrayant, la moyenne se stabilise à huit emplois par startup
(5)  Licorne [def.] : Selon Aileen Lee, co-fondatrice de Cowboy Ventures, une licorne est une entreprise, créée en 2003 ou ultérieurement, ayant atteint une valorisation d’un milliard de dollars.
 

 

bracelet médical

Bracelet MyMDband: Quelques secondes pour sauver une vie

Pompiers, médecins, personnel hospitalier… plusieurs milliers d’urgentistes sont confrontés chaque jour à des patients, en urgence, sans avoir immédiatement accès à leur dossier médical. Dans ces situations, les antécédents sont souvent importants et chaque seconde compte.
MyMDband a ainsi développé un bracelet permettant un accès instantané aux informations médicales de son porteur grâce à un simple scan - via tout smartphone - du code QR unique gravé sur sa boucle.
 
MyMDband est un bracelet permettant un accès immédiat aux informations médicales de son  porteur grâce à un simple scan, à l’aide d’un smartphone, du code-barre unique gravé sur la boucle. Il a été mis au point par Elie Gorodetzer et son petit-fils Guideon Rogers en Israël pour pallier au manque d’information médicale lors des premiers soins administrés par des infirmiers en urgence lors d’un accident ou d’une chute. Il a donc pour vocation essentielle de permettre aux équipes médicales de fournir le meilleur traitement possible au patient dans les situations d’urgence auxquelles il pourrait être confronté et dans lesquelles chaque seconde peut compter.
 
Il est bien plus complet que le bracelet développé au sein du labo Google X Labs au stade expérimental,dont nous avions parlé cet été dans UP'. Il n'était capable que de mesurer le pouls, le rythme cardiaque et la température à la surface de la peau. Là, on se retrouve avec un outil perfectionné de renseignements médicaux utiles en cas d'urgence.
 

Le dossier médical disponible 24h/24h

C'est un peu comme si vous aviez votre médecin tout le temps avec vous ! Chaque dossier médical peut être créé et mis-à-jour par le patient, ses aidants éventuels ou son médecin traitant via un site internet sécurisé. Convivial et ergonomique, la saisie se fait rapidement par des choix successifs dans les rubriques appropriées. 
Il contient essentiellement les informations médicales nécessaires en cas d’urgence maladies et affections, traitements médicamenteux, allergies, vaccinations, dispositifs médicaux, historique (dernier ECG notamment), ainsi que les contacts médicaux et personnels du patient comme votre dernier électrocardiogramme ou encore dernières analyses.
Les mises à jour peuvent également se faire par les proches ayant accès à l’interface, grâce à un accès sécurisé de son dossier sur le site internet dédié.
 
 

Un bracelet intelligent

Le bracelet est en silicone et sur sa boucle supérieure un code barres est gravé au laser. Il peut être porté 24 heures sur 24 dans toutes conditions. Ce code unique est connecté au dossier médical du propriétaire du bracelet.
 
Un code PIN est également gravé au dos de la boucle ainsi qu’un numéro d’identification à 9 chiffres pour accéder au dossier via un site internet sécurisé. Lors du scan du bracelet (avec toute application de scan sur smartphone) et après saisie du code PIN, les informations médicales du patient sont affichées sur l’écran. Un message avertissant que le bracelet a été scanné est envoyé aux contacts personnels avec les informations de géolocalisation (l’endroit où le bracelet a été scanné).
Lorsque le code QR est scanné, les contacts présélectionnés (proches et/ou médecin traitant)  en sont avertis automatiquement, par mail et/ou sms, avec géolocalisation du bracelet.
Dernier petit détail : Le bracelet présente les informations dans la langue locale afin de pouvoir bénéficier des meilleurs soins, partout dans le monde.

Comment ça marche ?

Ecrans sur smartphone : Pour accéder à un exemple à partir de votre téléphone portable, connectez-vous sur www.411.md et saisissez : Code PIN : 92948 - Numéro de série : 36592337. Vous obtiendrez alors exactement le même résultat que si vous aviez scanné le code barres de la boucle du bracelet correspondant.
La mention "Informations supplémentaires" figurant optionnellement sous les données du porteur, indique que certaines données du dossier sont protégées par un mot de passe supplémentaire, qu’il faudra alors obtenir verbalement du patient. 
 

Un marché de 15 millions de seniors en France

Avec plus de 15 millions de séniors de plus de 60 ans en France, MyMDband convient particulièrement aux personnes à risque, aux patients souffrant d’Alzheimer, de diabète, de problèmes respiratoires ou cardiaques, ou qui ont récemment été hospitalisées et plus généralement à toute personne dont les antécédents médicaux sont à connaitre en cas d’urgence. Peut-être permettra-t-il aussi de désengorger les services d'urgence des hôpitaux, ou tout au moins leurs cadres adminstatifs.
Développé par la start-up israélienne Mymdband Inc, il est commercialisé depuis 2014 aux Etats-Unis, Canada, Moyen-Orient, Australie et Amérique latine et tout récemment en France et en Belgique au prix public de 48 € (achat du bracelet + abonnement annuel) ou de 96 € pour trois ans, il est accessible à toutes les bourses.
 
 
Plus d’informations sur www.medicalinfo.fr
 

 

Alerte aux super-bactéries

Les "super-bactéries" multi-résistantes font planer la menace d'une recrudescence mondiale d'infections mortelles. Pourtant la recherche de solutions thérapeutiques innovantes dans ce domaine peine à décoller, faute de rentabilité économique satisfaisante.
 
Ces dernières décennies, en raison d'une surconsommation d'antibiotiques tant chez l'homme que pour les animaux d'élevage, des bactéries ont trouvé des parades de plus en plus redoutables, dignes de soldats d’élite : brouillage, camouflage, blindage, esquive...rendant parfois les antibiotiques classiques impuissants. "C'est une course contre la montre. On est constamment en train d'essayer de rattraper l'évolution des bactéries", commente à l'AFP Marc Lemonnier, PDG d'Antabio, une petite biotech (société de biotechnologies) toulousaine œuvrant dans ce domaine.

Une ère post-antibiotique

Si rien ne bouge, le monde se dirige vers une "ère post-antibiotique, dans laquelle les infections courantes pourront recommencer à tuer", a coutume de rappeler l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'antibiorésistance tue déjà 50.000 patients chaque année aux Etats-Unis et en Europe, et pourrait causer 10 millions de morts par an dans le monde en 2050, soit plus que le cancer, ont prédit des experts mandatés par le gouvernement britannique.
 
Longtemps considérés comme des biens de consommation courante, les antibiotiques avaient jusqu'à présent un prix peu élevé, compensé par des volumes de distribution importants. Mais les autorités sanitaires restreignent désormais leur usage pour éviter l'émergence de nouvelles résistances.
Nombre de grands laboratoires pharmaceutiques ont ainsi peu à peu délaissé ce domaine de recherche, au profit de branches plus rémunératrices, comme le diabète ou le cancer. Résultat : aucune nouvelle classe d'antibiotique n'est arrivée sur le marché depuis 30 ans.

Appel de biotechs européennes

"Le modèle de développement des antibiotiques n'est pas adapté à des petites populations de patients", explique à l'AFP Laurent Fraisse, responsable de la recherche-développement sur les maladies infectieuses chez Sanofi, qui a plusieurs projets de recherche précoce dans ce secteur.
 
La réglementation européenne mériterait aussi d'être simplifiée pour les antibiotiques innovants et leurs alternatives, car "on ne fait pas une étude clinique de la même manière avec 5.000 patients qu'avec 50.000", selon M. Fraisse. "On brûle beaucoup de cash pour faire des recherches extrêmement coûteuses et on est loin du marché, ce qui rend l'équation très compliquée", relève de son côté Marc Lemonnier d'Antabio.
 
Pour décorréler les revenus des laboratoires des faibles volumes de ventes d'antibiotiques, les experts mandatés par Londres ont suggéré la création d'un fonds qui les rémunérerait avec un montant forfaitaire, dès l'arrivée sur le marché de leurs traitements innovants contre l'antibiorésistance.
 
Des gouvernements ont aussi commencé à réagir. Les Etats-Unis ont mis en place dès 2012 une procédure d'autorisation accélérée pour de nouveaux antibiotiques, et ont prolongé de cinq ans leur exclusivité commerciale, pour mieux valoriser l'innovation en retardant l'arrivée de génériques. L'administration de Barack Obama a lancé cette année un plan national de 1,2 milliards de dollars contre l'antibiorésistance, dont la moitié environ sera consacrée à la recherche publique-privée.
Ce volontarisme américain a eu "un effet boule de neige" sur l'investissement privé, constate Florence Séjourné, PDG de Da Volterra, une autre biotech française travaillant sur l'antibiorésistance.
Certains géants pharmaceutiques se sont récemment relancés dans ce domaine, comme l'américain Merck qui a racheté fin 2014 son compatriote Cubist Pharmaceuticals, spécialiste des super-bactéries, pour 9,5 milliards de dollars.
 
Une quarantaine de biotechs européennes, regroupées au sein d'une nouvelle alliance, BEAM, rêvent d'un fonds européen pour les PME innovantes dans l'antibiorésistance, estimant avoir besoin "de 5 à 10 millions d'euros" d'aides par projet. "Il faut aussi que l'Union européenne s'aligne sur les Etats-Unis" au niveau des incitations réglementaires sur l'antibiorésistance, souligne Mme Séjourné, porte-parole de BEAM en France. "Aucun nouveau fonds spécifique (pour les PME) n'est envisagé actuellement", selon un porte-parole de la Commission européenne. Il a rappelé que l'UE a déjà investi "près d'un milliard d'euros" dans des projets transnationaux sur la résistance bactérienne depuis 1999, appelée à rester l'un de ses axes de recherche prioritaires dans les prochaines années.
 
 
Rédaction avec Etienne Balmer / AFP
 
 

 

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