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santé et présidentielles

Santé : guide à l'usage des français qui veulent voter en sachant pourquoi

Les propos généraux tenus dans les programmes Santé des deux candidats en lice pour la Présidentielle 2017 traduisent-ils une méconnaissance de la situation réelle ? Il ne suffira pas de quelques mesures pour réparer notre système. De sa réorganisation dépend sa survie. Et pour cela, deux conditions : dresser le constat réel de ses faillites et porter l'ambition de refaire de notre système de santé l'un des meilleurs du monde. Je vous invite à une plongée dans les programmes d'Emmanuel Macron et de M. Le Pen, afin de vous forger une conviction basée sur les preuves, comme on le fait en médecine.

La désertification médicale

C'est le sujet phare pour les Français qui traduit le mieux cette médecine à deux vitesses que je dénonce dans l’ouvrage « Santé, le trésor menacé ». Ils n'ont pas tort car, derrière ce mot, on retrouve la plupart des causes qui génèrent les inégalités face à la maladie et aux accidents de la vie : le nombre de professionnels de santé par habitants, pléthorique dans certains centres-villes, insuffisant jusqu'à l'absence dans d'autres territoires, mais aussi la disparition des petits hôpitaux publics, les conséquences de l'engorgement récurrent des urgences, la mortalité due aux dysfonctionnements du système et de son organisation…
 
Pour combattre la désertification, Marine Le Pen souhaite relever le numerus clausus, c'est-à-dire le nombre de places ouvertes aux étudiants en médecine ; Emmanuel Macron fait l'impasse sur cette solution.
Mais en est-ce une ? Former un médecin généraliste prend neuf ans, un chirurgien onze. Peut-on attendre ces délais pour remédier à la désertification ? À l'évidence non, car les projections faites par les démographes en santé [1] et par l'Ordre national des médecins [2] révèlent une augmentation constante du nombre de territoires concernés. En cause la pyramide des âges chez les médecins qui montre que le pic des départs à la retraite sera atteint dans cinq à six ans. Trop tôt donc par rapport aux délais de formation. Mais plus que cela, que changera le nombre de médecins à la question de la désertification ? La réponse est rien ou à la marge. La France n'en a jamais autant compté, presque deux fois plus qu'il y a une quarantaine d'années, sauf que de moins en moins choisissent la médecine générale et que ceux qui font ce choix s'installent dans des zones déjà bien pourvues.
 
Alors qu'est-ce qui fera que les jeunes médecins auront tout d'un coup envie d'aller s'installer en Vendée ou dans la Manche (départements parmi ceux qui comptent le moins de médecins par habitants) ou dans les zones péri-urbaines ? À cette question les deux candidats répondent en chœur : maison de santé ! que seul Emmanuel Macron chiffre en voulant en doubler le nombre. Oui, les maisons de santé sont un levier ; non, elles ne suffisent pas à ce que les jeunes médecins généralistes s'installent dans ces zones déjà sous-dotées. Le nombre de maisons de santé inoccupées, parce que conçues hors concertation avec des professionnels concernés ou parce que ne relevant que d'un programme immobilier, est considérable.
Toujours contre la désertification, Marine Le Pen ajoute « un stage d'internat dans les zones concernées ». Sauf que ces stages d'internat en médecine générale existent déjà et qu'ils ont même été renforcés dans la dernière loi dite de Modernisation ; sauf que pour accueillir ces stages, il faut avoir la qualification de médecin généraliste enseignant et que, comme par hasard, il y en a peu ou pas du tout dans les zones concernées !

La survie des hôpitaux publics

La désertification est certes d'abord celle due aux médecins généralistes mais elle s'exprime aussi par la fermeture des hôpitaux publics de petites et moyennes tailles au profit de cliniques souvent propriétés de fonds de pension.
À ce sujet, Marine Le Pen souhaite « maintenir au maximum les hôpitaux de proximité et augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière ». Elle sait pertinemment que la question des centres hospitaliers publics des villes petites et moyennes est une préoccupation majeure de leurs habitants et que leur restructuration, fusion ou fermeture mobilisent plus qu'aucun autre sujet.
 
Le problème c'est que le remède proposé n'est pas le bon. La survie de ces établissements est à mettre en relation directe avec l'existence des cliniques privées. La concurrence frontale s'exprime d'abord par l'aspiration continue des jeunes diplômés par le privé qui provoque l'asphyxie des services hospitaliers publics où les taux de vacances peuvent atteindre 41% dans certaines spécialités. Madame Le Pen compte-t-elle interdire aux jeunes diplômés de s'installer où ils le souhaitent ? À coup sûr la réaction des professionnels, pour qui la liberté d'installation est primordiale, sera vive, et il est à craindre que le résultat de cette mesure soit pire que ce contre quoi elle est censée lutter. À moins qu'elle n'envisage de payer les chirurgiens, les médecins, les infirmières et les aides-soignantes du public au même prix que dans le privé, mais alors là il faut nous expliquer d'où l'argent viendra – le poste des salaires étant déjà celui qui pèse le plus dans la dépense publique. Selon les économistes, cette mesure augmenterait le budget de la santé hospitalière de 30 à 40%. Autant dire, impossible.
 
Plus réaliste et concret, Emmanuel Macron souhaite investir 5 milliards dans la transformation de notre médecine de ville et nos hôpitaux mais ne se prononce pas sur la pérennité des hôpitaux publics face à l'offre privée.

Le remboursement des frais de santé

Les deux candidats se retrouvent sur le remboursement des frais de santé, insuffisant à leurs yeux. Leur convergence s'arrête là. Pour Marine Le Pen, il s'agit de « garantir la sécurité sociale pour tous les français ainsi que le remboursement de l'ensemble des risques pris en charge par l'assurance maladie ». Pour Emmanuel Macron, la volonté est de parvenir à « 100% de prise en charge des lunettes, prothèses auditives et dentaires d'ici à 2022 en lien avec les mutuelles et les professionnels de santé ». Au moins pour ce dernier avons-nous une échéance, pour le reste les copies sont faibles. Le coût estimé de la mesure proposée par Emmanuel Macron est de 5 milliards, celui de Marine Le Pen d'au moins le double. Car, ce que l'administration appelle pudiquement les RAC (restes à charge) ne recouvre pas seulement les trois dispositifs cités par En marche. Ainsi, les personnes les plus impactées par ces RAC sont d'abord les personnes handicapées et vieillissantes. Un seul exemple : un fauteuil roulant électrique, aussi indispensable qu'une paire de lunettes et plus qu'un implant dentaire, laisse un RAC moyen de 3 000 euros, ce qui explique qu'à population égale nous ayons 30% de fauteuils électriques en moins que nos voisins allemands !

Candidats, sortez vos calculettes

Mais dans toutes ces propositions, une chose inquiète davantage. Le chiffrage approximatif ou inexistant de ces mesures, particulièrement au Front national. Les professionnels auront du mal à comprendre – et encore plus à croire – qu'alors qu'on compresse les personnels et qu'on limite les dépenses partout, on puisse d'un coup de baguette magique mettre 5 milliards sur la table pour financer les RAC, augmenter de 30 à 40% la masse salariale hospitalière, multiplier par deux les maisons de santé, relever le numerus clausus dans des facultés déjà saturées…
 
Peut-être le Front national compte-t-il sur le milliard de l'Aide médicale d'État (AME) que coûtent les « clandestins » et qu'il veut supprimer. Le compte n'y sera pas pour la raison simple que le recours à l'AME concerne autant des Français que des étrangers, avec ou sans papiers.
Cette proposition du programme lepeniste est l'illustration exemplaire que l'humanisme, valeur française s'il en est et dont devrait donc se flatter ce parti, est étrangère à ses principes. Elle démontre que sa xénophobie passe avant la santé publique la plus élémentaire. Un exemple avec la tuberculose qui continue de sévir en France. Dans l'immense majorité des cas, les porteurs du bacille sont des immigrés sans papiers. Soignés, ils ne sont plus contagieux, non soignés, une toux dans le métro ou le bus sera de nature à transmettre la maladie.
Enfin, comment Madame Le Pen peut-elle imaginer que des médecins refuseront des soins à une personne parce qu'elle serait sans papiers et sans argent ? Cette mesure remettrait en cause le serment d'Hippocrate signé par tous les médecins, autant dire qu'elle est nulle et non avenue.
 
Surtout, elle illustre parfaitement le décalage entre les deux programmes officiels. Leurs visions du monde sont radicalement différentes. L'une, universaliste dans la lignée de notre modèle conçu par le Conseil national de la résistance, même si l'on aimerait y trouver autant de souffle et d'ambition, l'autre fermée et repliée sur elle-même, à l'opposé de ce qui fonde notre modèle social.

Les oubliés

Quelques grands thèmes absents des programmes. Rien sur la sécurité des médicaments, pourtant première cause de mortalité dans les dysfonctionnements de notre système de santé et source d'une méfiance, voire d'un rejet, de plus en plus prégnant de la part des Français qui s'exprime, par exemple, vis-à-vis de la vaccination.
Rien non plus sur le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes, pourtant enjeu majeur de notre société dans les vingt prochaines années.
Mais, surtout rien sur l'indispensable réorganisation des soins, de la première ligne aux hôpitaux en passant par les urgences, l'adaptation des métiers et de leurs formations aux nouveaux besoins de la population et aux nouveaux outils de la médecine.
 
Le temps presse pour enfin obtenir des candidats, les réponses qu'attendent les patients, les assurés et les professionnels de santé. Et comme le sujet est complexe, je veux bien, dans la dernière ligne droite de cette campagne, prêter une oreille experte, capable de détecter omissions et contre-vérités. Je formule le vœu que cette réflexion aura vocation à suggérer quelques questions à poser aux deux acteurs du second tour de l'élection présidentielle.
 
Antoine Vial
 
Antoine Vial est expert en santé publique. De 2006 à 2012, il a été membre de la commission «Qualité et diffusion de l'information médicale» pour la Haute autorité de santé. Il est membre du conseil d'administration de la revue Prescrire, co-président du club Santé-Solidarité de Prospective 2100, membre de la Société française de santé publique et co-fondateur du Forum des Living Labs en santé et autonomie.
 
[1] Santé : des territoires abandonnés. Emmanuel Vigneron, Le Monde 31 mars 2017.
[2] http://demographie.medecin.fr/demographie
 
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santé

Des épinards pour fabriquer des tissus cardiaques

Des chercheurs américains sont parvenus à reconstituer du tissu cardiaque humain qui fonctionne comme un cœur : il bat et conduit le sang dans un système cardiovasculaire. La nouveauté c’est que ce tissu est fabriqué à partir de feuilles d’épinard achetées, comme n’importe quelle ménagère le ferait… au marché !
 
Pour faire face à la pénurie chronique d’organes donateurs, les scientifiques travaillent de plus en plus sur des tissus et organes entiers cultivés en laboratoire. Le problème récurrent auquel ils se heurtent est celui de l’apport constant de sang dans ces tissus. Il est en effet notoirement difficile de construire un système de vascularisation, c'est-à-dire de petits vaisseaux sanguins dont certains, les capillaires, ont seulement 5 à 10 micromètres de large. Et pourtant, ce sont eux qui transportent l’oxygène et les nutriments dont un tissu cultivé en laboratoire a besoin pour être pleinement fonctionnel.
 
Une équipe de chercheurs de l’Institut polytechnique de Worcester (WPI) dans le Massasuchetts est parvenue à la prouesse de transformer une feuille d’épinards en tissu vivant de cœur. Les scientifiques expliquent dans leur article que les plantes et les animaux exploitent des approches fondamentalement différentes pour le transport des fluides, des produits chimiques et autres macromolécules dont un organisme a besoin. Mais, ajoutent-ils, « il y a des similitudes surprenantes dans leur structure de réseaux vasculaires ». Aussi, au lieu de chercher à construire un système vasculaire à partir de zéro, il est plus intéressant d’utiliser ce que produit la nature.
Les chercheurs sont donc allés chercher des feuilles d’épinard au marché et ont entrepris de dépouiller chaque feuille du matériel végétal vert jusqu’à ce qu’il ne reste que la structure de fine cellulose qui structure la feuille ; en quelque sorte, son « squelette ». 
Pour accéder à la fine structure vasculaire des épinards, l’équipe a fait circuler une solution de détergent à travers les feuilles pour « laver » les cellules végétales. Le processus s’appelle la « décellurisation ».
Un des membres de l’équipe, Joshua Gerslak, explique qu’il avait fait auparavant un travail de décellurisation sur le cœur humain et il s’était rendu compte que la tige d’une feuille d’épinard ressemble au dessin de l’aorte. Il pensa donc perfuser à travers la tige pour voir si le système vasculaire de la feuille fonctionnerait. En fait, le mécanisme s’est révélé assez facile à réaliser et à répéter. Le modèle fonctionne très bien sur des feuilles d’épinard mais il marche aussi sur des feuilles de persil ou d’armoise. Mais l’épinard est un candidat idéal pour les expérimentations car sa feuille possède une forte concentration de vaisseaux, exactement comme le tissu cardiaque.
Selon les chercheurs, on peut imaginer d’utiliser d’autres plantes en fonction du tissu que l’on souhaite reconstruire. Ainsi, la structure du bois pourrait s’avérait fort utile dans l’ingénierie osseuse.
 
Pour revenir à nos épinards, les scientifiques ont ensemencé la structure vasculaire de la plante avec des cellules de muscle cardiaque. Au bout de seulement quelques jours, ils ont constaté que les cellules insérées dans la feuille commençaient à se contracter spontanément, exactement comme elles le feraient dans des tissus humains. C’est ce que l’on voit nettement dans la vidéo ci-dessous :
 
{youtube}6iUrxGo9gZs{/youtube}
 
Ce succès autorise Joshua Gerslak à rêver pouvoir fabriquer du tissu cardiaque à partir d’un empilement de feuilles d’épinards. Les victimes d’accidents cardiaques pourraient ainsi relativement aisément faire réparer les tissus endommagés de leur muscle cardiaque.
 
L’expérience est pour l’instant au stade de preuve de concept. On ne sait pas encore comment intégrer le système vasculaire d’une plante dans un système vasculaire humain. La réponse immunitaire devra être trouvée mais les chercheurs sont optimistes. « Imaginer de prendre quelque chose d’aussi simple et abondant qu’une feuille d’épinard pour la transformer en tissu capable de faire circuler le sang à travers elle est un challenge très excitant » disent-ils.
 
La recherche a été publiée dans Biomaterials.
 
Source  : Science Alert
 
 
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médecin virtuel

Des médecins virtuels pour diagnostiquer des troubles dépressifs

Problème de disponibilité de médecins dans votre quartier ou dans votre village ? Pas de problèmes, désormais des humains virtuels pourront diagnostiquer des troubles mentaux, tels que la dépression ou ceux liés au manque de sommeil. Une équipe de chercheurs de Bordeaux a désormais un nouveau collaborateur virtuel.
 
Des chercheurs bordelais ont montré qu’il était possible d’utiliser des humains virtuels, bien acceptés par les patients, pour diagnostiquer des troubles mentaux, tels que la dépression ou encore les troubles du sommeil ou l'addiction à l'alcool.
A une époque où chacun consulte son smartphone pour toutes questions médicales, où il est possible de télécharger des applications de santé, de suivre la qualité de son sommeil. Des études récentes ont montré que les agents conversationnels de type Siri d’Apple, Google now..., répondent mal aux questions ayant trait à la maladie ou à la souffrance psychique. Si ces agents peuvent renseigner sur la météo ou une localisation précise, les questions concernant la santé amènent à des réponses limitées qui ne correspondent pas aux attentes des patients en souffrance. Un autre problème repose sur le faible pouvoir empathique d’agents vocaux dépourvus d’interactions physiques (émotions faciales, etc.).
 
Les chercheurs du laboratoire Sanpsy (Sommeil – Addiction - Neuropsychiatrie ; unité CNRS et université de Bordeaux) ont décidé de développer de nouveaux outils numériques basés sur des scénarios médicaux mimant un entretien clinique avec des interactions empathiques.
Ils ont ainsi créé le premier « agent conversationnel animé » ou humain virtuel, capable de conduire un entretien interactif intelligent pour diagnostiquer des troubles dépressifs.
{youtube}Z2nvFY4it-s{/youtube}
 
Cet entretien entre un humain virtuel et un patient est construit à partir d’un référentiel médical validé (DSM-5) enrichi par des tournures de phrases et des interactions gestuelles et faciales renforçant l’engagement du patient dans l’interaction.
 
Cette étude sur 179 patients, publiée ce mois-ci dans la revue open-source de Nature, Scientific Reports, a permis de tester la performance de diagnostic pour le trouble dépressif caractérisé. L‘expérience était basée sur l’identification par l’agent conversationnel animé de symptômes spécifiques (décrits dans le DSM 5) chez des patients venus en consultation externe.
Les résultats ont indiqué que la capacité diagnostique de cet outil augmentait en fonction du niveau de sévérité des symptômes dépressifs.
Deuxième résultat intéressant : la bonne acceptabilité par les patients de cet agent conversationnel, s’apparentant à un humain virtuel féminin prénommée « Julia ».
Les chercheurs ont pu montrer que ces outils fonctionnent et qu’ils sont prometteurs pour mener des entretiens cliniques standardisés en soutien des consultations prodiguées par les médecins et personnels soignants.
 
L’enjeu n’est donc pas de remplacer le médecin mais d’assister ce dernier pour diagnostiquer plus rapidement des patients non identifiés comme dépressifs et possiblement dans le futur d’assurer un suivi médical de qualité au domicile du patient. Cette recherche s’inscrit dans une idée d’hôpital numérique, qui assurera un continuum de prise en charge des services hospitaliers jusqu’au domicile des patients afin d’augmenter l’autonomie de ces derniers.

Autre application : les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil touchent 15 à 20 % de nos concitoyens avec des conséquences médico-économiques très importantes. La somnolence diurne est, en particulier, responsable de nombreux accidents et son dépistage est un enjeu de santé publique majeur.
Le développement des outils de réalité virtuelle appliquée au champ médical est en pleine expansion et vise à créer des outils accessibles à la fois pour le patient et le médecin afin d’améliorer la prise en charge des pathologies.
 
Les agents conversationnels animés sont des logiciels issus de l’informatique émotionnelle (Affective Computing) qui ont été utilisés dans les interactions homme-machine mais jusqu’à maintenant ce type de logiciel n’avait pas été appliqué au champ de la médecine du sommeil.
 
L’équipe de P. Philip a créé un agent conversationnel animé capable de conduire un entretien médical permettant de diagnostiquer la somnolence diurne excessive sur les bases d’une échelle validée de mesure de cette somnolence (Epworth Spleepiness Scale).
32 patients et 32 sujets sains ont participés à un entretien médical avec un médecin spécialiste du sommeil afin de compléter l’échelle de somnolence. Ils ont ensuite eu un entretien avec l’agent conversationnel animé pour compléter de façon identique la même échelle de somnolence. Ces travaux montrent une corrélation très significative entre les scores mesurés par l’agent conversationnel animé et le score mesuré par le spécialiste du sommeil. La majorité des sujets testés ont considéré que l’échange avec l’agent conversationnel animé était de nature plaisante. 65 % des participants ont considéré que ce médecin virtuel pouvait amener une aide significative au médecin réel dans la prise en charge des pathologies du sommeil.
 
{youtube}vZABcV7W7K0{/youtube}
 
Ces résultats, qui sont une première dans le dépistage des troubles du sommeil, ouvrent des perspectives nouvelles très intéressantes dans l’usage des humains virtuels dans la prise en charge médicale.
L’accroissement attendu des plaintes de sommeil dans un futur proche lié au vieillissement des populations et aux modifications des rythmes de vie, donne à penser que les agents conversationnels animés seront un élément clé du dispositif de prise en charge des pathologies du sommeil.
 
 
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santé publique

Retrouver le sommeil, une affaire publique

Nous avons tous besoin d’une quantité incompressible de sommeil de bonne qualité, en deçà de laquelle la santé et les capacités de travail ou d’apprentissage sont mises en cause. Or les conditions d’un bon sommeil sont largement conditionnées par l’environnement physique, culturel et social. Un rapport publié par Terra Nova en 2016 explore le sommeil sous tous ses aspects : la santé publique et la sécurité (consommations de médicaments, sécurité routière), le travail de nuit, le sommeil des enfants et des adolescents, mais aussi les effets du bruit et de la pollution lumineuse, ou encore les inégalités sociales produites ou révélées par le sommeil. Sept axes de propositions, assorties de recommandations concrètes, répondent au diagnostic formulé dans ce rapport.
 
Comme tant d’autres sujets de société, le sommeil est ordinairement tenu pour anecdotique, relevant de l’intime, des petits plaisirs ou désagréments de la sphère privée. Dans nos sociétés performantes, chacun est, explicitement ou tacitement, invité à faire de son sommeil une variable d’ajustement, quand bien même un « droit au repos » est légalement reconnu aux travailleurs. C’est que l’injonction à la performance a largement débordé la sphère professionnelle pour gagner l’ensemble des activités personnelles (formation, santé, vie familiale, loisirs, développement personnel, engagements associatifs ou politiques). Notre capacité de concentration est sollicitée comme jamais, à tout instant de la journée, par ce qu’on a appelé une « économie de l’attention » qui tire son profit de la réactivité et de l’audience mesurées et tarifées. Les loisirs numériques, la compétition internationale des mégapoles, les réseaux sociaux, la privatisation de l’espace public concourent à faire du sommeil l’ultime frontière à repousser pour parvenir, au nom de la modernité et de la liberté individuelle, à une société fonctionnant à pleine puissance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
 
La politique et la médecine semblent pour l’instant ne faire qu’accompagner ou même favoriser le processus : de nombreux élus locaux ou nationaux se donnent comme programme inéluctable l’effacement de la différence jour/nuit dans les principaux services publics, tandis que les laboratoires comme les médecins offrent aux patients souffrant de troubles un sommeil et une veille artificiels, à force de somnifères ou de stimulants coûteux et délétères.
 
Pour les auteurs de ce rapport, il importe de rappeler que le sommeil n’est pas un besoin à mettre sur le même plan que d’autres désirs façonnés par les circonstances. L’enfant, l’adolescent, le travailleur en horaires décalés, mais aussi toute personne sur le long terme, a besoin d’une quantité incompressible de sommeil de bonne qualité, en deçà de laquelle la santé et les capacités de travail ou d’apprentissage sont mises en cause. Dans de nombreux pays ou grandes villes, le coût associé aux troubles du sommeil peut se chiffrer en milliards d’euros, car qui dit troubles du sommeil dit également troubles de la vigilance et de l’éveil, impliquant risques industriels, accidents du travail ou de la route, inégalités sociales accrues, risques sanitaires.
 
Si la décision de dormir est éminemment personnelle, les conditions d’un bon sommeil sont largement conditionnées par l’environnement physique, culturel et social. Promouvoir des mesures afin de protéger le sommeil, ce n’est pas opposer la passivité à l’activité, la pureté de la nuit à l’impureté du jour, c’est surtout protéger la qualité de présence de chacun dans la société, le respect que chacun porte à autrui, la capacité à se réaliser soi-même, une forme d’égalité devant un besoin physiologique essentiel, et, au-delà d’une écologie du bien-être, le respect des équilibres écologiques fondamentaux sur notre planète.
 
Terra Nova propose de mieux tenir compte des rythmes biologiques des enfants et écoliers en accordant plus de place au repos ; d’offrir aux personnels de santé une véritable formation aux troubles du sommeil ; de communiquer largement auprès du grand public sur l’enjeu de santé public que représente le sommeil ; de limiter l’impact du bruit et de la lumière sur le sommeil de millions de Français, notamment les plus défavorisés ; de faire du respect du sommeil et de l’anticipation des risques de fatigue un élément clé du bien-être et de l’efficacité au travail ; d’accroître l’information et la prévention concernant la somnolence au volant.
Le sommeil est l’une des rares expériences qui nous restent où, sciemment ou non, nous nous abandonnons nous-mêmes au soin d’autrui. Aussi solitaire et privé que ce phénomène puisse paraître, le sommeil n’a pas encore pu être détaché de tout un entrelacs interhumain de soutien et de confiance mutuels, et ceci nonobstant l’état de détérioration dans lequel ces liens se trouvent. Le sommeil permet aussi une sorte de relâchement périodique de l’individuation – un démêlage nocturne de l’enchevêtrement, tissé à mailles plutôt lâches, des subjectivités superficielles que l’on habite et que l’on gère durant la journée. Dans la dépersonnalisation du sommeil se logent un monde en commun, un geste partagé de retrait hors de la calamiteuse nullité et des gaspillages d’une pratique continue 24/7. Le sommeil a beau être par bien des aspects inexploitable et inassimilable, il est cependant loin de former une enclave hors de l’ordre global existant. Si le sommeil a toujours été poreux, empreint des émanations de l’activité éveillée, il est moins protégé que jamais contre les assauts qui le minent et le fragilisent. En dépit des dégradations qu’il subit, le sommeil correspond à la réapparition d’une attente, d’une pause dans nos vies. (...) Le sommeil est une rémission, une relaxe hors de la « continuité constante » des liens qui nous enserrent à l’état éveillé. »
Jonathan Crary, Historien -  "Le capitalisme à l’assaut du sommeil", La Découverte, 2014.
 

Ecouter l'émission La Méthode scientifique de France Culture "A la recherche du sommeil perdu" : Comment marche le sommeil ? Les troubles du sommeil sont-ils un enjeu de santé publique ? Avec Isabelle Arnuff, neurologue, directrice de l’unité des pathologies du sommeil de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière, elle a publié notamment « Une fenêtre sur les rêves : neurologie et pathologies du sommeil » chez Odile Jacob et Claude Gronfier, neurobiologiste à l’Unité INSERM 846 à Bron et vice-président de la société francophone de chronobiologie. 

 
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cancer

Cancer : où en est-on ? Quels sont les types et causes de mortalités aujourd'hui ?

Alors que des chercheurs belges seraient sur le point de mettre au point un traitement révolutionnaire contre le cancer, nous vous proposons un état des lieux de cette « maladie » du siècle. Il s'agit d'une synthèse factuelle d'une série de rapports produits par des organismes de santé publique qui analysent l'évolution des taux de cancer et des décès qui en découlent, ainsi que les principaux types de cancer, leurs causes principales et les moyens pour leur prévention. 
 
C'est RTL Info qui annonce cette première mondiale : des chercheurs belges préparent un traitement révolutionnaire contre le cancer. Il s’agit d’une immunothérapie cellulaire. "C'est un traitement vraiment révolutionnaire dans le sens que nous prenons les globules blancs du patient, qui sont censés être les soldats qui protègent le patient contre les agressions, y compris les tumeurs. Nous reprogrammons ces cellules pour qu'elles soient capables de reconnaître la tumeur", explique Christian Homsy, médecin et directeur de la société thérapeutique Celyad, lieu de recherches du traitement en Belgique qui vise sept types de cancers différents, tous agressifs, répandus et avancés. 

L'évolution du nombre de cas de cancer chez l'homme : une augmentation mondiale

Il est important de faire la distinction entre l'incidence des cancers, qui reflète le nombre de cas diagnostiqués pendant une période donnée et la mortalité qui leur est liée.
Comme la population vieillit et que l'âge est l'un des principaux facteurs de risque de cancer, le nombre de cas est, dans l'ensemble, en augmentation. Cependant, en raison d'une détection plus précoce et de traitements plus efficaces, la mortalité diminue, du moins pour certains types de cancer comme le cancer du sein. Chez l’homme, les cinq cancers les plus fréquents en 2012 étaient les cancers du poumon et de la prostate, les cancers colorectaux, de l'estomac et du foie. Chez les femmes, les cinq cas les plus fréquemment diagnostiqués étaient le cancer du sein, le cancer colorectal, le cancer du poumon, du col de l'utérus et de l'estomac. Dans le cas des cancers professionnels, les plus courants sont le cancer du poumon, le mésothéliome (généralement associé à l'exposition à l''amiante) et le cancer de la vessie.
Le nombre de nouveaux cas devrait augmenter d'environ 70% au cours des deux prochaines décennies.

Les principales causes du cancer : plus liées aux infections, au mode de vie et à l'environnement qu’à la génétique ou l'hérédité

Il n'est généralement pas possible de savoir exactement pourquoi une personne développe un cancer et pas une autre, mais certains facteurs sont connus pour augmenter le risque de développement d’un cancer.
Comme le souligne l'OMS , la proportion des cancers causés directement par l'hérédité génétique est faible (moins de 5%) pour le cancer du sein et encore moins pour la plupart des autres types de cancer, à l'exception du rétinoblastome chez l’enfant. Les rôles joués par les gènes sont très variés, si certains déterminent directement l'état de la maladie, d’autres interagissent entre eux, ou bien avec des facteurs environnementaux pour provoquer un cancer (gènes de susceptibilité ).
Les pesticides, majoritairement utilisés dans l'agriculture, mais que l'on retrouve partout dans l'environnement (air, poussières, denrées alimentaires...) sont impliqués dans des pathologies graves de cancers, comme le révélait une étude de l’Inserm en 2013.
 
 
La façon dont les substances chimiques sont transformées dans le corps pour être éliminées (leur métabolisme), est sous un contrôle génétique qui peut être différent d’un individu à l’autre, ce qui peut aussi expliquer des différences de susceptibilité des individus au cancer. Enfin, les mécanismes de réparation de l'ADN cellulaire ont tendance à être moins efficaces en vieillissant. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'augmentation importante des nouveaux cas – de 10 millions de nouveaux cas dans le monde en 2000 à 15 millions en 2020 - sera en effet principalement liée au vieillissement constant des populations des pays développés et des pays en développement, ainsi qu’à l’évolution du tabagisme et à la croissance de l'adoption de modes de vie malsains. L'augmentation marquée du nombre de nouveaux cas dans le monde, y compris dans les pays en développement, est plutôt associée à divers autres facteurs, entre autre l'exposition à des agents infectieux.
 
Cependant, un tiers serait lié à la tendance actuelle à adopter une hygiène de vie dégradée : inactivité, alimentation déséquilibrée, consommation d'alcool et de tabac, obésité mais aussi à certains facteurs liés à la reproduction : âge à la première menstruation, à la première naissance, ménopause, durée de l'allaitement, effets hormonaux externes.
Pour l'OMS, environ 20% de tous les cancers sont également attribuables aux « causes environnementales » dites externes, qui comprennent la pollution atmosphérique, l'exposition aux rayons UV, la fumée intérieure provenant de l'utilisation domestique de combustibles solides et l'exposition intérieure au gaz radon.

Comment se développe un cancer ?

La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse se produit en plusieurs étapes, habituellement par une progression d'une lésion précancéreuse vers un état de tumeur maligne dans lequel les cellules se multiplient de façon incontrôlable. Ces changements peuvent être dus soit à des
mutations des gènes eux-mêmes, soit à lafaçon dont les gènes sont exprimés dans la cellule.
Ce n’est pas parce qu’une substance qui cause un cancer est classée « cancérigène », que l'exposition à cette substance provoquera nécessairement un cancer. De nombreux facteurs interviennent pour définir si une personne exposée à un cancérogène développera un cancer, y compris la quantité et la durée de l'exposition et le contexte génétique de l'individu.
Dans les études épidémiologiques, les scientifiques examinent de grands groupes de personnes et comparent les facteurs de risque (mode de vie, activité professionnelle, ...) mais ces études ne peuvent que difficilement prouver directement qu'un comportement ou une substance spécifique cause un cancer et cela peut conduire à des idées fausses sur la façon dont un cancer est initié et se propage.

Comment limiter les expositions aux cancérogènes et prévenir les cancers ?

Même si une exposition à un agent cancérogène qui est connu ou soupçonné de causer le cancer, cela ne signifie pas nécessairement qu'elle peut ou doit être évitée à tout prix. Par exemple, une certaine exposition UV est nécessaire pour produire de la vitamine D et il n'est ni pratique ni souhaitable d'éviter complètement le soleil.
De même, certaines hormones et des médicaments utilisés pour traiter le cancer sont connus pour être eux-mêmes cancérogènes.
En ce qui concerne la prévention primaire, sur le lieu de travail, des règlements ont été mis en place dans le monde. Les individus peuvent également prendre des mesures pour limiter leur exposition aux cancérogènes connus, par exemple, en limitant la concentration en radon dans leur habitation, en cessant de fumer, en limitant leur exposition au soleil ou en contrôlant leur poids corporel. Une prévention secondaire consiste à favoriser le dépistage précoce du cancer, ce qui est crucial pour augmenter la survie des personnes atteintes de cancer.

La manière dont les organisations de santé évaluent et gèrent les agents cancérogènes

En ce qui concerne la classification réglementaire, il est important de distinguer la notion de « danger » qui se réfère aux propriétés intrinsèques d'un agent (physique, chimique, biologique) et sa capacité à causer un dommage - et le concept de «risque» qui prend également en considération la probabilité et l'étendue de l'exposition à l'agent considéré comme dangereux. Cela peut donner lieu à différentes classifications par divers organismes selon que le risque est intégré ou non comme facteur de classification. Le Centre international pour la recherche sur le cancer (CIRC), par exemple,
classe les substances uniquement en fonction de leur potentiel de causer le cancer («danger »).
 
D’autres organismes traitent la gestion des risques cancérogènes, souvent en termes de types spécifiques de cancer (par exemple, le sein, la prostate ...), ou de secteur (air, eau, secteur d’activité). Par exemple, en Europe, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) traite des risques cancérogènes potentiels associés à la production alimentaire et aux aliments. Enfinen milieu professionnel, des listes spécifiquesd’agents cancérogènes sont établies afin delimiter l'exposition à ces agents. 
Les « éléments essentiels » sont une synthèse des « Faits saillants » proposés par GreenFacts du contenu factuel de différents rapports sur le sujet issus d’organisations nationales et internationales de santé publique.
(Source : GreenFacts.org)
 
 
 
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