UP' Magazine L'innovation pour défi

société de l'information

Comment s'informent les Français ?

« Comment vous informez vous ? » : C’est la question que Médiamétrie a posée à plus de 3000 Français début 2016* dans le cadre de l’enquête Actu 24/7. La première vague de l’enquête avait été réalisée fin 2013. Les Français se montrent toujours « accros » à l’information et fidèles aux médias traditionnels (Radio, TV, Presse). Mais les réseaux sociaux sont un point d’entrée vers l’information qui progresse.
 *Etude réalisée dans le contexte d’une actualité post-attentats.
 
Vivre coupé du bruit du monde ? Ce n’est en aucun cas une pratique répandue. Au contraire, 98 % des 18 ans et plus déclarent consulter l’actualité dont 90 % quotidiennement ; et même plusieurs fois par jour pour près des deux tiers d’entre eux (63%). Ils ne sont que 2 % à ne jamais le faire, dont la moitié parce que « cela ne les intéresse pas ».
Réalisée du 27 janvier au 16 février 2016, auprès d’un échantillon de 3.105 individus représentatif des individus de plus de 18 ans, l’étude pluri-médias Actu24/7 confirme un appétit toujours vif pour l’actualité.
 
Entre 2013 et 2016, les habitudes sont restées assez stables, tant dans les moments privilégiés pour s’informer - le matin entre 6h et 9h et le soir entre 18h et 21h et en semaine davantage que le week-end -, que dans l’utilisation des médias traditionnels pour s’informer. Fait nouveau : l’étude 2016 met en lumière une progression significative de l’usage des moyens d’information numériques.
 
Ainsi, 38 % de la population – contre 34 % en 2013 - déclarent accéder à l’information depuis internet en passant soit par :
- Les pages d’actualité sur le web (à partir des portails web) ;
- Les pure players de l’information en ligne (Slate, Rue89, Mediapart, Huffington Post…) ;
- Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube, Google, Instagram… )
 
Ces canaux d’information sont majoritairement utilisés par les 18-24 ans (77%) et de de manière croissante par les CSP+ (49%).
« Avec 17% des individus qui déclarent s’informer par ce biais, contre 12% en 2013, le canal des réseaux sociaux prend de l’importance. Chez les 18-24 ans, il est même l’un des 3 moyens les plus utilisés, cité par 63 % des répondants, presque à égalité avec les chaînes d’information en continu (64 %), bien qu’encore loin derrière les journaux télévisés (84%) » commente Jamila Yahia-Messaoud, Directrice du département Comportement Média et Ad’hoc de Médiamétrie.
Le premier réseau cité par 83% des utilisateurs des réseaux sociaux est Facebook, devant Twitter (35 %) ou YouTube (32%). 51% des 18 ans et + qui consultent les réseaux sociaux pour s’informer en consultent au moins deux.
 

Un fil d’info personnalisé

Les réseaux sociaux répondent à deux attentes essentielles : l’immédiateté et la sélectivité d’informations pertinentes pour l’utilisateur. Pour la moitié d’entre eux, « la mise à jour rapide des informations » est évoquée comme une raison de passer par les réseaux sociaux pour s’informer. Mais le premier levier, cité par 51 % des 18 ans et plus qui consultent les réseaux sociaux, c’est leur capacité à proposer des contenus personnalisés, à centraliser et permettre de choisir les informations qui les intéressent.
 
Les réseaux sociaux délivrent un « fil d’info personnalisé », une information adaptée aux préférences de l’utilisateur, qu’elle soit « poussée par les proches, l’entourage ou par le réseau lui-même » grâce aux algorithmes qui ont appris à connaître l’utilisateur, détaille Jamila Yahia-Messaoud.
 
Ce phénomène fait écho à la part croissante des individus se déclarant sélectifs, ne s’intéressant qu’à certains sujets : ce groupe rassemble 22 % des individus en 2016, soit 4 points de plus qu’en 2013.
D’ailleurs, si l’intérêt pour l’information est largement partagé dans la population et que certaines thématiques intéressent plus que d’autres (notamment les sujets santé/sciences, l’actualité internationale ou la culture), les préférences sont plus ou moins marquées selon le profil des individus : les seniors aiment l’actualité locale ; les jeunes, les sujets autour des nouvelles technologies.

Complémentaires aux médias traditionnels

Pour autant, ce moyen d’accès à l’information est perçu comme complémentaire des médias traditionnels, sans les remplacer. La première activité des individus qui s’informent sur les réseaux sociaux consiste à « lire des articles partagés par ses amis » (84 %), articles souvent issus de pages de médias traditionnels. De plus, 51 % s’informent sur les réseaux sociaux en suivant la page d’un média traditionnel.
 
Consulter les réseaux sociaux n’est pas pour autant s’en satisfaire. Alors que la palme de la satisfaction en termes d’information revient aux radios généralistes (notées 7,4 /10), suivies de la presse quotidienne nationale, des chaînes d’information en continu…, les réseaux sociaux arrivent en queue de peloton, avec une note de satisfaction de 6,6, qui n’a pas progressé depuis 2013, contrairement à celles des radios généralistes de la presse quotidienne ou des journaux télévisés. Même chez les 18-24 ans qui en sont les plus gros utilisateurs, ils recueillent une note de satisfaction inférieure à celles des radios, de la PQN ou des chaînes d’information en continu.
 
Perçus comme des fils d’information en temps réel, des médias innovants, les réseaux sociaux ne proposent cependant pas de recul sur les événements, ni la capacité à les analyser, d’après les personnes interrogées.
Or deux des critères de satisfaction les plus importants concernant les moyens d’information sont de fournir une information bien détaillée et analysée ainsi que de permettre de prendre du recul sur celle-ci. Comme en 2013, on attend des moyens d’information qu’ils apportent en premier lieu des enquêtes et des analyses d’experts. Ainsi, le journal télévisé reste une valeur sûre, utilisé par 80 % de la population pour s’informer. 64 % des jeunes de 18 à 24 ans déclarent s’informer via le JT, ce qui ne signifie pas un suivi régulier mais démontre qu’il reste un moyen incontournable pour eux. Les chaînes d’information en continu gagnent du terrain.
 
La limite des réseaux sociaux pour s’informer est particulièrement sensible en cas d’événements marquants, définis comme inattendus ou importants.
Ces circonstances modifient les habitudes de consultation de l’information, avec une intensification de l’usage des chaînes d’information en continu (qui passent de 52 % de la population qui les consultent en temps normal à 59 % lors d’un événement marquant). Cette progression se fait au détriment des autres médias, notamment des réseaux sociaux (17 % de consultation en temps normal, 16% en cas d’événements marquants). Un signe que même si un réseau social comme Facebook est entré de plain-pied dans le circuit de l’information sur l’événement, en lançant notamment le « Safety Check » lors des attentats de Paris, les réseaux sociaux restent loin derrière les chaînes d’information quand surgit une actualité forte - bien que plus utilisés qu’en 2013 (16% en 2016 vs.12% en 2013) - qui suscite une attente d’approfondissement des faits et de suivi en direct.
Source : Isabelle Repiton - Mediametrie 29/11/2016
 

 

 

Facebook hoax

Fausses informations : le dilemme de Facebook

La bataille contre les fausses informations, accusées d'avoir contribué à la victoire du républicain Donald Trump, s'intensifie aux États-Unis, avec une pression particulièrement forte sur Facebook, même si Twitter et Google sont également visés. Google et Facebook ont pris des mesures la semaine dernière pour assécher les revenus publicitaires des sites de "hoax" (canulars). Mais certains réclament davantage, appelant notamment à considérer Facebook comme une entreprise de médias avec une responsabilité éditoriale, une dénomination que le réseau refuse jusqu'ici.
 
"Ils font la même chose que pratiquement toutes les entreprises de médias, à savoir agréger des audiences et utiliser cela pour vendre de la publicité", avance Gabriel Kahn, un ancien journaliste qui enseigne à l'université de Californie du Sud. D'après lui, en se représentant comme une plateforme "neutre", Facebook "permet à l'écosystème médiatique d'être pollué" avec des hoax.
 
Margaret Sullivan, qui tient une rubrique consacrée aux médias dans le Washington Post, a suggéré que Facebook "devrait embaucher un rédacteur en chef de haut niveau et donner à cette personne les ressources, le pouvoir et les équipes pour prendre des décisions éditoriales solides".
 
Elad Gid, un entrepreneur du secteur technologique, a également estimé que cela ne devrait pas être très difficile de déterminer si un article est un canular pour une entreprise ayant l'expertise technique de Facebook. "Etonnamment, un groupe d'étudiants de Princeton a été capable de créer à la va-vite un classificateur de fausses informations durant un hackathon de 36 heures", une compétition entre programmeurs, a-t-il souligné dans un blog.

Arbitres de la vérité

Le réseau social a promis d'intensifier ses efforts pour éliminer les fausses informations, avec "une détection renforcée", une procédure simplifiée de signalement par les utilisateurs et "une vérification par des parties tierces", comme par exemple "des organisations respectées de vérification des faits", selon son PDG-fondateur Mark Zuckerberg.
 
Il a toutefois appelé à la prudence. "Les problèmes sont complexes, à la fois techniquement et philosophiquement", a-t-il argumenté la semaine dernière dans un message publié sur le réseau. "Nous sommes persuadés qu'il faut donner la parole aux gens. (...) Nous ne voulons pas être des arbitres de la vérité nous-mêmes".
 
Dan Kennedy, professeur de journalisme à la Northeastern University, juge également important de faire la différence entre les sites "attrape-clics", qui ont été découverts jusqu'en Macédoine et cherchent uniquement à gagner de l'argent avec de fausses informations sensationnalistes, et des sites d'informations ayant des motivations politiques. "Je pense que Facebook pourrait faire beaucoup de choses pour lutter contre les fausses informations, et je pense que c'est quelque chose sur lequel tout le monde pourrait s'entendre, mais s'il essaye de s'attaquer aux sites ayant des motivations idéologiques, il va inévitablement se trouver pris dans les guerres de culture", prévient-il.

Faire le tri ou censurer ?

Dans un contexte de méfiance croissante du public envers les médias établis, toute tentative pour filtrer les voix divergentes pourrait "conduire à raviver d'anciennes polémiques sur les biais des médias", poursuit M. Kennedy.
 
Scott Shackleford, éditeur du magazine Reason, juge lui aussi difficile de tracer une limite entre le filtrage des fausses informations et la censure de contenus aux motivations idéologiques: "Si Facebook prend la décision de censurer les +fausses nouvelles+, cela pèserait lourdement en faveur des plus +puissants+ organismes de médias traditionnels".
 
Dans un blog, Jeff Jarvis, professeur de journalisme à l'université de New York, et John Borthwick, un entrepreneur, ont estimé que la solution devrait plutôt passer par davantage de coopération entre le secteur technologique et celui des médias afin d'aider les utilisateurs à évaluer la crédibilité des contenus. "Nous ne pensons pas que les plateformes devraient être mises en position de juger ce qui est vrai ou faux (...) comme des censeurs", écrivent-ils. Mais elles "ont besoin de donner de meilleures informations et les médias ont besoin de les aider".
Ils suggèrent aussi aux plateformes en ligne d'embaucher des journalistes afin "d'apporter un sens de la responsabilité publique à leurs entreprises" et "d'expliquer le journalisme aux techniciens et la technologie aux journalistes".
 

 

 

Edward Snowden

Snowden a-t-il changé le monde ?

Au moment où le film d’Oliver Stone consacré à la vie d’Edward Snowden sort dans les salles de cinéma on peut se demander si les révélations du lanceur d’alerte le plus célèbre au monde ont eu un réel impact sur la société. Patriote idéaliste Snowden semblait réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Mais ce qu’il y découvre le scandalise : un système de cybersurveillance d’une ampleur insoupçonnée. Choqué par ces intrusions massives et organisées dans nos vies privées, il décide de tout dévoiler. Que reste-t-il de ces révélations qui ont constitué un des plus grands scandales contemporains ?

 

La prise de conscience généralisée de la surveillance de masse des États sur les individus générée par le fameux lanceur d’alerte est allée bien au-delà d’un bout de scotch sur la webcam de votre ordinateur !

Montée en puissance des lois sur la protection des données personnelles… même aux USA

La prolifération récente de lois sur la protection des données personnelles ou leur amendement (Omnibus Data Protection Laws) au Brésil (2014), Japon (2014), même en Russie (2014 aussi…) et en Turquie (2016)… repose sur le droit fondamental à la protection de la vie privée et familiale (art. 12 Déclaration universelle des droits de l’homme).

Une fois cette base posée, les droits individuels reconnus aux personnes et les obligations imposées aux responsables de traitement et à leurs sous-traitants varient nettement d’un État à l’autre qu’il s’agisse du consentement au traitement des données, de la notification des failles de sécurité ou de la nomination d’un responsable à la protection des données.

 

Affiche du film.

Ainsi, si l’on observe le niveau de protection des données personnelles offert aux USA, force est de constater qu’il est loin d’être « adéquat » comme le Privacy Shield le laisserait croire. En effet, les attendus de l’arrêt Schrems sont ignorés par cette décision entrée en vigueur cet été dans l’indifférence générale : la Cour de Justice de l’Union européenne avait notamment critiqué le fait que les autorités publiques américaines pouvaient accéder de manière massive et indifférenciée aux données transférées via le Safe Harbor ce qui privait de protection juridique efficace les personnes concernées. Cette décision vient justement d’être attaquée devant la même juridiction par le lobby irlandais pro vie privée Digital Rights.

Aux USA, la protection de la vie privée et la sécurité en ligne occupent justement le devant de la scène avec l’adoption de règles par la Commission Fédérale des Communications (FCC) le 27 octobre dernier sur la vie privée en ligne et la sécurité des données.

Partant du constat que les fournisseurs d’accès Internet ont un accès en clair à toutes les données de leurs clients : activité en ligne, applications, objets connectés, la FCC en déduit qu’ils peuvent traquer en temps réel leurs activités, leur état de santé, leurs problèmes financiers.

Le consentement explicite des usagers sera plus souvent requis pour la collecte et le traitement des données personnelles sensibles : géolocalisation, données financières et de santé, mais aussi la navigation et l’historique de l’utilisation des apps. Mais pour les autres données personnelles identifiantes, le système reste l’opt-out, or les consommateurs ignorent toujours comment faire pour s’opposer à cette immixtion dans leur vie privée !

Autre faille majeure du texte : il ne s’applique pas aux moteurs de recherche et aux sites Internet ! ! !

La protection des données personnelles provoque donc un vif débat outre Atlantique : une preuve de plus que le Privacy Shield ne tient pas la route…

Renforcement de l’efficience des droits individuels surtout en Europe

Les droits des personnes sur leurs données sont affirmés tant par le règlement européen général sur la protection des données personnelles (RGDP) que par la jurisprudence européenne ouvrant largement le prétoire de la Cour européenne des droits de l’homme aux personnes pouvant faire l’objet de mesures de surveillance.

Simultanément, les pouvoirs de sanction des autorités de protection des données nationales et européenne augmentent (3 millions d’euros pour la CNIL, 20 millions d’euros selon le RGDP). Leur action se trouve soutenue par les instances de protection des consommateurs (Commission des clauses abusives, DGCCRF en France et Federal Trade Commission aux USA) qui pointent du doigt les déséquilibres nocifs pour les internautes habilement cachés dans les conditions d’utilisation des services en ligne ou les politique de confidentialité.

Surprise du chef, les autorités de la concurrence s’en mêlent et enquêtent sur le possible abus de position dominante dont les géants de la toile seraient coupables en capturant autant de données personnelles mettant ainsi en exergue les interactions entre le big data et les concepts familiers du droit de la concurrence.

Davantage de transparence ?

Depuis les révélations de Snowden, de plus en plus d’entreprises américaines (Google, Yahoo, Facebook, Airbnb…) communiquent sur les accès demandés par les autorités nationales via leurs « Rapports de transparence » qui détaillent le nombre de requêtes de données d’utilisateurs, l’origine de la demande et parfois l’autorité nationale de qui elle émane ce qui met en lumière l’activité gouvernementale.

Il est assez ironique de constater que cette « transparence » (outil marketing ?) émane des principaux sites de collecte massive de données personnelles. De plus, dès lors que le gouvernement américain interdit d’y distinguer ce qui relève du Foreign Intelligence Surveillance Act (lutte contre l’espionnage ou le terrorisme) ou du Patriot Act (Loi pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme) la transparence reste limitée. Quant à la NSA, elle assure dans son propre rapport de transparence, qu’elle fait bien son travail

Gardons aussi à l’esprit que nous sommes en premier lieu, mais seulement dans une certaine mesure, maîtres des données personnelles que nous partageons via nos interfaces de navigation, applications mobiles et réseaux sociaux grâce à la gestion des paramètres de confidentialité de nos iBidules (géolocalisation, services système…).

Commençons donc à changer nos habitudes et calmons le geek qui est en nous !

Nathalie Devillier, Professeur de droit, Grenoble École de Management (GEM)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Image d'en-tête : Edward Snowden (Joseph Gordon-Levitt). Universum FilmThe Conversation

 

 

Donald Trump

Trump investi par les Républicains : «désastreux pour l’innovation»

La victoire du candidat républicain lors de l’élection présidentielle de novembre prochain serait « désastreuse pour l’innovation ».  Le 14 juillet, 150 entrepreneurs, investisseurs et dirigeants de la high-tech américaine, tous ceux qui font le gratin de la Silicon Valley, avaient publié une lettre ouverte au vitriol. Parmi les signataires de cette lettre ouverte, on retrouve des stars et des légendes : Steve Wozniak, le cofondateur d’Apple avec Steve Jobs, le fondateur de Twitter, celui d’eBay, de Wikipedia, etc. Un véritable who’s who de l’Internet et de l’économie numérique.
 
Coup d’épée dans l’eau car, désigné formellement mardi, lors de la Convention de Cleveland, Donald Trump représentera les Républicains dans la course à la Maison-Blanche. Cette décision que de nombreux américains redoutaient est désormais entérinée. Elle ne fait pas le bonheur de tout le monde.
 
Pour les signataires de cette lettre ouverte, qui précisent exprimer des opinions personnelles et ne pas parler au nom de leurs entreprises ou institutions, Trump n’est pas compatible avec leurs idéaux : « Sa vision s’oppose à l’échange d’idées, à la libre circulation des personnes et aux relations productives avec le reste du monde qui sont vitales pour notre économie et représentent les fondations de l’innovation et de la croissance ».
Ils pointent la volonté affichée maintes fois par le candidat de fermer en partie Internet au nom de la sécurité nationale. Selon eux, « Cela démontre à la fois un piètre jugement et l’ignorance de la manière dont fonctionnent les nouvelles technologies ».
 
L’autre sujet du courroux concerne l’immigration, sujet sur lequel Donald Trump a des positions pour le moins tranchées. Or la Silicon Valley est un melting pot où toutes la nationalité du monde se côtoient et travaillent ensemble. Chacun a sa chance de réussir, quelle que soit son origine. Cette pratique est devenue un emblème de la high-tech américaine à tel point qu’une demande récurrente des patrons de sociétés technologiques est l’élévation du quota d’immigrés pour assurer des postes d’ingénieurs hautement qualifiés. Les signataires soulignent : « Nous croyons qu’une politique progressiste en matière d’immigration nous aidera à attirer certains des plus brillants esprits sur Terre — des scientifiques, des entrepreneurs et des créateurs. En fait, 40 % des sociétés du classement de Fortune 500 ont été fondées par des immigrés ou par leurs enfants ».
 
Plutôt que la candidature « créant des divisions » de Donald Trump, ils disent vouloir « un candidat qui embrasse les idéaux ayant construit le secteur technologique américain : la liberté d'expression, l'ouverture aux nouveaux venus, l'égalité des chances, les investissements publics dans la recherche et les infrastructures, et le respect du droit ».
 
Parallèlement à cette lettre, plusieurs sociétés technologiques ont déjà décidé de réduire leur contribution au parti Républicain et ne pas sponsoriser la convention de Cleveland. C’est le cas d’Apple, de Microsoft (qui se contenteront de fournir quelques matériels informatiques) et de HP. Seuls Google et Facebook ont choisi de maintenir leur participation financière en arguant ne pas vouloir froisser une partie de leur audience.
 
Illustration d’en-tête : Paul Moyse
 

 

Pokémon Go

La folie Pokémon Go gagne la planète

Des joueurs chassant des Pikachu et autres Bulbizarre dans un hôpital d'Amsterdam, des « battues » organisées à Sydney, des jeunes américains se hasardant en terrains interdits : la folie Pokémon Go, ce jeu de réalité augmentée qui permet d'attraper ces créatures virtuelles envahit le monde.
Le phénomène devait débarquer en France le 15 juillet mais les attentats de Nice ont conduit à reporter le lancement, « Pokémon Go pouvant provoquer des attroupements durant une période inappropriée » selon le site spécialisé IGN France.
 
Dans les parcs, les stations de métro, les cafés, les terrains vagues... partout le même spectacle. Le nez collé au smartphone, des « chasseurs » tentent de mettre le grappin sur les petits personnages fictifs, dans un monde bien réel.
 
Depuis la semaine dernière, le jeu gratuit Pokémon Go, qui repose sur la réalité augmentée, cette technologie qui ajoute des éléments virtuels sur le monde réel perçu par l'appareil photo des téléphones intelligents, est disponible aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il utilise la géolocalisation pour permettre à ses utilisateurs d'attraper des Pokémon, ces petites créatures aux formes et aux pouvoirs magiques multiples, popularisées il y a près de deux décennies.
 
Le succès du jeu, téléchargé à ce jour plus de 7 millions de fois, repose en partie sur l'imbrication du réel et du virtuel. « C’est cool de jouer vraiment comme un entraîneur de Pokémon dans la vraie vie », raconte Lucas Garcia, un californien de 17 ans, fan du jeu depuis la version Nintendo à la fin des années 1990. « C’est sympa d'avoir un jeu vidéo qui vous fait vraiment marcher au lieu d'être assis devant son écran de télévision à tenir une manette ».
 
Près d'une semaine après sa sortie, Pokémon Go fait figure de jeu le plus rentable sur les plateformes de téléchargement d'applications des géants Google et Apple. L'application est la plus téléchargée de l'AppStore et concurrence Twitter en termes de trafic généré sur internet. Pokémon Go a généré plusieurs millions de dollars de revenus et lundi, il avait même contribué à faire bondir de 25% l'action de Nintendo.

Jeunes détroussés

L'insolente réussite du jeu, autrefois perçu comme la chasse gardée des pré-adolescents, a quasiment viré à la folie ces derniers jours. Les incidents se sont multipliés aux États-Unis, au point que les autorités américaines demandent désormais aux joueurs de ne pas s'introduire dans des propriétés privées ou dans des zones interdites au public pour tenter d'attraper un Pokémon.
 
Cela est en grande partie due au fonctionnement intrinsèque du jeu, fondé notamment sur des Pokéspots, lieux qui constituent les repaires des créatures en fonction de leurs caractéristiques, qu'elles soient plutôt attirées par l'univers urbain, l'eau, le feu, l'herbe etc.
La police du Missouri a quant à elle déploré que quatre joueurs ont déjà été attirés dans des traquenards pour être dépouillés et a appelé à la « vigilance ».
 
Les rappels à la décence se sont également multipliés, comme celui mardi d'Andrew Hollinger, directeur du musée de l'Holocauste à Washington. « Jouer à ce jeu n'est pas approprié dans le musée, qui est un mémorial pour les victimes du nazisme », a-t-il confié au Washington Post.
 
Un hôpital néerlandais, le Centre médical universitaire d'Amsterdam, a lui promis mardi de « prendre soin » d'un Pokémon malade, dans l'espoir de tenir éloignés des joueurs quelque peu envahissants. « Depuis hier, nous avons constaté des groupes de jeunes se baladant avec leurs téléphones portables dans le bâtiment, dans des endroits où ils ne devraient pas être, notamment au sous-sol où sont stérilisés les vêtements ", a confié à l'AFP une porte-parole de l'hôpital.
À Sydney, des milliers de personnes s'étaient réunies dimanche pour une « battue » en quête de Pokémons dans le centre historique de la capitale australienne, notamment dans son jardin botanique.
 
Mardi, les serveurs qui hébergent l'application ont même sauté face à la demande.
 
Selon le journal Le Monde, le lancement français de Pokémon Go aura finalement lieu « mercredi ou jeudi », selon l’agence de communication du jeu. Elle mettra fin à plusieurs jours d’attente et d’incompréhension. Depuis quarante-huit heures, le compte officiel de l’application ludique, faisait face à la gronde des joueurs s’agaçant de son indisponibilité officielle dans l’Hexagone.
 
Source : AFP
 

 

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