UP' Magazine L'innovation pour défi

radio Tamani Mali

Au Mali, face aux violences, donner la parole aux femmes

"Toutes les femmes du Mali"  est une émission hebdomadaire créée en 2014  par studio Tamani, l'un des médias de la Fondation Hirondelle  pour témoigner de la réalité de la condition des femmes au Mali et leur donner la parole. Depuis sa création mi-2013, Studio Tamani rapporte quotidiennement des faits relatifs aux atteintes aux droits des femmes mais aussi des initiatives d’organisations, qui au fil du temps font changer les perceptions traditionnelles de la place des femmes dans la société.
Aujourd'hui, Bernard Conchon, Chef média du Studio Tamani au Mali raconte ...
 
Le 31 mars dernier, une jeune fille âgée de 16 ans se donnait la mort en se jetant dans un puits à Mandiakui, dans la région de Ségou, au centre du Mali. Selon des sources locales elle se serait suicidée parce que ses parents voulaient la donner en mariage sans son consentement. Suite à ce dramatique événement les parents ont été entendus par la gendarmerie. Le contenu de cette information a été diffusé ce jour-là dans les journaux de Studio Tamani, le programme radiophonique d’information créé par la Fondation Hirondelle au Mali, et diffusé par 60 radios partenaires à travers le pays.
 
Femme auditrice à Bamako - Mali, Photo ©Studio Tamani 2014
 
Les violences faites aux femmes atteignent des niveaux terrifiants au Mali. Plus de 70 % des femmes âgées de 20 à 24 ans se sont mariées avant d’avoir 18 ans. Certains justifient le mariage d’enfants sous le prétexte que c’est une norme acceptée et qu’il présente des avantages sociaux et financiers. Mais il n’en présente guère, voire aucun, pour les jeunes filles elles-mêmes, qui se retrouvent davantage exposées à la violence familiale, qui risquent plus de ne pas être scolarisées, de contracter le VIH/SIDA et d’avoir des enfants avant d’y être prêtes sur un plan physiologique. De fait, pour les quelques 70 000 jeunes
filles mariées qui meurent chaque année de complications liées à la grossesse, ou à l’accouchement, le mariage précoce aura été une sentence de mort. Une femme malienne a une probabilité sur 15 de mourir de complications liées à sa grossesse ou à son accouchement. Quant aux taux de mortalité néonatale, le Mali se classe au 7ème rang mondial, avec 54 décès pour 1 000 naissances vivantes. L'excision est un autre fléau des violences dont sont victimes les jeunes filles Selon des chiffres officiels, 85% des femmes sont excisées. Même si un arrêté ministériel interdit la pratique de l’excision dans les
structures de santé, il n'existe pas au Mali de loi l'interdisant.
 
Depuis sa création mi-2013, Studio Tamani rapporte quotidiennement des faits relatifs aux atteintes aux droits des femmes mais aussi des initiatives d’organisations, qui au fil du temps font changer les perceptions traditionnelles de la place des femmes dans la société. "Toutes les femmes du Mali" émission hebdomadaire créée en 2014 témoigne de la réalité de la condition des femmes au Mali et leur donne la parole. Une parole qui leur est encore hélas le plus souvent confisquée comme cette adolescence de Mandiakui abandonnée à elle-même, face à son indicible souffrance.
 
Bernard Conchon, Chef média, Studio Tamani, Bamako
 

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Photo : Une femme interviewée par Studio Tamani à Bamako.
Photo © Studio Tamani 2014
 

 

Télévision

TV en direct: les géants du Net vampiriseront-ils les chaînes de télévision ?

Facebook, Twitter ou Yahoo! investissent toujours plus dans la vidéo en direct, jusqu'ici négligée, et pourraient bientôt chasser sur les terres de la télévision traditionnelle, bouleversant un modèle économique déjà fragilisé.
 
Le printemps 2016 marquera peut-être un tournant dans l'histoire de la télévision. En quelques jours, le réseau social américain Facebook a dévoilé de nouvelles fonctionnalités pour son service de vidéo en direct "Live", tandis que son concurrent Twitter annonçait un accord de diffusion de matches de la ligue de football américain NFL.
Début mars, Amazon a lancé son premier programme en direct, une émission quotidienne sur la mode, et Yahoo! s'est entendu avec la ligue de hockey NHL pour retransmettre des rencontres en temps réel.
 
Avec le nouveau "Live", les utilisateurs de Facebook pourront mieux naviguer parmi les contenus vidéo, y réagir et les partager plus facilement. Et Facebook a ajouté de "nouveaux outils qui vont permettre aux médias d'incorporer Live à leurs programmes".
La priorité est d'amener les internautes à utiliser davantage le réseau social, mais c'est aussi un appel du pied aux professionnels afin qu'ils renforcent leur présence en direct sur Facebook.

Explosion d'une pastèque en direct

Les nouveaux acteurs de l'information sur internet l'ont bien compris. Le 8 avril, le site BuzzFeed a démontré, de la manière la plus évidente à ce jour, le potentiel du direct sur Facebook.
Plus de 730.000 internautes ont assisté, en "live", à l'explosion d'une pastèque sous la pression de centaines d'élastiques. L'opération ne visait qu'à faire le "buzz". Mission accomplie.
 
Facebook voit dans son offre "un angle différent" de ce que propose la télévision traditionnelle, selon Fidji Simo, une responsable du produit Live.
Selon Tim Mulligan, analyste du cabinet MIDiA Research, les grandes chaînes pourraient bientôt diffuser sur Facebook du contenu jusqu'ici réservé aux canaux traditionnels. "Nous allons rapidement atteindre le point où les gens utiliseront internet comme principal moyen de visionner du contenu vidéo", annonce-t-il.
 
La publicité en ligne suffirait-elle à soutenir un nouveau modèle économique viable pour les grandes chaînes si elles s'engageaient davantage dans la diffusion sur réseaux sociaux, en direct ou enregistré ?
Le direct sur Facebook ne rapporte actuellement rien aux éditeurs, même si le réseau social assure que le modèle est amené à évoluer. "Il est difficile de dire (...) à quel point les gens veulent ce contenu et si les sociétés vont vouloir les faire payer", reconnaît Brian Blau, analyste du cabinet Gartner.
 
Selon Tim Mulligan, les réseaux sociaux pourraient créer des bouquets de chaînes payants. Pour défricher la jungle des offres de télévision en ligne, "il va nous falloir une sorte d'agrégateur et il est peu probable que cela vienne des acteurs actuels de la télé payante", notamment parce qu'ils n'ont pas la couverture mondiale d'un réseau social majeur, considère Tim Mulligan.
 
Brian Blau prévient également que la question des revenus ne serait pas le seul sujet majeur en cas de basculement de la télévision de masse sur les réseaux sociaux. "Il faut pouvoir encaisser des audiences très importantes. Pourrait-on voir les Oscars diffusés tout en ligne ? Ça pourrait poser un défi technique", souligne-t-il.

Acheter du contenu, une première

Facebook et Twitter abordent aussi la question du direct sous un angle totalement nouveau pour eux : l'achat de contenu. Ils profitaient jusqu'ici de ceux fournis gratuitement par les utilisateurs.
Twitter va payer moins de dix millions de dollars à la NFL, une bouchée de pain au regard des dizaines de milliards de dollars dépensées par les grandes chaînes pour s'assurer les droits de grandes compétitions. Mais ce contrat, tout comme celui de Yahoo! avec la NHL, est un ballon d'essai et n'est pas exclusif.
 
Tim Mulligan n'exclut pas que Facebook, Twitter ou Amazon se positionnent un jour comme des concurrents frontaux des grandes chaînes sur le sport en direct, mais il y voit un obstacle majeur. "Les droits sportifs ont tellement fragmentés", souligne-t-il. "S'ils décident de faire quelque chose de cette ampleur, je pense qu'ils voudront être sûrs d'avoir tous les droits".
 
Pour un réseau social, cela reviendrait à négocier l'exclusivité mondiale pour un seul et même canal de diffusion, du jamais vu.
 
 

 

Panama Papers

Ce que révèle aussi Panama Papers, c’est l’émergence d’un nouveau journalisme

Panama Papers est l’affaire de tous les superlatifs. Énorme par sa taille, sa portée et ses conséquences, les révélations qui commencent à filtrer dans la presse internationale font vaciller le monde sur ses bases. Le monde de la politique, du sport, de la finance, de la banque. Le monde de l’argent sans foi ni loi, et du pouvoir. Toutefois ce que l’on peut retenir de ce raz de marée est l’émergence en pleine lumière d’un nouveau type de journalisme. Le journalisme du big data, de la globalisation et du partage.   
 
Il est loin le temps où Bob Woodward et Carl Bernstein du Washington Post révélaient l’affaire Watergate. Journalisme d’investigation à la papa, fait de secret, de protection du scoop, de travail d’enquête à la main. Un travail de grande solitude, de courage et de persévérance pour mettre la Vérité à la Une.
 

Big data

 
Aujourd’hui, l’affaire Panama Papers commence par la révélation d’un lanceur d’alertes. Il y a un peu plus d’un an, une source anonyme contacte le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et lui soumet des documents internes de Mossack Fonseca, cette agence panaméenne à la clé de toute l’histoire. La source anonyme, précise le quotidien allemand, « ne réclame aucune compensation financière ni rien en retour, en dehors de mesures de protection et de sécurité »
Dans les mois qui suivent, le nombre de documents fournis s’accroît, jusqu’à atteindre 2,6 térabytes de données. Du jamais-vu. Plus de 11 millions de fichiers, des informations sur 214 488 structures offshore. Pour chaque société, une masse de documents est attachée sous différents formats : PDF, images, documents Word, présentations Powerpoint, tableurs et même fichiers audio. Mais l’essentiel n’est pas là. Le plus important pour le travail d’investigation, c’est les dizaines de milliers d’e-mails et de courriers scannés qui retracent le fonctionnement quotidien du groupe Mossack Fonseca. Le journal Le Monde explique qu’on y retrouve aussi bien des correspondances internes entre les employés du groupe que les communications avec leurs clients, qui en disent souvent bien plus que les documents administratifs.
 
Une masse de données gigantesque, impossible à traiter avec les moyens traditionnels d’un média. Le quotidien allemand décide donc d’associer un organisme qui a déjà fait ses preuves dans des projets similaires comme OffshoreLeaks, LuxLeaks ou SwissLeaks. Cet organisme, c’est le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ). Fondée en 1997 par le journaliste américain Charles "Chuck" Lewis, l'ICIJ est une organisation non-gouvernementale qui coordonne des enquêtes transfrontalières couvrant des domaines tels que la corruption, les activités criminelles internationales et l'évasion fiscale. Organisation à but non lucratif, l'ICIJ est financée par des dons émanant de fondations caritatives et du privé, indique son site. Elle est dirigée par le journaliste australien Gerard Ryle, émigré aux États-Unis en 2011 ; l'équipe est assistée par des avocats et des experts, et a pour mission de fournir des données en temps réel à la presse dans le monde entier.
 

Partage mondialisé

 
L’ICIJ se met donc à la manœuvre et associe pendant un an plus de 370 journalistes issus de 107 médias dans 76 pays. Leur mission est herculéenne : s’attaquer à la masse des documents remis par le lanceur d’alerte, pour les partager, les décrypter et les analyser. L’organisation dirigée par Gerard Ryle met tout son savoir-faire à disposition des journalistes. Leur credo est le vrai journalisme d’investigation, celui que l’on croyait enterré par l’arrivée de l’Internet et de l’information en flux continu. Un journalisme en voie de disparition à cause de la crise de la presse, « qui prend du temps, coûte de l’argent et n’aboutit pas toujours, explique Ryle dans un reportage vidéo du Monde. Nous sommes un facilitateur d’enquêtes, nous dénichons des histoires, nous les proposons aux médias et nous les aidons à les publier. »
 
La structure ne s’est pas limitée à fournir les millions de documents, elle a aussi mis à disposition, en quelques mois, trois outils performants pour les consulter. « Le premier est un moteur de recherche, qui, à la manière de Google, permet de naviguer par mots-clés dans les documents, explique Simon Piel, journaliste au Monde. Son adresse est intraçable, composée de chiffres et de lettres, et chaque mot de passe pour y accéder est individuel, avec l’impossibilité de l’enregistrer dans son navigateur. Il fallait donc le noter sur un bout de papier… et ne pas l’égarer. »
Le deuxième outil prend la forme d’un forum de discussion, avec différents fils de discussion où les journalistes peuvent partager leurs informations. Une « méta-rédaction », commente Simon Piel, qui s’est réunie une seule fois en vrai, fin 2015 à Munich, pour s’accorder sur le calendrier des embargos et des publications. Enfin, l’ICIJ a mis également à disposition des journalistes un outil de visualisation, qui pour chaque nom de société ou de bénéficiaire montre les liens, les connexions… la « big picture ».
 

Protection de l’information

 
Chaque organe de presse membre de cette opération s’engage à mettre en œuvre des moyens de sécurité maximum pour protéger l’information. À la rédaction du Monde, une salle est entièrement dédiée aux « Panama Papers », avec plusieurs mesures de précaution : un Wifi unique et sécurisé, des clés USB cryptées ou encore un outil de partage d’écriture type Google Docs créé pour l’occasion. « Une quinzaine de journalistes, de différents services, ont bossé sur le dossier, détaille Simon Piel, avec une dizaine à temps plein depuis les 7-8 derniers mois. »
 
Le jeune journaliste du Monde, Maxime Vaudano, 24 ans, a fait partie de cette « spotlight » pendant neuf mois. Il raconte son aventure dans le JDD. Le plus grand challenge a été de travailler avec plus de 100 médias simultanément, sur les mêmes données, sans se marcher sur les pieds. Les outils de partage de l’information fournis par l’ICIJ ont permis à tous les journalistes de communiquer en parfaite sécurité. « Ça nous permettait de discuter entre nous déclare Maxime Vaudano : dès qu’on voyait un nom sortir, on créait un topic de forum et les gens discutaient sur ce sujet. Un Brésilien qui aurait trouvé un élément intéressant pour la France, par exemple, pouvait nous le signaler. Il fallait bien ça : même en mettant 20 personnes dans un média à plein temps, ç'aurait été impossible de voir tout ce qu’il y avait dans la base. Vu que tout le monde tombait sur des trucs au hasard, le forum a permis de ne pas passer à côté d'éléments. » En effet, l’un des défis majeurs posé par Panama Papers était lié à la mondialisation du système offshore.  Plusieurs sujets étaient transnationaux et nécessitaient de mener des enquêtes communes entre plusieurs des dizaines de rédactions mobilisées sur le projet.
 
Cette aventure a « quelque chose de revigorant et de jubilatoire » déclare le journaliste Renaud Revel de l’Express. Il poursuit : « Elles sont un formidable pied de nez ou bras d’honneur aux institutions de la finance mondiale, ces sanctuaires jusqu’ici inviolables où règne l’opacité. La mise à nue par une poignée d’enquêteurs indépendants d’un système de triche et de blanchiment à l’échelle du globe, au nez et à la barbe des cathédrales du milieu bancaire mondial, est également un camouflet pour nos dirigeants politiques : un exécutif peu enclin à nettoyer les écuries d’Augias d’un système bancaire surprotégé. »
 
Cette traque planétaire marque l’avènement d’un nouveau type de journalisme. Un journalisme globalisé et sans frontières, un journalisme du partage et du travail en commun, un retour salvateur du journalisme d’investigation, qui par la puissance nouvelle qu’il acquiert, est en mesure de jouer pleinement son rôle démocratique.
 
 

 

Apple vs FBI

Un terroriste est-il un client Apple comme les autres ?

L'affaire a fait le tour du monde. Et ses implications pourraient être considérables. Le 2 décembre 2015, 14 personnes décèdent dans la fusillade de San Bernardino. Les deux auteurs de la fusillade sont abattus par la police. Deux jours plus tard, Daech revendiquera cet acte terroriste.
Le FBI souhaite accéder aux données de l'iPhone retrouvé sur l'un des terroristes, à la recherche d'indices permettant de remonter son réseau, et demande à Apple de l'aider à accéder à ces données, protégées derrière les 10 000 combinaisons possibles des 4 chiffres du code pin. Les iPhones possèdent une option permettant d'effacer la totalité des données du smartphone au bout de 10 échecs dans la composition de ce code pin. Le FBI demande donc à Apple de créer un logiciel agissant comme une porte dérobée (backdoor) et permettant de tester les 10 000 combinaisons sans risquer d'effacer la totalité des données conservées sur un iPhone. Précisons pour être complets que, suite à la tuerie de San Bernardino, Apple a déjà fourni au FBI des données associées au compte de l'utilisateur concerné.
Le 16 février 2016, Tim Cook le PDG d'Apple publie "A Message To Our Customers" dans lequel, au nom du droit à la vie privée, il indique son refus de créer ce type de backdoor, soulignant le risque que l'existence de cette backdoor ferait courir à l'ensemble des possesseurs d'iPhone.
 
Dans la foulée, des associations comme l'EFF (Electronic Frountier Fondation), des personnalités comme Edward Snowden ou Benjamin Sonntag, et tout le gotha de la Silicon Valley (Google et WhatsApp en tête) affirment leur soutien à Tim Cook et aux valeurs de la "privacy".*
 
D'un côté un iPhone. Dans cet iPhone, dans l'iPhone de ce terroriste membre de Daech, probablement nombre d'informations plus que sensibles qui pourraient permettre d'arrêter d'autres terroristes, et peut-être d'éviter d'autres attentats, peut-être aussi d'aider les familles des victimes à mieux "comprendre" ce qui s'est passé ce 2 décembre 2015 et pourquoi et comment cela a-t-il pu se produire. Et le désir du FBI d'accéder à ces données. Comment s'y opposer ? De quel droit ?
De l'autre, le droit à la vie privée et le niveau de chiffrement des données. "Chiffrement" est d'ailleurs ici un faux-ami puisque les données de l'iPhone ne sont pas "chiffrées" mais simplement protégées par un code PIN à quatre chiffres. Comment refuser ce droit à la vie privée ? De quel droit ?
Et le nœud Gordien de l'affaire : un terroriste est un client Apple comme un autre. Et bénéficie à ce titre des mêmes "droits", du même "niveau de protection" qu'un autre client d'Apple pour ce qui concerne les données stockées dans son iPhone. Remettre en question ces droits pour un individu, même convaincu d'actes de terrorisme, reviendrait à remettre en question ces droits pour l'ensemble des possesseurs d'iPhone. Tel est en tout cas l'argumentaire de Tim Cook.

Si Vis Pacem Privacy, Para Bellum Encryption

Nous revoilà au cœur du débat qui agite l'ensemble des grandes plateformes de l'internet en cette époque rythmée par nombre d'attentats terroristes : comment et jusqu'à quel point collaborer avec la justice ? Comment être un auxiliaire de justice dans le cadre d'actes de terrorisme (posture morale) sans pour autant remettre en cause les fondements de la gestion de la relation client et l'image de la "marque" (posture commerciale) ? Comment concilier l'irréconciliable, comment traiter la question du droit à la vie privée des terroristes ? Comment lutter contre le terrorisme sans lutter contre le droit à la vie privée ?
 
Pour le plaisir de la complexité, remplaçons un instant le mot "terroriste" par le mot "pédophile". Connaissant la pruderie historique d'Apple sur la "pornographie" et au regard de l'unanimisme international sur le sujet de la pédophilie, posons la question suivante : et si cet iPhone avait appartenu à un homme abattu suite à une intervention pour démanteler un réseau pédophile ? Et si l'iPhone de cet homme avait donc supposément contenu des images pédophiles permettant d'identifier des victimes, de remonter un réseau d'autres pédophiles ? Quelle aurait été la position d'Apple si le FBI lui avait adressé pareille demande pour installer une backdoor afin de récupérer ces données ? Un pédophile est-il un client Apple comme un autre ?

Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'avez rien à cacher

Eric Schmidt, PDG de Google déclarait en 2009 :
Si vous faites quelque chose et que vous voulez que personne ne le sache, peut-être devriez-vous déjà commencer par ne pas le faire !"
 
En Novembre 2013 c'est Vinton Cerf, papa du protocole Tcp-Ip et Chief Evangelist chez Google qui déclare :
La vie privée peut effectivement être une anomalie."
 
Et donc le 16 février 2016, le PDG d'Apple rappelle que toutes les données d'un iPhone (en tout cas celles qui ne sont pas également redirigées volontairement dans le cloud par son utilisateur), que toutes les données d'un iPhone restent dans l'iPhone et ne sont accessibles qu'à l'utilisateur disposant du code PIN de l'iPhone.
Ce à quoi nous assistons ici est un fait une sorte de tierciarisation (?) de l'espace de la privacy. La nouvelle trilogie de la privacy se dessine ainsi :
 
• Ce qui est dans le Cloud reste dans le Cloud et n'est ni vraiment public ni vraiment privé = l'essentiel des données du Cloud sont en première main lisibles et accessibles par les sociétés hôtes, lesquelles sociétés collaborent, dans certaines conditions, avec les agences de renseignement de différents états (plus exactement, si nous gardons la possibilité de rendre "privées" certaines publications, les sociétés hôtes se réservent à tout moment la possibilité de lire ces données)
• Ce qui est sur le web relève d'un espace entièrement public
• Ce qui est dans un iPhone (à l'exception notable des applications) relève de la sphère privée.
 

Dit autrement :
•Smartphone = VVP (Vie Vraiment Privée)
•Web = VP (Vie Publique)
•Cloud = VPN (Vie Privée Négociée)
Le rapport à la vie privée n'est plus défini par la nature d'un média ou d'une architecture de services, mais par l'objet, par le vecteur d'une médiation.

Dès le commencement des réseaux sociaux, Danah Boyd parlait à leur sujet d'espaces "semi-publics" et Tim Berners Lee les qualifiait de "jardins fermés". C'est la nature du média qui (re-)définissait notre rapport à la vie privée : sur le web les informations étaient publiques, sur un réseau social elles étaient "semi-privées".
Le smartphone, l'objet smartphone, est lui-même traversé par une dualité public-privé : comme il demeure la télécommande de nos vies connectées, sa dimension applicative (= les applications qu'il contient) relève d'abord d'une logique semi-publique, mais comme il est également, et presque paradoxalement le coffre-fort de nos vies connectées, il devient l'artefact emblématique de la vie privée, un parangon de "Privacy By Design".

Les 4 chiffres de l'apocalypse

Le plus étonnant dans cette affaire est que point n'est besoin d'être un expert en cryptologie. Quatre chiffres sur un clavier en comportant dix, numérotés de 0 à 9, et 10 000 combinaisons (dont la plus utilisée est par ailleurs le jour et le mois de naissance de l'utilisateur ...). Lorsqu'un ordinateur tombe entre les mains de la justice ou de la police dans le cadre, par exemple, d'une enquête criminelle, il existe tout un tas de moyens pour récupérer les données du disque dur de cet ordinateur, que celui-ci soit crypté ou qu'il ne le soit pas. Mais pas sur un iPhone.
 
 
À cause de quatre chiffres. Et de l'autodestruction programmée au bout de dix tentatives infructueuses. La question ne devrait en fait même pas se poser. Dans le cadre d'une enquête diligentée par un juge et opérée par le service de police d'un état de droit (le FBI donc) sur une affaire de terrorisme avéré, il devrait être possible de déverrouiller un appareil donné (celui de l'individu déjà reconnu coupable) et d'accéder à ses données sans avoir à poser le débat du droit à la vie privée à l'échelle internationale. Sauf que, comme le soulignent l'ensemble des experts en cryptographie, créer cette backdoor une fois n'est pas possible : soit elle est créée et pourra être utilisée sur l'ensemble des appareils, soit elle n'existe pas et l'ensemble des appareils restent protégés derrière ces quatre chiffres.
 
Pourtant, comme le font remarquer quelques rares analystes :
Part of that could entail requiring that smartphone manufacturers, at a minimum, do not ship unbreakable encryption on their devices as a default setting. Smart techies will surely build custom encryption anyway, as they long have, and there’s no way to stop that even if you wanted to. Yet there is a vast gulf of difference between the availability of hard encryption available somewhere on the internet, versus shipped as a default on every iPhone."
 
Une fois ce code PIN entré, vous aurez alors tout loisir
de regarder précisément la place qu'occupe votre vie privée
sur votre smartphone
Sur ce smartphone, la "place" qu'occupe la vie privée est en gros de 3 Go (Images, Vidéos)
sur 12 Go d'espace total. Les téléchargements n'en font pas réellement partie puisqu'ils
proviennent la plupart du temps de fichiers joints à des mails (stockés dans le cloud)
ou d'actions effectuées sur un moteur de recherche (et donc traçables).
Les SMS peuvent en faire partie dans certaines conditions et sous certaines réserves, ainsi que la liste de nos contacts.
 
La question à se poser est alors celle-ci : nous avons tous une vie privée, et nous avons tous le droit à une vie privée. Pour autant, dans le cadre d'un état de droit, et dans le cadre d'une procédure judiciaire, si nous sommes accusés ou reconnus coupables d'un acte délictueux, les éléments qui composent et documentent notre vie privée restent accessible via un mandat de perquisition (ordonné par un juge). La question que pose le cryptage par défaut incassable des iPhones et la lettre de Tim Cook aux clients d'Apple est celle de savoir si l'espace - physique ou numérique - alloué aux traces documentaires de notre vie privée doit être « imperquisitionnable ». S'il doit résister à toute forme de perquisition.
 
Si l'on se contente d'envisager les terroristes (ou les pédophiles ou les dealers de drogue ou les auteurs de crimes et délits en tout genre) comme autant de "clients" ayant acheté un appareil offrant des garanties raisonnables de préservation de leur vie privée, alors Tim Cook a raison : la demande du FBI est inacceptable. Mais si l'on considère que notre vie privée doit être un espace imperquisitionnable quelles que soient les circonstances et y compris dans le cadre d'une action judiciaire légitime effectuée dans un état de droit, alors c'est la posture de Tim Cook qui devient inacceptable.
 
Toutes ces sociétés, de Google à Facebook en passant par Apple et Amazon, collectent naturellement un grand nombre de données personnelles. Et toutes ces sociétés travaillent régulièrement avec les services de renseignement des différents pays pour, dans certains cas, transmettre certaines de ces données personnelles à des officiers de justice ou de police, d'une manière plus ou moins bien encadrée par la loi (Patriot Act aux États-Unis) ou par des mesures dites d'exception (Loi sur le renseignement en France).

Deux doctrines s'affrontent désormais autour du droit à la vie privée : la doctrine du Cloud et la doctrine du smartphone

La doctrine du Cloud est la suivante : nous garantissons votre droit à ne pas rendre totalement publiques l'ensemble des vos publications mais nous nous réservons le droit d'accéder et de lire l'ensemble de vos publications indépendamment du statut public ou privé que vous leur aurez accordé et de livrer ces publications à des états sous couvert de la requête d'un juge. La posture des grandes firmes n'a pas changé depuis plus de dix ans : nous avons besoin de ces données personnelles pour vous fournir des services personnalisés et une meilleure expérience utilisateur, et nous avons besoin de les conserver le plus longtemps possible sans les anonymiser, à la fois pour continuer de vous offrir une meilleure expérience utilisateur mais aussi pour répondre aux demandes des états dans le cadre d'actions en justice au cours desquelles ces mêmes données peuvent avoir valeur de preuve ou à tout le moins faciliter les enquêtes en cours. "Si vous avez quelque chose à cacher, c'est que vous avez quelque chose à vous reprocher".
 
 
La doctrine du smartphone est la suivante : nous garantissons votre droit à rendre imperquisitionnable l'ensemble des données de votre smartphone (photos, images, vidéos, contacts) pour tout tiers y compris le vendeur et y compris dans le cadre d'actions en justice. Toutes les données de votre smartphone restent dans votre smartphone (à part celles liées aux applications, et à part celles que vous rediffusez ou republiez dans le Cloud ou l'un de ses innombrables services de synchronisation et de partage) et ce, même dans le cadre d'actions en justice.

Alors, pour ou contre la défense de la privacy telle qu'illustrée par la lettre de Tim Cook ?

En tant que client Apple, je rejoins la position de Tim Cook et je suis satisfait que cette marque m'offre des garanties sur la protection de ma vie privée.
 
En tant que citoyen je suis choqué de constater que l'entreprise se refuse de fournir à un juge les moyens de "remonter" un réseau terroriste, même au nom de la protection de la vie privée.
En tant que citoyen et en tant que chercheur travaillant sur la question des traces numériques, je trouve inquiétant qu'il existe ainsi des "boîtes noires", des espaces non accessibles aux requêtes d'un juge dans le cadre d'une enquête criminelle, des espaces "imperquisitionnables". Jusqu'ici, à l'échelle de nos démocraties, aucun domicile, ni même aucun coffre bancaire d'aucune banque (sauf peut-être dans certaines îles des Caïmans, bon et en Suisse aussi d'accord ...) ne pouvait se soustraire à un mandat de perquisition en bonne et due forme.
Plus fondamentalement et comme se plaît à le rappeler Bernard Stiegler, je reste convaincu que la démocratie est avant tout un espace de "rendu public", et que la question du "rendu public" d'espaces ou de dispositifs entrant dans la sphère de notre "vie privée" sur requête d'un juge dans un état de droit ne devrait pas dépendre du seul bon vouloir d'un fabriquant de hardware.
 
Plus globalement enfin, je confesse être un peu perplexe devant ce qui me semble constituer une forme de "reductio ab absurdum" du débat autour de la vie privée ramenée aux quatre chiffres du code pin d'un smartphone, alors même que l'on connaît l'étendue des possibilités de cryptage / décryptage et l'extraordinaire diversité des outils permettant à un terroriste (ou à un citoyen lambda) de rendre très difficilement perquisitionnables ses différentes communications sur différents supports.
 
 
En tant que chercheur, je constate que la position d'Apple et de Tim Cook relève davantage du dogme et de la croyance plutôt que d'une simple mise en œuvre technologique d'une "privacy by design" et je rappelle que ce dogme de l'inviolabilité est à l'opposé d'une forme de laïcité numérique que je continue d'appeler de mes vœux et que je définissais comme suit :
Plus que de "privacy", c'est de laïcité numérique dont nous avons besoin, c'est à dire d'une séparation claire entre nos différents "états" et comportements sociaux et les régimes de données, "religions" marketing ou autres "croyances" algorithmiques qui leurs sont associées.
En d'autres termes, parvenir à déployer dans le cadre d'un écosystème informationnel connecté, la définition de la privacy telle qu'énoncée à la fin du 19ème siècle, c'est à dire à la fois un "principe de non-nuisance" et un "droit d'être laissé tranquille" (Casilli, 2014), y compris lorsque nous "emmenons", lorsque nous "embarquons" dans l'espace public des informations relevant de la sphère privée. Comme je l'expliquais déjà il y a longtemps, plus que d'un droit à la déconnexion, c'est d'un droit à la décontextualisation de nos pratiques et de nos usages dont nous avons besoin. Laïcité numérique donc : séparation de l'état des comportements sociaux et de l'église des données via ses différentes chapelles algorithmiques."
 
Enfin, en termes de storytelling, difficile de ne pas pointer le cynisme de la situation dans laquelle des firmes qui ne sont pas précisément connues pour disposer d'un modèle vertueux sur les questions des données personnelles se posent ainsi en chantres d'une défense de la privacy qui sert d'abord leurs intérêts commerciaux en leur permettant de se dédouaner des traitements par ailleurs très "permissifs" qu'elles s'autorisent, en lien ou non avec les autorités, sur nos données personnelles.

Comment lutter contre le terrorisme sans lutter contre la vie privée ?

Difficile également de ne pas établir de parallèle entre l'affaire "Tim Cook / FBI / San Bernardino" et l'extraordinaire déploiement d'énergie mis en œuvre par les gouvernements et les plateformes pour lutter contre la menace terroriste ...
Plateformes et opérateurs ont, de tout temps, collaboré avec les forces de police et la justice, et cette collaboration, dans un cadre légal - certes discutable pour reprendre l'exemple de la récente loi renseignement votée en France - cette collaboration ne fera que s'amplifier.
La pression que les politiques de tous bords mettent sur les plateformes - pour de bonnes ou de mauvaises raisons - ne cesse d'augmenter (de l’inénarrable Xavier Bertrand et son "Imam Google" jusqu'au au Premier ministre qui demande aux géants du web de passer à la contre-offensive, sans oublier bien sûr les maires des grandes villes déjà touchées par des attentats).
 
Pour autant il semble clair que "légiférer" sur la détection et la dénonciation de comportements terroristes sera de l'ordre de l'impossible  - les plateformes ne le veulent pas - ou nous amènera dans un monde que même Orwell n'aurait pas osé imaginer.
 
En tout état de cause, lutter contre la haine ou contre le terrorisme sur internet mobilise des rapports de force extrêmement complexes entre le code (informatique) et la loi, rapports pour l'instant à l'avantage du code. Blocage de sites et condamnation pénale de la visite de sites web sont autant de mesures parfaitement inutiles qui ne témoignent que de la méconnaissance que notre classe politique a du fonctionnement de l'écosystème internet.
 
Bien sûr certains usages bougent, notamment à l'initiative des plateformes qui, pour faire face aux accusations de complaisance ou de "laisser-faire", prennent d'elles-mêmes des mesures visant à propager des contre-discours, à renvoyer plus systématiquement vers des sites de "dé-radicalisation", les mêmes plateformes qui sont également beaucoup plus proactives dans le "nettoyage" des comptes identifiés comme terroristes ; à ce titre, la très jolie "Lettre ouverte" que Sébastien Bailly adressait à "Mark Zuckerberg, vendeur de canapé et de sondes urinaires, à propos de ma petite voisine qui envisage de se marier à distance avec un terroriste", semble avoir été lue et comprise.
 
Mais ce mouvement des plateformes s'accompagne dans le même temps du mouvement des organisations terroristes qui à leur tour migrent vers d'autres plateformes offrant d'autres garanties de cryptage et de sécurité : après le très controversé Telegram, c'est désormais Threema qui semble avoir leur faveur.
Seule certitude - que vient très heureusement de rappeler le Conseil Constitutionnel - la démocratie nécessite le recours à un juge.
 
Et nous nous retrouvons au final devant une situation dans laquelle les arguments autour de la neutralité des plateformes, de la lutte contre le terrorisme et de la défense de la liberté d'expression se répondent en écho dans un dialogue de sourds plombé d'un côté par des arguments économiques et de l'autre par une classe politique qui considère qu'internet est une extension moderne de l'ORTF. Une situation où plus que jamais le code est la loi, et où donc désormais un code - pin  place l'ensemble des smartphones en dehors du champ de perquisition de toute enquête judiciaire, en dehors du pouvoir de rendu public de toute loi. Une situation ubuesque dans laquelle on ferme à la volée des comptes tenant des propos considérés comme faisant l'apologie du terrorisme mais où il est impossible d'accéder aux données du smartphone d'un individu - mort - ayant commis et revendiqué un acte terroriste qui a causé la mort de 14 personnes.

Bernardin de Sienne et Tim Cook

Le nom de la ville de San Bernardino fait référence au franciscain Bernardin de Sienne. Personnage controversé, brillant orateur, sa fiche Wikipédia nous apprend notamment qu'il dédia une œuvre entière à l'économie :
"Son Tractatus de contractibus et usuris (Traité sur les contrats et sur l'usure) est consacré à la justification de la propriété privée, à l'éthique du commerce, à la détermination de la valeur et des prix, et à la question de l'usure. Sa plus grande contribution à l'économie est la discussion et la défense de la figure de l'entrepreneur. (...) Bernardin observe également que l'entrepreneur est doté par Dieu d'une certaine combinaison de qualités qui lui permettent de réaliser ces actions utiles. Il identifie une combinaison rare des quatre qualités de l'entrepreneur : l'efficacité, la responsabilité, le travail, et la prise de risque. Très peu de personnes sont capables de posséder toutes ces vertus. Pour cette raison, Bernardin estime que l'entrepreneur gagne dûment les bénéfices qui lui permettent de rester dans les affaires et de compenser ses difficultés."
 
Efficacité, responsabilité, travail et prise de risque. Tim Cook incarne à merveille cette figure de l'entrepreneur. En faisant des iPhones autant de boîtes noires inviolables, il propose aux clients de la firme un dispositif certes redoutablement "efficace" et limite la "prise de risque" pour sa société en s'abritant derrière le paravent commode de la défense du droit à la vie privée dans un contexte où la surveillance d'où qu'elle vienne n'a pas bonne presse. Mais la "responsabilité" de l'entrepreneur Tim Cook se trouve ici engagée bien au-delà de la seule affaire de l'iPhone du terroriste mort de San Bernardino : une fin de non-recevoir adressée à la justice et quatre chiffres qui fracassent de manière irrémédiable la conception d'une démocratie ouverte dans laquelle, si l'on veut que nul ne soit au-dessus des lois, il faut peut-être commencer par réfléchir à la posture de ceux qui fabriquent et vendent des dispositifs de connexion et de stockage résistants à tout processus d'investigation permis par les lois, des dispositifs littéralement hors la loi.
 
On ne peut pas d'un côté condamner la multiplication des boîtes noires aux mains des États, s'alarmer en la déplorant de l'opacité des algorithmes des plateformes, et de l'autre réclamer un droit aux boîtes noires pour chaque citoyen, sauf à considérer qu'un citoyen doit d'abord jouir des prérogatives d'un client Apple. 700 millions de boîtes noires. Une démocratie de clients.
 
Olivier Ertzscheid, Maître de Conférences en Sciences de l'information et de la communication, Chroniqueur invité de UP’ Magazine
 
Cet article a été précédemment publié dans le blog d’Olivier Ertzscheid, Affordance.info, ISSN 2260-1856.
 
*Pour une vue claire et synthétique de cette "affaire" se reporter aux excellents articles du Monde et de Rue89. Pour les aspects techniques sur la manière dont fonctionne le chiffrement sur iPhone, Numerama vous dit tout et signale une analyse expliquant pourquoi Apple pourrait parfaitement répondre à la demande du FBI sans remettre en cause la sécurité ou le chiffrement de l'ensemble des iPhones.
 
 

 

développement durable

365 initiatives pour réinventer notre Monde

Efficycle vient de publier la 4ème édition de son hors-série, soutenu par le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, intitulé cette année « 2015 en 365 initiatives pour réinventer notre Monde » : cet eBook interactif, téléchargeable gratuitement, promeut ainsi les initiatives éco-responsables optimistes et concrètes, sources d'inspiration pour les citoyens comme pour les entreprises.
 
Efficycle publie son hors-série annuel « 2015 en 365 initiatives pour réinventer notre Monde », et propose sa sélection rétrospective de cette année riche en actualités éco-responsables, notamment à travers l’organisation de la COP 21. Soutenu par le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, cette 4ème édition se veut une source d’inspiration pour le grand public comme pour les professionnels en réunissant une sélection de 365 initiatives positives et concrètes pour changer notre Monde.
La jeune entreprise toulousaine, dont l’activité principale est la conception et la diffusion d’EffiNews – cinq veilles hebdomadaires thématiques du développement durable, souhaite ainsi mettre en avant les solutions existantes pour réduire nos impacts sur l’environnement et vivre dans un monde plus solidaire. 
Téléchargé plus de 150 000 fois en 2015, Efficycle souhaite doubler ce chiffre pour contribuer, cette année encore, à la diffusion massive de l’information durable. Au programme : solidarité, nouvelles technologies et innovations contre le changement climatique.
 
Fabien Baceiredo, dirigeant-fondateur d’Efficycle, revient sur sa démarche : « Nous vous proposons de découvrir 365 initiatives qui représentent selon nous de réelles solutions impactantes dans un monde en transition. Que vous les preniez en mains, ou qu’elles aiguisent simplement votre curiosité, ces initiatives seront a minima une source d’inspiration pour votre vie quotidienne, et, qui sait,  vous donneront peut-être soif d’aller plus loin dans votre rôle de citoyen de la Terre ! La sélection de ces 365 initiatives n’a pas été chose aisée sur les 35 000 repérées par Efficycle cette année, mais elles ont toutes un point commun : la preuve que chacun de nous peut agir pour réinventer notre Monde. » 

Au fil des saisons, prenons du recul sur 2015 et un nouvel élan pour 2016 

L’idée de ce hors-série est de sélectionner les 365 initiatives les plus pertinentes parues dans les médias francophones en 2015 autour du développement durable. Cette année encore, « l’innovation des choses simples », concept développé par Efficycle représentant l’ensemble des initiatives ingénieuses dont les usages sont emplis de bon sens pour les Hommes et la Nature, a la part belle : 
- La solidarité pour les sans-abris et personnes en difficultés économiques et sociales : des associations et simples citoyens réinventent des services pour aider les plus démunis dans leur quotidien,
- Les nouvelles technologies pour les personnes en situation de handicap : impressions 3D, objets connectés, services web… le numérique comme usage au service des déficients visuels, auditifs, moteurs…,
- Les innovations pour réduire notre impact sur l’environnement : la COP 21 a eu comme effet de rendre l’espace médiatique friand de solutions permettant de réduire nos consommations énergétiques, d’économiser nos ressources, de repenser notre façon de consommer, et plus globalement de limiter les effets négatifs de nos actions sur les changements climatiques en cours.
Ainsi, Efficycle propose aux initiatives et aux 120 médias présents dans son hors-série de profiter de cette tribune pour accroître leur visibilité en relayant l’eBook « 2015 en 365 initiatives pour réinventer notre Monde ». 
 
 

 

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