UP' Magazine L'innovation pour défi

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Tendances confirmées en 2016 : robotique et révolution de l’humain augmenté

Bye bye 2016. C’est le moment de faire un premier bilan des innovations technologiques qui n’ont pas manqué de se succéder tout au long de l’année. Une tendance de fond s’installe durablement. Celle de l’influence grandissante des technologies robotiques dans notre vie quotidienne. C’est l'analyse du dernier carnet de tendances digitales de 2016 dédié à la robotique, réalisé par l’agence de marketing digital Valtech. Ses choix rejoignent les alertes et décryptages qu'a fait, pour ses lecteurs, UP Magazine tout au long de l'année.
 
Les technologies robotiques occupent un vaste prisme d’applications. Du robot assistant, digne du dernier spin-off  de Star Wars à la messagerie conversationnelle dont l’utilisation a explosé cette année, l’être humain entre fréquemment en contact avec les différentes formes d’intelligences artificielles. Certains vont plus loin et implantent des puces électroniques dans l’organisme pour simplifier le quotidien. Si le sujet prête aux fantasmes futuristes, certaines applications peuvent représenter de réelles avancées. D’autres posent, en revanche, de véritables questions morales. Pour y répondre, il est nécessaire de prendre du recul dans un monde qui se jette souvent dans la quête de l’innovation permanente. Les questions éthiques doivent être le corollaire du développement de la technologie robotique, à mi-chemin entre progrès humains et choix de civilisation.

Des repas de Noël cuisinés par des bras articulés

C’est le défi incroyable lancé par l’entreprise londonienne Moley Robotics. L’objectif : transmettre à un robot les capacités culinaires d’un chef étoilé pour préparer un repas sans aucune intervention humaine. L’individu pourrait alors décharger cette activité à la technologie et consacrer plus de temps à ses loisirs et sa vie personnelle. Pour l’heure, si beaucoup ont à cœur de cuisiner pour leur foyer, les autres qui rêvent d’échapper à cette corvée auront tendance à être sceptique sur la viabilité du système. Et pourtant, les deux bras articulés, baptisés Automated Kitchen, sont le résultat d’une année de développement en partenariat avec la prestigieuse université Stanford, située au cœur de la Silicon Valley.
Ce sont ainsi 20 moteurs et 129 capteurs qui permettent de mettre aux fourneaux les 2 bras articulés qui se coordonnent au sein d’un plan de travail spécifique conçu par la société. La technologie utilisée fait appel à plusieurs chefs professionnels. Ces derniers ont conçu plusieurs recettes à l’aide de gants capteurs de mouvements. Les caméras 3D intégrées au robot les ont analysé et transféré dans plusieurs algorithmes qui permettent à Automated Kitchen de recréer ces mouvements humains de façon minutieuse.  Moley Robotics compte mettre plus de 2000 recettes à disposition de ses clients qui pourront les sélectionner depuis une application smartphone. On pourra activer son robot cuisinier à distance pour que le repas soit prêt en arrivant chez soi. Les premières commercialisations sont attendues en 2017. De quoi espérer la préparation d’un festin, dès Noël prochain, en attendant les bras croisés !

LIRE DANS UP : Ce robot chef est capable de cuisiner seul des milliers de plats

Trouver le cadeau parfait grâce à la conversation instantanée

Les professionnels du marketing sont unanimes. L’année 2016 a marqué l’avènement des chatbots dans nos façons de nous informer et consommer. Dans un délai record, ces assistants virtuels intelligents ont envahi nos applications favorites pour discuter de nos envies, nos besoins, les analyser et proposer les services ou produits adaptés. Dans cette nouvelle étape de la transformation digitale et virtuelle, les marques espèrent bien conquérir un large public. On compte 3 milliards d’utilisateurs mensuels de messagerie instantanée sur lesquels les chatbots peuvent être installés.
 
Dans l’univers de la beauté, Sephora, enseigne du groupe LVMH, capitalise sur la période des fêtes pour aider ses clients à trouver le cadeau idéal. Si le service tombe à point nommé pour les impatients et les coutumiers de l’achat à la dernière minute, il compte bien séduire tous les publics par la précision de ses recommandations. Accessible via Facebook Messenger, Beauty Bot demande ainsi l’âge, le sexe et le prénom du destinataire du cadeau. À nous d’informer ensuite le robot conseiller sur le style de la personne (BCBG, fashionista, bohême…) et le type de produit souhaité (parfums, soins du corps…).
 
On accède alors aux premières propositions du robot virtuel. Elles peuvent être affinées en mentionnant le budget souhaité. Dès que le cadeau est sélectionné, la géolocalisation informe l’utilisateur de l’ensemble des magasins à proximité où le produit est disponible en stock. Temps moyen du processus : une vingtaine de secondes. Et ce, n’importe quand. Une opportunité d’accroître le trafic web-to-store pour Sephora qui compte développer le service pour de nouvelles occasions comme la Saint Valentin ou la fête des mères.

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L’espèce humaine augmentée

Et si l’homme pouvait se passer définitivement de son boîtier pour ouvrir la portière de son véhicule ? Si son médecin pouvait contrôler à distance son taux de glycémie tout en restant à domicile ? Ces applications en développement correspondent à une technologie : l’implantation de puces électroniques dans l’organisme.  Elles permettraient à chacun d’accéder à un univers de science-fiction réservé jusque-là aux salles de cinéma.
 
Au sein de l’Epicenter, un immeuble récent du quartier d’affaires de Stockholm, le virtuel est devenu réel. Les salariés des sociétés travaillant dans le bâtiment se sont vu proposer l’implantation d’une puce de technologie RFID pour les accompagner dans la gestion de leurs tâches au quotidien. Dans la pratique, plus besoin de badge ou de mot de passe à taper. Les salariés qui ont accepté passent directement les portiques de sécurité et la photocopieuse réagit à leur présence dès qu’ils sont à proximité. Même logique au restaurant d’entreprise où ils règlent leurs commandes directement grâce à leurs doigts. Les puces RFID (Radio Frequency Identification), pas plus épaisses qu’un grain de riz, s’implantent dans la main en quelques secondes. Pour une douleur comparable à celle d’une piqûre d’aiguille.
 
Cette technologie a l’avantage de ne pas être dépendante aux sources d’énergies, à l’inverse de nos objets connectés qui peuvent tomber en panne. Quand au périmètre de reconnaissance de la fréquence de chaque puce, il est de quelques mètres pour chaque lecteur. Ce qui empêcherait en pratique de tracer le porteur tout au long de ses déplacements.
 
C’est sur ce point que les débats sont les plus vifs. Éthiquement, n’est-on pas en train d’assister à l’émergence d’un mode de contrôle permanent de l’espèce humaine ? Aux frontières du choix de civilisation, ces nouvelles applications obligent à poser des cadres juridiques stricts. Et à garantir un niveau de sécurité optimal. Imaginons les conséquences d’un piratage du système. Des hackers seraient alors en mesure de récupérer une série d’informations personnelles et de contrôler nos accès à distance. De quoi vivre le côté sombre d’un film de science-fiction.

LIRE DANS UP' : La prolifération de CRISPR nous mène-t-elle vers un nouvel équilibre de la terreur ?

 

 

 

satellite innovant

Un satellite pour étudier les cours d’eau du monde

Comment anticiper et mesurer les ressources en eau de la planète afin de s’adapter aux effets des changements globaux ? C’est l’un des objectifs du futur satellite SWOT, développé dans le cadre d’une collaboration franco-américaine lancée il y a près de 10 ans, qui va révolutionner les pratiques à 891 km d'altitude avec un altimètre capable de surveiller les fleuves et lacs de notre planète. Décollage prévu en avril 2021.
 
Le 11 novembre 2016, à Marrakech, sept acteurs de l’eau français, organismes de recherche, financeurs et gestionnaires (AFD, CNES, OIEau, Compagnie Nationale du Rhône, IRD, Irstea, BRLi) ont officiellement signé un accord de groupe de travail afin d’utiliser le futur satellite SWOT pour suivre les ressources en eau de la planète.
Anticipant sa mise en service prévue en 2021, des scientifiques dans les laboratoires d’Irstea  s’activent pour mettre au point des algorithmes qui permettront de convertir les données du satellite en données opérationnelles pour le suivi de la ressource en eau à l’échelle de la planète. Avec des résultats plus que satisfaisants…
 
Un rapport de la NASA, le projet GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment), effectué entre 2003 et 2013 affirme que l’eau douce se fait rare et que nous en manquons de plus en plus. En effet, sur 37 cours d’eau étudiés, 21 sont en voie d’épuisement. Huit d’entre eux n’ont d’ailleurs peu ou pas de ressources d’eau à l’heure actuelle. Ils pourraient donc potentiellement être à sec à l’avenir, ce qui serait un désastre pour toutes les formes de vies qu’ils supportent et pour nous, humains. Il est donc essentiel de les surveiller … de près.
 
Les satellites ont révolutionné l'océanographie, ils bouleverseront demain l'hydrologie. La mission franco-américaine Swot (Surface Water and Ocean Topography) devrait en être la pierre angulaire en emportant dans l'espace un instrument de rupture technologique, un radar interférométrique large fauchée dénommé KaRIn.
 
En 2021, le satellite SWOT, construit par Thales Alenia Space, survolera la terre équipé de cette technologie de rupture [1], qui effectuera des mesures de hauteur des eaux de surface sur deux fauchées de 60 km de part et d’autre de la verticale du satellite (contre quelques kilomètres actuellement !). Le tout avec une précision altimétrique (technique d'observation à hauteur des mers) de l’ordre de 10 cm, lorsque les mesures haute résolution sont moyennées sur des zones de 1 km². Parmi les atouts de l’approche satellitaire : la possibilité de couvrir les fleuves des zones peu accessibles de la planète et les moins bien renseignées, la transparence de l’information entre pays en particulier sur les bassins transfrontaliers, une couverture globale du globe, ainsi qu’une homogénéité de la mesure, de ses traitements et de son archivage. Ainsi, par exemple, seules deux stations hydrométriques étaient encore récemment opérationnelles sur le fleuve Congo pourtant long de 4700 kilomètres et traversant quatre pays. Le projet SWOT d’un milliard de dollars est financé au deux tiers par la NASA et un tiers par le CNES.

Du high-tech pour la mesure des débits des cours d’eau

Plusieurs équipes scientifiques françaises et américaines travaillent depuis environ sept ans sur la conversion des données du type de celles qui seront acquises par le satellite en débits des rivières et des fleuves. Les données brutes reçues depuis l’espace sont traduites en hauteurs d’eau par rapport au géoïde [2]. Les spécialistes en hydraulique et en assimilation de données du centre Irstea Montpellier ont intégré le projet il y a trois ans et ont appliqué une nouvelle méthode de calcul des débits qui s’est avérée particulièrement performante. « Notre méthode s’appuie à la fois sur un modèle hydrodynamique complet 1D, le logiciel SIC développé depuis plus de 25 ans par Irstea et adapté à de nombreux contextes, et la méthode 4D-VAR développée par l’université de Grenoble et utilisée par Météo France ainsi que par le Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen terme [3] pour les prévisions météo en particulier en France et en Europe. », explique Pierre-Olivier Malaterre responsable de l’équipe montpelliéraine Gestion Hydraulique, Optimisation et Supervision des transferts d’Eau. « Notre technique plus sophistiquée que celles utilisées par nos confrères a donné les meilleurs résultats en termes d’estimation des débits ».
 
Pour appuyer cette affirmation, les scientifiques se réfèrent à un travail comparatif des différentes méthodes, réalisé pour l’instant sur deux des 19 « fleuves tests » choisis dans le cadre du projet SWOT. « Sur la Garonne, nous avons travaillé sur des données générées par nos modèles et reproduisant un scénario hydrologique réel ayant eu lieu en 2010, avec une large gamme de valeurs de débits (de 50 à près de 2000 m3/s) ». D’autres tests sont en cours, dans le cadre d’une thèse pilotée par Irstea et cofinancée par Irstea et CLS [4] en collaboration avec l’université de l’Ohio. Ils concernent des scénarios de débits sur les fleuves du Pô en Italie et du Sacramento en Californie à partir de données simulées de manière très réaliste a priori identiques à celles qui seront fournies par le satellite SWOT.
 
Ainsi le simulateur de données intègre différentes perturbations (roulis du satellite, dilatation thermique des mats du satellite portant les instruments radar, effets de la troposphère humide, réflexions des ondes radar sur les reliefs, etc.) qui dans l’espace perturberont le signal. « Là encore, les premiers essais comparatifs donnent l’avantage à la méthode de calcul d’Irstea. De quoi renforcer notre forte expertise (déjà reconnue à l’international !) dans le domaine de la modélisation hydraulique et de l’assimilation de données. »

Une nouvelle technologie en appoint du réseau hydrométrique actuel

Cependant, malgré les bons résultats affichés pour la mesure des débits hydrologiques à partir des données SWOT, la technologie satellite ne vise pas à remplacer les réseaux de mesure hydrologique de terrain. En effet, la résolution actuelle du satellite ne permettra de surveiller que les grands fleuves de plus de 100 mètres de large (ou 50 m si cela est possible). En France, seuls nos cinq principaux fleuves pourront ainsi en bénéficier.
 
D’autre part, compte-tenu de la trajectoire du satellite autour de la terre et de sa vitesse, la fréquence des mesures en un lieu donné ne sera que de deux à cinq mesures par cycle de 21 jours. « D’où l’intérêt de pérenniser et/ou développer le réseau actuel de mesures sur le terrain. En France, cela représente plus de 3000 stations qui relèvent automatiquement le niveau des cours d’eau à de grandes fréquences (quelques minutes à quelques heures). Ces données sont combinées avec des relations hauteur-débit étalonnées régulièrement par les équipes terrain qui effectuent des mesures ponctuelles de débit, appelées jaugeages », explique Michel Lang, hydrologue au centre Irstea de Lyon. « Certains bassins expérimentaux, comme ceux gérés depuis plus de 50 ans par Irstea (Réal Collobrier et Orgeval), sont équipés de multiples capteurs qui permettent de suivre finement les différentes composantes du cycle de l’eau et d’améliorer nos outils de modélisation hydrologique ».
 
Les données acquises sur les sites hydrométriques et celles fournies par les satellites sont complémentaires. Les premières ont une résolution temporelle très fine qui permet de suivre les phénomènes hydrologiques rapides comme par exemple les crues éclair dans les rivières, et sont disponibles sur plusieurs décennies ce qui permet de suivre les effets du changement global sur les ressources en eau. Les secondes peuvent, sur les grands cours d’eau, donner rapidement des estimations de débit en de multiples points, dont certains difficiles d’accès au sol.

L’hydrologie spatiale se fédère en France

Devant la masse de données que fournira le satellite à partir de 2021 (sept térabits [5] par jour !), il s’agit en amont de se préparer à les recevoir, les traiter et les analyser. Ainsi le CNES s’apprête à renforcer sa capacité d’analyse des données aidé en cela par les apports du programme d’investissement d’avenir (PIA).
 
Ces données en accès libre permettront l’émergence de nouveaux outils pour répondre à de grandes problématiques environnementales dans le domaine de l’eau : protection, alerte et suivi des crues, gestion des ressources, navigation, production hydroélectrique, agriculture, etc.
(Source : IRSTEA - 8/12/2016)
 
 
[1] Un radar interférométrique à large fauchée. La fauchée désigne la bande analysée par 2 antennes radar situées aux extrémités de 2 bras de 10 mètres chacun.
[2] Le géoïde est l’ellipse hydrologique de référence établie à partir du niveau moyen des océans en supprimant l’action du vent, des courants et des marées.
[3] ECMWF Reading, UK
[4] Collecte Localisation Satellites
[5] Un térabit représente 1012 (= 1 000 000 000 000) bits
 

 

Cyber-djihadisme

Les géants du web (enfin) en guerre contre le terrorisme

Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube (filiale de Google/Alphabet) ont annoncé lundi un partenariat à l'échelle mondiale visant à identifier plus rapidement les "contenus à caractère terroriste" sur leurs plateformes, et ainsi freiner leur propagation.
 
Les quatre entreprises américaines ont prévu de créer une base de données commune comprenant les "empreintes digitales" numériques de photos ou vidéos de propagande et de recrutement retirées de leurs plateformes, d'après un message commun relayé sur leurs sites respectifs. "En partageant ces informations les unes avec les autres, nous pouvons utiliser (ces empreintes numériques) pour aider à identifier des contenus potentiellement terroristes sur nos plateformes grand public respectives", expliquent-elles.
Aucun message ne sera toutefois retiré ou bloqué automatiquement : il reviendra à chaque entreprise d'évaluer si les contenus identifiés enfreignent ses propres règles. Chacune décidera également indépendamment des images et des vidéos qu'elle décide d'ajouter à la base commune. Elles précisent vouloir commencer avec les images et vidéos "les plus extrêmes et flagrantes" retirées de leurs plateformes, et donc "les plus susceptibles de violer les règles de toutes nos entreprises".

Impliquer d’autres acteurs du web

Microsoft, Facebook, Twitter et YouTube disent aussi vouloir examiner "comment impliquer des entreprises supplémentaires à l'avenir", mais insistent sur le fait que chacun d'entre eux continuera de traiter de manière indépendante les demandes d'informations ou de retrait de contenus émanant des gouvernements ou des forces de l'ordre.
 
L'initiative intervient alors que les États-Unis, la Commission européenne et une série d'autres gouvernements ont multiplié les appels ces derniers mois à ce que les réseaux sociaux intensifient leur lutte contre la propagande djihadiste en ligne.
Suite à ces appels, Twitter a notamment indiqué avoir suspendu depuis mi-2015 plus de 360.000 comptes faisant la promotion du terrorisme, et il a observé une diminution de l'usage de sa plateforme par les djihadistes, selon Sinead McSweeney, vice-présidente chargée des politiques publiques du réseau social dans la région Europe/Moyen-Orient/Afrique.
Dans un commentaire transmis à l'AFP, elle a précisé qu'une grande partie des suspensions de comptes effectuées par Twitter avaient été détecté par des moyens techniques comme des outils anti-spams, mais que le partage d'empreintes numériques avec la base de données commune se ferait "manuellement" et "de manière périodique". "Il n'y a pas une seule approche qui convienne à tous pour s'attaquer à ce type de matériel; chaque plateforme est différente", a-t-elle souligné.

Il n’y a pas d’algorithme magique

La plupart des réseaux sociaux interdisent dans leurs règles d'utilisation les contenus appelant à la violence ou faisant l'apologie du terrorisme. Même s'ils ont amélioré leurs outils de détection automatique, les acteurs du secteur réaffirment régulièrement n'avoir pas d'algorithme "magique" pour identifier les contenus problématiques et se reposent beaucoup sur le signalement par leurs utilisateurs des contenus litigieux.
La diffusion en ligne de contenus de nature "terroriste" est "un problème pressant qui nécessite une attention particulière des entreprises technologiques", et justifie donc l'initiative commune annoncée lundi, a relevé une des entreprises participantes.

Une course sans fin

Les mesures prises seront-elles suffisantes pour entraver les actions des cyber-djihadistes. Rien n’est moins sûr estiment des experts. Cette politique risque de pousser encore davantage les utilisateurs vers des réseaux sociaux plus confidentiels, cryptés ou protégés, voire vers le "web profond" ("darkweb" ou "deepweb"), partie obscure de l'internet non référencée dans les moteurs de recherche classiques. Gérôme Billois, expert au sein du Club de la sécurité de l’information français (Clusif) estimait en août dernier : "la nature même d'internet fait que c'est une course sans fin, dans laquelle on est toujours un cran derrière". "Il faut toujours penser stratégie, bataille, tactique militaire" expliquait à l'AFP le rhétoricien et philosophe Philippe-Joseph Salazar, auteur de l'essai "Paroles armées - Comprendre et combattre la propagande terroriste" (Lemieux éditeur). "Twitter était un terrain d'affrontement. Si ce terrain disparaît ou est moins facile, on déplace les bataillons ailleurs, c'est tout. Et là on se retrouve avec le problème de Telegram, ou du Darknet".
 
Pour l'expert américain Andrew Macpherson, spécialiste en cybersécurité au sein de l'University of New Hampshire : "Il est certain que les groupes terroristes continueront par tous les moyens d'utiliser les nouvelles technologies pour leur propagande", ajoute-t-il. "Comme ils chercheront toujours des moyens de maintenir et d'améliorer la confidentialité de leurs communications".
 
Pour cela, des logiciels d'anonymisation, de cryptage et de cyber-dissimulation sont faciles à trouver sur le web. Aucune compétence technique particulière n'est requise pour les utiliser, comme l'ont prouvé des affaires récentes dans lesquelles les enquêteurs ont été arrêtés dans leurs investigations par des téléphones cryptés, des messageries protégées par des mots de passe incassables ou des forums privés dans lesquels ils ne sont pas parvenus à pénétrer.
Source : AFP
 

 

My friend Cayla

Cadeaux de Noël : attention aux poupées espionnes

Faire des confidences à sa poupée, tout lui raconter, ses petits secrets les plus intimes, rien de plus normal pour une petite fille. La nouveauté aujourd’hui c’est que les poupées bien aimées se mettent à répondre, pour de vrai. Et à enregistrer tout ce qui se dit entre les deux amies. En outre, certains jouets connectés sont susceptibles de se transformer en "espions" en herbe, contrôlables à distance par un simple téléphone portable, préviennent des associations de défense de consommateurs européennes et américaines qui ont décidé de porter plainte.
 
Les craintes des défenseurs de la vie privée portent notamment sur deux jouets: "Mon amie Cayla" et "i-Que", qui requièrent l'utilisation d'une application sur téléphone ou tablette pour fonctionner, explique l'Association européenne de défense des consommateurs (BEUC) dans un communiqué publié mardi à Bruxelles. Ils sont manufacturés par Genesis Toys, qui se revendique numéro 1 mondial du jouet connecté, basé à Hong Kong.

Des données particulièrement vulnérables

Les enfants ont la possibilité de poser des questions simples aux poupées qui leur répondent. Toutes les conversations sont téléchargées, de façon cryptée, sur un serveur tiers. Une étude de l'organisme indépendant de protection des consommateurs norvégien (Forbrukkerradet), sur laquelle se basent les plaintes des différentes associations, souligne toutefois que le fonctionnement de "Cayla" et "i-Que" comme de simples écouteurs Bluetooth les rend particulièrement vulnérables.
"Il est très facile pour n'importe qui de se connecter à la poupée. Donc, si vous êtes à proximité de la poupée et qu'elle est allumée, il est facile pour un inconnu par exemple de se connecter et de parler au travers de la poupée et d'écouter ce que les gens disent au travers de cette connexion", a expliqué Finn Myrstad, responsable de la section Services numériques au Conseil norvégien des consommateurs.

Des associations portent plainte

"C'est un problème de sécurité qui a été signalé au fabriquant il y a presque deux ans. Ils auraient dû l'avoir réparé depuis", a-t-il regretté. Le rapport norvégien fait une recommandation simple, une légère modification : exiger un accès "physique" pour la connexion, comme presser un bouton pour valider le jumelage entre appareils. Dans son communiqué, le BEUC déplore en outre que toute parole prononcée par l'enfant joueur est transférée vers la compagnie Nuance Communications, spécialisée dans la technologie de reconnaissance vocale. Dans leur projet de plainte contre Genesis Toys et Nuance Communications devant la Commission fédérale du Commerce (FTC), quatre associations américaines soulignent que Nuance - qui affirme utiliser les données recueillies pour améliorer ses produits - vend sa technologie à des agences militaires, de renseignement et de police.
Au moins 18 associations de défense des consommateurs et de protection de l'enfance dans 15 pays européens et aux Etats-Unis vont porter le dossier devant les autorités concernées. Un troisième jouet, "Hello Barbie", est concerné par l'étude norvégienne. Le cas de la poupée, non commercialisée en Europe, avait déjà été soulevé aux USA par les défenseurs de la sécurité en ligne.
 

LIRE DANS UP : Barbie, une confidente très indiscrète

Source : AFP
 

 

réalité augmentée

Réalité augmentée : encore trop d'incertitudes !

La prise de conscience de la réalité augmentée (RA) connaît un développement rapide cette année avec la popularité du jeu Pokémon Go, dont de nombreuses organisations ont su tirer parti pour attirer leurs clients. Toutefois une nouvelle étude de l'association ISACA sur les technologies commerciales mondiales et la cybersécurité montre que les organisations européennes hésitent toujours à y recourir à des fins commerciales. Seuls 19 % des 1 651 professionnels européens sondés sont convaincus que les avantages de la RA l'emportent sur ses risques, la majorité demeurant dans l'incertitude à ce sujet.
 
« Nous nous attendons à une évolution de ces chiffres dans un avenir proche car les entreprises commencent à voir que la RA est une technologie intéressante qui produit des résultats commerciaux positifs, notamment dans l'amélioration de la formation, de l'éducation, du marketing et de l'expérience clientèle », a déclaré Rob Clyde, directeur du conseil d'administration de l'ISACA, association internationale regroupant plus de 140 000 professionnels de la sécurité, de l'assurance, du risque et de la gouvernance TI,  et conseiller de la haute direction chez BullGuard Software.
 
Pour l'instant, les questions de sécurité sont parmi les principaux obstacles à l'adoption de la RA, ainsi que des inquiétudes au sujet du rendement de cet investissement. Les résultats de l'enquête ont également montré que :
- 63 % des professionnels sondés dans le monde n'ont pas de politique concernant l'usage des applications RA en milieu de travail. Leur nombre passe à 70 % en Europe, et un autre groupe représentant 15 % des sondés européens ne savant pas si de telles politiques sont en place.
- 18 % des professionnels européens des technologies de l'information ont utilisé la RA en dehors du travail.
- 87 % des professionnels européens pensent que les internautes doivent être informés des risques en matière de confidentialité liés à la réalité augmentée, et 86 % pensent que les organisations devraient s'inquiéter des risques de confidentialité associés à cette technologie.
 
Même les organisations qui n'utilisent pas activement la RA devraient la surveiller, déclare M. Clyde. Les applications de graffiti virtuels qui utilisent la technologie RA pourraient dégrader les façades des immeubles, des monuments et d'autres surfaces avec des images négatives non autorisées. Si la majorité des sondés estiment que leur milieu de travail est vulnérable aux attaques de « graffiti virtuels », seulement 4 % des organisations européennes ont mis un programme en place pour les surveiller. Par ailleurs, seuls 20 % des professionnels sondés estiment que leur organisation dispose de moyens pour détecter les messages, images ou vidéos postés publiquement sur les réseaux sociaux géobalisés sur leur entreprise et susceptibles d'apparaître dans les applications de réalité augmentée qui regroupent ces informations.
 
Le baromètre annuel des risques/avantages TI de l'ISACA sonde des milliers de professionnels et de consommateurs de TI et de cybersécurité du monde entier pour révéler les attitudes et les comportements liés aux technologies et aux informations essentielles, et les compromis que les organisations et les consommateurs doivent envisager en évaluant à la fois ses avantages et ses menaces potentielles. L'étude de marché menée cette année dans cinq pays, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Inde et à Singapour, concernait les dispositifs connectés IoT et ceux optimisés par la RA.
 
Plus de trois consommateurs sur quatre dans chaque région sondée s'inquiètent que ces optimisations pourraient rendre leurs dispositifs plus vulnérables à une violation de la confidentialité.
 
Bien que la plupart des sondés aient communiqué une faible confiance dans leur connaissance de la technologie RA, la prise de conscience quant à ses bénéfices potentiels s'accentue. Un pourcentage significatif des sondés européens pensent que la technologie optimisée par la RA serait bénéfique dans un certain nombre de secteurs, tels que le divertissement (66 %), l'éducation (61 %), le marketing et les médias (59 %).
 
63 % des internautes britanniques estiment que les formations en milieu de travail s'appuyant sur la RA les aideraient dans l'exécution de leurs tâches, et 62 % pensent que les guides de formation optimisés par la RA seraient utiles dans leur vie quotidienne.
 
Le potentiel élevé de la RA est évident. Une estimation récente de Goldman Sachs prévoit que le marché matériel et logiciel lié à la réalité augmentée et à la réalité virtuelle représentera plus de 65 milliards £ d'ici 2025.*
 
Pour aider les organisations à surmonter les obstacles dans l'adoption de la RA et concrétiser ses avantages commerciaux, l'ISACA donne les recommandations suivantes :
 
- Étendre la surveillance des réseaux sociaux aux plateformes de RA. Tirer parti des politiques et de la surveillance des réseaux sociaux et les étendre aux plateformes de réalité augmentée.
- Envisager dans quels domaines la RA améliore l'activité économique de l'entreprise. La formation, les diagnostics et le marketing sont trois domaines dont le potentiel est particulièrement important.
- Réviser le cadre de gouvernance de l'entreprise et mettre à jour ses politiques. Intégrer l'utilisation de la RA à l'activité dans le cadre des procédures et des politiques organisationnelles, y compris BYOD (apportez votre propre matériel) et les politiques en matière de confidentialité.
- Instaurer la sécurité à chaque étape du processus. La sécurité est un élément crucial des initiatives de RA qui contribue à inspirer la confiance dans les données.
 
« Les entreprises doivent continuer à travailler sur leur agilité et sur l'application de mesures efficaces en matière de gouvernance, de sécurité et de gestion des risques pour exploiter pleinement les bénéfices de ces progrès technologiques. La surveillance proactive des activités malveillantes telles que les graffiti virtuels et les violations des données est cruciale pour permettre aux entreprises de tirer la plus-value des nouvelles technologies tout en atténuant les risques », a déclaré Christos Dimitriadis, Ph.D. CISA, CISM, CRISC, président du conseil d'administration de l'ISACA et directeur du groupe de sécurité de l'information chez INTRALOT.
 
Pour découvrir les résultats de l'enquête mondiale, ainsi que les analyses d'experts et les graphiques apparentés, consulter : www.isaca.org/risk-reward-barometer
 
 
*  « Virtual & Augmented Reality: Understanding the Race for the Next Computing Platform », 13 janvier 2016, Goldman Sachs.
 
À propos du baromètre 2016 des risques/avantages TI de l'ISACA
 
Le baromètre des risques/avantages TI annuel est un indicateur de confiance global dans l'information. Réalisé par l'ISACA, une, le baromètre sonde des milliers d'entreprises, de consommateurs et de professionnels des technologies de l'information dans le monde pour révéler les attitudes et les comportements liés aux technologies et aux informations essentielles, et les compromis qu'ils doivent envisager en évaluant les risques et les avantages. L'étude est fondée sur une enquête en ligne menée entre le 19 et le 29 septembre 2016 sur 6 591 membres de l'ISACA dans 140 pays. D'autres enquêtes en ligne ont été réalisées par M/A/R/C Research sur 1 230 consommateurs aux États-Unis, 1 000 consommateurs au Royaume-Uni, 1 000 consommateurs en Australie, 1 001 consommateurs en Inde et 1 000 consommateurs à Singapour. L'enquête américaine s'est déroulée du 6 au 8 août 2016, et les enquêtes au Royaume-Uni, en Australie, en Inde et à Singapour entre le 12 et le 23 août 2016. Avec un intervalle de confiance à 95 %, la marge d'erreur pour chaque pays particulier était de +/- 3,1 %.
 
Source : Business Wire – 14/11/2016 
 

 

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