UP' Magazine L'innovation pour défi

Yann LeCun

L’intelligence artificielle de Facebook entre au Collège de France

Lieu d’excellence de la transmission du savoir en France, le Collège de France, cette vénérable institution créée par François Ier, bruissait jeudi dernier d’une façon particulière. Elle accueillait la première leçon de Yann Le Cun, le « Dieu », comme le surnomment certains, de l’Intelligence artificielle, le boss de l’intelligence des machines chez Facebook. Facebook au Collège de France ? La prestigieuse maison de la Montagne Ste Geneviève affirme que l’impétrant avait été sollicité pour venir donner des cours avant qu’il ne soit embauché par le géant des réseaux sociaux. Soit. 
Au fronton du Collège, la devise « docet omnia » (il enseigne tout) oblige l’institution séculaire à s’ouvrir à ce domaine de la science, objet des recherches les plus avancées et de la compétition la plus féroce. Mais aussi des fantasmes et des craintes les plus folles sur ces apprentis-sorciers qui veulent doter les machines d’une intelligence quasi humaine.
 
Cette leçon inaugurale de la Chaire informatique et science numérique s’est déroulée jeudi 4 février dernier devant un parterre de savants éminents, toutes disciplines confondues : de la biologie avec Alain Prochiantz, la préhistoire avec Yves Coppens, les mathématiques avec le médaillé d’or du CNRS Gérard Berry, à l’économie avec Philippe Aghion.  Un amphithéâtre bondé pour écouter le grand maître de l’IA, professeur dans plusieurs universités américaines et Directeur de FAIR, le fameux laboratoire de Facebook consacré à cette discipline.
 

S’inspirer du vivant et non le copier

 
D’emblée Yann Le Cun sait qu’il est certes, précédé par sa réputation de scientifique au top de sa discipline, mais que son champ de recherche pose des questions. Il ouvre donc sa leçon par une affirmation de modestie, afin de couper court à toute interprétation fantasmatique pour ne pas dire fantaisiste de ce qu’il va enseigner. « Peut-on copier le cerveau pour construire des machines intelligentes ? »  Doit-on copier la biologie ? Ma réponse est non. » Mais il ajoute, dans le même souffle : « On doit quand même s’en inspirer un petit peu ». Le ton est donné.
 
 
 
Il est vrai que copier le cerveau humain semble une gageure. Considéré par la plupart des scientifiques comme l’objet le plus complexe de l’univers, la reproduction du cerveau par une machine semble hors de portée. Avec ses quatre-vingt milliards de neurones dont chacun est interconnecté par plusieurs milliers de synapses, la machine est impressionnante et peu gourmande en volume et en énergie puisqu’il ne faut pas plus que 25 W pour la faire fonctionner. Les ordinateurs sont encore loin du compte pour rivaliser en performances avec cette pièce maîtresse de l’organisme vivant en général et de l’homme en particulier. Et d’ailleurs, pourquoi essayer de le copier ? Cela demanderait des ressources immenses et des recherches inutiles. Yann Le Cun saluant au passage son père, ancien ingénieur en aéronautique, présent pour cette leçon, rappelle que si Clément Ader avait servilement essayé de copier l’oiseau pour fabriquer son aéroplane, les avions auraient aujourd’hui des plumes.
 
Pour Yann le Cun, il ne s’agit pas de copier le vivant mais de s’en inspirer et d’en comprendre les principes. Il rappelle que la caractéristique principale du cerveau de tous les animaux, et pas seulement celui de l’homme, c’est qu’il apprend. Il insiste : « Tous les animaux, même les plus simples apprennent.
L’apprentissage fait partie intégrante de l’intelligence ; il n’y a pas d’intelligence sans apprentissage ».
 

L’IA implique de comprendre les mécanismes d’apprentissage

 
Apprentissage. C’est le cœur des recherches de Le Cun sur l’intelligence artificielle. Il insiste : « Quand on veut travailler sur l’IA, il faut comprendre les mécanismes d’apprentissage mis en œuvre dans le cerveau. »
Pour faire comprendre ses recherches et certainement leur grande complexité, Yan Le Cun distingue trois catégories principales d’apprentissage : par renforcement, supervisé et non supervisé.
 
 
 
L’apprentissage par renforcement c’est un peu ce que l’on utilise quand on entraîne un animal de cirque : on attend que l’animal fasse l’action désirée puis on lui donne une récompense. Pour le patron de l’IA de Facebook, « C’est une forme d’apprentissage très inefficace et très lente. Mais avec des succès dans des domaines comme les jeux vidéo ou le go parce qu’on peut simuler l’environnement et faire tourner cela des millions de fois. »
 
 
 
L’apprentissage supervisé fournit beaucoup plus d’informations. C’est une technique d'apprentissage où l'on cherche à produire automatiquement des règles à partir d'une base de données d'apprentissage contenant des « exemples », en général des cas déjà traités et validés. L’exemple classique qui peut être produit est celui de l’apprentissage de ce qu’est un chien à un ordinateur. Pour y parvenir, il faudra faire ingurgiter à la machine des millions de photos de chiens, pris sous tous les angles, des chiens à poils longs, à poils ras, etc… Toutes ces précisions constituent alors de monstrueuses bases de données « étiquetées ». C’est fastidieux, très lourd en temps de calcul et, rajoute Yann Le Cun : « ce n’est pas très naturel ».
 
L’idée est de passer à une autre méthode, celle de l’apprentissage profond (deep learning) qui devrait nécessiter peu d’informations. C’est là la spécificité du travail de Yann Le Cun depuis vingt ans. Son champ de prédilection est l’apprentissage non supervisé. Dans cet espace de recherche, il est considéré comme l’inventeur d’un nouveau type de réseau, les « réseaux de neurones profonds ». Ceux-ci sont dits « convolutifs » car ils s’inspirent de l’architecture d’un cortex visuel humain et sont capables de compilations beaucoup plus puissantes que les systèmes classiques.
 
 

L’apprentissage non supervisé est le Graal des chercheurs en intelligence artificielle.

 
Yann Le Cun rappelle que ce type d’apprentissage, commun à tous les animaux évolués est celui qui permet de prévoir le futur. Selon lui, « Nos cerveaux sont des machines à prédire le futur ». Il ajoute : « On apprend beaucoup de choses sur la manière dont fonctionne le monde en essayant de prédire le futur et en vérifiant si ces prédictions sont avérées ou pas ».
 
 
 
L’apprentissage non supervisé c’est ce qui permet aux bébés comme aux animaux de savoir comment fonctionne le monde. Par exemple la notion de permanence d’objet, c'est-à-dire le fait de réaliser qu’un objet existe toujours même si on ne le voit pas est quelque chose qu’on apprend en quelques mois.
Avec l’apprentissage non supervisé on apprend comment fonctionne le monde et « c’est ce qui nous donne le sens commun » affirme Yann Le Cun. Il précise aussitôt : « Ce qui manque aux machines actuellement, c’est le sens commun. »
 
L’apprentissage non supervisé c’est cette faculté qu’ont les humains et pas encore les machines de définir un certain nombre d’actions simplement par la connaissance qu’ils ont acquises de l’observation du monde réel. Ce type d’apprentissage est banal pour les humains. Il suffit d’observer un petit enfant et la façon dont il appréhende progressivement le monde qui l’entoure. Chaque jour il saura mieux saisir un objet, se déplacer, jouer et développer des fonctions à chaque fois plus complexes. Facile pour l’humain mais hautement compliqué pour une machine.
 
 
Yann Le Cun tient à souligner que l’objectif est loin d’être atteint aujourd’hui. Il utilise une métaphore pour bien nous faire comprendre le fossé qui reste encore à franchir : « Si l’apprentissage ou l’intelligence est une sorte de gâteau, le gâteau lui-même, la génoise, c’est l’apprentissage non supervisé, le glaçage du gâteau c’est l’apprentissage supervisé et la cerise sur le gâteau c’est l’apprentissage par renforcement. Aujourd’hui on sait faire la cerise et le glaçage mais on ne sait pas faire la génoise. » Il ajoute, faisant référence aux astrophysiciens pour qui 95 % de la masse de l’univers est de nature inconnue, « 95 % de la masse du gâteau, 95 % du mécanisme de l’apprentissage est de nature complètement inconnue. Nous n’avons pas d’algorithme efficace pour attaquer ce problème ».
 

La route est encore longue

 
En déclarant que nous ne comprenons que moins de 5% du processus d'apprentissage humain, Yann Le Cun fait preuve d’optimisme mais aussi de grande prudence. Il tient à insister sur ce point : « On a besoin de beaucoup de choses pour faire progresser l’IA, pour faire des machines qui approchent l’intelligence humaine ou même l’intelligence d’un rat, ce serait très bien. »
 
 
 
Que reste-t-il à faire ? Tout, serait-on tenté de répondre, mais Yann Le Cun, en bon ingénieur, préfère dresser une road map progressive. 
Nous avons d’abord besoin, dit-il, d’une compréhension théorique de l’apprentissage profond qui manque aujourd’hui. « Ça marche mais on ne comprend pas très bien pourquoi. »
Il faut ensuite une intégration de l’apprentissage profond avec des systèmes de raisonnement, d’attention, de planification, etc. Les travaux sur le jeu de GO de DeepMind se situent dans cette problématique. Le chercheur affirme : « Ceci permettrait aux machines de planifier à l’avance, de conduire un dialogue, en essayant de conduire la personne à un état mental particulier… C’est un gros problème dont on n’a pas encore la solution mais qui est très actif au niveau recherche ».
 
Il faut aussi, selon lui, intégrer l’apprentissage supervisé et non supervisé avec une seule règle d’apprentissage, car « il semblerait que le cerveau soit une machine universelle d’apprentissage. Pour l’instant on a des mécanismes différents pour chaque mode d’apprentissage ».
Et pour finir, le Graal, il faut « surtout avoir une méthode efficace pour faire de l’apprentissage non supervisé ». On n’y est pas encore. Mais l’activité de recherche va bon train et les grands labos du monde se font une guerre impitoyable pour y parvenir
 

VOIR DANS UP : La guerre des cerveaux

 
 

À quoi vont ressembler les machines intelligentes du futur ?

 
Dans ce cadre du Collège de France, tellement chargé d’histoire et d’intelligence, la réponse à cette question se veut d’une grande humilité : « Elles ne vont pas ressembler aux humains ».
Yann Le Cun tient à évacuer cette image sulfureuse qui s’attache à ceux qui travaillent dans ce domaine de la recherche. La science-fiction a suffisamment formé les esprits depuis longtemps pour que le patron de l’IA de Facebook tienne à rassurer : « Beaucoup de gens se demandent si les robots vont faire disparaître les humains dans un scénario à la Terminator ». Pour lui cette hypothèse est une fable. Et il explique pourquoi, avec sa logique d’ingénieur. « Mais en fait les comportements humains sont pilotés par la base de notre cerveau, construite par l’évolution, et qui nous conduit à des comportements comme la jalousie, rechercher la compagnie d’autres êtres humains, être sur la défensive quand on se sent menacé. Il n’y a aucun aucune raison de construire ces pulsions de base dans les robots. On peut donc construire des robots qui ne sont pas dangereux ».
 
 
 
Yann Le Cun va ainsi clairement dans le sens donné par son patron, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook qui affirmait dans un post sur son réseau : « Je pense que nous pouvons fabriquer une IA dans le but qu'elle nous serve et nous aide ». Il ajoute dans un commentaire, faisant sans doute référence aux propos alarmistes d’Elon Musk : « Certaines personnes essaient de convaincre le public que l'intelligence artificielle est un danger important. Mais ça me semble tiré par les cheveux et bien moins probable que des désastres causés par les maladies, la violence etc.».
 
Cela vous rassure-t-il  ?
 
 
 

 

jeu de go

Google détrône le champion d'Europe de jeu de Go

C'est la revue scientifique Nature qui a révélé fin janvier 2016 qu'un algorithme de Google DeepMind est parvenu à battre le champion européen du fameux jeu de Go, Fan Hui. L'intelligence artificielle fait là un pas de géant : c'est la première fois qu'une machine bat un humain à ce jeu considéré comme l'un des plus complexes au monde. 

Un coup de maître

Le jeu de Go, inventé en Chine il y a plus de 2500 ans, oppose deux adversaires qui placent à tour de rôle des pierres noires et blanches sur les points d’intersection d’un plateau quadrillé, appelé Goban. L’objectif est de prendre le contrôle du plateau de jeu en y développant des territoires, tout en protégeant ses propres pions. Son originalité et son succès reposent sur le contraste frappant qui oppose la simplicité des règles et sa profondeur stratégique.
 
 
Les scientifiques de Google DeepMind ont créé une intelligence artificielle capable de gagner à ce jeu, baptisée AlphaGo, en battant à cinq reprises le champion européen du jeu, Fan Hui. 
 
L'intelligence artificielle fascine l'homme depuis des décennies. De nombreux travaux ont ainsi été menés à travers le monde pour tenter d'améliorer ses performances. Dans les années 1990, par exemple, des scientifiques ont tenté de créer un "super logiciel" capable de battre l'homme aux échecs. Ce jeu se prête bien à ce genre d'exercice où les réponses sont souvent binaires. Et les résultats ont été au rendez-vous. A l'époque, la technologie Deep Blue a réussi à battre deux fois le champion mondial Garry Kasparov. Mais Deep Blue n'avait pas gagné toutes les parties. 

L'intelligence artificielle vient de franchir un nouveau pas historique

Le logiciel a été développé grâce à des algorithmes de Deep learning (apprentissage profond). Ces algorithmes constituent une technique particulière du Machine Learning (apprentissage automatique). Ils cherchent à reproduire le fonctionnement du cerveau humain et s’appuient aujourd’hui sur plusieurs couches de neurones artificiels, ou unités de calcul, organisées de façon hiérarchique.. Le système s’améliore avec le temps. Le réseau de neurones peut, en effet, être entraîné en « ingurgitant » une multitude d’exemples et ensuite être ajusté. Cet ajustement consiste à moduler la force des interconnexions entre les neurones artificiels. Cette technique est à l'origine de progès significatifs dans la reconnaissance vocale et le traitement des images.
 
Les performances d'AlphaGo sont allées au-delà des espérances. L'IA a réussi l’impensable en battant le champion européen en titre, Fan Hui, 5 jeux à 0. Pour en arriver là, les scientifiques l'ont testé sur une autre IA du nom de "Go programs', considéré comme la spécialiste de ce jeu. Sur les 500 parties que les deux logiciels ont jouées, AlphaGo en a gagné 499. 
Avec AlphaGo, l'équipe a réussi à créer une sorte de réseau neuronal séparé en deux parties : l'une proposant des mouvements intéressants et l'autre qui évalue chaque option de jeu.  Grâce à cela, l'IA peut analyser des tonnes de données à la seconde, sans se fatiguer comme le précise David Silver, en charge du projet chez Google. AlphaGo possède ainsi un grand éventail de possibilités et peut jouer avec presque 20 coups d'avance.  Un système efficace qui pourrait s'étendre au-delà du jeu.
 
Au vu des résultats obtenus avec cette technologie, DeepMind ne compte pas s'arrêter là. "L'aspect le plus significatif pour nous est qu'AlphaGo n'est pas juste un système "expert" construit avec des règles artisanales. Mais plutôt un système qui utilise des techniques d'apprentissage automatique qui lui permettent de s'améliorer", explique l'équipe. "Les jeux sont les plateformes parfaites pour développer et tester l'algorithme d'une IA rapidement et efficacement. En fin de compte nous voudrions appliquer ces techniques à de véritables problématiques mondiales", poursuit-elle. 
Cette avancée dans le domaine de l'IA laisse présager que l'ordinateur sera capable de rivaliser avec le cerveau humain dans beaucoup de domaines.
 
Le prochain challenge pour l'équipe de Google DeepMind sera d' affronter Lee Sedol, l’un des meilleurs joueurs du monde au jeu de Go, lors d’un tournoi qui se déroulera à Séoul au mois de mars prochain. 
 
 

 

Nao autisme

Rob'autisme: Quand Nao aide de jeunes autistes à communiquer

Depuis novembre 2014, des ateliers culturels initiant de jeunes autistes à la manipulation de Nao, le petit robot humanoïde, ont été mis en place par le Centre psychothérapique Samothrace (CHU de Nantes), Stereolux et l’association Robots! en partenariat avec l’École Centrale de Nantes. Ils ont initié une expérimentation scientifique inédite et prometteuse qui se poursuit à partir de janvier 2016 par de nouveaux ateliers pour aider à communiquer. Ce projet s'appelle Rob'autisme.
 
Rob’autisme est la rencontre entre le monde de la psychothérapie, le monde de la robotique et celui des arts.
Depuis plusieurs années, le CHU de Nantes (et plus précisément son hôpital de jour, le Centre psychothérapique pour grands enfants et adolescents) propose un atelier sonore auprès de jeunes autistes mené par l’orthophoniste Rénald Gaboriau. En 2012, suite à la rencontre avec Stereolux, espace de création et de diffusion destiné aux musiques actuelles et aux arts numériques, cet atelier a intégré l’intervention de l’artiste sonore Cécile Liège.
 
La rencontre avec Sophie Sakka, chercheuse et professeure à Centrale Nantes, a permis d’amplifier ces ateliers sonores depuis novembre 2014, en proposant aux adolescents une découverte du monde de la robotique.
En charge de l’association Robots! qui a pour objet la démocratisation de la robotique, Sophie Sakka anime l’atelier autour de Nao, en lien étroit avec le travail de réalisation sonore déjà amorcé les années précédentes.
Centrale Nantes est partenaire de ce projet, oeuvrant activement depuis deux ans pour proposer ses compétences en ingénierie au service de la santé.
L’équipe de l’hôpital de jour et Sophie Sakka se retrouvent donc tous les quinze jours à Stereolux pour ces ateliers visant à initier des adolescents souffrant de troubles autistiques à la manipulation du petit robot humanoïde français Nao. En six mois, leurs progrès ont été spectaculaires et ont dépassé les espérances des professionnels de santé.

Une expérience inédite et prometteuse

Durant six mois, Sophie Sakka, chercheur en robotique à Centrale Nantes et responsable de l’association Robots!, a appris à six adolescents souffrant de troubles du spectre autistique à utiliser le logiciel qui permet de gérer les mouvements et la voix du petit robot. Les adolescents ont tout d’abord appris à découvrir Nao et les possibilités qu’il offre - le faire parler, se déplacer… - puis l’ont programmé eux-mêmes pour l’amener à s’exprimer : « Ils l’ont très vite pris en main. Dans un premier temps, ils faisaient dire à NAO ce qu’ils ne pouvaient pas exprimer. Petit à petit, ils se sont mis à se parler par l’intermédiaire du robot. »
Connu du grand public pour ses prestations dansées, le robot Nao est piloté directement par ces adolescents. Il les entraîne par le jeu, la musique et la danse dans une expérience sensorielle et sonore. Dans le cadre de cet atelier, les enfants ont produit un spectacle sur la base de l’œuvre "Une histoire à quatre voix" d’Anthony Browne : ils ont enregistré les voix qu’ils allaient prêter à Nao et imprimé les mouvements correspondants.
C’est la première fois qu’un public spécifique est acteur même du processus de création et de programmation du robot. Les enfants programment eux-mêmes le robot, décident ce qu’ils vont lui faire dire, ressentir ou faire comme mouvement : «Le côté ludique est important pour ces jeunes qui ne jouent pas forcément beaucoup. Pendant les séances, ils communiquent, ils sont présents.»

Nao : Un support de médiation dans la thérapie de l'autisme

Dès les premières séances, l’équipe médicale a constaté l’impact à plusieurs niveaux sur l’adolescent : sa capacité à expérimenter, à communiquer au sein de son groupe et la fierté de pouvoir montrer ses compétences. Elles ont également constaté une évolution de séance en séance (tous les 15 jours) et une nette amélioration durable du quotidien du jeune autiste, même en dehors des séances. « Le résultat a été inespéré sur eux, phénoménal. On a constaté une évolution de séance en séance sur leur capacité à communiquer. Au bout de six mois, on avait affaire à des adolescents qui ne hurlaient plus pour se faire entendre, se concentraient mieux et réussissaient à communiquer entre eux», s’enthousiasme Sophie Sakka.
 
Le robot est un support rassurant et ludique pour porter l’appel à l’autre, l’investir et le développer. Le personnel du CHU de Nantes qui suit ces enfants depuis des années est également agréablement surpris par ce résultat : « Cela a fonctionné sur eux grâce au phénomène de transfert. Le robot est devenu leur extension, il parle à leur place. Tout le monde le regarde quand il s’exprime, et pas la personne qui le manipule. Ils sont donc ‘cachés’ derrière et peuvent alors exprimer des choses qu’ils n’oseraient pas dire. Ils se sentent en sécurité».
Une réelle appétence pour l’outil informatique a été depuis longtemps observée chez ces jeunes porteurs d’un trouble envahissant du développement. Il amène de la créativité, de la spontanéité et ouvre à de nouvelles interactions dans le groupe. Le travail se fait en binôme autour d’un ordinateur et d’un robot, ce qui nécessite d’écouter l’autre, de lui laisser une place, mais aussi de « prendre soin » de l’outil lui-même.
Au-delà d’un jouet sophistiqué, Nao pourrait bien être un précieux support thérapeutique qui facilite le langage, le dialogue et permet aux enfants une meilleure prise en compte de l’autre en leur faisant prendre conscience qu’il leur faut collaborer pour programmer le robot.
 

Une recherche-action en cours

Après un travail d’observation lors des ateliers menés en 2014-2015, un travail de recherche-action a été lancé lors de cette nouvelle session qui se déroule entre janvier et juin 2016. Menée par le Docteur Laura Sarfaty du CHU de Nantes, l’objet de cette étude scientifique est de déterminer, au-delà des premières observations de l’équipe encadrante, si les robots Nao constituent un outil intéressant pour travailler les compétences communicationnelles et relationnelles chez les adolescents souffrant d’autisme. Voici les principes de cette recherche-action en cours, et dont le protocole est en constante évolution pour s’adapter au fur et à mesure de l’expérimentation.
 
Il y a chez les personnes souffrant de troubles du spectre autistique (TSA) une perturbation de la capacité à se représenter les pensées et intentions des autres. La manipulation et la programmation du robot Nao semblent adaptées pour travailler sur l’amélioration de leurs facultés de communication.
Un bilan global sera mené avec l’ensemble des partenaires en début, à la moitié et à la fin de la phase d’expérimentation. Une évaluation des compétences communicationnelles et relationnelles de chaque adolescent est menée après chaque séance, ainsi qu’en dehors du temps de l’atelier lors d’entretiens avec les adolescents et leur famille.
Par ailleurs, une saynète d’improvisation jouée par les robots et menées par les adolescents sera filmée en début et fin d’expérimentation. Cela permettra de mesurer la dimension d’intégration des habiletés sociales acquises grâce au travail de programmation et manipulation de Nao.
L’analyse de leurs dessins représentant le robot en début et fin de projet permettra également un éclairage clinique sur l’évolution de leurs représentations et projections de cet outil.
De son côté, Stereolux entend poursuivre cette action culturelle en coordination avec son Laboratoire Arts & Technologies, dédié à l’expérimentation et ayant pour objet l’émergence d’avancées technologiques et d’usages innovants par la mise en relation d’artistes, entrepreneurs et chercheurs.

Vers la création d'un réseau

Devant le succès de l’expérimentation, les quatre partenaires souhaitent poursuivre cette expérience, la partager en tant qu’innovation thérapeutique et étendre le projet à d’autres communautés, pour élaborer un protocole et lui donner une dimension plus large.
Le travail de recherche a pour objectif de préfigurer l’élaboration d’un protocole afin que ce projet collectif puisse être reproduit en réseau dans d’autres villes de France et sur différentes approches de compétences.
 
Les derniers chiffres fournis par le Centre de ressources autisme (CRA) de Nancy révèlent qu’un enfant sur cent serait touché par l’autisme (quatre garçons pour une fille). Ce qui représente environ 8 000 naissances par an, soit 600 000 personnes aujourd’hui. Aux Etats-Unis, selon les derniers chiffres des Centers for Disease Control, le taux de prévalence de l’autisme serait passé de 1 sur 150 en 2000, à 1 sur 68 en 2010.
Pour la France, la Haute Autorité de la santé retient le chiffre de 1 nouveau-né sur 150 concerné par l’autisme. Mais les spécialistes estiment ce taux largement sous-estimé.
 
"Les familles sont souvent désorientées, d’autant que certains suivis ne sont pas pris en charge. Le syndrome a eu du mal à être reconnu, et ne l’est pas encore totalement. Il peut être ignoré par les professionnels, parfois soucieux de l’annonce du diagnostic et du retentissement qu’il engendre, parfois empêtrés dans des orientations théoriques personnelles", explique Corinne Krux, présidente de l'association Asperger Lorraine, dans une interview au Républicain lorrain ce 1er février 2016.
La mobilisation des parents, les différentes campagnes de sensibilisation, l'implication des pouvoirs publics (plan autisme 3) et maintenant l'entrepreneuriat, concourent à faire de l'autisme un sujet d'importance majeur. Nao pourrait être un beau compromis pour aider enfants et familles dans la lutte contre cette maladie, car l'on sait que l'engagement affectif, dans le développement d'un enfant est essentielle. Créer du lien, amener à acquérir des compétences sociales en évitant tout isolement et les problèmes de communication qui caractérisent cette maladie,... la "robot-thérapie" pourrait s'attribuer là un objectif thérapeutique bien prècis. A condition qu'il soit à portée de toutes les bourses...
 

Lire : Pour la première fois, des scientifiques ont établi un lien entre le comportement autistique et un neurotransmetteur

 

 

académie des technologies

Dix nouveaux membres à l'Académie des technologies

L'Académie des technologies, réunie en assemblée plénière, a procédé le 9 décembre dernier à l’élection de dix nouveaux membres, portant le nombre d’académiciens à 304. Héritière du siècle des lumières, sa devise : « Pour un progrès raisonné choisi, partagé », reflète la profonde conviction que la technologie est source de progrès pour l’ensemble de l’humanité.
 
Créée en 2000 sous la tutelle du ministère de la recherche et sous la présidence de Pierre Castillon,  l’Académie des technologies mène des travaux de prospective sur la recherche, l’innovation et la technologie, rejoignant ainsi ses consoeurs de l’Institut de France dans une reconnaissance de sa mission et de l’intérêt public de son action. 
 
Lieu de réflexions et de propositions d’actions face aux grands défis technologiques, l’Académie des technologies tire son originalité de la diversité des origines de ses membres : ingénieurs, industriels, chercheurs, agronomes, architectes, médecins, sociologues, économistes, avec une forte représentativité des directeurs de recherche du privé. 
Structure de réflexion de haut niveau sur la politique industrielle de la France, elle contribue à la gouvernance des questions technologiques, par l’engagement de ses membres au sein d’instances de réflexion et de décision (processus Stratégie Nationale de Recherche et Haut Conseil de la Science et de la Technologie, Commission Innovation 2030, CESE, OPECST , ANR, ..). 

Les nouveaux académiciens

Les membres sont élus à vie parmi des personnalités scientifiques et technologiques dans le monde de la recherche académique et de l’industrie. Les académiciens sont élus dans le cadre d’une procédure de recrutement rigoureuse, qui prend en compte l’excellence des personnes et le rayonnement de leurs travaux en Europe et à l’international. Cette diversité des approches permet d’apporter une expertise collective et indépendante et de rechercher un consensus large sur des questions complexes débattues au sein de douze commissions. Les documents produits par l’Académie doivent être validés par l’Assemblée plénière à l’issue d’un processus garantissant la qualité et l’impartialité.
 
 
René AMALBERTI, conseiller sécurité des soins, Haute Autorité de Santé, directeur de la prévention des risques médicaux, Mutuelle d'Assurances du Corps de Santé Français (MACSF)
Professeur de médecine, de physiologie, de physiopathologie et d’ergonomie des environnements extrêmes, docteur en psychologie cognitive, René Amalberti est conseiller sécurité de la Haute autorité de santé (HAS) et directeur de la prévention des risques médicaux du Groupe MACSF. Ses travaux portent sur les approches systémiques du risque et la sécurité des systèmes complexes - biologiques, comportementaux, industriels et sociétaux. Il a dirigé plusieurs audits nationaux sur les risques, notamment suite à l’explosion d’AZF, et a participé à plusieurs enquêtes suite à des crashs aériens (crash aérien du Mont Saint Odile en 1992, crash du Rio – Paris en 2009). Fortement impliqué dans les communautés aéronautiques et ergonomiques nationales et internationales, il dirige depuis 2012 la Fondation pour une culture de sécurité industrielle (Foncsi), qui finance des projets de recherche autour des activités à risques.
 
 
Thierry BRETON, président-directeur général d’ATOS 
Président-directeur général d’ATOS depuis 2009, Thierry Breton a débuté sa carrière d’entrepreneur à New York en créant une société d’analyse de système et d’ingénierie en informatique Forma Systems. Ancien ministre français de l’Économie, des finances et de l’industrie, il a été président-directeur général de France Telecom, deuxième opérateur télécom européen, et président-directeur général de Thomson. Il a également occupé les fonctions de directeur général adjoint puis administrateur délégué – vice-président du groupe informatique Bull. Thierry Breton a été professeur à la Harvard Business School, où il enseignait le leadership et la gouvernance d’entreprise. En 2015, parallèlement à ses fonctions chez Atos, il a été élu président de l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT).
 
 
Bernard BARBIER, Responsable cybersécurité interne du groupe CAPGEMINI/SOGETI
Bernard Barbier est responsable de la Cybersécurité interne du groupe CAPGEMINI/SOGETI. Expert en cryptographie, cybersécurité et cyberdéfense, il a dirigé tout au long de sa carrière des projets à forts enjeux technologiques. D'abord au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), où, au sein de la direction des applications militaires, il est chargé du déploiement du programme d'équipement des super-calculateurs nécessaires aux calculs de simulation de l'arme nucléaire française. Il a travaillé dans le domaine des nanotechnologies, au sein du LETI à Grenoble, qu’il a dirigé de 2003 à 2006. Il a participé très activement à l’élaboration et la mise en place du pole MINATEC. Puis à la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), dont il a notamment assuré la direction technique en charge des interceptions des communications électroniques, et des opérations cyber, pendant sept ans (2006 à 2013). Il obtint alors un renforcement sans précédent des moyens de renseignement technique français.
 
 
Jean-Paul LAUMOND, directeur de recherche au LAAS-CNRS à Toulouse
Roboticien, Jean-Paul Laumond est directeur de recherche au LAAS-CNRS à Toulouse. Son thème de recherche porte sur les fondements calculatoires du mouvement en robotique. Dans les années 1990, il coordonne deux projets européens consacrés à l'algorithmique de la planification et du contrôle de mouvement et propose en particulier les premiers algorithmes permettant de garer automatiquement une voiture. En 2000, il contribue à la création de la société Kineo Cam qu'il dirige pendant deux ans. L'entreprise développe des composants logiciels aujourd'hui bien implantés dans le secteur du prototypage virtuel pour l'industrie automobile et l'aéronautique. De retour au LAAS-CNRS, il crée en 2006 le groupe de recherche Gepetto dont les travaux portent sur l’étude du mouvement anthropomorphe, chez l'homme et pour les systèmes artificiels (robots humanoïdes et mannequins numériques). Il codirige de 2005 à 2008 le laboratoire franco-japonais JRL dédié à la robotique humanoïde. Il enseigne la robotique à l’Ecole Normale Supérieure. Il a occupé la chaire d'innovation technologique Liliane Bettencourt du Collège de France de 2011 à 2012. Depuis 2014, son activité de recherche reçoit le soutien du Conseil Européen de la Recherche.
 
 
José-Alain SAHEL, directeur de l’Institut de la vision
Docteur en médecine et ophtalmologie, José-Alain Sahel est un pionnier dans le domaine de la rétine artificielle et des thérapies régénératrices de l'oeil. Professeur d'ophtalmologie à la Faculté de médecine de l'Université Pierre et Marie Curie, il dirige un service d’ophtalmologie au Centre hospitalier national d’ophtalmologie (CHNO) des Quinze-Vingts et à la Fondation ophtalmologique Rothschild à Paris. Il a fondé et dirige l’Institut de la Vision (Université Pierre et Marie Curie-UPMC/Inserm/CNRS), qui fonctionne en synergie avec le CHNO des Quinze-Vingts. Il a co-fondé l’entreprise Fovea Pharmaceuticals (aujourd’hui la Division d'ophtalmologie de Sanofi). Auteur de plus de 300 articles scientifiques dans des revues internationales, José-Alain Sahel est co-inventeur de plus de vingt brevets. Il est membre de l'Académie des Sciences et de la Leopoldina (académie des sciences allemande), titulaire de la chaire Cumberlege de Sciences biomédicales à l'Institut d'ophtalmologie de l’University College of London, et titulaire de la chaire Innovation technologique Liliane Bettencourt au Collège de France (2015-2016).
 
 
Pascale SOURISSE, directeur général du Développement International de Thales
Directeur général du développement international de Thales depuis 2013, Pascale Sourisse a commencé sa carrière par des fonctions de direction à France Telecom, Jeumont-Schneider et la Compagnie Générale des Eaux, ainsi qu'au Ministère de l'Industrie. Elle a rejoint Alcatel en 1995 comme directeur de la stratégie et de la planification d'Alcatel Space dont elle devient président-directeur général en 2001. En 2007, elle est nommée directeur général adjoint de Thales, membre du Comité exécutif, en charge de la division Espace et président-directeur général de Thales Alenia Space. En 2008, elle prend les fonctions de directeur général de la division Systèmes terre et interarmées de Thales puis en 2010, directeur général de la division Systèmes C4I de défense et sécurité. En 2013, elle est nommée Directeur Général en charge du Développement International du Groupe. Pascale Sourisse est également administrateur des sociétés Renault, Vinci et Areva et présidente du Conseil d’Ecole de Telecom ParisTech.
 
 
Jacques STERN, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure, membre du Collège de l’Autorité de Régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP)
Cryptologue français de renommée internationale, docteur ès sciences et agrégé de mathématiques, Jacques Stern est professeur émérite à l’Ecole normale supérieure et membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Il a largement contribué dans les années 1970 à l’émergence de la cryptologie en France, discipline à laquelle il consacrera 20 années de recherche. Après avoir occupé différents postes dans l'enseignement supérieur, il fonde le laboratoire, puis le département d'informatique de l'ENS, dont il devient directeur (1999 à 2007). Jacques Stern a reçu en 2006 la médaille d’or du CNRS. Il a présidé le conseil d'administration d'Ingenico, premier fabricant européen de moyens de paiement sécurisés et l'Agence nationale de la recherche (2007 à 2010). Il a été de 2010 à 2012, conseiller auprès du Ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur. Ses travaux ont permis des avancées majeures dans plusieurs domaines, notamment la conception d’algorithmes, la cryptanalyse, la sécurité prouvée et les applications et protocoles de chiffrement et de signature.
 
 
Serge TISSERON, psychiatre, docteur en psychologie HDR, Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société de l’Université Paris VII Denis Diderot
Psychiatre et psychanalyste, docteur en psychologie, Serge Tisseron est chercheur associé au centre de recherche Psychanalyse médecine et société à l’université Paris VII Denis Diderot. Praticien hospitalier, il a fondé, au début des années 1990, une unité mobile de soins palliatifs à l’hôpital de Villeneuve Saint Georges, unité dont il a assuré la direction pendant cinq ans. Il a ensuite enseigné la psychologie à l’Université Paris VII. Ses recherches portent sur trois domaines : les secrets liés aux traumatismes et leurs répercussions sur plusieurs générations, les relations que l’homme établit avec les diverses formes d’images et, enfin, la façon dont les nouvelles technologies bouleversent le rapport de l’homme aux autres, à soi, au temps, à l’espace et à la connaissance. Serge Tisseron a écrit une trentaine d’essais personnels et de nombreux articles scientifiques. Ses livres sont traduits dans onze langues. Il reçu le 6 novembre 2013 à Washington un Award du FOSI (Family Online Safety Institute) « For Outstanding Achievement » pour l’ensemble de ses travaux sur la famille, les enfants et Internet, et en particulier pour la campagne « 3-6-9-12 » et le site www.memoiredescatastrophes.org qu'il a fondé. Il a été co rédacteur de l’Avis de l’Académie des sciences L’enfant et les écrans (2013). Site : www.sergetisseron.com
 
 
Peter VAN BLADEREN, vice-président Regulatory & Scientific Affairs, groupe Nestlé
Peter Van Bladeren est, depuis 2013, directeur des Affaires Scientifiques et Régulatoires du groupe Nestlé. Il a été Associate Professor au département de Toxicologie de l'Université de Wageningen ou il est toujours professeur de Toxicologie à temps partiel. Il a ensuite dirigé le département de toxicologie du TNO (centre de recherche appliquée hollandais), avant de prendre la direction générale de l'institut de nutrition et de recherche alimentaire TNO. Il intègre le groupe Nestlé, premier groupe alimentaire mondial, en tant que directeur Science & Research en 2002 et dirige les 4 centres de recherche du groupe (Lausanne, Saint-Louis, Pékin et Tokyo). Dans ce cadre, il préside la Fondation scientifique de l’industrie agro-alimentaire globale (ILSI) de 2011 à 2013 et de 2015 à ce jour. Il a publié par ailleurs quelques 300 articles scientifiques.
 
 
Dominique VERNAY, administrateur, Fondation de coopération scientifique Campus Paris-Saclay
Très fortement impliqué dans le monde de la recherche et de l’innovation, Dominique Vernay est administrateur de la Fondation de coopération scientifique Campus Paris-Saclay après en avoir été le président de 2011 à mi 2015. Cette fondation a porté le projet de l’Université Paris-Saclay, qui fédère aujourd’hui 18 établissements d’enseignement supérieur et de recherche selon un modèle d’université de recherche lisible et compétitif à l’international. Diplômé de Supélec, Dominique Vernay entre dans le groupe Thomson-CSF (aujourd’hui Thales) en 1973, en tant qu’ingénieur de recherche, et y restera tout au long de sa carrière professionnelle. En 1991, il est nommé directeur de la division simulateurs d’entraînement en France, puis en Grande-Bretagne. De 1996 à 2009, en tant que directeur technique, il pilote l’internationalisation de la politique de recherche et technologie du groupe et la politique de coopération avec le monde académique. Président fondateur du pôle de compétitivité Systematic (1996-2011) et fondateur du club des pôles mondiaux, il a été membre des CA du CNRS, de l’Inria et de l’Onera et membre du conseil scientifique de plusieurs institutions.
 
La cérémonie de réception des nouveaux académiciens aura lieu le 7 mars 2016 à 17h00 sous la Coupole d’Antin du Palais de la Découverte.
(Source : Photoniques.com)
 
 

Lire dans UP' : Comment la société s'approprie-t-elle la technologies ? 

Lire dans UP' : Biodiversité et aménagement des territoires

 

Cybathlon

Cybathlon: la première compétition de sport bionique

Une course d'exosquelettes, une épreuve de bras bioniques et un challenge d'avatars pilotés par la pensée. Voici le programme du Cybathlon qui fascine et pourrait faire croire à un film de science-fiction. Zurich accueillera le 8 octobre 2016 la première compétition sportive assistée par des équipements bioniques : le Cybathlon. Réservé aux athlètes en situation de handicap, le projet commence déjà à faire parler de lui. 
 
En octobre prochain le Hallenstadium de Zurich accueillera une compétition de Cyborgs : La première compétition de Jeux Bioniques consacrée aux athlètes assistés par la robotique, l'informatique et les sciences cognitives. Il s’agira de la toute première fois que s’affronteront des athlètes de haut niveau augmentés par des prothèses bioniques. Certes, il existe déjà des événements consacrés aux sportifs ayant une particularité physique ou mentale, comme les jeux paralympiques (pour les handicapés) ou les deaflympics (pour les sourds et les malentendants), mais ça s'arrête là.
 

Une science-fiction d'aujourd'hui

 
Ces dix derniers années, sont apparues sur les pistes d’athlétisme et les piscines des nouveaux équipements bénéficiant des dernières avancées en matière d’aérodynamisme et de capteurs. Au point que ces performances augmentées à la frontière du sport et de l'homme augmenté commencent à poser question. A partir de quel moment la technologie prend le pas sur les performances véritables de l’athlète ? Dans quelle mesure un athlète augmenté est-il favorisé par rapport à un athlète valide ?
Au-fur-et-à-mesure que la technologie assistive progresse, il va être de plus en plus difficile de distinguer les performances de chacun. En particulier chez les athlètes handicapés qui utilisent déjà, pour la grande majorité d’entre eux, des prothèses artificielles. Mais attention : les handisports sont réglementés et les athlètes n’ont pas le droit de porter n’importe quel type de membre artificiel, pour assurer une équité entre tous les participants.
 
 
Il y a  eu tellement de progrès conséquents dans les domaines de la robotique, de l'informatique et des sciences cognitives que plusieurs sociétés suisses évoluant dans ces champs ont ainsi décidé d'organiser la première compétition de sport robotisé, avec des athlètes équipés de prothèses, d'exosquelettes et de dispositifs électroniques, encadrée par le pôle de recherche nationale suisse en robotique, le National Centre of Competence in Research Robotics (NCCR Robotics).
 
Le Cybathlon n'est pas seulement une "épreuve sportive" ; elle a pour objectif de sensibiliser le public sur l’évolution des travaux en matière de prothèses artificielles, sur les défis et les opportunités des technologies d'assistance et sur le renforcement des échanges des équipes de recherche qui travaillent sur le sujet. 
Et, comme le précise Futura Sciences, le règlement du Cybathlon autorise, voire encourage, les fournisseurs d’appareils à assistance robotisée à équiper les athlètes des technologies les plus avancées. Car rappelons-le, l’idée de cette compétition est, avant tout, de faire avancer les recherches en la matière.
 
 
Deux médailles seront attribuées : pour l'athlète et la machine ! Ces aides techniques pourront inclure des produits déjà disponibles dans le commerce mais également des prototypes mis au point par les laboratoires de recherche. Deux médailles seront décernées dans chaque épreuve, une pour le « pilote » et l'autre pour sa machine, récompensant ainsi à la fois les qualités athlétiques et l'innovation technologique. 

Six épreuves liées à un type de handicap 

- Epreuve pour les avant-bras bioniques : pour les athlètes amputés d’avant-bras, il faudra avec leur membre bionique déplacer le plus rapidement possible un anneau le long d’un câble suivant un parcours, sans jamais toucher ce câble. Une seconde épreuve consistera à manipuler des objets et accessoires de différentes formes de façon précise ;
- Epreuve pour les quadriplégiques : baptisée BCI (brain computer interface), cette compétition permet à des athlètes tétraplégiques de piloter, par la pensée, leur avatar lors de courses virtuelles sous la forme de jeux vidéo ;
- Course cycliste : pour les participants souffrant de lésions de la moelle épinière (paraplégiques), cette course cycliste sur une piste dont le tour mesure 200 mètres se déroule à bord d’un vélo couché doté d’une assistance à stimulation électrique ;
- Epreuve d’athlétisme : pour les amputés des jambes appareillés avec des prothèses robotisées, il s’agit d’une course à pied sur un parcours semé d’obstacles ;
- Course d’exosquelettes : les athlètes paralysés des membres inférieurs seront équipés d’un exosquelette leur permettant de s’affronter sur une course de vitesse parsemée d'obstacles ;
- Epreuve pour fauteuils roulants motorisés : les amputés des deux jambes, les quadriplégiques ou paraplégiques concourront sur des fauteuils roulants animés par des moteurs électriques sur un parcours doté d’obstacles et de dénivelés.
 
 
 
vidéo présentant les différentes épreuves du Cybathlon
 
 
Plus d'informations : www.cybathlon.ethz.ch

Voir l'exposition Biolympics de Quentin Lane : un travail photographique à découvrir dans l'espace d'art Hard Hat, 39 rue des Bains, à Genève, jusqu'au 6 mars 2016.

 
 

 

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