UP' Magazine L'innovation pour défi

médias et innovation

Sparknews ou l'information généreuse

100 millions de lecteurs. 40 journaux du monde entier. Ce sont les résultats de la participation à la 2ème édition de l’Impact Journalism Day initié et coordonné par Sparknews. Le 20 septembre dernier, ces journaux ont publié en moyenne huit pages sur des solutions concrètes qui changent le monde. Le but : inspirer les lecteurs pour qu’ils deviennent à leur tour acteurs du changement. 

Sparknews est une entreprise sociale qui identifie et valorise les initiatives à fort impact social à travers trois outils : une plateforme vidéo collaborative (www.sparknews.com), l’Impact Journalism Day (et ses déclinaisons) et des missions de conseil en entreprises. L'Impact Journalism Day fédère les rédacteurs en chef des plus grands journaux du monde, fruit d'un travail collectif mais surtout d'une sensibilité sociale très forte de la part de son fondateur, Christian de Boisredon. Il le dit lui-même : « L’impact journalism c’est la valorisation du double impact que peut avoir un journaliste : il a un premier impact lorsqu’il dénonce un problème et nous alerte, mais il peut avoir un double impact lorsqu’il présente, en plus, une solution concrète qui répond à ce problème, en nous donnant des pistes pour agir. Et toutes les études témoignent d’attente pour ce type de contenus.» UP' Magazine ne pouvait manquer une rencontre avec cet entrepreneur social passionné.

 

www.sparknews.com

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Amaury Lab : lancement de l'appel à candidatures

C'est demain, mercredi 12 novembre 2014, que l'appel à candidatures sera lancé par l'Amaury Lab. Un nouvel incubateur, premier en son genre puisque créé par un groupe de presse en France, pour des stratups de l'univers du digital dont les prototypes sont à l'avant-garde de l'innovation sur des sujets en synergie avec les médias. Cette première promotion est dédiée à "l'information connectée".

Développé en partenariat avec Paris Région Lab, l’Amaury Lab a pour but de favoriser le développement des startups dans le secteur des médias numériques tout en profitant de leur savoir-faire pour établir des passerelles entre elles et le groupe Amaury, qui détient des titres comme LeParisien-Aujourd’hui en France, le quotidien sportif L’Equipe ou France Football.

Pour intégrer cet incubateur, les jeunes pousses du numérique sont invitées, à partir du 12 novembre, à déposer leur candidature, et ce, pendant 8 semaines -jusqu'au 7 janvier 2015. Cette première promotion aura pour thème "l’information connectée" autour de trois sujets ciblés : le big data, les objets connectés et l’expérience digitale.

1. Data et Information connectée :
Développement d’algorithmes et moteurs de recommandation pour valoriser des contenus,
Utilisation du Big Data pour repenser la diffusion auprès des audiences,
Futurs vecteurs de monétisation.

2. Medias et expérience digitale :
Création d’une nouvelle expérience utilisateur pour favoriser l’engagement des audiences : nouvelles écritures, gamification des contenus…
Diffusion omnicanale des contenus : plateformes vidéos, second écran, réseaux sociaux, social TV, mobiles / tablettes et applications….

3. Informations et objets connectés :
Objets connectés dédiés à l’information, nouveaux contenus et services embarqués, Cloud et information.

Les startups qui souhaitent être incubées peuvent déposer leur dossier de candidature ici.

Le contenu du programme s’appuie sur quatre piliers

- Des locaux mis à disposition en partenariat avec Paris Région Lab.
- De l’accompagnement individualisé, grâce aux Experts métiers du Groupe Amaury et des professionnels de l'écosystème startups.
- L'accès à des formations spécifiques, proposées par la société LearnAssembly dans le cadre spécifique d’un partenariat avec le Groupe Amaury.
- La possibilité d’expérimenter leurs projets en conditions réelles sur les plateformes du Groupe Amaury (Le Parisien, L’Equipe, Régie Amaury Médias).

"La création de l’incubateur Amaury Lab va être un formidable accélérateur de l’innovation au sein du Groupe et va irriguer l’ensemble de nos filiales. Avec Amaury Lab, nous souhaitons accompagner le développement de jeunes startups et tester de nouvelles offres et technologies." Philippe Carli, Directeur Général du Groupe Amaury.

(Source : pic.agorize.com)

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Et si nous traitions les avènements ?

Aujourd’hui s’ouvre à Oran, le Congrès international féminin pour une culture de paix. Un mois après l’assassinat d’Hervé Gourdel, cet événement placé sous haute sécurité, entend témoigner qu’il y a d’autres nouvelles que la spirale de la peur. Organisée par la Fondation Djanatu Al-Arif (Le paradis du connaissant) et l’ONG internationale AISA portée par le Cheik soufi Khaled Bentounes, cette semaine d’échanges interculturels mise sur « l’énergie féminine (des femmes comme des hommes), porteuse de paix par essence. Cet engagement dans des cohabitations non plus subies mais fécondes pour soutenir un « mieux vivre ensemble » entend valoriser les initiatives multiples contre les replis identitaires.

Témoin et acteur de ce mouvement, Patrick Busquet est en poste à Kinshasa (République démocratique du Congo) pour la Fondation Hirondelle (www.hirondelle.org). Expert en mission auprès de l’ONU et ancien grand reporter, il exhorte à sortir de l’égocentrisme ambiant, d’un encodage des cerveaux à la violence, et propose de nous centrer sur les valeurs humaines partagées et les enjeux constructifs.

Pensez vous que les médias peuvent contribuer à une culture de paix ?

Patrick Busquet : Voici dix ans, alors que je dirigeais à Paris une équipe pour la création d’une agence d’information dédiée aux innovations sociales et sociétales, nous avions réalisé une étude afin d’évaluer la part positive des contenus diffusés par les médias français. Le résultat était inférieur à 1% !

Ce 1% englobait de la belle histoire individuelle sans intérêt collectif (par exemple : un parachutiste saute d’un avion en ayant oublié son parachute, un autre se précipite, le rattrape et lui permet de toucher terre sans dommage) ; des thèmes de développement personnel, dont beaucoup, bien qu’intéressants et utiles, sont plus égocentrés que d’intérêt général, et des informations constructives sur des sujets ayant un intérêt général, orientés vers l’amélioration de la vie (par exemple : Barefoot College, ce centre de formation créé par Bunker Roy en Inde, qui transforme des femmes analphabètes en ingénieures en énergie solaire).

99% des contenus produits, à l’époque par les médias français, étaient polarisés sur les catastrophes, les guerres, les tensions et les conflits de toutes sortes, le business, l’actualité événementielle, le divertissement et la distraction, le ragot, les stars, le débat et la polémique, le commentaire, le commentaire du commentaire, etc. Il s’agit là d’un encodage des cerveaux à la violence (y compris celle qui ne s’exprime pas par le conflit), la violence des tragédies mais aussi celle des réalités illusoires et artificielles. 

Cet encodage agit par une parole à fragmentation (comme il existe des bombes à fragmentation) : les contenus fabriqués par cette parole, dans les médias ou dans nos échanges courants, réduisent la vie à une pulvérisation d’histoires. Cette narration du monde est loin, très loin de dire la vie, quoique en prétendent les médias, particulièrement ceux de masse.

Quelle forme donnons nous donc au monde ?  

PB : Par le biais des technologies, environ 4 milliards de personnes sont devenues… des médias puissants. Depuis 2012, nous produisons et diffusons plus de contenus que tous les médias du monde. Il s’agit, massivement, de contenus presque jamais vérifiés, souvent de rumeur, de fausseté, de futilité ; ces derniers expriment surtout des opinions, des expressions narcissiques dans une recherche de profits, de jouissance immédiate… Une minorité de ces contenus apporte des éclairages justes et originaux, partage des expériences utiles, est éclairée par le génie humain.

Ainsi, les médias et les publics, sont mus par de la négativité (esprit de division, de compétition et de conflits entre les personnes, entre les représentations culturelles, entre les organisations, entre les nations). Bien sûr, ils peuvent se mobiliser pour la beauté ou la générosité, mais ces logiques n’ont aujourd’hui qu’une place résiduelle.  

Ces regards négatifs n’ont pas été créés par les médias. Nous sommes leur origine. Nous les transmettons à nos enfants dès leur conception, dans le bassin des femmes, dans nos familles, dans nos milieux privés, dans les systèmes que nous créons. Ainsi nos messages, médiatiques ou de conversation, maintiennent le monde dans le pire (désenchantement, irresponsabilité, désespérance collective…).

Ainsi, nous construisons la vision par laquelle nos enfants donneront, à leur tour, forme au monde. Mais, sommes-nous obligés de parler à nos enfants comme les médias nous parlent ? Pourquoi ne pas faire l’effort de chercher, sous les couches des apparences, les jeunes pousses de véritable libération ? Pourquoi ne pas ouvrir une conversation avec les médias ?

La responsabilité des médias et des individus est intimement fusionnée. Les médias ne sont critiquables que dans la limite de notre influence sur eux. Parce qu’ils ne diffusent que les contenus que nous validons. Par les médias, nous imposons les formes de société que nous désirons. Autrement dit, les 99% de contenus négatifs que j’évoquais, sont en rapport avec notre part d’ombre. Donc, la situation actuelle, catastrophique pour la santé psychique de l’humanité, peut changer, par l’œuvre d’un choix qui dépend… de nous.

La parole est-elle devenue toxique ?

PB : Et si l’humain ne savait pas parler ? Et si la guerre était née de l’aphasie humaine ? Pour sortir de sa guerre civile, l’humain ne doit-il pas donner un langage commun à la diversité de sa famille ?

Vous savez la Fondation Hirondelle, a été créée par des journalistes suisses, à la suite des massacres entre Hutus et Tutsis, du côté du Rwanda et du Congo. Depuis 20 ans, elle installe des médias dans des zones de crises. Elle installe prioritairement des radios qui sont les média les moins intrusifs. La voix accompagne, tandis que la lecture oblige à se mobiliser et que l’image détourne, souvent, son sujet au profit d’elle-même.

En République démocratique du Congo, la Fondation Hirondelle travaille avec 90 radios communautaires, sur 400 qu’en compte le pays. Elle a créé aussi, voici 13 ans, Radio Okapi pour la Mission de paix de l’ONU, la Monusco. C’est la radio la plus importante du pays. Quand interviennent des actes tragiques, les auditeurs et les auditrices dénoncent les crimes auprès de Radio Okapi, bien avant se tourner vers les autorités de police ou de justice.

Certains journalistes, telle Caddy Adzuba, ré­compensée la semaine dernière par le prix Concorde de la Fondation Prince des Asturies, à Oviedo (Espagne), pour son action de lutte pacifique contre la violence faite aux femmes (il y a en moyenne 36 viols par jour en RDC), contre la pauvreté et la discrimination, sont des héroïnes et des héros aussi admirables qu’ordinaires.

Vous pronez un changement d’attention…

PB : Nous savons être magnifiques dans le malheur et l’urgence. Nous pouvons le devenir dans le quotidien. Nous pouvons traiter notre intoxication négative, gravement avancée, en accordant moins d’espace mental aux événements, en repositionnant nos regards sur les avènements, c’est-à-dire sur les enjeux de la construction du futur et les réponses proposées. Cela veut dire encourager une nouvelle architecture de la parole agissante qui cerne un enjeu, un contexte, une réponse, un effet et qui met en conversation nos expériences, pour les mutualiser. Pour en sublimer aussi les difficultés, et ainsi entrer dans une conversation non plus des seules idées, mais des actes : cette conversation des expériences installera peu à peu notre universalité, elle nous hissera dans cette humanité dont nous portons la promesse, tout en la détruisant par la négativité que nous avons accumulée au fil des générations et des enfermements comportementaux. La conversation des expériences équilibrera la conversation des idées qui, souvent, nous emporte vers les idéologies et la guerre.   

La culture de paix s’installera dans le monde, si nous jardinons les initiatives en ce sens, et si développons un « Langage des expériences ». Pour faciliter la transformation du monde, nous devons modifier nos représentations. Pensez-vous que nous aiderons à l’émergence d’une culture de paix si nous continuons à confondre, par nos médias et par nos conversations les mondes islamo/persan/arabe/tchétchène/afghan/asiatiques ou banlieusards des pays riches, etc. avec les organisations violentes qui prennent l’Islam en otage ?  De même, nous mélangeons souvent les croyances religieuses avec les dictatures morales et sociales, qu’elles soient sexuelles,  vestimentaires, coutumières, etc. ?

Si nous faisions l’effort de parler davantage des villages judéo-palestiniens vivant en paix, éduquant à la paix, des expériences hospitalières ou éducationnelles de même esprit, pensez-vous que ces paroles ne produiraient pas d’effet positif ? Pensez-vous qu’une parole apaisée des femmes, entre elles, avec leurs conjoints, avec leurs enfants, avec leur environnement, n’assècherait pas les barbaries, peu à peu ?

Propos recueillis par Dorothée Browaeys, Rédactrice en chef adjointe UP' Magazine

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Remise des 5ème Prix Reporters d'espoirs

"Mettre à l’honneur les journalistes qui médiatisent des réponses concrètes, innovantes et impactantes aux enjeux de notre époque ": il y avait de quoi susciter l'intérêt de UP' Magazine et de s'engouffrer au sein de la grande messe du Conseil économique, social et environnemental ce lundi 13 octobre ! 

Reporters d’Espoirs, ONG militante de la promotion dans les médias d'informations et de contenus porteurs de solutions, a remis son 4e prix éponyme à des journalistes médiatisant des initiatives et des solutions concrètes en réponse aux grands défis et enjeux de notre époque.

Parmi ses actions, le Prix Reporters d’Espoirs qui, depuis sa création en 2004 à l'UNESCO, met à l’honneur les journalistes qui médiatisent des idées positives. Tout au long de l’année, l’équipe de Reporters d’Espoirs et ses bénévoles réalisent un travail de veille des médias identifiant les sujets porteurs de solutions soumis à un jury de journalistes et professionnels des médias.

"Penser leur profession et développer une manière complémentaire de traiter l’infoIl est important de stimuler et de convaincre les journalistes en poste, mais il faut aussi motiver la prochaine génération » expliquait Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs, à nos confrères de La Croix en juillet dernier. L’initiative part du constat que "pour une grande part, l’angle que les journalistes retiennent pour un sujet dépend des médias, qui demandent de se conformer à tel ou tel format ou ligne éditoriale", ajoute-t-il. 

Un journalisme autrement : stimuler pour agir

 « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie." La fameuse citation d'Albert Londres a été reprise plusieurs fois au cours de cette cérémonie. Comme pour remettre au gôut du jour l'idéal de ceux qui font profession de l'information et qui reste une référence pour de nombreux journalistes. Mais peut-être aussi pour s'excuser - un peu ? - que certains parmi eux - parmi nous - choisissent aussi d'informer autrement, face à l'ambiance anxiogène quotidienne internationale.

Dix journalistes ont été récompensés, qu’ils exercent en télé, radio, presse écrite ou Internet. Nous sommes donc heureux d'annoncer les lauréats de cette cinquième édition ! 

Les lauréats des six catégories  

Le jury de ce 5° Prix Reporters d’Espoirs, composé de 15 personnalités, journalistes et professionnels des médias, a élu six lauréats dans les catégories : presse écrite, TV, radio, web, prix jeunes et Innovation.

Radio : Nicolas Soufflet – Chronique « Les uns pour les autres » - France Info.
La chronique : « Ils sont souvent bénévoles, discrets, et donnent de leur temps pour le bien des autres. Rencontre avec ces passionnés sur le terrain, dans toutes les régions de France. »

TV : Chronique « Tous acteurs du changement » présentée par Sylvia Amicone – LCI.
C’est grâce à sa chronique hebdomadaire “Tous acteurs du changement”, diffusée le vendredi à 11h20 et le dimanche à 7h50 sur LCI, que Sylvia Amicone a remporté le prix dans la catégorie télé. Cette chronique met en lumière des solutions apportées aux problématiques sociales et environnementales, et brosse le portait d’entrepreneurs sociaux dont l’ambition est de faire avancer le monde. 

Web : Webdocumentaire « Ma vie à 2 balles » par Sophie Brandstrom – production PWP et diffusé pour la 1ère fois par Rue89.
Le web-documentaire : « Difficultés d’accès au logement et aux soins, contrats de travail précaires, les jeunes subissent de plein fouet les effets de la crise économique et sociale. Mais la génération des 18-25 ans regorge d’imagination pour surmonter les obstacles. Retrouvez le quotidien de Jeoffrey, Jeanne, Julien, Morgan, Noémie et Thibault »

Presse écrite : Reportage « Detroit en quête d’un renouveau » Michka Assayas pour Madame Figaro.
Le Reportage à la découverte d’une cité au cœur battant, débordante d'énergie, et en pleine
renaissance” resilience et territoires.

Prix Jeunes : Presse Orange, un journal réalisé par les étudiants de 1ère année bachelor journalisme de l’ISCPA de Toulouse
Le magazine format tabloïd de 16 pages va à la rencontre des porteurs d’initiatives, avec un édito sur le journalisme de solution et un dossier présentant des projets, initiatives et innovations. Numéro 1 paru en avril 2014.

• Innovation : KINDIA 2015, un ensemble de challenges à relever d’ici à 2015 en association avec des associations et des ONG fortes d’une solide expérience de terrain. KINDIA 2015 est également une aventure d’entreprise. CANAL+ s’engage au sein d’un fonds de dotation pour recevoir les dons du public et participer au financement des projets, à parts égales avec les particuliers donateurs.

Un Jury de personnalités des médias 

Présidé par Michèle Cotta, avec Sophie Jovillard (France TV), Isabelle Hennebelle (L’Express), Isabelle Veyrat-Masson (sociologue des medias), Lucie Montchovi (France Info), Aida Touihri (France 2 « Grand Public »), Martin Weill ( Canal + « Le Petit Journal »), Bernard Pellegrin (AFP) les « Kids » (Bondy Blog et France Inter), Hervé Bertho (Ouest France), Véronique Richard (Celsa) et Antoine Guélaud (TF1).

Un trophée sur le thème de l'espoir 

Lassaâd Metoui, plasticien calligraphe a créé pour ce 5° Prix Reporters d’Espoirs une série de 6 oeuvres originales offertes aux lauréats. Avec la contribution d’Alain Rey, linguiste- lexicographe, co-fondateur du dictionnaire Le Robert et co-auteur du livre Le voyage des mots (Editions Trédaniel, 2014) avec Lassaâd Metoui.

Création du mouvement TMI

Dans le cadre de la remise de ce 5° Prix, Reporters d’Espoirs a annoncé la création du mouvement international du journalisme de solutions TMI (Transformational Media Initiative) dont il est le co-fondateur. Le TMI en partenariat avec la Fondation des Nations Unies, tiendront le Transformational Media Summit à Washington du 26 Octobre au 2 Novembre.

"Depuis 10 ans, l’Association Reporters d’Espoirs multiplie les opérations avec les médias pour mettre en lumière les hommes et les femmes qui, en France et dans le monde, prennent l’initiative pour entraîner la société dans une dynamique de solutions"  : nous sommes en territoire ami puisque, depuis sa création il y a trois ans maintenant, UP' plébiscite la mise en avant de solutions constructives, d'initiatives positives, d'alternatives innovantes, comme un pied de nez à la posture éditoriale des grands médias. 

www.reportersdespoirs.org

Illustration couverture : Photo prise en 1967 par le photographe-reporter français ©Marc Riboud lors d'une manifestation pour la paix aux USA

Le 1″ nouvel hebdo" – une vraie bonne Idée ? (mon avis ) et interview de J. Rifkin

Ce mercredi 15 octobre vient de sortir dans nos kiosques un nouvel hebdomadaire « Le "1″ : un nom minimaliste comme son concept qui sonne un peu comme l’Article 1er des droits de l’homme (le seul que tout le monde retient et connait !)

Ce que j’aime

Son format concept éducateur simple : une grande feuille de papier de 84 cm avec 1 seul sujet par semaine sous de multiples angles et points de vues (1 décryptage) et pas de publicité. Sur le site du « 1 » ont peut lire que le journal se déploie "comme une grande aile d’oiseau dans le ciel mouvementé de la presse écrite". Effectivement, sur une seule et même grande feuille, pliée en huit, on peut lire en trois temps un sujet et prendre son envol (déploiement judicieux d’une idée).

Dans une interview accordée à La Croix, le fondateur Eric Fottorino explique que son journal propose trois « moments » de lecture : "Le premier format, tout plié (format A4), invite à une approche sensible, émotionnelle, littéraire du sujet. En effectuant un premier dépliage (format tabloïd), vous accédez à un second univers  : celui de l’analyse et de l’expertise, avec aussi de la philosophie… Lorsque vous le dépliez complètement (format carte routière), c’est l’invitation au voyage, à un ailleurs où l’imagination et le rationnel se réunissent" . Enfin, un media qui intègre l’économie de l’attention neuro scientifique.

Je m’interroge

A la lumière de l’interview de Rifkin ci-dessous je me dis que l’on est loin d’un media à coût marginal ! Loin de la reconnaissance d’une intelligence collective, de makers penseurs .. vous découvrirez que l’hebdo est composé de nombreux intellectuels, penseurs de « l’ancien monde » (certes j’aime certains ..) mais on est encore englué dans un monde d’idées qui datent du siècle des lumières et beaucoup trop insulaire (france / europe) .. J’espère par ailleurs que l’hebdo ne va pas tomber dans une version Haiku du Monde ! Et puis cette idée du luxe grand public ! Faut arrêter de vouloir tout designer ! (cf le choix du papier dit luxe !)

Comment j’imagine les médias ?

Des médias de consciences qui inspirent le changement et poussent à la transformation d’une idée en action. Des médias « vivants » totalement organiques qui s’enrichissent des contributions de chacun qui évolue et grandissent : un sujet pourrait vivre de un à trois ans et être un déclencheur-incubateur de projets !
Des journaux TV micro métrage qui nous fassent passer « une journée avec » : une journée avec des makers, une journée avec un virtuose de la musique, une journée avec un hatchers ; une journée avec des acteurs du changement disséminés dans le monde entier ; une journée avec de vraies gens ; une journée avec un artiste, etc. Et un journal, un mag sur mobile avec plusieurs choix de format lectures – des bulles de sensations pensées (images / mots) des vidéos, des images, en bref, long, version chercheurs (avec sources, vrais précis de liens et références – perso c’est le format que je prendrais mais je suis 0,1% représentative de la population ! 

Des médias miroir d’un mega cerveau planetaire – une co-conscience étendue : mille et une intelligences pour mille et une consciences et mille et une actions.

Mais par nature optimiste, je vais acheter et suivre le 1 qui promet d’inspîrer (donc j’adhère !) et je ferais partie de ceux qui le déplient totalement d’ailleurs (ce qui n’a pas plu dans le metro ce matin !) … 1 pour tous – Tous pour 1 –

En attendant, je vous invite à lire cet article “comment ré inventer son travail” interview de Jeremy Rifkin parue justement dans le "1".
Voici les idées clés que je retiens centrées sur le basculement d’économie avec son éthique du Nous via les makers, le nouveau visage du social et les business « libérateurs » : impression 3D, Internet des objets … pour le nombre d’heures de travail etc lisez l’article mais ce n’est qu’accessoire selon moi

Pour rappel, Jeremy Rifkin est économiste, auteur de La Troisième Révolution industrielle (2012) et de bien d’autres essais remarqués. Il est le président de la Foundation on Economic Trends qui mène depuis la fin des années 1970 un travail de prospective sur les questions économiques, sociales et environnementales. Il vient de publier La Nouvelle Société du coût marginal zéro aux éditions Les liens qui libèrent.

Les idées clés à retenir

1 - La troisième révolution industrielle correspond à la disparition progressive du capitalisme au profit d’un nouveau système économique, fondé sur le partage et les communautés collaboratives.
2 - Cette transition, qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux, est la conséquence du développement des nouvelles technologies, et notamment de l’imprimante 3D, qui permettent de réduire considérablement le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production d’une unité supplémentaire.
3 - Grâce à l’« Internet des objets », l’humanité entière sera bientôt connectée. Sous réserve que la protection des données personnelles et le principe de neutralité du Web soient garantis, chacun pourra, sur son smartphone, tirer profit des Big Data [les données numériques à la croissance exponentielle] et devenir un véritable prosumer, mi-producteur, mi-consommateur.
4 - Une grande transition en cours
5 - Certains pays L’Allemagne, le Danemark et la Chine ont saisi avant tout le monde les enjeux de ce changement majeur. 
6 - En France, le Nord-Pas-de-Calais a pris de l’avance sur le reste du pays. Un certain nombre d’indus­triels se préparent à cette transition, sans pour autant complètement quitter la logique de la seconde révolution industrielle.
7 - La France : quels moyens pour la transition ? 
Le gouvernement affirme qu’il n’a pas le budget nécessaire pour suivre, mais c’est faux. Chaque année, l’Europe investit 780 milliards d’euros dans des infra­structures qui vont devenir obsolètes. Avec seulement 15 % de ce budget, l’Internet des objets pourrait être opérationnel d’ici 2040. De plus, la France détient certaines des meilleures industries spécialistes de l’électronique, des technologies de l’information et de la communication, toutes capables de prendre part à ce grand changement. Le pays a besoin d’air frais au niveau de son gouvernement. Il doit dépasser le clivage des partis politiques et prendre exemple sur l’Allemagne où les socialistes, les écologistes et les chrétiens-démocrates se sont alliés pour favoriser cette transition.
8 - Economie sociale solidaire du 21ème siècle (rien à voir avec l’éco sociale de marché)
“Elle représente des millions d’organisations, de coopératives et d’institutions de toutes sortes, ainsi que des milliards d’individus qui produisent et partagent gratuitement tous types d’objets et de services. Ces organisations créent du capital social, qui bénéficie à un groupe dans son ensemble plutôt qu’à un individu en particulier. C’est quelque chose que les machines sont incapables de générer.
Ce secteur grouille d’activité et voit de plus en plus de personnes s’impliquer dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, la culture ou l’environnement. Un milliard et demi d’individus appartiennent déjà à des coopératives. Certains s’engagent comme bénévoles, d’autres comme travailleurs. Si demain l’économie sociale venait à disparaître, c’est toute la société qui s’effondrerait. Au niveau des créations d’emplois, il s’agit du secteur à la croissance la plus rapide dans plus de 40 pays : il représente jusqu’à 14 % de l’emploi dans certaines régions de l’Europe.

Maryline Passini, Fondatrice et directrice de l'agence de prospective Proâme

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