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urbanisme et architecture

Rubixhome, nouvelle génération de logements collectifs

En marge de la Biennale de l’Habitat Durable (1) qui se tient du 9 au 11 avril, une équipe d’architectes grenoblois, Jean-Philippe Charon et Thierry Rampillon de l'agence CR&ON, imagine le logement collectif de nouvelle génération ; un concept inédit de logements collectifs : le RUBIXHOME.

Quand on regarde de l’extérieur un immeuble Rubixhome, de 24 à 32 appartements, on ne voit pratiquement que des terrasses, comme les pétales d’une fleur épanouie… Avant d’être un immeuble, Rubixhome est un concept, une trouvaille architecturale, un principe déclinable à l’infini, qui démocratise les grandes terrasses, redonnant à chacun sa part de plein air et de nature, tout en embellissant les villes.
Le socle central comprenant les appartements n’est quasiment pas perceptible de l’extérieur, dissimulé par l’aménagement des terrasses qui dessinent l’enveloppe visible du bâtiment. Et cet aménagement peut très aisément prendre des milliers de formes…
Un principe qui permet entre autre de supprimer l’impression de clonage et d’adapter ces enveloppes extérieures au contexte urbain dans lequel elles s’inscrivent. La qualité de vie est donc vécue de l’intérieur pour les occupants des appartements et de l’extérieur pour les riverains d’un bâtiment ou d’un îlot Rubixhome.

Les immeubles Rubixhome sont orientés sud-est ou sud-ouest. En été, le soleil peut être une source de chaleur excessive, mais son ardeur est tempérée par l’ombre portée de la terrasse du dessus… En hiver, ses rayons, plus bas dans le ciel, parviennent à plonger dans les appartements, là où leur chaleur est la bienvenue… à cette disposition bioclimatique, on peut ajouter la présence sur les terrasses d’arbres feuillus, qui donnent de l’ombre en été et qui laissent passer les rayons du soleil en hiver, une fois leurs feuilles tombées.

Quand les modes de vie transforment le territoire

Jean Viard, sociologue, ausculte les « manières de vivre et d’habiter des français » depuis plusieurs décennies. Dans son livre « Nouveau portrait de la France – La société des modes de vie »(2), il met l’accent sur la nécessité d’intégrer des espaces extérieurs aux habitats de demain : "Trop souvent, en ville, on continue à fabriquer du logement adapté aux modes de vie d’hier. Le besoin d’espace extérieur, la demande de soleil, le rôle de la chambre d’amis sont trop sous-estimés dans la construction, comme si ce qui est bon pour les catégories aisées n’est pas aussi indispensable aux catégories fragilisées. Nous devons réinventer le logement en hauteur avec de l’espace extérieur privatif. Disons un tiers extérieur, deux tiers intérieurs, avec accès pratiques pour les déchargements de courses. Et ce, y compris dans la ville historique. Car si nous avons besoin de la mémoire des lieux pour affronter un futur difficile à prévoir, nous ne voulons pas vivre "comme avant "".
Le concept Rubixhome est donc fondé sur un parti-pris architectural inspiré des ramages végétaux dont les feuilles s’organisent en quinconce pour capter la lumière sans se gêner ni se faire de l’ombre… La distribution des terrasses obéissant au même principe pour obtenir le même résultat « 100% nature ! »

Démocratiser les grandes terrasses

Directement inspiré des végétaux dont les feuilles s’organisent en quinconce pour capter la lumière sans se gêner, le concept Rubixhome propose des immeubles dont les terrasses s’organisent sur tout le volume, offrant 25m2 de plein air à chaque occupant, à des conditions économiques abordables.
L’organisation en quinconce des terrasses est fondamentale. Sans ce principe il serait impossible de superposer de grandes terrasses sur toute la hauteur d’un bâtiment, chacune d’entre elles occultant la lumière de celle du dessous. La disposition en quinconce a d’abord pour effet d’installer, en alternance, une terrasse tous les deux étages, ce qui laisse largement passer la lumière tout en « oubliant » le voisin du dessus perché près de 6 mètres plus haut.
Autre aspect intéressant : l’absence « d’effet d’escalier » interdit de voir ou d’être vu d’une terrasse à l’autre, préservant ainsi l’intimité de chaque occupant.
Par ailleurs, l’esthétique d’un immeuble entièrement recouvert de grandes terrasses donne une silhouette aérée, et embellie par la nature que les occupants voudront bien y installer…

Enfin, une grande terrasse pour tous c'est aussi un concept économiquement réaliste. Les appartements avec terrasses ont la réputation d’être chers…
Thierry Rampillon répond : "C’est vrai, mais justement Rubixhome est là pour tordre le cou à cette idée ! Jusqu’ici, les appartements avec terrasse coûtaient cher parce qu’ils étaient généralement réservés à une pincée d’occupants privilégiés situés aux derniers étages des immeubles, et comme ce qui est rare est cher…
Les résidences en gradins ont aussi cette réputation de cherté, mais elle est justifiée par une emprise au sol considérable, par la nécessité d’étanchéifier toutes les terrasses qui constituent de fait le toit de l’appartement du dessous. Sans parler du fait que les appartements situés au cœur de ces « pyramides » se retrouvent, eux, totalement privés de soleil.
La révolution Rubixhome, c’est l’arrivée des grandes terrasses sur TOUT le bâtiment, grâce à leur disposition en quinconce (donc faible emprise au sol et soleil pour tout le monde) et c’est aussi la simplicité et la compacité de la structure intérieure : ces deux éléments combinés font que les terrasses sont parties intégrantes de la construction (donc de son coût global) et non plus des ajouts, des options de luxe…
Un immeuble RubixHome est une superposition de plateaux carrés abritant appartements et locaux techniques. Ce socle central est conçu de manière suffisamment rationnelle pour autoriser le recours à une certaine industrialisation, et générer les économies d’échelle qui compenseront la réalisation des terrasses. « De grandes terrasses pour le plus grand nombre, accessibles au porte-monnaie du plus grand nombre ».

Structure et appartements

Comment s’organisent les appartements dans un bâtiment Rubixhome ?

Thierry Rampillon : La structure de base est donc composée d’une trame carrée, pour permettre la rotation qui distribue les terrasses sur les deux faces exposées au sud. Chaque niveau accueille quatre appartements : Trois T3 et un T2 (mais on peut aussi distribuer un T4, un T3 et deux T2 sur la même trame). Au cœur de ces modules, une zone creuse, toujours située au même endroit, permet de distribuer ascenseurs, escaliers et différentes gaines techniques sur toute la hauteur du bâtiment. Dans les parties communes, on aménage également des buanderies pour chaque appartement.

Comment s’organise la fameuse rotation à 90 degrés ?

TR : C’est un exercice de géométrie somme toute assez basique ! En couplant la rotation avec une inversion du plan, on retrouve la colonne technique (et la lumière du sud !) au même emplacement d’un étage sur l’autre. (voir schémas)

Quel est l’intérêt d’une telle structure ?

TR : Il y en a plusieurs : tout d’abord, le format carré autorise facilement l’organisation en quinconce ; ensuite, la simplicité de cette structure basée sur une trame permet d’installer des colonnes verticales qui soutiennent tout le bâtiment de manière simple et rationnelle ; enfin, cette compacité et cette simplicité permettent d’envisager une certaine industrialisation, pour alléger les coûts de construction…

Industrialisation ? Vous ne craignez pas l’effet de « clonage ? »

TR : Au contraire ! Parce que cette partie « technique » est en quelque sorte la face cachée du bâtiment ! L’écriture architecturale s’exprime sur « la peau », la façon d’aménager les terrasses et les parties extérieures ! Et là, des centaines de possibilités s’offrent aux constructeurs, pour s’adapter au lieu dans lequel s’inscrit le bâtiment.
C’est aussi une réponse esthétique et diversifiée à la question de la densité, du moins à l’idée souvent négative que s’en font les gens…

Combinaisons séjour/terrasse : des usages inédits… et infinis !

Coin de campagne engazonné, arboretum privé (des arbres peuvent atteindre 5 mètres de haut), potager suspendu (avec, pourquoi pas, sa cabane de jardin), espace sportif (ping-pong, badminton, fitness) atelier d’artiste, espace de détente en hamac ou de grande réception (avec les baies ouvertes, la surface terrasse/salon/cuisine atteint 50 m2 d’un seul tenant !). Bref, un espace « comme à la campagne », pour bronzer, cultiver son jardin ou organiser des garden-parties… Au sol, la liaison entre salon et terrasse est continue, sans marche ni palier à franchir. L’été, on évolue dans un très grand volume (50m2) mi ouvert mi couvert, et l’hiver, même si l’œil continue d’embrasser tout le volume, on n’a que la partie couverte à chauffer (20m2).

Objectif "participatif"

Quand elles ne font pas construire leur propre logement, les familles doivent généralement opérer un choix entre plusieurs projets déjà finalisés pour sélectionner l’endroit où elles vont habiter. Elles devront adapter leur mode de vie au lieu et au type d’appartement les plus conformes à leurs envies et à leurs possibilités.
Avec Rubixhome, la démarche s’inverse : les familles sont invitées à proposer le lieu d’implantation de leur futur logement et à affirmer leur volonté d’habiter un Rubixhome. Une fois le réseau de « Rubixhomers » constitué, les acteurs locaux de la construction peuvent envisager le lancement d’un programme Rubixhome en sachant à l’avance qu’il est attendu par de nombreux candidats… Une façon originale et surtout inédite d’intégrer les attentes des habitants aux programmes de logements nouveaux !

A travers le concept Rubixhome, l’agence CR&ON donne la parole aux futurs habitants et tente d’inverser le processus de lancement des programmes de logement.
En mobilisant sur son site un réseau de « Rubixhomers » motivés, l’agence veut initier à la fois une organisation de la demande localisée, et à terme, une appropriation des bâtiments par leurs futurs habitants à travers des projets d’aménagements des parties « signifiantes » (agencement des appartements et des terrasses). Les parties « non signifiantes » (structures, organes fonctionnels), restent quant à elles ouvertes à une part d’industrialisation pour garantir des coûts de construction accessibles au plus grand nombre.
(Source : ©rubixhome.com)

(1) : la Biennale de l’Habitat Durable se tiendra dans l’écoquartier De Bonne, Grand Prix National Ecoquartier 2009. Au cœur de cet écoquartier, le bâtiment « Bonne Energie » (immeuble de bureaux à énergie positive), conçu par la même équipe d’architectes, avait quant à lui reçu le Prix de la Biennale de l’Habitat Durable 2008 et le Trophée Constructeo 2009.
(2) Livre "Nouveau portrait de la France - La société des modes de vie" de Jean Viard - Edition l'Aube 2012

www.rubixhome.com

urbanisme et architecture

Project City 2015 : ouverture des appels à candidature

Deux journées de forum les 28 et 29 octobre 2015 pour le Project City 2015, Forum des nouveaux enjeux et besoins de la ville, à Lille où 16 projets de ville seront présentés en avant-première. L'appel à candidatures est lancé ce jour !

Lille accueille pour la quatrième fois en 2015 Project City, le forum des nouveaux enjeux et besoins de la ville, événement dédié aux tendances, innovations et nouveaux besoins et enjeux de la Ville, à un moment charnière pour les décideurs, les acteurs et usagers de la ville.
Nous assistons à l’international à une véritable concurrence des territoires avec le développement de nouveaux projets visant à accroître leur attractivité - les donneurs d’ordre doivent réinventer la ville et faire évoluer leur modèle en termes de commerce, d’habitat, d’activité tertiaire ou encore culturelle. L’espace public met en jeu des attentes de plus en plus diverses et l’on ne peut désormais plus concevoir la ville sans parler de ville intelligente et de ville durable.

Le Forum Nord-Européen Project City rassemble les investisseurs, élus et techniciens de collectivités, architectes, ingénieurs, urbanistes, paysagistes, gestionnaires d'équipements et de services urbains et citoyens concernés pour échanger et débattre sur les nouvelles stratégies urbaines, sur la qualité du cadre de vie et les besoins de la ville de demain.

Avec plus de 2000 visiteurs, plus de 100 experts majeurs nationaux et internationaux intervenant sur les conférences, temps forts et ateliers, Project City s'inscrit comme le rendez-vous Nord Européen des acteurs du projet urbain.
Project City vous invite à participer en tant qu'acteur actif aux temps forts proposés pendant ces deux jours de forum.

UP' magazine est partenaire de cette opération

Photo illustration : Atelier maA, Marquette-lez-Lille - Restructuration de l’ancien site Leclerc, Saint-Amand-les-Eaux – 2012

Une ville, un projet

Le temps fort Une Ville Un Projet présente 16 projets de ville, en phase opérationnelle ou pré opérationnelle.
Concepteur, maître d'ouvrage public ou privé, ou industriel, acteur d'un projet innovant, atypique et/ou d'une stratégie urbaine en phase avec les enjeux de demain, profitez d’une tribune unique pour présenter votre projet urbain au cœur d’un événement de référence réunissant 2000 professionnels du projet urbain. Project City offre une communication ciblée avant l'événement, pendant les deux jours du forum et après l’événement. Les projets sélectionnés seront publiés sur le « Project Book » diffusé à 2000 exemplaires. L’appel à projet est ouvert. Envoi des candidatures avant le 22 Mai 2015.

La nuit de la créativité

En cette année 2015 de la COP 21, le comité d'organisation a choisi comme thème général de travail en
co-création : "Une ville résiliente et durable face aux enjeux et aux effets du changement climatique".
Le principe de la «Nuit de la Créativité» est de travailler en équipes pluridisciplinaires, intergénérationnelles, mobilisant des « citoyens concernés » : des étudiants mais également des professionnels de différents secteurs ou disciplines intervenant dans le champ de l’urbain, des citoyens concernés ainsi que des élus. Proposer un sujet à la « Nuit de la Créativité 2015 », c’est faire appel à l’intelligence collective et à la créativité de 60 personnes autant de «citoyens concernés » par les enjeux de la ville durable, créative et intelligente
Les propositions de sujets sont à envoyer avant le 22 mai 2015.

Les Beffrois de la création

Pour sa 4ème édition, le Conseil de l’Ordre des Architectes du Nord-Pas-de-Calais et les CAUE du Nord et du Pas-de-Calais, la Maison de l’architecture et de la ville avec le soutien de l’association régionale Nord Pas de Calais Picardie de la Fédération Française du Paysage, de l’Association Régionale des Urbanistes Nord Pas de Calais Picardie, de l’Université Catholique de Louvain-LOCI, de la DRAC, de la DREAL, de l’Ecole Nationale Supérieure de l’Architecture et des Paysages de Lille, des revues Le Moniteur et AMC, de la Chronique du bâtiment Nord Pas de Calais organisent le Prix Régional Transfrontalier des Territoires en Mutation et des futurs imaginés.

Le jury et l’annonce des lauréats se feront pendant le forum. Ce prix est ouvert aux catégories suivantes : Aménagement (urbanisme, paysage), Construction (construction neuves, réhabilitation extension) et Futurs imaginés (Utopie et avant-garde). Candidatures ouvertes jusqu'au 22 mai 2015.

Les appels à candidatures pour les trois temps forts sont lancés : Les dossier de candidatures sont disponibles sur le site internet www.projectcity.fr rubrique « Temps forts ».

Contact : Project[at]standing-events.com - Tél : 03 28 07 32 95

Les villes pharaoniques des géants de la Valley

Il est vrai que quand on dispose d’un trésor de plusieurs centaines de milliards de dollars, on peut se permettre des rêves que le vulgum pecus traiterait de mégalomaniaques. C’est le cas des géants de la Silicon Valley, Google et Facebook en tête, qui annoncent se lancer dans des chantiers pharaoniques pour regrouper leurs employés dans leurs propres villes du futur. Les utopistes du XIXe siècle avaient rêvé du rassemblement de communautés humaines dans des phalanstères et autres Fordlandia. Les GAFA, à grand renfort de milliards de dollars, vont beaucoup plus loin.

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La photo saisit deux monstres, les neurones en effervescence, penchés sur le même projet. Deux générations, toutes deux tendues vers le même futur. A gauche, Mark Zuckerberg, le père à peine trentenaire de Facebook, génie de l’immatériel ; à droite, Franck Gehry, l’immense et vénérable architecte, magicien de la forme et de la matière. La maquette, c’est Zee Town avec un Z qui veut dire Zuckerberg. La ville de demain que les deux hommes concoctent pour les employés de la firme au milliard d’utilisateurs. Un projet immobilier qui dépasse les normes, même celles de la Silicon Valley. Plus qu’un projet immobilier, une utopie urbanistique et architecturale, un cadre de vie idéal pensé pour les armées des conquistadors des espaces numériques.

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg et l'architecte Frank Gehry, devant la maquette d'un projet de campus, à Menlo Park (Californie)- Crédit photo : FACEBOOK / AFP

 

La future ville Facebook, c’est un espace urbanistique de près de 90 hectares, au bord de l’eau, avec ses routes, ses supermarchés, ses hôtels, ses villas luxueuses, ses commerces, ses immeubles capables d’abriter les 10 000 employés de la marque à des prix beaucoup plus bas que ceux du marché actuel. Vous likez ? Selon la presse anglo-saxonne, Zuckerberg devra dépenser 200 milliards de dollars pour ce projet qui va beaucoup plus loin qu’un simple coup immobilier ou, selon des propos rapportés dans The Independent, que la construction d’un nouveau campus d’entreprise. En faisant appel à l’architecte Franck Gehry (85 ans) qui vient de signer à Paris la superbe Fondation Louis Vuitton, les promoteurs du projet ont mis la barre très haut. La mission de Gehry sera de laisser la ville se fondre dans la nature. Celle-ci sera présente partout, immersive, même sur les toits des immeubles qui seront arborés. Le stade des bâtiments à faible empreinte environnementale est ici dépassé, intégré, devenu une évidence. Ces constructions sont prioritairement conçues pour respecter l’environnement et améliorer la vie de leurs habitants.

La ville du salarié heureux

Le fondateur de Facebook veut le bien-être de ses employés ; il renoue en cela avec une tradition née au XIXe siècle dans la mouvance de la philosophie utopiste de Charles Fourier et de ses phalanstères. Cette inspiration fut très en vogue chez les grands patrons industriels qui imaginaient organiser idéalement le logement de leurs employés. Les exemples sont nombreux partout dans le monde : Le Creusot ville fondée par la famille Schneider, Fordlândia, la cité ouvrière modèle américian bâtie par l’industriel Henry Ford, Port Sunlight en Angleterre, la ville modèle de William Lever, le magnat de la lessive.

Alors Zee Town ne serait que le délire d’un patron mégalo ? Pas seulement, c’est aussi une forme de management nouvelle. Depuis 2014, Facebook est en tête du classement des entreprises les plus favorables au bon déroulement de sa vie professionnelle. Tout doit être prévu par faciliter la vie des employés et la rendre agréable. La presse anglo-saxonne parle de « perks » pour évoquer tous ces petits à-côtés qui rendent la vie meilleure et l’attractivité de l’entreprise imbattable. Et quand un salarié est heureux, il travaille mieux, il crée mieux, il se donne à fond pour sa boîte. Dans la course à l’embauche de salariés qualifiés à laquelle se livrent les géants de la Silicon Valley, Facebook entend prendre une longueur d’avance et faire la nique à ses petits camarades de jeu. Nul doute que quand Facebook débourse 200 milliards de dollars, il sait que le retour sur investissement sera profitable.

La cité modulable de Google

Dans cette course aux projets urbanistiques les plus fous, Google n’est pas en reste. Imaginé par les architectes Bjarke Ingels et Thomas Heatherwickle, le nouvel espace de vie et de travail des employés de Google fait la part belle à l’innovation. Structure modulable, velum cristallins comme des peaux pour jouer de la lumière, connivence des espaces de vie et de travail avec la nature, le projet Google est une agrégation d’idées architecturales de haute innovation.

Bjarke Ingels

Thomas Heatherwickle

Le patron du projet chez Google, David Radclife, cité par BatiActu explique "Au lieu de construire des bâtiments en béton inamovible, nous allons créer des structures légères et modulables qui pourront s'adapter aux différentes activités du groupe". Pour les architectes, l’idée principale est d’inverser la logique habituelle de construction des bâtiments et des villes. Au lieu de penser l’architecture installée dans la nature, c’est la nature et l’environnement qui entrent dans l’architecture. Les arbres ne sont pas des objets de décoration ou des meubles que l’on installe au gré de la créativité dans un schéma architectural préétabli. La nature et l’environnement doivent prendre la première place, pas seulement en terme de cadre mais aussi de fonction. Les immeubles de la future ville Google sont intégralement végétalisés, ils accueillent dans leur forme et dans leur structure les éléments naturels. La nature n’est plus chassée vers les marges ou hors les murs ; elle est partout présente, placée au cœur du projet. Une architecture dans laquelle l’échelle humaine est privilégiée, permettant les échanges, les pauses, les partages entre les habitants de cette ville. Une architecture qui supprime les frontières entre les lieux de travail et de vie. Tout est intégré pour apporter le plaisir, maître mot du projet, aux futurs habitants.

Observant que dans la nature les choses ne sont pas programmées et organisées a priori, qu’elles ont un développement organique, flexible, accordé à leur environnement, les architectes veulent faire des espaces de travail des objets eux aussi organiques. Les bâtiments et les espaces urbains seront donc flexibles et modulaires pour élargir le champ des possibles de leur développement futur. Ils pourront s’agencer et s’organiser entre eux comme les pièces d’un immense meccano pour évoluer en harmonie avec l’évolution des besoins. Au lieu d’imaginer des bâtiments avec des murs, des portes, un sol, l’idée d’Ingels et Heatherwickle dissout le concept de bâtiment dans une mégastructure organique, simple et translucide. Une membrane ultralégère qui laisse passer l’air et la lumière en fonction des besoins. Une sorte d’immense tente de verre, abri écologique et jonction entre l’extérieur et l’intérieur.

Dave Radcliffe et les architectes Thomas Heatherwick et Bjarke Ingels présentent
le projet du nouveau Campus Google de Mountain View en Californie

 

La soucoupe solaire d’Apple

Non, la future ville d’Apple ne prendra pas la forme d’une pomme mais celle d’un donut. Le lieu actuellement en intense construction et dont la livraison est prévue en 2016, s’étend sur 26 hectares et atteindrait un coût de 5 milliards de dollars (pour comparaison, la tour du nouveau World Trade Center n’a coûté « que » 3.5 milliards de dollars).
Ce lieu en forme de vaisseau spatial accueillera 13 000 employés et fournira non seulement sa propre énergie mais servira également à alimenter en électricité les 52 Apple stores de Californie. Tim Cook, le CEO de la société affirme qu’il sera « le bâtiment le plus vert du monde »

Crédit : APPLE

Ce projet titanesque a été confié au célèbre architecte Norman Foster, celui du viaduc de Millau ou de la restauration du Reichstag à Berlin. Mais l’idée est celle de Steve Jobs, le mythique fondateur d’Apple qui voulait « construire les meilleurs bureaux du monde ». Son but avoué : servir de modèle pour les étudiants en architecture. « Steve a dédié beaucoup d’amour et d’attention [à ce projet] avant de mourir (…), Nous l’avons encore amélioré pendant la phase de design. Nous voulons faire ça bien », explique Tim Cook, le président d’Apple cité par Vanity Fair.

Ses dernières volontés ont été respectées à la lettre et rien n’a été sacrifié à la beauté du projet. Les sols ne sont pas en ciment mais en Terrazo, un mélange de marbre et de pierres agglomérées et polies, les façades du bâtiment sont composées de 6 km de vitres incurvées, uniques au monde. Ces vitres, intelligentes, pourront réguler la température et injecter une ambiance particulière au bâtiment selon la météo. Jobs ne voulait rien laisser au hasard et a lui-même choisi les 300 variétés d’une forêt de plus de 6000 arbres rares qui peupleront les lieux.
Rien non plus ne sera négligé pour l’ultra-sécurité des lieux (Steve Jobs était un peu parano) et le bien être des employés qui auront le choix entre plusieurs piscines, salles de fitness, lieux de détente et de convivialité.

Steve Jobs avait dévoilé pour la première fois les plans de ce projet le 7 juin 2011 devant le conseil municipal de Cupertino
Sa dernière apparition publique, quatre mois avant sa mort, le 5 octobre 2011.

 

Une forme moderne d’asservissement ?

Ces villes titanesques poursuivent cette quête du salarié heureux et en bonne santé, censé être plus productif et créatif. "Bien sûr, on peut toujours soupçonner ces entreprises d'user de moyens de rétention des salariés, la crainte de l'asservissement existe, mais ce n'est pas très réaliste dans ce domaine où les jeunes sont hyper-connectés et peuvent dénoncer sur Twitter le moindre écart de management", analyse Charles-Henri Besseyre des Horts cité par FranceTVInfo. D'autant plus que les employés de ces géants de l’économie digitale sont bien différents des ouvriers français du XIXe siècle. "Les jeunes salariés de la Tech Valley sont beaucoup plus aptes à dire non", ajoute le spécialiste.

Ainsi, après avoir abattu les murs des bureaux au profit des open-spaces, les startups géantes adoptent le même raisonnement au cadre de vie de leurs employés, prolongeant ainsi l’émulation jusque dans les recoins de la sphère privée. Le risque de se couper du monde existe bel et bien. Or la créativité vient surtout de la diversité des environnements, des rencontres, des opportunités ; elle naît de l’inattendu et des rencontres fortuites. Est-ce encore possible dans ces nouveaux mondes idylliques mais qui risquent tellement de se clore sur eux-mêmes ?

Ugo Yaché, journaliste UP' Magazine

urbanisme et architecture

Tornado House ou l'architecture climatique

Tornado House est un projet développé par Ted Givens, architecte américain basé à Hong Kong. Ted Givens étudie avec l'équipe de son agence 10 Conception les moyens d'appliquer le design cinétique à l'architecture afin de fournir des options sûres contre des environnements climatiques dangereux. L'objectif est de se libérer des structures statiques du bâtiment et de créer, grâce aux innovations technologiques, une réponse aux défis des changements climatiques.

L'architecture cinétique sera-t-elle l'innovation qui constituera la base de l'habitat de demain ? Comment une maison peut-elle répondre à son environnement ? La réponse, dit Givens, la situe quelque part "entre les portes de garage, des fleurs, et la mentalité de survie d'une tortue". Le design futuriste propose une navette de protections qui devient souterraine lorsque les conditions météorologiques extrêmes menacent la sécurité des habitants. Une série de leviers de commande hydrauliques activent les mouvements de la maison dans et hors du sol. Ils contrôlent également la peau extérieure qui peut se déformer en fonction des stimuli externes et se protéger des forces destructrices, comme les vents de haute vitesse. La conception a son propre instinct de survie qui est déclenchée par les vents d'orages ou les tornades à laquelle il répond en se mettant hors de danger.

La technologie de la peau extérieure est réalisée en matériau durable et efficace. Elle agit comme une barrière qui se compose d'isolation transparente prise en sandwich entre deux couches de Kevlar qui permet à la lumière diffuse de pénétrer dans les espaces intérieurs de la structure. Le toit est parfaitement étanche à l'eau pour le protéger des fortes pluies ou à des orages et des inondations potentielles. "L'endroit le plus sûr, dit Givens, se situe dans la terre".

Une série de cellules solaires sur la peau extérieure a été installée pour capter l'intensité solaire maximale. L'application de revêtements photocatalytiques et de nanotubes de carbone sur la peau du toit est actuellement à l'étude afin de pouvoir créer un maximum d'énergie pour la maison et alimenter le système hydraulique.

Givens et son équipe espèrent apporter ainsi une alternative technologie aux abris humains. Plutôt que d'essayer de dominer et de transformer le paysage, rejetant l'homéostasie écologique naturel d'un écosystème, cette conception offre une solution qui fonctionne dans le respect de l'environnement.

L'agrégation de ces maisons peut permettre de construire des quartiers entiers qui viendront s'imbriquer et seront reliés entre eux par le biais de réseaux de capteurs interprétant les données météorologiques. Les banlieues peuvent s'effondrer en quelques secondes quand bien même les sirènes d'alerte préviennent de menaces météorologiques extrêmes. La réponse collective permet ainsi aux quartiers de se comporter comme un organisme vivant et échanger des informations en temps réel.

Givens et son équipe explorent de nouvelles matières pouvant réagir aux conditions météorologiques sur l'extérieur du bâtiment. L'équipe est à la recherche de revêtements photocatalytiques et à base de nanotubes de carbone qui pourraient absorber toute pollution. Ils collaborent actuellement sur un prototype avec un groupe de constructeurs de navires aux États-Unis et en Afrique.

Conçu pour l'Amérique Mid-West

"La Tornado House a été spécifiquement conçue pour résister aux tornades et aux nombreuses inondations du Mid-West américain. Une partie de la maison est surélevée de haut en bas par une série de bras hydrauliques. Quand une tempête s'approche, des capteurs activent le système hydraulique et abaissent la maison dans le sol ; le toit est scellé avec des portes à l'épreuve de l'eau. La lumière du jour et une ventilation transversale ont été ajoutées, ce qui manquait dans les maisons souterraines typiques. La maison est destinée à sauver des vies et à éviter les coûts extrêmement coûteux et les efforts de reconstruction nécessaires après les tempêtes ", explique Ted Givens.

Trop souvent, les catastrophes naturelles sont considérées comme accidentelles et ne sont pas anticipées. L'agence IO cherche à concevoir une architecture sensible à son contexte naturel, y compris en incluant la "probabilité" de catastrophe. Ce projet avait été pensé comme moyen de redessiner un paysage et a abouti sur un nouveau concept de banlieue pour les zones de tornade du Mid-West américain. Une conception influencée par les idées cinétiques des portes de garage ou des coques de voiliers.

Le but du projet est de faire changer le regard des gens sur les catastrophes naturelles, et concevoir des villes entières autour du concept de résistance en cas de catastrophe. L'agence IO aimerait obtenir un prototype de construction dans le centre-ouest pour commencer à tester le concept. Le projet prévoit également les moyens pour faire avancer le développement et l'utilisation des systèmes de construction et des matériaux de pointe tels que les peaux de construction Kevlar et les nano-revêtements photocatalytiques sur les façades pour accélérer leur introduction sur le marché. La pratique vise à tester des idées similaires à travers le monde sur la base des conditions naturelles où les gens organisent également une réflexion face aux catastrophes naturelles.
Le concept de IO, s'il est appliqué, pourrait avoir un impact significatif sur la conception de l'environnement bâti. Espérons que cela arrive à susciter de nombreuses autres idées créatives pour répondre aux phénomènes naturels.

Le projet de IO pourrait bénéficier immédiatement aux résidents à faible revenu du Mid-West américain avec pour premier objectif de remplacer un parc à roulottes à l'épreuve des tornades. La pratique pourrait s'intensifier dans les quartiers de banlieue, puis les petites villes, tout en affinant la conception tout au long du processus. Ce concept serait bénéfique pour le gouvernement américain et le grand public, au final, grâce à la réduction du coût de l'assurance et des fonds nécessaires à la reconstruction après les catastrophes. Tous les pays sont concernés, en Chine, en Afrique et en Amérique du Sud. IO travaille en étroite collaboration avec des ingénieurs et des fabricants pour la réalisation de ce projet.

Givens prècise :  «Le projet est basé sur une combinaison d'idées simples, existantes : il suffit de les assembler dans une autre perspective. Un mariage entre architecture, conception de bateaux et mécanique. C'est l'une des principales raisons des partenariats que IO met en place avec des universités pour inspirer les designers et les inciter à penser à des développements innovants".

L'initiative de IO sur la Tornado House traite d'un problème que les gens n'arrivent pas à anticiper, à savoir faire face aux catastrophes naturelles comme des «probabilités» et d'y réagir avant qu'elles ne surviennent au lieu de réagir seulement aux conséquences. Le projet supprime l'idée d'une maison potentiellement dangereuse et même nuisible et permet de recréer un certain équilibre entre sécurité et nécessités de la vie quotidienne. Le projet de IO peut sauver des vies et éviter les coûts de reconstruction des vies et des communautés après les tempêtes. 

(Source et images : 10 Conception)

urbanisme et architecture

Mobiles Homes sur les Berges de Paris

Un ensemble de cinq architectures éphémères s'est installé sur les Berges de Seine depuis le 14 février, dans le cadre de la programmation autour de la COP 21 (Conférence Paris Climat). Conçus par de jeunes designers, ces prototypes de logements modulables questionnent la notion de l’habitat en ville par leur formes, les matériaux utilisés et les usages qui en découlent. Ils feront écho à la thématique du logement et à celle du déplacement développées lors de la COP21 et permettront d’expérimenter d’autres manières d’habiter et de se déplacer en ville en mêlant l’humour, l’art et l’architecture.

Lieu des expositions internationales entre 1855 et 1900, la Seine a inspiré les artistes et Parisiens de tout temps. A chaque époque, le fleuve a évolué avec les aménagements et les usages qui marquent son histoire et la création des grands monuments construits à proximité de son lit. 
Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991, les Berges avec plus de deux kilomètres de balade réservés aux piétons, s'approprient ce nouvel espace pour plus de loisirs, de détente et de culture pour les Parisiens. Pour cet avant-printemps, Les Berges de Seine accueillent des prototypes de mobiles homes et city camping, imaginés par de jeunes designers. Ces logements modulables questionnent notre rapport à l'urbanisation et à l'habitation, mais aussi le besoin de verdure dans les grands centres

HÔTEL PARASITE, 14 février – 29 mars
Redécouvrir la ville sous un autre angle en s'amusant et s'interroger sur l'environnement et le rôle de l'architecture au sein d'un centre historique.
À la frontière entre sculpture, architecture et design a été créée pour questionner l’espace de vie réduit en ville et envisager d’autres espaces de vie et de travail.

Hotel-Parasite-site © SNODEVORMGEVERS

Le centre de Paris regorge de bâtiments, parcs et autres monuments historiques qui n’ont pas beaucoup changé au cours des derniers 150 ans, le changement étant limité par l’importante valeur des édifices du centre de la capitale. Faute de place, il est peu aisé d’ériger de nouveaux bâtiments car pour ce faire, il faudrait en démolir certains afin de redessiner le centre-ville, ce qui semble tout à fait incongru.
Voilà pourquoi Paris présente une apparence qui nous semble immuable. En revanche, sa population, elle, ne cesse de croître.
Avec Hôtel Parasite, nous souhaitions nous pencher sur cette contradiction entre une population en perpétuelle évolution et un espace public figé.
Notre but était de créer un espace tampon éphémère qui injecterait un peu d’architecture ultra moderne au sein de ce paysage classique, un peu à la manière de la pyramide du Louvre.
Le terme espace-tampon ne sonne peut-être pas très bien, pourtant il s’agit d’un espace non-constructible, un endroit où l’on peut se rendre pour se détendre et réfléchir.
L’Hôtel Parasite est une construction modulable et temporaire qui se monte et se démonte en un éclair. Cet hôtel ne compte qu’une chambre, mais elle possède une vue imprenable sur Paris qui ferait rêver le clochard céleste qui sommeille en chacun de nous. Créer un espace additionnel au cœur de l’espace public, c’est remettre en question les dogmes qui régissent ce que l’architecture doit être et ce qui définit l’espace utile. Nous espérons ainsi engager le débat afin de redéfinir ces normes.

VINGT MILLE LIEUES SOUS LA SEINE, 14 février – 29 mars
Cet objet s’inspirant de l’univers maritime sera prêt pour une mise à l’eau imaginaire, et permettra au public d’envisager de nouvelles surfaces d’habitation à conquérir sur l’eau. Vingt Mille Lieues sous la Seine est le tout dernier projet de l'artiste néerlandais Paul Segers, conçu tout spécialement pour les Berges de Seine.

©PaulSegers ©PaulSegers

Inspiré par le thème des Maisons Mobiles et en prévision de la COP-21 qui se tiendra bientôt à Paris, l’artiste imagine une embarcation alliant une rampe de lancement mobile à un véhicule sous-marin, apparemment déjà prêt pour la mise à l’eau. Ce vaisseau, à l’image d’un sous-marin de fortune, est réalisé en plaques d’aluminium. À la nuit tombée, un phare s’illuminera sur l’embarcation et éclairera les alentours.
Comme son nom l’indique, cette œuvre fait référence au fameux ouvrage Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, Parisien célèbre et premier maître de la science-fiction. Mais en ces temps postmodernes, l’aventure vers laquelle nous voguons est bien différente. Avec les dangers du réchauffement climatique, l’élévation du niveau des océans, le concept de Maison Mobile pourrait bien revêtir une importance toute particulière pour les générations à venir. Le but est donc ici de proposer un véhicule d’urgence, mais aussi de s’imaginer au cœur d’un voyage fantastique vers l’inconnu. Le spectateur peut décider par lui-même de la destination vers laquelle son habitat mobile le portera.

ROOM ROOM / CARAVANE CYCLOTRACTÉE, 14 février – 29 mars
Ce projet explore la double question d’un habitat minimum et d’un habitat mobile. Il donne la possibilité d’accomplir un rêve d’indépendance et d’autonomie maximale vis-à-vis de contexte difficiles et de situations d’urgence.
©VictoreSchallhausserRoomRoom©VictorSchallhausser

Un vélo qui tire un énorme caisson jaune pétant avec au pédale l'architecte Olivier Greder : "On a cherché à procurer un abri d'urgence solide, avec des matériaux composites légers et isolant."
L’augmentation de la fréquence et de la gravité des catas­trophes naturelles et climatiques engendre des catastrophes sociales qui grossissent le flot des sans-abris et des migrants.
Room room est un projet qui explore cette double question d’un habitat minimum et d’un habitat mobile.
Nous avons cherché à produire l’espace qui crée l’habitabilité maximale pour un encombrement minimal. Room-room a pour objectifs d’être léger à déplacer, solide, sûr, économique, ergonomique et thermiquement efficace.

Room-room souhaite mettre en mouvement les personnes pour mettre en mouvement la pensée. Proposant le principe de mobilité, Room-room incarne également une aspiration a la liberté. Room-room donne la possibilité d’accomplir un rêve d’indépendance et d’autonomie maximale vis a vis de contextes difficiles et de situations d’urgence.

L’ÉGOÏSME, 14 février – 29 mars
Le berlinois d’adoption Tore Rinkveld, alias Evol, s’est fait connaître en transformant des détails banals du paysage urbain quotidien en mini tours de béton grâce à la peinture.

Buildings-Site2

Inspiré par l’architecture, qu’il considère comme un miroir de la société, il peint directement sur les transformateurs électriques, les jardinières en béton et autres éléments de la ville moderne.
Le travail d’Evol fait particulièrement référence à l’architecture de l’Allemagne de l’Est communiste d’après-guerre. Bien qu’à l’origine conçues pour répondre à une idéologie socialiste utopique, certaines zones de la ville n’ont, d’un point de vue architectural, plus grand chose à voir avec la vision originale.
Nombre des bâtiments (rappelant les LEGOS) qu’Evol photographie sont gris, fonctionnels et représentatifs d’un style tombé en désuétude.
Cependant, leur aspect monumental et brutal leur confère un attrait indéniable. L’artiste attire notre attention sur l’aspect géométrique de cette architecture suburbaine, en installant ses mini-tours représentatives d’une contre-utopie sociale dans nos centres-villes pittoresques.

Informations pratiques :
Métro 12 / Assemblée Nationale
Bus 84, 24, 73, 69, 68 / Arrêt Musée d’Orsay
Bus 84, 24, 73, 94, 83, 63 / Arrêt Assemblée Nationale
RER C Musée d’Orsay
Vélib’ n°901 / n°7007 / n°700

(Source : Les Berges de la Seine)

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