UP' Magazine L'innovation pour défi

urbanisme et architecture

Tornado House ou l'architecture climatique

Tornado House est un projet développé par Ted Givens, architecte américain basé à Hong Kong. Ted Givens étudie avec l'équipe de son agence 10 Conception les moyens d'appliquer le design cinétique à l'architecture afin de fournir des options sûres contre des environnements climatiques dangereux. L'objectif est de se libérer des structures statiques du bâtiment et de créer, grâce aux innovations technologiques, une réponse aux défis des changements climatiques.

L'architecture cinétique sera-t-elle l'innovation qui constituera la base de l'habitat de demain ? Comment une maison peut-elle répondre à son environnement ? La réponse, dit Givens, la situe quelque part "entre les portes de garage, des fleurs, et la mentalité de survie d'une tortue". Le design futuriste propose une navette de protections qui devient souterraine lorsque les conditions météorologiques extrêmes menacent la sécurité des habitants. Une série de leviers de commande hydrauliques activent les mouvements de la maison dans et hors du sol. Ils contrôlent également la peau extérieure qui peut se déformer en fonction des stimuli externes et se protéger des forces destructrices, comme les vents de haute vitesse. La conception a son propre instinct de survie qui est déclenchée par les vents d'orages ou les tornades à laquelle il répond en se mettant hors de danger.

La technologie de la peau extérieure est réalisée en matériau durable et efficace. Elle agit comme une barrière qui se compose d'isolation transparente prise en sandwich entre deux couches de Kevlar qui permet à la lumière diffuse de pénétrer dans les espaces intérieurs de la structure. Le toit est parfaitement étanche à l'eau pour le protéger des fortes pluies ou à des orages et des inondations potentielles. "L'endroit le plus sûr, dit Givens, se situe dans la terre".

Une série de cellules solaires sur la peau extérieure a été installée pour capter l'intensité solaire maximale. L'application de revêtements photocatalytiques et de nanotubes de carbone sur la peau du toit est actuellement à l'étude afin de pouvoir créer un maximum d'énergie pour la maison et alimenter le système hydraulique.

Givens et son équipe espèrent apporter ainsi une alternative technologie aux abris humains. Plutôt que d'essayer de dominer et de transformer le paysage, rejetant l'homéostasie écologique naturel d'un écosystème, cette conception offre une solution qui fonctionne dans le respect de l'environnement.

L'agrégation de ces maisons peut permettre de construire des quartiers entiers qui viendront s'imbriquer et seront reliés entre eux par le biais de réseaux de capteurs interprétant les données météorologiques. Les banlieues peuvent s'effondrer en quelques secondes quand bien même les sirènes d'alerte préviennent de menaces météorologiques extrêmes. La réponse collective permet ainsi aux quartiers de se comporter comme un organisme vivant et échanger des informations en temps réel.

Givens et son équipe explorent de nouvelles matières pouvant réagir aux conditions météorologiques sur l'extérieur du bâtiment. L'équipe est à la recherche de revêtements photocatalytiques et à base de nanotubes de carbone qui pourraient absorber toute pollution. Ils collaborent actuellement sur un prototype avec un groupe de constructeurs de navires aux États-Unis et en Afrique.

Conçu pour l'Amérique Mid-West

"La Tornado House a été spécifiquement conçue pour résister aux tornades et aux nombreuses inondations du Mid-West américain. Une partie de la maison est surélevée de haut en bas par une série de bras hydrauliques. Quand une tempête s'approche, des capteurs activent le système hydraulique et abaissent la maison dans le sol ; le toit est scellé avec des portes à l'épreuve de l'eau. La lumière du jour et une ventilation transversale ont été ajoutées, ce qui manquait dans les maisons souterraines typiques. La maison est destinée à sauver des vies et à éviter les coûts extrêmement coûteux et les efforts de reconstruction nécessaires après les tempêtes ", explique Ted Givens.

Trop souvent, les catastrophes naturelles sont considérées comme accidentelles et ne sont pas anticipées. L'agence IO cherche à concevoir une architecture sensible à son contexte naturel, y compris en incluant la "probabilité" de catastrophe. Ce projet avait été pensé comme moyen de redessiner un paysage et a abouti sur un nouveau concept de banlieue pour les zones de tornade du Mid-West américain. Une conception influencée par les idées cinétiques des portes de garage ou des coques de voiliers.

Le but du projet est de faire changer le regard des gens sur les catastrophes naturelles, et concevoir des villes entières autour du concept de résistance en cas de catastrophe. L'agence IO aimerait obtenir un prototype de construction dans le centre-ouest pour commencer à tester le concept. Le projet prévoit également les moyens pour faire avancer le développement et l'utilisation des systèmes de construction et des matériaux de pointe tels que les peaux de construction Kevlar et les nano-revêtements photocatalytiques sur les façades pour accélérer leur introduction sur le marché. La pratique vise à tester des idées similaires à travers le monde sur la base des conditions naturelles où les gens organisent également une réflexion face aux catastrophes naturelles.
Le concept de IO, s'il est appliqué, pourrait avoir un impact significatif sur la conception de l'environnement bâti. Espérons que cela arrive à susciter de nombreuses autres idées créatives pour répondre aux phénomènes naturels.

Le projet de IO pourrait bénéficier immédiatement aux résidents à faible revenu du Mid-West américain avec pour premier objectif de remplacer un parc à roulottes à l'épreuve des tornades. La pratique pourrait s'intensifier dans les quartiers de banlieue, puis les petites villes, tout en affinant la conception tout au long du processus. Ce concept serait bénéfique pour le gouvernement américain et le grand public, au final, grâce à la réduction du coût de l'assurance et des fonds nécessaires à la reconstruction après les catastrophes. Tous les pays sont concernés, en Chine, en Afrique et en Amérique du Sud. IO travaille en étroite collaboration avec des ingénieurs et des fabricants pour la réalisation de ce projet.

Givens prècise :  «Le projet est basé sur une combinaison d'idées simples, existantes : il suffit de les assembler dans une autre perspective. Un mariage entre architecture, conception de bateaux et mécanique. C'est l'une des principales raisons des partenariats que IO met en place avec des universités pour inspirer les designers et les inciter à penser à des développements innovants".

L'initiative de IO sur la Tornado House traite d'un problème que les gens n'arrivent pas à anticiper, à savoir faire face aux catastrophes naturelles comme des «probabilités» et d'y réagir avant qu'elles ne surviennent au lieu de réagir seulement aux conséquences. Le projet supprime l'idée d'une maison potentiellement dangereuse et même nuisible et permet de recréer un certain équilibre entre sécurité et nécessités de la vie quotidienne. Le projet de IO peut sauver des vies et éviter les coûts de reconstruction des vies et des communautés après les tempêtes. 

(Source et images : 10 Conception)

urbanisme et architecture

Mobiles Homes sur les Berges de Paris

Un ensemble de cinq architectures éphémères s'est installé sur les Berges de Seine depuis le 14 février, dans le cadre de la programmation autour de la COP 21 (Conférence Paris Climat). Conçus par de jeunes designers, ces prototypes de logements modulables questionnent la notion de l’habitat en ville par leur formes, les matériaux utilisés et les usages qui en découlent. Ils feront écho à la thématique du logement et à celle du déplacement développées lors de la COP21 et permettront d’expérimenter d’autres manières d’habiter et de se déplacer en ville en mêlant l’humour, l’art et l’architecture.

Lieu des expositions internationales entre 1855 et 1900, la Seine a inspiré les artistes et Parisiens de tout temps. A chaque époque, le fleuve a évolué avec les aménagements et les usages qui marquent son histoire et la création des grands monuments construits à proximité de son lit. 
Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991, les Berges avec plus de deux kilomètres de balade réservés aux piétons, s'approprient ce nouvel espace pour plus de loisirs, de détente et de culture pour les Parisiens. Pour cet avant-printemps, Les Berges de Seine accueillent des prototypes de mobiles homes et city camping, imaginés par de jeunes designers. Ces logements modulables questionnent notre rapport à l'urbanisation et à l'habitation, mais aussi le besoin de verdure dans les grands centres

HÔTEL PARASITE, 14 février – 29 mars
Redécouvrir la ville sous un autre angle en s'amusant et s'interroger sur l'environnement et le rôle de l'architecture au sein d'un centre historique.
À la frontière entre sculpture, architecture et design a été créée pour questionner l’espace de vie réduit en ville et envisager d’autres espaces de vie et de travail.

Hotel-Parasite-site © SNODEVORMGEVERS

Le centre de Paris regorge de bâtiments, parcs et autres monuments historiques qui n’ont pas beaucoup changé au cours des derniers 150 ans, le changement étant limité par l’importante valeur des édifices du centre de la capitale. Faute de place, il est peu aisé d’ériger de nouveaux bâtiments car pour ce faire, il faudrait en démolir certains afin de redessiner le centre-ville, ce qui semble tout à fait incongru.
Voilà pourquoi Paris présente une apparence qui nous semble immuable. En revanche, sa population, elle, ne cesse de croître.
Avec Hôtel Parasite, nous souhaitions nous pencher sur cette contradiction entre une population en perpétuelle évolution et un espace public figé.
Notre but était de créer un espace tampon éphémère qui injecterait un peu d’architecture ultra moderne au sein de ce paysage classique, un peu à la manière de la pyramide du Louvre.
Le terme espace-tampon ne sonne peut-être pas très bien, pourtant il s’agit d’un espace non-constructible, un endroit où l’on peut se rendre pour se détendre et réfléchir.
L’Hôtel Parasite est une construction modulable et temporaire qui se monte et se démonte en un éclair. Cet hôtel ne compte qu’une chambre, mais elle possède une vue imprenable sur Paris qui ferait rêver le clochard céleste qui sommeille en chacun de nous. Créer un espace additionnel au cœur de l’espace public, c’est remettre en question les dogmes qui régissent ce que l’architecture doit être et ce qui définit l’espace utile. Nous espérons ainsi engager le débat afin de redéfinir ces normes.

VINGT MILLE LIEUES SOUS LA SEINE, 14 février – 29 mars
Cet objet s’inspirant de l’univers maritime sera prêt pour une mise à l’eau imaginaire, et permettra au public d’envisager de nouvelles surfaces d’habitation à conquérir sur l’eau. Vingt Mille Lieues sous la Seine est le tout dernier projet de l'artiste néerlandais Paul Segers, conçu tout spécialement pour les Berges de Seine.

©PaulSegers ©PaulSegers

Inspiré par le thème des Maisons Mobiles et en prévision de la COP-21 qui se tiendra bientôt à Paris, l’artiste imagine une embarcation alliant une rampe de lancement mobile à un véhicule sous-marin, apparemment déjà prêt pour la mise à l’eau. Ce vaisseau, à l’image d’un sous-marin de fortune, est réalisé en plaques d’aluminium. À la nuit tombée, un phare s’illuminera sur l’embarcation et éclairera les alentours.
Comme son nom l’indique, cette œuvre fait référence au fameux ouvrage Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, Parisien célèbre et premier maître de la science-fiction. Mais en ces temps postmodernes, l’aventure vers laquelle nous voguons est bien différente. Avec les dangers du réchauffement climatique, l’élévation du niveau des océans, le concept de Maison Mobile pourrait bien revêtir une importance toute particulière pour les générations à venir. Le but est donc ici de proposer un véhicule d’urgence, mais aussi de s’imaginer au cœur d’un voyage fantastique vers l’inconnu. Le spectateur peut décider par lui-même de la destination vers laquelle son habitat mobile le portera.

ROOM ROOM / CARAVANE CYCLOTRACTÉE, 14 février – 29 mars
Ce projet explore la double question d’un habitat minimum et d’un habitat mobile. Il donne la possibilité d’accomplir un rêve d’indépendance et d’autonomie maximale vis-à-vis de contexte difficiles et de situations d’urgence.
©VictoreSchallhausserRoomRoom©VictorSchallhausser

Un vélo qui tire un énorme caisson jaune pétant avec au pédale l'architecte Olivier Greder : "On a cherché à procurer un abri d'urgence solide, avec des matériaux composites légers et isolant."
L’augmentation de la fréquence et de la gravité des catas­trophes naturelles et climatiques engendre des catastrophes sociales qui grossissent le flot des sans-abris et des migrants.
Room room est un projet qui explore cette double question d’un habitat minimum et d’un habitat mobile.
Nous avons cherché à produire l’espace qui crée l’habitabilité maximale pour un encombrement minimal. Room-room a pour objectifs d’être léger à déplacer, solide, sûr, économique, ergonomique et thermiquement efficace.

Room-room souhaite mettre en mouvement les personnes pour mettre en mouvement la pensée. Proposant le principe de mobilité, Room-room incarne également une aspiration a la liberté. Room-room donne la possibilité d’accomplir un rêve d’indépendance et d’autonomie maximale vis a vis de contextes difficiles et de situations d’urgence.

L’ÉGOÏSME, 14 février – 29 mars
Le berlinois d’adoption Tore Rinkveld, alias Evol, s’est fait connaître en transformant des détails banals du paysage urbain quotidien en mini tours de béton grâce à la peinture.

Buildings-Site2

Inspiré par l’architecture, qu’il considère comme un miroir de la société, il peint directement sur les transformateurs électriques, les jardinières en béton et autres éléments de la ville moderne.
Le travail d’Evol fait particulièrement référence à l’architecture de l’Allemagne de l’Est communiste d’après-guerre. Bien qu’à l’origine conçues pour répondre à une idéologie socialiste utopique, certaines zones de la ville n’ont, d’un point de vue architectural, plus grand chose à voir avec la vision originale.
Nombre des bâtiments (rappelant les LEGOS) qu’Evol photographie sont gris, fonctionnels et représentatifs d’un style tombé en désuétude.
Cependant, leur aspect monumental et brutal leur confère un attrait indéniable. L’artiste attire notre attention sur l’aspect géométrique de cette architecture suburbaine, en installant ses mini-tours représentatives d’une contre-utopie sociale dans nos centres-villes pittoresques.

Informations pratiques :
Métro 12 / Assemblée Nationale
Bus 84, 24, 73, 69, 68 / Arrêt Musée d’Orsay
Bus 84, 24, 73, 94, 83, 63 / Arrêt Assemblée Nationale
RER C Musée d’Orsay
Vélib’ n°901 / n°7007 / n°700

(Source : Les Berges de la Seine)

Ville fractale 4.0 very open : A Paris, on invente le Wikibuilding

En attendant un papier de fond que je ferais sur la ville fractale et notamment sur un de mes architectes préférés (une vraie vision de la ville, de la mobilité, de l’humain, etc) Alain Renk, voici un projet qu’il porte notamment : le Wikibuilding.

Métamorphose numérique

Le wikibuilding prend acte des changements civilisationnels produits par le numérique, et en particulier le passage à un monde ouvert, où l’Open Innovation devient centrale, où Wikipedia et OpenStreet Map démontrent que les utopies libertaires des débuts de l’internet font leurs places au sein du monde présent.

Métamorphose

Le wikibuilding, c’est réussir l’hybridation de toutes les opportunités méthodologiques du numérique (méthodes agiles, conception itérative et réflexive, réversibilité, pivots…) avec un passage à l’échelle architecturale et urbaine.

Révolution du faire ensemble

En quelques jours le wikibuilding a trouvé un soutien parmi les promoteurs, ingénieurs, architectes, paysagistes, chercheurs, industriels du numérique et des transports, start-ups, médias, restaurateurs, médecins, instituts de recherche, le centre scientifique du bâtiment, etc..

DIWO + Makers

Si des personnes et organismes aussi différents adhèrent au projet, c’est qu’il est porté par une équipe de conception qui expérimente rapidement et qui construit ensuite selon des logiques agiles. Ce que viennent chercher ces personnes dans le wikibuilding c’est de l’action et non de la théorie.

Le « Wikibuilding » est né. Croisement de l’architecture en open source, des possibilités offertes par le bois et du travail en réseau de l’économie numérique, il fait partie des projets rendus à la Mairie pour « Réinventer Paris ».

Un terrain nu coincé le long du périphérique dans la Zac Masséna, à quelques minutes à pied de la Grande Bibliothèque et des futures 1000 startups de la Halle Freyssinet. C’est le lot M5A2 de la zone d’aménagement concerté (ZAC) qu’Anne Hidalgo a mis dans l’appel à projets « Réinventer Paris ». On peut y construire entre 8.000 à 11.000 m2 suivant les options. Et ce lieu un peu improbable, le dernier de Paris avant le périphérique, pourrait être le premier lieu de « Wiki Building ».

Comme avec un logiciel en open source, l’architecte et urban designer Alain Renk et le promoteur Paul Jarquin, proposent un bâtiment en open architecture où les futurs occupants, les financeurs, les architectes, les startups vont pouvoir intervenir et adapter l’immeuble aux usages, aux besoins ou, même aux expériences. Projet totalement innovant rendu possible par le matériau utilisé : le bois. La société Rei France s’est spécialisée dans les constructions en bois dans Paris. Un avantage écologique considérable, mais un surtout un matériau extrêmement adaptable et transformable, très rapide à travailler et dont, habitants vont pouvoir suivre la préfabrication en usine dans l’Est de la France et modifier au fur et à mesure s’il le souhaite.

Tout est modulaire, modulable et évolutif

Le bâtiment sera construit en mode wiki, tous les plans et expérimentations étant en open source, chacun pourra y puiser et exploiter, améliorer ou expérimenter. Les bailleurs ou les assureurs pourront tester et expérimenter en e-santé par exemple avec les habitants, les commerçants également et 5% de la surface sera réservé à un living lab. Dès le chantier ce Wikibuilding devrait être un lieu d’expérimentation ouvert à l’école d’architecture de Paris Val de Seine contigu et, conçu en Open design pour intégrer des mises à jour permanentes.

Nul ne sait comment évolueront les usages des bâtiments, le Wikibuilding doit donc être modulable pour devenir en partie hôtel, lieu de travail, appartement, travail partagé, studio de prise de vue, de mode, lieux d’expérimentation, magasins, lieu de fêtes et show room éphémère, boite de nuit, restaurant, libraire et conciergerie. Le Wikibuilding est pour Paul Jarquin «la symbiose entre l’architecture et le pouvoir collaboratif de l’économie numérique». Mais cela va beaucoup dépendre des échanges et des expériences. (Source : © La Tribune – Jean-Pierre Gonguet Le possible Wikibuilding dans la Zac Massena contre le périphérique)

www.wikibuilding.paris

Stratégie nationale pour l'architecture

Fleur Pellerin lance aujourd’hui sa « Stratégie nationale pour l’architecture », stratégie qui se veut outil de pilotage de la politique publique dans ce domaine. Elle s’appuie sur les rapports du député Patrick Bloche sur la création architecturale et de Vincent Feltesse, ex-président de la CUB, conseiller à la Présidence de la République, sur l’enseignement et la recherche en architecture, et se construira au travers d’un dialogue "étroit" avec le Conseil national de l’ordre des architectes (Cnoa).

L’ambition de cette démarche est de réaffirmer la valeur ajoutée de l’architecture pour la société et celle de la profession d’architecte dans l’économie de la construction et de la création, en France et sur le plan international. "Il s’agit également de conforter le rôle citoyen de l’architecture au service de tous, au travers de projets, exceptionnels ou quotidiens, pour un cadre de vie de qualité".

Trois groupes de réflexion thématiques seront pilotés par des professionnels, Grands prix nationaux d’architecture ou d’urbanisme et par des lauréats des albums des jeunes architectes et paysagistes :

-"Mobiliser et sensibiliser", dont les travaux seront conduits et animés par les architectes Frédéric Bonnet et Boris Bouchet ; la rapporteure sera Hélène Riblet, inspectrice du patrimoine. 
L’architecture reste une notion trop lointaine dans l’esprit de beaucoup des citoyens. Il faut créer du désir d’architecture. Pour cela, il faut concevoir des actions de sensibilisation à destination du grand public et mener un travail de terrain avec les acteurs concernés, notamment les élus locaux. Cette ambition amènera à définir de nouvelles complémentarités entre acteurs territoriaux, en particulier les conseils régionaux de l’ordre des architectes, les maisons de l’architecture et les CAUE.

-"Innover", dont les travaux seront conduits et animés par les architectes Marc Barani et Marie Zawistowski, et par l’association « Bellastock » ; le rapporteur sera Lorenzo Diez, directeur de l’école nationale supérieure d’architecture de Nancy.
L’architecture est un art en mouvement et en dialogue permanent tant avec la technique qu'avec la vie de la cité. La possibilité d'expérimentations favorisant l'ingéniosité, au bénéfice de la qualité architecturale et du cadre de vie sera étudiée. Le soutien aux écoles d’architectures et à la formation des architectes tout au long de leur vie sera une priorité.

- "Développer", dont les travaux seront conduits et animés par les architectes Paul Chemetov et Lucie Niney ; la rapporteure sera Christine Edeikins, architecte conseil de l’Etat.
Le recours à l’architecte reste trop souvent l’exception alors qu’il devrait être naturel. A l’heure du choc de simplification, il convient de ne pas raisonner par contrainte mais de mettre en valeur l'apport de l’architecte par de nouvelles incitations. Valoriser le savoir-faire des architectes auprès des maîtres d’ouvrages et aménageurs et favoriser l'élargissement de leur champ d’intervention à de nouveaux secteurs de la construction est une nécessité. Soutenir l’exportation de notre architecture vers le marché européen et international est aussi une opportunité à saisir.

Ces travaux seront guidés par un fil rouge : trouver les leviers d’actions pour renforcer le rôle indispensable des architectes pour un urbanisme d’avenir et pour la «fabrique » de la ville durable, en France, en Europe et ailleurs.

Francis Nordemann, architecte DPLG, est nommé Chargé de mission pour animer l’ensemble des travaux de la stratégie nationale pour l’architecture.

La restitution des travaux est prévue en juin 2015.

Un accord pour améliorer les pratiques en gestion du cycle de vie des bâtiments

Schneider Electric et Autodesk viennent de signer aujourd'hui un Mémorandum de collaboration pour améliorer les pratiques en gestion du cycle de vie des bâtiments

Alors que la ministre du logement Madame Pinel vient de présenter de nouvelles mesures pour relancer la construction, et que le Sénat s'apprête à examiner la loi Transition énergétique misant sur la rénovation thermique des bâtiments, Schneider Electric, spécialiste mondial de la gestion de l’énergie, et Autodesk Inc. (NASDAQ : ADSK), chef de file mondial des logiciels 3D et services de conception, d’ingénierie et de divertissement, annoncent la signature d’un Mémorandum d’entente pour améliorer les pratiques actuelles de gestion du cycle de vie des bâtiments grâce à la modélisation des données du bâtiment (Building Information Modeling, BIM).

Les bâtiments représentent actuellement près de 40% de la consommation mondiale d’énergie, 25% de la consommation mondiale d’eau et 40% de la consommation mondiale des ressources. Ils génèrent par ailleurs environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Les bâtiments résidentiels et tertiaires consomment près de 60% de l'électricité mondiale. Mais ce sont également eux qui offrent le potentiel le plus important et significatif de réduction d’émission de gaz à effet de serre. En apportant plus d’agilité et de durabilité sur le long terme, les processus de modélisation BIM font partie intégrante de la solution pour des bâtiments plus efficaces énergétiquement.

L’accord prévoit que les deux entreprises collaborent pour renforcer leurs savoir-faire réciproques dans l’efficacité énergétique des bâtiments, depuis leur conception et leur construction jusqu'à leur exploitation et leur fin de vie. Cette collaboration pourra déboucher sur de nouvelles solutions et services en matière de gestion de l’énergie, d’automatismes et de contrôles du bâtiment et de gestion des espaces de travail.

L’accord vise à conjuguer l’expertise de Schneider Electric en matière de distribution électrique, de solutions de gestion de l’énergie et de gestion des bâtiments et les offres logicielles de modélisation BIM d’Autodesk, tels que Autodesk Revit et Autodesk BIM 360.

Les processus de modélisation BIM vont de la création d’un modèle 3D intelligent enregistrant, analysant et stockant les données du bâtiment à sa planification, sa conception, sa construction et à son exploitation. Les données du modèle demeurent fiables et cohérentes tout au long du projet. Elles permettent de réaliser simulations et analyses et de collaborer pour optimiser les prises de décisions.

"Réaliser des bâtiments durables et à haute performance impose d’adopter une approche globale du cycle de vie du bâtiment, depuis sa conception jusqu’à son exploitation, en passant par sa construction. Ceci en s’adaptant aux besoins en perpétuelle évolution des entreprises et des organisations", explique Jean-Luc Meyer, Directeur Stratégie et Innovation chez Schneider Electric. "L’accord signé avec Autodesk s’appuie sur l’approche intégrée de gestion du bâtiment promue par Schneider Electric. C’est ainsi que, depuis plus de dix ans, nous garantissons une réduction des consommations d’énergie, des dépenses d’investissement et d’exploitation tout en améliorant la performance globale des bâtiments. La numérisation du cycle de vie des bâtiments représente un énorme potentiel. Nous sommes convaincus que la collaboration entre Schneider Electrc et Autodesk accompagnera le secteur de la construction dans une transformation numérique profonde et durable, synonyme de création de valeur pour toutes les parties prenantes tout en contribuant à résoudre le défi énergétique."

"Autodesk promeut activement la durabilité dans la conception et la construction de bâtiments depuis de nombreuses années. Le groupe propose notamment à ses clients des outils BIM pour une analyse énergétique rapide et pertinente. Les phases d’exploitation et d’entretien représentent pour les propriétaires une formidable opportunité d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments sur le long terme. Nous sommes ravis de nous associer à Schneider Electric pour élaborer de nouvelles solutions garantissant l’efficacité énergétique tout au long du cycle de vie du bâtiment", a déclaré Amar Hanspal, Vice-président senior du secteur Information Modeling & Platform Group d’Autodesk.

Nous n'en sommes qu'aux balbutiements des échanges entre Autodesk et Schneider Electric. L’objectif sera de travailler ensemble et d’apporter sur le marché des solutions conjointes. L’idée de cet accord est de faire émerger des outils qui aideront les architectes à concevoir des bâtiments dans lesquels des composantes comme l’efficacité énergétique pourront être gérées tout au long du cycle de vie du bâtiment, notamment avec le secteur du BTP pour l'inciter à utiliser des produits innovants qui réduisent les coûts de construction et permettent des économies d'énergie aux utilisateurs.
Les deux grands thèmes du salon BAU 2015 qui a lieu actuellement à Munich jusqu'au 23 janvier, demeurent l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et la protection de l’environnement. Nul doute de cet accord recevra un encouragement unanime...

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