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architecture et paysage

Onze projets de recherche dévoilés « Pour la recherche en architecture et en paysage »

Parce que l’architecture et le paysage sont au cœur des politiques d’aménagement du territoire et du logement, la Caisse des Dépôts a décidé en 2016 d’orienter sa politique de mécénat dans ces domaines en soutenant en priorité la recherche et l’innovation. En janvier, l’institution a lancé un appel à candidatures « Pour la recherche en architecture et en paysage » auprès de diplômés des écoles d’architecture et de paysage, d’enseignants et de professionnels du secteur afin de soutenir des cas inédits de recherche. 11 projets lauréats sont dévoilés aujourd’hui.
 
Les 11 lauréats bénéficieront d’un soutien financier de l’institution pour réaliser leur projet de recherche. Cette sélection est le fruit des débats d’un jury pluridisciplinaire constitué spécialement pour l’occasion et composé de représentants du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de l’Agriculture, d’enseignants des écoles nationales supérieures d’architecture et paysage et de représentants de l’ordre national des architectes et des professionnels paysagistes.
Le soutien aux lauréats passera par leur établissement d’enseignement et de recherche de rattachement. Il pourra aller jusqu’à 45 000 euros pendant trois ans.
 
« Depuis deux ans, la Caisse des Dépôts mobilise pleinement son savoir-faire pour renouer avec sa vocation historique de promoteur de l’innovation architecturale. J’ai ainsi souhaité que nous apportions un appui, via notre politique de mécénat, à la recherche scientifique initiées par les écoles d’architecture et de paysage, souvent insuffisamment valorisée » déclare Pierre-René Lemas.
 
Parmi 58 candidatures, ces 11 cas de recherche sont ceux qui ont démontré le plus gros potentiel. Des recherches qui permettront d’anticiper les défis futurs en matière d'architecture et de paysage portant notamment sur l’aménagement du territoire, le numérique et le développement durable. Le jury s’est attaché à sélectionner une diversité de thématiques actuelles autour des transitions urbaine, écologique et énergétique, démographique ou numérique. Le jury a également souhaité mettre en avant les recherches dont les apports finaux ont été jugés les plus porteurs, y compris  au plan opérationnel ou des pratiques professionnelles.
 
A partir de septembre 2016, les 11 projets primés entreront en phase de réalisation et s’appuieront sur l’accompagnement de la Caisse des Dépôts pour mettre en œuvre leurs travaux de recherche qui peuvent prendre la forme académique d’une thèse ou la forme prospective d’un rapport d’étude sur des projets expérimentaux.
Ces chercheurs seront accompagnés pendant une durée maximale de trois ans. L’état d’avancement de leurs travaux sera examiné tous les ans par un comité scientifique afin de valider la prorogation de la subvention. Les conclusions de ces projets de recherche feront l’objet d’une valorisation auprès des partenaires de la Caisse des Dépôts.

Les 11 lauréats de l’appel à projet

Claire Beauparlant (ENSA Nantes)
Les copropriétés nazairiennes, patrimoine de transition – rapport de recherche
 
Philippe Marin (ENSA Grenoble)
Continuum informationnel pour la conception architecturale – HDR
 
Armelle Lagadec/Mathilde Kempf (ENSP Grenoble)
Le paysage comme méthode pour mettre en œuvre les transitions dans les territoires – rapport de recherche
 
Fanny Léglise (ENSA Toulouse)
Bricolage et conception face à l’urgence, une forme de conception urbaine – thèse de doctorat
 
Luna d’Emilio/Claire Planchat (ENSA Saint Etienne)
Nouvelles ruralités et transition territoriale : l’espace rural en projets – rapport de recherche
 
Momar Talla Mallick Fall (ENSA Toulouse)
Fabriquer la ville par l’observation – cartographies numériques de situations critiques en miroir, cas d’un bidonville à Pikine au Sénégal et d’un camp de réfugiés dans le pays calaisien en France – thèse de doctorat
 
Eugénie Denardaud (ENSP Versailles)
Jardin pirate : de l’industrie en déshérence à l’explosion industrielle galopante, quelles sont les conditions d’émergence du jardin dans les villes du monde globalisé ? – thèse de doctorat
 
Camille Reiss (ENSA Paris Malaquais)
Infrastructures de transport dans les villes informelles sudaméricaines – thèse de doctorat
 
Raphael Labrunye (ENSA Bretagne)
Les ensembles de logements collectifs construits de 1945 à 1975 en France, l’histoire au prisme des enjeux énergétiques  - HDR
 
Bernadette Blanchon (ENSP Versailles)
Les grands ensembles à l’épreuve du paysage, approche rétro-prospective, France 1945-1975 – thèse de doctorat
 
Alexandre Neagu, Anne-Laure Jourdheuil, Yankel Fijalkow (ENSA Paris Malaquais)
Habiter demain : l’innovation dans le logement face à la transition démographique – rapport de recherche
 

 

Casas Em Movimento

Cette maison suit le soleil comme une plante pour absorber plus d'énergie

C’est une évidence, les panneaux solaires fonctionnent à pleine efficacité quand ils sont correctement orientés vers le soleil. Or le problème est que le soleil change de position toute la journée. Et vos malheureux panneaux solaires, fixés solidement sur le toit sont obligés d’attendre le retour d’Apollon.
Et si la maison tournait et suivait les mouvements du soleil ? Comme un tournesol. C’est ce qu’ont imaginé des architectes espagnols en inventant cette maison phototropique.
 
Il fallait y penser. Comme la Terre tourne, il suffit de déplacer la maison avec elle pour lui offrir la meilleure exposition au soleil. Les panneaux solaires qui lui fournissent son énergie sont toujours orientés vers la meilleure source d’énergie possible.
 
Le toit du bâtiment est recouvert de panneaux solaires et se déplace en suivant le soleil comme un tournesol.
 
L'effet de tournesol est créé en combinant deux mouvements : la rotation du bâtiment lui-même, d'environ 180 ° tout au long de la journée, et la rotation des panneaux photovoltaïques, afin d'assurer l'inclinaison optimale de 90 ° de cette surface par rapport au soleil.
 
 
Mais ce n’est pas tout : cette maison à géométrie variable donne vie au bâtiment en créant une dynamique entre les espaces extérieurs et intérieurs. C’est ce qu’explique Manuel Vieira Lopes, fondateur de Casas Em Movimento. En étant toujours bien orientés, les panneaux solaires qui alimentent cette maison en énergie ont une efficacité multipliée par un facteur de cinq. Dès lors, le système fournit plus d’énergie qu’il n’en faut pour l’usage domestique, permettant aux propriétaires de revendre le surplus.
 
 
Dans cette maison dynamique, les pièces changent de position en fonction du mouvement de la maison. La construction est composée de modules permettant aux habitant d’adapter les mouvements de chaque pièce à ses besoins. Manuel Lopes donne un exemple : « Le matin, la cuisine peut avoir une taille plus petite alors que le soir, elle pourrait être intégrée au salon pour offrir un cadre agréable à toute la famille. » Cette mobilité est contrôlée automatiquement par une application dont on peut changer les paramètres à loisir.
 
Les espaces intérieurs sont adaptés aux habitants, offrant des espaces mobiles. Les murs se déplacent grâce à un système d'entraînement assisté. Dans le même espace il est ainsi possible de créer une chambre, un salon, une salle à manger ou bureau. Cette polyvalence des espaces permet une plus grande efficacité dans l'utilisation de l'espace disponible au sol.
 
 
 
Les architectes travaillent sur leur projet depuis 2008 en collaboration avec l’Université et l’École d’architecture de Porto (Portugal). Ils envisagent la commercialisation de leur idée d’ici le mois de mai 2016 et sont actuellement en train de construire au Portugal, sur le même principe, une maison de cinq étages qui peuvent être orientés séparément.  
 
 
 
Cet article a été originellement publié le 18 février 2016
 
 
Source : fastcoexist
 
 

 

Tour Montparnasse

La Tour Montparnasse va changer de look

C’est la mal aimée de Paris. Depuis sa construction en 1974, elle n’a jamais su conquérir le cœur des parisiens. Verrue, incongruité, horreur… Que de quolibets n’a-t-elle entendu !  Pour certains, la plus belle vue panoramique de Paris se trouve être depuis la Tour Montparnasse… car c’est la seule d’où on ne la voit pas. Cette image désastreuse sera peut-être bientôt de l’histoire ancienne : un concours international d’architecture est ouvert pour la relooker, lui donner une nouvelle jeunesse. Présentation des projets le 13 juillet prochain.
 
Quand Malraux imposait en pleine Trente Glorieuses l’idée de construire une Tour au cœur de Paris, une vitrine, à l’instar de ce que fut la Tour Eiffel en son temps, du savoir-faire et de l’ingénierie française, il ne se doutait pas qu’il allait enfanter d’un monument de problèmes.
Malgré ses 209 mètres de hauteur et ses 58 étages, la Tour ne s’est jamais imposée dans le paysage. Perclue d’amiante, elle est même devenue le symbole des erreurs architecturales des années 1970.
 
On songea même à la détruire, l’abattre à tout jamais. Mais le coût de l’opération s’avéra vite intenable. Le temps passait et les grandes métropoles du monde s’ornaient de bâtiments prestigieux, faisant encore plus reculer notre Tour du quartier Montparnasse au rang d’erreur de jeunesse. Il fallait donc agir. C’est ce que firent les copropriétaires actuels de la Tour, réunis au sein d’une société immobilière. Ils ont confié à l’architecte Jean-Marie Duthilleul la tâche d’organiser un concours international. Les candidats ont jusqu’au 13 juillet pour déposer leur dossier. Décision sera prise au printemps 2017.
 
Jean-Marie Duthilleul connait bien le quartier. C’est lui qui a construit la gare Montparnasse. Il confie au quotidien La Croix que la Tour « dialogue mal avec le ciel et avec la ville ». Les candidats devront donc résoudre ce problème en priorité. Leurs projets doivent s’inscrire dans les grandes perspectives parisiennes, celles de la Tour Eiffel ou du jardin du Luxembourg.
Les architectes devront également résoudre le problème de la coiffe de la Tour et de son restaurant panoramique. Quelle forme prendra-t-elle pour inscrire durablement la tour dans son siècle ?
 
Enfin, dernière recommandation : inscrire la tour dans son environnement.
Une gageure quand on sait que l’intégration dans son contexte est le drame congénital de la tour actuelle. L’historien de l’architecture François Loyer rappelle à La Croix : « La décision de la construire a été prise en 1962, par André Malraux lui-même, lors de l’adoption du projet de plan d’urbanisme directeur de Paris. Ce document prenait la relève du règlement de Paris, dont les origines remontaient à Louis XIV ! D’un coup, on a voulu basculer dans la modernité, là où une grande harmonie et une continuité avaient prévalu. »
Il est vrai que la décision de construire cette tour était hautement politique. Il fallait, dans ce geste, montrer l’étendue du savoir-faire industriel français. L’industriel du verre Saint Gobain invente à cette occasion les « murs rideaux », une technique de construction innovante qui fera le tour du monde. Mais c’est justement là que le bât blesse. En effet, la tour a été construite par des ingénieurs et non des architectes. Il lui manque ce trait de génie si particulier et si fulgurant qui distingue un grand bâtiment, appeler à durer dans l’histoire, d’un édifice sans esprit.
 
Espérons que les architectes sélectionnés sauront donner de l’esprit à cette Tour Montparnasse. Elle en a grand besoin.
 
 

 

tuiles à énergie solaire

Des toits de tuiles à énergie solaire

Les panneaux solaires ont une esthétique particulière. On peut les accepter sur les constructions modernes mais en revanche, sur les toits d’un petit village provençal ou d’une ville historique de Toscane, ils font désordre ; et, en général, dans les cités historiques, ils sont interdits. Alors, pour permettre à l’énergie solaire de s’implanter partout, sans risquer de défigurer les paysages de notre patrimoine, une startup italienne a inventé la tuile romane qui convertit le soleil en énergie. Avec cette invention, les toits qui font le cachet des villes du sud ne seront plus menacés de disparition devant la poussée des énergies alternatives. Au contraire, ils prennent, plein d’énergie, une nouvelle jeunesse !
 
Les centres historiques ont besoin d'être rénovés de manière durable. Mais avec les contraintes du patrimoine culturel, il est difficile de mettre en action des rénovations alliant innovation et préservation du patrimoine. Une société italienne, Dyaqua, vient de trouver la solution : « Le Coppo invisible Solar ». Il s’agit de la première tuile ayant développé un système photovoltaïque invisible à l’œil nu. Explications.
 
Une tuile qui garde l’aspect traditionnel de la terre cuite, mais qui intègre les dernières nouveautés technologiques, c’est désormais possible !
Le nombre de projets d'installations photovoltaïques présentés aux paysagistes conseils et architectes conseils de l’Etat est en augmentation exponentielle depuis ces dernières années.
La réglementation qui encadre ces installations est récente et continue d’évoluer. Aussi, son interprétation au sein des services décentralisés de l'Etat n’est pas homogène et déconcerte la plupart des acteurs concernés.
Ces installations, qui ont un impact important sur le paysage (utilisation de sols agricoles, forestiers ou naturels, participation à l'étalement urbain, construction de pseudo bâtiments agricoles…), ne font que rarement l’objet d’une réflexion globale et d’un projet de paysage.
L’enjeu est de sauvegarder le patrimoine – et son attrait touristique – tout en respectant le besoin objectif de préserver la planète... Il s’agit de trouver le juste équilibre entre la protection du patrimoine et un règlement trop systématique, qui briderait les démarches architecturales insérant les éléments des capteurs solaires.
 
 
La société italienne Dyaqua vient sans doute d’apporter une solution à ce problème en créant une tuile dont l’esthétique s’adapte selon les caractéristiques des régions car elle peut être produite à partir de l’argile locale. La tuile Coppo Invisible Solar a plusieurs fonctions : elle produit une énergie propre et renouvelable, elle imperméabilise et protège les habitations, elle purifie l’air des substances nocives et sa surface est autonettoyante. Le Coppo invisible solaire est formé par un composé polymère non toxique et recyclable, qui est noyé dans les cellules de silicium monocristallin. Une surface spéciale, opaque à l'œil et transparente à la lumière solaire, couvre les cellules qui se cachent sans affecter le fonctionnement.
L’utilisation de matériau traditionnel permet donc à la lumière du soleil de filtrer à travers la surface externe et d’atteindre les cellules photovoltaïques. Le chargement de poussière naturelle locale peut également permettre l'obtention de plusieurs variantes typiques des couleurs traditionnelles locales de construction par rapport à l'argile disponible dans les différents territoires régionaux, ainsi que des caractéristiques des matériaux similaires à ceux des éléments de briques normales.  
Le Coppo Invisible solaire se distingue des autres technologies photovoltaïques et des tuiles en terre cuite classiques, grâce à des caractéristiques particulières qui le rendent unique :
- Installé en terre cuite, il est camouflé dans l'esthétique Uninterruptible du toit ;
- Photocatalytique : La lumière active un processus naturel et infini qui purifie l'air pendant le nettoyage de la surface de la tuile ;
- Résistant : Il peut résister à une charge statique élevée, ne craint pas de solvants chimiques ni les intempéries ;
- Durable : Fabriqué avec des matériaux non toxiques, qu'ils soient naturels ou réutilisation, tous recyclables.
 
Cette vidéo explique comment le système fonctionne et comment il s’installe sur les toits :
 
Un système photovoltaïque adapté à la couverture du toit, et conservant l'esthétique de l'édifice c’est une innovation majeure car il peut se glisser aussi facilement dans les bâtiments existants, dans ceux à construire, que dans des bâtiments à valeur historique car les édifices les plus anciens et protégés par les architectes des bâtiments de France pourront bénéficier des avantages du solaire. Une mise à niveau pour favoriser une urbanisation durable élevée. 
(Source : Société Dyaqua)
 
 

 

La Cité du vin Bordeaux

La Cité du Vin de Bordeaux, prête à être dégustée sans modération...

Très attendue, La Cité du Vin à Bordeaux ouvrira ses portes au public le 1er juin prochain, au lendemain de son inauguration le 31 mai par François Hollande et Alain Juppé, après trois années de travaux.  Avec une programmation dédiée à l'ensemble des cultures et des civilisations du vin à travers le monde, l’ouvrage se veut « bâtiment signal », fruit d’une étroite collaboration entre deux agences, l’agence d’architecture parisienne XTU et l’agence anglaise de scénographie Casson Mann Limited. Alliance d’une audacieuse et poétique traduction de l’âme du vin.
 
La Cité du Vin est parée d’une robe de reflets dorés évoquant les pierres blondes des façades bordelaises et dialoguant avec les lumières de la Garonne. Toute en torsions, l’enveloppe est constituée de panneaux en verre sérigraphiés cintrés et de panneaux d’aluminium laqué irisé de teinte unie qui confèrent des valeurs de tons de lumière toujours mouvants au bâtiment, en résonnance aux ciels changeants du bordelais. Reflets du ciel mais aussi de la ville, reflets de l’eau renforçant l’aspect évocateur de La Cité du Vin.
Il n’y a pas à dire, la Garonne est bien l’influence dominante qui a inspiré définitivement les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières de l’agence parisienne XTU.
Ceux-ci ont imaginé un lieu évocateur empreint de références identitaires : vin qui tourne dans le verre, mouvement enroulé du cep de vigne, remous de la Garonne, une architecture qui évoque l’âme du vin et l’élément liquide : « une rondeur sans couture, immatérielle et sensuelle » qui s’adresse à son environnement multiple.
 
Horizontales et verticales sont reliées par un mouvement continu et unique qui s’amorce dès le sol par une grande rampe promenade. C’est plus un mouvement qu’une forme, il se délie, se relève en s’élevant. Il crée un événement dans le paysage à l’échelle du pont et du fleuve.
Cette rondeur qui répond à la courbe de la Garonne est transcrite dans les volumes, espaces et matériaux intérieurs.
Le bâtiment se revendique d’une architecture située. « La Cité ne pourrait pas être ailleurs qu’à Bordeaux. Elle évoque par sa forme caractéristique le tourbillon du vin dans un verre, la structure bois apparente et le mobilier bois rappellent les barriques du vin de Bordeaux. Nous avons privilégié partout, autant que possible, la vue sur la Garonne, notamment avec le restaurant gastronomique et le bar panoramique au sommet de la tour » explique Nicolas Desmazières.
Un geste architectural fort qui se veut comme « un site de loisir culturel unique, dédié au vin comme patrimoine culturel, universel et vivant », aime rappeler Alain Juppé, maire de Bordeaux.
 

Au cœur du nouvel écoquartier de Bordeaux

Implantée dans l’écoquartier des Bassins à flot, La Cité du Vin s’inscrit dans la politique environnementale du quartier : un impact pensé et mesuré comme le plus faible. 70 % des besoins énergétiques de La Cité du Vin sont couverts par les énergies vertes et locales. Les architectes ont également réfléchi à la conception bioclimatique du bâtiment. Avec des entrées d’air en points bas profitant des vents dominants et des patios, et en point hauts, évacuant la chaleur et générant un courant d’air, la ventilation du bâtiment est optimisée et permet de limiter l’usage de la climatisation. Respectueux de son environnement et de l’écosystème des berges de Garonne classé en Zone Natura 2000, les aménagements paysagers autour du bâtiment prolongeront l’écosystème des ripisylves pour rafraîchir les alentours immédiats et préserver une continuité avec la rive.

Une scénographie immersive

Responsable de la conceptualisation et de la direction artistique de tous les éléments de l’exposition, y compris les éléments médiatiques et les dispositifs audiovisuels, Casson Mann a conçu une expérience scénographique ambitieuse immersive qui occupe le deuxième étage du bâtiment.
Répartis sur un espace intérieur de plus de 3 000 m², les 22 modules de grand format proposent des expériences interactives qui stimulent tous les sens – la vue, l’ouïe, le toucher et l’odorat. Ils vont du survol spectaculaire en hélicoptère des vignobles les plus impressionnants du monde, pendant lequel les visiteurs peuvent littéralement sentir les vignes, à des galeries à l’atmosphère intime où les visiteurs peuvent examiner en détail et de près les documents historiques et les objets exposés, en passant par des dispositifs innovants qui décomposent le processus de l’élaboration du vin et invitent à se plonger dans la couleur, le goût, la sensation et les notes aromatiques de différents vins.
 
 
Comme l’explique Roger Mann, « Nous avons voulu créer une expérience richement structurée permettant aux visiteurs de se laisser inspirer par le vin dans toute sa merveilleuse complexité et notre but était de jouer sur la conception et la technologie des modules pour que les expériences soient plus variées et intéressantes, tout en restant au cœur du sujet. Cette exposition est entièrement audiovisuelle et multimédias, avec des éléments sensoriels qui vont surprendre, enchanter, intriguer et éduquer les visiteurs sur les aspects dramatiques, artistiques et artisanaux de l’histoire du vin. »

Une vraie démarche environnementale

Destinée à mettre en scène et à valoriser le vin, un produit vivant et naturel, La Cité du Vin a bénéficié d’une attention toute particulière en termes de qualité environnementale :
- La charpente d’arc en bois lamellés collés permet de diminuer sensiblement l’impact carbone du projet et témoigne des ressources expressives du bois et de son adaptation à des formes architecturales non standardisées.
- Une isolation très performante pour l’ensemble du bâtiment, associée à une double peau sur la tour pour optimiser les apports solaires.
- L’attention toute particulière portée à la ventilation intérieure pour garantir le confort des visiteurs.
- Une exploitation optimale des énergies renouvelables : réseau de chaleur urbain Mixener et pompes à chaleur géothermiques.
- La neutralité environnementale et sanitaire du projet grâce à des matériaux de revêtement intérieur étiquetés A+, bois issus des forêts gérées durablement, confort lumineux, ventilation intérieure modulée en fonction de la qualité de l’air intérieur et de l’occupation des espaces, …
- Mise au point des dimensions et des caractéristiques des vitrages (sérigraphie et colorimétrie) pour ajuster apport en lumière naturelle et protection solaire.
- Mise en place d’éclairages économes en énergie (LED).
- Un traitement paysagé des abords qui permet d’instaurer une relation différente entre le fleuve et le quartier des Bassins à flot, tout en restaurant le corridor écologique de la ripisylve.
- La réutilisation des eaux pluviales pour l’arrosage et le nettoyage des espaces extérieurs.
- L’accès pour tous au grand paysage fluvial depuis la terrasse et le belvédère du restaurant.

Des outils innovants au service d’une ambition

L’usage de logiciels de conception innovants par l’agence XTU pour la mise au point de la géométrie et de l’enveloppe complexe a permis de concrétiser parfaitement l’image mentale que les architectes se faisaient de la Cité du Vin et d’en faire un projet qui fait sens(action).
Résultat : 9000 m3 de béton et 1000 tonnes d’acier pour la structure, 8000 heures de travail et 17 500 heures de fabrication de l’ossature bois, mise en œuvre en 15 000 heures. La vêture extérieure représente 2235 m2 de verres plans (jaunes), bombés (verts) et à écaille (rouges) répartis en 2500 panneaux de formes et dimensions différentes, cintrés sur place ou en atelier.
 
La traduction de ce patrimoine immatériel, à travers des technologies numériques et immersives, a remporté l’adhésion du jury lors du concours de maîtrise d’œuvre lancé par la Ville de Bordeaux en 2010, maître d'ouvrage et propriétaire du bâtiment, qui compte accueillir grâce à ce nouveau programme culturel de 13 000 m2, quelques 450 000 visiteurs par an.
La Cité du Vin propose donc aux futurs visiteurs des spectacles, des ateliers ciblés sur les sens, une exposition permanente et des expositions temporaires : La première est dédiée à Isabelle Rozenbaum, photographe qui a immortalisé l'évolution du chantier de la Cité du Vin. Son exposition sera visible jusqu'au mois de janvier 2017. 
 
Le restaurant gastronomique
 
L'espace accueille également un restaurant gastronomique, un bar panoramique, une cave, une boutique de vente, mais aussi une bibliothèque et des salles de dégustation.
 
Salle de dégustation
 
Afin de profiter de conditions de visite optimales, la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, en charge de l'exploitation et du développement de La Cité du Vin, met en place un système de billetterie horodatée : le visiteur pourra choisir sa date de visite ainsi que son heure d'arrivée, et ce pendant tout l'été.
À deux semaines de l'ouverture de La Cité du Vin, les visiteurs peuvent déjà réserver leur billet pour le parcours permanent et leur abonnement sur le site www.laciteduvin.com
 
 
 
 

 

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