UP' Magazine L'innovation pour défi

Gemma Serrano : #JesuisCharlie: Internet peut-il garantir la liberté d'expression ?

 #JesuisCharlie : Internet peut-il garantir la liberté d'expression ?, entretien avec Gemma serrano, directrice de recherche et théologienne au Collège des Bernardins.

Pour départager l'information superficielle des enjeux véritables, le séminaire de recherche "Journalisme et bien commun à l'heure du numérique" dirigé par Gemma Serrano, théologienne et Eric Sherrer, directeur de la prospective et de la stratégie numérique de France Télévisions, a souhaité inscrire l'une de ses séances en lien direct avec l'actualité française du 11 janvier dernier. Gemma Serrano revient pour la Lettre de la recherche sur cette séance exceptionnelle.

Le pôle de recherche du Collège des Bernardins est engagé dans la compréhension du monde d’aujourd’hui, notamment dans ses fragilités et ses fractures. Il doit donc s’interroger sur ce que les événements qui nous ont touchés ces derniers jours révèlent et exigent, non pas pour se complaire dans les blessures de l’actualité, mais pour sortir d’un huis clos protecteur et puiser dans la réalité la matière et la raison de notre recherche. 
©Collège des Bernardins

Smartsy, ce n’est pas une mais trois révolutions

Smartsy, la startup franco-américaine de reconnaissance des objets et d’engagement marketing a annoncé en ce début d’année l’indexation massive des magazines mode et déco français ainsi qu’un certain nombre de partenariats commerciaux importants. UP’ magazine a voulu en savoir plus en rencontrant Arnaud Saint-Paul, co-fondateur avec Gérard Ayache de cette pépite que certains observateurs qualifient de « shazam des objets ».

Photo : Arnaud Saint-Paul Janvier 2015 ©UP' Magazine

Arnaud Saint-Paul, vous avez cofondé Smartsy il y a maintenant presque trois ans. Cette société est née en France où elle est particulièrement active, mais votre centre opérationnel est situé en Silicon Valley en Californie et vous répondez à nos questions depuis vos bureaux de Los Angeles. Quelle est la raison de cette implantation des deux côtés du monde ?

ASP – Smartsy a effectivement vu le jour en France fin 2012. La société était très orientée sur les technologies de reconnaissance visuelle et avait un programme de R&D ambitieux. Mais nous avons très rapidement pris conscience que cette startup ne pouvait rester cantonnée à une jolie réalisation technique. Nous avons compris tout de suite que smartsy c’était plus que ça et que notre projet pouvait révolutionner le monde si nous l’inscrivions dans une dimension beaucoup plus large : celle de la construction progressive du réseau social des objets. Cette vision nous a conduit à considérer smartsy comme un acteur global qui devait s’appuyer sur les ressources les plus avancées, là où elles étaient dans le monde. En France nous avons la chance de disposer des meilleurs chercheurs en matière de reconnaissance des objets. Nous avons donc initié des partenariats scientifiques avec des organismes comme le CEA ou l’Institut Telecom pour améliorer l’état de l’art en matière d’algorithmie. Mais ce n’était pas suffisant ; en effet, pour que la plateforme smartsy éclose, il fallait réunir des intelligences dans des domaines aussi variés que la gestion des bases de données massives, du cloud computing, du big data, du marketing social, du développement d’user interface mobiles au top niveau, etc. Nous nous sommes donc immédiatement implantés à Sunnyvale dans la Silicon Valley, au plus près des grandes universités américaines et des grands opérateurs high-tech. Nous avons trouvé là un vivier de talents et surtout un état d’esprit qui nous ont porté beaucoup plus loin que ce que nous espérions.

Smartsy c’est une aventure technologique mais c’est aussi une plateforme qui a pour ambition de changer le monde dites-vous. C’est ambitieux voire prétentieux ; qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que smartsy est le vecteur d’une révolution ?

ASP – Une révolution ? Plutôt trois ! Tant qu’à être ambitieux, soyons-le à fond ! Je m’explique. En établissant une passerelle entre le monde physique et le monde digital, et plus précisément, en rendant les pages des supports de presse interactives, simplement en les visualisant avec un smartphone, nous facilitons des mutations profondes dans plusieurs registres. Une mutation d’abord dans les comportements de lecture, une mutation dans la relation des marques avec leurs publics et enfin une mutation dans le modèle économique de la presse.

Vous parlez de mutations dans les modes de lecture de la presse. Vous entendez par-là la possibilité pour un lecteur de magazine de pouvoir acheter directement les produits qui y sont présentés ?

ASP – Smartsy, ce n’est pas que cela. Si nous avions inventé cette application pour simplement pouvoir faire plus de shopping, ce serait largement insuffisant et terriblement réducteur. Contrairement à quelques-uns des acteurs qui se sont placés dans le sillage de Smartsy, nous ne sommes pas un site de m-commerce de plus.
Smartsy est une plateforme ouverte qui offre aux lecteurs de la presse magazine la possibilité d’acquérir des réflexes nouveaux. Par exemple, chercher et obtenir instantanément une information complémentaire sur le produit présenté, repérer ce que les autres utilisateurs disent du produit. Les lecteurs eux-mêmes sont invités à l’engagement : en collectant les objets qu’ils ont repérés dans leurs propre collector personnalisé. Savez-vous que selon un sondage que nous avons fait aux USA, plus de 35% des lectrices de magazines de mode collectionnent les produits de leur rêve ? Ils pourront ainsi y revenir à tout moment, ils pourront le partager avec leurs amis sur les réseaux sociaux, ils pourront comme ils le faisaient par exemple sur Pinterest ou Instagram créer un réseau social mais ici, non plus seulement des images mais des objets. Dans les prochaines versions de Smartsy, nous prévoyons de permettre aux utilisateurs enregistrés de partager leur expérience du produit en vidéo et de créer ainsi des communautés d’expériences autour des objets.

De plus, il faut noter que Smartsy ne recense pas uniquement et de manière restrictive les seuls produits dont les magazines parlent. Nous indexons toutes les pages du magazine, y compris les pages rédactionnelles. A terme, les journalistes y verront là la possibilité d’augmenter leurs contenus et d’apporter des éléments multimédia et interactifs qui manquent si cruellement au papier.

Certes mais Smartsy est aussi un nouveau canal de vente, qui propose des milliers de produits à l’achat immédiat.

ASP – Oui bien sûr, cette dimension est très importante. Nous avons contractualisé des partenariats commerciaux avec les plus grandes marques et distributeurs français pour permettre à nos utilisateurs d’acheter s’ils le souhaitent le produit qu’ils ont repéré dans un magazine dans les meilleurs conditions de simplicité et de sécurité. Dans les prochaines versions de l’app, nous proposerons le cas échant plusieurs marchands pour le même produit afin de permettre une comparaison immédiate des offres. Notre objectif est avant tout de faciliter la vie des utilisateurs.

L’autre révolution que vous annoncez concerne les marques. Qu’en est-il ?

ASP – Imaginez, si vous êtes une marque, que vous puissiez parler à votre client au moment idéal, celui où il est face au produit ; au produit représenté dans une page de la presse mais aussi ailleurs, dans une publicité, une affiche, ou même le produit lui-même. Ce moment idéal, que les gens de marketing appellent aussi le point de contact immédiat ou highest peak of desire, est un Graal. Smartsy permet enfin de l’atteindre.
Nous offrons aux marques la possibilité de communiquer intelligemment, de façon personnalisée et interactive avec leurs publics dès que leur produit est flashé. Nous avons créé la notion de BrandApp qui est un espace de communication affiché, comme une app complémentaire, dans l’app smartsy. Cela permet aux marques de situer leur produit de façon contextuelle, de donner des informations utiles comme les modes d’utilisation, l’univers de la marque, la signature du designer, etc. Les possibilités d’engagement sont infinies. Elles sont de plus personnalisables et géolocalisables. Cet espace de communication innovant est extrêmement plus puissant qu’une simple bannière qui était l’usage jusqu’à aujourd’hui. Il ne s’agit plus de bannière publicitaire mais de véritable espace d’engagement et de communication lié intimement au produit que l’on a visualisé sur son smartphone et qui s’inscrit dans l’engagement social de l’utilisateur.

Les publicités des marques publiées sous forme d’annonces dans les magazines sont également « smartsifiées » ?

ASP – Oui et c’est là une profonde mutation dans le monde de la publicité. En effet, en permettant l’interaction directe avec l’annonce publicitaire que l’on regarde de façon naturelle et instantanée, en proposant au consommateur des éléments d’information d’une richesse illimitée, on ouvre un champ immense de possibilités qui intéresse non seulement les annonceurs mais aussi les publicitaires qui se voient ainsi offrir un nouveau terrain de jeu propre à exciter leur créativité.

Si je comprends bien vous proposez donc aux marques de rendre interactif l’ensemble de leurs produits représentés dans les magazines ou dans des campagnes publicitaires ?

ASP – Exactement. Nous introduisons ici un nouveau concept qui est celui de #Object. Chaque produit d’une marque, quel que soit son mode de représentation, agrège dans un simple snap un ensemble de contenus et d’univers. Des contenus propulsés par la marque, par les utilisateurs, par les observateurs, la presse etc.

Le hashtag communément compris, par exemple celui de twitter, signifie qu’un mot assemble une nuée de contenus qui s’y rapportent. Eh bien avec smartsy, on ne parle plus seulement de mot mais du produit lui-même. Le produit transporte ainsi avec lui tout son univers quel que soit son mode de représentation. Par exemple, quand vous flashez un produit et le partagez ensuite sur Facebook, l’image que vous partagée n’est pas une simple photo ; c’est un véritable déclencheur de sens puisque tous les contenus qui y sont attachés sont transportés dans le partage et disponibles pour d’autres utilisateurs. Pour faire court, Pinterest ou Instagram permettent de partager des photos ; smartsy permet de partager des déclencheurs de sens.

Votre technologie reconnaît aussi les produits physiques ?

ASP – Personne ne peut prétendre reconnaître, avec les technologies de reconnaissance visuelle actuelles, tous les produits du monde. Le dire ainsi serait une source de déception pour nos utilisateurs. En revanche, il y a certaines catégories de produits que nos algorithmes peuvent reconnaître directement dans le monde réel. De nombreuses catégories d’objets sont déjà concernées, nous avançons vite et commençons à atteindre une efficacité correcte pour un nombre de plus en plus importants de produits réels. Notre roadmap scientifique est particulièrement dense sur ces thèmes, aussi bien sur la partie algorithmique que sur celle de la gestion des bases de données massives d’images et le chemin qui nous reste à parcourir est très prometteur.

Vous avez évoqué aussi une révolution dans le modèle économique de la presse magazine. Les magazines que vous avez indexés ont-ils payé pour obtenir ce service ?

ASP – Les magazines n’ont rien à payer pour être indexés dans les bases de données de Smartsy. C’est nous qui les choisissons et décidons de les référencer. L’action de Smartsy est donc totalement indolore pour eux.
Mais nous souhaitons aller plus loin. Nous estimons normal de faire bénéficier les magazines du business créé. En effet les magazines sont des prescripteurs de produits qui n’en tirent actuellement aucun bénéfice direct ; ils sont pourtant situés au cœur de la stratégie cross canal des marques et possèdent un très haut pouvoir de créateur d’envies. Désormais, Smartsy leur offre la possibilité de récupérer une partie de la valeur ajoutée suscitée par leur prescription des produits. En clair, quand un produit sera acheté via le snap d’un magazine, ce dernier pourra en retirer une part de rémunération. Il s’agit là d’un modèle de revenue sharing mais aussi un partenariat d’échange de visibilité et de traction marketing que nous sommes en train de mettre en œuvre avec certains titres de la presse magazine.

Vous avez indexé plusieurs dizaines de magazines français mais quelles sont vos prochaines étapes ?

ASP - L’indexation massive des magazines, qui sont, je le rappelle 100 % flashables, est une première mondiale. Cela n’avait jamais été opéré à cette échelle et demande des ressources significatives pour le traitement des données mais aussi leur qualification. Notre objectif est d’augmenter encore le nombre de magazines pour offrir le choix le plus large possible à nos utilisateurs. L’opération se déroule actuellement en France et aux Etats-Unis mais nous prévoyons de reproduire ce modèle dans d’autres pays notamment européens.

Vous envisagez d’autres secteurs d’intervention que la presse ?

ASP - Dans le pipe de Smartsy, nous allons lancer dès le printemps prochain l’indexation de tous les visuels musicaux. Il s’agit là d’une opération qui se déroulera aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis et consistera à permettre l’identification de tous les visuels du secteur musical : pochettes d’albums mais aussi posters, flyers, photos de presse des chanteurs, etc… Au total c’est plus de 30 millions de titres qui seront indexés et le partenariat mondial que nous avons signé avec Getty images nous permettra d’entrer dans nos bases de données plusieurs dizaines de millions d’images d’artistes internationaux. Nous pensons introduire avec smartsy music un nouvel accès à la musique, innovant et original. Les grands labels et les artistes de renommée mondiale s’y intéressent activement et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons établi un bureau ici à Los Angeles.

UP' a testé l'application sur une bonne douzaine de magazines : ça marche !
Nous vous souhaitons plein de succès pour cette merveilleuse aventure et merci de nous avoir accordé cet entretien.

Propos recueillis par Fabienne Marion

Site de smartsy : www.smartsy.co
Pour télécharger l’app smartsy (Apple) [http://www.smartsy.co/app]

medias

19 Janvier : Mutation, révolution, transformation de la presse

L’Ecole de Paris du Management et NEOMA Business School vous invitent à un débat sur le thème Mutation, révolution, transformation de la presse le lundi 19 janvier 2015 à 19h00.

Intervenants :

- Pierre-Jean BENGHOZI, Directeur de recherche CNRS, professeur à l’École Polytechnique, membre de l’ARCEP
- Bertrand GIÉ, Directeur nouveaux médias, Le Figaro
- Daniel SCHNEIDERMANN, Fondateur d’[a]rretsurimages.net

Débat co-organisé par Michel BERRY de l'Ecole de Paris du management et Dr. Valery MICHAUX, HDR, Directrice de la recherche de NEOMA Business School.

La presse est un des secteurs qui ont le plus subi l'impact d'internet : dématérialisation, nouveaux modèles de revenus, redéfinition de la circulation de l'information via les blogs et les réseaux sociaux, convergence de la presse, du e-business ou encore de la télévision. Plus de 150 journaux ont fermé aux États Unis. mais le Washington Post a été racheté par le fondateur d'Amazon et Le Monde par Xavier Niel. Toutes les entreprises de presse affrontent une mutation sans précédent de leurs métiers, de leur organisation, de leurs modèles économiques, des attentes de leurs lecteurs, et doivent faire face à de nouveaux entrants.

Comment est vécue cette transition de l'intérieur ? Quelles sont les solutions économiques innovantes ? Quelles sont les évolutions de métiers pressenties ? Comment les chaînes de valeur se recomposent-elles ?

Un cocktail sera offert à l’issue de la conférence.

Lieu : NEOMA Business School - Campus de PARIS - 9 rue d'Athènes, 75009 Paris

Inscription

information et médias

La cyberguerre est déclarée !

Sur Internet, Anonymous déclare la guerre aux islamistes, sous le nom de code #OpCharlieHebdo. Le groupe déclare qu’il "ne laissera jamais le droit bafoué par l’obscurantisme et le mysticisme". Dans un communiqué publié sur Pastebin (1), il menace : "La liberté d’expression et d’opinion est une chose non négociable, s’attaquer à elle, c’est s’attaquer à la démocratie. Attendez vous à une réaction massive et frontale de notre part car le combat pour la défense de ces libertés est la base même de notre mouvement".

En deux jours, plus de 22 000 abonnés sur leur compte twitter.

Concomitamment aux assassinats à Charlie Hebdo et à la prise d’otages à Saint-Mandé, les hackers islamistes ont lancé une opération de piratage de sites sur l’hexagone. Des centaines de sites ont ainsi été vidés de leurs contenus et remplacés par un même message de propagande "The Islamic State Stay Inchallah, Free Palestine, Death to France, Death to Charlie Hebdo", un message islamiste pro-Daesh, pour la Palestine libre et se réjouissant de la mort de la France et de Charlie Hebdo.
Dès jeudi, Anonymous dévoilait son action Op Charlie Hebdo sur Twitter ciblant les pages web tenues par les organisations terroristes et diffusait deux vidéos adressées à "Al-Qaida, l’Etat Islamique et autres terroristes" diffusées sur Youtube à partir d’un compte situé en Belgique : "Nous, les Anonymous de toute la planète avons décidé de déclarer la guerre à vous les terroristes… Nous allons surveiller toutes vos activités sur le Net, nous fermerons vos comptes sur tous les réseaux sociaux. Vous n’imposerez pas votre charia dans nos démocraties…"
Une autre vidéo exigeant du président François Hollande une obligation de résultat pour la sécurité de son pays. Anonymous a dévoilé hier une première liste de comptes Twitter de djihadistes sur le site pastebin.

Une mobilisation internationale extraordinaire

D'après le journal Le Monde du 10 janvier, "Des centaines de sympathisants d’Anonymous viennent y discuter d’actions plus radicales à mener contre les « terroristes ». Chacun a sa préférence : blocages de sites, détournements de pages, pénétration de serveurs et de bases de données, attaques de comptes de réseaux sociaux...
Dans la pagaille, des groupes de travail éphémères se forment, les adresses des premiers sites visés commencent à circuler. Des graphistes proposent de créer des pages humoristiques ou provocatrices à afficher sur les sites islamistes quand ils auront été piratés. Un site à usage interne appartenant au Parti pirate allemand affiche des listes provisoires de centaines de comptes Facebook et Twitter soupçonnés d’appartenir à des islamistes radicaux, qui n’ont pas encore été publiés sur Pastebin".

Une initiative qui divise

"La cyberguerre arrive !" annoncaient John Arquilla et David Ronfeldt, analystes à la Rand Corporation, dans un article fondateur de 1993. Selon eux, cet Internet alors encore balbutiant allait modifier en profondeur la pratique de la guerre. En février 2011, Leon Panetta, alors directeur de la CIA, indique au Congrès que "le prochain Pearl Harbor pourrait très bien être une cyberattaque."

D'après Thomas Rid (2), lecteur au département d’Études sur la guerre du King’s College de Londres, la violence numérique a des implications sur le plan de l’éthique et des stratégies nationales de sécurité. Un code malveillant ou, plus généralement, des attaques informatiques, peuvent atteindre des objectifs qui nécessitaient autrefois l’intervention de la force. Les attaques les plus complexes sont extrêmement précises et l’arme informatique entraîne généralement moins de dégâts collatéraux que les armes classiques. Ainsi, dans de nombreux cas, le recours aux ordinateurs serait préférable sur le plan éthique : une cyberattaque est moins violente, moins traumatisante et plus restreinte.

Néanmoins, certaines voix s'élèvent contre ce genre de méthodes. Selon le magazine 01Net : "Pour Olivier Laurelli, alias Bluetouff, c’est une très mauvaise idée qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le travail des enquêteurs. Ce spécialiste de la sécurité informatique a déclaré à l'AFP qu’à "partir du moment où on attaque ces réseaux où ils communiquent entre eux, on interfère dans le travail des enquêteurs". Il ajoute que "ce n'est pas en lançant des attaques par déni de service que l'on va régler quoi que ce soit".
De son côté, la police leur demande de ne pas "perturber [leur] travail en diffusant fausses informations ou rumeurs". D’autant que le gouvernement se prépare à agir en bloquant les sites terroristes.

Selon le journaliste Olivier Chicheportiche de ZDNet.fr, quand on défend la liberté d'expression, en théorie, on la défend pour tous : "Sous des airs louables, les Anonymous n'ont pas peur de la contradiction puisqu'il s'agit d'empêcher certains de s'exprimer pour défendre la liberté d'expression. Curieuse approche car quand on défend la liberté d'expression, en théorie, on la défend pour tous. Ce genre de vengeance à chaud risque de jeter de l'huile sur le feu, de creuser les lignes de fracture.. Et de ne servir à rien puisque les personnes à l'origine de ces sites sont parfaitement capables de remonter des infrastructures, encore plus discrètes et donc encore plus difficiles à localiser."

Cyberguerre, la quatrième armée ?

Internet nous a rendu la vie plus facile. Mais il a aussi ses mauvais aspects. Et la cyberguerre avec comme armes ordinateurs et claviers fait désormais partie intégrante de la guerre avec deux objectifs : paralyser des sites et y laisser une signature pour étaler une vulnérabilité et nuire à des infrastructures. De bons cyber-soldats pourront faire bien plus de dégâts que n’importe quelle armée. Meir Sheetrit, ancien ministre israélien de la Sécurité intérieure, déclarait en avril 2014 au journal Libération qu'en 2011, des hackers saoudiens ont téléchargé les données des cartes de crédit de 400 000 Israéliens. En représailles, des hackers israéliens se sont infiltrés dans les registres de cartes de crédit des Saoudiens. En 2011, des hackers se sont introduits dans des systèmes de gestion d’eau en Illinois et au Texas. Ces hackers voulaient montrer aux Etats-Unis qu’ils n’étaient pas protégés. David Dittrich, chercheur à l’université de Washington, a dit qu’il fallait dix ans d’expérience de programmation réseau à très haut niveau pour avoir les capacités de défense et d’attaque en cas de cyberguerre. Il faut donc investir énormément d’argent et de temps pour former des cyber-soldats. Ce n’est pas un travail d’amateurs, mais de professionnels. 

Comme l'indiquait Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, en octobre dernier sur RTL, la quatrième armée est arrivée : la cyberdéfense. Forte de 1.250 hommes et femmes, elle est chargée de contrer les attaques informatiques en tous genres. 
"Aujourd'hui, si on ne maîtrise pas les systèmes informatiques, on ne peut rien faire." déclarait également l'amiral Arnaud Coustillière, officier général à la cyberdéfense. 

La révolution numérique a bouleversé les relations internationales. Et ce ne sont plus seulement les Etats qui s’affrontent dans un univers virtuel en développant des programmes et des armes d’un type nouveau, ce sont les acteurs sociaux qui sont impliqués dans nos sociétés démocratiques, mais aussi les dictateurs, les mafias, les talibans, les djihadistes - toutes sortes d’organisations qui nourrissent, informent ou déforment la toile au gré de leurs intérêts.

La cyberguerre doit-elle être déclarée au nom du bien commun ? Ouvre-t-elle l'ère de nouvelles formes de conflits ? "La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires" disait Clémenceau. Doit-on la laisser aujourd'hui aux mains d'initiatives de type Anonymous ? Beaucoup veulent voir dans la cyberguerre un nouveau farwest échappant à toutes règles ; c'est-à-dire que le cyberespace serait une véritable zone de non-droit où les Etats pourraient s’attaquer les uns les autres sans restrictions et sans que les règles existantes pour les conflits armés conventionnels ne leur soient applicables. Est-ce vraiment le cas ? La cyberguerre échappe-t-elle vraiment au droit international ? Des mesures votées par la loi contre le terrorisme et celle sur la société numérique ont été notifiées en express par Bruxelles, comme la législation européenne l’impose, et seront publiées au Journal Officiel dans les jours qui viennent. 

(1) Cf Communiqué d'Anonymous du 7 janvier sur Pastebin
(2) Auteur de "Cyber War Will Not Take Place" (Oxford University Press 2013) 

Le Directeur de la Fondation Hirondelle parmi les 5 romands en lice pour le Swiss Award

Quelle personnalité suisse aura marqué l’année 2014 ? Réponse samedi 10 janvier dès 20h10 sur RTS Deux.

Organisée par SRF avec la RTS, RSI et RTR, cette grande soirée de gala sera à suivre en direct sur le petit écran. Les téléspectateurs pourront voter pour leur favori tout au long de la soirée. Ce traditionnel gala de janvier récompense chaque année une personnalité issue de chacun des domaines suivants : politique, économie, culture, show-business et société.

Jean-Marie ETTER a été nominé dans la catégorie « société » pour son activité au sein de la Fondation Hirondelle à Lausanne, qu’il a fondée il y a vingt ans avec François Gross et Philippe Dahinden, et qu’il dirige aujourd’hui.

La Fondation Hirondelle crée ou soutient des médias indépendants, surtout des radios, dans des zones de conflits violents ou d’instabilité. Les collaborateurs et les journalistes viennent des pays où se trouvent ces médias. La Fondation Hirondelle est la seule organisation internationale spécialisée dans la création et la gestion de médias couvrant des pays entiers en zones de crises. Elle a notamment développé des radios au Kosovo, au Liberia, au Rwanda, en Sierra Leone, à Timor, au Népal, en RCA, et en collaboration avec les Nations Unies en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud.

L'information et les médias à l'honneur !

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