UP' Magazine L'innovation pour défi

Bracelets connectés

Ces bracelets connectés qui veulent nous tenir en laisse

Dans le domaine des objets connectés, l’imagination est au pouvoir, pour le meilleur comme pour le pire. On ne compte plus les annonces d’objets connectés miracles, destinés à nous faciliter la vie. IoT (Internet of Things) cet acronyme devenu familier va envahir notre quotidien, bardé de promesses qui chantent. Mais parfois, on se prend à penser que les créateurs de certains de ces objets connectés prennent les humains à qui ils destinent leurs produits pour des individus décervelés, des sortes d’animaux bizarres acceptant sans sourciller d’être dressés à grands coups de réflexes pavloviens par l’intelligence technique. C’est le cas de deux bracelets connectés présentés cette semaine : l’un vous envoie 340 volts dans le poignet si votre compte bancaire passe dans le rouge ; l’autre mesure en temps réel votre taux d’alcoolémie pour vous faire entrer dans le droit chemin.
 
Vous avez tendance à faire du shopping sans compter et votre carte bancaire est atteinte de la maladie chronique de la surchauffe ? La société anglaise Intelligent Environments, dont la spécialité est la vente de logiciels destinés au secteur bancaire s’est associée avec la société Pavlok, spécialiste des bracelets connectés, pour vous éviter d’être à découvert et de subir les réprimandes de votre banquier. Le principe est simple : le bracelet que vous porterez au poignet est connecté avec votre banque et, dès le moindre centime de dépassement, vous recevez … une décharge électrique de 340 volts. Imparable pour reprendre vos esprits et filer doux.
 
 
Le directeur exécutif de la société, David Webber a déclaré à la BBC que son bracelet allait permettre à ses porteurs de retrouver un « bien-être financier ».  Sans sourire, le promoteur de cette technologie affirme qu’elle n’est pas destinée à exercer le moindre contrôle. On en doute car la plateforme est reliée aux banques qui pourront littéralement prendre leurs clients par la main.
Le même bracelet peut être couplé avec d’autres plateformes pour d’autres usages à imaginer. Par exemple, pour délivrer une petite décharge si la température de votre appartement est trop élevée, une autre pour vous inviter à être à l’heure à votre travail. On imagine l’usage que peuvent en faire les parents avec leurs enfants ou les enseignants avec leurs élèves : on s’assoupit en classe ? Allez, une petite décharge pour vous réveiller les neurones….
Bien entendu comme tout ce qui est connecté transmet et conserve des données, on peut s’inquiéter sur l’utilisation que pourraient en faire vos employeurs, vos assureurs, vos banquiers….
 
 
Quasiment en même temps, un autre bracelet connecté est présenté au public. Il s’agit cette fois du BACtrack Skyn, un bracelet qui vous dit quand vous avez trop bu. Cet objet est équipé de capteurs qui vont détecter la présence d’alcool dans votre sueur. Vous serez ainsi en mesure de savoir instantanément si vous pouvez prendre votre voiture. Les partisans de la lutte contre l’alcoolisme au volant seront légitimement ravis. Mais le bracelet est relié à un système de traitement d’information qui enregistre dans le temps votre consommation d’alcool. Ici encore, vous êtes tenu en laisse et surveillé en permanence.
 
Les deux bracelets, celui qui vous envoie des décharges électriques et celui qui espionne votre consommation d’alcool, ne sont encore pas reliés. C’est heureux car, si à chaque petit verre avalé on devait subir un choc électrique, les sorties entre amis risquent ne plus intéresser que les masochistes.
 
 
 

 

open lab

Lancement du CEA Tech pour concevoir l’usine de demain

Le CEA lance une nouvelle plateforme technologique visant à structurer une filière « Usine du Futur » d’excellence dans la Région Grand Est pour aider les industries et PME/PMI à améliorer leurs cycles de production et leur compétitivité. Une plateforme portée par la direction de la recherche technologique du CEA, CEA Tech, inaugurée lundi 30 janvier 2017, qui regroupe onze partenaires industriels collaborant sur les thématiques de la réalité virtuelle, de la robotique collaborative ou encore de la logistique intelligente.
Photo : Inauguration de la plateforme Fflor dédiée à l’usine du futur portée par CEA Tech Metz Grand Est. Photo ©Anthony PICORÉ
 
Les défis que doivent relever les usines aujourd'hui sont complexes : flexibilité à la commande, agilité de reconfiguration des postes de travail, productivité, investissement progressif contrôlé, connectivité des systèmes et surtout place de l'homme. Ils requièrent un saut technologique conséquent, une réorganisation des postes et des flux.
La plateforme « Usine du Futur », appelée Future Factory @ Lorraine (FFLOR), offre aux industriels, quel que soit leur secteur d'activité et quelle que soit leur taille, la possibilité d'améliorer et de faciliter leurs processus de production en testant puis en validant les nouveaux concepts de l'usine de demain. Au service de la compétitivité de l'industrie française, elle répond à la mission du CEA et notamment à son action régionale portée par CEA Tech qui en s'insérant dans un dispositif local d'ensemble, avec un rôle précis et complémentaire des autres acteurs scientifiques et économiques, apporte une nouvelle impulsion dans le but d'augmenter la diffusion technologique et de compétences dans le tissu industriel.

Des clés nouvelles pour aborder l’Usine du futur

En réunissant au cœur d'un site industriel plusieurs catégories d'acteurs, l'ambition de FFLOR est de structurer une filière « Usine du Futur » d'excellence en Grand Est : industriels finaux qui indiquent leurs besoins et précisent les road map sectorielles, équipementiers qui apportent des technologies émergentes mises en œuvre par des intégrateurs, CEA Tech et ses partenaires académiques fournissant la R&D complémentaire. Ce cercle vertueux, animé par des groupes de travail thématiques, permet aux uns d'avoir accès de manière simple à des solutions pertinentes et personnalisées, aux autres de monter en compétences, d'acquérir du savoir-faire ou de s'ouvrir de nouveaux marchés, tout en intégrant de nouvelles technologies dans et avec le tissu économique de la Région Grand Est.
Didier Besnard, directeur de CEA Tech en régions, constate que : « L'introduction de nouvelles technologies et l'utilisation massive d'outils numériques transforment  profondément l'industrie dans le monde entier. CEA Tech, au cœur de ce mouvement, poursuit sa mission de compétitivité et complète son réseau d'offres technologiques vers les entreprises sur l'ensemble du territoire. Avec FFLOR, dispositif unique implanté sur le site industriel de PSA, le CEA peut désormais amplifier et accélérer le transfert des technologies au tissu économique de la Région Grand Est, quels que soient la taille et le secteur d'activités de nos partenaires ».

Quatre thématiques clés pour de multiples combinaisons technologiques

Sur 1000 m2, les équipements de la plate-forme FFLOR couvrent plusieurs thèmes de travail maitrisés par les équipes de l'institut List de CEA Tech : robotique collaborative pour le partage d'une tâche ou d'un espace avec un opérateur, manipulateurs intelligents et « cobots »[1] pour le déplacement de charges ou l'application d'efforts en toute sécurité, réalité virtuelle pour la conception de nouveaux postes de travail,  la formation aux opérateurs ou l'analyse ergonomique des postes de travail en minimisant les risques liés aux troubles musculosquelettiques (TMS), logistique intelligente  pour l'approvisionnement automatique en bord de ligne ainsi que la connectivité, et l'interopérabilité des systèmes via des solutions open source.
Axée sur le développement de solutions innovantes pour les industriels, la collaboration avec les équipes de CEA Tech prend la forme de simples tests de faisabilité d'un concept ou d'un process, à un projet de 6 à 12 mois combinant plusieurs technologies ; ce projet doit aboutir à un système de niveau de maturité technologique élevé [2] (TRL 6 ou 7), à forte valeur ajoutée, quasiment prêt à être intégré sur le site de production.

20 partenaires industriels à l'horizon fin 2017

Les onze premiers partenaires [3] de CEA Tech sur FFLOR ont signé une charte de collaboration leur permettant de travailler via deux options. Adhérer pour assister à des démonstrations ou réaliser des essais à partir des équipements disponibles sur FFLOR, ou adhérer dans le cadre d'un projet de R&D avec CEA Tech. Dans ce dernier cas, FFLOR est le support d'un partenariat qui vise à développer ou adapter spécifiquement une technologie répondant au projet de l'industriel. Le projet est mené jusqu'à la validation en conditions représentatives du site de production. Outre les projets spécifiques, les industriels peuvent également avoir des problématiques communes discutées dans des groupes de travail. En partant de son projet spécifique, chaque adhérent peut donc échanger idées et expériences avec d'autres industriels, déclencher éventuellement des actions de R&D pour répondre aux problématiques soulevées, et mettre en œuvre les résultats dans son projet applicatif.
 
La plateforme FFLOR s'inscrit dans une stratégie d'ensemble du CEA sur la thématique de l'Usine du Futur, destinée à couvrir les besoins en innovation de ses partenaires industriels. Membre fondateur de l'Alliance Industrie du Futur, le CEA déploie cette stratégie au niveau national pour le développement de nouvelles innovations, et se décline à Trémery au plus proche des partenaires industriels pour leurs tests et leurs validations de terrain.
 
Philippe Richert, Président de la Région Grand Est, ancien Ministre a déclaré que : « Faire de la Région Grand Est un des leaders européens de l'usine du futur, est l'objectif que s'est fixé la Région pour soutenir la compétitivité industrielle des PME du Grand Est et développer l'attractivité de notre territoire. C'est pourquoi, je suis fier aujourd'hui, de réaffirmer ici, au sein de la plate-forme CEA Tech Usine du futur, à Trémery chez PSA, le plan en faveur de l'industrie lancé par la Région dès janvier 2016.
Il s'agit dans un premier temps d'accompagner nos entreprises à réussir leur mutation, en réalisant un diagnostic de performance industrielle pour intégrer les nouvelles technologies et les process, tout en optimisant les ressources énergétiques et en repensant la place de l'homme dans l'entreprise.
En 2016, nous avons déjà accompagné 81 PME en ingénierie et interventions financières. Aujourd'hui, nous visons 100 à 150 entreprises supplémentaires accompagnées chaque année sur tout le territoire du Grand Est.
Dans cette dynamique et parce que l'Usine du futur est le défi d'une quatrième révolution industrielle, j'ai lancé la 2ème Communauté des leaders Usine du Futur du Grand Est, en décembre dernier, à Florange chez Thyssenkrupp Presta France. Cette communauté, soutenue par la Région, rassemble les PME engagées dans la démarche. Elle a pour objectif de créer des réseaux et des synergies entre nos entreprises pour gagner la bataille de la compétitivité et de l'emploi. »
 
Technologies clés et équipements disponibles pour l'Usine du Futur en Grand Est :
-Réalité virtuelle et réalité augmentée
Equipements disponibles : Les technologies de réalité virtuelle et augmentée de FFLOR sont issues des recherches menées au sein de CEA Tech.
-Robotique collaborative et cobotique
Equipements disponibles : 15 robots collaboratifs prévus à l'horizon 2018 dont 7 Robots collaboratifs sur bases mobiles (Kuka iiwa, ABB YuMi, Universal Robot), 2 convoyeurs de 10 m avec postes pas à pas et ripeurs, le manipulateur Cobomanip de Sarrazin Technologies, pour la manipulation de charges lourdes ; le robot « cobot » de la start-up Isybot (essaimage du CEA),  pour assister l'opérateur dans des tâches de finition (ponçage/polissage).
-Logistique intelligente
Equipements disponibles : une flotte de 3 chariots automatisés AGV de la société Asti circulant sur la plate-forme. 8 AGV sont prévus à l'horizon 2018.
-Connectivité et interopérabilité
Equipements disponibles : une architecture réseau de 1 Gbit permettant la connexion de l'ensemble des équipements sur 300 points de raccordement.  Pour réaliser une communication transparente entre les différents systèmes, les projets de FFLOR s'appuient sur Tango Controls, une boîte à outils logiciel open source qui facilite le développement d'une interface de communication pour chaque équipement.
(Source : CEA Tech)
 
[1] Robots collaboratifs
[2] L'échelle TRL (Technology readiness level) évalue le niveau de maturité d'une technologie jusqu'à son intégration dans un système complet et son industrialisation
[3] ABB, Asti, ER Ingénierie, Fives, Grundfos, Opteamum, PSA, WM 88, Schneider Electric, SEW usocome, Thyssenkrupp
 
 

 

textiles connectés

Les nouveaux textiles connectés et innovants dans tous leurs états

Les 18 et 19 janvier 2017, chercheurs, utilisateurs, prescripteurs et industriels de textiles techniques se sont retrouvé au FUTEX, Convention Européenne des Textiles Interactifs, pour tenter de répondre aux questions autour des textiles innovants. Quelle vocation ont-ils en milieu hospitalier ? Comment vont-ils aider à l’univers de la maison ? Comment peuvent-ils améliorer nos pratiques sportives ?
L’occasion de faire un point sur les dernières innovations et les projets en cours.
 
Christine Browaeys, dans son trés intéressant ouvrage "Les enjeux des nouveaux matériaux textiles" (1) annonce que "Le matériau textile connaît une révolution extrêmement rapide qui n'est pas sans rappeler la formidable évolution des TIC vécue ces dernières décennies. Aujourd'hui, le textile concerne tous les secteurs industriels, car il est utilisé pour ses performances techniques et des propriétés fonctionnelles avec le concours de plusieurs disciplines, comme la chimie pour concevoir de nouvelles fibres ou greffer toutes sortes de molécules sur la surface d'une étoffe, la physique et la mécanique pour étudier les propriétés des fibres, les mathématiques et l'informatique pour imaginer et stimuler de nouveaux entrelacements, la biologie afin d'optimiser génétiquement les fibres anturelles, voire de les imiter."
Ah ! esprits ! soyez utiles ! servez à quelque chose.
Ne faites pas les dégoûtés quand il s'agit d'être efficaces et bons.
L'art pour l'art peut être beau mais l'art pour le progrès est plus beau encore". Victor Hugo, William Shakespeare, 1864
Le textile technique, c’est ainsi que les spécialistes appellent les fibres de haute technologie, offrant des fonctions nouvelles. Destiné à l’usage industriel, ce textile est constitué de fibres techniques ayant des caractéristiques choisies pour une ou des applications bien déterminées (non-feu, résistance mécanique, conductivité électrique, protection, isolation, etc.) Ainsi, les domaines d’applications sont très divers : tenues ignifuges des pompiers, joints d’étanchéité des centrales nucléaires, isolation des bâtiments, airbags, vêtements antibactériens, couettes anti-acariens...
Les textiles interactifs ou “intelligents” sont une sous-catégorie des textiles techniques. Ils interagissent avec la personne qui les porte ou avec leur environnement.
Plus précisément, ils contiennent des circuits électriques ou des fibres conductrices qui permettent de conduire des signaux électroniques et de l’électricité pour permettre de communiquer et de travailler grâce à l’utilisation de textiles intelligents.
L’énergie nécessaire au fonctionnement de ces outils peut venir de l’énergie solaire, de piles, de batteries et de l’être humain lui-même.
 
HELIOSENSE de Wired Beauty, le capteur UV
 
Par exemple, étant antibactériens, anti-odeurs, thermorégulateurs ou anti-UV, les nouveaux textiles deviennent bioactifs pour améliorer notre confort et révolutionner la pratique sportive. D’autres applications sont des téléphones connectés dans les vestes, un GPS intégré dans les chaussures de montagne ou les vestes de ski, du chauffant ou des signaux lumineux dans les gants de cycliste.
 
Dans le secteur de la santé, l’intégration de capteurs dans le textile et de petits panneaux d’affichage permettent de mesurer le rythme cardiaque, la tension pendant l’effort et donner des informations sur la performance. On peut ainsi enregistrer les battements cardiaques, réaliser un électrocardiogramme, mesurer la qualité de la respiration, corriger la posture du dos, surveiller les saignements à l’intérieur d’un pansement, prévenir les risques d’escarres dans un lit d’hôpital ou diagnostiquer l’épilepsie. Ce ne sont que quelques-unes des promesses articulées par les nouveaux textiles et fibres connectés.
D’ailleurs, jusqu’à présent, un médecin n’avait pas connaissance des événements qui s’étaient déroulés entre deux visites et ne pouvait se fier qu’aux déclarations du patient. Cela va changer complètement puisque les objets connectés vont permettre un monitoring en temps réel et continu de l’état de santé des patients (lentilles mesurant le taux de glycémie, patchs connectés, habits intelligents avec capteurs, etc.)
 
Il existe différents types de matériaux. Les passifs qui sont des capteurs de son, pression, lumière ou tension. Ils perçoivent les signaux de l’environnement ou des stimuli. Les actifs peuvent être des alliages à mémoire de forme, diodes émettant de la lumière, matériaux électroluminescents, cellules photovoltaïques, fibres optiques, encres thermo chromatiques ou photochromatiques. Ils perçoivent les signaux et y réagissent. La dernière catégorie sont les matériaux très intelligents : ils perçoivent les signaux, y réagissent et s’y adaptent.
 
Voici un résumé des innovations dans les textiles connectés présentés à la Convention Européenne des Textiles Techniques FUTEX 2017 :
 
CAL JACKET / VITRUVIAN PROJECT - PROTOTYPE C1
Veste féminine qui recharge les batteries grâce à l’effet Seebeck. Cet effet correspond à l'apparition d'une tension produite par une différence de température entre des corps conducteurs qui convertissent ce flux en courant électrique. Portée à même la peau, cette veste en texture 3D explore le potentiel des échanges thermiques entre le corps et l’air ambiant. Les manches sont réalisées en tissu S.Café.
Ce «streetwear» constitue un premier exemple de vêtement récupérant en continu une partie de l’énergie produite par le corps humain.
Développé par Design Percept, Vitruvian Power, EDF, IFTH et Tresse Industrie
 
Veste Sol Jacket Prototype S1
SOL JACKET / VITRUVIAN PROJECT - PROTOTYPE S1
Veste masculine qui capte la lumière afin de la retransmettre pour recharger des batteries. cette veste en cours de développement produit plus de 4 Watts en captant la lumière durant la journée. Elle intègre des cellules photovoltaïques et des lampes OLED. Les systèmes et connectiques sont amovibles. La doublure anti-odeurs et anti-bactérienne est en tissu S.Café®. 
Développé par Design Percept, Vitruvian Power, EDF, IFTH et Tresse Industrie  
 
T-shirt Psyche
PSYCHE T-SHIRT INTELLIGENT ET BOITIER ELECTRONIQUE POUR LE MONITORING PSYCHOLOGIQUE
Intégrés dans le tissu de ce t-shirt intelligent, des capteurs discrets enregistrent le rythme cardiaque, respiratoire, et les mouvements de l’individu qui le porte. L’objectif : avoir des indicateurs sur l’activité, le sommeil ou le stress de la personne, notamment dans le cadre d’un suivi à distance des troubles de l’humeur. Ces informations sont stockées sur une mémoire flash amovible et transmises en temps réel par technologie Bluetooth vers un téléphone portable qui sert de relais, permettant d’adapter le traitement ou les recommandations.
Design Jean Luprano Développé par le CSEM et Smartex
    
DOUDOUNE INTELLIGENTE / COMBI-PILOTE COLD
Les vignettes intégrées aux vêtements sont sensibles aux variations thermiques et aux rayons UV. Elles changent de couleur progressivement pour informer les parents quand la température du corps de l'enfant change.
Développé par MySenses
 
BODYCONNECT
Start-up française spécialisée dans la création et la fabrication de vêtements de sport pour les amateurs et les professionnels. Ces produits intègrent des Biocapteurs qui grâce à leurs DATA-LOGGER sont capables de mesurer l’activité des sportifs afin de leurs permettre la lecture des fréquences et variabilités cardiaques, des distances parcourues, de la vitesse de déplacement, de l’énergie dépensée, du nombre et de la puissance des impacts.
 
WarmX POUR FEMME
Collection sous-vêtements chauffants destinés à l'outdoor. Conçus à partir d'une cartographie du corps humain, ils sont alimentés par un micro régulateur. Le textile est composé de fibres d’argent aux propriétés conductrices et antimicrobiennes.
 
LUMIGRAM par JACQUELINE LUMI
Gilet prêt à porter en tissu de fibres optiques, réalisés pour Futurotextiles.    
 
Maillot de bain Spinali
MAILLOT DE BAIN LIGNE NEVIANO par Spinali Design
Maillot de bain composé d’un électronique SD UV connecté au Smartphone via une application IOS/Androïd donnant accès sur smartphone aux services qui indiquent les UV et quand il faut remettre de la crème.  Neviano UV Protect est équipé d’une puce RFID, invisible à la vue et au toucher, capable de résister à l'eau.
Développé par SPINALI DESIGN FR
 
Le Hövding
UN AIR BAG POUR VÉLO, LE HÖVDING 
Ce trou du cou pour cycliste est équipé d’accéléromètres et de gyroscopes qui permettent de détecter les chutes, de manière à ce que le sac en nylon se remplisse d'hélium pour protéger contre des chocs au moment de l'impact. Il suffit d’un dixième de seconde pour gonfler le casque.
Design Anna Haupt et Terese Alstin Développé par ALVA
 
Foulard Wair
LE FOULARD ANTIPOLLUTION WAIR
Le foulard anti-pollution WAIR (prototype) est composé de 3 parties : un foulard, un masque antipollution et un module de filtration active.
Utilisé seul, le masque antipollution et son filtre interchangeable permettront de filtrer les microparticules. Un élément de confort et d’étanchéité en silicone fait la liaison entre le visage et le masque antipollution. Activé, le module de filtration active soufflera l’air pur vers l’appareil respiratoire de l’utilisateur.
En plus de ce foulard, une application sera disponible sur IOS et Android : SUP’AIRMAN (en cours de développement). Cette application permet de connaitre la qualité de l’air environnant afin d’optimiser notre itinéraire pour éviter la pollution.
Développé par WAIR FR
 
MANCHON DE DÉMONSTRATION DE DÉGIVRAGE
Tibtech réalise des fils et tissus permettant le transfert d’énergie électrique ou optique afin de fonctionnaliser les matériaux composites en carbone ou en verre.
La nappe chauffante TIBGRID inséré entre deux plis matériaux composites permettant d'optimiser et d'apporter la puissance nécessaire au déchiffrage du matériau.
Développée par TIBTECH Innovations FR
 
SMARTEX WWS NATURAL T SHIRT
Le système de bien-être portable (WWS) est conçu spécialement pour surveiller en permanence un groupe de paramètres physiologiques. Cette brassière en fibre naturelle est composée d’un dispositif électronique dédié à l’acquisition, au traitement et au stockage des données.
Le dispositif électronique est équipé d’un processeur puissant qui, à travers l’utilisation élabore les signaux acquis pour extraire plusieurs paramètres tels que la fréquence cardiaque et fréquence respiratoire.
Les signaux respiratoires, la posture et / ou la classification des activités (repos, debout, marcher, courir), l’estimation des dépenses énergétiques…
Toutes ces données sont obtenues au moyen de capteurs intégrés dans la structure textile qui compose le vêtement.
Développé par Smartex IT
 
SMARTEX PPE T SHIRT POUR LES POMPIERS
T-shirt composé d'un système de surveillance constitué d'une électrode maillée avec un tissu ignifugé certifié. Les signaux physiologiques qui peuvent être récupérés sont l'électrocartographie, la respiration, la fréquence respiratoire.
Développé par Smartex IT
 
e-textile Alphaco
ALPHACO
Alphaclo développe et produit le premier e-textile du monde qui peut mesurer et surveiller votre activité musculaire en temps réel. Alphaclo a des applications polyvalentes dans la surveillance musculaire. Ce produit utilise des capteurs textiles extrêmement souples pour mesurer les signaux mécaniques de vos muscles lorsque vous faites du sport.
Cette technologie est appelée mécanomyographie ou MMG. Grâce à des capteurs textiles incorporés et des tissus conducteurs, toutes les données d’activité musculaire enregistrées peuvent être suivies via des dispositifs d’accompagnement.
Développé par Korea Textile Trade Association KR
 
Brassière Running
BRASSIÈRE RUNNING FEMME KALENJI
Cette brassière de course à pied permet à la sportive d’obtenir ses données lors de sa séance de sport sur son téléphone et/ou sa montre connectée.
Les capteurs cardio intégrés dans l’élastique sous poitrine sont compatibles avec les cardio fréquence mètre ayant une ceinture avec un émetteur amovible qui se clipse.
Développée par Décathlon FR
 
T SHIRT RUNNING HOMME KIPRUN
Ce t-shirt possède des électrodes intégrées pour mesurer la fréquence cardiaque. Il se porte prêt du corps comme une seconde peau pour limiter au maximum les mouvements du produit et ainsi éviter les irritations. De plus, il est conçu avec la technologie «seamless» qui permet de ne pas avoir de coutures sur le torse et donc d’éviter tous les frottements. Ce t-shirt est conçu avec la technologie «equarea» qui permet de rester au sec tout au long de sa course. Votre transpiration est absorbée et sèche rapidement.
Développé par Décathlon FR
 
Sac SOLOGNE
Sac crée par Dognin spécialement pour le musée du château de Chambord. A l'intérieur de ce sac en lin à mémoire de forme est intégré un QR code et un code à Bulles, véritable empreinte digitale 3D qui permettent de recevoir directement sur son Smartphone les informations du produit, la traçabilité la garantie d'origine.
Développé par Dognin FR
 
E THREAD
Primo1D intègre discrètement des micro puces électroniques dans un fil qui peut être incorporé dans le textile ou moulé et extrudé dans les plastiques. Les fils E-Thread® sont manipulés comme n’importe quels autres fils. Ils intègrent l’intelligence au coeur des matériaux et des objets, tout au long de leur vie, de la création au recyclage grâce à une carte d’identité invisible dans une couture.
Un seul morceau de 20 cm d’E-Thread® intégrant une étiquette RFID invisible, cousue dans une couture ou brodée dans un logo peut servir d’antivol, d’authentification, de contrôle de la production …
Développé par Primo1D FR
 
Veste SMARTEX PPE
Veste de pompier avec des fentes incluses pour les capteurs de température externes, gaz, émetteur radio, Smartphone, localisateur. Le gaine de protection est câblée pour permettre le rechargement des différents dispositifs sans les retirer de leur boîtier.
Développé par Smartex
 
VESTE À ÉNERGIE
Ce générateur électrique solaire s'adapte sur une veste de combat ou un sac à dos pour fournir, sur des zones isolées, une alimentation 12V pour alimenter un projecteur à LED, un système radio, de brouillage… Grâce à une prise multiple incluse et une sortie USB 2.5A, l’appareil charge également smartphones et tablettes.
Développée par Tecknisolar FR
 
LEGGING OM-IH
Très doux au toucher, ce legging intègre la technologie Seacell, une fibre artificielle à base d'algues qui favorise la circulation sanguine et la régénération cellulaire de la peau.
 
CHAUSSURES CONNECTEES  QUI DETECTENT DES CHUTES ET EVITENT DE FRANCHIR UNE ZONE A DANGER
L'entreprise française Parade a conçu deux types de modèles de chaussures connectées. Le premier intègre un détecteur de chute qui intéresse la sécurité des travailleurs isolés. Tandis que le second embarque un système de Geofencing qui prévient l'utilisateur de la proximité d'une zone dangereuse.
Ces deux modèles devraient être disponibles en mode locatif à partir du 2ème ou 3ème trimestre de l'année 2017. Vues sur Expoprotection 2016 et présentées à FUTEX 2017.
La première paire de chaussure connectée embarque dans sa semelle un dispositif qui détecte la perte de verticalité suivie  d'une position immobile. Dès lors, ce système intelligent envoie vers une plate-forme dédiée une alerte par SMS. Le message transmis à un opérateur contient les coordonnées de géolocalisation de l'opérateur nécessaires pour faire intervenir les secours. Une fois l'accident pris en main, un message tactile est envoyé à la victime qui le recevra sous forme de vibration dans la chaussure. Ce système électronique gros comme un carré de sucre a été conçu en partenariat avec le stéphanois Nov'In.
La deuxième paire de chaussures conçue cette fois pour empêcher les opérateurs de se rendre en zones interdites grâce à une technologie de Geofencing développée avec Eurogiciel, une société spécialisée dans l'informatique embarquée. Le système de détection repose sur deux technologies différentes : le GPS et les balises Beacon. Dans le premier cas, la semelle intègre des dispositifs qui géolocalisent par borne de triangulation la position de l'opérateur. Elle embarque aussi les données cartographiques des zones de danger. Résultat, lorsque la personne s'en approche, une vibration dans la chaussure vient le mettre en garde. Dans le second cas, la détection se fait par balises Beacon implantées sur le site. Résultat, dès que la chaussure entre dans le périmètre de détection, une alerte est déclenchée par appel téléphonique, envoi de SMS ou d'email tout en déclenchant une vibration pour avertir le porteur.
 
Nous concluerons également avec les propos de Christine Browaeys (1) : "Le rôle véritable du textile n'est pas évident à appréhender, nous le considérons souvent comme banal, ordinaire tant il nous est familier. Pourtant le textile est un matériau polyvalent qui n'a pas fini de nous surprendre. [...] Les activités textiles contemporaines connaissent une formidable révolution, sources de nouvelles réalités sociales et économiques. Ces bouleversements ne sont pas sans effet sur la conscience que "les gens du textile" peuvent avoir d'eux-mêmes, jusque dans l'appréhension de leur identité propre."
 
(1) "Les enjeux des nouveaux matériaux textiles" de Christine Browaeys - Edition InterSections, 2014
 

 

 

robots

Tendances confirmées en 2016 : robotique et révolution de l’humain augmenté

Bye bye 2016. C’est le moment de faire un premier bilan des innovations technologiques qui n’ont pas manqué de se succéder tout au long de l’année. Une tendance de fond s’installe durablement. Celle de l’influence grandissante des technologies robotiques dans notre vie quotidienne. C’est l'analyse du dernier carnet de tendances digitales de 2016 dédié à la robotique, réalisé par l’agence de marketing digital Valtech. Ses choix rejoignent les alertes et décryptages qu'a fait, pour ses lecteurs, UP Magazine tout au long de l'année.
 
Les technologies robotiques occupent un vaste prisme d’applications. Du robot assistant, digne du dernier spin-off  de Star Wars à la messagerie conversationnelle dont l’utilisation a explosé cette année, l’être humain entre fréquemment en contact avec les différentes formes d’intelligences artificielles. Certains vont plus loin et implantent des puces électroniques dans l’organisme pour simplifier le quotidien. Si le sujet prête aux fantasmes futuristes, certaines applications peuvent représenter de réelles avancées. D’autres posent, en revanche, de véritables questions morales. Pour y répondre, il est nécessaire de prendre du recul dans un monde qui se jette souvent dans la quête de l’innovation permanente. Les questions éthiques doivent être le corollaire du développement de la technologie robotique, à mi-chemin entre progrès humains et choix de civilisation.

Des repas de Noël cuisinés par des bras articulés

C’est le défi incroyable lancé par l’entreprise londonienne Moley Robotics. L’objectif : transmettre à un robot les capacités culinaires d’un chef étoilé pour préparer un repas sans aucune intervention humaine. L’individu pourrait alors décharger cette activité à la technologie et consacrer plus de temps à ses loisirs et sa vie personnelle. Pour l’heure, si beaucoup ont à cœur de cuisiner pour leur foyer, les autres qui rêvent d’échapper à cette corvée auront tendance à être sceptique sur la viabilité du système. Et pourtant, les deux bras articulés, baptisés Automated Kitchen, sont le résultat d’une année de développement en partenariat avec la prestigieuse université Stanford, située au cœur de la Silicon Valley.
Ce sont ainsi 20 moteurs et 129 capteurs qui permettent de mettre aux fourneaux les 2 bras articulés qui se coordonnent au sein d’un plan de travail spécifique conçu par la société. La technologie utilisée fait appel à plusieurs chefs professionnels. Ces derniers ont conçu plusieurs recettes à l’aide de gants capteurs de mouvements. Les caméras 3D intégrées au robot les ont analysé et transféré dans plusieurs algorithmes qui permettent à Automated Kitchen de recréer ces mouvements humains de façon minutieuse.  Moley Robotics compte mettre plus de 2000 recettes à disposition de ses clients qui pourront les sélectionner depuis une application smartphone. On pourra activer son robot cuisinier à distance pour que le repas soit prêt en arrivant chez soi. Les premières commercialisations sont attendues en 2017. De quoi espérer la préparation d’un festin, dès Noël prochain, en attendant les bras croisés !

LIRE DANS UP : Ce robot chef est capable de cuisiner seul des milliers de plats

Trouver le cadeau parfait grâce à la conversation instantanée

Les professionnels du marketing sont unanimes. L’année 2016 a marqué l’avènement des chatbots dans nos façons de nous informer et consommer. Dans un délai record, ces assistants virtuels intelligents ont envahi nos applications favorites pour discuter de nos envies, nos besoins, les analyser et proposer les services ou produits adaptés. Dans cette nouvelle étape de la transformation digitale et virtuelle, les marques espèrent bien conquérir un large public. On compte 3 milliards d’utilisateurs mensuels de messagerie instantanée sur lesquels les chatbots peuvent être installés.
 
Dans l’univers de la beauté, Sephora, enseigne du groupe LVMH, capitalise sur la période des fêtes pour aider ses clients à trouver le cadeau idéal. Si le service tombe à point nommé pour les impatients et les coutumiers de l’achat à la dernière minute, il compte bien séduire tous les publics par la précision de ses recommandations. Accessible via Facebook Messenger, Beauty Bot demande ainsi l’âge, le sexe et le prénom du destinataire du cadeau. À nous d’informer ensuite le robot conseiller sur le style de la personne (BCBG, fashionista, bohême…) et le type de produit souhaité (parfums, soins du corps…).
 
On accède alors aux premières propositions du robot virtuel. Elles peuvent être affinées en mentionnant le budget souhaité. Dès que le cadeau est sélectionné, la géolocalisation informe l’utilisateur de l’ensemble des magasins à proximité où le produit est disponible en stock. Temps moyen du processus : une vingtaine de secondes. Et ce, n’importe quand. Une opportunité d’accroître le trafic web-to-store pour Sephora qui compte développer le service pour de nouvelles occasions comme la Saint Valentin ou la fête des mères.

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L’espèce humaine augmentée

Et si l’homme pouvait se passer définitivement de son boîtier pour ouvrir la portière de son véhicule ? Si son médecin pouvait contrôler à distance son taux de glycémie tout en restant à domicile ? Ces applications en développement correspondent à une technologie : l’implantation de puces électroniques dans l’organisme.  Elles permettraient à chacun d’accéder à un univers de science-fiction réservé jusque-là aux salles de cinéma.
 
Au sein de l’Epicenter, un immeuble récent du quartier d’affaires de Stockholm, le virtuel est devenu réel. Les salariés des sociétés travaillant dans le bâtiment se sont vu proposer l’implantation d’une puce de technologie RFID pour les accompagner dans la gestion de leurs tâches au quotidien. Dans la pratique, plus besoin de badge ou de mot de passe à taper. Les salariés qui ont accepté passent directement les portiques de sécurité et la photocopieuse réagit à leur présence dès qu’ils sont à proximité. Même logique au restaurant d’entreprise où ils règlent leurs commandes directement grâce à leurs doigts. Les puces RFID (Radio Frequency Identification), pas plus épaisses qu’un grain de riz, s’implantent dans la main en quelques secondes. Pour une douleur comparable à celle d’une piqûre d’aiguille.
 
Cette technologie a l’avantage de ne pas être dépendante aux sources d’énergies, à l’inverse de nos objets connectés qui peuvent tomber en panne. Quand au périmètre de reconnaissance de la fréquence de chaque puce, il est de quelques mètres pour chaque lecteur. Ce qui empêcherait en pratique de tracer le porteur tout au long de ses déplacements.
 
C’est sur ce point que les débats sont les plus vifs. Éthiquement, n’est-on pas en train d’assister à l’émergence d’un mode de contrôle permanent de l’espèce humaine ? Aux frontières du choix de civilisation, ces nouvelles applications obligent à poser des cadres juridiques stricts. Et à garantir un niveau de sécurité optimal. Imaginons les conséquences d’un piratage du système. Des hackers seraient alors en mesure de récupérer une série d’informations personnelles et de contrôler nos accès à distance. De quoi vivre le côté sombre d’un film de science-fiction.

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satellite innovant

Un satellite pour étudier les cours d’eau du monde

Comment anticiper et mesurer les ressources en eau de la planète afin de s’adapter aux effets des changements globaux ? C’est l’un des objectifs du futur satellite SWOT, développé dans le cadre d’une collaboration franco-américaine lancée il y a près de 10 ans, qui va révolutionner les pratiques à 891 km d'altitude avec un altimètre capable de surveiller les fleuves et lacs de notre planète. Décollage prévu en avril 2021.
 
Le 11 novembre 2016, à Marrakech, sept acteurs de l’eau français, organismes de recherche, financeurs et gestionnaires (AFD, CNES, OIEau, Compagnie Nationale du Rhône, IRD, Irstea, BRLi) ont officiellement signé un accord de groupe de travail afin d’utiliser le futur satellite SWOT pour suivre les ressources en eau de la planète.
Anticipant sa mise en service prévue en 2021, des scientifiques dans les laboratoires d’Irstea  s’activent pour mettre au point des algorithmes qui permettront de convertir les données du satellite en données opérationnelles pour le suivi de la ressource en eau à l’échelle de la planète. Avec des résultats plus que satisfaisants…
 
Un rapport de la NASA, le projet GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment), effectué entre 2003 et 2013 affirme que l’eau douce se fait rare et que nous en manquons de plus en plus. En effet, sur 37 cours d’eau étudiés, 21 sont en voie d’épuisement. Huit d’entre eux n’ont d’ailleurs peu ou pas de ressources d’eau à l’heure actuelle. Ils pourraient donc potentiellement être à sec à l’avenir, ce qui serait un désastre pour toutes les formes de vies qu’ils supportent et pour nous, humains. Il est donc essentiel de les surveiller … de près.
 
Les satellites ont révolutionné l'océanographie, ils bouleverseront demain l'hydrologie. La mission franco-américaine Swot (Surface Water and Ocean Topography) devrait en être la pierre angulaire en emportant dans l'espace un instrument de rupture technologique, un radar interférométrique large fauchée dénommé KaRIn.
 
En 2021, le satellite SWOT, construit par Thales Alenia Space, survolera la terre équipé de cette technologie de rupture [1], qui effectuera des mesures de hauteur des eaux de surface sur deux fauchées de 60 km de part et d’autre de la verticale du satellite (contre quelques kilomètres actuellement !). Le tout avec une précision altimétrique (technique d'observation à hauteur des mers) de l’ordre de 10 cm, lorsque les mesures haute résolution sont moyennées sur des zones de 1 km². Parmi les atouts de l’approche satellitaire : la possibilité de couvrir les fleuves des zones peu accessibles de la planète et les moins bien renseignées, la transparence de l’information entre pays en particulier sur les bassins transfrontaliers, une couverture globale du globe, ainsi qu’une homogénéité de la mesure, de ses traitements et de son archivage. Ainsi, par exemple, seules deux stations hydrométriques étaient encore récemment opérationnelles sur le fleuve Congo pourtant long de 4700 kilomètres et traversant quatre pays. Le projet SWOT d’un milliard de dollars est financé au deux tiers par la NASA et un tiers par le CNES.

Du high-tech pour la mesure des débits des cours d’eau

Plusieurs équipes scientifiques françaises et américaines travaillent depuis environ sept ans sur la conversion des données du type de celles qui seront acquises par le satellite en débits des rivières et des fleuves. Les données brutes reçues depuis l’espace sont traduites en hauteurs d’eau par rapport au géoïde [2]. Les spécialistes en hydraulique et en assimilation de données du centre Irstea Montpellier ont intégré le projet il y a trois ans et ont appliqué une nouvelle méthode de calcul des débits qui s’est avérée particulièrement performante. « Notre méthode s’appuie à la fois sur un modèle hydrodynamique complet 1D, le logiciel SIC développé depuis plus de 25 ans par Irstea et adapté à de nombreux contextes, et la méthode 4D-VAR développée par l’université de Grenoble et utilisée par Météo France ainsi que par le Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen terme [3] pour les prévisions météo en particulier en France et en Europe. », explique Pierre-Olivier Malaterre responsable de l’équipe montpelliéraine Gestion Hydraulique, Optimisation et Supervision des transferts d’Eau. « Notre technique plus sophistiquée que celles utilisées par nos confrères a donné les meilleurs résultats en termes d’estimation des débits ».
 
Pour appuyer cette affirmation, les scientifiques se réfèrent à un travail comparatif des différentes méthodes, réalisé pour l’instant sur deux des 19 « fleuves tests » choisis dans le cadre du projet SWOT. « Sur la Garonne, nous avons travaillé sur des données générées par nos modèles et reproduisant un scénario hydrologique réel ayant eu lieu en 2010, avec une large gamme de valeurs de débits (de 50 à près de 2000 m3/s) ». D’autres tests sont en cours, dans le cadre d’une thèse pilotée par Irstea et cofinancée par Irstea et CLS [4] en collaboration avec l’université de l’Ohio. Ils concernent des scénarios de débits sur les fleuves du Pô en Italie et du Sacramento en Californie à partir de données simulées de manière très réaliste a priori identiques à celles qui seront fournies par le satellite SWOT.
 
Ainsi le simulateur de données intègre différentes perturbations (roulis du satellite, dilatation thermique des mats du satellite portant les instruments radar, effets de la troposphère humide, réflexions des ondes radar sur les reliefs, etc.) qui dans l’espace perturberont le signal. « Là encore, les premiers essais comparatifs donnent l’avantage à la méthode de calcul d’Irstea. De quoi renforcer notre forte expertise (déjà reconnue à l’international !) dans le domaine de la modélisation hydraulique et de l’assimilation de données. »

Une nouvelle technologie en appoint du réseau hydrométrique actuel

Cependant, malgré les bons résultats affichés pour la mesure des débits hydrologiques à partir des données SWOT, la technologie satellite ne vise pas à remplacer les réseaux de mesure hydrologique de terrain. En effet, la résolution actuelle du satellite ne permettra de surveiller que les grands fleuves de plus de 100 mètres de large (ou 50 m si cela est possible). En France, seuls nos cinq principaux fleuves pourront ainsi en bénéficier.
 
D’autre part, compte-tenu de la trajectoire du satellite autour de la terre et de sa vitesse, la fréquence des mesures en un lieu donné ne sera que de deux à cinq mesures par cycle de 21 jours. « D’où l’intérêt de pérenniser et/ou développer le réseau actuel de mesures sur le terrain. En France, cela représente plus de 3000 stations qui relèvent automatiquement le niveau des cours d’eau à de grandes fréquences (quelques minutes à quelques heures). Ces données sont combinées avec des relations hauteur-débit étalonnées régulièrement par les équipes terrain qui effectuent des mesures ponctuelles de débit, appelées jaugeages », explique Michel Lang, hydrologue au centre Irstea de Lyon. « Certains bassins expérimentaux, comme ceux gérés depuis plus de 50 ans par Irstea (Réal Collobrier et Orgeval), sont équipés de multiples capteurs qui permettent de suivre finement les différentes composantes du cycle de l’eau et d’améliorer nos outils de modélisation hydrologique ».
 
Les données acquises sur les sites hydrométriques et celles fournies par les satellites sont complémentaires. Les premières ont une résolution temporelle très fine qui permet de suivre les phénomènes hydrologiques rapides comme par exemple les crues éclair dans les rivières, et sont disponibles sur plusieurs décennies ce qui permet de suivre les effets du changement global sur les ressources en eau. Les secondes peuvent, sur les grands cours d’eau, donner rapidement des estimations de débit en de multiples points, dont certains difficiles d’accès au sol.

L’hydrologie spatiale se fédère en France

Devant la masse de données que fournira le satellite à partir de 2021 (sept térabits [5] par jour !), il s’agit en amont de se préparer à les recevoir, les traiter et les analyser. Ainsi le CNES s’apprête à renforcer sa capacité d’analyse des données aidé en cela par les apports du programme d’investissement d’avenir (PIA).
 
Ces données en accès libre permettront l’émergence de nouveaux outils pour répondre à de grandes problématiques environnementales dans le domaine de l’eau : protection, alerte et suivi des crues, gestion des ressources, navigation, production hydroélectrique, agriculture, etc.
(Source : IRSTEA - 8/12/2016)
 
 
[1] Un radar interférométrique à large fauchée. La fauchée désigne la bande analysée par 2 antennes radar situées aux extrémités de 2 bras de 10 mètres chacun.
[2] Le géoïde est l’ellipse hydrologique de référence établie à partir du niveau moyen des océans en supprimant l’action du vent, des courants et des marées.
[3] ECMWF Reading, UK
[4] Collecte Localisation Satellites
[5] Un térabit représente 1012 (= 1 000 000 000 000) bits
 

 

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