UP' Magazine L'innovation pour défi

Révolution au coeur des matériaux

L'amélioration de la qualité de la vie quotidienne constitue depuis toujours une des préoccupations majeures de l'homme. Sans oublier la rénovation thermique des bâtiments, l'un des grands enjeux de notre société dans un contexte de raréfaction des matières premières énergétiques. C'est dans ce cadre que s'inscrit la recherche perpétuelle de nouveaux matériaux plus performants, plus écologiques, mieux adaptés aux contraintes et exigences de l'époque.

Les tendances actuelles, soutenues désormais par l'évolution des réglementations, font de la performance énergétique un critère de recherche déterminant dans l'élaboration de matériaux innovants : isolation, matériaux de construction,... ; il s'agit de repenser complètement les habitudes qui ont régi l'industrie de la construction les trois dernières décennies et optimiser les propriétés des matériaux de demain. Une approche développée pour fabriquer des nanocomposants consiste à assembler la matière atome par atome ou molécule par molécule pour construire des nano-objets qui seront ensuite intégrés dans des systèmes plus complexes. Ce sont les nanomatériaux.

Les besoins et réglementations créent de la diversité, mais aussi des techniques nouvelles comme l'impression 3D qui permet désormais l'utilisation de certaines familles de matériaux. 

De tout temps, des matériaux nouveaux ont accompagné le progrès scientifique et technique. Si travailler l’infiniment petit représente la rupture de technologie la plus marquante de ces vingt dernières années, d’autres révolutions se préparent. Fortement corrélés à des procédés de fabrication en constante adaptation, les matériaux d’aujourd’hui et de demain sont des produits de synthèse high tech, prennent la forme de composites aux combinaisons presque infinies ou se structurent différemment pour des propriétés inédites. Des matériaux à l’imagination débordante, impensables il y a quelques années encore. Petit tour d'horizon. 

Les matériaux de demain

Les briques en papier

La start-up américaine BetR-blok a conçu de véritables "briques" à partir d'un mélange de ciment et de cellulose provenant de papier et de carton recyclé. "Avec le papier gaspillé chaque année aux Etats-Unis, on pourrait construire un mur de 15 mètres de haut tout autour du pays", font valoir ses concepteurs, qui entendent lutter contre ce gâchis. Leur brique est aussi un excellent isolant acoustique, résistant aux moisissures et au feu : l’idée étant de réaliser des panneaux phononiques minces dans un matériau suffisamment léger et mou, comme le carton ou le papier, pour faciliter la communication entre les trous et piéger efficacement le bruit.

Les bétons à haute performance

Le béton est le matériau manufacturé le plus utilisé dans le monde mais son comportement physico-chimique reste l'un des plus mal connu. On met en œuvre en France chaque année 60 millions de m3 de béton, soit 1 m3 par habitant. Le béton moderne contient moins de 10% de ciment, le reste étant du sable et du gravier. Alors que le parpaing (moellon de béton) et la brique creuse ont été largement utilisées après la fin de la seconde guerre mondiale, de nouveaux matériaux sont aujourd’hui nécessaires pour satisfaire aux nouvelles normes d’isolation. Les constructions récentes utilisent des systèmes à ossature bois ou acier, du béton cellulaire ou de la brique Monomur alvéolaire.

- Le Béton transparent :

Mais voici le béton LiTraCon ( LIght TRAnsmitting CONcrete), inventé par un architecte hongrois. Il transforme les murs en théâtres d'ombres chinoises. Ces blocs de bétons, qui possèdent exactement les mêmes qualités mécaniques qu'un béton classique, laissent pourtant passer la lumière grâce à des fibres optiques insérées à l'intérieur même du béton. Véritable innovation, chaque bloc est une combinaison entre fibre optique et béton très fin, une structure homogène laissant passer la lumière.
Un produit distribué en France par Byzance Design.

- Le béton éternel :

Une structure en béton exposée aux agressions extérieures (neige, sel marin, pollution...) est victime de la corrosion au fil du temps, faisant apparaître des fissures et des déformations. Une équipe de chercheurs de l'Université de Wisconsin-Milwaukee, menée par le professeur Konstantin Sobolev, ont mis au point un "super béton" baptisé SECC, plus résistant, qui repousse l'eau et dispose même d'une certaine souplesse. Baptisé SECC (Superhydrophobic Engineered Cementitious Composite), il possède un tel niveau de résistance aux fissures que les chercheurs estiment sa durée de vie à 120 ans. Sa structure particulière lui permet également de supporter une compression quatre fois supérieure à celle du béton armé et il possède une ductilité (capacité à être déformé sans se rompre) 200 fois supérieure. En comparaison, la durée de vie moyenne des routes bétonnées du Wisconsin se situe autour de 40 à 50 ans, et 10 % des tabliers de ponts requièrent un remplacement après 30 ans.

De plus, afin de s'assurer que ce nouveau matériau est réellement plus résistant qu'un béton traditionnel, l'équipe a intégré des électrodes à son tronçon de test (de 4,5 m sur 1,2 m), à environ 2,5 cm sous la surface. Elles sont reliées à un système qui enregistre les données et peuvent détecter si de l'eau pénètre dans le béton et à quelle profondeur. Elles peuvent également détecter la présence d'ions de chlorure dans le matériau, et percevoir le poids et la pression exercés par les véhicules lorsqu'ils passent dessus. (Compte-rendu des travaux en cours consultable ici).
En cours de commercialisation.

Le Bois lamellé-collé - Cross Laminated Timber (CLT)

Il permettrait de construire des immeubles de dix à trente étages. Ce procédé de fabrication consiste à assembler des lamelles de bois (épicéa, sapin de Douglas, etc.) avec de la colle et permet d’obtenir de très grandes pièces aux formes souhaitées, aussi solides que le béton renforcé. 
A l'exemple du Stadthaus, conçu par l’architecte Andrew Waugh, dans le district londonien d'Hackney : cet immeuble est construit en bois, du sol au plafond, en passant par les cages d’ascenseur et d’escalier. Inauguré en 2009, il est alors l’immeuble en bois le plus haut du monde. Il sera vite dépassé par le Forté à Melbourne en 2012 et le Barents à Kirkenes en 2014. Mais les architectes espèrent aller beaucoup plus haut ces prochaines années ! Une tour de trente-quatre étages à Stockholm ? Et pourquoi pas un gratte-ciel en bois de quarante-deux étages à Chicago ? 
Photo : HP Copyright © 2013 Yellowtrace

Un revêtement régulateur de chaleur

Le Micronal PCM, fabriqué par BASF,est un matériau dit "à changement de phase", c'est-à-dire qui évolue en fonction de la température, ce qui permet de réguler la chaleur. Il se présente sous la forme de microbilles de polymère contenant de la cire. Quand la température augmente, la cire absorbe la chaleur et la stocke. Quand la température diminue, la cire dans les microbilles restitue la chaleur latente emmagasinée.
Durant la période de changement de phase, la température demeure constante et permet de réguler la température à des niveaux confortables entre 22 et 26°C. A 21°C, 23°C ou 26°C selon le choix de l'utilisateur, les paraffines qu'il contient fondent, absorbant la chaleur environnante. 

Grâce à la micro-encapsulation les Micronal peuvent être incorporés dans les matériaux de construction. Ainsi, ils sont destinés aux fabricants de peintures et de plaques de plâtre.

Les Micronal sont indestructibles, inertes et non toxiques. Ils sont disponibles sous forme liquide ou poudre.

Les vitrages électrochromes (ou à occulation automatique)

Intégrant des oxydes de titane ou de tungstène, ces vitres foncent à la demande et diminuent les besoins de climatisation tout en conservant une bonne luminosité, afin d'optimiser la consommation énergétique. On peut ainsi imaginer avoir en été ou par temps très lumineux un vitrage coloré afin de limiter l’éblouissement et l’échauffement ; inversement, en hiver ou par temps couvert, le vitrage reste décoloré pour profiter des apports du soleil.

En plus d'être isolant, sous l’effet d’un faible courant électrique, ce verre peut passer d’un état clair à un état teinté (et inversement) tout en restant transparent. Le verre extérieur du double ou triple vitrage est recouvert de fines couches de métal d'une épaisseur totale inférieure à 1/50 de cheveu humain. Quand un faible courant passe à travers le revêtement (coating), les ions se déplacent d’une couche à l’autre provoquant la teinte du vitrage, ce qui réduit la quantité de lumière passant au travers. L’inversion de la polarité du courant cause le retour des ions à leur couche d’origine, et ainsi du verre à son état clair. Le système complet comporte des électroniques de contrôle permettant au verre de gérer la transmission lumineuse à travers 4 niveaux de teintes différents. 
Cette technologie met en application le principe d’oxydation / réduction (réaction au cours de laquelle se produit un transfert d'électrons). Elle peut être contrôlée automatiquement, manuellement ou les deux, afin de s’adapter aux besoins des différents bâtiments.
Industrialisé par Saint-Gobain sous la marque Quantum Glass.

La membrane respirante et étanche à la fois

Le Stamisol est une paroi en composite d'une longévité "exceptionnelle", selon son concepteur, le groupe industriel Serge Ferrari. Résistante à de fortes expositions aux UV et parfaitement étanche, elle permet d'évacuer l'humidité intérieure du bâtiment, évitant ainsi les risques de condensation et de moisissure.
Stamisol est le choix idéal derrière une façade ventilée transparente, ajourée ou créative. Une large gamme de couleurs donne la possibilité aux architectes de réaliser des façades uniques (transparence, profondeur, dynamisme …).

L'aérogel de silice ultra isolant

Le Nanogel Lumira, fabriqué par la société Cabot Corporation (Boston - USA) est tout simplement l'un des isolants les plus efficaces au monde. Constitué de 97% de vide et de grains de silice amorphe (qui contrairement à la silice cristalline ne présente quasiment aucune toxicité), il est donc transparent et stable aux UV. C'est non seulement un isolant thermique exceptionnel, 3 à 6 fois meilleur que les matériaux classiques, mais aussi un excellent isolant acoustique, idéal pour les appartements, les bureaux ou les hôpitaux par exemple, tout en permettant de laisser passer la lumière.

Le plâtre antichoc, antibruit et dépolluant

Plaque de plâtre haute densité à dureté superficielle élevée résistant aux chocs, améliorant la qualité de l'air et le confort acoustique. Elle est composée d'une structure cristalline de gypse spécifique additionnée de 2% de fibres de bois, entièrerement recyclable (sur site de production Placoplatre ). Le Placo Impact Activ'Air est quatre fois plus résistant qu'une plaque de plâtre standard. Il possède surtout des vertus dépolluantes : un composant spécifique, incorporé à hauteur de 0,2% dans le plâtre, capte 80% des composés organiques volatils (COV) et les transforme en composés inertes. Idéal pour les cloisons et les murs des chambres d'enfant par exemple. Surtout que ses qualités ne s'arrêtent pas là : il réduit aussi le bruit de 50% et possède une très haute résistance aux chocs : les tests opérés, simulant des coups de pieds et coups de table répétés, ont démontré une résistance 4 fois supérieure à celle d'une plaque standard. Cette résistance permet également à la paroi de supporter l'accrochage des charges lourdes (jusqu'à 30 % supérieures à une plaque standard) à l'aide de fixations adaptées (écran plat, meubles...).
www.placo.fr

Les céramiques cellulaires

Les céramiques cellulaires se caractérisent par une architecture poreuse dont la taille des pores peut être modulée depuis quelques microns jusqu’à quelques nanomètres. La morphologie varie en fonction des techniques d’élaboration et de la nature des matières premières (notamment des agents porogènes). On peut ainsi obtenir des mousses, des nids d’abeilles, des sphères creuses assemblées, des fibres connectées. 
Ces mousses présentent de nombreux avantages par rapport aux autres matériaux cellulaires parmi lesquels une plus grande chute de pression, une température d’utilisation plus basse, la structure isotrope permettant une meilleure pénétration du gaz, une filtration plus homogène, la présence de fissures n’affectant pas la filtration et une meilleure résistance thermique.

Les matériaux céramiques cellulaires sont produits en mélangeant d'abord l'argile, le carbone et environ 40 % à environ 70 % d'eau en poids de l'argile dans le mélange, en permettant au mélange de durcir, en séchant le mélange durci, puis en cuisant le mélange séché à une température et pendant une période suffisante pour faire fondre la surface du mélange. Le matériau argileux peut être, par exemple, des argiles de surface, des ball clays, du kaolin, du schiste, de la cendre volante et/ou de la bentonite. Dans un autre mode de réalisation, un mélange de cendre volcanique, de carbone et d'eau peut être formé et stratifié avec le mélange d'argile, de carbone et d'eau. Les matériaux céramiques cellulaires sont, dans la plupart des cas, imperméables aux liquides, sont capables de supporter des charges importantes de tension et de compression sans renfort, et ne nécessitent aucun matériau isolant supplémentaire. Un tel matériau céramique cellulaire peut également être utilisé dans la construction de bâtiments qui comportent un squelette métallique qui comprend des barres métalliques qui forment une structure pour supporter le matériau de construction céramique cellulaire.
L'élaboration de matériaux céramiques cellulaires se fait surtout pour la réalisation dans le domaine médical de substituts osseux.

Des matériaux issus de l'impression 3D

On sait que, en partenariat avec l’université de Science et de Technologie du Missouri aux États-Unis, la NASA, l’agence spatiale américaine, a lancé dès 2013 un programme de recherche pour le développement de matériaux innovants et bien plus résistants que les matériaux de fabrication actuels.
Par exemple, le Dr. Frank Liou, directeur du laboratoire LAMP (pour Laser Aided Manufacturing Process) confirme que l’acier issu des méthodes d’impression 3D est 10% plus résistant que par le biais des méthodes classiques.

Les familles de matériaux pouvant être utilisés en impression 3D :

- Les plastiques : PLA, ABS
- Les polymères : Bois, Pierre
- Les métaux : Or, Argent, Aluminium, Acier, Cobalt, etc.
- Les résines
- Les cires
- Les céramiques
- Les bétons

Matériaux actifs du futur

Poussés par la recherche d'efficacité énergétique, les constructeurs mettent au point des matériaux de plus en plus actifs. 
Les métacomposites voient plus loin encore que les composites, en incluant des circuits électroniques, des matériaux piézoélectriques, des capteurs et des résonateurs dans une matrice polymère. Leur conception repose sur une approche distribuée des lois de contrôle à l’intérieur d’une structure. Avec son équipe de chercheurs menée par Manuel Collet, le département de Mécanique appliquée de FEMTO-ST est le spécialiste de la question en France.

Dans un souci de réduction des coûts et notamment de la facture énergétique, l’industrie aéronautique, l’ingénierie civile ou encore la filière nucléaire utilisent des structures de plus en plus légères, qui posent par ailleurs des problèmes de robustesse, de stabilité et de fatigue, auxquels les métacomposites peuvent remédier. Pour leur garantir un fonctionnement optimal, il est crucial de maîtriser des vibrations d’autant plus importantes que les structures sont légères.

Des polymères amortissants sont inclus au matériau pour contrôler et empêcher la propagation d’ondes acoustiques de surface, sur ce que Manuel Collet appelle leur « peau active ». « Nous travaillons sur les fréquences audibles, entre quelques centaines et 20 000 hertz, ce qui représente une structuration centimétrique du matériau avec des inclusions de MEMS à l’échelle submillimétrique. »

Parallèlement à ce contrôle des vibrations, des capteurs et des actionneurs assurent des fonctions d’autoévaluation et d’adaptation du matériau par lui-même, ce qui le place dans la gamme futuriste des matériaux actifs.

Les smart systems incorporés recueillent des données sur la santé des composants, leur niveau de fatigue, leur risque de rupture, et sont capables d’établir un pronostic sur leur durée de vie restante. Le contrôle de forme est une parfaite illustration des recherches menées à FEMTO-ST. Dans le matériau, un capteur est capable de saisir une information provenant de l’extérieur puis de la transmettre à un actionneur qui va déclencher une modification de la structure. Ainsi, une aile d’avion réalisée dans ce type de matériaux saura à l’avenir adapter sa forme en tenant compte de paramètres comme la vitesse d’écoulement de l’air pour optimiser par exemple la portance aérodynamique.

Des collaborations fortes sont engagées entre l’Institut FEMTO-ST et des industriels sur ces sujets porteurs d’avenir. En 2017, des travaux menés pour l’aviation avec SNECMA se concrétiseront dans des essais proches de la réalité. Les futurs lancements d’Ariane V (ASTRIUM) devraient donner lieu à des tests en vol dès 2015. (Source : UFC - Université de Franche-Comté 2013)

Cf "Les matériaux du futur" - ARTE TV

Cf Laboratoire de recherche des materiaux du futur de Saint-Gobain

Cf site de veille des matériaux innovants www.materio.com

Cf Institut des Matériaux Jean Rouxel - Nantes

Cf Forum NanoRESP

Snapkin : l'innovation BTP Archi de l'année

Après avoir séduit les jurys de nombreux concours, Damien DOUS, jeune diplômé de l’École des mines d’Alès, vient d’être récompensé dans le cadre du Tremplin Entrepreneur Etudiant, le concours d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes organisé par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Damien DOUS est co-fondateur et directeur R&D de SNAPKIN, une jeune société qui a créé un outil innovant de mesure 3D et de création de plan d’architectes, à partir de la Kinect de Microsoft.

Un plan d’architecte en quelques minutes grâce à l’outil SNAPKIN

La société SNAPKIN, co-créée par Jérémy Guillaume et Damien Dous en 2013, développe un outil de mesure et de création de plan d’architectes en 3D, à partir de la Kinect de Microsoft, une caméra qui capte les images et les mouvements.
En quelques minutes, on obtient une version en 3D de l’intérieur d’un bâtiment ainsi qu’un plan d’architecte. Un gain de temps considérable pour les architectes et tous les acteurs du Bâtiment, soit un marché de plus de 200 000 entreprises en France.

Ils sont les premiers à proposer un outil accessible qui permet d’obtenir en quelques minutes un modèle 3D de l’intérieur d’un bâtiment existant et son plan d’architecte complet.
L’utilisation est très simple : vous placez l’outil Snapkin au centre d’une pièce, il va tourner à 360° puis envoyer les données à un serveur Cloud. Après quelques minutes de traitement sont renvoyés le modèle 3D, le plan et les mesures du bâtiment utilisables directement dans un logiciel d’architecture.
Les utilisateurs peuvent télécharger ces données dans leur logiciel CAO, naviguer dans le modèle 3D et prendre des mesures. En quelques minutes, un architecte recueille ainsi ce qu’il mettait auparavant plusieurs jours à obtenir.

Pour Jérémy Guillaume : "Quand un architecte doit s’occuper d’un projet de rénovation ou de décoration il doit au préalable prendre toutes les mesures de l’habitat pour les utiliser dans un logiciel professionnel comme AutoCAD pour y dessiner le plan d’intérieur et son modèle 3D. Cette tâche fastidieuse prend en moyenne quatre jours de travail contre seulement ½ journée avec Snapkin.

L’idée de départ est venue de la difficulté qu’ont les architectes à prendre des mesures de bâtiment existant de façon fiable et efficace. De plus, le processus de création d’un modèle 3D est très long et le prix d’un scanner du type station laser 3D reste prohibitif pour la plupart des professionnels (prix moyen de 40k€).

A terme, ce nouvel outil sera également utilisé par les agences immobilières, pour proposer des visites 3D mais aussi les géomètres, les urbanistes,...

Pour Damien DOUS : « C’est mon cursus aux Mines d’Alès, et plus particulièrement les cours dédiés à l’entrepreneuriat, qui m’ont donné l’envie d’entreprendre. Dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai intégré l’incubateur de l’école, Innov'up, où l’on m’a conseillé et apporté de nombreux contacts professionnels. Pour le développement technique de notre outil, j’ai été aidé par un enseignant‐chercheur du Laboratoire de génie informatique et d’ingénierie de production des Mines d’Alès. La preuve est faite que notre prototype fonctionne. Nous cherchons désormais des capitaux pour passer à la phase d’industrialisation ».

Grâce au partenariat noué avec le géant Microsoft fin 2012, Snapkin bénéficie, en primeur, d’un accès à toutes les mises à jour de la Kinect ainsi que d’un appui commercial et de communication dès que la jeune entreprise se lancera à l’export.

Pour l'heure, les fondateurs de Snapkin sont en recherche de fonds pour poursuivre l'industrialisation du produit et viennent de concrétiser un beau partenariat avec la société Autodesk, éditrice de logiciels, dont le fameux AutoCAD.

L'entreprise, aujourd'hui basée à Nîmes dans l'incubateur de l'Ecole des mines, déménage dans la pépinière d'entreprise Cap Oméga de Montpellier.

www.snapkin.fr

A propos des étudiants‐entrepreneurs à l’Écoles des mines d’Alès

L’École des mines d’Alès aménage la scolarité des élèves qui ont une idée innovante et qui sont déterminés à entreprendre. Et en fin de cursus, ces élèves‐ingénieurs entrepreneurs peuvent intégrer l’incubateur de l’École.
Rappelons que tous les élèves du cycle ingénieur suivent dès la 1ère année des cours sur l’innovation et la création de valeur. En 3e année, en plus du Séminaire et du Challenge Créativité, les élèves‐ingénieurs peuvent suivre un module 100% dédié à la création d’entreprise. Et en 3e année,chaque élève réalise une mission de terrain con-sacrée soit à la création d’entreprise, soit au développement de produits nouveaux.

La Médina de Fès rénovée par l'UNESCO

Un programme de rénovation de la médina de Fès, classée au patrimoine mondial par l'Unesco depuis le début des années 80, a été annoncé ce jeudi 26 juin 2014 par l'Agence pour le développement et la réhabilitation (Ader) de la capitale religieuse du Maroc, pour un coût évalué à 30 millions d'euros (330 millions de dirhams) Le projet, rendu publique à l'occasion du 25e anniversaire de la création de l'Ader, concerne 3.666 habitations menaçant de s'effondrer, a rapporté l'agence MAP. Parmi elles, "143 bâtisses" seront détruites, selon la même source.

Classée au patrimoine mondial par l'Unesco au début des années 1980, la médina de Fès, qui compte environ 160.000 habitants, est l'une des plus anciennes et des plus grandes (280 hectares) au monde. Ses monuments, dont ses tanneries et la plus vieille université islamique du monde arabo-musulman (Quaraouiyine), font de la cité idrisside fondée à la fin du VIIIe siècle une des principales destinations touristiques du royaume.

L'an dernier, en dépit de précédents programmes de "traitement du bâti menaçant de tomber en ruines", plus de 4.000 de ses habitations risquaient toutefois de s'effondrer, selon des chiffres officiels. A cette date, des intempéries printanières avaient ainsi entraîné la mort d'une personne dans l'effondrement de deux immeubles. Plus d'une dizaine de projets --pour les seules démolitions-- ont d'ores et déjà été entrepris depuis. En 2013, une cérémonie avait par ailleurs marqué la fin de longs travaux de rénovation de la synagogue "Slat Alfassiyine", la communauté juive de Fès ayant été jusqu'au siècle dernier l'une des plus importantes du pays (jusqu'à 30.000 membres).

Le bilan du programme du traitement du bâti menaçant ruine de la période 2013 au 18 juin 2014 s'élève à 17 projets exécutés en totalité à Fès Médina parmi un total de 128 opérations lancées, dont 22 à Méchouar Fès Jdid et 106 à Fès Médina.  Quelque 114 projets ont été achevés également au niveau du programme d'intervention d'urgence, dont 79 à Fès Médina et 35 à Méchouar Fès Jdid. 

D'autres vieilles villes au Maroc sont confrontées au même problème, des bâtiments menaçant d'y tomber en ruines, dont celles de Meknès, Rabat et Casablanca, la capitale économique. En 2012, le gouvernement avait évalué à plus de 114.000 le nombre d'habitations concernées sur l'ensemble du territoire.

(Source : AFP - 26 juin 2014)

Rusch : à la découverte du design de services

Des bancs et des lampadaires ! Certes, mais plus seulement...

A l’instar des urbanistes, architectes et autres concepteurs, le design s’intéresse à la matérialisation des interactions entre l’Homme et son environnement et notamment aux flux de biens et de personnes dans la ville.

Parmi les nombreux paramètres caractéristiques d’un espace bâti (usages, zonage, architecture), les urbanistes partent de l’étude des flux physiques existants pour les recomposer et ainsi remodeler la ville. Le design de services, quant à lui, a tendance à observer l’immatériel avant de se poser la question de sa matérialisation. Mais, lorsque l’immatériel parvient à influencer les flux d’une ville et les comportements de ceux qui la pratiquent, la frontière entre design de services et urbanisme devient mince.

La collaboration entre l’agence de design anglaise Live|Work et le gouvernement thaïlandais sur une nouvelle ligne de train à grande vitesse illustre bien ce propos. Intervenant auprès du ministre des transports local dans la conception de ce nouveau service, Live|Work s’est attelé à anticiper le devenir du service, afin de ne pas courir le risque d’un parcours incohérent.
Ainsi, plutôt que de définir le projet par la conception de ses moyens physiques, Live|Work s’est attelé à articuler le projet en adoptant une approche et une mentalité centrée sur l’utilisateur très en amont de la phase de conception/projet.

Schématiquement, à la question initiale « À quoi va ressembler le nouveau train ? » s’est substituée la question « Quelle va être l’expérience des futurs passagers ? ».

Les équipes d’ingénieurs et d’architectes ont ainsi pu s’approprier et satisfaire la totalité de l’expérience des utilisateurs et anticiper d’éventuels problèmes de fond qui auraient pu rendre le service dans son ensemble rapidement obsolète.

Comment passons-nous du design d’une chaise à celui d’un service ?

Cette question soulève un point intéressant sur une vision vulgarisée de l’objet du design. Leur histoire récente les a amené à une perception très esthétique des objets qui composent notre environnement, avant d’en considérer leur valeur ajoutée sur un marché déjà saturé de produits.
Si les lignes d’un objet sont déterminantes à son acceptation par le public, cette vision peut être considérée comme l’héritage d’un système basé sur l’économie de marché.

En mettant en place une économie libérale dès les années 80, Madame Thatcher révolutionne l’économie anglo-saxonne, mettant fin à la domination de la société industrielle au Royaume-Uni, trouvant dans l’« American Way of Life » l’apogée d’une forme de standardisation. Le Royaume-Uni devient en quelque sorte et malgré lui le précurseur du design de services.

Déjà fort d’une culture de conception d’objets à l’échelle industrielle, le marché a récemment évolué pour répondre à de nouveaux paradoxes. La prise de conscience écologique, liée à la raréfaction des matières premières et à la pollution suite à une consommation de masse, nous a amené, nous clients, à nous poser autrement la question des produits que l’on consomme, offrant ainsi une autre manière de considérer l’objet.

Hier standardisé, il répond aujourd’hui à des problématiques économiques, sociales et environnementales autrement plus complexes et toujours orienté sur une valeur fondamentale et constitutive du design – l’utilisateur final – qui désormais se pose la question « Comment le produit que je consomme me définit-il en tant qu’individu au sein de la société ? ».

Ces profonds changements ont amené les pays industrialisés à s’ouvrir très largement, et passer d’un modèle de consommation de produits à un modèle de société orienté vers le service.

Autrefois tributaire de l’Homme pour être dispensé (de manière sédentaire ou mobile d’ailleurs), un service était conçu autour de la compétence spécifique d’un individu qu’il vendait à autrui. L’avènement de l’économie libérale, de la révolution digitale et de l’essor des villes ont été autant d’opportunités à la mise en place de méthodologies pour la conception de nouveaux services.

Photo : Nihola - Crédit photo : Nihola

Car il ne s’agit plus seulement de proposer un service au public pour que cela fonctionne, il faut qu’il soit exécuté avec talent et que l’utilisateur ait trouvé une réponse précise et rapide à son besoin – voire plus – grâce à ce service. C’est ce qu’on peut appeler « l’expérience » vécue par l’utilisateur via le service dans un premier temps, et les différents moyens utilisés par le service pour être dispensé dans un second.

Photo :  Cireur de chaussures à New York (2008). Crédits photo : Mathieu Grosche

S’il n’y a pas une voie unique pour concevoir un produit, il en va de même pour un service ! Les différents services conçus jusqu’à présent ont amené à étudier ce qui fonctionne et à appliquer une petite recette, toujours renouvelée puisque faisant toujours appel à de nouveaux ingrédients. La voici en quelques mots :

Une recette de design de services pour résoudre un problème

Quel service allez-vous mijoter ?

Pour le savoir, commencez par cerner un problème ou une situation à améliorer dans votre ville.

Ingrédients

Observez comment les utilisateurs font face à ce problème.
Analysez, recherchez ce qui se fait ailleurs ou dans d’autres domaines.
Explorez le problème avec le regard d’un ethnologue.
Une fois que vous connaissez les différents acteurs et leurs interactions vous avez, à priori, tous les ingrédients qu’il vous faut. Vous pouvez même vous préparer une recette illustrée en confectionnant par exemple une carte sociale montrant comment les ingrédients interagissent entre eux.

Photo : Carte Sociale - Crédits photo : Strategic Design Scenarios

Préparation et cuisson

Mélangez tout cela et laissez mijoter. Laisser les idées se promener librement dans votre tête, la maturation est importante pour que les ingrédients puissent se lier entre eux.

Maintenant proposez des concepts. Et soyez généreux, n’hésitez pas à mettre la main à la pâte et n’ayez pas peur de faire sortir une multitude de concepts de vos fourneaux. Une fois les premières idées fraîchement sorties du four, faites les goûter.

Dégustation

Vous entrez dans une phase très importante ! Testez vos concepts auprès des utilisateurs pour trouver les défauts à améliorer. Et ne vous inquiétez pas, des défauts il en y aura !
N’hésitez pas à utiliser des ateliers de co-création tout au long du processus, cela vous aidera à identifier les imperfections dès le début.
Observez les réactions des utilisateurs-goûteurs. Comment comprennent-ils votre concept ? Comment interagissent-ils avec ? Comment se l’approprient-ils ? Comment le projet s’inclue-t-il dans son environnement ?
Une fois que vous avez repéré les éléments à améliorer, reprenez les étapes de création, de pétrissage, de maturation, de cuisson pour que le concept version 2 sorte à nouveau du four et soit à nouveau dégustable par les utilisateurs.

Répétez ces étapes jusqu’à obtenir le résultat adéquat. Félicitations ! Vous venez de prototyper un service.

Photo : Cartes d’idées. Crédits photo : Strategic Design Scenarios

À table !

La prochaine étape sera de passer du prototype à un service fonctionnel. Cela demande d’autres moyens. Il vous faudra trouver les bons spécialistes et les fournisseurs d’ingrédients pour que votre recette devienne accessible au public. Ensuite elle pourra finalement s’ajouter au menu des services qui rendent service.

Digestif

Vous avez besoin d’une petite touche finale pour assimiler ce que vous venez d’ingurgiter ? Ou alors ceci vous a ouvert l’appétit et vous donne envie de mieux comprendre le design de services ? Et bien nous avons ce qu’il vous faut pour vous satisfaire. Nous vous conseillons ce résumé vidéo très réussi de nos amis-collègues écossais de chez Nile. Régalez-vous…

Les co-rédacteurs membre du collectif RUSCH

- Mathieu GROSCHE : Designer Explorer basé à Montréal et co-fondateur du collectif RUSCH.Titulaire d’un master en design et d’un DESS en design d’équipements de transport. Spécialisé en innovation social, en mobilité et en exploration.

 

 

- Michaël SCHNELL : Designer indépendant basé à Paris et Co-fondateur du projet collectif RUSCH. Diplômé d’un DNAT Design et Espaces et d’un Master en Design Industriel, Michael s’est spécialisé dans le design de services et la maîtrise des usages urbains.

 

 

- Pierre MARGAS : UX Designer - Strate College Designer promotion 2011 Designer industriel toujours en quête de nouvelles solutions pour améliorer l’existant, ce sont les expériences vécues avec quelques entreprises qui composent la ville (JCDecaux, Veolia Transdev, Philips...) qui m’amènent à toujours me poser la question de son amélioration. Carrefour des cultures, espace en perpétuel mouvement, la ville est le terreau fertile des innovations à venir.

Site web RUSCH : http://projectrusch.wix.com/rusch

À propos de Rusch
Projet collectif, Think Tank informel, Rusch est né de la volonté de trois innovateurs, Michael Schnell, Matthieu Grosche et Pierre Margas. Ensemble, ils ont conçu les projets k.di lib et HopHopHop, deux mini révolutions dans le domaine du design de services en milieu urbain. Remarqués par la presse, présent aux grands rendez-vous de l’innovation urbaine, Rusch continue de grandir et se nourrit de la ville et des usages urbains pour proposer une expérience utilisateur sans cesse renouvelée.

Source : ©Publié par Rusch dans Design, Urbanisme - 28 avril 2014
Co-écriture : Michael SCHNELL, Mathieu GROSCHE, Pierre MARGAS, fondateurs du projet collectif *RUSCH*, design de services + innovation sociale + mobilité

La ville biomimétique se concrétise, progressivement

La ville de Vélizy-Villacoublay présente la deuxième édition de « Ville biomimétique, ville de demain » du 16 au 23 mai 2014 : l' application biomimétique est possible, au travers d’une exposition et d’un cycle de conférences.
L’événement invite à découvrir la ville dans les décennies à venir : celle d’un monde urbain en mutation, compatible avec nos écosystèmes et donc avec le vivant.

Le biomimétisme, défini par Janine Benyus en 1997, est une démarche d’innovation, qui fait appel au transfert et à l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes, afin de produire des biens et des services de manière durable, et rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère.

Ollivier Allard, expert en biomimétisme, innovation bio-inspirée et docteur en physique de l’université de Hanovre et de Paris-Sud, apporte au projet toute sa caution scientifique, son expertise et des prêts temporaires généreux et privilégiés.
Ce rendez-vous inédit est une occasion à ne pas manquer pour aller à la rencontre du biomimétisme, écouter des experts, percevoir les enjeux stratégiques pour la ville et découvrir les solutions d’avenir que cette approche scientifique laisse entrevoir.

Une ville engagée sur l'avenir

La ville de Vélizy-Villacoublay tente de définir ce que pourrait être une ville qui s’inspire des grandes lois du vivant et amorce une réflexion pour l’appliquer à ses quartiers.
Pour mener à bien ce projet, la ville mène cette réflexion ayant pour objectif d’établir un cahier des charges définissant la ville biomimétique et ses applications concrètes.

Pascal Thévenot, Maire de Vélizy-Villacoublay, précise : « lorsque nous voyons nos ressources naturelles diminuer et nos déchets augmenter, on se demande quel visage aura notre avenir. C’est dans ces moments-là qu’on se tourne vers Mère-Nature, qui a su survivre et s’adapter à tous types de contraintes. La nature est devenue une vraie source d’inspiration. L’idée n’est pas de reproduire la nature à tout prix, en pillant les ressources naturelles, en transgressant les principes de la nature, ou en utilisant de nombreux produits chimiques et une quantité importante d’énergie au cours de la fabrication, non il s’agit d’observer les formes, les processus, le transfert et l’application de matériaux pour en sortir les innovations possibles. Nous avons le potentiel de révolutionner nos objets, nos habitations et nos modes de vie en appliquant les leçons de durabilité. »

Engagée dans une stratégie de développement durable, soucieuse de l'avenir de la planète et des conditions de vie des hommes de demain, Vélizy-Villacoublay s'inscrit donc dans une démarche de prospective urbaine.
Dans le cadre de son programme de renouvellement urbain du quartier Louvois (une dalle de trois hectares, prochainement détruite), et à l’occasion de l’événement "Ville biomimétique, ville de demain", la ville a demandé à des étudiants en licence de l’école du paysage et du cadre de vie, Tecomah, de réfléchir à l’aménagement des futurs espaces publics de ce quartier
« À travers ce projet, nous souhaitons poser les bases de la ville de demain, une ville qui s'inspire des grandes lois du vivant. Nous souhaitons tirer des observations des écosystèmes matures pour repenser notre espace urbain dans une logique d’interdépendance. L’art de s’inspirer de la Nature est la clef de voûte du biomimétisme et un axe de réflexion pour le devenir urbain de Vélizy-Villacoublay ! », ajoute Pascal Thévenot.
Une partie des travaux proposés par les étudiants de Tecomah sera présentée lors de l’exposition.

Un événement pionnier, prospectif et optimiste

À l’heure où l’urbanisation cristallise les défis environnementaux et où s’effectue une prise de conscience de plus en plus aigüe des impacts, du poids et du rôle de nos cités, les villes se retrouvent sur le devant de la scène et posent au grand jour la question de l’évolution de nos modèles urbains.
Entre un modèle de civilisation soutenu par la surconsommation d’énergies fossiles, voué à l’épuisement de ses ressources, et une nature économe et résiliente qui fonctionne à l’énergie solaire, une question se pose : doit-on tirer des leçons du fonctionnement de la nature et s’en inspirer ?

Imiter la nature s’est souvent résumé à la reproduction des formes observées. Or, les animaux, les végétaux, les microbes ne se réduisent pas à leurs apparences, ils jouent un rôle au sein d’un ensemble auto-organisé, plus vaste, que constitue un écosystème où la notion de pollution et de déchet n’existe pas, où l’utilisation de l’énergie disponible est optimisée, et où les problèmes rencontrés par les espèces biologiques sont résolus de façon ingénieuse. La symbiose et la rationalité au sein du monde animal et végétal, nous invitent à réfléchir sur les modes de vie et de production humains, notamment au regard
des problèmes environnementaux.

Biomimétisme, source d'inspiration et principes

Le terme de biomimétisme apparait au début des années 80 mais il est popularisé par une biologiste naturaliste et écrivaine, Janine Benyus, au milieu des années 90. À travers son ouvrage "Innovation inspired by nature" (1997), elle propose de montrer et de décrypter les secrets de la nature dont l’homme peut s’inspirer pour concevoir des objets, des processus s’inscrivant dans une démarche de durabilité. Cette démarche consiste alors à observer les plantes, les animaux, les micro-organismes, afin de trouver des solutions efficientes et en accord avec la planète, aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.
Si imiter la nature n’est pas une nouveauté, le biomimétisme apparaît comme une démarche structurée et reproductible, une pensée, présentant un certain nombre de principes, qui consiste à étudier les modèles de la nature et à reproduire les propriétés essentielles (formes, processus, symbioses, etc.). Les exemples bio-inspirés sont très anciens, mais la formulation d’une démarche rentrant en résonnance avec le développement durable, elle, est récente.

Depuis 3,8 milliards d’années, la vie s’est diversifiée en d’innombrables espèces qui interagissent dans un équilibre dynamique avec la planète.
Aujourd’hui, on estime à plusieurs millions le nombre d’espèces vivantes. Chacune a obtenu sa survie à long terme grâce à un processus d’adaptation naturelle, par essais et erreurs, et représente donc une application concrète des principes de la durabilité. (Source : Biomimicry Europa)
Face à un problème donné, la méthode biomimétique consiste à chercher des réponses performantes déjà sélectionnées par des organismes vivants et incluant une réduction des coûts énergétiques, la faiblesse des impacts et/ou la non-toxicité.
Pour que l’Homme se replace en accord avec le vivant, le biomimétisme détaille trois niveaux d’inspiration d’exigence croissante, en termes de durabilité…
- Les formes adoptées par les êtres vivants
- Les processus de fabrication des matériaux opérant chez les êtres vivants
- Les interactions que les espèces développent entre elles et le fonctionnement global des écosystèmes naturels
… et reprend neuf principes tirés de la nature qu’il faut arriver à respecter :
- La nature utilise principalement l’énergie solaire
- La nature n’utilise que la quantité d’énergie dont elle a besoin
- La nature adapte la forme à la fonction
- La nature recycle tout
- La nature récompense les coopérations
- La nature parie sur la diversité
- La nature travaille avec des ressources locales
- La nature limite les excès de l’intérieur
- La nature utilise les contraintes comme des opportunités

Biomimétisme, enjeux pour la ville de demain

L’urbanisation a progressé rapidement depuis le début du XXe siècle. En 1900, environ 14 % de la population mondiale vivait dans les villes, aujourd’hui le chiffre atteint 50 %.
Les experts prédisent que 70 % de la population mondiale sera urbaine d’ici 2050. En ce début de XXIe siècle, les villes représentent donc le plus grand défi auquel la planète doit faire face. Bien qu’elles soient, pour l’humanité, un moteur formidable pour la créativité culturelle, l’innovation technologique ou la croissance économique, les villes sont également la source de beaucoup de pollutions, de consommations déraisonnées de nos ressources et, parfois, de problèmes sociaux. Elles sont également responsables de notre déconnexion avec la nature et son fonctionnement. La prise de conscience partagée des impacts, du poids et du rôle de nos cités, propulse les villes sur le devant de la scène et pose au grand jour la question de l’évolution de nos modèles urbains. 

Et si le biomimétisme nous aidait à penser la ville de demain ?
Le biomimétisme s’appuie sur la biologie, l’écologie, la physique... bouleverse les domaines de l’architecture et de la conception de produits, entre autres, en s’inspirant de la nature et fait émerger de nouvelles solutions. Repenser les espaces urbains pour les transformer en villes durables suppose des progrès tant au niveau environnemental, qu’en matière économique et sociale. Les projets d’écoquartiers se multiplient, les acteurs s’organisent et les méthodes se perfectionnent pour améliorer la vie urbaine et rendre la ville plus intelligente à tous les niveaux.

Le temps des villes « froides » et « hors sol », c’est-à-dire déconnectées de leur milieu naturel, quadrillant l’espace social est, depuis longtemps, dépassé. Aujourd’hui, la ville doit être « chaleureuse », vivante et en lien directe avec sa biosphère. Se régénérant grâce aux maisons énergétiquement autonomes, des quartiers s’ouvrent en corolles, des balcons se moissonnent et des toits se reboisent.

Quelles applications concrètes ?
Les applications du biomimétisme recouvrent à peu près tous les champs de la connaissance, des technologies de l’information, de l’informatique au bâtiment en passant par la gestion de réseaux, les transports ou la production d’électricité à partir de nouveaux modes d’exploitation. La création biomimétique est perçue comme une source d’inspiration pour développer l’ingéniosité de l’Homme et mettre en valeur ce qu’il y’a de meilleur en lui, dans l’optique d’être en symbiose avec la nature « naturante », c’est-à-dire, créatrice et durable.

Quelques applications présentées lors de l'événement :

- Nature en ville : Module bioclimatique urbain NEOBAB® : apporter une réponse innovante d’agriculture urbaine en associant architecture, environnement et économie sociale et solidaire.
- Transports et déplacements :Modulobus : s’inspirer du fonctionnement des phéromones pour développer un système de transport à la demande, en temps réel.
- Architecture : Agora Garden : s’inspirer de la structure en double hélice de l’ADN pour construire une résidence végétalisée et durable qui vise à limiter l’empreinte écologique de ses habitants.
- Organisation de la ville : Spider Towns : tirer les leçons du savoir arachnéen et les utiliser afin d’améliorer l’aménagement des villes et de leurs réseaux de transports urbains.

Programme de l'exposition et des conférences "Ville biomimétique, ville de demain"

Souvent appréhendé selon une démarche scientifique et moins comme une démarche globale et durable, le biomimétisme est ici associé au fait urbain. S’appuyant sur ce concept novateur et fortement ancré dans nos réalités urbaines, Vélizy-Villacoublay propose, au travers d’une exposition et d’un cycle de conférences, de découvrir la ville des décennies à venir : celle d’un monde urbain en mutation, compatible avec nos écosystèmes et donc avec le vivant.

Ce rendez-vous inédit est une occasion pour tous de comprendre les enjeux du biomimétisme liés à la ville et de découvrir des applications possibles en milieu urbain. Il donne l’occasion aux visiteurs de réfléchir à la manière de faire rimer urbanisme, agriculture urbaine et création de liens sociaux favorisés par un nouveau rapport à notre environnement.

1) L'exposition

La scénographie de l’exposition adopte le parti d’une présentation thématique déclinée selon huit univers pour créer une dynamique et renvoyer au monde contemporain et urbain. Pour permettre au public d’évoluer dans l’espace au gré de sa curiosité et de s’immerger dans chacune des thématiques, huit grands panneaux quadriptyques délimitant les espaces délivrent un message accessible et impactant.

L’exposition se poursuit par un parcours divertissant et interactif : panneaux, tablettes tactiles, maquettes, vidéo projection, etc., autant de déclinaisons qui viendront attiser la curiosité des visiteurs et donner une vision globale de ce que pourrait être une ville biomimétique.

- Le vivant, source d’inspiration ! : Découvrez les grandes inventions qui ont marqué l’histoire, des origines à nos jours. Bio-inspiration, bionique, bio-assistance ou biomimétisme, l’Homme s’est toujours inspiré de la nature !

- Biomimétisme : source d’inspiration et principes : Appréhendez les trois niveaux d’inspiration du biomimétisme et les grandes lois du vivant qu’il faudrait respecter pour rendre nos conceptions durables, en harmonie avec la nature.

- L’urbanisme biomimétique, ou comment la ville s’inspire du vivant
Voyagez à travers le monde et décelez comment la ville dans sa structure même peut s’inspirer du vivant.

- Les transports : vers une mobilité bio-inspirée : Pénétrez au cœur des réseaux et des modes de transports bio-inspirés et observez comment la nature peut reconfigurer nos villes et nous aider à repenser la manière de nous déplacer.

- L’architecture : habiter biomimétique : Séjournez dans des immeubles futuristes, des bâtiments intelligents, autonomes et connectés, inspirés de la nature.

- Quand la nature s’invite en ville : Promenez-vous en ville, évoluez au gré du temps, et appréciez ! En ville, la place de la nature, intégrée ou maîtrisée, ne cesse d’évoluer.

- Nature en ville : étude de cas vélizienne. Découvrez les réflexions portées par des étudiants de Tecomah, l’école de l’environnement et du cadre de vie, afin de reconnecter le quartier Louvois à la forêt et ainsi, de favoriser le lien Homme / Nature.

- La nature, c’est pas du cinéma ! : Faites-vous une toile ! Arrêt sur image avec des films qui flirtent avec le monde du vivant. Qu’il s’agisse de chefs-d’œuvre du 7e art ou de films mineurs, le cinéma est riche en personnages bio-inspirés.

Au programme une exposition pédagogique sur la ville biomimétique, la ville de demain et ses applications, composée de panneaux et d’objets.

2) Programme des conférences 

Pour approfondir les thématiques abordées tout au long de l’exposition, mettre en avant les compétences liées au biomimétisme et découvrir
des projets profondément novateurs, la ville de Vélizy-Villacoublay associe des intervenants métiers et experts du biomimétisme à travers un cycle de conférences.

Samedi 17 Mai : 

« Biodiversité et bio-inspiration »
14h30 au café de l’Onde, par Gilles Boeuf, président du Muséum national d’histoire naturelle, professeur à l’université Pierre et Marie Curie et professeur invité au Collège de France, dévoilera toute la richesse de la biodiversité et les promesses de la bio-inspiration qui en découlent.

« Introduction au biomimétisme »
15h30 au café de l’Onde, par Olivier Allard, expert en biomimétisme, innovation bio-inspirée et docteur en physique de l’université de Hanovre et de Paris-Sud.

« Architecture symbiotique »
16h30 au café de l’Onde, par Vincent Callebaut, l’un des architectes les plus prometteurs de sa génération, présentera ses projets d’« archibiotique », associant le vivant, les technologies de l’information et des communications, pour une architecture en symbiose avec son environnement.

Lundi 19 Mai :

« Biofaçades SymBIO2 : la symbiose vertueuse de l’algoculture et du bâtiment pour des villes plus durables »
18h30 à l’auditorium de l’Onde, par Anouk Legendre, architecte à la tête du cabinet X-TU Architects, nous fera partager sa vision d’un avenir proche où nous pourrons cultiver des algues sur les façades inexploitées de nos bâtiments pour à la fois dépolluer, consommer moins d’énergie, et produire des ingrédients naturels pour la
cosmétique, la santé ou encore l’alimentation.

Mardi 20 Mai :

« L’agriculture urbaine : histoire et projets franciliens »
18h30 à l’auditorium de l’Onde, par Vincent Vanel.Après un tour d’horizon des formes actuelles d’agriculture urbaine à Paris, Vincent Vanel, de l’agence Greenation, présentera deux projets à l’échelle du
quartier et du bâtiment.

Mercredi 21 Mai

« Montez à bord du Trans-Cultural Transport Simulator »
14h30 à la médiathèque, par Didier Josselin. Comprendre comment optimiser les modes de transports urbains et les rendre flexibles en observant la nature. Didier Josselin, écologue et directeur de
recherche au CNRS, illustrera les enjeux du biomimétisme pour les villes utopiques ou réalistes de demain.

« Spider towns : peut-on améliorer la ville grâce aux toiles d’araignées ? »
18h30 à l’auditorium de l’Onde, par Didier Josselin
Découvrez comment l’homme peut rationaliser l’usage des ressources et réduire les coûts pour y accéder en copiant les toiles d’araignées.

Jeudi 22 MaiSoirée Cinéma

« Ville biomimétique, ville de demain » vous initie au biomimétisme à travers deux épisodes de la série documentaire d’André Rehse : Biomimétisme : Naturellement génial ! (Entrée libre, en fonction des places disponibles. Fermeture des portes à 20h10)
- L’art du déplacement (52 min), 20h00 centre Ravel, salle Raimu
Les mouvements et modes de progression de nombreuses espèces peuvent faire évoluer les techniques de transport. Observer les oiseaux pour concevoir de nouveaux types d’avions ; imaginer des véhicules roulant sans encombre sur le sable grâce aux araignées ; ou encore réfléchir sur les principes de l’hydrodynamisme grâce aux punaises d’eau ou aux truites.
- Construire efficacement (52 min), 21h00 centre Ravel, salle Raimu
Dans l’architecture et le bâtiment, le biomimétisme a le vent en poupe. S’inspirer de la nature pour concevoir une maison chauffée par géothermie ; améliorer les techniques de refroidissement en étudiant une plante saharienienne ; modéliser le gratte-ciel idéal grâce au bambou ; ou encore s’aider des coraux pour résoudre des problèmes de ventilation et filtrer l’air pollué.

 Lieu : À l’Onde, Théâtre Centre d’Art, 8 bis avenue Louis Breguet - 78140 Vélizy-Villacoublay (entrée libre). 

Conseil scientifique de l'exposition apporté par :

- Olivier Allard, expert en biomimétisme, innovation bio-inspirée et docteur en physique de l’université de Hanovre et de Paris-Sud. Membre actif de l’association Biomimicry-Europa, il participe aux actions de promotion du biomimétisme en France. Il intervient pour cet événement au titre de l’entreprise Biomimesis.

- Chloé Lequette, designer spécialisée en biomimétisme, chargée de développement pour le CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis), responsable gestion et coordination de l’association Biomimicry Europa.

Pour plus d'informations

Loading...
Loading...