UP' Magazine L'innovation pour défi

Remise des 5ème Prix Reporters d'espoirs

"Mettre à l’honneur les journalistes qui médiatisent des réponses concrètes, innovantes et impactantes aux enjeux de notre époque ": il y avait de quoi susciter l'intérêt de UP' Magazine et de s'engouffrer au sein de la grande messe du Conseil économique, social et environnemental ce lundi 13 octobre ! 

Reporters d’Espoirs, ONG militante de la promotion dans les médias d'informations et de contenus porteurs de solutions, a remis son 4e prix éponyme à des journalistes médiatisant des initiatives et des solutions concrètes en réponse aux grands défis et enjeux de notre époque.

Parmi ses actions, le Prix Reporters d’Espoirs qui, depuis sa création en 2004 à l'UNESCO, met à l’honneur les journalistes qui médiatisent des idées positives. Tout au long de l’année, l’équipe de Reporters d’Espoirs et ses bénévoles réalisent un travail de veille des médias identifiant les sujets porteurs de solutions soumis à un jury de journalistes et professionnels des médias.

"Penser leur profession et développer une manière complémentaire de traiter l’infoIl est important de stimuler et de convaincre les journalistes en poste, mais il faut aussi motiver la prochaine génération » expliquait Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs, à nos confrères de La Croix en juillet dernier. L’initiative part du constat que "pour une grande part, l’angle que les journalistes retiennent pour un sujet dépend des médias, qui demandent de se conformer à tel ou tel format ou ligne éditoriale", ajoute-t-il. 

Un journalisme autrement : stimuler pour agir

 « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie." La fameuse citation d'Albert Londres a été reprise plusieurs fois au cours de cette cérémonie. Comme pour remettre au gôut du jour l'idéal de ceux qui font profession de l'information et qui reste une référence pour de nombreux journalistes. Mais peut-être aussi pour s'excuser - un peu ? - que certains parmi eux - parmi nous - choisissent aussi d'informer autrement, face à l'ambiance anxiogène quotidienne internationale.

Dix journalistes ont été récompensés, qu’ils exercent en télé, radio, presse écrite ou Internet. Nous sommes donc heureux d'annoncer les lauréats de cette cinquième édition ! 

Les lauréats des six catégories  

Le jury de ce 5° Prix Reporters d’Espoirs, composé de 15 personnalités, journalistes et professionnels des médias, a élu six lauréats dans les catégories : presse écrite, TV, radio, web, prix jeunes et Innovation.

Radio : Nicolas Soufflet – Chronique « Les uns pour les autres » - France Info.
La chronique : « Ils sont souvent bénévoles, discrets, et donnent de leur temps pour le bien des autres. Rencontre avec ces passionnés sur le terrain, dans toutes les régions de France. »

TV : Chronique « Tous acteurs du changement » présentée par Sylvia Amicone – LCI.
C’est grâce à sa chronique hebdomadaire “Tous acteurs du changement”, diffusée le vendredi à 11h20 et le dimanche à 7h50 sur LCI, que Sylvia Amicone a remporté le prix dans la catégorie télé. Cette chronique met en lumière des solutions apportées aux problématiques sociales et environnementales, et brosse le portait d’entrepreneurs sociaux dont l’ambition est de faire avancer le monde. 

Web : Webdocumentaire « Ma vie à 2 balles » par Sophie Brandstrom – production PWP et diffusé pour la 1ère fois par Rue89.
Le web-documentaire : « Difficultés d’accès au logement et aux soins, contrats de travail précaires, les jeunes subissent de plein fouet les effets de la crise économique et sociale. Mais la génération des 18-25 ans regorge d’imagination pour surmonter les obstacles. Retrouvez le quotidien de Jeoffrey, Jeanne, Julien, Morgan, Noémie et Thibault »

Presse écrite : Reportage « Detroit en quête d’un renouveau » Michka Assayas pour Madame Figaro.
Le Reportage à la découverte d’une cité au cœur battant, débordante d'énergie, et en pleine
renaissance” resilience et territoires.

Prix Jeunes : Presse Orange, un journal réalisé par les étudiants de 1ère année bachelor journalisme de l’ISCPA de Toulouse
Le magazine format tabloïd de 16 pages va à la rencontre des porteurs d’initiatives, avec un édito sur le journalisme de solution et un dossier présentant des projets, initiatives et innovations. Numéro 1 paru en avril 2014.

• Innovation : KINDIA 2015, un ensemble de challenges à relever d’ici à 2015 en association avec des associations et des ONG fortes d’une solide expérience de terrain. KINDIA 2015 est également une aventure d’entreprise. CANAL+ s’engage au sein d’un fonds de dotation pour recevoir les dons du public et participer au financement des projets, à parts égales avec les particuliers donateurs.

Un Jury de personnalités des médias 

Présidé par Michèle Cotta, avec Sophie Jovillard (France TV), Isabelle Hennebelle (L’Express), Isabelle Veyrat-Masson (sociologue des medias), Lucie Montchovi (France Info), Aida Touihri (France 2 « Grand Public »), Martin Weill ( Canal + « Le Petit Journal »), Bernard Pellegrin (AFP) les « Kids » (Bondy Blog et France Inter), Hervé Bertho (Ouest France), Véronique Richard (Celsa) et Antoine Guélaud (TF1).

Un trophée sur le thème de l'espoir 

Lassaâd Metoui, plasticien calligraphe a créé pour ce 5° Prix Reporters d’Espoirs une série de 6 oeuvres originales offertes aux lauréats. Avec la contribution d’Alain Rey, linguiste- lexicographe, co-fondateur du dictionnaire Le Robert et co-auteur du livre Le voyage des mots (Editions Trédaniel, 2014) avec Lassaâd Metoui.

Création du mouvement TMI

Dans le cadre de la remise de ce 5° Prix, Reporters d’Espoirs a annoncé la création du mouvement international du journalisme de solutions TMI (Transformational Media Initiative) dont il est le co-fondateur. Le TMI en partenariat avec la Fondation des Nations Unies, tiendront le Transformational Media Summit à Washington du 26 Octobre au 2 Novembre.

"Depuis 10 ans, l’Association Reporters d’Espoirs multiplie les opérations avec les médias pour mettre en lumière les hommes et les femmes qui, en France et dans le monde, prennent l’initiative pour entraîner la société dans une dynamique de solutions"  : nous sommes en territoire ami puisque, depuis sa création il y a trois ans maintenant, UP' plébiscite la mise en avant de solutions constructives, d'initiatives positives, d'alternatives innovantes, comme un pied de nez à la posture éditoriale des grands médias. 

www.reportersdespoirs.org

Illustration couverture : Photo prise en 1967 par le photographe-reporter français ©Marc Riboud lors d'une manifestation pour la paix aux USA

Le 1″ nouvel hebdo" – une vraie bonne Idée ? (mon avis ) et interview de J. Rifkin

Ce mercredi 15 octobre vient de sortir dans nos kiosques un nouvel hebdomadaire « Le "1″ : un nom minimaliste comme son concept qui sonne un peu comme l’Article 1er des droits de l’homme (le seul que tout le monde retient et connait !)

Ce que j’aime

Son format concept éducateur simple : une grande feuille de papier de 84 cm avec 1 seul sujet par semaine sous de multiples angles et points de vues (1 décryptage) et pas de publicité. Sur le site du « 1 » ont peut lire que le journal se déploie "comme une grande aile d’oiseau dans le ciel mouvementé de la presse écrite". Effectivement, sur une seule et même grande feuille, pliée en huit, on peut lire en trois temps un sujet et prendre son envol (déploiement judicieux d’une idée).

Dans une interview accordée à La Croix, le fondateur Eric Fottorino explique que son journal propose trois « moments » de lecture : "Le premier format, tout plié (format A4), invite à une approche sensible, émotionnelle, littéraire du sujet. En effectuant un premier dépliage (format tabloïd), vous accédez à un second univers  : celui de l’analyse et de l’expertise, avec aussi de la philosophie… Lorsque vous le dépliez complètement (format carte routière), c’est l’invitation au voyage, à un ailleurs où l’imagination et le rationnel se réunissent" . Enfin, un media qui intègre l’économie de l’attention neuro scientifique.

Je m’interroge

A la lumière de l’interview de Rifkin ci-dessous je me dis que l’on est loin d’un media à coût marginal ! Loin de la reconnaissance d’une intelligence collective, de makers penseurs .. vous découvrirez que l’hebdo est composé de nombreux intellectuels, penseurs de « l’ancien monde » (certes j’aime certains ..) mais on est encore englué dans un monde d’idées qui datent du siècle des lumières et beaucoup trop insulaire (france / europe) .. J’espère par ailleurs que l’hebdo ne va pas tomber dans une version Haiku du Monde ! Et puis cette idée du luxe grand public ! Faut arrêter de vouloir tout designer ! (cf le choix du papier dit luxe !)

Comment j’imagine les médias ?

Des médias de consciences qui inspirent le changement et poussent à la transformation d’une idée en action. Des médias « vivants » totalement organiques qui s’enrichissent des contributions de chacun qui évolue et grandissent : un sujet pourrait vivre de un à trois ans et être un déclencheur-incubateur de projets !
Des journaux TV micro métrage qui nous fassent passer « une journée avec » : une journée avec des makers, une journée avec un virtuose de la musique, une journée avec un hatchers ; une journée avec des acteurs du changement disséminés dans le monde entier ; une journée avec de vraies gens ; une journée avec un artiste, etc. Et un journal, un mag sur mobile avec plusieurs choix de format lectures – des bulles de sensations pensées (images / mots) des vidéos, des images, en bref, long, version chercheurs (avec sources, vrais précis de liens et références – perso c’est le format que je prendrais mais je suis 0,1% représentative de la population ! 

Des médias miroir d’un mega cerveau planetaire – une co-conscience étendue : mille et une intelligences pour mille et une consciences et mille et une actions.

Mais par nature optimiste, je vais acheter et suivre le 1 qui promet d’inspîrer (donc j’adhère !) et je ferais partie de ceux qui le déplient totalement d’ailleurs (ce qui n’a pas plu dans le metro ce matin !) … 1 pour tous – Tous pour 1 –

En attendant, je vous invite à lire cet article “comment ré inventer son travail” interview de Jeremy Rifkin parue justement dans le "1".
Voici les idées clés que je retiens centrées sur le basculement d’économie avec son éthique du Nous via les makers, le nouveau visage du social et les business « libérateurs » : impression 3D, Internet des objets … pour le nombre d’heures de travail etc lisez l’article mais ce n’est qu’accessoire selon moi

Pour rappel, Jeremy Rifkin est économiste, auteur de La Troisième Révolution industrielle (2012) et de bien d’autres essais remarqués. Il est le président de la Foundation on Economic Trends qui mène depuis la fin des années 1970 un travail de prospective sur les questions économiques, sociales et environnementales. Il vient de publier La Nouvelle Société du coût marginal zéro aux éditions Les liens qui libèrent.

Les idées clés à retenir

1 - La troisième révolution industrielle correspond à la disparition progressive du capitalisme au profit d’un nouveau système économique, fondé sur le partage et les communautés collaboratives.
2 - Cette transition, qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux, est la conséquence du développement des nouvelles technologies, et notamment de l’imprimante 3D, qui permettent de réduire considérablement le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production d’une unité supplémentaire.
3 - Grâce à l’« Internet des objets », l’humanité entière sera bientôt connectée. Sous réserve que la protection des données personnelles et le principe de neutralité du Web soient garantis, chacun pourra, sur son smartphone, tirer profit des Big Data [les données numériques à la croissance exponentielle] et devenir un véritable prosumer, mi-producteur, mi-consommateur.
4 - Une grande transition en cours
5 - Certains pays L’Allemagne, le Danemark et la Chine ont saisi avant tout le monde les enjeux de ce changement majeur. 
6 - En France, le Nord-Pas-de-Calais a pris de l’avance sur le reste du pays. Un certain nombre d’indus­triels se préparent à cette transition, sans pour autant complètement quitter la logique de la seconde révolution industrielle.
7 - La France : quels moyens pour la transition ? 
Le gouvernement affirme qu’il n’a pas le budget nécessaire pour suivre, mais c’est faux. Chaque année, l’Europe investit 780 milliards d’euros dans des infra­structures qui vont devenir obsolètes. Avec seulement 15 % de ce budget, l’Internet des objets pourrait être opérationnel d’ici 2040. De plus, la France détient certaines des meilleures industries spécialistes de l’électronique, des technologies de l’information et de la communication, toutes capables de prendre part à ce grand changement. Le pays a besoin d’air frais au niveau de son gouvernement. Il doit dépasser le clivage des partis politiques et prendre exemple sur l’Allemagne où les socialistes, les écologistes et les chrétiens-démocrates se sont alliés pour favoriser cette transition.
8 - Economie sociale solidaire du 21ème siècle (rien à voir avec l’éco sociale de marché)
“Elle représente des millions d’organisations, de coopératives et d’institutions de toutes sortes, ainsi que des milliards d’individus qui produisent et partagent gratuitement tous types d’objets et de services. Ces organisations créent du capital social, qui bénéficie à un groupe dans son ensemble plutôt qu’à un individu en particulier. C’est quelque chose que les machines sont incapables de générer.
Ce secteur grouille d’activité et voit de plus en plus de personnes s’impliquer dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, la culture ou l’environnement. Un milliard et demi d’individus appartiennent déjà à des coopératives. Certains s’engagent comme bénévoles, d’autres comme travailleurs. Si demain l’économie sociale venait à disparaître, c’est toute la société qui s’effondrerait. Au niveau des créations d’emplois, il s’agit du secteur à la croissance la plus rapide dans plus de 40 pays : il représente jusqu’à 14 % de l’emploi dans certaines régions de l’Europe.

Maryline Passini, Fondatrice et directrice de l'agence de prospective Proâme

Le prix PEC 2014 à la Fondation Hirondelle

La Fondation Hirondelle a reçu début juin à Genève le prix PEC 2014 pour la Protection des Journalistes, décerné par « Presse Emblème Campagne ».

Chaque année, ce prix distingue un individu ou une organisation qui œuvre dans les zones de conflit pour la défense de la liberté de la presse et des travailleurs des médias.
Cette année, le comité de la PEC a choisi de récompenser le soutien de la Fondation Hirondelle à l’exercice du métier de journaliste en Afrique et ses efforts pour endiguer les discours de propagande et de haine qui attisent les conflits. Il entend également honorer la mémoire de ceux qui, ces derniers mois, ont perdu la vie en Afrique dans l’exercice de leur métier de journaliste. 

Créée il y a 10 ans à Genève par des journalistes, la PEC a proposé d’élaborer un projet de Convention spécifique à la
protection des journalistes à travers le monde. Elle en appelle à la création de mécanismes d’application permettant de
mieux faire respecter le droit existant. Elle préconise aussi la création d’une organisation spécialisée pouvant aider les journalistes sur le terrain dans les zones dangereuses, les suivre dans leur mission, alerter l’opinion le cas échéant. L’an dernier, 129 journalistes ont été tués dans leurs fonctions.

La Fondation Hirondelle

La Fondation Hirondelle est une organisation non gouvernementale suisse de journalistes et de professionnels de l’action humanitaire. Depuis 1995, elle crée ou soutient des médias d’information généralistes, indépendants et citoyens, dans des zones de guerre, des situations de crise endémique ou des situations de post-conflit.

La Fondation Hirondelle développe des médias populaires et recherche une forte audience. Elle donne la plus grande importance à la crédibilité de ses médias, à travers un journalisme rigoureux et factuel. Elle s’interdit tout commentaire à l’antenne. Seuls les collaborateurs ressortissants des pays où se trouvent les médias s’expriment à l’antenne. Les émissions sont, dans toute la mesure du possible, dans les langues nationales. Les radios de la Fondation sont dotées de Chartes éthiques et professionnelles. La ligne éditoriale privilégie la défense concrète, dans le quotidien, des droits humains. Les collaborateurs de la Fondation sont internationaux. Le français et l’anglais sont les langues de travail principales de la Fondation Hirondelle.

La Fondation Hirondelle s’efforce de créer ou de soutenir des médias durables, qui puissent remplir leur rôle social au-delà de la prise en charge ou de l’assistance de la Fondation Hirondelle et de ses bailleurs. A cette fin, elle développe le management de ses médias, des régies publicitaires et toutes les activités génératrices de revenus susceptibles d’assurer à terme l’indépendance financière et institutionnelle de ses médias.

www.hirondelle.org

Quelle responsabilité sociale pour les médias?

UP' vous propose cette analyse de François Borel-Hänni parue sur le site Youphil.com ce 16 mai 2014 sur la "responsabilité sociale" du journaliste. Un sujet que nous tous à la rédaction, depuis le début de notre aventure,  avons disséqué et auquel nous tentons de correspondre à travers nos multiples propos. 

Edwy Plenel, fondateur de Mediapart dit ceci : "...Loin de s'aventurer sur des chemins inexplorés sans boussole ni expérience, ce symbole d'une nouvelle presse numérique se revendique d'une ancienne tradition qu'il entend défendre, refonder et renforcer, en épousant sans préjugés la modernité que symbolise internet".

Mais encore : "La question de l'information, avant de devenir un enjeu professionnel ou une affaire économique, est au coeur de la vitalité démocratique elle-même".
En effet, c'est en utilisant ce nouveau vecteur internet que nous avons choisi de prendre nos responsabilités de paroles, de thèmes et de sujets, dans le respect pur et noble de nos lecteurs : une information de contenus de qualité, libres, indépendants,... Merci à Youphil de recadrer ce droit à l'information riche pour tous les citoyens.

"Les médias doivent réfléchir à leur responsabilité sociale en tant qu'entreprise, mais aussi dans leurs contenus.

"Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des Droits de l’Homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre." Ceci est le préambule à la Charte d’éthique professionnelle du Syndicat national des journalistes (SNJ), principal syndicat de la branche en France.

Mais il y a un problème dans cette louable déclaration d’intention. Un caillou posé en signature: la responsabilité. Toute personne morale ou physique, tout organisme public ou privé, aime aujourd’hui se déclarer responsable. Ce mot démange. Si galvaudé qu’il est comme un vieux pardessus: il s’enfile sans peine et ne protège de rien.

De quoi le journaliste est-il responsable? 

Or, la responsabilité, comme "l’agir responsable", n’est pas un fourre-tout. Un mot désigne toujours quelque chose, il suffit de savoir quoi. "La responsabilité naît en-dehors du sujet responsable. Elle vient sur lui, parce qu’il se trouve engagé dans des circonstances qui l’engendrent." Nous devons ces propos à Paul Fauconnet qui, en 1928, consacra une thèse au concept.

Celui qui se déclare "responsable" s’arroge un trop grand pouvoir : on ne choisit pas d’être responsable, on le devient. Paul Ricoeur complète la définition en précisant d’où naît la responsabilité: "En son sens fort, qui est aussi son sens vrai, la notion de responsabilité est développée par (…) Hans Jonas. L’auteur y montre que la véritable responsabilité n’est autre que celle qu’on exerce à l’endroit de quelqu’un ou quelque chose de fragile, qui nous serait confié."

Il en résulte une définition limpide, élégante : je suis responsable envers une tierce partie de ce qu’elle m’a confié. De quoi les journalistes sont responsables ? Du droit de leur public à être bien informé. Cette responsabilité ne guide pas leur mission, elle est la mission.

Depuis 1935 et la création du statut de journaliste professionnel, n’importe quel journaliste déclaré se voit confier le droit du public à l’information. Dans le même temps, les sujets de l’information confient une partie de leur image au journaliste, sans parfois l’avoir demandé. L’oubli de ce deuxième aspect de la responsabilité est aussi ravageur que celui du droit à l’information. 

Passage de l'information à l'opinion, par manque de recul

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" L'information est l'arme de l'égalité. Celle de l'accès de tous aux connaissances sur notre présent immédiat et aux savoirs sur le passé dont il est tissé. Celle de la collective discussion et de la libre réflexion sur tous les faits d'intérêt public." Edwy Plenel (1)

 

- (1) Livre "Le droit de savoir" d'Edwy Plenel - Editions Don Quichotte - Février 2013
- Livre "La vérité guidait leurs pas" de Pierre Mendès-France - 1976 - Editions Gallimard
- Oeuvres complètes d'Albert Londres - 1992 - Editions Arléa
- Livre "Une foi commune" de John Dewey - 2011 - Edition La Découverte
- Livre "Le droit et la loi" de Victor Hugo - 2002 - Editions 10/18
- Livre "La technique ou l'enjeu du siècle " de Jacques Ellul - 2008 - Edition Economica
- Livre " La Méthode, Ethique" d'Edgar Morin - 2004 - Edition du Seuil

TVA sur la presse en ligne : communiqué du SPIIL

L'ensemble des organisations professionnelles de la presse (SPQN, SPQR, SPIIL, SEPM, FNPS, SPQD, FPPR, GESTE, AIPG) se sont réunies ce 7 janvier, et ont publié le communiqué suivant :

"Représentant toutes les familles de presse, les organisations professionnelles signataires réaffirment leur position unanime en faveur du même taux de TVA applicable à la presse numérique et à la presse papier.
Instaurée de longue date au bénéfice du lecteur, la TVA super-réduite sur la presse n’est en aucun cas un privilège mais, au contraire, l’affirmation par l’Etat du rôle démocratique essentiel d’une information vivante, accessible et pluraliste.

Les organisations signataires demandent donc instamment aux pouvoirs publics de faire respecter les principes de neutralité technologique et d’égalité fiscale pour tous les titres de presse et services de presse en ligne reconnus par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP).
Cette exigence est conforme aux principes constitutionnels qui garantissent le droit à une information libre et pluraliste, au service du droit de savoir des citoyens. A l’heure de la révolution numérique, elle est essentielle, voire vitale, pour la survie, le développement et le renouvellement de la presse, de ses industries, de ses métiers et de ses emplois."

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