UP' Magazine L'innovation pour défi

architecture innovante

Concours "Réinventer l'usage du verre dans la ville"

Dans le cadre de l'événement LYON CITY DEMAIN qu'elle organisera du 15 au 18 juin 2017, l'association LYON DESIGN ! s'associe au HOTSHOP France pour lancer un concours de design et de recherche sur le nouvel usage du verre dans la ville de demain.
Ce concours vient en complément de l'appel à projets lancé en juin dernier par LYON DESIGN ! auprès des professionnels et des écoles sur le thème du « mieux-être et du mieux-vivre en ville » et qui a déjà sélectionné 15 projets actuellement en cours de conception.
Le verre est devenu à la fois un matériau et un emblème de notre ère et de son patrimoine. Architectures extérieures et intérieures, sécurité, isolement, éclairage, environnement, vie quotidienne, le verre intègre, comme les nouveaux matériaux, son propre langage plastique.
Après la vitre et la lumière domestique, le miroir et la perspective, le sablier et la mesure du temps, les lentilles et l’accès à l’infini petit ou grand, la saisie et la conservation des images, il continue depuis l’origine à participer aujourd’hui, pour demain, à l’évolution des savoirs, leur perception, leurs représentations, leur transmission.
Il est plus que jamais le matériau des nouvelles technologies et une nouvelle façon de penser, de faire et de transmettre à travers les arts et les sciences. Les écrans et autres verres intelligents nous colonisent, mais ils lient aussi la société des individus dans leur ville au reste du monde. Il s’agit donc ici de cette histoire et de cette opportunité.
Jean-Pierre Evrard, curateur

Un concours ouvert aux professionnels

Tous les professionnels de la création, français et étrangers, qu'ils soient plasticiens, designers, architectes, urbanistes ou scénographes sont invités à y participer. Dix projets seront sélectionnés et pourront compter sur les conseils et l'expertise de Vincent Breed, artisan verrier professionnel et du HOTSHOP France pour réaliser les maquettes qui seront exposées lors de l'événement LYON CITY DEMAIN. Un jury déterminera qui, parmi ces dix projets sélectionnés, sera le lauréat du concours. Le gagnant bénéficiera de l'aide financière et technique du HOTSHOP France et d'un partenaire pour créer son propre prototype. Date limite d’envoi des candidatures : 9 décembre 2016.

Une thématique liée à un quartier en pleine mutation

Que ce soit à travers le développement de nouveaux process ou dans la conception de nouvelles typologies de produits adaptés à la ville de demain, les candidats devront intégrer leur projet dans le cadre du développement du Biodistrict de Gerland, quartier en pleine mutation. Deux catégories leur sont proposées : le mobilier urbain ou la micro-architecture.
 
Les projets retenus devront aussi prendre en compte l'une des sous-thématiques suivantes :
-       Environnement naturel : comment utiliser le verre pour mettre en valeur les espaces naturels avec une approche sensorielle poussant à la découverte de notre environnement ? Les arbres, plantes, fleuve et bassins, terres et autres ressources naturelles sont des éléments d’environnement urbain qui ne peuvent plus être considérés comme de simples pièces de décors et d’agrément. Ils contribuent pleinement à l’équilibre des citadins, proposant des espaces d’expression diversifiés, des formes en rupture avec la rigueur des structures bâties ou des solutions pour l’aménagement temporaire et permanent de friches industrielles. Ils offrent de multiples occasions de retrouver des gestes et des comportements ancestraux dans la modernité de la ville ou d’en créer de nouveaux
.-       Mobilité et lien social : quelle interprétation du verre permet le développement et la création de nouvelles signalétiques adaptées aux identités des structures et aux circulations en ville, mais génère aussi des rencontres et facilite les échanges humains pour recréer du lien social ? L’espace public n’est plus un simple élément de la fluidité de la ville où les citadins se croisent mais grandit en générateur de rencontres autour d’activités stimulantes pour le corps et l’intellect. Il doit être organisé pour créer du lien social et intégrer des dimensions de mobilité d’usages et d’informations partagées. Parcours urbains, agora collaboratives, systèmes de communication liés aux lieux d’accueil, signalétiques dynamiques, dernières avancées dans le domaine du verre numérique... le tissage des réseaux sociaux au profit du mieux-vivre ensemble est un facteur déterminant du bonheur en ville.
 
Le verre comme nouvel élément du design urbain
Le décor de la ville est en permanente recherche de nouveautés tant dans les lignes de ses structures ou dans l’exploitation de ses matières.
LYON CITY DEMAIN, depuis ses premières éditions, enrichit sa réflexion sur le design urbain d’audace autour des usages des matériaux qu’ils soient innovants ou séculaires. Certains designers se sont parfois plongés dans l’inconnu ou l’inattendu pour illustrer leur réflexion : papier ensemencé pour animer un mur, plexiglas pour les fermes urbaines...
D’autres ont préféré travailler sur de nouvelles utilisations de matériaux communs : le métal, la pierre, le béton... La réinvention des usages du verre dans la ville nous a semblé un défi à leur proposer sur deux axes : l’intégrer au mobilier urbain ou se servir de ses transparences, de ses couleurs et de sa fausse fragilité pour oser les structures.
Olivia Cuir, directrice de LYON CITY DEMAIN
 
Les projets sous forme de maquettes seront jugés sur leurs qualités éthiques et esthétiques et sur leur capacité à répondre à la problématique et à la catégorie choisies tout en se fondant dans le quartier du Biodistrict de Gerland. Ils devront obligatoirement prendre en compte les contraintes qui leur permettront d'être ensuite fabriqués, exposés dans l'espace public et utilisés par les citadins (répondre aux normes de sécurité en vigueur, résister aux intempéries, etc.).
 
Rendez-vous au mois de décembre pour connaitre les dix projets retenus dans le cadre de ce concours sur le nouvel usage du verre dans la ville de demain !
 
 
A propos de  HOTSHOP FRANCE :
Le HOTSHOP FRANCE est un atelier de production. Il est également un laboratoire, un centre de Recherche & Développement, stimulant les relations et les collaborations entre les professionnels de l'Art, du Design, de l'Architecture et les professionnels du verre (toutes techniques confondues) en vue de projets innovants et à travers des réalisations exceptionnelles.
Le HOTSHOP FRANCE assure également des formations et est intervenu dans l'espace privé ou public à Hong Kong, Paris, Nancy, Monte- Carlo,...
Ce lieu Unique en France, entre Lyon et Saint Etienne, créé par Vincent Breed, est soutenu par la Fondation Ernst&Young. C'est la plus grande Plateforme Verrière privée en France, équipée des plus grands fours de réchauffage d'Europe.
 
Quelques références de collaborations :
Jean Nouvel, Matali Crasset, Patrick Jouin, Hilton McConnico, Noé Duchaufour-Lawrance, Benjamin Graindorge, Hubert Le Gall, ...
 
À propos de LYON DESIGN ! :
L'association LYON DESIGN !, créée en 2012, a pour objet la promotion du design urbain sur la Métropole lyonnaise. Elle se définit comme un laboratoire des mutations de la ville de demain et organise notamment LYON CITY DEMA!N, des manifestations grand public dans des quartiers en transformation. Sa démarche pour le développement de projets prospectifs est délibérément collaborative pour créer du lien, sensibiliser et rassembler en collaboration avec les institutions l'ensemble des acteurs d'un territoire : habitants, acteurs du design (designers, urbanistes, architectes, artistes, bureaux d'études, concepteurs...), entreprises et industries.
 
 

 

ville durable

La première ville 100 % solaire sera américaine

Rien de mieux que la Floride pour lancer la construction d’une ville entièrement alimentée par l’énergie solaire ! Ce sera la première ville verte des Etats-Unis capable d'accueillir 50.000 personnes dès le début de l’année prochaine. «Babcock Ranch» - c’est son nom - comptera 1100 logements pour cette première phase de construction, tous certifiés respectueux des critères de développement durable par la Coalition pour la construction verte de Floride. Emménagement début 2017 !
 
« On est en train de créer une nouvelle ville, notre mission est de prouver que croissance raisonnable et protection de l'environnement peuvent aller de pair » déclare Syd Kitson, le créateur de cette cité verte au sud-ouest de la Floride. Syd Kitson est à l’origine joueur professionnel de football américain ; il a racheté une superficie de la taille de Manhattan, en 2006, à Edward Babcock, un magnat du bois et un politicien de Pittsburgh, après avoir appartenu historiquement à la famille McAdow.
Kitson a conclu un accord de 350 millions de dollars avec l'État de la Floride et le comté de Lee pour la plus grande convention unique de préservation des terres dans l'histoire de l'État. L'accord a permis de préserver 74 000 acres de la propriété, avec la poursuite des opérations d'élevage en ranch, et a fourni à Kitson les 17 000 acres dont il avait besoin pour le développement de son projet.
 
Syd Kitson
 
Avec plus de 500 arbres déjà plantés, la ville est aujourd'hui terminée à 70 %. Plutôt que de bâtir un énième quartier résidentiel ou un lotissement éloigné du centre-ville, l'entrepreneur a décidé de construire une ville entièrement écologique, avec tout le confort nécessaire : un établissement scolaire public, un quartier avec boutiques et restaurants, un centre de bien-être, un marché de produits locaux, des chemins de randonnée et des lacs, …
 
Appartements et maisons sont conçus pour des occupants de tous âges, à des prix allant de 200.000 à 800.000 dollars, selon Syd Kitson, soit entre 174.000 et 697.000 euros environ.
Les styles des maisons ont été soigneusement pensés, présentant des formes architecturales intemporelles qui encouragent l'interaction sociale et un fort sentiment de communauté. Les styles architecturaux allant de l'"Artisan", de la "Ferme", du "Golfe côtier", de l'"Espagnole" ou encore de l'"Antiquité coloniale" / occidentale, tous originaires des styles régionaux de la Floride du Sud-Ouest sont ainsi représentés. Les porches profonds situés à proximité des trottoirs et des rues encourageront les conversations avec les passants ainsi que les invitations aux voisins à venir s'asseoir et bavarder autour d'un verre. Les garages détachés accessibles par de larges ruelles sont généralement situés derrière la maison pour éviter de dominer le paysage et les espaces verts expansifs servent d'ancres pour le quartier.
 
 
Conçues selon des principes de conception durable et construites selon les exigences du Conseil du bâtiment vert de la Floride, les maisons de ville et de campagne de Babcock présentent des conceptions et des systèmes efficaces avec un aménagement paysager à faible impact qui favorise la conservation de l'eau et l'utilisation de l'énergie solaire. Des détails simples, comme des volets, des surplombs et des fenêtres appropriées au design favorisent l'efficacité du design qui contribue à un look élégant dans sa simplicité et réconfortant pour l’ambiance de la communauté, facilitant l’interaction sociale.
 
«La vraie durabilité englobe un engagement à conserver, à préserver les ressources naturelles, à créer un contexte de croissance personnelle et à réaliser des rêves et des aspirations personnels » déclare Syd Kitson car Babcock Ranch n'est pas une terre vierge, mais est enracinée dans la préservation. Il est le résultat de plus de cent ans d'attention soigneuse par la famille Babcock. Plus de 90% du développement est construit sur des pâturages et des terres agricoles.
 
 
Les opérations commerciales du Ranch ont financé des générations d'activités d'intendance pour maintenir l'excellent état de la propriété et fournir un habitat à la faune abondante du ranch. L'infrastructure écologique a été le thème primordial dans toutes les décisions d'aménagement - ce qui a abouti à une ville en harmonie avec son environnement. Ayant des sentiers ombragés, des aires de repos, des rues bordées d'arbres et des structures ombragées, le Ranch se vantera d'avoir 75% de ses arbres indigènes. Une étude régionale sur la connectivité de la faune - l'identification de stratégies pour créer des corridors permanents de la faune reliant les parcs et les terres naturelles dans le sud-ouest de la Floride - a permis à Babcock Ranch de servir de lien central pour l'élevage de bétail qui continuera pendant dix ans sous la direction de Kitson. Alors que la gestion de la réserve est remise à l'Etat, la gestion du bétail Babcock se poursuivra sur les 18 000 acres de terres appartenant à la ville pour préserver l'utilisation traditionnelle de la terre.
 
Les investissements environnementaux réalisés au Babcock Ranch au cours de la dernière décennie donnent des résultats impressionnants. Les avantages sont surtout visibles dans la région autour du lac Curry, où les écoulements naturels d'eau de surface ont été considérablement changés au cours des années pour accommoder des activités d'élevage et de ranching. Trois barrages visant à réhydrater environ 70 acres ont été construits afin de retenir l'eau qui a été vidangé auparavant à travers le système de ranch de fossés.
 
Propulsée par le soleil, une centrale solaire photovoltaïque générant plus d'énergie que la ville consomme, fournira à la région plus vaste de l'électricité propre, renouvelable et intégrée grâce à une collaboration avec la compagnie d’électricité publique Florida Power & Light. La ferme solaire de 75 mégawatts construite sur 179 hectares produira suffisamment d'électricité pour alimenter 21.000 foyers, soit environ le nombre prévu à terme à Babcock Ranch qui, grâce à ce projet, triplera sa capacité solaire actuelle.
 
Autre innovation : Babcock Ranch profite de la législation de la Floride sur la voiture sans conducteur pour en faire un terrain d'essai pour les véhicules autonomes. Cette collectivité est planifiée comme une collectivité verte avec des véhicules à mobilité partagée électrique, à basse vitesse, automatisés et disponibles pour les résidents et les entreprises. Un système avancé de transport public et privé de véhicules partagés, sans conducteur devrait être l'épine dorsale pour le déplacement des personnes et des marchandises.
 
L'installation d'un réseau de fibre optique avec une bande passante de 1 gigaoctet par seconde permettra aux résidents de se connecter à des vitesses rapides et suffisamment puissantes pour rendre pratique l'exécution de nombreuses applications domestiques et professionnelles.
 
En résumé, la vision de Babcock Ranch est fondée sur une architecture qui encourage les voisins à interagir, dans le choix des modes de vie de la ville et du pays. La conservation et la préservation des ressources naturelles offre à chacun la possibilité de vivre quotidiennement dans un lien inaltérable avec la nature et avec les autres. Un rêve pieux mais qui semble pourtant bien sur le point de se réaliser. 
 
 

 

partenaire

 

 

technologies digitales urbanisme

Appel à projets : proposer des solutions innovantes pour mieux gérer les flux de données énergétiques à l’échelle du bâtiment

Les technologies digitales révolutionnent les métiers traditionnels de l’industrie du bâtiment. ENGIE Axima, expert en intégration de solutions énergétiques et filiale du Groupe ENGIE, s’associe à Angers Loire Métropole pour solliciter les innovateurs porteurs de solutions numériques afin d’optimiser la gestion énergétique des bâtiments. Les candidats ont jusqu’au 10 décembre 2016 pour déposer leur candidature. 
 
L’appel à projets a pour objectif de développer des solutions, des applications et des services faisant appel aux technologies du numérique pour gérer les flux énergétiques de consommation et de production à l’échelle d’un bâtiment ou d’un équipement.
 
Les solutions recherchées peuvent être des innovations technologiques ou des modèles d’affaires et/ou d’usages. Ces solutions peuvent être autoportantes ou être des « briques » capables d’être associées à une offre plus globale, de type contrat avec engagement énergétique. Elles doivent permettre de gérer les problématiques énergétiques suivantes : production d’énergie renouvelable, stockage d’énergie, confort et qualité d’usage des bâtiments, ou encore qualité de l’air.
Les solutions peuvent être présentées par une entité unique (entreprise, start up…) ou développées par un groupement ou un GIE. Différents niveaux de maturité des entités restent possibles ; ainsi le stade projet ou ante-création est également autorisé à répondre à cet appel à projets.
 
Les propositions serviront à nourrir les réflexions de la société d’aménagement ALTER, dans le cadre du projet urbain : Angers Cœur de Maine, et plus particulièrement pour l’opération Quai Saint-Serge. Ce vaste projet d’aménagement prévoit notamment d’étendre les activités tertiaires existantes avec à terme la création de plus de 100 000 m² de surface (enseignement, formation, recherche, loisirs…), ainsi que le déclassement de l’autoroute en boulevard urbain. Ces projets d’aménagement et de construction pourront être une source d’expérimentation, et les meilleures solutions pourront être testées dans le cadre de l’opération pour permettre à ALTER et au territoire d’être à la pointe en matière de numérique et d’objets connectés appliqués à l’énergie.
 
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 10 décembre 2016 à minuit, pour une pré-sélection des candidats en décembre, des auditions fin janvier 2017 et une annonce des lauréats d’ici février 2017. Les lauréats pourront bénéficier d’un ou des dispositifs suivants :
•             Accompagnement par Angers Technopole de la caractérisation du projet à la consolidation du business model, en passant par la formalisation du concept d’offre, le prototypage du produit ou service, la caractérisation du modèle d’affaires/de revenu… Cet accompagnement correspond dans un premier temps à 6 mois d’incubation gratuite, avec mise à disposition d’un espace de travail collaboratif au sein de la Maison de la Technopole, la mobilisation des réseaux académiques et économiques du territoire.
•             Prêt d’honneur de 7 500 € par la Banque Populaire Atlantique.
•             Accompagnement commercial et coaching de la part d’ENGIE Axima et intégration de l’innovation dans une opération spécifique sur le territoire d’Angers Loire Métropole ou dans le cadre d’une opération portée par ENGIE Axima (ou une autre entité du groupe ENGIE).
•             Le lauréat de la meilleure idée recevra également un prix de 1 500 €.
 
Pour plus d’information, rendez-vous sur : http://openinnovation-engie.com
 

 

urbanisme-architecture

Bâtiment et loi de transition énergétique : où en sommes-nous ?

La loi de transition énergétique, adoptée en août 2015 par le Parlement, demande désormais à plusieurs secteurs de contribuer à l’effort d’efficacité énergétique, dont celui du bâtiment. En effet, ce secteur représente chaque année 43 % de la consommation énergétique de la France et près de 24% des émissions de gaz à effet de serre, juste derrière les transports (32,6 % en 2014). Mettre en place un programme de rénovation thermique performante du bâti est donc un enjeu fondamental. Où en sommes-nous ? Comment réagit le secteur du bâtiment en général ? Quelles initiatives majeures ont été mises en place par les pouvoirs publics ? Quelles innovations architecturales ?
 
Comme de nombreux pays à travers le monde, la France est engagée dans un processus de transition énergétique. Une volonté qui s’est matérialisée à travers la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Ce texte fixe les objectifs que la France doit atteindre à moyen terme sur le plan énergétique.

Etat des lieux

Les deux dates-clés généralement retenues pour qualifier le parc du bâtiment sont 1949, généralisation des techniques constructives industrialisées, et 1975, date de l’entrée en vigueur de la première réglementation thermique (RT1974), et donc des premiers centimètres d’isolants. 56% des logements ont été construits avant 1975, et ils représentent 65% de la consommation énergétique du parc de résidences principales.
Les consommations d’énergie des maisons individuelles sont concentrées dans les maisons construites avant 1975 (70% de la consommation d’énergie des maisons individuelles, 45% avant 1949, pour respectivement 54% et 32% du nombre de maisons).
Le constat est identique pour les consommations d’énergie des logements collectifs (83% de l’énergie est consommée dans les logements collectifs construits avant 1975, et 51% dans les logements construits entre 1949 et 1975, pour respectivement 67% et 44% du nombre de logements).
La répartition des usages est de 62,7% des consommations pour le chauffage, 18,5% pour l’électricité spécifique (en hausse constante), 12% pour l’eau chaude sanitaire (ECS) et 6,8% pour la cuisson.
Les énergies consommées dans le secteur sont le gaz et l’électricité pour 1/3 chacun, et le fioul et le bois (estimation) pour 15% chacun.
Enfin, dernier point essentiel à prendre en compte dans l’état des lieux, entre 4 et 5 millions de ménages en France sont considérés « en situation de précarité énergétique », c’est-à-dire qu’ils ont des difficultés à chauffer correctement leur logement à un coût acceptable (données issues de la base de l’enquête logement de 2006). Près de 9 ménages sur 10 sont dans le parc privé de logement, et 2/3 sont propriétaires de leur logement. (Source : Institut négaWatt – Mai 2014)
Le parc de bâtiments anciens constitue donc le principal gisement d’économies d’énergie à court, moyen et long terme. Les différents scénarios convergent sur la nécessité de réaliser une rénovation thermique performante de l’ensemble du parc bâti d’ici 2050, et de travailler sur l’ensemble des consommations d’énergie (chauffage, ECS, électricité spécifique).

Quelles initiatives publiques ?

De nombreuses aides financières destinées aux particuliers ont vu le jour au cours de ces dernières années. Elles sont destinées à financer une partie des travaux qui leur permettront d’améliorer la performance énergétique de leurs logements et donc de réduire leur facture énergétique annuelle. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) de 30 %, l’éco-prêt à taux zéro, les aides de l’Anah, les aides régionales, les primes énergie, … Pour faire le point, il suffit de se rendre auprès des Espaces info énergie.
 
Joëlle Colosio, Directrice générale de l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie), précisait dans une interview à France bleu le 11 octobre 2016, qu’en Ile-de-France près de  200 000 logements profitent déjà d’innovations importantes pour le chauffage, comme la biomasse à Sevran ou la géothermie à Grigny. « La facture de chauffage va baisser de 30 à 40% pour les habitants et le prix va être maintenu durant les trente prochaines années », précisait-elle.
 
Pour les copropriétés, la première obligation de la loi de transition énergétique est l’installation de compteurs individuels pour 2017, les frais de chauffage devant être individualisés. Autre obligation :  une isolation par l'extérieur, lors des ravalements de façades.
 
Côté bâtiments publics, notons l’initiative de La Caisse des Dépôts qui vient de lancer ce 5 octobre un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour favoriser l'émergence et la réalisation de projets de rénovation énergétique du patrimoine immobilier des collectivités territoriales, hors logement. Un AMI qui s'inscrit dans le cadre des objectifs fixés par la loi prévoyant de réduire de 60% la consommation énergétique des bâtiments tertiaires d'ici 2050 par rapport à 2010. L’objectif (avec le soutien technique de l'ADEME), est d'identifier 10 collectivités locales de 10.000 à 50.000 habitants et 20 collectivités entre 50.000 et 100.000 habitants qui souhaitent engager à court terme des projets de rénovation énergétique de leurs bâtiments tertiaires - mairie, locaux destinés à l’exploitation de services publics, services culturels, services sociaux, équipements publics tels qu’écoles, crèches, complexes sportifs, etc. Les collectivités locales sélectionnées bénéficieront d'un accompagnement méthodologique et d'un cofinancement en crédits d'études pour les aider à cibler les priorités d’intervention sur leur patrimoine et à élaborer des programmes de travaux à financer.
 
Autre initiative : le dispositif DORéMI. Dès la fin 2011, le bureau d’études Enertech (Olivier Sidler) et l’Institut négaWatt ont développé, sur le territoire de la Biovallée (Drôme), avec le soutien de la Région Rhône-Alpes, un dispositif qui donne aux artisans et aux acteurs de la rénovation les clés pour débloquer les verrous de la rénovation performante des maisons : DORéMI, Dispositif Opérationnel de Rénovation Energétique des Maisons Individuelles.
L’objectif de ce dispositif est d’aboutir à des groupements d’artisans formés aux techniques de la rénovation à très faible consommation d’énergie, avec un pilote désigné, capables de développer de façon autonome à l’issue du dispositif un discours commercial sur l’intérêt d’une rénovation globale, de juger de la pertinence économique de leur offre et de l’optimiser, et d’apporter des propositions de montage financier.
 

Innovations

Comme l’annonce Jacques Chanut, Président national de la Fédération française du bâtiment, « Il y a surtout un marché qui repart, c'est celui du logement neuf où nous avons des chiffres significatifs. Des hausses de l'ordre de 15 % sur les permis de construire et plus de 2 % sur les mises en chantier, soit 375.000 à 380.000 cette année de mise en chantier. » C’est la porte ouverte à l’imagination architecturale !
 
Premier exemple, Le Botanic Center – Bruxelles. Son concepteur est Vincent Caillebaut qui déclarait dans une interview au magazine belge week-end-Le vif : « Notre volonté est d'agir comme des prospectivistes pour propulser, dans ce cas-ci, le Botanic Center vers le XXIe siècle en termes d'usages, d'avancées technologiques et de principes constructifs innovants et durables. L'architecture est capable aujourd'hui de mettre en œuvre le concept de " Solidarité Energétique " entre un patrimoine - moderne dans ce cas - allié à un projet contemporain. Le second fournissant l'énergie nécessaire au premier pour atteindre un bilan sobre en carbone. Les promoteurs et investisseurs du pays n'en peuvent plus de l'architecture et de l'urbanisme " boîte à chaussures ", dépendants de notre système énergétique centralisé et dévastant les écosystèmes. Tout est en place aujourd'hui pour mettre en œuvre la transition énergétique et les recommandations de la COP21 à Bruxelles et en Belgique. Le XXe siècle fut celui du pétrole, de l'acier et de la chimie verte. Le XXIe siècle sera biologique ou ne sera pas ! »
 
 
Une robe végétale habille la façade tandis qu'au sommet, une chrysalide joue les fermes solaires et produit l'électricité nécessaire aux usagers
 
Autre idée, la maison solaire de Manuel Vieira Lopes, fondateur de Casas Em Movimento : imaginée en collaboration avec l’Université et l’École d’architecture de Porto (Portugal), cette maison est à géométrie variable, en fonction de la rotation de la terre et de son positionnement face au soleil. Comme la Terre tourne, il suffit de déplacer la maison avec elle pour lui offrir la meilleure exposition au soleil. Les panneaux solaires qui lui fournissent son énergie sont toujours orientés vers la meilleure source d’énergie possible. L'effet de tournesol est créé en combinant deux mouvements : la rotation du bâtiment lui-même, d'environ 180 ° tout au long de la journée, et la rotation des panneaux photovoltaïques, afin d'assurer l'inclinaison optimale de 90 ° de cette surface par rapport au soleil.
 
Le projet In Vivo : Les micro-algues vont habiter les façades parisiennes grâce aux cabinets d'architecture BPD Marignan et XTU Architects qui ont gagné un des appels à projets « Réinventer Paris ». Le concept de biofaçade vise à valoriser l’habitat pour le rendre productif. Partant du constat que les façades d’immeubles représentent un potentiel solaire inexploité pour faire de l’agriculture verticale, XTU Architects et le consortium SymBIO2 ont développé, sur la base des travaux de recherche menés par le laboratoire GEPEA, un « photobioréacteur mur-rideau » plan, vertical, ultra-mince (quelques centimètres) formant la façade même du bâtiment.
 
 
Ces photobioréacteurs maximisent l’exploitation du flux solaire, tant pour les cultures de microalgues que pour la régulation thermique du bâtiment, permettant la captation du CO2, la production d’oxygène, la valorisation d’eaux usées, et la production d’une biomasse valorisable pour la santé, la cosmétique, l’alimentation, la chimie verte, et bientôt l’énergie.
 
Autres Exemples :
-La ville de Marne la vallée, dans le cadre du programme d’Investissements d’Avenir « Ville de demain ».
-L’opération « Paris fait Paris » : réinventer Paris pour les établissements publics.
- « smartseille », écoquartier de Marseille en cours de construction dans le 15e arrondissement et préfigurant, selon ses concepteurs, la ville de demain.
- BedZed (Beddington Zero Energy Development) : le premier et plus grand éco-quartier britannique.
-Quartier de Vauban à Fribourg (Allemagne) : maisons à énergie positive, avec panneaux solaires, toitures végétalisées, ou encore avec des techniques d’isolation et de ventilation innovantes.

Pourquoi ça n’avance pas

La transition énergétique en France n’est pas sans devoir faire face à un certain nombre de freins dans le secteur du bâtiment. La loi transition énergétique pour la croissance verte impose à l’ensemble du parc immobilier d’être rénové en fonction des normes « bâtiments basse consommation » à l’horizon 2050. Le nombre de rénovations énergétiques de logements est loin de l’objectif des 500 000 fixé pour 2017. Pourquoi ?
 
Consommation énergétique
Le Gouvernement veut s’attaquer en priorité aux bâtiments les plus énergivores. D’ici 2025, « tous les bâtiments privés résidentiels dont la consommation en énergie primaire est supérieure à 330 kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré et par an doivent avoir fait l’objet d’une rénovation énergétique ». Or, selon la nouvelle édition des chiffres clés de l’ADEME, la consommation énergétique des bâtiments résidentiels diminue, mais s’accompagne d’une hausse des consommations des appareils électriques : Le chauffage et la climatisation sont les plus gros postes de consommation d’énergie dans l’habitat (61,3 % en 2012 - Source ADEME). La majorité de cette consommation est due aux résidences principales construites avant 1975 qui représentent 54 % du parc. « Rapportées au m2, les consommations des logements les plus anciens se situent près de 50 % au-dessus de celles des logements récents : plus de 200 kWh/m2 [kilowattheure par mètre carré] pour les logements antérieurs à 1970, 140 kWh/m2 pour les logements construits depuis 2006 », relève l’ADEME.
Précisons que la consommation baisse nettement dans le bâti le plus récent : 86 % des résidences principales neuves sont classés A ou B depuis 2013 et consomment donc moins de 91 kWh d’énergie primaire par m² par an pour le chauffage et l’eau chaude. Les autres appareils électriques représentant environ 17 % de l’énergie des logements, la plupart des logements neufs consommant moins de 105 kWh/m2.
L’importance que la rénovation des bâtiments anciens et la bonne performance des nouveaux bâtiments ne suffisent pas : il faut y associer les bons gestes pour diminuer la consommation. « Il faut à la fois de la technologie mais autant de changements de comportements » déclarait d’ailleurs Joëlle Colosio de l’ADEME.
 
Rénovation - Isolation thermique
Nous le disions, la loi votée le 17 août 2015 rend obligatoire l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) en cas de ravalement de façade des bâtiments, exceptés ceux présentant des spécificités énergétiques et architecturales, comme les monuments historiques, sites classés et autres secteurs sauvegardés.
Le G8 patrimoine a alerté l’opinion lorsque le décret du 30 mai 2016 avec application au 1er janvier 2017 généralisait l’ITE à tous les bâtiments car ce texte semble oublier en effet de préciser les catégories de bâtiments concernés et ceux exemptés en fonction de la date de leur construction ou des matériaux mis en œuvre.
Pour les associations environnementales, si ce décret décrié est réécrit, son application concernera moins de la moitié des logements existants alors que les critères de protection du bâti à valeur patrimoniale existent déjà dans le texte. La loi de transition énergétique fixe un objectif global de 20 % de baisse des consommations d’énergie d’ici à 2030. 75% des bâtiments construits avant 1948 sont très énergivores, engendrant des factures d’énergie importantes pour les occupants. Dans son mémento 2014, l’Anah précise d’ailleurs que « plus du quart des résidences principales datent d’avant 1915 et près de 4 logements sur 10 ont été construits avant 1949. C’est dans cette catégorie que les besoins d’amélioration sont les plus importants, ce dont témoignent notamment les taux de vacance plus élevés. »
 
Plus globalement, il n’existe pas aujourd’hui d’offre crédible de rénovation performante à coûts maîtrisés, selon un rapport de l’Institut négaWatt : La principale difficulté de ces propositions est qu’il manque des objectifs de qualité de la rénovation ; envisager 500 000 rénovations par an d’ici 2017 implique que ces rénovations seront très partielles, et non performantes. Le risque majeur est d’aboutir à la mise en place d’une formidable « machine à tuer le gisement » d’économies d’énergie dans l’habitat, car il sera économiquement intenable de réintervenir sur les logements à moitié rénovés pour en faire des logements performants.
Par ailleurs, la méthode pose problème : l’idée principale est de stimuler la demande (guichet unique et aides), alors qu’il n’existe pas d’offre crédible de rénovation performante sur une grande partie du parc. La conséquence principale de ces aides risque d’être la hausse des prix de la rénovation.
 
Pour reprendre les mots de négaWat, la transition énergétique doit apparaître comme une opportunité économique, sociale et environnementale, un projet « gagnant-gagnant » pour les différents acteurs du bâtiment : Etat, collectivités, artisans et organisations professionnelles, maîtres d’ouvrage, industriels et fournisseurs. Dont, nous, citoyens, serions les premiers bénéficiaires : les propriétaires pourraient maîtriser leurs factures énergétiques, disposer de maisons plus confortables, et pour certains, simplement, de pouvoir se chauffer correctement. Les collectivités réduiraient ainsi leur dépendance aux énergies importées et bénéficieraient de création d’emplois locaux non délocalisables. Les marchands de matériaux et les fournisseurs de systèmes performants, ainsi que toute la chaîne des industriels qui en dépendent, se verraient également consolidés par les plans de rénovation pour une transition énergétique heureuse.
 

 

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Habitat III

Habitat III : Un Nouvel Agenda urbain pour le développement durable

Habitat III, la 3ème conférence des Nations unies sur le logement et le développement urbain durable qui s’ouvre aujourd’hui, lundi 17 octobre, à Quito en Equateur, est l’une des premières conférences internationales après les accords historiques sur le développement durable de 2015. Une occasion à ne pas manquer pour traduire les engagements annoncés en plans d’action, au niveau de mise en œuvre le plus important : celui des villes.
 
Développement durable et développement urbain sont en réalité intimement liés : le monde est essentiellement urbain, les villes contribuent aux changements sociaux et environnementaux mondiaux, et sont également des acteurs majeurs de changement, d’adaptation et de développement. Le cadre de Sendai précise pour sa part que les autorités locales doivent avoir les moyensde réduire les risques de catastrophe. Le Programme d’action d’Addis-Abeba souligne la nécessité d’élaborer des outils de financement infranationaux. Et, outre l’adoption d’un Objectif de développement durable (ODD) dédié aux villes et aux collectivités durables (ODD 11), de nombreuses cibles d’autres ODD exigent une action forte au niveau des villes (eau et assainissement, gouvernance et partenariats multi-niveaux, emplois, santé publique, changement climatique, etc.). La voix des maires et des dirigeants de collectivités urbaines s’est bien fait entendre dans le cadre du Plan d’action de Lima-Paris pour le climat. Comme l’a affirmé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en 2012 : « Notre lutte pour la durabilité mondiale sera gagnée ou perdue dans les villes. »
 
Cette vision d’un développement urbain durable est reconnue dans le Nouvel Agenda urbain, qui sera adopté lors de la Conférence Habitat III et qui repose sur les trois principes que sont l’inclusion sociale et l’éradication de la pauvreté, la prospérité et les opportunités urbaines, et le développement urbain respectueux de l’environnement et résilient, complétés d’une dimension politico-institutionnelle de l’action – à savoir des politiques urbaines multisectorielles, le renforcement de la gouvernance urbaine, l’aménagement du territoire et le financement. Mais il est maintenant temps d’agir, et Habitat III doit aller plus loin et proposer des pistes opérationnelles pour une gestion urbaine concrète.
 
En effet, le Nouvel Agenda urbain ayant déjà fait l’objet d’un accord, la Conférence Habitat III vise également à alimenter le Plan de mise en œuvre de Quito. Cette plateforme consiste à rassembler des exemples d’actions et d’engagements concrets de développement urbain durable. Il est important d’analyser ces derniers et de capitaliser et d’évaluer leur potentiel réel en matière de durabilité. Les innovations ont en effet des impacts sociaux et politiques qui doivent être reconnus et pris en compte. Le rôle de la science et des think tanks est d’analyser cette dimension socio-politique des pratiques.
 
Dans cette perspective, l’Iddri aborde plusieurs questions urbaines qui semblent présenter un intérêt particulier pour la durabilité, à travers l’analyse des changements et des pratiques, qui peuvent constituer de véritables leviers de transformation :
- Instruments de financement innovants : au-delà des investissements, les choix politiques en termes de décentralisation, de renforcement des capacités des municipalités, de partenariats avec les investisseurs locaux ou de gestion de la dette influencent l’efficacité de ces instruments pour le développement urbain durable.
- Mobilité collaborative : pour que ces alternatives contribuent au développement de moyens de transport socialement et écologiquement durables, les autorités publiques doivent jouer un rôle important pour assurer une bonne gouvernance, des arrangements fiscaux adaptés, et plus généralement l’articulation avec les systèmes de transport public.
- Services essentiels durables : un programme à long terme sur le coût réel de l’offre de services essentiels dans les villes en développement montre qu’au-delà des modèles de financement, la conduite effective des opérations, le caractère informel de l’urbanisation, ainsi que la gestion des fournisseurs de services publics et la gouvernance locale entraînent des coûts imprévus supplémentaires.
- Gouvernance ouverte et nouvelles boîtes à outils d’actions : dans un monde urbain en rapide mutation, de nouveaux outils d’aménagement et de gestion émergent, comme le crowdsourcing, grâce aux nouvelles technologies numériques, ou sont nécessaires pour prendre en compte et adapter les processus d’urbanisation informels au-delà des solutions traditionnelles d’aménagement. Pour que ces nouvelles approches impliquent réellement la participation et répondent aux besoins et aux demandes des citadins, la transparence, la responsabilité et la capacité d’adaptation des gouvernements urbains sont indispensables.
 
Ces différents travaux montrent que des solutions et des innovations voient effectivement le jour dans les villes, par un processus de coproduction entre les autorités locales, le secteur privé et la société civile.
 
En outre, la généralisation des projets et initiatives prometteurs dans les politiques publiques exige un cadre d’action complet plus large, des directives et une vision pour aider les autorités publiques. Pour l’instant, il manque encore un chaînon entre les initiatives locales et l’agenda mondial. Des programmes et cadres politiques locaux, exploitables et adoptés par les dirigeants et les gestionnaires des villes, sont nécessaires. Positionner les ODD dans, pour et avec les villes à travers des Agendas 2030 locaux pourrait constituer une piste d’action.
Comme les Agendas 21 locaux, les Agendas 2030 locaux pourraient s’appuyer sur la vision et le cadre politique des programmes définis à l’échelon global pour rassembler les parties prenantes et assurer l’appropriation au niveau local. Un pas supplémentaire vers la réussite de ces Agendas 2030 locaux consiste désormais à assurer des ressources financières, institutionnelles et humaines pour leur mise en œuvre effective. Les États qui vont négocier et ont le Nouvel Agenda urbain, devront mettre en place une gouvernance et des partenariats multi-niveaux appropriés et créer des environnements favorables à l’émergence, la diffusion et la capitalisation sur ces expériences.
 
Le succès de la conférence Habitat III ne dépend donc pas tant de l’adoption d’un Nouvel Agenda urbain consensuel et d’une vision des villes durables, mais plutôt de la mobilisation de moyens et d’acteurs ainsi que de la volonté de tester des solutions pratiques dans les villes pour un développement urbain durable.
 
Laure Criqui, Chercheure Développement urbain international IDDRI
©IDDRI - Editorial newsletter octobre 2016 
 
 

 

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