UP' Magazine L'innovation pour défi

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La révolution des essais cliniques « in silico »

À quand des patients virtuels pour tester de nouveaux médicaments ? Aux Etats-Unis comme en Europe, les lignes réglementaires commencent à bouger pour intégrer la simulation par ordinateur ("in silico") dans des essais cliniques, mais ce bouleversement s'annonce délicat à introduire.
 
La simulation numérique est couramment employée dans certains secteurs comme l'aéronautique, le nucléaire ou l'automobile. Cependant la recherche et le développement de nouveaux médicaments repose toujours essentiellement sur des expériences menées en laboratoire ("in vitro"), puis sur des êtres vivants ("in vivo").
 
Ces études cliniques sont longues et coûteuses, avec un taux d'échec très important : moins de 10% des candidats-médicaments testés arrivent sur le marché. Un risque souvent invoqué par l'industrie pharmaceutique pour négocier des prix très élevés. Quant aux patients volontaires de ces essais, ils sont parfois exposés à des risques d'effets secondaires indésirables très graves, comme l'a rappelé l'accident mortel de Rennes en janvier 2016.
 
L'industrie pharmaceutique a déjà recours à des technologies in silico pour la recherche en amont, afin d'accélérer la découverte de molécules thérapeutiques prometteuses. Cependant ces technologies seraient capables d'aller plus loin, notamment de caractériser et prédire la toxicité d'un candidat-médicament, voire son efficacité, avant même son expérimentation in vivo. "Avec la simulation, vous pouvez commencer à aborder la complexité physiologique, comprendre comment le produit et sa cible se comportent dans l'organisme du patient", déclare à l'AFP Adriano Henney, secrétaire général de l'Avicenna Alliance, une association de plus de 500 experts, missionnée par la Commission européenne sur ces enjeux. "Si on peut détecter plus tôt une molécule qui pose problème ou qui va marcher, c'est évident que ça peut réduire le coût total de la recherche-développement d'un groupe pharmaceutique, et donc potentiellement le prix de ses médicaments", avance Serge Albou, fondateur et président de Bionext, société strasbourgeoise qui vient de lancer sa plate-forme en ligne de bio-simulation.

Éviter la "boîte noire"

Cependant, tous les acteurs du secteur s'accordent à dire qu'aucune technologie prédictive ne pourra remplacer des tests sur un organisme entier. Ils plaident plutôt pour une combinaison des méthodes in silico, in vitro et in vivo, capable de minimiser les besoins de tests sur des animaux et sur les humains.
Cela pourrait s'avérer particulièrement utile pour des essais dans lesquels il est difficile de recruter des patients, "par exemple dans les maladies rares ou pédiatriques", selon M. Henney.
 
Aux Etats-Unis, l'opportunité de mener des essais cliniques in silico est déjà étudiée de près par l'agence américaine du médicament FDA, à la demande du Sénat. En Europe, un dossier d'évaluation d'un produit soumis à l'agence européenne du médicament (EMA) est désormais autorisé à inclure en annexe des simulations in silico. "Une avancée majeure", se félicite M. Henney.
 
Mais pour être validés, ces modèles devront éviter un effet "boîte noire" : il faudra offrir "une traçabilité complète" des données entrantes et des résultats obtenus à la sortie, afin de permettre à des non-experts de comprendre et auditer l'ensemble du processus, souligne François-Henri Boissel, cofondateur et PDG de la société lyonnaise de biosimulation médicale Novadiscovery.
 
Ces modèles peuvent déjà se baser sur des informations puisées dans la littérature scientifique, des expérimentations passées et des données en vie réelle. Mais s'agissant de données de patients, "il y aura des enjeux clés de confidentialité et de consentement, pas seulement pour les collecter, mais aussi pour pouvoir y accéder en continu et les réutiliser", anticipe M. Henney. Plus largement, "un changement de paradigme sera nécessaire" de la part des agences réglementaires et des systèmes de remboursement de médicaments, estime Mohammad Afshar, PDG d'Ariana Pharma, autre société française de biosimulation.
 
Car pour l'heure, les systèmes de santé privilégient des médicaments fonctionnant pour un maximum de patients, alors que les technologies in silico ouvrent la voie à la médecine dite "personnalisée", consistant à optimiser un traitement pour des catégories de patients de plus en plus ciblées. "Il faut encore continuer à batailler pour montrer le bénéfice économique" d'une telle approche, relève M. Afshar.
 
Source AFP
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Sida

Optimisme pour un vaccin contre le VIH

Une étude à un stade encore préliminaire sur un vaccin contre le VIH a donné des résultats “encourageants”, une note d’optimisme alors que la recherche a jusqu’ici échoué à mettre au point un vaccin efficace pour protéger de ce virus.
 
Testé chez 393 volontaires dans cinq pays (Etats-Unis, Rwanda, Ouganda, Afrique du Sud et Thaïlande), ce prototype a entraîné une réponse immunitaire (la production d’anticorps) chez 100% des participants, selon l’étude présentée lundi lors de la conférence internationale de recherche sur le sida, à Paris.
Ces données prometteuses, combinées aux avancées d’autres chercheurs dans ce domaine, autorisent à être de nouveau optimiste quant à la possibilité de développer un vaccin contre le VIH”, a estimé le Pr Dan Barouch, membre de l’équipe de recherche, au cours d’une conférence de presse.
 
Selon les experts, un vaccin resterait le meilleur moyen de mettre fin à une épidémie qui a contaminé 76 millions de personnes et provoqué 35 millions de décès depuis son apparition, au début des années 1980. Malgré les moyens de prévention disponibles, 1,8 million de nouvelles infections ont encore eu lieu en 2016, selon l’Onusida. “Mais à ce jour, seuls quatre projets de vaccin ont atteint le stade du test de leur efficacité clinique”, a rappelé Dan Barouch, les autres ayant été abandonnés en phase préliminaire en raison de leur manque d’efficacité.
 
Ce nouveau vaccin expérimental, “à double détente”, consiste tout d’abord à mettre en éveil le système immunitaire avec un banal virus de rhume, avant de le doper avec une protéine se trouvant sur l’enveloppe du VIH, déclenchant une réaction plus vigoureuse de l’organisme.
 
Dans une phase précédente sur des singes, dont les résultats ont été publiés il y a deux ans, cette stratégie avait permis d’empêcher l’infection chez les deux tiers des primates, a rappelé Dan Barouch, virologue et professeur à la faculté de médecine de l’université de Harvard. “Bien sûr, on ne sait pas encore si ce vaccin protègera les humains. Mais ces données justifient de mener une étude d’efficacité à plus grande échelle”, a-t-il estimé.
 
Après une nouvelle évaluation, la phase suivante des tests, sur des participants présentant un risque élevé de contamination par le VIH, pourrait débuter “fin 2017 ou début 2018”, dans des pays du sud de l’Afrique, a indiqué dans un communiqué le laboratoire Janssen (groupe Johnson and Johnson), qui développe ce vaccin expérimental.
 
Mettre au point un vaccin sera “très difficile”, mais un succès “bouleverserait le paysage”, a expliqué à l’AFP Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), un organisme public de recherche américain. “Même si on obtient une efficacité de 50% à 60%, (...) cela aurait un impact majeur sur la pandémie”, a-t-il ajouté.
 
Un autre vaccin expérimental, baptisé HVTN 702, fait actuellement l’objet d’un essai clinique à grande échelle en Afrique du Sud.
 
Source : AFP
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magnétisme

Magnétisme : une innovation redécouverte

Si l'on considère que l'habitude de recourir à la médecine classique constitue un réflexe qui prévient chez la grande majorité des gens toute velléité d'innovation, il est grand temps de replacer le magnétisme, l'approche énergétique à sa juste valeur. Les connotations du magnétisme font penser aux recettes de grand-mères, aux vieux sages de village... En fait, le magnétisme entre de plus en plus aux côtés de méthodes alternatives de soins et de préservation de la santé. Ceux qui le pratiquent appuient de plus en plus leur art sur des fondamentaux scientifiques dont certains rejoignent des pistes d'innovation les plus actuelles.

Tout d'abord le magnétisme est un phénomène naturel inhérent à la vie et par conséquent à la disposition de tous. On l'appelle énergie vitale, Chi, Pneuma, Prâna, Souffle, ondes quantiques. Le corps fonctionne grâce à cette énergie électromagnétique dont les polarités Yin et Yang, féminine et masculine, tellurique et cosmique baignent l'Univers tout entier et toutes ses manifestations (minéral, végétal, animal, humain, structure atomique...), à des niveaux vibratoires différents (voir les travaux de Franz Anton Mesmer).

Tout ce qui a forme dégage de l'énergie et émet des ondes qui agissent sur nous dans notre globalité. Pour exemple, la lumière, le son, la pensée, l'intention, l'objet sont émetteurs d'ondes. Ils nous traversent et jouent avec nos corps et pensées, que nous en soyons conscients ou non. Nous sommes en permanence sous l'influence harmonieuse ou disharmonieuse de ces énergies. De même, nous sommes également des émetteurs d'ondes harmonieuses ou disharmonieuses.

Le magnétisme ne traite pas que les symptômes, il peut remonter à la cause. Le corps étant un tout, les déséquilibres peuvent s'exprimer loin de leur origine. Les pathologies sont souvent la résultante d'une accumulation de différents facteurs. Et comme le corps possède une étonnante mémoire, il garde la trace de tous nos traumatismes (physique, émotionnel et psychique), de nos systèmes de croyances, de nos postures... Ceux-ci se manifestent sous forme de tensions, de blocages et déséquilibres énergétiques. Et lorsque tous ces signaux n'ont pas été entendus, la maladie peut apparaître. Le magnétisme permet de remettre la personne dans ses axes et dans ses énergies, de redonner du vivant.

Le magnétisme agit, soit comme un laser, aidant à lever les barrages et à rétablir une circulation harmonieuse de l'énergie vitale à toutes les fonctions, soit comme un cocon qui enveloppe la personne pour lui transmettre de l'énergie là où il y a carence. Il peut être utile tant en préventif qu'en curatif.

Le magnétisme, en agissant sur la mémoire cellulaire de la personne, permet de réaliser un travail d'équilibre entre son corps et son esprit, d'élargir son champ de conscience et d'activer son processus de guérison physique, psychique et spirituel.

A l'heure actuelle, la recherche médicale s'intéresse à une nouvelle prise en charge de la maladie. L'approche épigénétique de la santé appelée « Médecine épigénétique » : il semblerait que nous devions cette appellation à Conrad Waddington (1905-1975), fruit de ses recherches sur une branche de la biologie. Aristote (384-322 av. J.-C.) croyait déjà en une épigénèse (EMBRYOL. Théorie selon laquelle l'embryon d'un être vivant se développe par multiplication et différenciation cellulaire progressive, et non à partir d'éléments préformés dans l'œuf. – Définition du CNRTL).

chantalbertonRencontre avec Chantal Berton, magnétiseur, spécialiste des flux énergétiques (mémoire cellulaire, énergie du son).

UP' : Existe-t-il un pont entre ces nouvelles techniques de guérison ayant des effets épigénétiques et la technique traditionnelle ancestrale, dite « Magnétisme » ?

Chantal Berton : Dans la pratique du « Magnétisme » tout comme dans « l'approche épigénétique », l'Intention, les pensées en tant qu'ondes vibratoires ont, entr'autres, une influence sur notre capacité à guérir que ce soit physiologiquement ou psychologiquement. Ne sommes-nous pas entrain de décoder et de codifier ce qui est utilisé depuis la nuit des temps pour accompagner l'être humain dans ces processus d'évolution et de guérison du corps et de l'esprit ?

UP' : Peut-on faire un lien également avec la physique quantique ?

CB : La mécanique quantique s'intéresse aux particules et dans cette dimension le hasard et l'incertitude règnent en maîtres. Voir la théorie de Richard Feynman : sa théorie est que la nature porte en germe toutes les histoires. La vie a tous les sens et par conséquent dans cet univers quantique existent toutes les possibilités à l'état latent. Michel Bercot, médecin, dit : «Le phénomène de cohésion signe l'effet produit par cette qualité magnétique d'énergie qui vise à rassembler en un tout à l'intérieur de même espace, des parties séparées, à les solidariser, leur permettant de travailler ensemble au service d'un même objectif». Il y aurait des niveaux de cohésion d'une extrême puissance impliquant des niveaux de matière physique d'une extrême subtilité. Un peu comme l'inconscient collectif, sorte de grand réservoir matriciel, en dehors du temps et de l'espace. 

thegenieinyourgenesDawson Church prédit que les idées de la Médecine Epigénétique feront avancer de façon spectaculaire les domaines de la médecine et de la psychologie dans la décennie à venir.
 Et mieux que tout, « The Genie in Your Genes » démontre que, en prenant le contrôle de notre conscience, nous pouvons mieux l'utiliser pour influencer notre expression génétique. Nous pouvons même par cette combinaison d'action en arriver à éviter des années de thérapie, ainsi qu'une trop grande prise de médicaments ou limiter une chirurgie invasive.
 Cela peut être acquis par la stimulation en continu de ce « génie » génétique sur notre propre corps. Ces approches peuvent à la fois produire un soulagement immédiat, tant sur la durée de l'anxiété, que sur des névroses ou de "miraculeuses" guérisons sur des problèmes physiques et, en particulier, les maladies auto-immunes. Parmi toute la nouvelle génération de livres qui tracent la voie à un avenir positif quant à la santé, « The Genie in Your Genes » se présente comme un livre passionnant solidement ancré vers l'avenir, et les possibilités d'une médecine qui relie l'âme au corps et l'esprit.

UP' : Malgré son indéniable efficacité, l'emploi du magnétisme reste circonscrit à un petit nombre d'individus : pourquoi ?

CB : La méconnaissance, la mauvaise presse que certains magnétiseurs ont suscitée par des pratiques douteuses et un manque d'éthique ont probablement jeté la suspicion. C'est pourquoi, en 1951, a été créé un Groupement National pour l'Organisation des Médecines Alternatives (GNOMA), permettant de convaincre les pouvoirs publics de l'efficacité des méthodes alternatives et particulièrement le magnétisme. Il s'est doté d'un code de déontologie et d'une charte déposée à l'INPI sous la référence 167917-300603, garantie d'une conduite éthique de chaque praticien.

acupunctureDepuis quelques années, nous constatons qu'un public plus large ne donne plus son accord sans réflexion aux mandarins de la médecine officielle. Ce public, de plus en plus conscient, s'éveille et choisit de prendre en main son capital santé. Les pratiques alternatives douces, acupuncture, ostéopathie, magnétisme, biokinergie, fascia thérapie, sophrologie, naturopathie, etc..., semblent répondre à son attente. Les personnes, qui optent pour des pratiques non encore remboursées par la Sécurité Sociale, s'engagent dans un processus leur permettant de se sentir plus libres. Toutefois, les moyens pécuniers peuvent parfois être un frein pour qu'un public plus large adhère.

UP' : Quelles sont aujourd'hui les recherches effectuées en vue de constater la réalité du magnétisme ?

CB : En 1960, le professeur Yves Rocard, Membre du Comité de l'Énergie Atomique du CNRS, dirigeant pendant vingt-huit ans le laboratoire de physique de l'École normale supérieure, étudiait le magnétisme humain. Dans son ouvrage « Le signal du sourcier », il décrit les expériences auxquelles il s'est livré et démontre l'existence du magnétisme humain.

Je le cite : « Les sourciers - Si l'on connaît un peu le magnétisme minéral, on imagine sans peine, commentait le Pr Rocard, que ces terminaisons nerveuses subissent une sorte de magnétostriction, phénomène connu quoique peu étudié. Cette magnétostriction comprimerait un nerf qui enverrait alors un signal moteur : tel nous semble être le mécanisme du biomagnétisme ». Il ajoutait : « Des expériences nous ont montré que les mains des magnétiseurs "reconnus", ainsi que des personnes atteignant le même seuil de sensibilité, produisent les mêmes effets qu'un petit aimant. Nous en déduisons que l'organisme de ces personnes bénéficie d'un supplément de magnétite, qui serait aussi logée dans les articulations de leurs doigts, à la différence de la majorité de la population ».

skirlianEn 1939, un électricien russe, Semyon Kirlian découvre l'électrographie connue sous le nom d'effet Kirlian, point de départ de procédés photographiques de l'aura ou rayonnements magnétiques.

En 1974, un médecin autrichien, Reinhold Voll établit une relation entre le rayonnement électrophotographié et des pathologies. Il réussit également à mettre en évidence les circuits des méridiens d'acupuncture.

En 1978, Georges Hadjo,photographe français concepteur d'appareillages spéciaux pour l'enregistrement visuel des énergies, membre du Groupe inter-universitaire d'étude des champs biologiques, lors du premier symposium sur la bio-énergétique, présente l'électrophotonique, technique fine d'électrographie permettant de voir le rayonnement d'une feuille dans son intégralité alors que celle-ci a été amputée d'une partie avant d'être photographiée : la feuille conserve la mémoire de son rayonnement avant amputation, c'est l'effet fantôme.

UP' : Toute personne équilibrée peut magnétiser : est-ce vrai ? Comment ? Quelles formations ?

CB : Toute personne équilibrée ou non peut en effet magnétiser. Certaines personnes peuvent naître avec des prédispositions, c'est-à-dire avec un potentiel de magnétisme plus élevé que la moyenne. D'autres, ont reçu leur don d'un parent, de grands-parents ou autres. Et il existe ceux qui, après un long travail de prise de conscience de soi allié à des techniques énergétiques, peuvent transmettre de l'énergie pour accompagner un processus de guérison.

Devenir magnétiseur n'est pas réservé à une élite. Nous pouvons tous apprendre à maîtriser, accumuler et redistribuer le magnétisme pour soulager les autres mais nous ne pouvons et devons pas nous improviser magnétiseur.

Pour être un bon et sérieux magnétiseur, il est indispensable d'être humble, centré sur l'énergie du Cœur. Comment accompagner si le magnétiseur n'est ni enraciné, ni dans ses axes, ni dans ses énergies ?!

Il lui est impératif d'avoir une conduite éthique et d'être dans le don de soi. Il n'y a rien à chercher et rien à vouloir. Le processus de guérison est inhérent à la personne. Il s'agit de l'écouter, l'accompagner avec son cœur, ses mains, son souffle et l'Intention.

Cette pratique ne peut se substituer à des traitements médicaux quels qu'ils soient.

Des praticiens sérieux forment dans toutes les régions : il est souhaitable de s'informer auprès du GNOMA, des associations ou parfois des médecins. Dans tous les cas, le discernement est une grande clé. Il permet d'éviter certains pièges : le monde du bien-être est une cible pour de nombreux charlatans et experts autoproclamés.

magnetismeantiqueUP' : Comment cette technique qui date de l'antiquité peut-elle aider les managers, les dirigeants d'entreprises, dans leurs décisions ?

CB : Lorsqu'un être humain, quel qu'il soit, manager, dirigeant, cadre, employé, parent, est en harmonie avec lui-même, il y a fort à parier qu'il pourra offrir le meilleur de lui-même à son environnement qu'il soit professionnel, familial, associatif...

Dans une société qui propose d'aller de plus en plus vite, d'être de plus en plus compétitif et performant, quel temps réserve-t-elle à l'écoute des besoins profonds et essentiels de l'Homme ?

Comment prendre du temps pour se poser en soi, s'écouter, s'apaiser, libérer ses tensions physiques et mentales, prévenir et gérer son stress ?

Le magnétisme est une réponse. Par la prise de conscience des besoins profonds, le magnétisme permet de clarifier ce qui est essentiel pour soi. Il aide à faire circuler les énergies qui étaient bloquées, à renforcer la confiance en soi et l'estime de soi. Il redonne vitalité, joie de vivre et désir d'entreprendre. Il améliore la concentration, donne des clés pour prévenir et gérer le stress. Il nourrit et transforme en profondeur, accordant le corps à l'esprit et inversement. Ainsi il optimise les potentialités de chacun, à la fois pour son bien propre et pour le bien de tous.

Photo : Reconstitution d'une ancienne boussole chinoise (environ IIe siècle avant J.C.)

UP' : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous pour faire face à notre futur incertain ?

CB : Le magnétisme serait-il une aide, une force ? Quel que soit le futur, il nous ouvre les portes de l'inconnu.

Notre société nous propose une vision chaotique du futur : chômage, pollutions, cataclysmes. Chacun pourra allonger la liste. Certes, nous avons à faire face à de nombreux déséquilibres, planétaire, sociétal, environnemental. Ce n'est pas une fatalité. L'histoire de l'humanité montre qu'elle a traversé de nombreuses crises et a trouvé les ressources pour survivre et vivre.

Le défi ne serait-il pas de créer l'harmonie en soi pour qu'ensemble nous puissions vivre une réalité plus joyeuse ? Le magnétisme permet, en étant à l'écoute de sa musique intérieure, de rétablir de la fluidité et du vivant. 

A chacun de faire le nécessaire pour se retrouver, s'y retrouver et ne serait-ce pas cela aussi innover pour mieux vivre ?

Propos recueillis par Fabienne Marion

 

Pour aller plus loin / Bibliographie :

JM Weiss et Maurice Chavelli : « Se soigner et guérir par les couleurs et les sons » aux éditions du Rocher.

Bruce Lipton PH.D. : "The Biology of Belief", traduit en français sous le titre de "La biologie des croyances"

« The Genie in Your Genes » - Une approche épigénétique de la santé, par Yves Wauthier-Freymann

Stanley Krippner et Daniel Rubin : The Energies of Consciousness (publié, en France, chez Tchou, en 1977, sous le titre Les Energies du corps vivant

Barbara Ann Brennan : « Le pouvoir bénéfique des mains »

Seymour Brussel – Dr Rodolphe Meyer : « Le corps auto guérisseur »

Michel Bercot, chirurgien cardiaque : « Cœur et Énergétique face aux défis du XXIème siècle »

 

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innovation

Prix de l'inventeur européen de l'année : honneur au Maroc !

Le prestigieux prix de l'inventeur européen de l'année (European Inventor Award 2017) vient d’être remis pour 2017 au biologiste marocain Adnane Remmal pour ses travaux sur l’amélioration considérable de l'efficacité des antibiotiques. Une innovation révolutionnaire qui consiste à "doper" des antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales de fleurs et d'autres organes végétaux, inspirée des traditions régionales. Ce procédé lutte efficacement contre la plus grande menace de la médecine moderne, les bactéries résistantes aux antibiotiques. Une innovation qui lui garantit donc une place parmi les meilleurs inventeurs européens.
 
L’Office européen des brevets (OEB), l'équivalent de notre INPI national, a dévoilé ce jeudi 15 juin le gagnant, dans la catégorie des chercheurs originaires de pays non européens /Prix du public, Adnane Remnal (1), comme porteur d'une spectaculaire avancée médicale. Chaque année, le prix de l’inventeur européen récompense les innovations qui ont apporté des réponses aux grands défis de notre temps. Le médicament anti-antibiotique d’Adnane Remmal se veut être une solution peu coûteuse à ce que l’ONU traite de risque de catastrophe mondiale.
 
Son brevet sur le "boostage des antibiotiques par les Huiles Essentielles" consiste à doper" les antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales du monde végétal. Son invention aidera à combattre les résistances bactériennes causées par l'abus d'antibiotiques, et à enrayer la propagation des super microbes multirésistants.
 
Au cours de ses recherches à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fez, Adnane Remmal s'est attaqué à un des problèmes majeurs auxquels se heurte la médecine moderne, à savoir le nombre croissant de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques. Selon lui, une solution pourrait venir de la tradition régionale consistant à distiller des fleurs et d'autres organes végétaux pour en extraire des arômes et des infusions.
Connaissant les propriétés antimicrobiennes, antiparasitaires et antifongiques de nombreuses plantes, Remmal savait aussi qu'utilisées à doses assez fortes pour être efficaces, elles sont souvent impropres à un usage médical en raison d'effets secondaires fréquents tels que maux de tête et nausées. D'où la solution consistant à miser sur les vertus inhérentes des antibiotiques et des huiles essentielles, en combinant les deux pour obtenir un effet de synergie tout en évitant les effets secondaires.
 
Développée par Remmal depuis le milieu des années 1990 et brevetée par l'OEB en 2014, l'invention a débouché sur un médicament nouveau actuellement au stade des derniers essais cliniques. Ce médicament, dont la mise sur le marché est prévue pour fin 2017, utilise une double approche basée sur les huiles essentielles pour contrer les multirésitances. En plus de son médicament qui intensifie de façon naturelle l'action des antibiotiques, Remmal a inventé un supplément tiré d'huiles essentielles qui remplace les antibiotiques et les autres produits chimiques dans l'alimentation animale. L'abus d'antibiotiques dans l'élevage intensif est une des causes majeures d'antibiorésistance.
 
Remmal s'ajoute à la longue liste des finalistes et lauréats du Prix de l'inventeur européen à s'être inspirés de la nature pour arriver à des solutions innovantes. L'inventeur danois Peter Holme Jensen et son équipe chez Aquaporin (2014 ; PME - lauréats) s'inspira du transport naturel intercellulaire de l'eau afin de mettre au point sa membrane écoénergétique pour purifier l'eau. L'utilisation ciblée de composés naturels pour traiter diverses maladies est au centre des inventions de Ivars Kalvins (2015 ; Œuvre d'une vie - finaliste). Le chercheur néerlandais Hendrik Jonkers (2015 ; Recherche - finaliste) eut l'idée de créer un béton autoréparateur en ajoutant au mélange des bactéries productrices de calcaire.

Impact sociétal

L'Organisation mondiale de la Santé ainsi que plusieurs États et autres acteurs ont placé l'antibiorésitance en tête de leurs priorités. L'ampleur mondiale du problème rend sa solution difficile. Les infections réfractaires aux traitements médicamenteux tuent chaque année quelque 700 000 personnes à travers le monde, hécatombe qui pourrait atteindre les 10 millions d'ici 2050 faute d'une nouvelle génération d'antibiotiques. D'où l'intérêt du médicament nouvellement développé par Remmal, qui s'attaque aux bactéries moyennement et fortement résistantes avec plus d'efficacité que ne le font les antibiotiques standards, et avec moins d'effets secondaires et de résistances. Ce médicament permettra de mieux contenir les agents pathogènes et donnera à l'humanité un répit pour inventer de nouveaux antibiotiques.
 
Parallèlement, le complément alimentaire naturel pour bétail développé par Remmal s'attaque à un autre aspect du problème, car la moitié des antibiotiques fabriqués dans le monde, y compris ceux indispensables à la médecine humaine, sont utilisés dans l'alimentation animale. Administrés à des doses infrathérapeutiques, ces antibiotiques stimulent la croissance du bétail mais permettent aux microorganismes de survivre en développant des résistances. Ceux-ci se transmettent ensuite via la chaîne alimentaire, comme c'est le cas des souches résistantes de salmonelles et de colibacilles, et prolifèrent dans les eaux usées et les abreuvoirs.
 
Ajoutée à la filière normale d'alimentation animale, la formule de Remmal se révèle tout aussi efficace que les antibiotiques standards sans en avoir les effets secondaires ni engendrer de résistances.

Impact économique

La Commission européenne estime à 1,5 milliard d'euros au moins le surcoût annuel et la perte de productivité résultant des infections causées par les bactéries résistantes. Selon un rapport de la banque mondiale publié en 2016, l'impact annuel de l'antibiorésistance sur le budget sanitaire mondial d'ici 2050 pourrait osciller entre 283 milliards et plus de 984 milliards d'euros. Une partie du problème vient du fait que chaque antibiotique nouvellement synthétisé coûte à la communauté entre 500 millions d'euros et 1 milliard d'euros et comporte ses propres possibilités de résistances, d'effets secondaires et de toxicité, sans compter le risque que des investissements réalisés dans un nouveau médicament ne soient pas suivis de résultats.
 
Les "antibiotiques dopés" de Remmal en sont à leurs derniers essais cliniques et devraient faire leur apparition sur le marché fin 2017. Le nouveau médicament se caractérise par un faible coût de production et peut être vendu à un prix abordable du fait qu'il utilise des molécules naturelles déjà testées et approuvées dans l'industrie pharmaceutique.
 
En 2004, afin de commercialiser ses produits pharmaceutiques, Remmal fonda une entreprise qui a depuis lors déposé quatre demandes de brevets pour protéger le concept d'intensification de l'effet des agents anti-infectieux. La jeune entreprise a amené le principal laboratoire pharmaceutique du Maroc et de l'Afrique de l'Ouest à investir dans la commercialisation des "antibiotiques dopés".

Comment ça marche ?

Il existe plus de 100 antibiotiques répartis en plusieurs classes, avec chacun leur mode de fonctionnement propre. D'une façon générale, les antibiotiques empêchent la bactérie de se reproduire ou de réparer son ADN endommagé, ou encore exploitent certaines faiblesses de sa paroi cellulaire.
 
À l'échelle moléculaire, Remmal compare le fonctionnement d'un antibiotique à une clef servant à ouvrir une porte : "Dès que la clef ouvre la porte, la bactérie meurt, mais si une mutation modifie un tant soit peu la géométrie de la serrure, la clef n'entre plus et la bactérie devient résistante".
 
En "dopant" l'antibiotique aux huiles naturelles, Remmal a inventé une clef qui ne se contente pas d'ouvrir la porte, mais qui la démolit.
 
La clef spéciale de Remmal associe, aux propriétés antimicrobiennes naturelles de certaines plantes locales, les antibiotiques connus tels que les pénicillines, les céphalosporines et même les antibiotiques utilisés contre le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM). L'interaction entre les molécules naturelles "dopantes" et les antibiotiques crée des "complexes moléculaires" que les mécanismes de résistance mis en œuvre par les bactéries ont de la peine à reconnaître. Les bactéries peuvent alors très difficilement développer des résistances efficaces contre le traitement anti-infectieux.
 
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A côté de Adnane Remmal, cinq inventeurs européens ont été primés ce 15 juin pour leurs découvertes. Il s'agit du microbiologiste italien Rino Rappuoli, l'inventeur allemand Günter Hufschmid, le groupe de recherche Galileo, un système européen de géolocalisation, ainsi que deux autres finalistes de la catégorie PME Gert-Jan Gruter (Pays-Bas) pour les bouteilles en plastiques d'origine végétale, et Steve Lindsey (Royaume-Uni) pour le compresseur d'air à haute efficacité.
 
 
(1) Après des études de biologie à l'Université de Fez, Remmal fut invité à poursuivre sa formation au centre d'Orsay (université Paris-XI) en 1982. Pendant ses travaux dans les équipes de recherches dirigées par Édouard Coraboeuf et Philippe Meyer, il obtint un postgraduat en électrophysiologie et pharmacologie cardiovasculaire ainsi qu'un doctorat en pharmacologie moléculaire (1987).
Renonçant aux offres qui lui étaient faites de rester en France après son doctorat, Remmal préféra rentrer au Maroc pour y partager sa passion de chercheur avec ses étudiants marocains et contribuer au développement technologique et scientifique de son pays. Remmal devint professeur-chercheur à l'Université de Fez en 1988, et ses travaux de recherche fondamentale sur l'activité antimicrobienne des huiles essentielles lui valurent un second doctorat en microbiologie en 1994.
 
Pour son supplément alimentaire pour bétail à base d'extraits de plantes, Remmal reçut en 2015 le Prix de l'innovation pour l'Afrique décerné par l'Africa Innovation Foundation.
 
 
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Obésité

Pendant qu’un terrien sur 10 est obèse, les français font davantage attention à leur ligne

Deux études se télescopent : l’une, au niveau mondial, enregistre une augmentation de l’obésité partout dans le monde, tandis que l’autre, centrée sur la France, démontre que nous faisons attention à notre poids, voire même trop pour certaines catégories de la population. Alors Mardi gras ou mi-Carême ?
 
La proportion de la population obèse n'a cessé d'augmenter dans le monde depuis 1980, doublant dans 73 pays, selon une vaste étude publiée lundi qui signale une aggravation de cette crise de santé publique avec désormais une personne sur dix souffrant d'obésité sur la planète.
L'excès pondéral est responsable d'un net accroissement des maladies cardio-vasculaires, du diabète et de certains cancers à l'origine d'une augmentation de la mortalité. Il représente un enjeu majeur de santé publique mais aussi un coût social et financier grandissant.
 
Les résultats de cette étude montrent « une crise grandissante et troublante de santé publique au niveau mondial », soulignent les auteurs dont les travaux, qui englobent 195 pays et territoires, paraissent dans la revue médicale américaine New England Journal of Medicine.
Le rapport fait également l'objet d'une présentation au Forum annuel EAT sur l'alimentation à Stockholm, qui vise à créer un système de production alimentaire plus sain et durable.
 
En 2015, 107,7 millions d'enfants et 603,7 millions d'adultes souffraient d'obésité dans le monde, ont déterminé ces chercheurs. Pour la même année, l'excès de poids et l'obésité affectaient au total 2,2 milliards de personnes, soit 30% de la population mondiale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait ce chiffre à plus de 1,9 milliard en 2014, dont plus de 600 millions d'obèses.

Quatre millions de morts

La fréquence de l'obésité pédiatrique a été moindre que chez les adultes, mais son accroissement a été plus rapide pendant cette période de 35 ans.
 
Cette étude montre également qu'un IMC élevé a été lié à quatre millions de décès dans le monde en 2015, dont près de 40% chez des personnes seulement en surpoids.
Un indice de masse corporelle (le poids divisé par la taille au carré) supérieur à 24,5 signale un surpoids. Une personne est considérée obèse à partir d'un IMC de 30.
 
Plus des deux-tiers des morts ont résulté de maladies cardiovasculaires, dont l'augmentation est très nette depuis 1990 et qui sont liées à un IMC excessif.
« Les personnes qui ne font pas attention à un gain de poids le font à leurs risques et périls: ils risquent d'avoir une maladie cardiovasculaire, du diabète, un cancer et d'autres pathologies mettant la vie en danger », met en garde le Dr Christopher Murray, directeur de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) à l'Université de Washington à Seattle, un des co-auteurs de l'étude.
 
Parmi les vingt pays les plus peuplés, les États-Unis comptent le taux d'obésité le plus élevé pour les enfants et les jeunes adultes, avec près de 13%, tandis que l'Égypte est en tête pour la prévalence des adultes obèses, avec environ 35% de cette population.
La Chine et l'Inde comptaient le plus grand nombre d'enfants obèses avec 15,3 millions et 14,4 millions.
 
Les incidences les plus faibles d'obésité des adultes ont été constatées au Bangladesh et au Vietnam avec seulement 1%.
Les États-Unis (79,4 millions) et la Chine (57,3 millions) avaient en 2015 le plus grand nombre d'adultes obèses.

Chiffre préoccupant

L'objectif de cette étude est de comprendre au niveau mondial les facteurs responsables de « cette épidémie actuelle de maladies » liées au surpoids et à l'obésité, expliquent les chercheurs. « L'excès pondéral est l'un des problèmes de santé publique les plus difficiles de notre temps affectant près d'une personne sur trois », souligne à l’AFP le Dr Ashkan Afshin, professeur adjoint de santé publique à l'Université de Washington, principal auteur de l'étude. « Pendant la dernière décennie, de nombreuses actions ont été menées pour lutter contre ce fléau mais il existe peu d'indications montrant leur efficacité sur le long terme », pointe-t-il.
 
Dans un éditorial accompagnant l'étude, les Dr Edward Gregg et Jonathan Shaw, des épidémiologistes des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), estiment que « le chiffre le plus préoccupant est le triplement de l'obésité chez les enfants et les jeunes adultes dans les pays en développement et à revenus intermédiaires, comme la Chine, le Brésil et l'Indonésie ».
« L'obésité jeune va probablement se traduire par un accroissement important du diabète adulte (type 2), de l'hypertension et de maladies rénales chroniques », prédisent-ils.
 
Ce rapport s'appuie sur des données provenant de la plus récente étude sur le fardeau mondial des maladie (Global Burden of Disease study ou GBD), qui quantifie l'impact sur la santé de plus de 300 pathologies dans 133 pays.

Surpoids et obésité stables en France

Au même moment, une autre étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France, établit que 49% des adultes étaient en surpoids en 2015 contre 49,3% en 2006. L'obésité n'a pas non plus connu d'évolution significative : 17,2% contre 16,9%.
 
Surpoids et obésité sont stables chez les adultes et les enfants en France sur la période 2006-2015, marquée en revanche par une augmentation de la maigreur chez les filles de 11 à 14 ans, relève le rapport publié mardi. Même stabilité chez les enfants de 6 à 17 ans. En 2015, 16,9% étaient en surpoids et 3,9% obèses, contre 17,6% et 3,3% en 2006.

Davantage de maigreur chez les filles ados

En revanche, la maigreur a augmenté chez les enfants, passant de 8% à 13%. Cette hausse touche particulièrement les filles de 11 à 14 ans : dans cette catégorie, le taux de maigreur est quasiment multiplié par cinq en dix ans (de 4,3% à 19,6%).
« C'est un constat à nuancer. C'est essentiellement de la maigreur de grade 1 (juste sous les seuils de normalité, ndlr), ce n'est pas de la maigreur pathologique, pas de l'anorexie », souligne à l'AFP l'épidémiologiste Benoît Salanave, de l'unité de surveillance nutritionnelle de Santé publique France.
 
« Nous n'avons pas d'explication particulière, il faudrait creuser davantage et regarder par niveau socio-économique », a-t-il poursuivi.
 
Ce rapport est l'un des volets d'une vaste étude nommée Esteban (Étude de SanTé sur l'Environnement, la Biosurveillance, l'Activité physique et la Nutrition) portant sur 2.467 adultes et 1.099 enfants. Il est uniquement consacré à la corpulence des Français et sera prochainement complété par d'autres chapitres sur l'activité physique et les habitudes alimentaires.
 
Pour mesurer l'évolution de la corpulence en dix ans, les chiffres de l'étude Esteban (qui porte sur 2015) ont été comparés à ceux d'une autre étude de 2006. « Chez les adultes, c'est la première fois qu'on atteint une stabilité (du surpoids et de l'obésité, ndlr). Chez les enfants, c'est une confirmation », a commenté M. Salanave, selon qui « on reste quand même à des niveaux importants » pour les deux catégories.

Marqueur social

Jadis, aux temps médiévaux, être bien gras était synonyme d’opulence rappelle Pascale Santi du Monde. Aujourd’hui, la dictature sociale est à la minceur. D’autant que l’obésité peut être un marqueur social pointant les populations les plus défavorisées. Il est vrai que l’étude Esteban montre que les personnes les moins diplômées sont plus fréquemment obèses. Ainsi 60,8 % des hommes dont le niveau d’études est inférieur au baccalauréat sont en surpoids, contre 42 % de ceux de niveau bac + 3. Même tendance chez les femmes, avec 53,4 % de celles n’ayant pas le bac en surpoids contre 29,6 % des femmes de niveau bac + 3. De même, chez les enfants, ceux dont le père ou la mère n’avaient pas de diplôme ou un diplôme inférieur au baccalauréat étaient plus souvent en surpoids ou obèses.
 
Un peu plus de 30 % des femmes dont le revenu mensuel est inférieur à 450 euros sont obèses, ce taux chutant à 7 % chez celles qui disposent de plus de 4 200 euros par mois. « Il y a une trajectoire biologique, psychologique et sociale de l’obésité qui s’impose à la personne concernée », résume au journal Le Monde le professeur Olivier Ziegler, coordinateur du Centre spécialisé de l’obésité de Nancy.

Messages du corps

Comment expliquer ce phénomène ? Les causes sont multiples, elles peuvent être génétiques, parfois, mais surtout comportementales. La sédentarité, les difficultés du quotidien laisseraient peu de place à une saine gestion des choix alimentaires. Quand on a peu d’argent, il est plus facile d’aller vers des aliments gras et sucrés, il est plus difficile de refuser des friandises aux enfants pour qui c’est parfois l’unique plaisir. Les psychanalystes expliquent que l’obésité comme l’anorexie sont des messages du corps.
« Dans nos sociétés, les gens bénéficient des progrès techniques et se dépensent donc moins physiquement explique la psychanalyste Catherine Grangeard. Ce qui évite de la fatigue mais, en contrepartie, occasionne moins de dépenses d’énergie. Comme par ailleurs l’alimentation est abondante, trop riche en calories et pas toujours en qualité nutritionnelle, telle personne, bien de son époque, stockera facilement. Si en plus psychiquement elle trouve une compensation dans les satisfactions orales, si elle y trouve une réponse aux multiples tracas de sa vie, et si elle a une fixation à ce mode de satisfaction, elle pourra volontiers y recourir plus souvent que nécessaire. Et les kilos viendront signer cette conduite répétée mais aussi en témoigner, en attester, si l’on s’attarde à sa signification.
La recherche de sensations physiques réunit et oppose l’anorexie et l’obésité. Là où l’anorexique aime le manque, à l’inverse, la lourdeur après le repas est voulue, attendue et signe l’apaisement pour une personne obèse. »
 
Enjeu de santé publique, notamment vers les populations défavorisées, l’obésité est aussi un défi économique : le Trésor a récemment évalué le « coût social » de la surcharge pondérale à environ 20 milliards d’euros, un coût comparable à celui de l’alcool ou du tabac. Alors, même si les chiffres français de l’obésité sont un peu meilleurs que ceux d’autres pays, il s’agit là d’un sujet qui devrait faire réfléchir la nouvelle ministre de la santé.
 
Source : AFP
 
 
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