UP' Magazine L'innovation pour défi

smart cities

Quel avenir pour les Smart Cities dans le monde ?

En 2050, plus des deux tiers de la population mondiale vivra en ville. Transport et mobilité connectés, urbanisation responsable, habitat innovant… pose-t-on les jalons d’une ville intelligente de la même manière à Jakarta qu’à Gênes ou Eindhoven ? Visiblement non, ont répondu les intervenants de la dernière rencontre du cycle Smart Cities de France Stratégies en juin dernier, qui a été l’occasion de tirer des leçons et enseignements d’initiatives et expériences internationales. De Chendgu à La Rochelle, la ville intelligente est plurielle...
Comment les Smart Cities peuvent-elles contribuer au mieux-être des citoyens ? Quels sont les leviers qui permettent de créer une culture du partage et de l'innovation ? Quels sont les critères technico-économiques, environnementaux et le montage juridico-financier des projets étrangers ? Quelles sont les contraintes spécifiques rencontrées par les villes d’Asie du Sud-Est et les prérequis nécessaires aux projets de smart city ?
 
La Smart City est un phénomène international qui ne saurait être réduit à un modèle unique et uniforme. Le concept et le phénomène Smart Cities a une dimension mondiale : il n’est ni européen ni français, et il ne constitue pas non plus une caractéristique propre aux villes des pays riches.

La ville intelligente est plurielle

Pourquoi s’intéresser aux initiatives internationales et que peut-on en tirer ? Ces comparaisons permettent non seulement de comprendre les dynamiques d’un phénomène mondial mais également de mieux identifier la nature des Smart Cities. Et on peut formuler une conclusion d’emblée : la ville intelligente est plurielle, il n’existe pas de modèle de développement défini et commun à tous les espaces urbains. Autrement dit, l’ensemble des grandes villes du monde ne tendent pas à converger vers un modèle unique d’aménagement, d’organisation et de gouvernance. Au contraire, les stratégies de développement sont différentes : certaines villes comme Vilnius (Lituanie) mettent l’accent sur la numérisation de la population quand d’autres comme Gênes (Italie) accordent davantage d’importance à la participation des citoyens.

Une définition variable selon le processus de développement

Un facteur différencie les villes intelligentes européennes d’autres villes intelligentes, en particulier celles des pays en développement, et il doit à ce titre être pris en compte dans la qualification de la Smart City : le niveau d’avancement de la ville dans le processus de métropolisation. En effet, certaines villes, notamment en Asie du Sud-Est, sont préoccupées par le bon fonctionnement de leurs infrastructures plutôt qu’à l’amélioration de l’intelligence de leurs villes, avec des problématiques urbaines urgentes (congestion et manque de transports en commun, pression démographique et sous-dimensionnement des infrastructures, pollution atmosphérique).
 
Ces spécificités justifient une définition spécifique de la ville intelligente en Asie, reposant sur trois piliers tels que définis par AREP, bureau d’études, filiale de la SNCF, pluridisciplinaire en aménagement et construction d’espaces du mouvement : la réinvention des infrastructures urbaines existantes et l’amélioration des conditions de vie des habitants, avec les technologies notamment, mais également la recherche de l’inclusion sociale.

Des caractéristiques communes variables

Ces caractéristiques de la Smart City sont propres aux villes intelligentes « asiatiques ». Et elles sont en réalité différentes, non seulement selon le niveau d’avancement de ces villes dans le processus de métropolisation, mais également selon l’acteur concerné, ici le CESE, la BEI et AREP, tous trois représentés lors de la séance : AREP, que nous venons de présenter, est un acteur économique donc, le Comité économique et social européen est un organe politique, tandis que la Banque européenne d’investissement est une institution financière. Trois types d’acteurs avec pour caractéristique commune leur dimension européenne ou internationale, mais avec des intérêts, des logiques et des points de vue différents.
 
Le CESE, dans un rapport publié en février 2017, retient six piliers de la ville intelligente : si l’amélioration des infrastructures, et les dimensions énergétiques, technologiques et numériques sont attendues, deux piliers supplémentaires doivent être mentionnés : la mise en place d’une offre d’éducation et de formation, et la stabilité financière et économique des projets financés. Ainsi, le caractère intelligent de la Smart City concerne également les habitants et le mode de financement de la ville.
 
La BEI ne retient quant à elle que trois piliers : la mobilité durable, le développement urbain et l’efficacité énergétique. La dimension numérique et technologique est minimisée, comme la dimension sociale des projets de villes intelligentes. C’est la durabilité des projets qui est au cœur des critères de financement de l’institution financière : les projets d’infrastructures lourdes demandent plus de financement que les technologies numériques, à la durée de vie moindre car vite touchées par l’obsolescence. La temporalité des projets financés est ainsi au cœur des enjeux de la BEI.
 
Avec ce panorama international, on semble pouvoir retenir deux grands enjeux essentiels pour toute ville intelligente, d’Europe ou d’Asie, le choix du financement et la gestion de la transition urbaine, qui supposent, peu importe le modèle retenu, une stratégie et une gouvernance… smart.
 
 
Add a comment
architecture

Tendance bâtiment : le futur de la façade intelligente s’écrit avec le cuivre

La façade dynamique serait-elle en passe de devenir la grande tendance architecturale de la fin de la décennie ? Dans cette petite révolution, le cuivre se distingue. Sous forme de voiles ou de lames de cuivre, des façades dynamiques sont capables de mieux gérer l’apport de lumière ou de chaleur et d’améliorer la performance énergétique des bâtiments. Sous forme de surface brute qui se patine au gré du temps, la façade donne vie au bâtiment et devient la clé de son intégration environnementale.
De la Norvège à l’Italie en passant par la Suisse et la France, voici un tour d’Europe des architectures intelligentes, qui s’illustrent par leur façade dynamique en cuivre.
Photo : Maison Dumont à Genève © Joël Tettamanti
 
Durable, malléable, évolutif, le cuivre est un matériau de choix pour les architectes qui innovent pour concevoir des bardages fonctionnels.  Historiquement utilisé pour les toitures des édifices religieux ou des grands monuments comme l’opéra Garnier, le cuivre est aujourd’hui redécouvert par l’architecture contemporaine. Les jurés des European Copper in Architecture Awards 2017 peuvent témoigner de cette tendance de fond : quatre des huit bâtiments finalistes de ce prix architectural européen dédié au cuivre ont des façades dynamiques. Celles-ci ne se contentent plus de jouer le rôle d’enveloppe.

Comment le cuivre contribue à la révolution des façades dynamiques

Pour répondre aux évolutions de la vie urbaine – à la fois organisationnelles, technologiques et sociétales –, les architectes et les urbanistes innovent. Permettant aux bâtiments modernes d’entrer en interaction avec l’environnement, et de limiter le recours à l’éclairage ou au chauffage artificiels, les façades dynamiques en cuivre régulent l’aération, la lumière ou la transparence, et créent des effets visuels inédits.
Le cuivre et ses alliages permettent une grande créativité architecturale. Ils sont des matériaux de choix pour réaliser des façades fonctionnelles : facilité de pose, de façonnage, malléabilité… Les feuilles de cuivre sont légères, faciles à travailler et à assembler, esthétiques et extrêmement durables. Les bardages en cuivre résistent aux agressions de l'air et de l'humidité et garantissent une longévité aux bâtiments, sans entretien. Une large gamme de finition existe : lisse et brillant, perforé, embossé, pur ou sous forme d’alliage, brut ou pré-patiné. Cette dernière solution permet d’exploiter la large palette de couleurs offerte par le processus naturel d’oxydation du métal rouge, dès l’installation et durablement.

A la découverte de cinq façades dynamiques et fonctionnelles en cuivre

Le centre Hydropolis en Pologne : des façades de cuivre et d’eau
 
Parc Hydropolis, Wroclaw, Pologne.
Des fontaines sont dissimulées derrière la façade de cuivre pour créer un jeu d’eau et de lumière.
© Michal Lagoda
 
Dans la ville polonaise de Wroclaw, le cabinet ART FM a transformé un remarquable réservoir du XIXe siècle en parc thématique dédié à l’eau et baptisé Hydropolis. Cette réhabilitation se caractérise par une nouvelle façade en cuivre et une sculpture novatrice appelée « water printer ». Par son caractère visuel affirmé et son esthétisme, le cuivre souligne la beauté du bâtiment historique, tout en donnant à l’extension un aspect très contemporain.
 
 
Du cuivre pré-oxydé est utilisé pour la toiture et la façade de la nouvelle annexe, ainsi que pour les panneaux perforés coulissants. Il s’oxydera de manière naturelle et sa couleur se rapprochera de celle de la maçonnerie en briques. La sculpture « water printer » est constituée de douze fontaines dissimulées derrière la façade en cuivre.
 
 
Le soleil et l’eau pénètrent à travers les ouvertures irrégulières des panneaux de cuivre perforés et créent un jeu de lumière et de reflets unique, intensifiant la perception de l’espace dans le hall. Cette réalisation est l’une des finalistes de la 18e édition des European Copper in Architecure Awards, dont les résultats seront annoncés en septembre.
 
Le square du tambour en Norvège : cuivre et lumières !
 
Le tambour en cuivre trône au-dessus d’une des plus grandes places de la ville.
© Mathias Herzog
 
Ce curieux tambour en cuivre flottant au-dessus de la place de la ville de Trondheim, en Norvège vaut le détour : grâce aux différents revêtements en cuivre perforé et patiné, la couleur de l’auvent change au fil de la journée. La patine verte que l’on observe pendant la journée se transforme en soirée grâce à la lumière provenant du cercle intérieur, reflétée par l’écran de cuivre. Ainsi, ce tambour en cuivre s’intègre parfaitement à son environnement – discret le jour, avec une apparence naturelle, il s’illumine la nuit grâce à un système économe en énergie.
 
     
Le cylindre se compose de différents revêtements de cuivre.
© Mathias Herzog           
 
Le cylindre se compose de trois couches : une surface intérieure réfléchissante, un écran intermédiaire en cuivre naturel, et un revêtement extérieur en cuivre vert patiné à la main. Les deux couches de cuivre sont perforées afin de laisser pénétrer la lumière le jour, et d’en produire la nuit grâce à un éclairage LED. Cette réalisation est également finaliste des 18e European Copper in Architecure Awards.
 
La Maison Dumont à Genève : une claire-voie en cuivre pour éviter les vis-à-vis
 
La toiture en cuivre est déclinée sur l’ensemble de la construction.
© Joël Tettamanti
 
En plein cœur de la vieille ville de Genève, la Maison Dumont est une bâtisse très contemporaine signée par le cabinet Meyer Architecte et dont les façades en cuivre se modulent en fonction de la lumière. La toiture, également en cuivre, est déclinée sur l’ensemble de la construction et apporte de la lumière dans l’arrière-cour de deux édifices historiques qui en manquait jusqu’alors.
 
Les lames en cuivre sont modulables comme des stores pour éviter les vis-à-vis.
© Joël Tettamanti
 
Au niveau du penthouse, une claire-voie faite de lames de cuivre permet d’éviter les vis-à-vis. Grâce à la malléabilité du cuivre, les lames ont été pliées sur leur diagonale, et sont modulables comme des stores : elles voilent la façade sur toute sa longueur, créant ainsi un jeu de lumière et de transparence. Les occupants de l’appartement gagnent ainsi en intimité sans perdre en luminosité.
 
La grange rénovée de Sesto san Giovanni : des volets en cuivre contre le soleil et la pluie
 
Opération de logements dans une ancienne ferme, Sesto san Giovanni, Italie.
© Simone Bossi
 
Une grande grange en ruines située à Sesto san Giovanni, près de Milan, a été rénovée par le cabinet Studio Roberto Mascazzini Architetto afin de pouvoir y installer six habitations individuelles.
 
La grange rénovée abrite six habitations individuelles.
© Simone Bossi
 
Les briques et le porphyre constituant le toit et le sol de l’ancienne grange ont été réutilisés pour le nouveau bâtiment, dans le but de conserver le matériau historique du châssis.
 
Les façades dynamiques en cuivre peuvent se moduler pour se protéger du soleil et de la pluie.
© Simone Bossi
 
Afin d’ajouter une touche de modernité, les architectes ont recouvert chacune des six habitations de façades dynamiques en cuivre, dont les volets peuvent se moduler pour se protéger du soleil et de la pluie. Cette réalisation architecturale minimaliste rend inutile les gouttières ou rebords de fenêtre. Elle est finaliste des European Copper in Architecure Awards.
 
Le Conservatoire Debussy : une façade en cuivre perforée pour illuminer les artistes
 
Le Conservatoire Debussy est un repère architectural, au cœur du 17ème arrondissement.
© Sergio Grazzia
 
Conçu par le cabinet français Basalt Architecture, le Conservatoire Claude Debussy, est installé en plein cœur du 17ème arrondissement de Paris.
 
Grâce à la façade mobile, la luminosité à l’intérieur du bâtiment reste éclairée.
 © Sergio Grazzia
Sa façade en cuivre perforée anime le bâtiment de jour comme de nuit, dans un ballet d’ombres et de lumières. Les perforations dessinées sur chaque volet de cuivre jouent le rôle de filtre solaire, nécessaire au confort des artistes et de leur public. Du patio aux niveaux inférieurs, la lumière pénètre au cœur du bâtiment grâce à ce système de volets en cuivre.              
 
Les volets perforés et mobiles permettent d’ajuster la luminosité pour le confort des artistes.
© Sergio Grazzia
 
Grâce à ce choix architectural original, le conservatoire national municipal de musique, de danse et d’art dramatique, dialogue avec la ville - sa peau cuivrée faisant du bâtiment un repère au cœur des plus traditionnels immeubles haussmanniens. Sa façade en cuivre protègera longtemps ce lieu de créations artistiques : le métal rouge, résistant aux intempéries et ne nécessitant pas d’entretien, se patine progressivement. Une évolution à découvrir sur le site copperconcept.org

Ma maison mérite du cuivre est une campagne européenne d’information consacrée aux applications du cuivre dans la maison. Lancée en septembre 2011, sa vocation est de faire connaître les atouts du cuivre aux utilisateurs finaux. www.ma-maison-merite-du-cuivre.fr
 
 
 
Add a comment
Biennale architecture de Venise

16e Biennale internationale d'architecture de Venise 2018 : prolongation de l'appel à projets

« Freespace » est le thème arrêté pour l’appel à candidatures de la 16e Biennale internationale d'architecture de Venise qui se déroulera du 26 mai au 25 novembre 2018. En raison de cette parution tardive de la thématique, l’appel à projet pour le pavillon français sera prolongé jusqu’au 20 août 2017.
 
L'appel à projet est ouvert à des architectes, ou à une équipe pluridisciplinaire associant au moins un architecte confirmé, chef de file, et un jeune architecte de moins de 40 ans. Les candidats sont invités à inscrire leur projet dans les lignes directrices définies par le commissariat général de cette 16e Biennale internationale d'architecture, confié cette année aux fondatrices de l'agence Grafton Architects, Yvonne Farrell et Shelley McNamara. La Biennale se déroulera du 26 mai au 25 novembre 2018 (journées professionnelles : 24 et 25 mai 2018).
Suite à l'annonce du thème général de la 16e Biennale internationale d'architecture de Venise, l'Institut français, opérateur du Pavillon français pour le compte du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture, prolonge son appel à projet pour le Pavillon français jusqu’au 20 août.
Toutes les modalités de candidature sont en ligne sur le site de l'Institut français.
 
Photo : arch2o.com
 
Yvonne Farrell et Shelley McNamara ont intitulé la 16ème Exposition Internationale de l'Architecture, Freespace et expliquent leur choix.
« Freespace représente la générosité d'esprit et un sentiment d'humanité au cœur des intentions de l'architecture, en mettant l'accent sur la qualité de l'espace lui-même. Freespace met l'accent sur l’aptitude de l'architecture à faire le don de l’espace libre et complémentaire, à ceux et celles qui l’utilisent, ainsi que sur sa capacité à répondre aux désirs inexprimés des inconnus. Freespace célèbre la capacité de l'architecture à retrouver une générosité qui est inédite et inattendue dans chaque projet - même dans les conditions où les restrictions exigées relèvent des besoins d’intimité, de défense, d’exclusivité ou des limitations commerciales. C’est l'occasion de mettre l'accent sur les dons de la nature, tels que la lumière - la lumière du soleil et le clair de lune, - l'air, la force de la gravité, les matériaux issus des ressources naturelles ou ceux fabriqués par l’homme.
Freespace nous encourage à revoir nos modes de pensées, à stimuler nos perceptions du monde de manières différentes, à inventer des solutions dans lesquelles l'architecture agit pour le bien-être et la dignité de chaque habitant de cette planète fragile.
Freespace peut être un lieu d'opportunités, un espace démocratique, non programmé et libre pour des utilisations non encore définies. Il existe des échanges, qui ne sont pas intentionnels ni planifiés entre les personnes et le bâti, grâce auxquels les bâtiments eux-mêmes créent des nouveaux moyens de partage et d’engagement avec les individus au fil du temps, longtemps après que l'architecte ait quitté la scène. L'architecture a une mode de vie active aussi bien que passive.
Freespace englobe la liberté d'imaginer, l'espace libre du temps et de la mémoire, reliant le passé, le présent et l'avenir, en s'appuyant sur les dimensions de nos patrimoines culturels acquis, en liant l'archaïque avec le contemporain.
Sur le thème du Freespace, la Biennale d’Architecture 2018 présentera, à l’appréciation et sous le regard vigilant du public, des exemples, des propositions, des éléments - construits ou non – de ces œuvres qui illustrent les qualités essentielles de l'architecture, qui s’adressent à la modulation, à la richesse et à la matérialité des surfaces.
 
L’orchestration et le séquençage du mouvement, révélent ainsi la puissance et la beauté inhérente de l'architecture. L'exposition aura une présence spatiale et physique, d'une telle échelle et d’une telle qualité, qu’un impact fort sera crée sur le visiteur, communiquant ainsi la nature spatiale et complexe de l'architecture.
L'exposition invite les nombreux visiteurs qui se rendront à la Biennale, à s’engager émotionnellement et intellectuellement, afin de mieux comprendre l'architecture, pour stimuler la débat sur les fondamentaux et pour commémorer la contribution réelle et durable de celleci envers l'humanité.
 
Lorsque Jørn Utzon dessine le siège en béton et carrelé à l'entrée du Can Lis, à Majorque, il est parfaitement conçu et modélisé pour le corps humain, pour son confort ainsi que pour son bien-être. Spatialement, c'est une expression d’accueil et du “mot” bienvenu.
Angelo Mangiarotti “dit” la même chose à l'entrée de 24 Via Quadronno, à Milan, où un sentier en pente douce, avec un siège au seuil de l’entrée, vous ‘retient’ et vous accueille comme à la maison, à votre retour de la ville.
Lina Bo Bardi a surélevé le Musée d’Art Moderne à Sao Paolo afin de créer un ‘belvédère’ pour que les visiteurs aient une vue d’ensemble sur la ville.
 Le Palais Médicis-Riccardi à Florence représente le pouvoir et la richesse, mais les sièges en pierre qui forment la façade extérieure et majestueuse, bouleversent et font presque retourner le bâtiment à l'envers. Ainsi, le mur massif extérieur devient également un mur renfermant un espace public. Ce qui paraît comme étant une structure solide et fermée, semble s’ouvrir vers extérieur en adoptant un air généreux.
 
Nous pensons que tout le monde a droit aux bienfaits de l'architecture. Le rôle de l'architecture est en effet d'abriter nos corps et d'élever nos esprits. Un beau mur d’un bâtiment au bord de la route fait plaisir aux passants, même s'ils n'y entrent jamais. Il est de même avec un aperçu d'une cour à travers une arcade ou un endroit pour s’adosser à l'ombre ou un recoin qui offre un abri contre le vent et la pluie. Ce qui nous intéresse, c’est d'aller au-delà du visible, en mettant l’accent sur le rôle de l'architecture dans la chorégraphie de la vie quotidienne.
Nous considérons la Terre comme Client. Cela implique une série de responsabilités à long terme. L'architecture est le jeu de la lumière, du soleil, de l'ombre, de la lune, de l'air, du vent, de la force de la gravité, de manière à révéler les mystères du monde et toutes ces ressources qui sont gratuites (ou des dons).
 
La 16ème Exposition Internationale d'Architecture célébrera les exemples démontrant la générosité et la prévenance de l'architecture à travers le monde. Nous croyons que ces qualités soutiennent la capacité fondamentale de l'architecture à nourrir et à soutenir le contact significatif qui existe entre l’homme et l'espace. Nous concentrons notre attention sur ces qualités car nous considérons que l'optimisme et la continuité leur sont intrinsèques. L'architecture qui incarne ces qualités avec générosité et un désir d'échange est précisément ce que nous appelons Freespace.
 
Nous invitons tous les participants et tous les pavillons nationaux à Venise, à présenter leur Freespace, afin qu’ensemble, nous puissions révéler la diversité, la spécificité et la continuité de l'architecture basée sur les hommes, les lieux, le temps et l'histoire, pour promouvoir la culture et l’importance pertinente de l'architecture sur cette planète dynamique .
"Une société devient grande lorsque les vieillards plantent des arbres sous lesquels ils savent qu’ils ne pourront jamais s'asseoir à l’ombre" - proverbe grec. »
 
Le Président Paolo Baratta a déclaré : « Comme pour les éditions précédentes de la Biennale d’Architecture, nous poursuivons notre enquête sur la relation entre l'architecture et la société civile. Le fossé entre l'architecture et la société civile, causé par la difficulté croissante de cette dernière à exprimer ses besoins et à trouver des réponses appropriées, s’est manifesté par des développements urbains spectaculaires dont la principale caractéristique est l'absence marquée et grave d'espaces publics ou aussi la croissance des zones dans les banlieues et les périphéries de nos villes, dominées et régies par l'indifférence. L'absence d'architecture appauvrit le monde et réduit le niveau du bien-être public, par ailleurs atteint par les développements économiques et démographiques. Redécouvrir l'architecture revient à renouveler un désir fort de la qualité des espaces dans lequels nous vivons, qui constituent une forme de richesse publique et un atout qui doit être constamment protégé, rénové et créé. Ceci est le chemin poursuivi par la prochaine Biennale d’Architecture ».
 
Comme d'habitude, la 16ème Exposition Internationale d'Architecture présentera également les Participations Nationales avec leurs propres expositions dans les pavillons des Giardini et de l’Arsenale ainsi que dans le centre-ville historique de Venise.
Cette édition comprendra également les Evénements Collatéraux sélectionnés, proposés par les organisations et institutions internationales, qui présenteront leurs expositions et initiatives à Venise en même temps que la 16ème Exposition.
 
Site officiel: www.labiennale.org
Hashtag officiel : #BiennaleArchitettura2018

 
Add a comment
ville nature

Canicule urbaine : végétaliser davantage les villes !

En cette période de canicule, la pollution à l’ozone atteint de nouveaux pics record, notamment en ville où 80 % des français vivent. Chaque année en Europe, la pollution de l’air occasionne près de 500 000 décès, selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Alors que la pollution atmosphérique est devenue la première cause environnementale de décès prématurés en France (estimés à 48 000 morts par an), l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep) rappelle que la végétalisation urbaine doit être une priorité pour améliorer la qualité de vie et la santé des citadins français, une nouvelle fois exposés aux pics de pollution. Sur fond de changements climatiques, comment rendre la ville vivable et durable ?
Illustration : "Notre-Dame" de l'architecte Vincent Callebaut  ©Vincent Callebaut
 
Les grandes agglomérations font face à des objectifs environnementaux de taille et parfois contradictoires : imposer la densification pour lutter contre l’étalement urbain, maintenir la biodiversité, anticiper et limiter le changement climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, offrir un cadre de vie sain et agréable aux habitants… Ces enjeux se traduisent dans la pratique par des interrogations récurrentes sur l’impact du végétal dont on perçoit qu’il peut jouer un rôle clé dans le développement urbain durable.
 
Déjà présente dans les villes sous forme de squares, jardins, parcs, arbres d’alignement… la végétation grimpe maintenant aux façades des murs d’immeubles, envahit les toits, court les rues, fleurit dans des bacs hors-sol, parfume les terrasses… L’intérêt de ces éléments naturels au sein d’un milieu fortement artificialisé et imperméabilisé est de créer un microclimat spécifique qui affecte autant les caractéristiques de l’air que les échanges avec l’atmosphère. Penser à des organisations moins denses, comme la ville végétalisée, fait partie de stratégies nouvelles, développées pour atténuer les températures, piéger les polluants de l’air et améliorer la santé de la population.
 
L’Unep réalisait en 2016 une étude avec l’Ifop « Ville en vert, Ville en vie : un nouveau modèle de société » d’où il ressortait que dans une société de plus en plus urbanisée, où un Français sur trois n’a pas de jardin, réévaluer la place de la nature dans la cité est un enjeu crucial.
 
Le résultat-phare de l’enquête montre que les Français estiment que la création d’espaces verts devrait être la priorité n°1 de leur ville - devant la crèche et les équipements culturels et sportifs ! Ils sont également plus de 8 sur 10 à considérer la proximité des espaces verts comme un critère déterminant dans leur recherche de logement.
À une époque où les rythmes de vie s’accélèrent, nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à profiter des parcs et jardins publics pour un moment de « farniente » au soleil… ou un moment de partage et de convivialité en famille ou entre amis.
Deuxième résultat de l’enquête, plus léger, qui en dit long sur les attentes des Français dévoile que, lorsqu’on leur demande d’imaginer la ville idéale du futur, ils rêvent d’une ville « écolo », « végétale » et « spacieuse ». Loin des clichés de la science-fiction où les espaces urbains sont systématiquement denses, minéraux et hyper connectés, les Français aspirent à une cité où le végétal est roi.

1 arbre = 5,4 tonnes de CO2 retenus par an

Particules fines, poussières et gaz, une fois rejetés dans l’air, forment de véritables nuages toxiques au cœur des villes. La présence du végétal en milieu urbain agit durablement contre cette pollution atmosphérique. Une récente étude menée pour l’Unep "Les Entreprises du Paysage" par le cabinet Asterès (1) révèle ainsi que les grands arbres peuvent retenir jusqu’à 5,4 tonnes de CO2 par an et 20 kg de poussière (1), soit l’équivalent de 600 km de trajet pour un Airbus A320.
Ainsi, selon l’étude « Planting Healthy Air » de l’ONG Nature Conservancy (2), en investissant seulement 3,6 € par habitant dans la plantation d’arbres, les villes pourraient sauver entre 11 000 et 37 000 vies par an, en réduisant la pollution de l’air !
                 
En outre, la minéralisation artificielle des villes retient la chaleur en journée pour la restituer la nuit. Cela se traduit par des pics de chaleur en comparaison aux campagnes environnantes : l’effet des îlots de chaleur urbains accroît les températures de 2,5°C en moyenne. Des écarts allant jusqu’à 8,4°C ont même pu être constatés entre Paris et Melun lors de la canicule en août 2012.
 
En atténuant l’effet de ces îlots de chaleur urbains, les espaces verts permettent de limiter les besoins en climatisation pour les bâtiments collectifs proches (mairies, écoles, bibliothèques…). Une étude réalisée dans la ville de Montréal au Québec a ainsi révélé que la végétalisation des toitures permettait de diviser pratiquement par deux la consommation d’énergie (de 38 % pour les toitures non irriguées et de 47 % pour celles irriguées).

- 23 % d’asthme grâce aux espaces verts

Souffle court, maux de gorge, toux… la pollution impacte gravement la santé. Favoriser un air sain grâce au verdissement du cadre de vie des citadins est donc indispensable. De plus, au-delà des aspects respiratoires, la végétalisation des milieux urbains a de nombreux effets positifs sur la santé : vivre à proximité des espaces verts réduit la prévalence de nombreuses maladies telles que l’anxiété, la dépression ou encore l’asthme. Ainsi, augmenter le nombre d’espaces verts de 10 % dans les villes permettrait de réduire les dépenses de santé de 94 millions d’euros, en diminuant la prévalence de l’asthme et de l’hypertension (respectivement 56 et 38 millions d’euros d’économies pour ces deux maladies).
 
Adapter la ville pour la rendre plus respectueuse de l’environnement est une évidence pour Catherine Muller, Présidente de l’Union Nationale des Entreprises du Paysage : « Les bienfaits du végétal contre la pollution sont établis scientifiquement. Aujourd’hui, la végétalisation des villes fait l’objet d’une demande croissante de la part des citoyens mais également des collectivités qui font régulièrement appel au « savoir-vert » des entreprises du paysage. Nous accompagnons ces villes dans leur développement avec une démarche écologique et responsable, avec pour objectif que chaque habitant dispose d’un jardin à moins de 300 mètres de chez soi, comme le recommande l’Agence Européenne de l’Environnement. »
 
Bus au toit végétalisé ©greenskindvmh

Quelles innovations en matière de végétalisation urbaine ?

Selon une étude-enquête TNS SOFRES pour l’Institut Paul Delouvrier de décembre 2015, « Les services publics vus par les Français et les usagers », 16% des Français considèrent que l’environnement doit être une priorité en matière d’action publique. Au niveau municipal, cette attente se traduit par une demande croissante d’espaces verts en ville. Ainsi, dans le contexte d’un budget municipal limité, 6 Français sur 10 souhaiteraient en priorité la création d’un jardin ou d’un espace vert dans leur ville. Une attente qui se place devant la crèche, la bibliothèque ou les lieux culturels !
Preuve que les Français sont conscients de l’importance du végétal pour leur bien-être, que ce soit à travers les bienfaits des jardins et espaces verts sur l’environnement, la santé publique ou le lien social.
 
Sur le terrain, certaines municipalités ont déjà fait le pari de la végétalisation comme Paris qui montre la voie avec notamment l’initiative « Tous Paris-Culteurs » : la ville végétalisera plus de 100 ha de toitures d’ici 2020.  
Seuls 4 Parisiens sur 10 ont accès à un jardin privatif, contre 6 Français sur 10 en moyenne dans les autres capitales régionales. Et pour les habitants de communes de moins de 20 000 habitants, la proportion monte à 8 sur 10.
 
Parisculteurs : “La Métropole sera durable et résiliente si le système agricole est modernisé, repensé et préservé.”
 
Pour pallier le manque de vert dans les grandes villes, les toitures et murs végétaux se développent de plus en plus et les projets affluent : Agriculture urbaine (productions maraîchères, vergers urbains, restaurations de friches urbaines, jardins partagés hors-sol, fermes maraîchères valorisant les déchets organiques urbains, ...), biodiversité, gestion de l'eau à travers des dispositifs de végétalisation en pied d’immeuble utilisant l’eau de pluie ou un substrat pour végétaliser les pieds d’arbres d’alignement, résistant au piétinement, création de bocage urbain, architecture végétalisée avec les biofaçades (mur-rideau intégrant des photobioréacteurs de microalgues), façades ensauvagées "Wild on wall", ... autant de projets innovants actuellement en cours de réflexions à la Mairie de Paris.
 
Les municipalités prennent le relais pour offrir à leurs concitoyens de nouveaux espaces de verdure et en faciliter l’accès : Bordeaux a ainsi mis en place une « Boucle Verte », promenade qui relie les principaux espaces verts de la métropole. Ce chemin de plus de 140 km permet aux promeneurs de découvrir toutes les ressources naturelles locales.
 
« Boucle verte » : 160 kilomètres de promenades balisées pour découvrir les espaces naturels majeurs de l'agglomération bordelaise
 
D’autres villes en pointe sur la végétalisation prennent des initiatives encourageantes, à l’image de Courbevoie qui a créé 14 ha d’espaces verts entre 2005 et 2015 malgré un foncier en tension, ou Metz qui a récemment augmenté de 32% la part de son budget alloué aux espaces verts, grâce aux « budgets participatifs » (projets d’investissements sélectionnés par les habitants).
 
Le digital est le nouvel atout des jardins : flash codes, bornes interactives, tablettes et applis mobiles sont à l’ordre du jour pour émerveiller petits et grands. Nancy propose la découverte des plantes qui composent ses jardins grâce à des QR codes, et un « sentier numérique » avec des arbres qui parlent. Pour les férus de sport et jogging, Marseille et Lyon proposent des applis mobiles informant les usagers sur l’espace vert le plus proche et les activités et infrastructures qui y sont proposées.
 
La prise de conscience est bien là, mais la partie est encore loin d’être gagnée : les espaces verts ne sont pas toujours une priorité des municipalités. Pour répondre aux attentes des Français telles qu’elles sont clairement exprimées dans cette étude, il est nécessaire que les villes fassent progresser leur budget espaces verts, qui n’est en moyenne que de 1,2% du budget général.
 
Comment alors tenter de résoudre cette question du financement ? Dans un article paru en mars 2016 dans We Demain, Pascal Franchomme, vice-président et porte-parole de l’UNEP, donne une pîste : « en mobilisant les énergies disponibles pour faciliter la communication entre les professionnels de santé et les communes, et tenter de définir de quelle manière tout le monde pourrait tirer profit d'une augmentation des espaces verts". Pour y parvenir et trouver des solutions concrètes, l'UNEP a créé en 2015 un groupe de réflexion auquel participe notamment l'association Élus, santé publique et territoires, composée d’élus issus de professions médicales.
 
Pour Pascal Franchomme, le gouvernement pourrait par exemple aider à la création d'espaces verts en mettant en place des "incitations fiscales positives" : "Proposer un crédit d'impôt pour les communes serait plus efficace que de pénaliser celles qui ne le font pas. Les amendes infligées à ces dernières sont souvent bien inférieures au coût de l'investissement attendu de leur part, et donc peu incitatives."
 
L'UNEP effectue également, en tant qu'association, une démarche de lobbying envers les ministères de l'environnement, de l'agriculture, des finances et bientôt de la santé. "C'est un long combat que nous avons entamé. Les espaces verts devraient être une priorité, pour le climat, et pour la santé." 
 
De même, l'Adivet se bat pour que la nouvelle loi du code de l'urbanisme, entrée en vigueur en janvier 2016 et dont une réforme sur la biodiversité est prévue au cours de l'année -, "donne une place reconnue au bâtiment végétalisé. Aujourd'hui, il n'existe qu'un article à ce sujet, qui interdit de les interdire", déplore son président Marc Lacaille.

Une nouvelle vie pour le mur végétalisé du Musée du quai Branly - Jacques Chirac

Jusqu’au 15 juillet 2017, le musée du quai Branly - Jacques Chirac lance sa première campagne de mécénat participatif afin de réunir 50 000 euros pour donner une nouvelle vie au mur végétal.
Conçu par le chercheur botaniste Patrick Blanc, le mur végétal est devenu un attribut fort de l’identité du musée. Veillant sur la Seine avec majesté et bienveillance, sa présence donne une respiration à la ville, emblématique d’un nouveau rapport à l’urbanité. D’importants travaux doivent aujourd’hui être entrepris pour renforcer le mur et garantir sa pérennité. Il a donc besoin de notre générosité à tous afin de demeurer un symbole fort de paix, d’ouverture et de respect de l’environnement, fidèle au message universaliste du musée du quai Branly - Jacques Chirac.
Les travaux démarreront au cours de ce mois de juin 2017. Ils porteront principalement sur le redimensionnement des fixations et l’adaptation du système d’humidification.
A cette occasion, une nouvelle création végétale sera proposée par Patrick Blanc. Célébration des continents africains, océaniens, américains et asiatiques, le futur mur comportera 376 espèces du monde entier, issues pour beaucoup de massifs montagneux : Atlas marocain, Drakensberg d’Afrique du Sud, Himalaya, montagnes du Chili et d’Argentine…
 
Réservoir de biodiversité et d’écologie urbaine, le mur végétal contribue à la préservation et au renforcement de la nature dans Paris. Grâce à leurs racines, au processus de photosynthèse mais aussi aux micro-organismes qu’elles abritent, les plantes exercent une intense activité dépolluante en milieu urbain. Les travaux permettront aussi de perfectionner le système d’arrosage pour économiser au maximum les ressources en eau. Enfin, le mur constitue un excellent isolant naturel, réduisant les besoins en climatisation durant l’été et les nécessités de chauffage durant l’hiver.
Végétalisez le mur virtuel en cliquant sur http://www.quaibranly.fr/fr/les-espaces/le-mur-vegetal/
 

Palmarès des villes vertes : des initiatives pour améliorer la qualité de l’air. Les villes les plus vertes de France, distinguées par le Palmarès réalisé par l’Unep et Hortis (l’association des directeurs d’espace nature en ville), sont également celles où l’on respire le mieux ! C’est notamment le cas d’Angers, qui est l’une des villes les moins polluées de France, du fait de son importante superficie d’espaces verts : plus de 100 m² d’espaces verts par habitant, soit plus du double de la moyenne nationale (48 m²). Dans la deuxième ville la plus verte de France, Nantes, chaque habitant dispose d’un espace vert à moins de 300 m² de son domicile. Dans les zones les plus denses, où la qualité de l’air est globalement mauvaise, les villes parient sur toutes les formes de vert en ville : arbres en bordure de voirie, toitures et façades végétalisées… À Créteil, par exemple, 80 % de la voirie est arborée.         

 
 
1 - Chiffres issus de l’étude « Les espaces verts urbains – Lieux de santé publique, vecteurs d’activité économique » - Rapport Asterès pour le compte de l’Unep réalisé en 2016 par Nicolas Bouzou et Christophe Marques
2 - « Planting Healthy Air : A global analysis of the role of urban trees in addressing particulate matter pollution and extreme heat » - ONG Nature Conversancy, octobre 2016 - https://thought-leadership-production.s3.amazonaws.com/2016/10/28/17/17/50/0615788b-8eaf-4b4f-a02a-8819c68278ef/20160825_PHA_Report_FINAL.pdf  
 
A NOTER :
 
Exposition Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur au musée des Arts décoratifs et du design, dans le cadre de la saison culturelle "Paysages Bordeaux 2017" du 29 Juin au 3 novembre 2017 - paysagesbordeaux2017.fr
 
 
 
Add a comment
urbanisme - architecture

Tendances urbaines : La ville douce, l'autre pan de la ville durable

La moitié des humains vivent dans des villes, mais sont-elles vivables ? Peut-on espérer rêver d’une ville plus douce ? Une ville qui prendrait mieux en compte la dimension humaine ? Une ville-nature, une ville sensible est-elle possible ?
 
L'édification de la ville moderne depuis la révolution industrielle a jonglé entre les partisans des progressistes (à la manière de Le Corbusier) et des culturalistes (à la manière d'Ebenezer Howard et des cités-jardin), les approches étant alors complémentaires et équilibrantes pour les formes urbaines, pour le bien-vivre en ville (modernité/développement; biodiversité/ressourcement).
Le profil actuel de la ville durable conjugue bien sûr ces deux dimensions mais dans des proportions différentes. Les efforts d'équipement consacrés à la ville intelligente sont sans commune mesure avec les dispositifs d'intégration de la nature en ville, du rapport physique même de l'homme dans son environnement urbain.
Cet article a pour objet de montrer qu'un rééquilibrage est crucial pour rendre les villes, et surtout les grandes villes et les métropoles, vivables à long terme, à l'heure où la moitié de la population s'y concentre. Au risque de mettre à mal une urbanité qui peut laisser place alors aux incivilités et conflits par la perte d'une harmonie urbaine. Il a pour intention de mettre en avant les autres pans de la ville durable qui nécessitent une accélération dans la mise en œuvre de politiques publiques à grande échelle, en responsabilisant l'Etat, les collectivités, la société civile toute entière.
Photo : ©Lumières de la ville - Quand le street art épouse la nature
 
Le profil actuel de la ville durable conjugue bien sûr ces deux dimensions mais dans des proportions différentes. Les efforts d'équipement consacrés à la ville intelligente sont sans commune mesure avec les dispositifs d'intégration de la nature en ville, du rapport physique même de l'homme dans son environnement urbain.

La Soft City ou la ville douce

Le terme employé dès 1974 par Jonathan Raban dans son ouvrage du même nom "Soft City" fait référence dans la littérature urbaine à l'exploration étonnante des relations entre "la ville douce", imaginée et personnelle, et l'espace physique de l'environnement bâti, ce que l'auteur qualifie comme étant "la ville dure".
Précédemment, le sociologue Georg Simmel (1) a produit une réflexion sur le corps dans la ville qui a introduit l'idée que les urbains se façonnent une "carapace" pour éviter les contacts physiques perturbants dans des milieux où la concentration humaine est forte (réseaux de transports notamment). Hormis ces penseurs, le sujet du rapport physique de l'humain à la ville dans la littérature scientifique urbaine fait l'objet de travaux actuels plutôt disséminés et qui prennent différentes formes.
Est-ce là un nouveau courant de pensée pour la ville qui accompagne les transformations de notre société vers une meilleure prise en compte des aspects humains (comportements, psychologie, bien-être,...) ?

Les tendances douces qui s'expriment : ville-nature, ville sensible

La première d'entre elles est la plus connue et la plus explorée. Elle a trait à la ville-nature, bien entendu, avec les politiques publiques associées qu'on lui connaît déjà comme le dispositif "Nature en ville" du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire mais aussi des projets locaux de reverdissement, de dépollution, de renaturation, tels que menés à Paris ("Réinventer Paris", "Toits végétalisés"). La préoccupation initiale était celle du maintien de la biodiversité, de sa préservation en particulier en milieu urbain. L'approche par les "effets du changement climatique" a renforcé l'idée que la nature en ville apportait rafraîchissement aux îlots de chaleur, permettait la rétention d'eau et une moindre irrigation des espaces verts dans un écosystème urbain, économisant par là ressources et protégeant la planète. L'aspect social, bien que signalé, n'a pas fait l'objet de réflexions approfondies notamment sur le bien-être et la santé des habitants apportés par le végétal (en tous cas, pas suffisamment).

LIRE DANS UP' : Le vivant, grand gagnant du projet Réinventer Paris

Pourtant, l'ouvrage référence de Thierry Paquot et de Chris Younès "Philosophie de l'environnement et milieux urbains" apporte de nouvelles pistes pour une géographie urbaine faite de plus grande imbrication entre la nature et l'homme ; les travaux de Sandrine Manusset sur "les bienfaits du végétal en ville" explorent les facettes environnementale, économique et sociale de la nature en ville ; enfin, plus concrètement, les dynamiques engagées par des réseaux de villes moyennes en France, comme celui de "Plante et cités" conduit par le maire d'Angers, révèlent une prise de conscience importante de la nécessité, non seulement de préserver la nature en ville, mais de la développer. Et l'idée de désartificialisation annoncée par le Ministère, en clôture de la Conférence environnementale de 2015 sur la lutte contre l'artificialisation des sols, témoigne de ce changement de cap majeur pour les villes, les grandes villes en particulier : comment massifier la nature en ville, dans les grandes métropoles, afin de réparer les territoires et les désaturer pour un mieux vivre ensemble (santé, environnement, aménités, économie, ...) ?
 
Vue d'Angers (49), ville classée "la plus verte de France"
 
L'aspect social, bien que signalé, n'a pas fait l'objet de réflexions approfondies notamment sur le bien-être et la santé des habitants apportés par le végétal (en tous cas, pas suffisamment).
 
La seconde est plus imperceptible car plus mouvante et hétérogène. Elle concerne, pour simplifier, la notion de confort urbain qui se traduit par les ambiances visuelles, sonores, olfactives et le rapport au corps dans la ville. C'est un autre aspect trop souvent oublié de la ville, le corporel, la présence de l'homme dans la ville : ce qui renvoie à la ville sociable, sensible, aux humanités et aux pratiques sensorielles (vue, toucher, odorat, …). Pour ne citer qu'une illustration rapide, l'aménagement urbain fait peu de place aux bancs publics (sous prétexte qu'ils sont squattés par les indigents, on a plutôt tendance à les supprimer alors que 30% de la population française en 2050 aura plus de 60 ans et en nécessitera). On voit ainsi un premier décalage entre les besoins des populations et les politiques publiques menées que peut recouvrir cette absence de réflexion sur la présence du corps en ville.
 
A noter toutefois que plusieurs recherches depuis deux décennies s'intéressent à cette ville sensible.
C'est un courant qui s’affirme pour une ville vivante, viable et humaine, avec des tendances au développement de la recherche urbaine autour de grands concepts : éthique, esthétique, empathie, biens communs, responsabilité sociale, sensoriel. On assiste alors progressivement à une coexistence de l’écologie urbaine (fonctionnement optimal et responsable de la ville) à l’écologie humaine (bienveillance à l’égard des hommes).
Les chercheurs impliqués se constituent en réseaux pluridisciplinaires comme les "ambiantalistes" – créateurs d'ambiances apaisées en ville s'appuyant sur le végétal, la luminosité retrouvée dans des espaces bâtis – sous la houlette de Jean-Paul Thibaud en France, avec des collaborations canadiennes ; ou de manière plus éparpillée, comme Théa Manola et les paysages multisensoriels puis Lucie Grésillon et les villes olfactives (2) ; sans oublier les grands philosophes de l'urbain comme Thierry Paquot qui revendique la "mouvance humaniste" de l'urbanisme dans ses nombreux écrits sur la ville sensible ou Nathalie Blanc, spécialiste française de l'esthétique de l'environnement.
 
Journal sonore Élise Geisler et Théa Manola pour le projet de quartier durable » Kronsberg à Hanovre (Allemagne)
 
Alors, comment s'emparer de ces tendances urbaines - particulières certes mais indispensables au bien-vivre en ville - au niveau de la puissance publique pour considérer à nouveau la ville comme un lieu d'échanges plus apaisé en termes de bruits, d'odeurs, de stress énergétique (stress de transports), à l'heure où la "concentration des populations" est annoncée comme galopante notamment dans les métropoles ?
Quelles seront les figures du cadre bâti urbain à anticiper, projeter, pour réconcilier nature-homme- environnement urbain ?
 
Nathalie Cecutti, architecte et urbaniste de l'Etat et cheffe de la Mission prospective au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.
Cet article n'engage que son auteur et non l'institution auquel il appartient.
 
(1)    Les grandes villes et la vie de l'esprit, Georg Simmel, Suivi de "Sociologie des sens", Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2013 (1° édition 1907)
(2)    Lucie Grésillon, "Sentir Paris. Bien-être et matérialité des lieux", Ed Quae, 2010.
 
Pour aller plus loin :
 
- Livre "Ambiances urbaines en partage - Pour une approche sensible et pour une écologie politique des espaces" de Jean-Paul Thibaud, avril 2013
- Livre "En quête d'ambiances : éprouver la ville en passant" de Jean-Paul Thibaud, juillet 2015
- Article "Le ressenti cherche sa voie dans l'aménagement" avec Théa Manola (Le Moniteur, Janvier 2017)
 
 
Add a comment
Loading...
Loading...