UP' Magazine Le magazine de l'innovation et de l'économie créative

La machine à augmenter le cerveau

L’être humain a toujours tenté d’améliorer ses performances ou son bien-être au moyen, par exemple, de l’apprentissage, de la maîtrise de l’outil ou du recours à des substances comme le café, l’alcool ou d'autres types de drogues de toutes natures,... Cette possibilité qu’a l’être humain en bonne santé de s’améliorer (human enhancement) a été décuplée par les progrès de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie, ce n'est plus marginal. Elle peut schématiquement se référer à l’apparence corporelle (par exemple greffes de cheveux, tatouages, chirurgie esthétique…), aux performances physiques (dopage sportif, stimulants sexuels….), ou encore aux capacités du cerveau réalisant ce qui est appelé le « brain enhancement » ou encore « neuro enhancement ».
Bien évidemment, le tout connecté à toutes sortes de gadgets à diodes , capteurs d'automesure,... qui mériteront une analyse plus précise dans un très prochain article sur une tendance appelée "quantify self".

Ce qui nous intéresse ici c'est qu'il est désormais possible de doper ses performances cérébrales ! Devenir des humains augmentés d'améliorations cérébrales produites en recourant à des machines ou à des médicaments : sommes-nous encore dans le monde réel ou en pleine science-fiction ? 
Et quels sont les enjeux d'un « recours aux techniques biomédicales en vue de “neuro-amélioration” chez la personne non malade ? »

De quoi s’agit-il ?

De l’emploi de médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs, stimulants cognitifs…) ou de la stimulation cérébrale transcrânienne.
La "neuro-amélioration" désigne les différentes techniques qui visent à améliorer les performances intellectuelles et l’état émotionnel. Le plus souvent, les prétendants au titre de « cerveau amélioré » ont recours aux médicaments. Ou à la stimulation cérébrale transcrânienne pour améliorer les performances cognitives de tout un chacun.

Le but : optimiser son activité cérébrale, soit faire passer un champ magnétique ou électrique sur le crâne ou encore le « neurofeedback », qui apprend le contrôle en temps réel de sa propre activité cérébrale. Le « neurofeedback », chez les patients non malades, est aisément maîtrisé : quatre personnes sur cinq en seraient capables. A court terme, la mémoire est améliorée ainsi que d’autres capacités : temps de réaction, apprentissage ou encore capacités visuo-spatiales.

L'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE)

Dans son avis n° 122, rendu public mercredi 12 février, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), juge qu’une amélioration de certains paramètres « a pu être observée », mais qu’elle est « inconstante, modeste, parcellaire et ponctuelle ». Il note que le rapport bénéfice/risque à long terme est « totalement inconnu », mais pointe un « risque probable d’addiction ».  Il en déconseille fortement l’utilisation « chez l’enfant, l’adolescent et les personnes vulnérables ». Il se dit préoccupé par le risque d’émergence d’« une classe sociale améliorée constituée d’une petite minorité d’individus bien informés et disposant de ressources financières suffisantes pour y accéder », et appelle à une « veille éthique » sur le sujet.

Ce qui s'appelle la Neuroéthique, selon K. Evers, philosophe(1) : interface entre les sciences empiriques du cerveau, la philosophie de l’esprit, la philosophie morale, l’éthique et les sciences sociales qui étudie des questions qui surviennent lorsqu’on étend les découvertes scientifiques sur le cerveau à des analyses philosophiques, à la pratique médicale, aux interprétations légales, aux politiques sociales et de santé. Elle peut être considérée comme une sous-discipline des neurosciences, de la philosophie ou de la bioéthique,selon la perspective que l'on souhaite privilégier. (Source : plateforme « génétique et société », Module DP04 « Aspects éthiques de la recherche et enjeux de société » de l’école doctorale Biologie-Santé-Biotechnologies de Toulouse - Mars 2010)

En France, les données sur le recours aux outils de neuro-amélioration sont inexistantes ; des études ont montré qu'aux Etats-Unis, le recours aux médicaments neurostimulants pourrait concerner 8 % à 25 % des étudiants (avec notamment l'utilisation de la Rétaline pour booster leurs performances). Autre exemple, en 2008, 20 % des lecteurs de la revue Nature indiquaient utiliser des neuro-optimisateurs. Face à ce phénomène, entre d’un côté les « mélioristes » trans ou posthumanistes, qui estiment légitime pour l'individu de chercher à augmenter ses capacités, et les « antimélioristes », qui voient poindre un homme diminué, le CCNE dit avoir adopté « un mélange de modestie, d'ouverture d'esprit et de questionnement scientique » (Source : le Monde 12 fév. 2014) .

Vers une nouvelle inégalité entre les hommes ? 

Une page de l'avis du CCNE se concentre sur un volet particulier : « le risque d'émergence d'une classe sociale “améliorée” contribuant à aggraver encore l'écart entre les riches et les pauvres », ces derniers courant le risque in fine d'être considérés comme pathologiques ou « diminués ». Ces inégalités pourraient revêtir une dimension planétaire, entre pays ayant les moyens d'améliorer leurs populations et les autres, suggère le CCNE. 

Hervé Morin, dans le journal Le Monde.fr (12 fév. 2014) souligne que les "sages" pointent à plus court terme un risque de distorsion des priorités de santé, aggravé « si les ressources publiques étaient engagées » dans la recherche de l'amélioration cognitive. Il importe donc pour le CCNE que ces techniques ne se développent pas au détriment des méthodes de base de développement psycho-cognitif que sont la nutrition, l'éducation, l'apprentissage et l'activité physique régulière, « déjà si inégalement réparties ».

Par ailleurs, dans le rapport du CCNE, il est précisé : « Le rapport bénéfice/risque à long terme du recours aux techniques de neuro-amélioration est inconnu et risque de le demeurer encore longtemps. Est-ce réellement un bénéfice pour le sujet si, par exemple, l’amélioration de sa mémoire fait resurgir des souvenirs douloureux ou empêche de les enfouir ? Et comment quantifier non pas seulement l’amélioration du résultat à un test spécifique donné, mais l’amélioration du fonctionnement global du sujet lui-même ? Les études actuelles ne permettent pas de répondre à ces questions. »

Armin Grunwald, directeur de l’office parlementaire allemand d’évaluation technologique (TAB) et professeur de philosophie de la technologie à l’Institut de Philosophie du KIT, dans un de ses derniers livres, se pose la question "Sommes-nous sur la voie de passer d’une méritocratie vers une société de la performance, dans lesquelles nous sommes de plus en plus exploités et instrumentalisés ?" Que répondrait Jean Baudrillard ? Lui qui lançait aux générations futures un défi original de création, "sans laquelle le savoir est inutile" , ou le dynamisme de l'objet comme illusion du monde ("Oublier Foucault - 1977)...
Ou encore, comme s'interroge le philosophe Alexandre Erler, "que restera-t-il de notre identité, de notre personnalité, ou encore, de notre authenticité ?"

 

- (1) Livre "Neuroéthique. Quand la matière s’éveille" de Kathinka Evers/ Editions Odile Jacob 2009

- Livre "La Neuroéthique. Ce que les neurosciences font à nos conceptions morales" de Bernard Baertschi - Edition La Découverte 2009

- Film "Total Recall" (version 2012).

Manipuler le cerveau ?

Les managers manipulent-ils les cerveaux de leurs interlocuteurs ? Le mot manipulation pouvant être associé à une intention malveillante, il me faut en rappeler le sens. En premier lieu : manipuler veut dire prendre en main pour faire quelque chose (l’ostéopathe vous manipule), tout de suite après vient l’idée de magie (prestidigitation) induisant un pouvoir mystérieux, avec la volonté de truquer, de tromper (machination). Dans l’usage courant, il semble que ce soit la volonté de tromper qui vient tout de suite à l’esprit. Ce fait rend l’usage de ce mot quelque peu délicat et la question posée provocatrice. 

Les neurosciences montrent que, par la flexibilité neuronale, nous sommes tous des « manipulateurs » de cerveaux, inconscients ou conscients, sans pour autant avoir la volonté de nuire. Dès que nous faisons quelque chose en vue d’influencer les autres, de transformer leurs représentations, nous envoyons des messages et développons des stratégies relationnelles afin d’obtenir ce que nous voulons.

En faisant cela, nous avons une action sur le cerveau de l’autre. Soit par des apports d’informations qui amènent l’autre à réfléchir, soit au travers de sollicitations émotionnelles, soit par le mimétisme des neurones miroirs…Nos tentatives d’influence ont un impact sur le cerveau de nos interlocuteurs. Cela se passe d’ailleurs dans la réciprocité. Ce n’est en soi, ni négatif, ni positif. Ce qui compte c’est la nature de l’intention, le respect de l’autre, le respect de sa liberté, l’acceptation de la réciprocité….

Voici quelques exemples d’applications de cette interprétation du mot « manipulation » : L’électeur et l’élu, par un jeu de manipulation réciproque, « promets-moi l’impossible pour que je vote pour toi », « vote pour moi je vais réaliser l’impossible », se trahissent mutuellement. Le premier, vivant une profonde déception, cherche ailleurs un autre bonimenteur. Le second, désirant se faire réélire, tente de justifier sa trahison par des difficultés imprévues. Le formateur : manipule les stagiaires afin de les aider à s’approprier de nouvelles pratiques (il vise la transformation des cerveaux), cela s’appelle l’ingénierie pédagogique. Le législateur : manipule les dirigeants des entreprises quand il les responsabilise sur les risques psychosociaux. Il vise un changement de valeurs et de pratiques afin d’endiguer des risques santé (stress, dépression, anxiété) et des risques sociaux (harcèlements, suicides, burnout). L’artiste : manipule votre cerveau, quand il propose un spectacle pour raconter une histoire qui vous touche et vous incite à réfléchir…..Charlotte Gainsbourg dit qu’elle aime quand Lars Van Trier la manipule pour donner ce qu’elle ne connaît pas d’elle-même. La presse et la télévision : champions de la manipulation des informations en vue de faire de l’audience….etc.

Qu'en est-il du manager ? Il tente de mettre ses collaborateurs sous contraintes, en leur donnant des objectifs, en leur mettant la pression, en cherchant à les motiver… le collaborateur tente d’influencer les opinions de son manager (donc son cerveau) en revendiquant des moyens, en se plaignant des conditions de travail….que ces demandes soient légitimes ou pas, il y a un jeu de manipulations réciproques.
Certains dirigeants (1), tentant de sortir de cette logique, s’efforcent de créer de nouveaux modèles de management fondés sur la liberté et l’initiative. Au sein de ces entreprises, la motivation intrinsèque est privilégiée. Les personnes sont invitées à inventer leur poste et à définir leurs propres objectifs. C’est à elle de s’auto stimuler, aidée en cela par les sollicitations des clients et l’appartenance à un projet collectif.

Pour d’autres individus, exerçant n’importe quelle activité, le but sera l’endoctrinement, la mise en dépendance d’autrui. Être influencé est au fondement de la vie cérébrale, les relations interpersonnelles sollicitent les neurones miroirs et leur mémorisation transforme l’anatomie neuronale. Volontaire ou involontaire, minime ou significative, l’échange laisse des traces éphémères ou durables selon le contexte, l’impact émotionnel et la qualité relationnelle des interactions. Pourtant, que nous ayons peur ou pas d’être manipulés, que nous projetions sur les autres des intentions malveillantes ou pas, ne change rien. Nous sommes manipulables. Alors, armons-nous d’esprit critique, informons-nous sur les mécanismes cérébraux afin d’en faire bon usage et d’en comprendre les fonctionnements.

Voici quelques exemples 

L’importance des signes de reconnaissance : nous savons qu’il est vital pour l’être humain d’être reconnu. Dans nos cerveaux, le système de la récompense permet de comprendre l’impact de ce besoin. Il existe une glande dans le cerveau, l’accumbens, proche de l’amygdale limbique, qui est active lorsqu’elle perçoit quelque chose qui valorise le propriétaire du cerveau. Il y a libération de dopamine, amenant un sentiment de satisfaction au sujet. Ce mécanisme est essentiel à la motivation. A contrario, il peut nous rendre dépendants aux compliments (et à d’autres substances).

La difficulté du changement : Olivier Houdé (2) a montré ce qui se passe dans le cerveau du sujet qui remet en cause une compétence afin de la remplacer par une autre. Il lui faut alors « désapprendre » des routines cognitives pour pouvoir en apprendre d’autres. Ce processus de transformation du cerveau permet de mieux comprendre ce que l’on appelle les résistances aux changements (3). S’adapter à un nouvel apprentissage demande un effort cognitif et émotionnel important. Des modifications dans l’activation de circuits de neurones doivent s’opérer. Nous sommes ainsi fragilisés, en particulier dans les situations de changement non désiré. Certains peuvent alors profiter des circonstances pour nous entraîner dans une rébellion et dans des blocages improductifs.

Les mécanismes de l’attention : Connaître les mécanismes de l’attention permet de comprendre pourquoi l’ouverture à de nouvelles perceptions est utile à son déplacement. Si nous restons perpétuellement attentifs aux mêmes critères, si nous ne regardons jamais « ailleurs » nous enfermons notre cerveau dans la répétition des perceptions et des opinions. Alors nous n’entendons plus que ce que nous pensons déjà. Non seulement nous nous privons du plaisir de la découverte, mais nous donnons du pouvoir à ceux qui ont un intérêt à ce que nous ne changions pas d’opinion.

La connaissance du fonctionnement de nos cerveaux nous permettra de développer notre esprit critique et de mieux nous défendre de tentatives malveillantes, au moins pour les plus grossières d’entre elles. Pour les managers, ce sera l’occasion de sortir de maladresses relationnelles bien involontaires. Ils les subissent eux-mêmes en vivant la pression de l’exigence de résultats financiers permanents. Comprendre le cerveau humain peut aider à plus d’intelligence relationnelle, à une meilleure prise en compte des émotions et à la mise en place de processus plus respectueux du potentiel cognitif humain. Prenons en main les concepts et les croyances qui sont dans notre cerveau afin de les manipuler pour faire émerger de nouvelles connaissances.

1. Liberté & Cie, Isaac Getz, Brian M. Carney, Fayard 2009
2. Psychologie de développement cognitif, Olivier HOUDE et Gaëlle LEROUX, 2ème édition PUF 2013
3. Neurosciences et management, le pouvoir de changer. Bernadette LECERF-THOMAS, 2ème édition EYROLLES 2013

Bernadette LECERF-THOMAS

Les Ateliers de Bernadette Lecerf-Thomas :

- Neurosciences et créativité, co-animé avec Esther Galam : 1 journée / vendredi 14 mars 2014
- Coaching réflexif et neurosciences : 1 journée /lundi 17 mars 2014
- Désapprendre pour apprendre : 1 journée / lundi 19 mai 2014
- Formation "Activer les talents avec les neurosciences : 3 jours (2+1) / Lundi 14 avril, mardi 15 avril et vendredi 16 mai 2014

Neurospin, pour lever les mystères du cerveau

Jeudi 30 janvier 2014, la deuxième édition du Prix Marcel Dassault pour la recherche sur les maladies mentales a récompensé un chercheur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, le Docteur Luc Mallet, Responsable de l’équipe "Comportement, émotion et ganglions de la base" à l’ICM et Directeur de recherche INSERM, et Lauréat de la catégorie « Chercheur de l’année » pour l’importance de ses travaux de recherche sur les trouble obsessionnel compulsif (TOC).
Le programme de recherche du Dr. Luc Mallet s’articule autour de plusieurs points afin de développer des traitements innovants pour les cas les plus sévères.

Le cerveau, c'est le siège de notre pensée, le véritable poste de commandement de notre corps. Malgré les innombrables études qui lui sont consacrées, il conserve une grande part de ses mystères. Tentons d'en dévoiler quelques un...

Visualiser le cerveau humain en action

« Les neurosciences se fondent de plus en plus sur de gros instruments capables de mesurer plusieurs dizaines de milliers de neurones chez l’animal, ou de voir tout le cerveau de l’homme. Neurospin est l’un de ces “ observatoires de l’esprit ”. En 2014 nous y disposerons d’un IRM 11,7 teslas, unique au monde, pour l’imagerie du corps entier chez l’homme, doublée d’un appareil de magnéto-encéphalographie, qui permet d’étudier la dynamique de l’activité cérébrale. D’où toutes sortes de découvertes qui n’en sont qu’à leurs débuts.
En étudiant les processus mentaux de la lecture, nous avons identifié la “ boîte aux lettres du cerveau” qui traite la forme visuelle des mots dans toutes les langues du monde. Nous venons d’en avoir une extraordinaire confirmation chez des personnes aveugles. En collaboration avec l’équipe israélienne d’Amir Amedi, nous avons montré que lorsque des aveugles lisent en braille, ils activent la même boîte aux lettres cérébrale que des lecteurs voyants. Mais aussi lorsqu’ils ont appris à lire par voie auditive : quand l’image du texte à lire, filmée par une caméra, est transformée en sons de fréquence variable, selon la forme des lettres. Après plusieurs semaines d’entraînement à ces sons, des aveugles parviennent à lire ! Cela signifie que le cerveau est remarquablement préorganisé pour la lecture, quelle que soit la langue ou la modalité sensorielle.
Il serait bon d’inventer des outils pédagogiques pour l’apprentissage de la lecture à partir de ce que nous pouvons ainsi apprendre des modes d’apprentissage de l’enfant (cf. l’ouvrage collectif : Apprendre à lire: Des sciences cognitives à la salle de classe , Odile Jacob – 2011).
Ces instruments permettent aussi de voir que les images subliminales traversent tout le cortex visuel, sont représentées dans le cerveau et peuvent influencer une réponse motrice du sujet.
De nombreux collègues ont découvert que toute une série d’aires cérébrales s’intéressent à la pensée d’autrui – traitant aussi notre propre pensée. Il existerait un précurseur de ce système chez le macaque. Mais seule l’espèce humaine semble capable de se représenter les croyances d’autrui quand elles diffèrent des siennes : « vous pensez quelque chose mais je pense le contraire ». Il y aurait chez l’homme un réseau unique capable de découpler notre pensée de la pensée d’autrui. »
Commentaire de prospective.fr : depuis le temps que cela fonctionne ainsi, comment se fait-il que l’homme ne soit pas devenu plus tolérant ? Manque d’ocytocine ?

Source : Stanislas Dehaene, neuroscientifique – propos recueillis par Florence Rosier –  Le Monde – 4 décembre 2013

Le cerveau a-t-il un sexe ?

Autre recherche favorisée par les progrès de l’imagerie cérébrale.
D’après des études récentes, les connexions dans le cerveau se font différemment selon qu’on est un homme ou une femme. Ces connexions sont au nombre de plusieurs milliards, influencées à la fois par l’hérédité, l’expérience, la biochimie, le fait d’être droitier ou gaucher ...
Pourquoi l’autisme est-il plus répandu chez les garçons et la sclérose en plaque chez les femmes ? Pourquoi les AVC, les crises cardiaques, dépression nerveuse s’expriment-ils différemment chez les unes et les autres ? La réponse se dissimule-t-elle dans des différences au niveau du fonctionnement cérébral ? Avant de trouver des réponses (et peut-être des remèdes), il convient de voir si cette différence existe. C’est maintenant envisageable grâce aux progrès de l’imagerie médicale du cerveau en action.
Certes, les résultats de toutes ces expériences pourraient être différents selon la façon dont les calculs des ordinateurs sont effectués d’un laboratoire à l’autre. « Mais quand les résultats sont les mêmes quelle que soit la manière dont on traite les données, que c’est formidable », s’enthousiasme le Dr. Neda Jahnastad qui a, avec son équipe de l’université de Los Angeles, étudié le fonctionnement cérébral de jumeaux en bonne santé (147 femmes et 87 hommes) et mis en évidence des différences dans le lobe frontal – la zone associée à la parole, à la prise de décision et au self-control.
Une autre recherche menée à l’université de Pennsylvanie sur 521 filles et 428 garçons, de 8 à 22 ans a montré que la différence débute à l’adolescence. Pour résumer, les liaisons neuronales se font plutôt à l’intérieur d’un même hémisphère chez les garçons et d’un hémisphère à l’autre chez les filles. Cela expliquerait que les femmes sont en général davantage multitâches et mieux douées pour la pensée analytique qui requiert la coordination des deux hémisphères et que les hommes sont mieux armés pour les travaux qui requièrent attention et concentration longtemps sur un seul sujet. Mais les chercheurs mettent en garde : ce ne sont encore que des spéculations.
Et, comme l’admet Paul Thomson, directeur du département de recherche génétique et imagerie de l’université de Californie du sud, « c’est un sujet qui va mettre le feu aux poudres ! »
Pourtant, il n’y a rien de mal : égal ne veut pas dire pareil.

Source : Robert Lee Hotz – The Wall Street Journal – 11 décembre 2013

Comme l'explique très clairement Bernadette Lecerf-Thomas, dans son livre "Activer les talents avec les neurosciences" (Ed. pearson 2012) : "pour le développement de ses capacités et de son agilité mentale, chacun dispose de différents leviers ; en comprendre les atouts et les contraintes, c'est savoir les activer efficacement". 

A propos du Prix Dassault  pour la recherche sur les maladies mentales
Le Groupe Dassault s’engage pendant trois ans auprès de la Fondation FondaMental pour soutenir la recherche sur les maladies mentales, à travers la création d’un Prix. Le Prix Marcel Dassault pour la recherche sur les maladies mentales, distingue deux catégories : la catégorie “Chercheur de l’année” récompense une personnalité scientifique française s’étant distinguée pour l’importance comme pour la qualité de ses travaux de recherche en psychiatrie; la seconde catégorie soutien un “Projet d’innovation”.

Photo : CEA/I²BM/NeuroSpin 

Le rapport innovant et exigeant pour la transition énergétique

L'ANCRE (Association Nationale de Coordination de la Recherche pour l'Energie) publie ce jour un rapport d'études sur ses propositions de scénarios de transition énergétique à l'horizon 2050.

L'ANCRE a présenté le 23 janvier le rapport d'études sur trois scénarios possibles d'évolution du système énergétique français à horizon 2050, visant à atteindre le "facteur 4" (division par 4 au moins des émissions de gaz à effet de serre, ou GES, liées à l'énergie par rapport à l'année 1990).

Les trois scénarios proposés se caractérisent de la façon suivante :
• le scénario « Sobriété renforcée » (SOB) repose essentiellement sur le triptyque sobriété poussée, efficacité énergétique renforcée et développement des énergies renouvelables ; ce scénario requiert un effort généralisé d’efficacité ainsi que des changements significatifs de comportements ;
• le scénario « Décarbonation par l’électricité » (ELE) est fondé sur la combinaison d’un effort marqué d’efficacité énergétique et d’un accroissement dans les usages de la part de l’électricité – décarbonée parce que d'origine renouvelable ou nucléaire – en substitution aux
énergies fossiles, même dans leurs usages aujourd’hui captifs, comme dans les transports ;
• le scénario « Vecteurs diversifiés » (DIV2) mise sur l'efficacité énergétique et un renforcement limité des usages électriques, mais l'accent est largement mis sur la diversification des sources et des vecteurs d’énergie, avec notamment la récupération des chaleurs perdues et un rôle important des systèmes énergétiques intelligents multi-vecteurs et
développés localement.

Selon le président François Hollande, la France doit devenir exemplaire en terme de transition énergétique. Selon lui, "la transition énergétique doit être une solution, et non une problématique ; ce n'est pas un choix de circonstances ou un compromis. C'est une décision stratégique".

Ces scénarios reposent en effet sur une approche volontariste en termes d'innovation scientifique et technologique. Le rapport, fruit d'un travail impressionnant de quelques 400 experts scientifiques de l'ANCRE pendant 18 mois, décrit des trajectoires contrastées de la demande et du mix énergétique, et il évalue leurs impacts socio-économiques et environnementaux. L'objectif est d'apporter des éléments d'éclairage dans le cadre de la préparation du projet de loi sur la transition énergétique prévu pour être examiné par le Parlement en 2014.

Ce rapport est le résultat d'un dialogue fécond entre les différentes disciplines et domaines de recherche : "Il revient donc à l’ANCRE et aux partenaires qui la composent, de donner aux chercheurs qui se sont déjà largement investis dans cet exercice, les moyens de le poursuivre, et j’y veillerai personnellement." annonce Jacques Bittoun, Président de l'ANCRE, dans son avant - propos au rapport.

Lire le rapport complet

- Lire article "« Lumiollis »1ère Expérience D’auto-Consommation Électrique À Paris" / Blog habitat-durable.com - 24 janvier 2014
- Lire article "Nos modes de vie encore hermétiques à la sobriété énergétique ?" / energies.actu.fr - 23 janvier 2014

Le laser pour soulager ses douleurs

Innovation à Israël : Soulager ses douleurs physiques grâce à un laser médical portatif !
Fin 2013, le salon international de référence dans le domaine des technologies et de l’équipement médical, MEDICA , s’est tenu à Düsseldorf, en Allemagne. Parmi les nombreuses sociétés israéliennes du secteur des meditechs présentes à MEDICA, une technologie médicale a particulièrement retenu l’attention.

Il s’agit de B-Cure Laser , développé et breveté en Israël par l’entreprise Erika Carmel. B-Cure Laser est un appareil médical laser à basse puissance LLLT (Low-Level Laser Therapy) qui apaise les diverses douleurs du patient dues à des problèmes orthopédiques, blessures et lésions sportives, inflammations, problèmes d’articulations, plaies diabétiques, escarres et problèmes de peau.

Du fait de son format extrêmement réduit, le patient peut utiliser B-Cure Laser sans aucune aide, seul chez lui ou à l’extérieur. Il est le premier appareil alliant la capacité de traitement clinique à la mobilité. Petit taille, légèreté (173 gr), autonomie et facilité sont des atouts précieux pour les utilisateurs comme Alon Harazi, ancien joueur de football du Maccabi Haïfa qui explique : “Le dispositif traître les blessures récentes et les plus anciennes de façon exceptionnelle. Aujourd’hui, je ne vais pas sur le terrain sans utiliser cet appareil. Il est fortement recommandé pour tous les athlètes et généralement à toute personne qui souffre de tout type de douleur”.

B-Cure Laser a obtenu l’approbation du Ministère Israélien de la Santé et de l’Union Européenne pour les appareils médicaux (CE 0120 Medical Device). La technologie utilisée, LLLT est un rayon laser à base puissance agissant sur la surface de la peau tout en la pénétrant sans effet de chaleur particulier. Le traitement stimule les mécanismes de guérison naturelle du corps, au niveau cellulaire et au niveau systémique. Du fait de la stimulation, les cellules reçoivent l’énergie nécessaire à leur stimulation et à leur fonctionnement.

La technologie exclusive de B-Cure Laser, est obtenue à partir de l’application d’un mécanisme électro-optique innovant qui permet la production d’un faisceau laser efficace, homogène, et d’une surface de traitement allant jusqu’à 4,5 cm carrées. Pour une zone de traitement donnée, le temps d’utilisation recommandé varie entre 6 et 8 minutes, 2 à 4 fois par jour. Un autre avantage de cette technologie est la réduction de la consommation de médicaments anti-douleurs.

Michael Schlosser, ingénieur et PDG de la société indique que l’appareil a récemment sauvé de l’amputation, la jambe d’un patient diabétique et que des patients souffrant d’arthrose du genou peuvent commencer à monter les escaliers suite au traitement.

B-Cure laser est recommandé par de nombreux spécialistes de la douleur et il est largement utilisé, depuis plusieurs années, par des médecins dans les principaux hôpitaux et cliniques d’Israël : Hadassah, Ichilov, Rambam et Shiba (Tel Hashomer).

Le Docteur Hagai Amir, directeur du département de rééducation orthopédique du grand hôpital israélien Shiba (Tel Hashomer), a traité de nombreux patients avec l’appareil B-Cure Laser. Il raconte : « Un malade est venu me voir pour que je lui administre une piqûre tous les trois mois en guise de traitement de l’inflammation d’un tendon qui le faisait terriblement souffrir. Je lui ai conseillé d’essayer l’appareil B-Cure Laser chez lui et de revenir me voir au bout de deux semaines. Si la douleur ne passait pas d’ici là, je lui ferais sa piqûre. Une semaine plus tard, il s’est présenté devant moi à et je me suis dit; “Comme c’est dommage, ça n’a pas fonctionné”. Or, il s’est avéré que dès le premier jour où il a commencé le traitement, il a senti un changement; c’était la première fois qu’il dormait bien, sans douleurs, depuis trois ans. »

Cet appareil est également utilisé par les cliniques de physiothérapie de l’armée israélienne, les principaux clubs sportifs et de nombreux athlètes et sportifs en Israël. Pini Sharon, physiothérapeute au Club de Sports de Maccabi Haïfa affirme : “B-Cure Laser procure un soulagement immédiat pour une grande variété de douleurs et il est très facile à utiliser. Son utilisation diminue le niveau de douleur immédiatement en cas de douleur aiguë et chronique. L’avantage de cet appareil est que le joueur peut l’utiliser à la maison et se traiter lui-même”.

Le PDG Michael Schlosser explique : “Nous avons pris de l’ampleur à l’international et nous exportons déjà l’appareil en Europe. Nous sommes à la recherche d’autres marchés à travers le monde afin d’élargir notre distribution dans différents pays”. L’entreprise est notamment à la recherche de distributeurs pour le marché français.

 

Loading...
Loading...