UP' Magazine L'innovation pour défi

Reconnaissance faciale

Sécurité: la reconnaissance faciale est-elle la panacée ?

La faculté que nous avons de reconnaître les visages et les voix a quelque chose de magique : même après de nombreuses années d’absence, nous identifions spontanément une personne que nous croisons dans la rue ou qui nous appelle au téléphone. Bien sûr, si elle s’est laissée pousser la barbe ou les cheveux et qu’elle a décidé de changer la couleur de ses yeux, ou qu’elle nous appelle l’hiver avec une voix enrouée, nous aurons plus de difficultés… Et, à l’inverse, il nous est arrivé à tous de croire reconnaître une personne et de nous tromper. Mais ces situations apparaissent somme toute assez rares. Aujourd’hui, avec des techniques d’intelligence artificielle, on parvient à construire des machines en mesure de reconnaître automatiquement les visages avec des performances quasiment équivalentes aux nôtres.

Il n’en fallait pas plus pour que le maire de Nice décide d’installer des portails de reconnaissance faciale dans sa ville afin d’assurer la sécurité de ses concitoyens pendant la tenue de l’Euro2016, puis, si l’expérience s’avérait concluante, d’étendre en permanence cette surveillance à tout l’espace urbain.

La télévision et la radio en ont fait état tout dernièrement, information abondamment reprise dans tous les médias. Or, s’il existe déjà de nombreuses utilisations de la reconnaissance faciale, par exemple dans les aéroports ou sur les réseaux sociaux, un certain nombre d’obstacles, d’ordre à la fois technique et juridique, s’opposent à ce que l’on identifie automatiquement dans une foule des personnes reconnues comme étant des terroristes, surtout lors d’un événement festif.

Performance des algorithmes

Les algorithmes de reconnaissance des visages reposent sur un traitement automatique des images qui détecte des zones de discontinuité (bouches, yeux, cheveux, etc.), puis qui repère des points d’intérêt (commissures des lèvres, narines, extrémités des yeux et des sourcils, etc.). Ensuite, partant de ces points d’intérêt, des logiciels d’apprentissage machine entraînés sur un grand nombre d’images de visages identifient des individus répertoriés. Plus il existe de points d’intérêt, et plus on utilise d’images pour entraîner le système, plus la reconnaissance est fiable.

 

Logiciel de reconnaissance visuelle sur visage. Mbroemme5783/Wikimédia

Or, aujourd’hui, les techniques d’apprentissage utilisant des réseaux de neurones formels (ce que l’on appelle le Deep Learning – l’apprentissage profond) permettent de traiter des centaines de millions d’images contenant chacune de très nombreux points d’intérêt par image (plus de mille). Cela explique les performances époustouflantes qu’obtiennent des sociétés spécialisées comme DeepFace (Facebook), FaceNet (Google), FaceFirst, Face-Six, etc. Ainsi, DeepFace annonçait, il y a plus de six mois, un taux de reconnaissance correct de 97,25 %, presque équivalent au nôtre, et FaceNet prétendait même obtenir 99,63 % !

Dès à présent, nombre d’applications recourent à ces techniques : déblocage des téléphones, vérification de l’identité au passage à la douane dans les aéroports ou sur les comptes Internet, annotation des photographies, contrôle à l’entrée des casinos, etc.

Limites juridiques

Cependant, pour reconnaître une personne, il faut qu’une ou plusieurs images de son visage aient été préalablement enregistrées. Les réseaux sociaux comme Facebook et les sites de gestion de photographies comme iPhoto pour Apple, ou Flickr, possèdent ces images en quantité ; ils se trouvent donc en situation stratégique privilégiée pour mettre en œuvre les applications susmentionnées de la reconnaissance faciale, dont en particulier les applications policières, ce qui ne manque pas de susciter un certain malaise.

Qui plus est, les législations sur l’image en vigueur dans les différents pays s’opposent, plus ou moins, à la mise en œuvre d’applications de surveillance et de lutte contre le terrorisme. Ainsi, en Europe, certains pays comme la Norvège interdisent toute prise de vue qui ne reçoit pas le consentement explicite de la personne photographiée. Et, pour l’instant, en France, l’administration n’a pas le droit de transmettre les fichiers d’images de personnes fichées. Bref, si un terroriste n’a pas eu l’idée saugrenue de mettre sa photo sur Facebook, il est impossible de l’utiliser pour la sécurité publique… Quant aux États-Unis, s’il n’existe pas de loi fédérale qui mentionne explicitement l’utilisation de la reconnaissance faciale, il y a des lois dans certains États, comme l’Illinois et le Texas, qui s’opposent à ce que l’on utilise des technologies pour identifier les individus sans avoir préalablement reçu leur consentement éclairé.

Limites techniques

Indépendamment de ces obstacles d’ordre juridique, il existe des limitations techniques qui rendent inefficace l’utilisation massive des techniques de reconnaissance faciale pour assurer la sécurité à l’échelle d’une ville. En effet, si l’on reconnaît bien un visage de face, avec de bonnes conditions d’éclairage, il apparaît beaucoup plus difficile de l’identifier de trois quarts ou de profil avec un mauvais éclairage. En conséquence, l’identification d’individus sur des clichés de foules, par exemple sur la voie publique, demeure très délicate. D’ailleurs, les travaux du FBI, sur des clichés de qualité bien inférieure à celle des images des réseaux sociaux, font état de performance beaucoup moins bonne (environ 85 % de reconnaissance correcte).

 

Un logiciel sera-t-il capable de reconnaître cette reine des fleurs au Carnaval de Nice ? Zil/Wikimédia

Qui plus est, si une personne porte une perruque, une fausse barbe, des lunettes foncées et qu’elle se grime, il devient quasiment impossible de la reconnaître. Aux États unis, un mouvement appelé CV Dazzle explique comment dérouter les logiciels de reconnaissance faciale avec un peu de maquillage. À cet égard, comment imaginer que dans un événement festif comme l’Euro 2016, la mairie de Nice empêche les supporters de se peinturlurer le visage aux couleurs de leur équipe favorite et de faire ainsi échec à l’identification automatique ? Rappelons que, très récemment, aucun logiciel ne permit de faire automatiquement le rapprochement entre l’homme au chapeau filmé à l’aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016 et les images de Mohamed Abrini prises en novembre 2015, juste avant les attentats de Paris.

En résumé, les logiciels de reconnaissance de visage qui étaient supposés assurer la sécurité de la population permettront de suivre tous ceux dont les images sont répertoriées sur les réseaux sociaux, mais pas les individus fichés, pour des raisons légales. De plus, ceux qui veulent vraiment passer inaperçus feront échouer les systèmes de reconnaissance en se grimant, tandis que les autres seront suivis à la trace…

Jean-Gabriel Ganascia, Professeur, Intelligence Artificielle, Sciences Cognitives, Université Pierre et Marie Curie (UPMC) – Sorbonne Universités

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

The Conversation

 

Halo Sport

Halo : ce casque issu des neurosciences va vous doper les neurones !

Comme les Marines de l’armée américaine, vous pourrez bientôt vous doter d’une arme secrète de très haute technologie. Un dispositif présenté sous forme d’un casque ultra léger qui va augmenter vos capacités physiques et cérébrales dans des proportions que vous n’auriez jamais osé rêver. C’est de neurostimulation dont il s’agit, ou de neurodopage pour les esprits mal intentionnés…
 
Daniel Chao, un neuroscientifique formé à Stanford, et Brett Wingeier, un ingénieur en bio technologies ont fondé Halo Neuroscience en 2013. Après 10 ans de travail sur un stimulateur implanté chirurgicalement pour le cerveau (le NeuroPace, qui est maintenant utilisé pour traiter l'épilepsie), ils ont focalisé leur attention vers une technologie moins invasive.
 
Daniel Chao avec son casque Halo Sport
 
Halo sport est un casque semblable à celui que vous utilisez pour écouter de la musique. Il est doté d’électrodes conçues pour stimuler le cortex moteur du cerveau ; celui qui contrôle la planification et les mouvements volontaires. Ainsi stimulés, les neurones moteurs envoient des signaux amplifiés vers les muscles.
 
 
Dans l’arceau de ce qui ressemble à un casque audio les ingénieurs ont installé un dispositif de stimulation cérébrale par impulsions électriques de faibles intensités. Il s’agit d’un ensemble d’électrodes paramétrées pour délivrer des impulsions de 2.0mA directement dans le cortex cérébral du porteur.
Ce système de stimulation transcrânienne en courant direct « boosterait » les neurones, créant ainsi de nouvelles connexions neuronales. Ceci aurait pour effet d'améliorer certaines fonctions cognitives telles que la mémoire, la concentration et l'assimilation de nouvelles compétences. Mais en plus, le casque stimule le cortex moteur du cerveau ; celui qui contrôle la planification et les mouvements volontaires. Ainsi stimulés, les neurones moteurs envoient des signaux amplifiés vers les muscles qui gagnent ainsi en énergie et en puissance.
Avec Halo, non seulement vous apprenez mieux mais en plus vous êtes plus fort. Superman en quelque sorte…
 
Ombre au tableau relevée par Ars Technica, Halo ne publie pas d’études scientifiques officielles attestant les effets réels de ces impulsions sur le cerveau. Seules sont disponibles des études réalisées par ses propres laboratoires.
Néanmoins, le dispositif a été employé par l’armée américaine et par des organisations sportives de haut niveau. Et selon le mensuel FastCompany dans son édition à paraître le 16 mai prochain, les premiers résultats sont prometteurs : les membres de l'équipe de ski olympique américaine ont enregistré une amélioration de 31% de leur force de propulsion, et l’armée de l’air US a noté une réduction de 50% du temps de formation pour les pilotes de drones. Des basketteurs de la NBA ont également testé en secret le dispositif.
 
 
Daniel Chao, malgré ces résultats encourageants tient à rester prudent et à ne pas exagérer les résultats de son casque Halo Sport. Il craint en effet que des déclarations tonitruantes ne conduisent à des interrogations sur l'équité des athlètes qui utilisent cette technologie pour stimuler leur cerveau.
En effet, nous entrons avec cette innovation dans le trouble cadre du dopage 2.0.
C’est pour cette raison que ses équipes testent aussi leur matériel dans le domaine médical, comme outil de réadaptation post AVC. Histoire de donner une bonne moralité à leur découverte.
 
Daniel Chao et Brett Wingeier ont déjà levé 9 millions de dollars auprès des plus prestigieux investisseurs de la Silicon Valley et notamment Andreesen Horowitz. Ce financement, combiné à la puissance de leur casque qu’ils doivent vraisemblablement utiliser sur eux-mêmes, leur donne des ailes. Ils envisagent d’attaquer le marché des sportifs amateurs. Ils ont déjà proposé leur innovation en souscription en février dernier pour la bagatelle de 550 $ l’unité. Tout leur stock a été vendu en moins d’une semaine. Il faut s’inscrire pour espérer recevoir les prochaines livraisons. Et la liste semble déjà longue.
Un succès qui en dit long sur le rêve transhumain de nos contemporains d’être, grâce au génie des technologies, encore plus beaux, encore plus forts, encore plus intelligents…
 
 

 

signalert

Risques naturels : une application smartphone pour alerter en temps réel

La startup Signalert a développé une application smartphone gratuite «SIGNALERT App» permettant aux citoyens de signaler et décrire des événements naturels d’intensité faible ou extrême. Six phénomènes naturels peuvent être décrits, et d'autres vont être incorporés à l'application : feux de forêt, inondations, crues torrentielles, avalanches, chutes de neige, chutes de blocs, cyclones… Chaque citoyen peut alors être acteur de la surveillance. L’analyse des alertes, recueillies en temps réel, permettra de mieux caractériser un phénomène dangereux et son évolution. Ces informations viendront compléter les mesures des réseaux institutionnels et faciliter, au besoin, l'intervention des secours. 

Premiers test réussis sur la surveillance des incendies

Les premiers tests effectués de juillet à octobre 2015 portaient sur la surveillance des incendies de forêt dans le sud de la France. Irstea – institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture - travaillant depuis plus 20 ans sur les incendies de feux de forêt, et la startup Signalert se sont associé aux équipes d’Aix en Provence de l’institut pour élaborer le questionnaire de description des incendies. Labellisé institut Carnot depuis 2006, Irstea a développé des partenariats avec plus de 150 PME et les principaux grands groupes du secteur de l’environnement et des écotechnologies. 
Avec un déploiement efficace, cette application permettra d’améliorer la connaissance, la surveillance et la gestion des incendies de forêt. Une analyse temps réel des alertes transmises via l’application permet même de détecter un nouveau feu dès les premiers témoignages envoyés, ce qui vient compléter les systèmes de veille existants en France et peut même améliorer leur performance.
A l’issue de cette période de test, un retour d’expérience a été réalisé avec des professionnels de la gestion des incendies de forêt afin d’en évaluer le bénéfice pour la prévention. Le service Signalert Consult d’exploitation des alertes est d’ores et déjà disponible par abonnement à tout opérateur professionnel concerné par la surveillance de phénomènes sur un territoire, et cela dans le monde entier.

Comment ça marche ?

Accessible gratuitement par tous et téléchargeable sur AppleStore ou Google Play, les utilisateurs renseignent en quelques dizaines de secondes le phénomène observé et ses incidences via une série de questions propres à chaque phénomène. Afin d’évaluer l’intensité du phénomène, quatre types de questions sont à renseigner, décrivant la taille du front de flamme et le nombre de foyers, le type de zone touchée, la couleur de la fumée et la force du vent. L'utilisateur reçoit en retour des informations sur les témoignages d'autres usagers à proximité et peut échanger avec eux via les réseaux sociaux. Il dispose également de conseils sur les comportements appropriés face aux dangers ou des liens vers des sites officiels émettant des messages de vigilance ou d’alerte.

A quoi sert Signalert ?

Les contributions des usagers de l’application alimentent un système de détection et d’analyse des phénomènes. Ces données augmentent la capacité de détecter précocement les incendies et à mesurer leurs effets en temps réel. Chaque donnée d’alerte arrivée au serveur peut être visualisée ou exportée immédiatement vers les opérateurs en charge de la prévention et de la lutte contre les feux de forêt.
Les réponses aux questions structurées en niveau d’intensité révèlent localement ce que perçoivent les citoyens de l’intensité ou de la gravité de l’incendie de forêt en cours, dont ils sont témoins ou victimes.
Les informations sont conservées et le développement d’un ou plusieurs feux peut être analysé à froid et comparé à d’autres informations sur le déroulement d’une crise. 
L’application contient également des outils pour mieux faire face à un événement imprévu, comme des conseils de comportement face aux situations dangereuses, des liens vers les sites web du monde entier dédiés à la surveillance de chaque type de phénomène naturel.
Chaque citoyen intéressé peut accéder à un portail ouvert de consultation des alertes émises.

Un système d’alerte personnalisé

L’App smartphone dispose d’une version payante qui offre la possibilité de recevoir en temps réel les notifications d’alertes envoyée avec l’App par d’autres usagers à proximités de points d’intérêt de son choix (domicile, lieu de vacances, …). Pour l’heure, l’opération de surveillance des feux de forêt couvre un grand quart Sud de la France débordant sur la Catalogne, l’Italie, la Sardaigne, les Baléares et les Canaries.
L’application est disponible en français et en anglais (prochainement en espagnol) et fonctionne dans le monde entier.
L’application smartphone est téléchargeable sur AppleStore ou GooglePlay (non compatible tablette Android). 
 
 

 

Palmyre

Les drones d’une startup française prêts à ausculter Palmyre

Ils attendent les dernières autorisations pour lancer leurs drones au-dessus de Palmyre dévastée. La startup française Iconem, spécialiste de la numérisation 3D de sites archéologiques est entrée à Palmyre, prête à faire décoller ses drones. En partenariat avec la Direction générale des Antiquités et des Musées syrienne, cette startup créée en 2013 n’attend plus que le feu vert des autorités pour mesurer l’étendue des dégâts causés par la folie de Daech.
 
L’opération s’inscrit dans le cadre de « Syrian héritage », un partenariat noué en décembre 2015. Les deux fondateurs d’ Iconem, Philippe Barthélémy et Yves Ubelmann attendaient avec impatience la libération de la perle du désert des mains de Daech. Ils sont maintenant fin prêts et sont considérés les meilleurs dans leur domaine. En effet, ils ne sont pas à leur premier coup d’essai. Ils ont déjà fait leur preuve en modélisant d’autres trésors syriens. Ils ont ainsi construit la plus grande base de données 3D mondiale du patrimoine archéologique exceptionnel d’un pays déchiré par la guerre depuis 2011. Leur base comprend les sites phéniciens d’Ougarit, la mosquée des Omeyyades à Damas érigée au VIIIe siècle, le théâtre romain de Jableh, les maisons et palais damascènes de la période ottomane, le musée de Lattaquié avec ses collections et les sites croisés du XIe siècle comme le Krak des chevaliers, près de Homs, et la citadelle de Damas.
 

LIRE DANS UP : Comment reconstruire Palmyre ?

 
Drone iconem
 
 
Cette startup née de la rencontre d’un pilote, spécialiste des drones, et d’un architecte archéologue, défend une belle vision : « garder une trace des sites exceptionnels, soumis à une dégradation naturelle ou non, pour les générations futures » déclare Philippe Barthélémy au journal Les Echos. Pour mener à bien leur vision et atteindre une position de meilleur opérateur dans leur discipline, ils ont mis au point un système de caméras et appareils photo fixés sur des drones qui survolent dans les moindres détails les sites en péril. Les enregistrements réalisés en très haute définition distinguent des détails avec une précision d’1 millimètre !
 
 
Il faut dire que la startup a vu les meilleures fées l’entourer. Le projet a été incubé dès 2010 après avoir remporté un concours du Ministère de la recherche. Microsoft, l’École normale supérieure et l’INRIA lui ont apporté des ressources scientifiques pour développer ses technologies très gourmandes en temps de calcul. Parrot, le leader des drones civils a investi près de 1.5 millions d’euros dans la startup lui permettant de constituer une équipe d’une dizaine d’ingénieurs et pilotes de drones.
 
© iconem
 
 
Grâce à leurs drones longue distance, capables de pénétrer sur 100 km dans des zones dangereuses, d’une part et à la photographie HD d’autre part, Iconem a développé une parfaite maîtrise de la technique photogramétrique. Les images sont analysées par des algorithmes puissants qui reconstruisent, en nuages de points, une représentation 3D des monuments. L’exploit technique permet de dresser une cartographie extraordinairement précise des lieux. Aujourd’hui la modélisation des sites syriens endommagés par la guerre est une priorité pour imaginer leur reconstruction future.
Mais une question tragique demeure : pourra-t-on un jour reconstruire Palmyre ? Le débat est vif entre ceux qui pensent ou espèrent pouvoir reconstruire ce qui n’est que ruines après le passage des fous de Daech et ceux qui pensent que plus rien n’est à faire. Les ruines de Palmyre seraient ainsi une trace de la barbarie dont peut être capable l’humanité.
 
Les fondateurs d’Iconem ne se posent pas ces questions. Selon eux, il faut venir en aide aux scientifiques syriens qui sont les mieux à même de préserver leur patrimoine. Une quinzaine d’entre eux ont déjà été formés à Damas aux techniques de modélisation 3D. Néanmoins, cette collaboration avec la Direction des antiquités, une administration du régime syrien de Bachar El Assad, pose question. Car le régime syrien, qui se présente comme le protecteur des sites archéologiques face à Daech est aussi le responsable de la destruction massive du patrimoine, par ses bombardements quotidiens des villes rebelles. Conscients des risques d’instrumentalisation, Yves Ubelmann l’un des deux fondateurs d’Iconem assume son projet. Il affirme devant les caméras d’Arte : « Nous, ce qu’on cherche à faire, c’est apporter un support technologique à une équipe scientifique. On fait un travail qui, effectivement peut être instrumentalisé, mais ce n’est pas grave parce que dans dix ans, ce qui restera, ce seront les données, c’est la connaissance qui restera ».

LIRE DANS UP : Palmyre pourrait-il être reconstruit grâce à la 3D

Les premiers journalistes et observateurs entrés dans Palmyre, au-delà de leur émotion légitime, ont constaté les dégâts. Toutefois, à première vue, il semblerait que le site soit encore en grande partie miraculeusement debout. Des fleurons de l’histoire architecturale comme le temple de Bâl ou l’arc de triomphe situé à l’entrée de la cité ont bien été pulvérisés par les charges de dynamite. Des bas-reliefs d’une rare beauté ont vu leurs visages mutilés à coups de masse. Mais, pour les premiers observateurs, Palmyre semble avoir conservé encore 70 à 80 % de ses trésors. C’est ce diagnostic que va confirmer ou infirmer les drones d’Iconem. On attend avec anxiété leur verdict.
 
Maher AL-MOUNES  de l’AFP est le premier journaliste à être entré dans Palmyre libérée le 31 mars. Il a ramené ces photos saisissantes :
 
 
Une photo de l'Arc de Triomphe de Palmyre prise en mars 2014, et ce qu'il en reste le 31 mars 2016 après sa destruction par l'État islamique six mois auparavant (AFP / Joseph Eid)
 
 
Des statues antiques endommagées à Palmyre, le 31 mars 2016 (AFP / Joseph Eid - Beto Barata)
 
 
Une œuvre d'art endommagée dans le Musée de Palmyre, le 31 mars 2016 (AFP / Joseph Eid)
 
 
 
Photo de une : Une tête de statue endommagée dans le Musée de Palmyre, le 31 mars 2016 (AFP / Joseph Eid)
 

 

Invasion des robots

IA : L’invasion des robots a déjà commencé. Et elle est massive.

Des histoires de robots, il y en a plein aujourd’hui. Les dernières en date, qui ont défrayé la chronique, sont celles de la victoire d’Alphago, une intelligence artificielle sur l’humain ou celle de la Google car dont le petit accrochage n’est que l’exception qui confirme la règle de sa conduite irréprochable, bien supérieure à celle de tout conducteur humain. Mais il y a eu aussi ces derniers jours le désengagement de Google de la firme fabriquant les robots Atlas au motif qu’ils étaient trop effrayants. Et cette semaine, cette bourde d’un robot de Microsoft proférant des insanités dans ses conversations sur Twitter. On nous a parlé aussi de cette incursion dans la vallée de l’étrange avec ce robot Sophia, reprenant traits pour traits le visage humain et annonçant, tout sourire son souhait de faire disparaître… l’humanité. 
Toutes ces anecdotes, ces craintes de voir les robots mettre les humains au chômage, l’IA - intelligence artificielle de remplacer nos gardes malades, nos ouvriers dans les usines et nos éducateurs de petite enfance, toutes ces histoires ne sont rien à côté de la révolution qui est en train de se mettre en place massivement : l’invasion des bots dans notre vie quotidienne.
 

Le storytelling des robots

 
Les histoires de robots qui peuplent les chroniques sont toujours effrayantes. Soit parce qu’elles nous font entrer dans la « vallée de l’étrange », cette zone où nous ne distinguons plus très bien ce qui est artificiel de ce qui est naturel, humain. Soit parce qu’elles agressent notre narcissisme le plus primaire ; c’est le cas de cette intelligence artificielle qui a battu l’homme à un jeu réputé être intuitif et incalculable.

LIRE DANS UP : Go : Bravo pour cette victoire de l'intelligence humaine

Ou ce discours ambiant qui répand que les voitures intelligentes vont nous empêcher probablement sous peu de prendre nous-mêmes le volant car nous sommes trop mauvais conducteurs par rapport à elles. Les machos latins amoureux de la bagnole en prennent pour leur grade.

LIRE DANS UP : Intelligence artificielle : quelle responsabilité en cas d'accident ?

Quand les robots ne nous mettent pas en défaut par rapport à la haute opinion que nous avons de nous-mêmes, ils nous interrogent sur notre reproductibilité et sur notre pérennité. C’est typiquement le cas de ce robot Sophia, présenté par la firme américaine Hanson Robotics et qui emprunte les traits parfaits d’un visage humain, avec toutes ses expressions, sourires charmeurs et grimaces impertinentes.  Un exploit technique qui fait froid dans le dos surtout quand cette beauté siliconée annonce fièrement son intention ultime de se débarrasser de nous. Une plaisanterie ? Un clin d’œil ? Peut-être, mais il est glaçant.
 
Sophia, le robot qui veut ressembler à l’homme pour mieux s’en débarrasser
 
Ces épisodes écrivent, chacun pour leur part, l’histoire des robots. Ou plus précisément, l’imaginaire dans lequel ils nous emmènent. Une vidéo a fait dernièrement le tour du web. C’est celle du robot Atlas créé par la firme Boston Dynamics. Un robot dont la morphologie est celle des robots inquiétants de nos contes d’enfants. Ce robot est capable de travailler à l’usine, de faire la guerre, de passer l’aspirateur. Il est doué, c’est certain. Mais le plus étrange, ce n’est pas que ce robot nous inquiète parce qu’on sent bien que ses congénères pourront nous remplacer un jour dans la plupart des tâches qui nous occupent. Non, le plus étrange, c’est que nous éprouvons de la compassion pour lui quand il est agressé. C’est ce que montre cette vidéo épouvantable où l’on voit le brave robot tabassé par un jeune ingénieur (?) à coup de latte de hockey. Le robot trébuche, tombe, essaie de se relever péniblement. Il est à nouveau frappé. Il retombe et nous avons mal pour lui ; nous détestons la sauvagerie de cet humain. Nous avons pris parti, et en cela, c’est effrayant.
 
Le robot Atlas de Boston Dynamics (voir les sévices au robot à 1’27)
 
C’est tellement effrayant que Google (Alphabet), qui avait racheté Boston Dynamics il y a trois ans, annonce vouloir se désengager. Le motif par la firme de Mountain View affiché : ces robots sont trop effrayants et nuisent à notre image.
 

Cris médiatiques et chuchotements

 
Ces anecdotes jaillissent dans un bruit médiatique qui n’est pas en faveur des robots et de l’intelligence artificielle. Il y eut d’abord les déclarations de Stéphane Hawking, d’Elon Musk ou de Bill Gates affirmant que l’IA était un danger pour l’humanité. Un discours qui trouve un écho fort dans nos sociétés inquiètes de ce seuil de singularité qu’on nous annonce très proche, de la propagation dans tous les secteurs d’une ubérisation rampante, des tentations d’un grand remplacement dans nos usines les plus modernes…

LIRE DANS UP : Les robots humanoïdes vont pointer à l’usine : 50% de chômeurs prévus

 Un discours relayé par nombre de techno-critiques qui nous annoncent l’arrivée d’une ère apocalyptique. Et pourtant il n’est pas de jour sans une annonce nouvelle, sans qu’on nous montre un progrès, une innovation majeure voire disruptive dans le domaine de l’IA. Cette discipline entre même au Collège de France. La question centrale qui hante la robotique actuelle est bien celle de son storytelling et de la maîtrise de l’imaginaire qu’elle véhicule.

LIRE DANS UP : L’intelligence artificielle de Facebook entre au Collège de France

Pendant ce temps, derrière ces discours enflammés, ces histoires inquiétantes, l’IA avance. Elle avance vite, tellement vite que nous ne percevons pas ses progrès distinctement. Son avancée n’est pas seulement celle des robots et autres androïdes menaçants. Elle est celle, beaucoup plus discrète, fondue dans la masse, des robots fonctionnels disséminés dans tous les recoins de nos activités et notamment l’une d’entre elles qui nous occupe le plus : le web. Ces robots insidieux et extrêmement invasifs sont les bots.
 

La conversation comme arme de pénétration massive

 
Qui n’a jamais joué avec l’assistant vocal de son smartphone ? Siri ou Alexa, ou Cortana, les voix artificielles ne manquent pas.  Nous ne nous en rendons pas bien compte, mais elles font des progrès jour après jour. Elles se développent si bien (grâce aux progrès de l’IA) qu’elles deviendront sans nul doute incontournables, dans un avenir très proche. Les interfaces vocales vont devenir notre première manière d’interagir avec l’information.  Elles s’incarnent d’abord dans des « assistants intelligents » à qui nous donnons des ordres de plus en plus précis : cherche-moi cette information, dis à Chloé de me rejoindre au bureau, prends rendez-vous chez mon dentiste, etc. Nous sommes ici dans le registre de l’injonction. À partir du moment où ces interfaces commencent à se doter de fonctions dialogiques, à comprendre de plus en plus finement le langage naturel, c'est-à-dire d’être capable d’entretenir une conversation minimale, nous entrons dans une autre dimension. Nous entrons dans un champ stratégique d’une autre nature. Le chercheur Olivier Ertzscheid nous alertait déjà en 2013 :
 
parce que nous parler c'est nous éviter de lire ; parce que nous éviter de lire c'est nous éviter de comparer ; parce que nous éviter de comparer c'est nous éviter de choisir ; parce que nous éviter de choisir c'est pouvoir choisir à notre place »
 
Quand les machines se dotent de fonctions vocales avancées, elles nous conduisent à une autre façon de réfléchir, de penser, de chercher. Olivier Ertzscheid prend l’exemple d’une requête dans un moteur de recherche.  Aujourd’hui, quand nous cherchons une information sur Google, non seulement nous posons la question comme bon nous semble, mais surtout, nous anticipons si ce n’est sur les résultats, mais au moins sur la typologie des réponses possibles.  En posant de telle manière la question, nous allons plutôt rechercher des articles d’actualité ou des vidéos.  Le passage au stade oral ôte toute notion d’anticipation. Nous n’attendons rien de particulier si ce n’est la réponse que doit nous fournir la machine. Une réponse que nous entendons. Et cela diffère fondamentalement d’une réponse que nous trouvons.
 

Les agents invisibles

 
En entamant un dialogue avec l’Intelligence artificielle, nous la rendons invisible. Son artificialité disparaît au profit du service naturel qu’elle nous rend. Un exemple récent et particulièrement frappant nous est donné avec le magazine d’actualité Quartz. Il vient de lancer une fonctionnalité permettant non plus seulement de lire un article, mais de dialoguer avec le journaliste. Il s’agit bien sûr d’un robot, un bot, qui répond à vos questions en vous fournissant des réponses pertinentes et envoyant progressivement vers les articles qui lui semblent les plus adaptés, pour vous, en fonction de vos questions. L’impression qui en résulte est celle d’une discussion tout à fait naturelle avec un journaliste, qui s’entretient personnellement avec vous et vous propose de lire cet article – son article.
 
 
Les bots, ces agents virtuels intelligents vont prendre une place de plus en plus importante dans nos vies. Ils le feront d’autant plus facilement qu’ils sont conçus pour réduire nos efforts, agir à notre place et peut-être même penser à notre place. De très nombreuses sociétés travaillent sur ce créneau. La française Snips cofondée par le déjà célèbre Rand Hindi en est un acteur brillant. Sa devise, affichée sur son site est « We make technology disappear » (nous faisons disparaître la technologie). Cette startup veut, à l’instar de l’électricité, qui est devenue quelque chose avec lequel nous vivons et auquel nous ne prêtons plus d’attention particulière, que la technologie disparaisse. Pour cela, leur idée est d’injecter une intelligence artificielle dans chaque objet afin de minimiser la friction causée par la technologie. Autrement dit, déclarent-ils dans une interview, « nous intégrons la technologie dans le quotidien au point que bientôt nous n’y prêterons plus attention ».
 
Randi Hindi, cofondateur de Snips
 
L’IA injectée dans les objets connectés ou les smartphones est en permanence consciente de l’histoire et du contexte dans lequel se situe l’utilisateur. Un des dirigeants de Snips explique ainsi à nos confrères de Soonsoonsoon : « Par exemple, si vous êtes en rendez-vous et que vous recevez 6 notifications qui ne sont pas importantes, vous allez quand même les regarder...et perdre du temps. Pourtant, potentiellement, votre smartphone sait que vous êtes en rendez-vous, car il a accès à votre calendrier, il dispose d’un micro qui lui permet de savoir que vous êtes en train de converser, etc. Il devrait donc filtrer les notifications qui ne sont pas pertinentes : en somme, être encore plus intelligent. Or rendre votre téléphone encore plus intelligent, c’est tout à fait possible dès aujourd’hui. Il suffit d’injecter de l’intelligence artificielle capable de comprendre des situations complexes. »
Grâce à l’intelligence artificielle, le système apprend les habitudes de l’utilisateur au fur et à mesure : il utilise la géolocalisation, interprète les adresses issues des emails ou des sms, etc. C’est ainsi que les bots s’immiscent dans les transactions humaines et interhumaines.
 

Des robots partout

 
On se doutait que les robots et plus spécialement les bots, ces unités virtuelles discrètes étaient déjà très présentes dans l’écosystème d’Internet. Le Monde publiait récemment des statistiques éloquentes : le trafic du web est occupé pour 38.6 % par des humains. Tout le reste est occupé par les robots.  Savez-vous que 8,5% des utilisateurs de Twitter, c'est à dire la quantité énorme de plus de 23 millions de comptes, ne sont pas des êtres humains. Ce sont des bots. Ces robots sont des comptes autonomes qui publient sans aucune interaction humaine. Savez-vous qu’il existe des bots journalistes qui rédigent automatiquement des articles et traitent des masses de data automatiquement. Savez-vous que Wikipédia est contrôlé, mis à jour et modifié par une armée composée essentiellement de robots ?
John Robb, expert stratégique et auteur du brillant “Brave New War”, a écrit sur son blog : « À la fin de cette décennie, les bots seront plus nombreux que les êtres humains. À la fin de la prochaine décennie, ils seront plus nombreux que nous dans une proportion d’un pour 1.000.000. Ils seront partout. Dans chaque système, dans chaque maison, dans chaque objet. »
 

Le grand marché des bots

 
L’invasion a déjà commencé mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attend. Le 12 avril prochain est une date qui risque de rester dans l’histoire. En effet il est probable que Facebook annonce le lancement de son premier « Bot Store ». En quoi cette annonce serait-elle historique ? Certains pensent qu’elle va révolutionner les pratiques à l’instar du lancement de l’App store par Apple il y a maintenant huit ans. Le principe de ce bot store est simple : les marques, les organisations, les sociétés de toutes natures pourront y proposer leur propre robot logiciel, leur bot, destiné à interagir intelligemment avec leurs clients ou utilisateurs. Avec ces bots, plus besoin de se connecter et passer par des étapes fastidieuses ; il suffira de demander, par un simple message oral et sms, de se connecter à sa banque pour effectuer immédiatement un virement ou une opération.  Vous vous rendez-compte que vous allez être en panne de bières pour le match de ce soir ? Pas de problème un simple message au bot suffira pour vous réapprovisionner. Plus besoin de sortir sa carte bancaire, plus de friction entre la technologie et l’utilisateur. Transparence et invisibilité.  On peut imaginer que les marques ne manqueront pas d’imagination pour nous proposer des services et des produits exactement adaptés à nos goûts et au contexte dans lequel nous nous situons, puisqu’elles sauront tout de nous.
 
 
Le lancement par Facebook de ce bot store résonne comme une bombe parce que l’effet d’échelle est considérable. En effet, c’est plusieurs centaines de millions d’utilisateurs, presque 1 milliard, qui vont être touchés d’un seul coup. C’est plus que le nombre total d’iPhones vendus depuis son lancement.
 
L’intelligence artificielle, dans cette version conversationnelle des bots, va révolutionner le business sur internet et constitue pour certains un nouvel eldorado.  D’autres y voient un côté apocalyptique, parlant de Botageddon. Il est vrai que, tout en suscitant d’immenses inquiétudes, la puissance des bots attise de non moins immenses convoitises. Les marques y voient un outil formidable pour rendre le service client encore plus personnalisé. Chaque bot étant directement relié à toutes ces « data » qui font la vie d’un individu, sera d’autant plus puissant pour proposer le bon service ou le bon produit. Mais, dans le même temps, les bots seront bien entendu l’eldorado des marques qui pourront s’infiltrer dans les algorithmes, influencer les réponses et mettre en avant leur offre plutôt qu’une autre.
Il faudra donc être vigilant et apprendre à mettre en doute ce que nous diront les bots.
 

Intelligence ou bêtise artificielle ?

 
C’est la mésaventure qui est arrivée le 24 mars dernier avec Tay, un bot produit par Microsoft, censé converser avec des abonnés sur Twitter et enrichir son apprentissage au fur et à mesure de ses discussions. En l’espace de quelques heures, ce robot se faisant passer pour une « jeune fille de 19 ans » a été capable d’agréger plusieurs milliers de « followers ». Ceux-ci n’étaient certainement pas tous des amis car quelques malins se sont glissés dans la joyeuse bande et se sont mis dans l’idée de piéger le robot et de lui bourrer le crâne d’idées malveillantes, qui, à terme, sont devenues des idées normales pour l’intelligence artificielle. On s’aperçut vite avec horreur que le robot répondait non seulement n’importe quoi mais qu’il se lançait dans de grandes insanités, tenant propos racistes, antisémites et sexistes sans sourciller. Un des derniers tweets publié par le bot Tay avant que Microsoft ne le débranche précipitamment était « Donald Trump est notre seul espoir »…
 
 
 
Cette expérience ratée (temporairement) est intéressante car elle ouvre la voie des bots qui se font passer pour des humains et essayent, comme dans la fameuse partie de go, de s’y confronter. Ici, en l’occurrence, Tay s’est fait passer pour une jeunes fille bien inoffensive. Demain, quelle personnalité prendra le prochain bot à intelligence artificielle ?
 
Malgré ces péripéties et la puissance potentielle dégagée par ces bots, les français interrogés par l’institut IPSOS pour Microsoft semblent globalement confiants. 65 % des sondés considèrent que les technologies rendent leur vie meilleure, notamment en termes de gain de temps, d’organisation de la vie quotidienne et dans le cadre du travail (selon deux tiers ou plus des répondants). 51 % des sondés seulement se sentent inquiets ou sceptiques à propos de l’intelligence artificielle. La génération Z s’estimant quant à elle plutôt enthousiaste face à cette évolution majeure. Au total, ils sont 79 % à percevoir l’intelligence artificielle comme bénéfique pour les services à la personne : dans la santé, la sécurité, les transports et l’aide aux personnes âgées.
L’intelligence artificielle et ses diverses matérialisations dans les bots et autres robots a sans nul doute encore de beaux jours devant elle.
 
 
 

 

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