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Les robots ouvrent la voix !

C'est un nouveau défi microtechnique au service de la santé  que viennent de relever des chercheurs, chirurgiens et instituts de recherche européens, avec le lancement du premier prototype européen de robot endoscopique pour la micro-chirurgie laser des cordes vocales qui vient de passer avec succès  les tests pré-cliniques. 

La chirurgie des cordes vocales concerne les lésions cancéreuses, essentiellement liées au tabac (3 000 nouveaux cas par an) mais aussi, de plus en plus souvent, des lésions bénignes chez les personnes qui sollicitent beaucoup leur voix. Elle nécessite, afin de garantir la préservation de la voix du patient, une précision de l'ordre de 50 à 100 micromètres (environ le diamètre d'un cheveu). Or, à l'heure actuelle, la chirurgie utilise un laser dont la source est située à 40 centimètres de la bouche du patient, ce qui limite sa maniabilité et la précision du geste. Par ailleurs, le chirurgien opère à travers un microscope, et le tissu à traiter doit donc être dans le champ de visée, ce qui implique une position très inconfortable pour le patient, source de douleurs cervicales post-opératoires.

Pour pallier ces inconvénients, le projet européen μRALP (1), porté par l'Institut italien des technologies, et associant entre autres l'institut FEMTO-ST et le CHRU de Besançon, développe un robot dédié à la chirurgie assistée des cordes vocales. Ce nouveau dispositif consiste en un endoscope flexible qui permet de visualiser les cordes vocales et d'amener la source laser à l'intérieur du patient, à 20 mm de sa cible.
Véritable défi microtechnique, l'endoscope proposé embarque des éclairages en lumière froide, deux caméras miniatures pour assurer une vision en 3D, un laser chirurgical doublé d'un laser qui fait office de pointeur pour le chirurgien, et enfin, le micro robot de 1 cm3 qui va, grâce aux images fournies par les caméras, guider ces lasers le long de la trajectoire de référence dessinée par le chirurgien directement dans l'image à l'aide d'une tablette tactile. Grâce à une technique de fluorescence, des filtres aideront à déterminer s'il existe une zone cancéreuse au niveau de la lésion et augmenteront la précision du geste. Avec ce nouveau procédé, le chirurgien devrait obtenir une précision de l'ordre d'une centaine de micromètres.

Après de nombreuses étapes techniques de recherche et de développement, des essais pré-cliniques sont effectués sur des cadavres à l'institut d'anatomie de l'Université de Franche-Comté pour la validation du concept du prototype actuel. Les essais de ce jour portent sur l'insertion de l'endoscope, la visualisation 3D, l'ergonomie du poste de travail et le guidage laser.

Les caractéristiques du robot endoscopique

A l’heure actuelle, la chirurgie des cordes vocales souffre de plusieurs inconvénients, tant pour le chirurgien que pour le patient. Pour davantage d’ergonomie, les équipes européennes du projet µRALP ont conçu un dispositif permettant d’amener à la fois les technologies d’imagerie et les outils de chirurgie au plus près du site à opérer, dans le corps du patient. Le prototype conçu est un endoscope robotisé incluant un système d’éclairage, des caméras, et des lasers, manipulables à distance par le chirurgien, et qui dispose en outre d’une interface de visualisation en réalité augmentée.

Un accès aux organes à opérer : le robot est porté par un endoscope, tige flexible insérée au fond de la gorge du patient, au plus près des cordes vocales (20 mm). Ce dispositif pourra être adapté pour la microchirurgie d’autres parties du corps, comme le tube digestif.

Un micro-robot pour contrôler finement le laser : un micro-robot de moins d'1 cm3, guidé par retour visuel, assure l’orientation du faisceau laser pour une chirurgie précise des cordes vocales. Concrètement, le chirurgien dessine, sur une tablette tactile affichant les images préopératoires, la trajectoire que doit adopter le laser. En comparant en temps réel les images filmées au tracé défini par le chirurgien, le micro-robot ajuste la position et l’orientation du faisceau laser.

Une interface homme-machine dopée par la réalité augmentée

L’imagerie par fluorescence
Le projet a développé un système d’imagerie par fluorescence, pour visualiser le tissu cancéreux. En effet, les cellules de la tumeur contiennent des protéines particulières, qui émettent une lumière fluorescente lorsqu’elles sont éclairées par un laser à une longueur d’onde de 405 nm. Etant donné que la fluorescence disparaît rapidement après la mort, cette propriété n’est pas testée lors des essais sur cadavres. Mais les scientifiques testent le dispositif sur des tumeurs des cordes vocales juste après leur exérèse au CHRU. Ils exploitent les propriétés de fluorescence sur différentes bandes spectrales pour aider au diagnostic dont le « gold standard » reste aujourd'hui l'examen histologique.

Visualisation en réalité augmentée
Dans le casque de réalité augmentée seront à terme projetées les images préopératoires, les images filmées en temps réel par les caméras, ainsi que le signal de fluorescence. Ce dispositif rendra possible l’ablation complète de la tumeur, en minimisant les dommages aux tissus sains.

Un système intelligent et sûr

Le micro-robot met en œuvre des algorithmes de contrôle adaptatif. A terme, il devrait être capable de s’adapter au changement d’apparence du site chirurgical au cours de l’intervention.
Le système améliore aussi la sécurité de l’opération, par exemple en filtrant les éventuels tremblements du chirurgien.

Des partenaires complémentaires

Ce projet collaboratif européen µRALP réunit cinq institutions de trois pays. Porté par l'Institut Italien de Technologie (IIT), il associe l'institut FEMTO-ST (UFC/CNRS/ENSMM/UTBM), les Universités de Hanovre (Allemagne) et de Gênes (Italie) et le CHRU de Besançon.

L’Istituto Italiano di Tecnologia (IIT), coordinateur du projet est représenté par Leonardo de Mattos, est responsable de la gestion globale du projet, de la diffusion des connaissances et de l'exploitation des résultats.
L'IIT est intervenu sur le développement de systèmes de télé-opération et d'automatisation pour la microchirurgie, intégrant les différents sous-systèmes logiciels à travers une interface utilisateur simple et intuitive.
L’apport de l'IIT a été très important tout au long des expérimentations et tests, notamment pour son expertise technique préalable sur la manipulation motorisée du laser chirurgical, ainsi que pour ses travaux sur l'ergonomie et la sécurité du système.

L'institut FEMTO-ST est intervenu dans le projet par le biais de deux équipes : l'équipe « MiNaRoB » (MicroNanoRobotique Biomédicale), dirigée par Nicolas Andreff (Université de Franche- Comté), du département « AS2M » (Automatique et Systèmes Micro-Mécatroniques), a conçu plusieurs solutions innovantes pour le micromanipulateur laser, réalisé un dispositif imageur à haute fréquence et développé des algorithmes de commandes originaux. Cette équipe a également joué un rôle transversal capital, en participant à la conception des endoscopes, au développement logiciel et à la réalité augmentée, apportant son expertise dans les domaines des micro-systèmes mécatroniques et optomécatroniques, de l’asservissement visuel (guidage par retour visuel), de la géométrie multi-vues et des systèmes d'imagerie rapide.

L'équipe « PIM » (Photonique pour l'instrumentation médicale),dirigée par Bruno Wacogne (CNRS), du département Optique, a contribué au projet pour l'instrumentation optique et la caractérisation optique des tissus biologiques par fluorescence.

Le partenaire allemand « Leibniz Universität Hannover » (LUH), représenté par Tobias Ortmaier et son équipe « Institut des systèmes mécatroniques », dotée d’une solide expérience dans les projets liant ingénierie et chirurgie, a contribué de manière majeure aux développements technologiques du corps de l'endoscope flexible, à l'intégration matérielle (notamment d'un laser chirurgical fibré), au suivi des déformations des tissus et à la réalité augmentée.

Au CHRU de Besançon, le service d'ORL, dirigé par Laurent Tavernier, et le centre d’investigation clinique (CIC) Inserm 1431 (Lionel Pazart, Bruno Wacogne) ont participé, avec leurs homologues italiens, à la définition des spécifications et contraintes médicales, chirurgicales, cliniques et réglementaires relatives au projet µRALP.
Une base de données multimédia comprenant des informations et images cliniques a été créée, participant ainsi à regrouper et partager les connaissances et données sur les pathologies concernées.
Les équipes du CHRU de Besançon ont également mis en place un essai clinique ex vivo, afin d’appréhender la pertinence de l’utilisation des propriétés optiques de fluorescence des échantillons biologiques pour le diagnostic différentiel des lésions pathologiques ; le service d’anatomopathologie représenté par son chef de service Séverine Valmary-Degano, a ainsi également apporté son aide pour l’analyse histologique des prélèvements.

Enfin, le CIC et le service d’ORL, en collaboration avec le laboratoire d’anatomie de l’Université de Franche-Comté dirigé par Laurent Tatu, ont coordonné les essais pré-cliniques sur cadavres, ayant pour but la validation du concept de l'endoscope robotisé. Les cadavres utilisés étaient ceux de sujets ayant donné leur corps à la Science selon la législation actuellement en vigueur. Les essais se sont déroulés dans les règles éthiques habituelles régissant ce type de procédures scientifiques.

L’« Università degli Studi di Genova » (UNIGE) et son département d’ORL, dirigé par Giorgio Peretti, a participé à la définition des spécifications, contraintes médicales et risques chirurgicaux, apportant sa grande expertise sur les protocoles médicaux concernés afin de guider les développements technologiques au sein du projet μRALP.

L’UNIGE a également fourni de nombreuses iconographies de pathologies du larynx, de microphonochirurgies (microchirurgie de la voix) lasers, et sur l'interaction laser-tissus, pour alimenter et enrichir la base de données en ligne.
Le Pr Giorgio Peretti et son équipe ont également apporté une aide précieuse lors des discussions, sur l’orientation du projet et des tests, grâce à leur expérience en otorhinolaryngologie mais également dans le domaine des innovations technologiques adaptées aux applications biomédicales.

Financement du projet

μRALP est un projet « STREP » de trois ans (janvier 2012 à mars 2015) financé par la Commission européenne à hauteur de 2,65 millions d’euros. Les fonds ont été obtenus lors de l’appel du 7e programme-cadre de recherche et développement (Framework Programme 7), relatif aux technologies de l'information et de la communication (Information and Communication Technologies) et portant sur les « systèmes cognitifs et robotiques opérant dans des environnements du monde réel ».

A terme, ce dispositif médical apportera une véritable valeur ajoutée à la phonochirurgie (chirurgie de la voix). En outre, les dispositifs conçus dans le cadre de ce projet pourront être utilisés dans d'autres systèmes robotiques chirurgicaux. Ainsi, l'institut FEMTO-ST et le CHRU travaillent déjà à la conception d'un endoscope pour la micro-chirurgie laser du tube digestif.

(1) μRALP (prononcer « Microralp ») : microtechnologies and systems for robot-assisted laser phonosurgery (phonochirurgie laser assistée par microrobotique)

www.microralp.eu

Photos : Interface chirurgien-robot développée dans le cadre du projet µRALP par l'Istituto Italiano di Tecnologia et Leibniz Universität Hannover.
© L. Godard/UFC

Centre R-Révolution santé : pour se refaire une santé

Nos modes de vie influent sur bon nombre de maladies chroniques. Pour aider chacun à modifier durablement ses habitudes et à vieillir dans les meilleures conditions possibles, le Groupe Fontalvie a ouvert en septembre 2014 à Montpellier R-Révolution Santé un centre pilote d’Optimisation Santé reposant sur un concept de la médecine des 4P :  une médecine préventive (elle influe sur le mode de vie), participative (chacun devient acteur de sa santé), personnalisée (chaque être est différent) et prédictive (qui tient compte du potentiel génétique).

Les problèmes de stress, de dépression et d’anxiété au travail ne sont pas nouveaux et ils touchent 15,8% de la population européenne active (1). En France, selon l’enquête de l’institut Think pour Great Place to Work publiée le 7 janvier 2015 (2), "près d'un salarié sur deux (48%) se dit ainsi confronté à des situations de burn-out ou à des niveaux de stress très importants pour lui-même ou pour des proches". Selon cette étude, 17% des salariés se disent potentiellement en burn-out, soit une hausse de 5% par rapport à une étude menée en 2012 qui estimait à 12% de la population active française, un cadre sur cinq (3), "en risque élevé de burn-out". Une tendance à la hausse alarmante qui mérite de prendre le sujet au sérieux.

Alors qu’une trentaine de parlementaires veulent inscrire l’épuisement professionnel au tableau des maladies professionnelles, le centre pilote R-Révolution Santé de Montpellier, spécialisé dans la prévention santé, apporte d’ores et déjà des réponses à cette maladie de civilisation qui implique une triple souffrance : intellectuelle, émotionnelle et physique.

R-Révolution Santé, Centre d’Optimisation santé

Créé par le Groupe Fontalvie qui a plus de 25 ans dans le secteur de la santé, R-Révolution Santé est le 1er Centre d’Optimisation Santé en France, qui prend en compte les habitudes de vie et permet à chacun d’être acteur de sa santé au moyen de thérapies non médicamenteuses, en travaillant sur cinq domaines : l’activité physique, la nutrition, le sommeil, les émotions et la mémoire.
Conçu pour prendre soin de soi, le centre, dont le design contemporain est signé par Jean-Paul Meyran pour l’architecture, Karl Petit pour l’architecture intérieure et Amélie Baudin pour la direction artistique, accueille les "actients" sur quatre niveaux hauts en couleur. Un concept qui s'appuie sur diverses études scientifiques et sur l’apport de spécialistes (médecins, chercheurs…) pour le monter et lui donner du contenu. Ici, la prise en charge des clients repose sur l’établissement d’évaluations individuelles fondées sur cinq éléments clés : la cognition, les émotions, l’activité physique, la nutrition, le sommeil. Dans un premier temps, quatre entretiens de 45 minutes chacun sont réalisés avec un psychologue (motivation, objectifs), un kiné (profil fonctionnel), un diététicien-nutritionniste et, plus curieusement, une esthéticienne (profil biotypologique corps et visage), histoire de prendre le pouls de la personne et de comprendre son mode de vie… "Tout est validé scientifiquement et présente un intérêt", insiste la responsable du centre.

Accompagnés et conseillés de manière personnalisée, les actients disposent d’une infrastructure complète qui répond à tous les besoins de notre époque : un institut dédié à la forme et à la détente, un restaurant alimentation santé plaisir, des ateliers d’activités physiques variés et accessibles à tous, un plateau d’entrainement doté de matériel haut de gamme, un espace aquatique et un SPA de qualité. L’équipe de coaches santé est composée de kinés, professeurs d’éducation physique, psychologues, diététiciens- nutritionnistes, esthéticiennes, ostéopathes, sophrologue, etc.

Pour donner vie à cette médecine nouvelle génération, le centre a investi un bâtiment de plus de 3 000 m2 entièrement dédié au bien-être. Toute prise en charge commence par un bilan de santé très complet, à partir de 250 euros. La cognition, les émotions, l’activité physique, la nutrition et le sommeil sont évalués avec précision par une équipe transdisciplinaire de professionnels de la santé. Ces derniers proposent ensuite un plan d’action santé sur-mesure. L’abonnement mensuel quant à lui est à partir de 70 euros.

Prévenir l’épuisement professionnel dans les entreprises

La santé d’une entreprise dépend de la santé de ses salariés…Il est donc essentiel de prévenir les cas d’épuisement, et de les anticiper afin de les éviter ! Chacun, au niveau individuel, peut agir sur son burn-out, tout comme l’entreprise peut agir pour ses salariés.

L’équipe transdisciplinaire de R-Révolution santé propose des stages spécifiques destinés à des salariés, des cadres ou dirigeants d’entreprise, permettant de savoir identifier les symptômes du burn-out, et de les prévenir au moyen de thérapies non médicamenteuses (Activité physique, sommeil, détente, alimentation, gestion des émotions…).
Le format des stages « Burn-out : Retrouver l’équilibre» s’adapte aux possibilités des entreprises (de 3 à 5 jours, groupés ou répartis sur différentes périodes). Reposant sur la dynamique de groupe, des ateliers pratiques et pragmatiques, animés par des professionnels de santé, ces stages permettent de retrouver un équilibre de vie satisfaisant.

Mieux se connaître pour envisager son travail plus sereinement

Préserver un équilibre entre sa vie professionnelle et privée, avoir une bonne hygiène de vie et de travail, être attentif à son cadre de vie dans et hors milieu professionnel, mieux connaitre ses rythmes circadiens pour savoir se reposer, etc., voici quelques-unes des thématiques abordées à R- Révolution Santé.

En théorie, cela peut paraître une évidence de prendre soin de soi, mais dans un contexte économique tendu, ces bonnes résolutions passent de plus en plus souvent à la trappe. Pris dans l’engrenage de leur « To do list », de nombreux actifs ne parviennent plus à déconnecter et à faire la part des choses. Des symptômes peuvent apparaitre: anxiété, insomnies, perte d’énergie, difficultés de concentration … R-Révolution santé s’attache à apporter des solutions personnalisées.

Des ateliers-discussion animés par des professionnels spécialisés dans le traitement du burn-out (médecins, psychologues…) permettent à chacun d’y voir plus clair et de mettre ensuite en pratique les conseils des spécialistes sur le terrain.

De l’activité physique pour évacuer les tensions, des soins relaxants et détoxifiants au sein de notre institut pour apprendre à se détendre, des menus alimentation santé avec des aliments spécifiquement sélectionnés pour leurs vertus "anti-stress" sont à la disposition des stagiaires. Encadrés et coachés par des médecins, des nutritionnistes, enseignants en activités physiques, masseurs kinésithérapeutes, et par des professionnels du bien-être et de la détente : un programme sur mesure ainsi qu’un suivi personnalisé sont déterminés avec chacun des participants.
L’approche globale permet à chacun d’identifier les risques d’épuisement professionnel et d’effectuer un bilan du mode de vie pour prévenir les symptômes du burn-out et éviter l’engrenage qui mène à la dépression.

Le docteur Desplan, fondateur du concept, insiste sur la notion essentielle de plaisir : "Les patients sont plus enclins à modifier leurs habitudes de vie s’ils y trouvent un bénéfice immédiat." Desplan n’en est pas à son coup d’essai en termes d’innovation santé. Il y a 20 ans, avec son groupe Fontalvie, il révolutionnait la pneumologie en réhabilitant l’exercice physique pour les insuffisants respiratoires. Le groupe Fontalvie a été contacté par plusieurs Villes en France qui s’intéressent de près au concept. Par ailleurs, un centre de groupe Fontalvie d'envergure devrait voir le jour à Marrakech en ce début d'année 2015. 

Enfin du bon sens dans le monde de la santé !

(1) Eurostat : Work and Health in the EU, a statistical portrait – 2004
(2) Enquête de l’institut Think pour Great Place to Work menée en ligne du 7 au 14 octobre 2014 auprès d’un échantillon de 1000 salariés français
(3) D’après une étude réalisée par un cabinet de prévention des risques au travail, (Technologia en septembre 2012)

santé et bioéthique

Sleep Sheperd : un vrai bonnet de nuit !

Sleep Sheperd serait-il la solution miracle pour les insomniaques ? En nous maintenant en somnolence durant toute la nuit, ce bonnet est capable de changer notre quotidien en nous aidant à être véritablement reposé. Une alternative aux drogues de toutes sortes pour dormir paisiblement.

Nous voici de retour aux bonnes vieilles habitudes d'un autre siècle : dormir avec un bonnet de nuit ! Il s'agit donc d'un bonnet que l’utilisateur chausse sur sa tête pour mieux dormir. Equipé de haut-parleurs, il émet des sons en fonction de notre état de sommeil afin de diminuer la fréquence de nos ondes cérébrales dans le but de plonger l’utilisateur dans un état de somnolence. Le bonnet intègre la technologie "Hammock virtuel" inventée par le Dr Michael Larson qui permet une sensation de balancement rythmique en utilisant les mécanismes naturels du centre auditif du cerveau. La pulsation rythmique "entend" lorsque vous portez le Sleep Shepherd, ce qui pemet au cerveau de déchiffrer la différence de fréquence entre les deux tonalités. Cette capacité naturelle, contenue dans la structure de notre cerveau, crée une sensation apaisante de balancement d'avant en arrière comme si le porteur était dans un hamac. 

Il s’agit donc d’une solution capable d’aider à nous endormir et qui permet aussi de dormir mieux tout au long de la nuit en agissant sur le centre auditif du cerveau, en diminuant la fréquence des ondes cérébrales pour favoriser le sommeil de l’utilisateur.

Sleep Shepherd se contente seulement de maintenir l’utilisateur dans un état de somnolence afin d’éviter les réveils en plein milieu de nuit.
Aucune connectivité ici, le principe est simplement d’agir sur le cerveau pour se sentir moins fatigué, moins stressé et mieux dans sa peau. Ce bonnet est fabriqué dans une matière respirante similaire à celle utilisé pour les maillots de sport.

Sleep Shepherd offre une autonomie d’une nuit et se recharge via un port micro USB et contrairement à d'autres produits du quantified self, il ne comporte aucune fonctionnalité d’analyse de données sur le sommeil. 

Présenté en avant-première au CES de Las Vegas 2015, il sera disponible à la vente à partir de Mars 2015 au prix de 160$, frais de port inclus.

L'insomnie en question

Les études montrent qu'environ 10% de la population souffre de véritable insomnie. Selon un sondage d'OpinionWay, les réveils nocturnes deviennent très courants : ils perturbent en effet le sommeil de 69% des français ! Et une baisse accrue de la qualité du sommeil pousse une majorité de français à recourir à l’usage de somnifères. A ce sujet, plusieurs études démontrent des effets secondaires pour le moins inquiétants, qu’il s’agisse des anxiolytiques (benzodiazépines de type Xanax, Valium etc.) ou des somnifères dits de « nouvelle génération » (hypnotiques non-benzodiazépines de type Imovane ou Lunesta). Selon une étude publiée dans le British Medical Journal, l’utilisation continue d’anxiolytiques ou de somnifères multiplie par quatre le risque de mortalité précoce...

Dans son livre "Capitalisme à l'assaut du sommeil" (1), Jonathan Crary dénonce les projets de recherche scientifique pour obtenir des "travailleurs sans sommeil" et précise que le sommeil impose l’idée d’un besoin humain et d’un intervalle de temps qui ne peuvent être ni colonisés ni soumis à une opération de profitabilité massive – raison pour laquelle celui-ci demeure une anomalie et un lieu de crise dans le monde actuel. L’insomnie est l’état dans lequel les activités de produire, de consommer et de jeter s’enchaînent sans la moindre pause, précipitant l’épuisement de la vie et des ressources :
"Malgré tous les efforts de la recherche scientifique en ce domaine, le sommeil persiste à frustrer et à déconcerter les stratégies visant à l’exploiter ou à le remodeler. La réalité, aussi surprenante qu’impensable, est que l’on ne peut pas en extraire de la valeur.

Au regard de l’immensité des enjeux économiques, il n’est pas étonnant que le sommeil subisse aujourd’hui une érosion généralisée. Les assauts contre le temps de sommeil se sont intensifiés au cours du XXe siècle. L’adulte américain moyen dort aujourd’hui environ six heures et demie par nuit, soit une érosion importante par rapport à la génération précédente. (...)
Le régime 24/7 sape toujours davantage les distinctions entre le jour et la nuit, entre la lumière et l’obscurité, de même qu’entre l’action et le repos. Il définit une zone d’insensibilité, d’amnésie, qui défait la possibilité même de l’expérience. Pour paraphraser Maurice Blanchot, cela se produit à la fois après et «d’après» le désastre, c’est-à-dire un état qui se reconnaît à un ciel vide, où ne sont plus visibles aucun astre, aucune étoile ni aucun signe, où l’on a perdu tout repère, et où s’orienter est impossible.
Plus concrètement, c’est comme un état d’urgence : les projecteurs s’allument soudain au milieu de la nuit, sans doute en réponse à quelque situation extrême, mais personne ne les éteint jamais, et on finit par s’y habituer comme à une situation permanente."

Puisse le Sleep-Sheperd redonner confort et paix au sommeil.

(1) Le Capitalisme à l’assaut du sommeil, par Jonathan Crary - Traduit de l’américain par Grégoire Chamayou. 140 pages, 15 euros, éditions Zones-La Découverte.

Identifier et traiter le Burn out

R-Révolution Santé s’attaque aux risques d’épuisement professionnel

Les problèmes de stress, de dépression et d’anxiété au travail touchent 15,8% de la population européenne active [1]. En France, selon l’enquête de l’institut Think pour Great Place to Work publiée le 7 janvier 2015 [2], « près d'un salarié sur deux (48%) se dit ainsi confronté à des situations de burn-out ou à des niveaux de stress très importants pour lui-même ou pour des proches ». Selon cette étude, 17% des salariés se disent potentiellement en Burn out, soit une hausse de 5% par rapport à une étude menée en 2012 qui estimait à 12% de la population active française, un cadre sur cinq [3], "en risque élevé de burn-out". Une tendance à la hausse alarmante qui mérite de prendre le sujet au sérieux.

Alors qu’une trentaine de parlementaires veulent inscrire l’épuisement professionnel au tableau des maladies professionnelles, le centre pilote R-Révolution Santé de Montpellier, spécialisé dans la prévention santé, apporte d’ores et déjà des réponses à cette maladie de civilisation qui implique une triple souffrance : intellectuelle, émotionnelle et physique.

Prévenir l’épuisement professionnel dans les entreprises

La santé d’une entreprise dépend de la santé de ses salariés…Il est donc essentiel de prévenir les cas d’épuisement, et de les anticiper afin de les éviter ! Chacun, au niveau individuel, peut agir sur son burn-out, tout comme l’entreprise peut agir pour ses salariés.
L’équipe transdisciplinaire de R-Révolution santé propose des stages spécifiques destinés à des salariés, des cadres ou dirigeants d’entreprise, permettant de savoir identifier les symptômes du burn-out, et de les prévenir au moyen de thérapies non médicamenteuses (Activité physique, sommeil, détente, alimentation, gestion des émotions…).
Le format des stages « Burn-out : Retrouver l’équilibre» s’adapte aux possibilités des entreprises (de 3 à 5 jours, groupés ou répartis sur différentes périodes). Reposant sur la dynamique de groupe, des ateliers pratiques et pragmatiques, animés par des professionnels de santé, ces stages permettent de retrouver un équilibre de vie satisfaisant.

Mieux se connaître pour envisager son travail plus sereinement

Préserver un équilibre entre sa vie professionnelle et privée, avoir une bonne hygiène de vie et de travail, être attentif à son cadre de vie dans et hors milieu professionnel, mieux connaitre ses rythmes circadiens pour savoir se reposer, etc., voici quelques-unes des thématiques abordées à R-Révolution Santé.
En théorie, cela peut paraître une évidence de prendre soin de soi, mais dans un contexte économique tendu, ces bonnes résolutions passent de plus en plus souvent à la trappe. Pris dans l’engrenage de leur « To do list », de nombreux actifs ne parviennent plus à déconnecter et à faire la part des choses. Des symptômes peuvent apparaître : anxiété, insomnies, perte d’énergie, difficultés de concentration … R-Révolution santé s’attache à apporter des solutions personnalisées.
Des ateliers-discussion animés par des professionnels spécialisés dans le traitement du burn-out (médecins, psychologues…) permettent à chacun d’y voir plus clair et de mettre ensuite en pratique les conseils des spécialistes sur le terrain.
De l’activité physique pour évacuer les tensions, des soins relaxants et détoxifiants au sein de notre institut pour apprendre à se détendre, des menus alimentation santé avec des aliments spécifiquement sélectionnés pour leurs vertus «anti-stress» sont à la disposition des stagiaires. Encadrés et coachés par des médecins, des nutritionnistes, enseignants en activités physiques, masseurs kinésithérapeutes, et par des professionnels du bien-être et de la détente : un programme sur mesure ainsi qu’un suivi personnalisé sont déterminés avec chacun des participants.
L’approche globale permet à chacun d’identifier les risques d’épuisement professionnel et d’effectuer un bilan du mode de vie pour prévenir les symptômes du Burn-out et éviter l’engrenage qui mène à la dépression.

Photo : Nouveau centre de santé de Fontalvie ouvert en septembre 2014, à Montpellier. 

[1] Eurostat : Work and Health in the EU, a statistical portrait – 2004
[2] ’enquête de l’institut Think pour Great Place to Work menée en ligne du 7 au 14 octobre 2014 auprès d’un échantillon de 1000 salariés français
[3] D’après une étude réalisée par un cabinet de prévention des risques au travail, (Technologia en septembre 2012)

www.r-revolution-sante.com

Argus II, l'oeil bionique autorisé au Canada

Œil bionique : Le Ministère canadien de la Santé autorise Argus II, le système de prothèse épirétinienne de Second Sight, pour le traitement de la dégénérescence rétinienne périphérique
 
Argus II est le premier œil bionique autorisé au Canada pour le traitement de la cécité due à la dégénérescence rétinienne périphérique. 
Déjà autorisée à la vente sur le marché européen depuis 2011, la prothèse rétinienne Argus II commercialisée par la société californienne Second Sight vient d'obtenir l'autorisation du   Ministère canadien de la Santé (Health Canada) pour l’utilisation de la prothèse Argus II pour le traitement de patients atteints de dégénérescence rétinienne périphérique sévère à majeure.
Des prothèses visuelles implantables permettant de restituer une partie de la fonction visuelle de patients non-voyants.

La prothèse Argus II est la seule prothèse épirétinienne autorisée par le Ministère de la santé canadien et la FDA américaine (Food & Drug Administration - Agence Américaine des produits alimentaires et médicamenteux). L’Argus II est également la première prothèse épirétinienne autorisée au monde. Le système induit une perception visuelle chez les personnes aveugles via des pulsations électriques qui viennent stimuler les dernières cellules vivantes de la rétine, créant une perception de motifs lumineux dans le cerveau. Les capacités visuelles offertes par l’implant Argus II peuvent changer la vie de ceux qui ne possèdent pas ou plus de fonction visuelle. Argus II peut avoir un impact positif sur la capacité des non-voyants à mener des activités quotidiennes, telles que reconnaître des formes et des objets de grande taille, localiser des personnes, repérer l’emplacement des seuils de portes, et être capable de suivre des lignes ou des rebords. L’Argus II permet donc à ses utilisateurs d’être plus indépendants au quotidien.
 
« Il s’agit de l’une des découvertes médicales les plus passionnantes dont j’ai été témoin au cours de ma carrière », déclare le Dr. Robert Devenyi, membre de l’American College of Surgeons, Chef du service d’ophtalmologie au Donald K. Johnson Eye Centre et Directeur des Services ‘Rétine’ au sein du University Health Network. « L’Argus II donne tellement d’espoir aux patients atteints de maladies dégénératives de l’œil. Je suis ravi de faire partie de la première équipe canadienne qui peut proposer cette technologie aux patients. » Le Dr. Devenyi a implanté l’Argus II sur le premier patient canadien le 5 juin 2014, au Toronto Western Hospital (Toronto), dans le cadre d’un essai clinique.
 
«Cet accord règlementaire et les premières implantations d’Argus II au Canada sont des étapes majeures, non seulement pour Second Sight, mais également pour les patients canadiens atteints de dégénérescence rétinienne périphérique », ajoute le Dr. Robert Greenberg, PhD, Président et PDG de Second Sight. « Nous nous appuyons sur plus de vingt ans de recherche et développement, ainsi que sur une solide propriété intellectuelle. Après l’autorisation obtenue aux Etats-Unis, celle du Canada nous permet d’intégrer d’autres provinces, en plus de l’Ontario, à notre réseau international de Centres d’Excellence qui proposent l’implant épirétinien Argus II. » Second Sight prévoit d’inclure dans ce réseau d’autres centres dans de grandes agglomérations et va demander le remboursement de la prothèse dans les provinces auxquelles ces agglomérations sont rattachées.

Dejà de nombreux patients dans le monde

Le système Argus II de Second Sight a obtenu le marquage CE en Europe en 2011 et l’autorisation de la FDA américaine en 2013. C’est la première prothèse épirétinienne à avoir obtenu ces approbations au niveau mondial. L’Argus II a d’ores et déjà été implanté chez plus de 90 patients. Plusieurs de ces patients vivent avec la prothèse depuis plus de sept ans, ce qui démontre la fiabilité à long terme du dispositif. La société a publié 20 articles dans des journaux à comité de relecture, dont le plus récent dans BMC Ophthalmology : “The Argus II prosthesis facilitates reaching and grasping tasks: a case series” by Kotecha et al in BMC Ophthalmology 2014, 14:71.
 
A propos de la dégénérescence rétinienne périphérique 

La dégénérescence rétinienne périphérique est la détérioration de la couche externe de la rétine. Elle résulte de la mort progressive des cellules situées dans cette région de la rétine. La Rétinite Pigmentaire (RP) est un type important de dégénérescence rétinienne périphérique. La RP est une maladie héréditaire rare qui provoque une dégénérescence progressive des cellules photosensibles de la rétine, entrainant une dégradation importante de la vue et qui peut, à terme, conduire à la cécité. On estime qu'environ 13 000 personnes sont atteintes de RP au Canada, et 1,2 million au niveau mondial.
 
A propos du système de prothèse épirétinienne Argus II

Le système Argus II de Second Sight produit une stimulation électrique permettant de contourner les cellules mortes et de stimuler les cellules rétiniennes vivantes restantes, ce qui induit une perception visuelle chez des personnes atteintes de dégénérescence rétinienne périphérique sévère à majeure. Argus II convertit des images capturées par une caméra miniature montée sur les lunettes du patient en une série de petites pulsations électriques transmises sans fil vers une série d’électrodes implantées à la surface de la rétine. Ces pulsations visent à stimuler les dernières cellules vivantes de la rétine, entraînant la perception de motifs lumineux dans le cerveau. Le patient apprend alors à interpréter ces motifs visuels, et regagne ainsi une certaine fonction visuelle. L’Argus II est la première rétine artificielle à avoir reçu l’autorisation en Europe (marquage CE). C’est aussi la première et la seule prothèse épirétinienne autorisée aux Etats-Unis et à présent au Canada.


 
A propos de Second Sight
Second Sight Medical Products, Inc a été fondée en 1998 dans le but de créer une prothèse rétinienne capable de restituer la vue de patients non-voyants atteints de dégénérescences rétiniennes périphériques telles que la rétinite pigmentaire. La mission de Second Sight est de développer, fabriquer et de commercialiser des prothèses visuelles implantables afin de permettre à des personnes non-voyantes d’acquérir une plus grande autonomie. Second Sight développe également Orion, une prothèse corticale permettant de restituer la vue de patients non-voyants et dont la cécité est due à des pathologies que l’on ne peut ni éviter ni soigner. Environ 70 000 personnes sont potentiellement éligibles à la future prothèse corticale Orion. Le siège social de Second Sight se trouve à Sylmar, en Californie, et le siège européen se trouve à Lausanne, en Suisse.

www.secondsight.com

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