UP' Magazine L'innovation pour défi

Quelle santé pour demain ?

"Quelle santé pour demain ? Quand le numérique bouleverse la médecine". Cet ouvrage, réalisé à l'initiative et par les membres du Collectif Santé Numérique, propose à la fois un état des lieux, une présentation des bonnes pratiques dans ces domaines, mais aussi des idées de mesures concrètes de nature à accélérer la pénétration du numérique en santé et à rendre (enfin !) le parcours de soins intelligent.

Synox Group, le spécialiste de l'Internet des Objets et référence de la e-santé, s'est joint au collectif Santé Numérique, sous la direction de Jacques Marceau (1), afin de contribuer à la naissance d'un ouvrage sur la santé numérique, paru le 18 septembre aux éditions Gallimard.

Emmanuel Mouton, Président de Synox Group, y dévoile notamment sa vision sur les nouvelles technologies et leurs usages dans le secteur de la santé et explique qu'au travers des objets connectés, de la télémédecine, des coaching thérapeutiques et autres protections des données et Big Data, la révolution est belle et bien en marche. Un sujet passionnant dont tous les aspects sont passés à la loupe afin d'éclairer et de sensibiliser le lecteur.

Alors que le numérique est partout, irrigue tout, et rend « intelligent » un nombre toujours plus grand d'objets de la vie courante, la santé échappe toujours à cette logique. Pourtant, la multiplication des systèmes d'information de santé, des dispositifs médicaux connectés et la généralisation de l'internet mobile tendent à conférer au patient un rôle qu'il n'a jamais eu : celui d'acteur de sa propre santé.

Tout est là : les technologies et les services, les acteurs économiques avec des offres opérationnelles, sans oublier l'attente, voire l'impatience, des patients et des professionnels, le tout soutenu par une volonté politique apparemment sans faille.

L'explication de ce retard endémique tient à de nombreux facteurs : cadre juridique et réglementaire inapproprié, organisation de la pratique médicale cloisonnée en spécialités toujours plus segmentées.
Cet ouvrage propose un état des lieux, une présentation des bonnes pratiques dans ces domaines mais aussi des mesures concrètes qui permettraient d'accélérer la pénétration du numérique en santé et à rendre (enfin !) le parcours de soins intelligent.

Le collectif Santé Numérique

Jacques Marceau est le cofondateur du Collectif Santé Numérique, créé en 2011, qui a pour principale missions de promouvoir et contribuer à la création d'un cadre favorable à l'innovation numérique en santé.
Membres du collectif : Michel Barth & Daniel Legendre, Jacques Bonte, Jacques Demongeot, Kevin Dolgin, Devis Fompeyrine, Jacques Marceau, Hervé Mathe & Xavier Pavie, Hubert Méchin, Emmanuel Mouton, Jean-Marie N'Guyen, Olivier Peraldi, Jean-Luc Plavis, Gérard Reach.

A propos de Synox Group

Acteur de l'Internet des Objets, Synox Group est reconnu pour son expertise technologique dans le domaine de l'e-santé. Le monde de la santé est un marché en pleine expansion. 15 millions d'objets connectés sont aujourd'hui recensés, et près de 80 millions le seront d'ici 2020. Pour faire face au besoin grandissant des acteurs dans le monde de la santé et à l'augmentation exponentielle du nombre de données émanant de ces centaines d'objets connectés, Synox créé des plateformes permettant de collecter, traiter et gérer les données de tous ces objets
communicants.
Depuis plusieurs années, Synox Group équipe hôpitaux, prestataires de soins à domicile et professionnels de santé en solutions de communication et d'infrastructures. Les résultats : de meilleures prises de décision, une collaboration plus fluide entre les réseaux de santé, un système d'échange des données médicales sécurisé, davantage d'efficacité, une réduction de coût des infrastructures de santé et une meilleure qualité de soins pour les patients.

(1) Fondateur des Assises de l'innovation thérapeutique et des Assises des technologies numériques de santé.

Analyser son sang à domicile, c'est possible

On pourra bientôt mesurer son taux de cholestérol chez soi. Des ingénieurs ont mis au point une machine optique portative qui permet, à moindre coût, d'effectuer les tests sanguins les plus courants.

De la taille d'un smartphone, il s'apprête à révolutionner les analyses de sang. Baptisé Beta-BioLed, cet appareil de poche, basé sur des technologies optiques, sera commercialisé dès 2016. « Nous finalisons cette année le prototype et recherchons aujourd'hui 3 M€, notamment pour financer les brevets d'innovations. Nous en avons déjà déposé quatre », explique Camille Pat, responsable marketing de la société Archimej, hébergée au Genopole d'Evry (Essonne), le plus grand site de recherche français dédié aux biotechnologies. L'entreprise fait partie des 25 talents européens sélectionnés en 2013 parmi 2 000 candidats par le prestigieux concours européen de start-up, Hello Tomorrow Challenge.

Archimej a vu le jour en 2012, créé par trois anciens ingénieurs de l'Institut d'optique d'Orsay. Leur idée : se passer des produits réactifs utilisés aujourd'hui pour étudier la composition du sang. Un vrai bouleversement. « Pour un hôpital de 400 lits, cela représente une dépense d'environ 300 000 € par an. Et la machine d'analyse actuelle, à changer tous les sept ans, vaut 100 000 €. Le Beta-BioLed est plus sensible, plus précis et surtout moins cher », avance-t-on chez Archimej, qui compte vendre son appareil « moins de 600 € ».

Le petit boîtier pourra effectuer une quinzaine de tests sanguins parmi les plus courants : le cholestérol, le sucre, la créatinine ou l'albumine pour les pathologies rénales ou encore les principaux marqueurs cardiaques. « Nous ne rentrons pas en concurrence avec les laboratoires d'analyses classiques. Ils effectuent, eux, jusqu'à 80 tests différents. Notre technologie est complémentaire. Elle pourrait même les intéresser, affirme Camille Pat. Aujourd'hui, il faut compter environ 15 à 20 € pour réaliser un bilan sanguin en laboratoire, pour autant de tests réalisés. Nous pourrions proposer à peu près le même service pour 20 fois moins cher. »

Le Beta-BioLed promet une grande simplicité de fonctionnement. Une goutte de sang posée sur une languette introduite dans l'appareil et les résultats s'affichent sur une tablette ou un smartphone connecté. Cette facilité d'utilisation offre des « débouchés énormes », estime-t-on chez Archimej. Dans les hôpitaux, pour la médecine à domicile ou pour les infirmières libérales qui s'occupent de patients qui ne peuvent pas se déplacer.

« Les ONG intervenant dans des zones privées de soins médicaux sont une cible aussi. Il existe aujourd'hui des appareils portables, mais ils sont contraignants, lourds et ont besoin de réactifs pas toujours simples à trouver sur place », confie Camille Pat. Le Beta-BioLed sera dans un premier temps destiné aux professionnels de santé. « Nous passerons ensuite au grand public. L'appareil pourrait être en partie remboursé par la Sécurité sociale, comme l'est aujourd'hui le glucomètre pour les diabétiques », espère Camille Pat.

Julien Heyligen, La Biotech.fr

Xylitol : Les français auraient 30 ans de retard !

Le Xylitol serait-il un cadeau de la nature encore « ignoré » en France ?

Nous savons aujourd'hui que le sucre accélère le vieillissement et affaiblit nos défenses immunitaires. Dommage qu'on ne l'ait pas su avant ! Maintenant on nous explique qu'il provoque ou favorise les maladies comme le diabète et la destruction de l'organe de la mastication : la dentition. Ça nous le savions à peu près tous. Mais des études récentes vont jusqu'à faire le lien avec les troubles cardiaques mais aussi le cancer et d'autres conséquences du même genre, d'un genre...mortel.
Vous sauriez tout cela si vous lisiez des publications ou bien des revues scientifiques qui « l'expliquent très bien », mais ces lectures sont destinées aux initiés. Du coup, ces nouvelles données pourtant capitales, ne sont pas « enseignées » au grand public, c'est à dire nous. C'est tout à fait regrettable, non ?
Ces maladies peuvent être prévenues et contrées par une action globale, intégrant la réduction significative des aliments riches en sucre dans notre régime ou nos habitudes alimentaires. L'OMS nous expliquait en 2004 comment réduire les maladies chroniques, le message était déjà très clair. Pour l'instant, que ce soit dans l'industrie alimentaire ou dans la culture publicitaire, les encouragements à consommer des aliments riches en sucres continuent d'œuvrer en contresens.
Malgré toutes ces alertes nous continuons à consommer plusieurs kilos de sucre blanc par habitant et par an avec des prévisions inquiétantes pour la santé à l'horizon 2016. Ce serait ahurissant de ne pas réagir !

C'est un fait nous ne réussirons jamais à nous priver des saveurs sucrées, parce-que la gourmandise... c'est humain !
Voici un article qui va vous aider à décider si OUI ou NON, dans un avenir proche, vous ferez le choix de « passer au xylitol ! » Cette question est loin d'être anodine puisqu'elle concerne votre santé.

Commençons par un mot de culture...

Le xylitol est une substance naturelle découverte par les allemands et les français à la fin du XIXe siècle. C'est un cadeau de la nature mais ils ne le savent pas encore... C'est seulement dans les années 70 que ses propriétés pour la santé humaine ont été étudiées par les finlandais.
Leurs recherches ont abouti aux applications qu'on lui connait aujourd'hui. Enfin quand je dis "on" je veux parler essentiellement des pays d'Europe du nord. La Norvège, la suède, le Danemark qui ont également inscrit le xylitol dans leurs habitudes de santé, en consomment tous les jours et ce, tout au long de la vie.
Le xylitol est en général issu du bouleau car, en effet, cette espèce est très répandue en Finlande. Il a été mis au point au cours de la dernière guerre mondiale, pour compenser la pénurie de sucre que connaissait le pays à cette époque.
Ceci explique un peu pourquoi les finlandais ont bénéficié régulièrement depuis bientôt 40 ans, d'une bonne information véhiculée par les dentistes et dans des spots publicitaires. Ils sont suivis de près par les asiatiques qui ont également été conquis par les bienfaits de ce produits sur la santé générale.

Mais il n'y a pas que du xylitol de bouleau. Il existe d'autres provenances ou « variétés » :
• Extrait des rafles de maïs, il est plus connu sous l'appellation de mithana Xylit et présente des qualités identiques à celui que l'on tire de l'écorce de bouleau. Mes différentes recherches n'ont pas fait apparaitre de différence significative. Le seul risque est qu'il soit issu de maïs transgénique.
• Il est aussi extrait de la canne à sucre.
• Il est également présent à l'état naturel dans notre organisme.

Donc dans certaines parties du monde le xylitol a gagné le titre de meilleur édulcorant naturel et reste à ce jour indétrônable. Pourquoi pas en France?

En Finlande comme dans certains pays d'Europe du Nord (la Norvège, la Suède, etc.), les efforts en matière de santé bucco-dentaire se sont portés depuis des dizaines années sur la prévention.
Il apparait qu'en France l'approche diffère un peu. La réparation et la restauration dentaire semblent figurer en pôle position (implants, prothèses, bridges, facettes, etc.) et pour cause les besoins sont bien réels !
Les statistiques et les enquêtes nous montrent que la France n'est pas une très bonne élève de l'hygiène bucco-dentaire et ce n'est pas un outrage de le dire, même si les comportements évoluent, c'est une vérité.
Je vous invite à chercher : "hygiène dentaire des français" dans Google et vous comprendrez. Les parodontites, également appelées déchaussements des dents, touchent 80% de la population adulte occidentale, ce qui en fait la maladie chronique la plus fréquente (source 1="Cabinet" 2="dentaire" 3="Hildebrandt" language=":").

Malgré un peu de négligence (il est vrai) du côté de l'hygiène bucco-dentaire il y a fort à parier que ce n'est pas la seule raison. L'hygiène alimentaire semble prendre une part de responsabilité importante dans les causes de cette situation dans notre pays.
Si nous décidons de replacer la prévention au centre de nos efforts (une profane peut-elle le dire ?), alors il sera nécessaire et indispensable d'envisager de changer nos habitudes alimentaires. Oui je sais, ce ne serait pas humain de devoir se priver de pâtisseries et autres délices ! C'est pourquoi le xylitol semble être une bonne alternative.

Le Xylitol peut-il vraiment remplacer le sucre ?

La réponse est OUI.
Contrairement à l'aspartame qui est un produit de synthèse, le xylitol est d'origine NATURELLE. Il a le même pouvoir sucrant que le sucre et n'a pas cet arrière goût en bouche que laissent d'autres produits. Il donne une sensation de fraîcheur ce qui est plutôt positif pour un édulcorant.
Côté scientifique, c'est un sucre alcool à 5 carbones de la famille des polyols (les polyalcools ou les glycols).
Vous pouvez consulter le répertoire toxicologique pour découvrir les autres noms du xylitol.

Ce que l'on doit retenir c'est qu'il est bon pour l'humain, si nous apprenons à le consommer sans excès.
Il faut noter qu'il existe une polémique concernant le classement du xylitol dans la catégorie des produits qui seraient « certainement cancérigènes au même titre que l'aspartame » mais aucune étude n'a pu en faire la preuve formelle. Les finlandais n'ont ni observé ni confirmé cette information en 30 ans de consommation. Ce qui ne signifie pas qu'elle soit fausse.

D'accord, mais comment doit-on consommer le xylitol ? Y-a t-il des restrictions ?

Nous savons que le xylitol est aujourd'hui présent dans les chewing-gums, le chocolat mais il existe également des confitures et des biscuits qui tiennent leur goût sucré du xylitol.
• Afin d'habituer l'appareil digestif il est préférable de commencer par des quantités faibles, selon les experts.
• Ensuite, Il est recommandé d'en consommer 10 à 15g chaque jour en trois fois par exemple.
• À des doses excessives de 50g par jour il peut provoquer des douleurs abdominales et des diarrhées.
• Il n'est pas du tout conseillé aux nourrissons mais recommandé aux enfants âgés de plus de 3 ans.

Dans l'alimentation :
Même à la cuisson, la saveur et la texture du xylitol restent analogues aux saveurs du sucre dans les mêmes conditions.
• Il peut être utilisé dans la préparation des gâteaux. La moitié de la quantité prévue en sucre (saccharose) suffit.
• Dans les plats chauds sucrés salés... le rendu est le même que le celui du sucre.
• Il est parfait pour sucrer le café et le thé.
• Dans les desserts il remplace le sucre dans les yaourts, les crêpes, les salades de fruits...

Pour les personnes diabétiques : Rapport du Comité Scientifique de l'Alimentation Humaine (1985) : Le xylitol est à ce jour le seul moyen pour les diabétiques de retrouver les vraies saveurs sucrées, cela mérite d'être mentionné. Son métabolisme ne fait pas appel à l’insuline, et avec un indice glycémique faible de 8, il peut être intégré au régime des diabétiques.

Pour en décider, ils devront par précaution se référer à leur diététicien(ne) pour l'adapter à leur régime ou protocole.
Les personnes concernées par une interdiction ou une intolérance au sucre n'ont plus de raison de se priver des gourmandises, à conditions de les préparer avec du xylitol et d'en parler avant avec leur médecin.

Quels sont les bienfaits du Xyulitol sur la santé humaine ?

• Nous connaissons son efficacité dans le domaine bucco-dentaire et nous en profitons depuis longtemps. ► Le xylitol est une arme sûre dans la prévention contre la carie dentaire. Mais il n'est pas seulement acariogène et anti-cariogène. Le xylitol reminéralise les dents et irait dans certain cas, jusqu'à régénérer la dent cariée.
Il parait utile de préciser un point important. Par les baisers sur la bouche, une personne qui consomme du xylitol ne transmet plus les bactéries cariogènes dont elle est naturellement porteuse... Ce qu'il faut entendre, c'est que « les bisous » sont aussi un moyen de transport de ces bactéries. Comme il est inimaginable de limiter ces gestes de tendresse, il suffit d'en neutraliser les effets négatifs.

Le xylitol protège contre les otites chez les enfants de 3 à 6 ans ! Des preuves fiables pour mieux comprendre et apprendre (à lire un document PDF des "Résumés Cochrane"). 8 à 10g en 3 prises par jour suffisent pour obtenir un effet préventif.

• Le xylitol est un remède contre l'haleine forte et l'halitose quelles qu’en soient les causes. Les gommes à mâcher sont efficaces car elles aident à augmenter la production de salive qui elle-même contient un antibactérien : le lysosyme.

• Le xylitol basifie la bouche. Les bactéries présentes dans la bouche ne parviennent pas à le fermenter. Le pH reste stable et l’acidité en bouche à l’origine de la formation des caries, n'augmente pas comme avec les autres sucres.

• C'est le partenaire idéal pour rester mince ou suivre un régime amincissant. En effet le xylitol est 40% moins calorique que le saccharose (le sucre). Inutile, là aussi de se priver des saveurs sucrées pour perdre du poids (2,4 kcal par gramme).
Voilà, je termine ici mon propos avec l'espoir que cet article vous aura aidé à y voir un peu plus clair....
Vous êtes maintenant informé(e) et prêt(e) à décider par vous même, de la nécessité ou non d'utiliser le xylitol en remplacement des formes de sucres classiques. Ce choix vous appartient. Votre santé dépend de tous ces petits gestes quotidiens. Donc, vous l'aurez compris, en plus de l'hygiène quotidienne, pour vous aider à maintenir une bonne santé bucco-dentaire et générale, réduire concrètement votre consommation de sucre finira par s’imposer naturellement.
Le xylitol à la place du sucre est une théorie séduisante.
En pratique, il est plus cher que le sucre, pour l'instant c'est un ralentisseur. On peut souhaiter que les choses évolueront dans les années qui viennent. Mais en attendant de trouver des gâteaux au xylitol dans votre pâtisserie, vous êtes libre de choisir.

Dominique Casoni, Responsable société Oral-Osmose
www.oral-osmose.fr

L'oeil bionique agréé

La prothèse épirétinienne Argus(R) II de Second Sight est officiellement prise en charge par le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé : 36 patients non-voyants atteints de rétinite pigmentaire pourront bénéficier de « l’œil bionique » Argus II à partir de septembre 2014.

Second Sight Medical Products Inc. (Second Sight) annonce aujourd’hui que le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé a publié l’arrêté du 4 août 2014 relatif à la prise en charge au titre de l’article L. 165-1-1 du code de la sécurité sociale du système de prothèse épirétinienne Argus II. Cette prise en charge intervient dans le cadre du Forfait Innovation et concernera une première cohorte de 36 patients, peu ou non-voyants, atteints de rétinite pigmentaire (RP).

L’annonce de la prise en charge par le Ministère de la Santé de cette procédure, qui permet de restaurer une partie de la fonction visuelle chez des patients non-voyants, fait suite à la décision du 18 mars 2014 de faire bénéficier l’Argus II du Forfait Innovation. Le Forfait Innovation est un programme spécifique, qui permet d’accélérer la mise à disposition de technologies innovantes pour les patients.

Trois hôpitaux participeront au programme à partir du 1er septembre : le CHNO des Quinze-Vingts à Paris (Dr. Pierre-Olivier Barale et Dr. Saddek Mohand-Saïd), le CHU de Strasbourg (Pr. Hélène Dollfus et Pr. David Gaucher) et le CHU de Bordeaux (Pr. Jean-François Korobelnik et Pr. Marie-Noëlle Delyfer).

Le système Argus II de Second Sight a obtenu le marquage CE en Europe en 2011 et l’autorisation de la FDA américaine en 2013. C’est la première prothèse épirétinienne à avoir obtenu ces approbations au niveau mondial. L’Argus II a d’ores et déjà été implanté chez plus de 90 patients. Plusieurs de ces patients vivent avec la prothèse depuis plus de sept ans, ce qui démontre la fiabilité à long terme du dispositif. La société a publié 20 articles dans des journaux à comité de relecture, dont le plus récent dans BMC Ophthalmology : “The Argus II prosthesis facilitates reaching and grasping tasks: a case series” by Kotecha et al in BMC Ophthalmology 2014, 14:71.

Grâce à une caméra miniature logée dans les lunettes du patient, l’Argus II convertit des images vidéos capturées en plusieurs séries de pulsations électriques qui sont transmises sans fil à un faisceau d’électrodes placées à la surface de la rétine. Ces pulsations viennent ensuite stimuler les cellules rétiniennes, ce qui résulte en la perception de motifs lumineux par le cerveau. Le patient apprend alors à interpréter ces motifs lumineux tout en récupérant des capacités visuelles.

« Nous avons standardisé le parcours de soins pour la rétinite pigmentaire grâce à un système sur-mesure pour ces patients qui sont peu ou non-voyants », indique Grégoire Cosendai, Vice-Président de Second Sight Europe. « De plus en plus de pays proposent l’Argus II en Europe et nous sommes heureux de pouvoir mettre en place la procédure de routine en France. »

« Nous sommes ravis de l'annonce officielle du financement de l'Argus II par le Ministère de la Santé et que le CHNO des Quinze-Vingts puisse continuer à offrir ce traitement révolutionnaire à nos patients », indiquent les Dr. Mohand-Saïd et Barale, du CHNO des Quinze-Vingts à Paris. "En 2008, nous avons été la première équipe en France à pouvoir implanter quatre patients avec le système de prothèse rétinienne Argus II dans le cadre de l'essai clinique, et à en apprécier les bénéfices pour ces personnes qui n'avaient préalablement aucun autre choix que d'accepter de vivre dans une obscurité complète. Comme il permet de rétablir une partie de la fonction visuelle chez des personnes aveugles souffrant de rétinite pigmentaire, l’Argus II offre un immense espoir en permettant d’améliorer la mobilité et l'interaction avec les autres et en réduisant ainsi l'isolement dont souffrent souvent les personnes aveugles. Les patients sont très demandeurs et nous nous réjouissons de pouvoir leur proposer prochainement ce traitement. »

« En tant que généticienne et ophtalmologiste, je peux vous dire que la rétinopathie pigmentaire est une maladie génétique très difficile à vivre, qui prive les patients de leur vue petit à petit, souvent dès l'enfance », ajoute le Pr. Dollfus (MD, PhD) ; Centre de Référence Maladies Rares CARGO (Affections Rares en Génétique Ophtalmique), Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. « En plus d'avoir à composer avec la perte de leur propre vue, les patients craignent que leurs descendants puissent aussi porter la maladie et être condamnés à perdre la vue à leur tour. Les développements thérapeutiques pour les maladies rares représentent souvent un très long parcours et nous sommes particulièrement heureux de constater que nous pouvons ainsi aider concrètement nos patients. »

« Grâce à l’Argus II, nous pouvons enfin donner de bonnes nouvelles à certains de nos patients et leur offrir une approche thérapeutique sûre, conçue pour évoluer et qui permettra de restaurer un certain degré de vision fonctionnelle », explique le Pr. Gaucher, responsable des pathologies chirurgicales et médicales de la rétine, service d’ophtalmologie du CHU de Strasbourg, chercheur associé au laboratoire de bactériologie, Université de Strasbourg. « Nous nous réjouissons d’offrir ce traitement au CHU de Strasbourg. »

« L’annonce récente de la prise en charge de l’Argus II faite par le Ministère de la Santé signifie que les prothèses rétiniennes passent aujourd’hui de l’étape de l’investigation et de l’espoir à celle d’une réalité médicale concrète », ajoute le Pr. Korobelnik, Chef du Service d’Ophtalmologie du CHU de Bordeaux. « Les médecins ophtalmologistes de France vont être parmi les premiers au monde à pouvoir proposer la prothèse en clinique à des patients atteints de cette maladie grave, la rétinite pigmentaire. Nous espérons que leur indépendance en sera augmentée et améliorée et qu’ils retrouveront une meilleure qualité de vie. Je suis très heureux que le centre hospitalier universitaire de Bordeaux soit l’un des trois centres d’excellence retenus pour proposer le traitement de l’Argus II aux patients souffrant de rétinite pigmentaire. J'espère que dans une seconde phase, d'autres centres seront ouverts. »

A propos de la rétinite pigmentaire (RP)

La RP est une maladie héréditaire grave qui engendre une dégénérescence progressive des cellules sensibles à la lumière dans la rétine. Elle génère une déficience visuelle majeure et conduit à la cécité. On estime que 1,2 million de personnes en sont atteintes dans le monde. Le système Argus II de Second Sight utilise la stimulation électrique pour contourner les cellules hors d’usage et pour stimuler les cellules viables restantes afin d’induire une perception visuelle chez les non-voyants. L’Argus II est la première rétine artificielle à avoir reçu le marquage CE en Europe et l’autorisation FDA aux Etats-Unis.

A propos du système Argus (R) II

Le système Argus II est la seconde génération de prothèses rétiniennes de Second Sight, qui suit le système Argus I introduit en 2002. Le système est autorisé en Europe et aux Etats-Unis et il a été donné à plus de 90 patients dans le monde. Le système est remboursé en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis; et il est disponible dans 16 centres d'excellence en Europe.

A propos de Second Sight
Second Sight Medical Products, Inc., basée à Los Angeles, en Californie, a été fondée en 1998 dans le but de créer une prothèse rétinienne pour restituer la vue chez des patients aveugles atteints de dégénérescences rétiniennes périphériques, telles que la rétinite pigmentaire. En faisant preuve de dévouement et d’innovation, l’objectif de Second Sight est de développer, de fabriquer et de commercialiser des prothèses visuelles implantables pour permettre à des personnes aveugles d’avoir une plus grande autonomie. Le siège américain de la société est basé à Sylmar en Californie, et le siège européen est basé à Lausanne, en Suisse.
Pour plus d’informations : www.2-sight.com

Pister la représentation des odeurs dans le cerveau grâce à l'imagerie par ultrasons

Une nouvelle technique d'imagerie par ultrasons a permis de visualiser pour la première fois, in vivo chez le rat, l'activité dans le cortex piriforme lors de la perception d'une odeur. Cette structure cérébrale profonde joue un rôle important dans l'olfaction et restait jusqu'à présent inaccessible par imagerie fonctionnelle. Ces travaux apportent également de nouvelles données sur le fonctionnement, encore mal connu, du système olfactif, notamment sur la façon dont sont traitées les informations au niveau cérébral.

Cette étude est le résultat d'une collaboration entre l'équipe de Mickaël Tanter de l'Institut Langevin (CNRS/Inserm/ESPCI ParisTech/UPMC/Université Paris Diderot) et celle de Hirac Gurden du laboratoire Imagerie et modélisation en neurobiologie et cancérologie (CNRS/Université Paris-Sud/Université Paris Diderot). Elle est publiée dans la revue NeuroImage du 15 juillet 2014.

Comment aboutir à une représentation de l'environnement extérieur à partir de la perception des sens ? Comment, par exemple, les informations olfactives liées à la nourriture ou aux parfums sont-elles traitées par le cerveau ? Si l'organisation du système olfactif est bien connue – elle est semblable des insectes jusqu'aux mammifères – son fonctionnement est encore peu compris.
Pour répondre à ces questions, les chercheurs se sont donc intéressés à deux structures cérébrales qui constituent des relais majeurs pour l'olfaction : le bulbe olfactif et le cortex piriforme. Chez le rat, le bulbe olfactif se situe entre les deux yeux, juste derrière l'os du nez. Le cortex piriforme est par contre une structure beaucoup plus profonde du cerveau des rongeurs dont aucune image fonctionnelle n'avait pu être enregistrée chez un animal vivant jusqu'à présent.

La technique d'imagerie neurofonctionnelle par ultrasons développée par l'équipe de Mickaël Tanter, baptisée fUS (functional Ultrasound), a permis de suivre l'activité neuronale du cortex piriforme. Elle est basée sur l'envoi d'ondes planes ultrasonores dans les tissus cérébraux. Les échos renvoyés par les structures traversées par ces ondes permettent, après traitement des données, d'obtenir des images ayant une résolution spatiotemporelle inégalée : 80 micromètres et quelques dizaines de millisecondes.
Le contraste obtenu sur ces images est lié aux variations du flux sanguin dans le cerveau. En effet, l'activité des cellules nerveuses nécessite un apport en énergie : elle est donc couplée à un afflux de sang dans la zone concernée. En enregistrant les variations de volume dans les vaisseaux sanguins qui alimentent les différentes structures cérébrales, il est ainsi possible de connaître la localisation des neurones activés.

Plusieurs techniques d'imagerie, comme l'IRM, s'appuient déjà sur le lien entre volume sanguin et activité neuronale. Mais fUS est avantageuse en terme de coût, de maniabilité et de résolution. De plus, elle donne un accès facilité aux structures les plus profondes, situées plusieurs centimètres sous la boîte crânienne.

Les enregistrements effectués par cette technique dans l'équipe de Hirac Gurden ont permis d'observer la répartition spatiale de l'activité dans le bulbe olfactif. Lorsqu'une odeur est perçue, on observe une augmentation du volume sanguin dans des zones bien définies : à chaque odeur correspond une carte spécifique de neurones sollicités. Au-delà de ce résultat, les images révèlent aussi, pour la première fois, l'absence de cette répartition spatiale dans le cortex piriforme. A ce niveau, deux odeurs différentes entraînent la même activation de l'ensemble de la zone.
Les mécanismes cellulaires responsables de la disparition de la signature spatiale ne sont pas encore bien définis mais ce résultat permet déjà de formuler plusieurs hypothèses. Le cortex piriforme pourrait être une structure qui ne sert pas seulement à traiter les stimuli olfactifs mais plutôt à intégrer plusieurs types d'informations et à les mémoriser. Se détacher des cartographies strictes associées à chaque odeur permettrait de faire des associations et d'aboutir à un concept global. Par exemple, à partir de la perception de centaines de molécules odorantes contenues dans le café, le cortex piriforme permettrait de reconnaître une unique odeur : celle du café.

© Michaël Tanter / Hirac Gurden
Sur ces images, l'activation cérébrale détectée par imagerie ultrasonore est visualisée en rouge. A la présentation d'une odeur donnée, des territoires spécifiques sont sollicités dans le bulbe olfactif mais pas dans le cortex piriforme.

 

Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour l'imagerie et pour la neurobiologie. Les chercheurs vont maintenant s'intéresser à l'effet de l'apprentissage sur l'activité du cortex afin de mieux comprendre son rôle et les spécificités du système olfactif.

Références :
Functional ultrasound imaging reveals different odor-evoked patterns of vascular activity in the main olfactory bulb and the anterior piriform cortex. B.F. Osmanski, C. Martin, G. Montaldo, P. Lanièce, F. Pain, M. Tanter, H. Gurden. NeuroImage. 15 juillet 2014. (Source : CNRS - 11 juillet 2014)

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