UP' Magazine L'innovation pour défi

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Le show de la French Tech au CES 2015

Le prochain salon CES de Las Vegas qui se déroulera du 6 au 9 janvier prochain, la French Tech sera présente avec l’appui du gouvernement français. Pour la 2ème année consécutive, la French Tech constituera la première délégation européenne (loin devant le Royaume Uni et l’Allemagne) et la cinquième mondiale, derrière la Chine, les Etats-Unis, Taïwan et la Corée du Sud. Avec 120 entreprises présentes, la délégation croît de 33% en 2015.

Sur l’Espace Eureka Park, dédié aux start-up, la France est la deuxième délégation derrière les Etats-Unis avec 66 jeunes pousses exposantes. Une start-up sur quatre sur cet espace dédié à l’innovation est française. Cinq recevront des Innovations Awards (Giroptic, Cityzen Sciences, Withings, Lima et Voxtok). Le French Tech Pavilion, organisé par Ubifrance, avec le soutien d’Orange et de l’INPI, accueille 18 pépites sélectionnées par un jury. Ces jeunes pousses de la French Tech, pionnières dans leur domaine, seront l’une des composantes majeures de la présence française sur le CES, rendez-vous incontournable dans le domaine du numérique et des hautes technologies.

Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique et Axelle Lemaire, secrétaire d’État au Numérique , lors de la soirée Frrench Tech à l'Usine i/o dans le 13ème arrondissement de Paris ce jeudi 18 décembre, ont tenu à réaffirmer le soutient de la France à l’initiative French Tech et à l’Agence Française du Numérique : "Sans innovation, pas de croissance" et pour innover, il faut avoir "le goût du risque" et c’est dans cet état esprit que les startups françaises doivent se rendre à Las Vegas "pour gagner ensemble" afin de "faire le CAC 40 de dans vingt ans". 

Pour appuyer la forte présence française au CES, Emmanuel Macron, accompagné d'Axelle Lemaire, de Muriel Pénicaud (DG d’Ubifrance et Présidente de l’AFII) et de Pierre Gattaz (MEDEF), fera donc le déplacement.

La France, un acteur de poids des objets connectés

Depuis 2014, l’« Internet of Things » s’impose comme une tendance lourde au CES. La majorité des start-up de la French Tech présenteront des innovations dans ce domaine pour l’édition 2015. Le marché mondial des objets connectés, encore émergent, devrait devenir un marché majeur dans les années à venir. Selon une étude de Cisco, il devrait représenter jusqu’à 14 000 milliards de dollars d’ici 2020. A cette même date, 99% des objets physiques devraient être connectés. Alors qu’IDC estime le nombre d’objets connectés à 200 millions à ce jour, il devrait y avoir 32 milliards d’objets connectés en circulation à horizon 2020.

La France fait preuve d’une belle créativité en la matière et s’impose comme l’un des leaders dans ce domaine. Les succès de Parrot, Withings, Sen.se, Sigfox ou Netatmo démontrent la créativité et le poids de la France des objets connectés. Ils font d’ailleurs l’objet d’un des 34 plans de la Nouvelle France industrielle, dont la direction a été confiée à Eric Carreel, CEO de Withings.

Les 18 startups du French Tech Pavilion sélectionnées par Ubifrance

- 3D Rudder
Le 3DRudder est un contrôleur de navigation 3D révolutionnaire qui se pilote avec les pieds, offrant une intuitivité du mouvement inégalée. Le 3DRudder est destiné aux joueurs et aux professionnels de la 3D (designers, infographistes 3D, architectes,...).
- 3D SOUND LABS
3D Sound Labs présente une nouvelle technologie de son 3D afin de créer l'expérience la plus immersive d’audio portable, pour tout le monde, partout. 3D Sound Labs offre l'occasion à tout le monde de vivre cette expérience sonore réaliste. Profitez du premier son vraiment immersif.
- BBRC – Biody Balance
MYBIODY BALANCE est le premier appareil de check-up portable connecté, destiné à l’usage du grand public. Il délivre un bilan de santé immédiat via la mesure de 5 indicateurs clés : la masse graisseuse, la masse osseuse, la masse musculaire, le taux d'hydratation, dépense énergétique journalière. MYBIODY BALANCE apporte ainsi une meilleure connaissance de son corps afin d'adapter ses habitudes alimentaires et son activité physique pour améliorer son bien-être général et sa santé.
- BBRIGHT
BBright, la meilleure qualité d’image Ultra-HD pour des événements en direct sensationnels et immersifs.
Leur mission : des produits et solutions visionnaires basés sur le technologie HEVC pour le broadcast, l'IPTV et le streaming vidéo / OTT.
- CONNECTED CYCLE
Connected Cycle : reconnue pour son expertise en géolocalisation des vélos en libre-service, Connected Cycle ambitionne désormais de contribuer à la démocratisation du vélo personnel comme moyen de transport pertinent. Pour cela, elle dévoilera lors du CES 2015 le premier objet connecté destiné au grand public, qui veille à la fois sur le cycliste et sur le vélo.
- GlaGla International
GLAGLA International présente la première collection au monde de footwear connecté - interactif. La première Collection Automne/Hiver présentée au CES comprendra des chaussures et semelles pouvant être chauffées à partir d'un simple Clic depuis votre smartphone et vous fournir des informations sur la distance parcourue, les calories brulées, l'altitude et plus, via l'application qui lui est dédiée.
- EMIOTA
Emiota revisite les accessoires de mode en associant luxe et technologie. La ceinture Bel-T s’adapte à son porteur pendant la journée en fonction de sa position et de ses mouvements, afin de lui assurer un confort optimal.
- GREEN CREATIVE
Green Creative conçoit des solutions innovantes de tri à la source pour transformer les déchets en ressources. Green Creative présentera sa dernière innovation au CES de Las Vegas : R3D3, poubelle intelligente et connectée, est une solution design et pédagogique pour trier et compacter automatiquement les canettes, les bouteilles et les gobelets.
- MEG
MEG crée et développe des solutions intelligentes et connectées pour prendre soin du végétal. Le pot de fleur MEG sort fin 2014. Cette année, MEG présente au CES le MEG GEM, le premier biocapteur qui analyse les pulsions électriques émises par les plantes. Ce capteur permet au grand public d'avoir des plantes en pleine forme toute l'année et quelques soit le temps et l'environnement des plantes.
- MOVE N SEE
En 2012, MOVE ‘N SEE lançait le premier robot caméraman au monde pour le sport, uniquement dédié aux activités Outdoor. Aujourd’hui, la start-up française s’apprête à sortir PIXIO, le premier robot qui filmera aussi en INDOOR ! Conçu pour le grand public, il acceptera n’importe quelles caméras ou appareils numériques. PIXIO permettra de ne plus choisir entre vivre l’instant ou le filmer !
- MY BRAIN
MyBrain Technologies développe une nouvelle génération d'objets connectés qui permettent à chacun d'apprendre à mieux contrôler et gérer son stress sans avoir recours aux médicaments. Cette innovation, issue des dernières avancées en neurosciences et développée en partenariat avec l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière. L'utilisateur met un casque sur la tête et écoute les variations de son état mental en temps réel. De façon ludique et intuitive, l'utilisateur réalise des séances de relaxation musicales d'une quinzaine de minutes qui permettent d'entraîner et améliorer ses capacités cérébrales liées à sa relaxation et à sa gestion du stress. A l'occasion du CES LAS VEGAS 2015, My Brain organisera des ''Battle'' de relaxation inédite.
- OPTINVENT
OPTINVENT est un fabricant de lunettes intelligentes innovantes dénommé ORA-1 basées sur une technologie brevetée et un savoir-faire de pointe dans le domaine de la projection rétinienne. Elles sont équipées d’un microprocesseur, caméra, et capteurs et peuvent faire tourner des applications Android localement. Elles peuvent également se connecter au réseau via Wi-Fi ou d’autres terminaux via Bluetooth. Les domaines d'applications sont nombreux aussi bien pour le grand-public : messagerie, cartographie, vidéo que pour les entreprises : maintenance, logistique, construction, santé.
- PHONOTONIC
Phonotonic est une expérience musicale unique qui transforme vos mouvements en musique. Contrôlez le rythme, la mélodie juste en bougeant avec l’objet connecté Phonotonic. Ne joue pas la musique. Sois la musique.
- PRYNT
PRYNT va révolutionner la façon dont vous immortalisez vos souvenirs ! Nous avons créé un appareil qui transforme votre iPhone ou Android en Caméra Instantanée.
- SLOW CONTROL
Slow Control complète sa gamme d'outils du suivi du comportement alimentaire avec l'annonce d'un porte biberon intelligent. Les parents auront un outil efficace qui leur donnera en temps réel à distance et en différé la consommation de leur nourrisson. Ils pourront vérifier combien, quand et où, le bébé a bu mais aussi si le biberon est bien incliné pour éviter de boire de l'air, ou si un grumeau ne vient pas boucher la tétine. 
- SMART ME UP
Grâce à sa recherche en machine learning, Smart Me Up a développé une technologie très fine d’analyse de visage en temps réel. A partir d’un flux vidéo, elle permet de compter les personnes, d’estimer l’âge, le genre, le niveau de sourire ou de fatigue. Les applications, innombrables, vont de la détection de somnolence pour l’automobile à la vérification de photo d’identité, en passant par l’analyse d’audience pour la distribution. 
- SOLEDGE
SOLEDGE conçoit des équipements dédiés à la musique dématérialisée. Soledge propose une architecture musicale révolutionnaire capable de reproduire le son le plus pur, dans différentes pièces, sans câbles audio, sans lecteur ou manipulation physique, en s’adaptant aux goûts et désirs de l'utilisateur.
- PRIZM
Prizm est le premier objet connecté qui rend les enceintes intelligentes. Prizm joue de la musique selon les goûts des personnes présentes dans la pièce, et l’adapte au contexte détecté : soirée entre amis, dîner romantique… sans avoir à utiliser son smartphone.

économie de l'innovation

Mesurer l’économie numérique : un nouveau regard

Avec l’ouverture cette semaine de la conférence annuelle LeWeb à Paris, le nouveau rapport de l’OCDE "Mesurer l’économie numérique : un nouveau regard" révèle de grandes variations dans l’utilisation d’Internet par les individus et les entreprises dans les pays de l’OCDE.  À l’heure de la rigueur budgétaire, la France se donne-t-elle les moyens d’affronter les défis de demain ? L’Europe peut-elle faire face à la puissance montante que représente l’Asie et d’autres pays émergents en matière d’innovation ? Comment tirer plus de bénéfices économiques de la révolution numérique ? 

L’OCDE et l’Ajef ont élaboré un décryptage de deux de leurs rapports consacrés aux principales tendances concernant la science, la technologie et l’innovation, avec les données et les indicateurs les plus récents : "Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE 2014" et "Mesurer l’économie numérique : un nouveau regard". On y aborde notamment les performances de la France en matière de science et d’innovation, de R&D publique et privée, d’attractivité auprès des investisseurs étrangers ainsi que l’impact des TIC sur la croissance et l’emploi. C'est ce dernier rapport qui nous intéresse ici dont les points forts apparaissent comme de profondes mutations sociales et économiques : 

• Près de deux tiers des adultes utilisent Internet tous les jours dans les pays de l'OCDE et 41% des internautes se connectent avec un téléphone portable ou un smartphone. En Islande, dans les pays nordiques et en Suisse, 9 adultes sur 10 surfent sur Internet, mais en Grèce, en Italie, au Mexique et en Turquie moins de 6 adultes sur 10 sont utilisateurs.

• La Corée a la plus forte proportion d’abonnés (71%) ayant souscrit à un accès au haut débit, suivie par le Japon (47%) et les Pays-Bas (45%). Le Chili (74%), le Mexique (65%) et la Turquie (56%) sont en tête des pays délivrant un débit faible pour l'accès à Internet.

• Les abonnements au haut débit sans-fil ont plus que triplé entre 2008 (environ 250 millions) et 2013 (environ 850 millions) dans la zone OCDE.

• Pour la première fois, toujours en 2013, plus de smartphones que de mobiles classiques ont été vendus dans le monde. Le marché mondial des applications des téléphones mobiles était estimé à 20-25 milliards de dollars en 2013. L’utilisateur moyen d’un smartphone a 28 applications installées sur son téléphone portable mais n’en utilise que 11.

• Environ 60% des internautes fréquentent les réseaux sociaux ou réalisent des achats en ligne ; mais moins de 30% ont recours aux services d’administration électronique. Seulement 11% des internautes prennent des rendez-vous médicaux sur Internet.

• Plus de 80% des internautes achètent des biens et des services en ligne au Danemark et au Royaume-Uni, contre moins de 30% au Chili, en Estonie, au Mexique et en Turquie. Le nombre d’internautes ayant des activités bancaires en ligne va de 90% en Estonie, en Finlande et en Norvège, à moins de 20% au Chili et en Grèce.

• 94% des entreprises de la zone OCDE ont un accès au haut débit et 76% ont leur propre site ou page Web ; mais seulement 21% d’entre elles proposent des produits à la vente en ligne. Parmi les petites entreprises, elles sont presque toutes connectées au Canada, Danemark, en Finlande, France, Islande, en Corée et en Suisse contre moins de 80% en Grèce et en Pologne.

Synthèse du rapport 

A l'heure où la croissance peine dans la plupart des pays, il est primordial d'observer et de comprendre le rôle des technologies de l'information et de la communication (TIC) et celui de l'internet dans l'économie au sens large. Ce rapport utilise des indicateurs existants et les confronte aux grands enjeux de l'économie numérique ; il souligne également les lacunes du cadre de mesure, évalue les progrès accomplis et propose un programme prospectif international de mesure. 

Les TIC engendrent de profondes mutations économiques et sociales

Dans les pays de l'OCDE la proportion d'intemautes est passée de moins de 60 % de la population adulte en 2005 à environ 80 % en 2013, atteignant 95 % chez les jeunes avec de forts contrastes tant au niveau national qu'international. En 2013, plus de 90 % des habitants du Luxembourg, des Pays-Bas, des pays nordiques et de la Suisse avaient accès a I'intemet contre 60 % tout au plus en Grèce, en Italie, au Mexique et en Turquie. Le fossé générationnel concemant l'utilisation de l'internet demeure généralement plus marqué dans les pays dont le déloppement en la matiere est moins avancé.

Dans la zone de l'OCDE, les jeunes de 15 ans consacrent en temps normal environ trois heures par jour a l'intemet, qu'ils sont en outre plus de 70 % a utiliser à l'école. Par ailleurs, 62 % des internautes fréquentent des réseaux sociaux et 35 % ont recours aux services d'administration électronique. Dans les pays de l'OCDE, pas loin de la moitié des individus achètent des biens et des services en ligne ; de plus, près de 20 % le font depuis un appareil mobile en Corée, au Danemark, au Royaume-Uni et en Suède.

En 2012-13, 77 % des entreprises de la zone OCDE disposaient de leur propre site ou page web et 21 % d'entre-elles proposaient des produits a la vente en ligne. A noter que plus de 80 % des entreprises faisaient usage des services d'administration électronique.

Le progrès technologique se répercute sur les taux de pénétration

L'accélération des débits, la baisse des prix et l'apparition d'appareils électroniques intelligents ont encouragé le développement de nouvelles applications à forte intensité de données. En quatre ans a peine, le nombre d'abonnés au haut débit hertzien a plus que doublé dans la zone de l'OCDE : en décembre 2013, près de trois personnes sur quatre disposaient d'un accès Internet à haut débit via leur abonnement de téléphonie mobile. 

Le haut débit mobile est aussi largement répandu dans bon nombre de pays émergents et d'économies moins avancées. Ainsi, en Afrique subsaharienne, le nombre d'abonnements a bondi de 14 millions à 117 millions entre 2010 et 2013.

On estime qu'en moins de deux ans, le nombre de pages consultées depuis un appareil mobile ou une tablette est passé de 15 a 30 % du total des consultations. En 2013, plus de 75 % des utilisateurs actifs de Facebook se sont connectés à ce reseau social depuis un appareil mobile. 

De nets écarts internationaux, y compris dans la zone OCDE, subsistent néanmoins en matière de débits offerts et de prix pratiqués. En décembre 2013, la proportion d'abonnés au haut débit (supérieur à 10 Mbit/s) dans les pays de la zone allait de plus de 70 % à moins de 2 %. D'un pays de l'OCDE à l'autre, les utilisateurs de smartphones payent parfois jusqu'à 7 fois plus pour un même panier de services mobiles.

Les TIC dopant l'innovation industrielle et scientifique

En 2011, les industries productrices de TIC, ainsi que les secteurs de l'édition, des médias numériques et de la création de contenus ont réalisé près du quart des dépenses intérieures brutes de recherche-développement du secteur des entreprises (DIRDE) dans la zone de l'OCDE. En 2014, un tiers de l'ensemble des demandes de brevets déposées devant les principaux organismes compétents visaient des technologies liées aux TIC. Sur les dix dernières années, la proportion de brevets touchant l'extraction de données a plus que triplé ; elle a été multipliée par six pour la communication de machine a machine (M2M).

Nombreuses sont les technologies émergentes fondées sur des innovations issues du domaine des TIC. Dans les pays de l'OCDE, environ 25 % des brevets sur les TIC portent également sur d'autres domaines. Ainsi, le développement de techniques de deuxième génération, entrant des algorithmes d'extraction de données, a fait chuter le coût de séquençage du génome humain d'un million de dollars à mille dollars, en l'espace de cinq ans a peine (2009-2014).

L'économie numérique a bien résisté à la crise 

En 2012, les industries de l'information représentaient approximativement 6 % de la valeur ajoutée totale, 4 % environ des emplois et 12 % des investissements fixes dans la zone de l'OCDE. La productivité du travail dans le secteur de l'économie de l'information est supérieure à la moyenne de quelque 60 %. 

Le secteur des TIC affichait entre 2009 et 2012 une meilleure tenue que le reste de l'économie en termes d'augmentation nette du nombre d'entreprises, parmi lesquelles la part des entreprises à moyenne et forte croissance était relativement importante. Le taux de survie des nouvelles entreprises y était également plus élevé que dans les industries manufacturières et les services.

La crise ne semble pas avoir eu d'incidence notable sur les recettes des 250 principales entreprises de TIC au niveau mondial. Ces dernières ont toutefois réduit de manière importante leurs dépenses de recherche & développement par rapport au début de la décennie, peut-être en raison du recul progressif des activités manufacturières au profit des services.

La part des ordinateurs et des périphériques dans les exportations mondiales de TIC, qui avoisinait les 38 % en 2000, est tombée sous les 30 % en 2012, tandis que celle des équipements de communication et de l'électronique grand public est passée de 26% a 35%. Au cours de la même période, les exportations de TIC de la Chine ont crû de 4.4 % à plus de 30 % du total mondial. Toutefois, en termes de valeur ajoutee, la Chine ne représente que 17 % des exportations de TIC à l'échelle mondiale, car il lui faut importer des biens et des services intermédiaires en quantité.

La création demploi a été très lente

Malgré leur dynamisme, les industries TIC n'ont en matière d'emploi jamais renoué avec leur record de 2001 où elles avaient totalisé 4.1 % des actifs occupés ; en 2012, la part des actifs occupés dans ce secteur s'établissait légèrement en-dessous de 3.8 %. Cette atonie résulte de la réduction des effectifs dans les activités manufacturières et les services de télécommunication ainsi que du développement des services informatiques. A noter toutefois que dans les pays de l'OCDE, les industries TIC absorbent moins de la moitié des emplois liés aux TIC 

L'emploi total a été plus ébranlé par la crise que l'emploi dans les professions liées aux TIC. De 2003 à 2013, ce dernier a vu sa part progresser d'au moins 25 % en Australie et au Canada, de 15 % environ aux Etats-Unis et de 16 à 30 % dans les pays européens de l'OCDE. Différentes études mettent toutefois en lumière de possibles effets délétères des TIC sur l'emploi, conséquences des progrès de l'automatisation et de l'apprentissage automatique.

De nouvelles compétences sont demandées pour les travailleurs, les entreprises et les utilisateurs

Alors même que l'utilisation des TIC en entreprise s'est généralisée, plus de 60 % des actifs de l'Union européenne considèrent que leurs compétences en informatique sont insuffisantes pour leur permettre de briguer un nouvel emploi ; un chiffre qui s'élève à plus de 80 % parmi les populations peu qualifiées, contre moins de 40 % pour les personnes ayant fait des études supérieures. Les industries des TIC emploient en moyenne 30 % de l'ensemble des chercheurs du secteur privé ; en 2012 cependant, seuls 3 % des diplomés de l'enseignement supérieur des pays de l'OCDE étaient titulaires d'un diplôme en informatique.

L'internet a ouvert de nouvelles perspectives pour l'enseignement et la formation. En 2013, 9.3 % des intemautes ont suivi un cours en ligne dans l'un des 30 pays de l'OCDE pour lesquels des données sont disponibles, et des centaines d'établissements universitaires dispensent désormais gratuitement des programmes et des cours en ligne (MOOC). 

Les compétences en matière de sécurité demandent elles aussi à êre renforcées. Plus d'un tiers des internautes de l'Union européenne n'effectuent aucun achat en ligne principalement par manque de sécurité. Or en 2013, toujours dans l'Union européenne, seul un tiers environ des utilisateurs de l'lnternet avaient dejà modifié au moins une fois les paramètres de sécurité de leur navigateur. De même, en 2010, seuls 9 % des internautes adultes employaient un système de contrôle parental ou un logiciel de filtrage pour que leurs enfants puissent surfer sur l'lnternet en toute sécurité. 

Mesurer I'économie numérique requiert de nouveaux outiIs statistiques 

Si les outils statistiques actuels permettent de mesurer la diffusion des TIC, ils sont toutefois moins aptes a suivre l'émergence et l'évolution rapide de technologies ainsi que leur utilisation par les particuliers et les entreprises. II convient de définir un programme prospectif international de mesure articulé autour de six domaines :
1. Améliorer la mesure de l'investissement dans les TIC et de ses liens avec les résultats macroéconomiques ;
2. Définir et évaluer les besoins en compétences de l'économie numérique ;
3. Développer des indicateurs ayant trait à la sécurité, à la protection de la sphère privée et à celle du consommateur ;
4. Encourager la mesure des TIC à des fins sociales et chiffrer l'impact de l'économie numérique sur la société ;
5. Investir dans une infrastructure de donnée complète et de qualité pour évaluer les incidences du numérique ;
6. Définir un cadre de qualité pour le activités statistiques qui soit adapté à l'exploitation de l'internet en tant que source de données.

Comparons notre pays ! (Lien interactif de présentation)

Lire le rapport complet

(Source : OCDE  - 12 novembre 2014)

numérique

Mettez la France à jour !

Nouveaux clusters numériques, nouveaux modèles économiques, soutien à l'innovation... Le 26 novembre 2014, le PROTO204 a invité une quinzaine d'acteurs de Paris-Saclay à participer à la concertation nationale du numérique sur le thème "Croissance, Innovation & Disruption". Des propositions formulées par différents groupes contributifs lors de l'atelier ont été présentées au Conseil National du Numérique et à Axelle Lemaire qui, lors d'EuraTechnologies, les a citées dans son discours de clôture. Présentation.

Accompagner la transformation numérique des entreprises françaises :

Instaurer des fonds de fonds pour les levées de rang A, B et C

Nous proposons la création de fonds de fonds dédiés au financement de levées de fond de rang A,B ou C (à partir du million d'euros). Abondés par des grandes banques à partir d’une taxation sur les produits spéculatifs (transactions haute-fréquence), ces fonds de fonds apporteront le soutien manquant aux startups françaises pour s'attaquer à la compétition mondiale.
L'origine des fonds de fonds est aussi ancienne que celle de la banque, cependant leur usage semble s'être réduit alors qu'aujourd'hui ils permettent des changements d'échelle financière tout en rééquilibrant la prise de risque sur la chaîne d'investissement (la startup étant en bout de chaine). Soutenons les futurs Christophe Colomb de l'innovation !

Créer un certificat ETI qui facilite le changement d'échelle des startups

Nous proposons de créer un "certificat ETI" qui impose aux grands groupes (industriels ou financiers) des quota d'investissements dédiés à des startups qui peuvent réussir leur passage en ETI (Etablissements de Taille Intermédiaire). Le choix de la structure dans laquelle l'entreprise investit est libre tant qu'il respecte 2 contraintes : les financement doivent être au minimum de 500 k€ et ceux-ci doivent être dédiés à des projets générateurs de croissance dans le middle market.
Ce modèle s'inspire du "certificat économie d'énergie", mis en place au Royaume-Unis, Finlande, Italie et la France notamment, qui oblige certains acteurs à soit réaliser eux-mêmes les mesures d'économie d'énergie, soit acheter des certificats aux non-obligés, soit payer une surtaxe à l'État.
Les ETI sont les acteurs du middle maket (entre la startup et le grand groupe), un segment de l'économie identifié fréquemment par les analyses comme le plus générateur de croissance, d'emploi et optimisant ROI de l'innovation.

 Crédit Impot Innovation - Soft Skills

Nous proposons de réorienter le Crédit d’Impot Recherche vers une action plus proche du Crédit Impot Innovation en défrayant des dépenses liées à l'amélioration des soft skills des entrepreneurs dans une startup ou un ETI. En effet, bien que la culture entrepreneuriale française a de l'excellent, elle est parfois décriée sur ces limites en : ouverture, leadership, attention au marché, pragmatisme... C'est sur ces contraintes que cette proposition voudrait agir par une incitation financière et une campagne de communication. 

La Corée du Sud, Israel, Finlande ont des modèles très interventionnistes et, avec un PIB et une population inférieurs à nous, elles sont dans le top 20 des pays numériques. L'intervention de l'Etat n'est pas un obstacle en soi, mais l'initiative française du Crédit Impot Recherche semble avoir un bilan assez mitigé sur l'économie réelle.

Organisation des ressources et les moyens numériques des acteurs publics (sous-thème créé par le groupe) :

Rassembler les services dédiés aux entrepreneurs dans une plateforme ouverte

Faire une plateforme qui rassemble les services (salles, tiers-lieux, appel à projet, cellules de valorisation, incubateurs, consultants, événements...) qui pourraient être utiles aux acteurs de l'innovation. Les services publiques pour l'innovation sont souvent mal identifiés et surtout trop morcelés par territoire. A travers une base ouverte et nationale, les requêtes des entrepreneurs auraient une plus grande chance de trouver une réponse à leur besoin en :
- Profitant de l'aide qui est à leur disposition,
- Faisant remonter les besoins non comblés

Inciter la création de Groupement d'Intérêt Public

Inciter la création de Groupement d'Intérêt Public afin d'identifier les synergies à mettre en place entre acteurs publics. Les datacenters, les études stratégiques... des investissements lourds pourraient être mutualiser assez facilement dans un intérêt commun bien compris.
Cette proposition n'a pas encore été intégrée, car manque encore de formalisation -> à finaliser

Défis et échanges

Comment les grands groupes peuvent faire passer des startups à l'ETI ?
Comment les chercheurs peuvent être un levier de l'innovation ?
Problème culturel : les startups doivent démarcher aux US avant de revenir lever des fonds -> trouver d'autres indicateurs que le ROI pour inciter les investisseurs Fr
Comment les models open contribuent au ROI ?
Changement de paradigme sur l'investissement mis à mal : ce n'est plus l'importance de l'investissement qui fait sa rentabilité. Les investissements collaboratifs peuvent être plus efficaces
Pourquoi les entreprises ne mutualisent pas plus leur R&D ?
Passage de startups à ETI : probème de trésorerie, pb fond de roulement, pb leadership (emmener les gens aux feu), pb investissement (tech / hardware)
Investissement par l'Etat peut être intéressant mais il faudrait qu'il ce soit sans trop de controle des fonds pour les entrepreneurs
Il y a un pb de qualité / de rigueur exacerbé en ce qui concerne les startups françaises à l'international. Elles semblent ne pas avoir assez les réflexes d'analyse marché suffisant pour la compétition globale
La Corée du Sud, Israel, Finlande ont des modèles très interventionnistes et, avec un PIB et une population inférieurs à nous, elles sont dans le top 20 des pays numériques. L'intervention de l'Etat n'est pas un obstacle en soi.

Intervenants

-Louis-David Benyayer : Without model
Présentation des propositions "Créons le 1% Open"
Question 1 : Quel lien avec BPI France / Initiative France / France digital / WiSeed ?
Réponse 1 : Le crowdfunding arrive bien à faire l’appel au don, mais a un accès limité aux financeurs plus conséquents

Question 2 : On a aucune idée du retour sur investissement des projets ouverts ?
Réponse 2 : Il y a bien des études de cas qui mettent en avant l'intérêt pour la formation /ou l'accès au savoir. Nous n'avons par contre pas trouvé d’étude systémique globale de cet impact.

- Christine Balagué, VP Conseil National du Numérique
La concertation est issue d'une demande du 1er Ministre et doit donner lieu à un projet de loi au printemps 2015.

(Source : Ronan JAMES, Responsable du PROTO204)

économie et innovation

Comité Richelieu : Présentation du rapport 2014 sur les actions du Gouvernement au service de l’innovation

L'Observatoire du Comité Richelieu remet ce jour son rapport annuel, réalisé en collaboration avec GAC Group, sur les Engagements et actions du Gouvernement au service de l'innovation et de la croissance, "Engagements et actions du Gouvernement : des débats nouveaux et des avancées à la marge".

L’année écoulée a été marquée par trois mouvements : la poursuite du déploiement du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi présenté en 2012 par le Premier ministre ; les suites notamment données aux Assises de l’Entrepreneuriat avec la présentation de la Nouvelle donne pour l’innovation ; l’ouverture de débats autour de la simplification administrative et de la responsabilité des différents acteurs de la société dans une perspective d’efforts en faveur de la croissance, de la compétitivité et de l’emploi.

Si les engagements et actions continuent de couvrir de nombreux domaines – financement, fiscalité de la recherche et de l’innovation, relations entre acheteurs publics et PME, dynamisation de l’écosystème de l’innovation avec l’initiative « French Tech » – l’imbrication des problématiques et l’ouverture de plusieurs débats semblent avoir un effet dilatoire quant à la mise en place des mesures claires et fortes qu’attendent les EIC. Il s'agit de l’orientation de l’épargne vers l’innovation, à l’action en faveur d’achats publics innovants ou encore à la diminution des charges pour les entreprises les plus en capacité de soutenir la croissance et de renforcer la compétitivité du pays.

Face aux attentes et au scepticisme exprimé par les entrepreneurs dans le rapport 2013, l’Observatoire regrette que les messages lancés l’an dernier n’aient été entendus que trop partiellement. Certes la Médiation de l’innovation se met en place mais, d’un autre côté, le CICE, mesure phare du Gouvernement, continue d’exclure de son calcul dirigeants d’entreprise et salariés – essentiellement ingénieurs et chercheurs – dont les revenus sont supérieurs à 2,5 fois le SMIC. Certes, l’objectif de 2 % des achats publics innovants affectés aux PME/ETI est ramené de 2020 à 2017 mais aucun objectif annuel n’est exposé publiquement. Enfin, si l’on constate que le crédit d’impôt innovation (CII) se déploie, on note également que l’orientation concrète et claire de l’épargne des Français vers les entreprises innovantes est trop peu perceptible.

Perception des entrepreneurs : la confiance est mise à l’épreuve

87% estiment que le Pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi n’a pas bien répondu aux besoins de leur entreprise
66% croient en la pérennité du crédit d’impôt recherche
20% ont utilisé le crédit d’impôt innovation
53% voient la FrenchTech comme un atout pour leur développement international
67% auraient préféré un autre dispositif que le CICE

A la lumière des résultats de l’enquête réalisée auprès d’un panel représentatif des EIC sur un an d’action gouvernementale, l’Observatoire souhaite encore attirer positivement l’attention des pouvoirs publics sur les attentes et besoins des entreprises innovantes pour la mise en place d’un environnement favorable à leur développement.

Cette deuxième édition permet, d’une part, d’offrir une possibilité de recul aux entrepreneurs qui ont répondu à l’enquête et, d’autre part, d’apprécier l’évolution de leur perception.

Si des dispositifs comme le crédit d’impôt recherche (CIR) ou les aides au développe- ment international recueillent toujours une adhésion, la confiance est mise à l’épreuve. La pertinence du CICE est largement remise en cause. La crainte s’atténue mais de- meure concernant l’avenir du CIR. Enfin, le CII ne connaît qu’un léger « décollage ».

Le besoin de stabilité se confirme…

Crédit d’impôt recherche : à la lecture des commentaires des entrepreneurs interrogés, l’Observatoire constate que le CIR continue de faire l’objet d’un véritable plébiscite. 74 % des entreprises le jugent indispensable ou utile pour leur activité. Des doutes demeurent concernant sa stabilité et sa pérennité même si, dans chacun des cas, plus de la moitié des entreprises pensent que le dispositif est stable (61 %) et pérenne (66 %).

Bpifrance et financement de l’innovation : interrogées sur l’impact de la centralisation des activités de Bpifrance sur l’accès aux financements de l’innovation, les entreprises ne sont que minoritairement convaincues. 29 % estiment que la centralisation facilite cet accès s’agissant des aides et garanties, 32 % s’agissant des prêts, 28 % s’agissant des dispositifs relatifs à l’export ou encore, 17 % concernant les investissements en capital.

Crédit d’impôt innovation : introduit dans la loi de finances pour 2013, ce dispositif avait fait l’objet d’un relatif bon accueil étant donné que 42 % des entreprises prévoyaient de l’utiliser. Un an après, 20 % d’entre elles indiquent y avoir eu recours. Celles qui déclarent ne pas l’avoir sollicité, évoquent notamment un périmètre « peu lisible » et des
« complications supplémentaires » pour leur entreprise.

Statut Jeune Entreprise Innovante (JEI) : fin 2013 (cf. loi de finances pour 2014), nous nous réjouissions de voir revenir le statut JEI aux conditions qui prévalaient en 2010. Nous constatons une fois de plus que l’instabilité est préjudiciable car 16 % des entreprises déclarent en être informées.

…et la confiance est mise à l’épreuve

Alors que le Gouvernement annonce un Choc de simplification, nous aurions pu nous at- tendre à un regain de confiance. Malheureusement, les résultats de l’enquête indiquent qu’elle est sensiblement mise à l’épreuve.

Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi : contre 21 % dans le rap- port 2013, seulement 13 % des entreprises ayant répondu à l’enquête estiment que le pacte – acte majeur de l’engagement du Gouvernement – répond à leurs attentes et besoins.

CICE : 78 % des entreprises ont bénéficié du CICE en 2013 et 54 % d’entre elles indiquent qu’il leur a permis d’alimenter leur fonds de roulement. Par ailleurs, 67 % des entreprises auraient préféré un autre dispositif comme une baisse des charges (70 %) ou un CICE à 3,5 fois le SMIC (19 %).

Achats publics innovants : rapporté à 2017, l’objectif de 2 % d’achats publics innovants affectés aux PME/ETI peine à se faire ressentir. Alors qu’aucune entreprise ne déclarait en percevoir les effets dans notre rapport 2013, 1 % indique qu’elle « commence à res- sentir les effets » de cette mesure.

French Tech : initiative saluée par le Comité Richelieu et GAC group, la French Tech, mesure forte du Gouvernement en faveur de l’innovation et des startups de croissance, doit encore convaincre car seulement 11 % des entreprises innovantes estiment qu’elle aura un impact positif sur leur activité. S’agissant de celles qui pensent que la French Tech aura un tel impact, 53 % y voient un atout pour leur développement à l’international.

Médiation de l’innovation (extension de la mission de la Médiation inter-entreprises à l’innovation) : alors qu’elle s’est installée en mars 2014, 12 % des entreprises interrogées la connaissent. Parmi les attentes des entreprises, on trouve prioritairement l’établissement d’une feuille de route CIR/CII pour en simplifier l’accès (31 %), la résolution des litiges entre acteurs publics et entreprises innovantes (20 %) ou encore la résolution de différends liés à la propriété intellectuelle (19 %).

L’équipe de l’Observatoire

- Pour le Comité Richelieu : Jean Delalandre, délégué général ; Sophie de Guillebon, responsable partenariats et événements
- Pour GAC Group : Michel Peltier, responsable veille et études

Pourquoi un observatoire ?

En novembre 2013, L'Observatoire présentait le premier rapport des engagements et actions du Gouvernement au service de l’innovation et de la croissance mis en place en toute indépendance par le Comité Richelieu et GAC Group.
Il était constaté que les initiatives prises par le Gouvernement couvraient un large spectre, qu’il s’agisse des engagements – Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi – ou des actions poursuivies – de la mise en place du CICE à la création de Bpifrance. Il était constaté par ailleurs une forte attente ainsi que du scepticisme du côté des entrepreneurs craignant l’instabilité des dispositifs ou encore la lenteur de leur mise en application.
L’édition 2014 comprend à nouveau trois parties : l’une concernant les engagements, l’autre les actions du Gouvernement et enfin, la troisième présentant les résultats d’une enquête réalisée auprès d’entreprises d’innovation et de croissance (EIC).

Ce deuxième rapport annuel, notamment basé sur la Nouvelle donne pour l’innovation annoncée par le Gouvernement dès novembre 2013, entend jouer pleinement le rôle qui est le sien : sensibiliser, informer, alerter, interpeller, rendre compte et enfin encourager les acteurs de l’innovation et les responsables politiques à mieux se comprendre et à travailler ensemble au service de l’innovation, de la croissance et de la compétitivité.

Accès au Rapport : www.comite-richelieu.org 

innovation et économie

Rapport Lemoine - La nouvelle grammaire du succès : La transformation numérique de l'économie française

En janvier dernier, une mission gouvernementale sur la transformation numérique de l’économie et de la puissance publique était confiée à Philippe Lemoine (1), Président du Forum d'Action Modernités et Président de la Fondation internet nouvelle génération, par les ministres de Bercy et la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique.

À l’issue de 9 mois de travaux, ayant mobilisé plus de 500 personnes, le rapport de la mission Lemoine a été officiellement remis ce jour vendredi 7 novembre 2014 à Marylise Lebranchu, Thierry Mandon et Axelle Lemaire à l’occasion d’une présentation publique à Bercy. 

Dans son rapport Philippe Lemoine démontre la réalité de la transformation numérique, fait des propositions et émet des recommandations afin que la France, ses citoyens, ses administrations et ses entreprises saisissent les opportunités que porte la transformation numérique. Le rapport, résolument optimiste, démontre que contrairement aux idées reçues, la France n'est pas en retard sur la question du numérique et a des atouts à faire valoir afin que la transformation en cours soit au service de la croissance et de l'emploi. Nous avons tout à y gagner.

La transformation numérique a fait entrer l’économie dans une nouvelle ère

La question du numérique est au cœur des débats et de l’actualité économique et sociétale. Mais lorsque l’on parle de numérique et de transformation, à quoi fait-on référence exactement ?

Le numérique, ce sont d’abord des outils que nous utilisons désormais quotidiennement et dont nous ne saurions plus nous passer, smartphone, site internet, etc. Si l’on parle aujourd’hui du numérique c’est d’ailleurs parce que ce sont les personnes qui font la course en tête et qui donnent le tempo. Mais pour les entreprises et les administrations, la transformation numérique c’est également l’intégration de ces technologies dans les organisations. C’est ce qui crée un faisceau de transformations structurelles qui fait évoluer les business models, en permettant d’offrir de nouveaux services, pour créer ou répondre aux aspirations des clients ou des usagers.

La technologie de la géolocalisation existe depuis plusieurs années ; c’est l’invention d’une utilisation au service de la mobilité qui a donné naissance à Uber. La mise en relation et la création de communautés ne sont pas nouvelles, mais AirBnB a imaginé de les mettre au service d’une nouvelle offre d’hébergement. Le fait de prendre des passagers en stop ne date sûrement pas d’aujourd’hui, mais c’est BlaBlaCar qui a généralisé le co-voiturage. Trois exemples de nouveaux acteurs, inexistants il y a 5 ou 10 ans qui ont su mettre les nouvelles technologies au service de la création et du développement de nouveaux modèles économiques.

Une prise de conscience de la réalité de la transformation numérique et de ses effets

Le moment choisi pour commander ce rapport est charnière. Certes, le numérique est omniprésent depuis plusieurs années dans les débats. Mais le questionnement autour de ses effets monte en puissance. Désormais, les effets du numérique sont perçus, à défaut d’être analysés : automatisation et effets sur la productivité des facteurs de production ; dématérialisation avec la baisse des coûts de production et de transaction ainsi que l’apparition de nouveaux canaux de distribution et de communication ; et plus nouveau encore, désintermédiation et ré-intermédiation (rôle des nouveaux acteurs, place des données dans les nouveaux modèles). Ces phénomènes ont des effets concrets sur les organisations ; une étude a ainsi démontré que les organisations ayant saisi les opportunités offertes par la transformation numérique présentaient une profitabilité supérieure de 26 %.

L’idée de confier une mission sur la transformation numérique de l’économie révèle une prise de conscience par le gouvernement de la nécessité d’accompagner l’intégration du numérique dans notre économie. Hier, avoir pris le tournant du numérique pour une organisation, c’était disposer d’un site internet ; aujourd’hui, l’effet du numérique est perçu comme étant beaucoup plus large, impactant tous les secteurs et domaines d’activité même ceux que l’on croyait éloignés du sujet. Un acteur aussi emblématique de l’hôtellerie que le groupe Accor, domaine peu virtuel s’il en est, est désormais concurrencé par des sites internet qui captent une partie de sa valeur.

Le moment était donc venu de s’interroger sur les nouveaux modèles qui font l’économie, sur les leviers à mobiliser au service de la croissance et de l’emploi. C’est le sens de la mission confiée par le gouvernement à Philippe Lemoine.

Un rapport optimiste et volontariste appelant une « nouvelle grammaire du succès »

Le rapport Lemoine est une mise en action proposant à la France, à travers ses entreprises et ses administrations, de saisir les opportunités offertes par le numérique.
La mission Lemoine a impliqué une très large concertation avec des acteurs venant d’horizons divers et complémentaires, n’ayant pas l’habitude d’échanger. Cela a permis de faire naître des propositions innovantes et immédiatement transposables.

Le rapport Lemoine dresse un constat bien éloigné du pessimisme ambiant et est très volontariste dans ses propositions. Il ne fait pas preuve d’angélisme pour autant : oui le numérique a des conséquences sur l’organisation du travail ; oui, internet est parfois une redoutable arme qui menace les libertés et qui ruine la confiance ; mais il est également un formidable accélérateur et transformateur des modèles économiques. La révolution numérique constitue également une opportunité au service d’un nouveau modèle de croissance.

Pour Philippe Lemoine, le travail mené démontre que la transformation numérique est plus porteuse d’opportunités pour la France que de risques. En effet, nous avons les armes nécessaires pour la saisir : non seulement les Français ne sont pas en retard, mais nous sommes en avance sur nos voisins européens en matière d’usage du numérique. Nous avons les moyens de tirer profit de la transformation numérique, de faire de nos entreprises des champions, à condition de prendre les mesures qui s’imposent. Et ces mesures, ce ne sont pas des textes réglementaires et législatifs répondant uniquement aux demandes de production. Elles doivent être le fruit de la mobilisation de l’ensemble des acteurs, l’État devant jouer son rôle de stratège en proposant une vision ambitieuse et volontariste en la matière.

Pour la France, la transformation numérique est donc la chance à saisir car elle oblige à conjuguer principe de réalité et principe d’utopie et d’audace en se pliant, ensemble, à cette nouvelle grammaire du succès.

Un rapport à lire impérativement afin de pouvoir alimenter la grande concertation numérique nationale ouverte par le CNNum jusqu'en janvier 2015.

Pour quelles mises en actions ?

- 9 projets emblématiques sectoriels définis par les acteurs eux-mêmes, illustrant ce que la transformation numérique peut apporter en termes de nouveaux services et de business models innovants. Un choix guidé à la fois par leur incarnation des différents effets de la transformation numérique, leur caractère renversant pour l’économie et pour l’imaginaire collectif, la nécessité de recourir à une grammaire du numérique pour gérer leur complexité.
- 53 mesures transverses permettant d’accélérer la transformation numérique et de libérer un important potentiel d’innovation pour l’économie française ;
- 118 recommandations pouvant nourrir un agenda triennal numérique pour la France pour une transformation numérique durable : un portefeuille de 118 recommandations qui ont vocation à alimenter un agenda triennal numérique pour la France. Il se compose de 85 propositions sectorielles, retenues pour leur cohérence avec les effets de la transfor­ mation numérique et leur impact potentiel sur la performance des secteurs, et de 33 projets transverses, à mettre en œuvre pour inscrire durablement le numérique comme un levier de transformation de l’économie française.

Focus sur les 9 projets emblématiques :

- un réseau d’innovation territoriale dans les services de proximité pour les citoyens
Objectif : des tiers lieux innovants pour accéder aux services de proximité
Réponse à l’effet : dématérialisation / nouveaux canaux de communication et de distribution
Stratégie générique : donner une nouvelle valeur aux réseaux physiques et humains en les adossant au numérique ;

- une automobile connectée répondant aux nouvelles attentes en matière de mobilité et prototypée en fablab  :
Objectif : Relocaliser valeur et emploi en lançant une automobile pour la génération connectée, conçue à plusieurs et prototypée en FabLab
Réponse à l’effet : dématérialisation / baisse des coûts marginaux de production
Stratégie générique : incorporer de l’intelligence collective dans le produit pour contrecarrer sa commoditisation ;

- le paiement anonyme sécurisé grâce aux blockchains :
Objectif : Déployer une solution sûre et peu coûteuse de paiement anonyme fondée sur la technologie des blockchains
Réponse à l’effet : dématérialisation / baisse des coûts de transaction 
Stratégie générique : conforter un métier, en coupant la route de la data aux nouveaux entrants ;

- la librairie du futur, première application de la réinvention du commerce : 
Objectif : permettre la création de la librairie du futur et contribuer à la réinvention du commerce
Réponse à l’effet : automatisation / productivité du capital
Stratégie générique : faire la différence par le service humain, en misant sur le numérique pour être compétitif sur la performance logistique ;

- le pass mobilité universel sur mesure pour permettre à chaque individu, quelle que soit sa situation de mobilité, de se déplacer sans discontinuité :
Objectif : Permettre à chaque individu, en toutes circonstances, de se déplacer avec un pass mobilité unique
Réponse à l’effet : désintermédiation / réintermédiation / nouveau rôle joué par les personnes
Stratégie générique : utiliser les informations provenant de tous pour améliorer l’expérience de chacun ;

- un écosystème d’innovation ouverte sur les maladies chroniques au service de l’amélioration du suivi des patients et de la médecine prédictive : 
Objectif : Créer un écosystème d’innovation ouverte sur les maladies chroniques, visant à améliorer le suivi des patients et la médecine prédictive 
Réponse à l’effet : désintermédiation / réintermédiation / nouveaux actifs issus des données
Stratégie générique : exploiter le big data autour d’un objectif ciblé, en utilisant les objets connectés pour renforcer la pertinence des grandes bases de données administratives ;

- des applications d’aide à l’emploi à partir des données de Pôle emploi et de ses partenaires / Emploi Store :
Objectif : Permettre à des développeurs de créer des applications d’aide à l’emploi à partir des données mises à disposition par Pôle Emploi et ses partenaires
Réponse à l’effet : automatisation / productivité du travail
Stratégie générique : allier des petites entités entièrement dédiées aux services personnalisés, aux demandeurs d’emploi ou aux employeurs aux grandes institutions en charge des enjeux collectifs de l’emploi et du travail ;

- une plateforme de mobilité pour favoriser la mobilité entre les trois fonctions publiques :
Objectif : Valoriser les postes ouverts et les compétences requises pour favoriser la mobilité entre les trois fonctions publiques 
Réponse à l’effet : automatisation / productivité du travail
Stratégie générique : développer à la fois l’intérêt au travail et l’extériorisation des gains de productivité en facilitant la mobilité professionnelle ;

- un « green button à la française » afin d’améliorer la maîtrise des consommations, lutter contre la précarité énergétique et offrir de nouveaux produits et services de gestion de l’énergie :
Objectif : Améliorer la maîtrise des consommations, lutter contre la précarité énergétique et offrir de nouveaux produits et services de gestion de l’énergie
Réponse à l’effet : automatisation / productivité de l’énergie et des matières premières
Stratégie générique : coupler transition énergétique et transformation numérique.

Au total, la transformation numérique présente pour la France plus d’opportunités que de risques. Il est indispensable de voir grand et de voir net si l’on veut profiter de l’énergie bourdonnante de tels dispositifs. Le risque sinon est que ce soient les géants de l’intermédiation qui tirent les marrons du feu : ils ont la culture, la compétence et les moyens financiers pour le faire et ils bénéficient de surcroît d’un coefficient élevé d’admiration dans la population. Cela explique sans doute le fait que Google bénéficie en France de parts de marché bien plus élevées qu’aux États­Unis : 93 % du marché de la recherche sur internet, contre 68 % en Amérique du Nord.

Il est temps que les grands groupes français tournent la page des déconvenues et des humiliations que certains ont pu connaître en essuyant des gadins lors de la bulle internet. C’était il y a 10 ans et le contexte n’est plus le même. Il faut repartir avec des projets forts, originaux et mobilisateurs. (Source : Rapport Philippe Lemoine - 7 Novembre 2014) 

L'intégralité du rapport est téléchargeable ici

(1) Philippe Lemoine est Président-directeur général de LaSer, Président du Forum d'Action Modernités et Président de la Fondation internet nouvelle génération. Entrepreneur engagé, il imbrique réflexion et engagement dans les grands débats de société aux activités de chef d'entreprise. Il a débuté sa carrière en tant que chercheur en informatique et en sciences sociales. Il est l'auteur de La Nouvelle Origine (Nouveaux Débats Publics, 2007).

 

 

 

 

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