UP' Magazine L'innovation pour défi

économie de l'innovation

Apple sacré par Greenpeace champion de la lutte contre la pollution d’Internet

En lisant cet article sur votre ordinateur ou votre smartphone, vous contribuez d’une certaine manière à polluer la planète. Quand vous envoyez un email avec une pièce attachée, vous activez une énergie équivalente à celle d’une ampoule de 50 watts allumée pendant une heure.

Pendant la première décennie d’Internet, entre 1990 et 2003, le monde virtuel produisait 5 millions de gigaoctets de données. En 2011 il fallait 48 heures pour gérer la même quantité ; aujourd’hui il n’en faut qu’une poignée de secondes. Les conséquences énergétiques d’une telle production sont gigantesques. Et ce n’est pas fini puisque avec l’usage généralisé des vidéos en streaming, le volume des données et donc l’énergie nécessaire pour les stocker et les déployer devraient croître dramatiquement.
Le documentaire de Coline Tison et Laurent Lichtenstein « Internet, la pollution cachée » a contribué à sonner le signal d’alarme. Aux Etats-Unis, les méga datacenters d’Apple, de Facebook, de Google, utilisent à eux seuls 5 % de la production énergique américaine pour fonctionner. En Virginie occidentale, les datacenters pompent 12 % de la production américaine de charbon. Avec le prix écologique qu’il faut payer.

VIDEO

Google à lui-seul consomme chaque jour autant d’électricité qu’une grande ville française comme Bordeaux. Chaque heure, 10 milliards de mails sont envoyés via sa messagerie Gmail. C’est l’équivalent de la consommation de carburant de 4000 vols allers-retours entre Paris et New-York. Les datacenters qui conservent nos données ne sont pas virtuels, ils ne vivent pas dans les nuages tels des anges. Ils sont réels, solides, matériels. Ils sont gourmands et ils sont fragiles puisqu’au-delà d’une certaine température, ils tombent. Il faut les alimenter, les réfrigérer, les dupliquer pour assurer la conservation sécurisée des données. De nos données. Car quand nous conservons un email dans notre boite aux lettres, nous activons une parcelle de ce processus. Quand nous partageons sans réserve nos photos sur Facebook, nous contribuons à consommer plus et toujours plus. L’énergie est devenue le talon d’Achille des géants de l’Internet.

 

 

La maitrise de l’énergie et le recours à des énergies non-polluantes sont devenus des priorités pour les grands opérateurs du net. Tous ne sont pas encore au même niveau de maturité dans la prise de conscience et dans la mise en œuvre de solutions. Greenpeace suit cette affaire depuis 2012. Le premier rapport de l’ONG mettait en accusation les majors d’Internet, Apple en tête, comme plus gros pollueurs de la planète. Les datacenters de la firme de Cupertino dévoraient des millions de tonnes d’énergies fossiles pour fonctionner. Une intense campagne de sensibilisation s’est donc mise en œuvre pour changer les habitudes et instaurer des systèmes ayant recours à des énergies propres.
Le rapport de Greenpeace publié en mai 2015 présente un bilan contrasté. La prise de conscience est bien passée, des solutions ont été mises en application ; mais pas pour tous.

Le bilan ci-dessous fait apparaître les grandes disparités des comportements. Apple est le meilleur élève de la classe puisque la firme à la pomme a réussi le tour de force d’utiliser aujourd’hui 100 % d’énergies propres. Il n’en n’est pas de même pour les mauvais élèves comme Amazon ou eBay qui ont encore massivement recours aux énergies fossiles.

 

D’une manière générale, le rapport Greenpeace fait un état satisfaisant des efforts déployés par certains des géants du web. Apple annonce aussi ne pas s’arrêter en si bon chemin et débloquer 1.7 milliards de dollars pour construire deux datacenters verts pour faire fonctionner ses services come iTunes ou Siri. Les autres acteurs mastodontes comme Google, Facebook, Amazon ou Microsoft ont encore du chemin à parcourir. Mais le mouvement semble bel et bien lancé. L’enjeu est de taille : en effet, nous consommateurs éclairés, accepterons-nous d’être malgré nous, d’horribles pollueurs en utilisant ces services ? Il arrivera un moment où l’envoi d’un simple mail nous chargera en culpabilité. Cette idée n’est pas très bonne pour le business. Les géants d’Internet commencent à bien le comprendre.

Télécharger le rapport « Clicking Clean »de Greenpeace (pdf)

économie de l'innovation

Petite startup deviendra grande... mais comment ?

Le 13 avril dernier avait lieu la conférence du G9+ Institut, organisée en partenariat avec l’IE-Club, qui se penchait sur les sociétés en hyper-croissance et notamment sur le thème "Petite startup deviendra grande. Comment dynamiter le plafond de verre qui limite la croissance des pépites françaises ?". Un consensus s'est dégagé sur les clés de succès et les obstacles à surmonter. Compte-rendu.

La France technologique et de l'innovation cherche à s'imposer sur la carte du monde. Nous avons déjà quelques success stroy comme BO, Criteo, BlaBlaCar, mais il en faudrait beaucoup d'autres pour que le monde nous regarde différemment.
Et pourtant c'est l'effervescence ! Des centaines d'ingénieurs et de managers, formés à l'entreprenariat dans nos Ecoles, lancent chaque année de nouvelles entreprises. Ces stratups qui franchissent avec succès les premières étapes butent presque toujours sur un plafond de verre : financement au-delà de 10 M€, stratégie de sortie, capacité à recruter rapidement, accès aux commandes publiques et des grands comptes,...
Quelles sont les bonnes pratiques pour dynamiter ce plafond de verre ? Comment nos entreprises innovantes peuvent-elles se transformer en leaders mondiaux ?

Etre dans les bons réseaux et se faire tracter par les grands groupes

L’entrepreneur doit avoir les contacts qui lui permettront d’"être visible et de se ressourcer ». Ne pas oublier aussi de rechercher les multiples formes de soutien que peut apporter un grand groupe, à l’exemple de tous les exemples cités au cours de la soirée : l’accord Total/BlaBlacar autour de l’émission de certificats d’économies d’énergie résultant du covoiturage ; le programme Chasser en meute d’Eurocopter ou le cas de startups se faisant tracter à l’international en proposant des offres intégrées avec celles d’un grand groupe client cités par Philippe Berna, médiateur de l’innovation à Bercy. Les grandes groupes pourraient faire encore mieux pour valoriser les petites structures auprès de leurs clients étrangers, note quand même Alexandre Crazover (Datawords). Les fonds d’investissement sont aussi un élément important du réseau à constituer, rappelle Frédéric Mazzella : Blablacar a en effet été très bien accompagné par des fonds comme Isai, le fonds d'investissement des entrepreneurs internet qui regroupe 70 entrepreneurs de talent, puis par Axel Partners (qui connait bien le monde des entreprises en croissance très forte), puis par Index (qui est expert de leur domaine). Sans oublier Pacte PME, qui permet d’agir en groupe : une PME peut obtenir de l’aide ; par exemple, pour monter un bureau local ou pour avoir un VIE, ce qu’elle ne peut pas souvent faire seule car le préalable est d’avoir des équipes locales à temps plein.

Affronter l’international

Du fait de leur business model et de leur offre, certaines entreprises peuvent choisir de se déployer très tôt à l’international car elles savent qu’elles seront suivies par leurs investisseurs. C’est le choix notamment de BlaBlaCar : "Lever des fonds avant de se rentabiliser était la seule option, faute de quoi la place aurait déjà prise à l’international". Frédéric Mazzella tempère tout de même, en conseillant de ne pas essayer de faire trop de pays à la fois : "Quand on en fait deux, on devient déjà générique et ça permet ensuite d’en faire 10 ou 20".
Attention, nous dit aussi Philippe Berna, "l’international commence par des références en France. Il faut aussi organiser la levée de fonds en fonction de l’international : dans beaucoup de métiers, il faut environ 1 million d'Euros par pays à conquérir".

Croire à la diversité

Cyril Hullin, CEO Mobiquithngs, insiste aussi sur le besoin de s’internationaliser très vite, condition et résultante d’une croissance rapide (« essayer de doubler chaque année »). Il faut alors recruter loin de ses bases et y former de nouvelles équipes. Le défi est de créer des bureaux ancrés dans le local, tout en assurant la synchronisation d’ensemble. Bonne nouvelle, diversité et croissance seraient même en corrélation, selon une étude McKinsey. Pour Frédéric Mazzella, "L’autonomisation et la responsabilisation des équipes ne peuvent se faire qu’autour des valeurs de l'entreprise, mais la difficulté principale réside dans les fonctions marketing et communication, car elles supposent à la fois une action locale et centrale".

Avoir une vision de croissance

L’hyper-croissance se décide, il faut d’abord le vouloir, c’est un choix stratégique qui commence par une envie des fondateurs. Frédéric Mazzella, notamment, décrit sa société comme une "scale-up" plutôt qu’une "start-up". Philippe Coup-Jambet, DG Paytop, affirme aussi être parti sur « un modèle build-up », en montant le plus vite possible dans les six premiers mois. Cette envie, plusieurs fois citée, sera nécessaire pour tenir au stade de l’exécution : « il faudra assurer le service après-vente et savoir raconter de belles histoires comme savent les faire les Américains », mais Alexandre Crazover rappelle que l’hyper-croissance n’est pas une fin en soi, il faut l’organiser pour qu’elle soit durable, avec notamment « des équipes incentivées et motivées ».

Changer de Business Model si nécessaire

Le financement du développement est un point évoqué de nombreuses fois. En effet, au contraire de leurs homologues anglo-saxons, les entreprises innovantes françaises ont souvent trop peu de ressources pour être en mesure de tester un modèle d’offre et d'en changer si nécessaire en cas d’insuccès. Grâce aux fonds qui y ont cru, BlaBlaCar a eu le temps de tester cinq des business models sur les six identifiés.

Adapter sa gouvernance au cours de la croissance

Le couplage finance/conseil fonctionne bien tant que les parties sont accordées sur les objectifs à atteindre. "Savoir s’entourer d’un board de conseillers qui sont passés par là" et être clair avec les investisseurs sur la direction que veut prendre la société sont deux préalables essentiels. Mais, selon Frédéric Mazzella, "les problèmes sont garantis si l’investisseur change d’idée en cours de route ou si un gérant de VC, trop jeune, n’est pas encore habitué au monde mouvementé des startups"... De son côté, la société peut s’imposer des retournements pour atteindre ses objectifs : « on peut vouloir toujours se développer dans la même optique, mais pas forcément par le même chemin ». Gérez avec soin les étapes de changement : la sortie d’un FCPI du capital est un des moments où il faut adapter le conseil d’administration et la gouvernance.

Transformer les difficultés en autant d’occasions de faire mieux

Jouer au mieux de ses caractéristiques nationales
Pour Frédéric Mazzella, on souffre d’être un pays de taille intermédiaire et on peut « rester bloqué au milieu » : un acteur dans un petit pays sait, lui, qu’il ne peut pas rester local. Inversement, un acteur français peut être bloqué par un concurrent US qui bénéficie déjà d’économies d’échelle sur son marché national.
D’autres intervenants sont plus enthousiastes. Pour Alexandre Crazover, on ne peut pas dire que c’est plus dur en France à cause de la fiscalité ou de l’incompréhension des politiques . « La France offre tous les atouts pour faire réussir ses entreprises ».

Avoir peu de ressources financières oblige à être inventif
Datawords, par exemple, n’a pas réussi à lever des fonds au départ ? Ils ont alors découvert qu’ils pouvaient vivre en partie avec les acomptes des clients.
Vos concurrents étrangers ont plus d’argent pour se développer ? "Alors, nous dit Philippe Coup-Jambet, gagnons du temps sur chacune des étapes de croissance."

Mais alors, pourquoi aussi peu de succès en tant d’années ?

Les grands groupes peuvent mieux faire
Christine Halliot, Directrice Innovation Total, reconnaît que la difficulté vient souvent des grands groupes eux-mêmes, sans même parler des contraintes imposées par les services achats ou juridique comme la part du groupe dans le chiffre d’affaires d’une startup prestataire. « Il faut les aider, leur exposer les contraintes qu’il y a à travailler avec le Groupe ».

Un manque d’expérience de l’hyper-croissance
Peu d’entrepreneurs ou de managers ont l’expérience de l’hyper-croissance, mais, bonne nouvelle, l’écosystème français est en train de structurer. Il a quand même « 10 ou 15 ans de retard », selon Frédéric Mazzella ...

Les limites du financement en France

C’est sans doute la remarque la plus commentée. Pour Jean-David Chamboredon, il y a des trous dans la chaîne de financement. Surtout au départ, car il faut savoir aussi accompagner l’entrepreneur dans la structuration de son projet, et dans la phase de capital innovation, quand la société n’est pas encore rentable. C’est ce qui poussent certaines entreprises à « rester petites » ou à « se vendre à des américains ».
Les acteurs français du financement sont d’ailleurs eux-aussi très petits : « des nains », toujours selon M Chamboredon ! Les lois TEPA et ISF ont apporté une petite amélioration mais l’effet est passé. « La communauté (des investisseurs) maigrit plutôt ».

Il n’y a pas qu’une question de taille. D’une façon générale, l’investissement devrait être plus orienté vers le secteur productif : les assurances vie investissent aujourd’hui dans des bons du trésor ou dans de grands groupes plutôt que dans l’économie de croissance. Et à ce jour, aucune mesure n’a permis de réorienter ces investissements ... Eric Forrest, PDG Enternext, reconnait que la Bourse n’est pas non plus assez présente dans les entreprises en croissance et, pour compléter ce tableau sans concession, Maïlys Ferrière (BPIfrance) déplore elle-même que les subventions de l’Etat aient des volumes de plus en plus faibles.

Les bonnes idées oubliées
Eh oui, que sont devenus le small business act et les spin-off tant vantées il y a quelques années ? On n’en parle plus...

En conclusion, Valentine Ferréol cite une étude sur les entreprises en croissance rapide

Certaines entreprises parviennent en effet à faire beaucoup plus vite ou beaucoup mieux. Les quatre secrets pour y parvenir : un objectif de transformation de masse ; une équipe de direction multidisciplinaire (un visionnaire, un expert marketing, un expert technique et un financier) ; la capacité à devenir une plateforme capable de fédérer une communauté et des processus clé qui ne traversent pas toutes les fonctions de l’entreprise (les chaines de valeur doivent rester courtes).
(Source G9+Institut )

économie de l'innovation

Quels métiers en 2022 : Prospective des métiers et des qualifications

Le nouvel exercice de prospective nationale des métiers et des qualifications, "Les Métiers en 2022", réalisé par France Stratégies, vient de sortir aujourd'hui et a été remis à François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue Social. Il met en perspective les grandes évolutions qui contribueront à façonner l’emploi et le marché du travail dans les années à venir.

Pour accompagner les transformations du travail et de l’emploi induites par les mutations démographiques, technologiques et économiques de ces dernières décennies, et pour mieux en appréhender les enjeux, des travaux de prospective des métiers et qualifications ont été conduits et renouvelés depuis une quinzaine d’années, à la demande du Premier ministre, par le Commissariat général du Plan puis par le Centre d’analyse stratégique – devenu France Stratégie – et par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares).

Le troisième exercice de prospective, mené dans le cadre du groupe Prospective des métiers et qualifications (PMQ) au cours des années 2008-2014, s’est attaché à examiner les perspectives d’évolution des ressources en main-d’oeuvre et de l’emploi par métier à l’horizon 2022. Il en résulte un outil qui peut tout à la fois nourrir les travaux de programmation des formations, éclairer les choix individuels, permettre une meilleure anticipation des mutations économiques et fournir des informations susceptibles d’améliorer la fluidité du marché du travail. La publication de ces résultats constitue une responsabilité importante vis-à-vis de tous les utilisateurs potentiels, qui doivent être conscients de l’incertitude qui entoure ces projections. L’exercice s’est déroulé dans un contexte macroéconomique dominé par les conséquences d’une crise économique et financière d’une ampleur exceptionnelle, et sur le plan démographique par l’accélération des sorties de la vie active des générations issues du baby-boom.

Les nombreux départs en fin de carrière dans les prochaines années peuvent être anticipés avec un niveau d’incertitude relativement réduit, dans la mesure où les projections s’appuient sur les pyramides des âges propres à chaque métier. En revanche, compte-tenu des incertitudes qui entourent les révisions de retour à la croissance et les évolutions technologiques, les projections d’emplois sont plus fragiles. C’est la raison pour laquelle, cet exercice de prospective des métiers est décliné selon trois scénarios macroéconomiques pour les prochaines années : un scénario central correspondant à une sortie de crise progressive, contrainte par l’ajustement des finances publiques, un scénario « de crise » envisageant une dégradation tendancielle de la compétitivité, et un scénario « cible » de rebond de l’économie française.

Au-delà de l’analyse des effets différenciés de ces trois scénarios macroéconomiques, les travaux ont permis d’identifier plusieurs tendances structurelles qui gouvernent les évolutions en cours et à venir : tertiarisation et féminisation de l’emploi et polarisation de l’emploi vers les deux extrémités de l’échelle des qualifications, au détriment des métiers intermédiaires.

Ce rapport présente trois scénarios qui permettent d’apprécier les effets sur l’emploi par métier de l’évolution macroéconomique et sectorielle.
Il soulève également de nombreuses questions et propose des pistes de réflexion et d’actions, en faveur de l’apprentissage, de l’emploi des séniors, de mixité professionnelle et tire des enseignements en matière de développement des territoires.

1/ Trois grandes tendances générales pour l’emploi à l’horizon 2022 se dégagent du rapport :

- Entre 735.000 et 830.000 emplois à pouvoir par an entre 2012 et 2022
Selon les différents scénarios, entre 735.000 et 830.000 emplois seraient à pourvoir chaque année, dont environ 80% correspondent à des départs en fin de carrière (retraite). Ainsi, ce seraient entre 115.000 et 212.000 créations nettes d’emplois par an.

- Une tertiarisation des emplois
Les métiers du commerce et des services devraient continuer à se développer, avec notamment de fortes créations d’emplois dans les professions de santé (à l’exception des médecins) et de services aux personnes. On observe également un développement du secteur des services à l’industrie, particulièrement dynamique.

- Une relative polarisation vers les emplois qualifiés
Cette polarisation se traduirait par une forte progression de l’emploi dans les métiers très qualifiés (principalement les métiers de cadres), par une diminution du poids des ouvriers et des employés qualifiés et la relative stabilité de la part des ouvriers et des employés peu qualifiés.

2/ À l’horizon 2022, les cinq secteurs les plus dynamiques en termes de créations d’emplois :

- Santé, action sociale, culturelle et sportive :
2,6 millions de personnes employées dans ce secteur en 2010-2012
Créations d’emplois d’ici 2022 : + 303 000
Départs en fin de carrière : près de 549 000 personnes
Postes à pourvoir : + de 850 000
Perspectives d’emploi : très favorables

 

 

- Métiers de services aux particuliers et aux collectivités
Plus de 3 millions de personnes employées dans ce secteur en 2010-2012
Créations d’emplois d’ici 2022 : + 313 000
Départs en fin de carrière : 866 000
Postes à pourvoir : 1 200 000
Perspectives d’emploi : très favorables

 

 

- Hôtellerie, restauration, alimentation

Plus de 1,2 million de personnes employées dans ce secteur en 2010-2012
Évolution envisagée d’ici 2022 : + 150 000 (+1,2 % en moyenne par an)
Départs en fin de carrière : 225 000 personnes
Postes à pourvoir : 375 000
Perspectives d’emploi : favorables

 

 

- Informatique
Plus de 560 000 personnes employées dans ce secteur en 2012
Évolution envisagée d’ici 2022 : + 1,8% par an
Départs en fin de carrière : 81 000 personnes
Postes à pourvoir : 191 000
Perspectives d’emploi : favorables

 

 

- Gestion, administrations des entreprises
Plus de 2,5 millions de personnes employées dans ce secteur en 2012
Évolution envisagée d’ici 2022 : + 0,8% par an
Départs en fin de carrière : 614 000 personnes
Postes à pourvoir : 823 000
Perspectives d’emploi : favorables

 


3/ Zoom sur les jeunes, les seniors, les femmes et les territoires (diagnostics et pistes d’actions)

Un marché de l’emploi plus favorable aux jeunes :

Les perspectives d’emploi sont plus favorables pour les jeunes que pour les autres catégories d’âge de la population active. Elles seraient plutôt favorables aux jeunes diplômés du supérieur long, étant donné le dynamisme des professions les plus qualifiées et la part importante des jeunes débutants dans nombre de ces métiers. Néanmoins, le risque accru de concurrence entre diplômes pourrait entraîner des phénomènes de déclassement en chaîne (en particulier dans le scénario de crise) et une exclusion du marché du travail pour les jeunes les moins qualifiés.
Action : Lutter contre le décrochage scolaire et développer l’apprentissage dans les filières où il est encore peu développé.

Des perspectives contrastées pour l’emploi des seniors selon les métiers :

La question du maintien et du retour en emploi des seniors d’ici 2022 se posera de façon spécifique selon les métiers. L’amélioration de la qualité de l’emploi et la diversification des parcours professionnels pourraient particulièrement viser les métiers d’aide et de soins aux personnes. Les reconversions professionnelles concerneraient plus spécifiquement les salariés en milieu ou fin de carrière dans des métiers fragilisés (ouvriers par exemple). Cela nécessite un accès à la formation continue renforcé, notamment dans les métiers où les transformations technologiques ou organisationnelles sont rapides. Une réflexion pourrait être engagée sur l’élargissement du recrutement aux seniors dans des métiers où leur place est encore ténue (vendeurs, employés de l’hôtellerie-restauration…). Enfin, la prévention de « l’usure au travail » mériterait une attention accrue dans les métiers pénibles et présentant des risques pour la santé.
Action : Favoriser le maintien et le retour dans l’emploi des seniors

Un développement de la parité dans l’ensemble des catégories professionnelles :

Les femmes pourraient former 49,1 % de la population en emploi en 2022, contre 47,7 % en 2012, en progression ininterrompue depuis 1975. Cette progression résulterait de l’accroissement de leur part dans les métiers les plus qualifiés. Selon les projections, les créations d’emplois dans les métiers de soins et d’aide à la personne, très féminisés, devraient toujours être très dynamiques à l’horizon 2022. La mixité professionnelle, aujourd’hui faible et concentrée en bas de la hiérarchie, est un enjeu central pour élargir tant les perspectives d’emploi pour les actifs que les viviers de recrutement pour les entreprises.
Action : Favoriser le renforcement de la mixité dans les filières de formation et dans les emplois et valoriser l’accès des femmes à certains métiers aujourd’hui occupés majoritairement par des hommes.

Un risque de répartition inégale de l’emploi selon les territoires :

La fragilité des espaces ruraux, des petites villes et des villes moyennes pourrait être renforcée au regard des évolutions d’emploi projetées. En effet, les « métiers fragiles » au niveau national (métiers agricoles, ouvriers industriels, certains employés administratifs) sont davantage situés en dehors des grandes aires urbaines, les métiers à fort potentiel de création d’emplois sont plus souvent présents dans les métropoles. Si les jeunes, les cadres et les salariés de la fonction publique changent davantage de région, les seniors, les ouvriers industriels et les employés peu qualifiés ont une mobilité géographique plus faible.
Action : Opter pour une économie dynamique portée par les métropoles et mettre en œuvre des mécanismes de diffusion de la croissance sur l’ensemble du territoire

Télécharger et lire le rapport

Ugo Yaché, Journaliste UP' Magazine

économie de l'innovation

19ème appel à projets des pôles de compétitivité : 62 nouveaux projets voient le jour

62 nouveaux projets collaboratifs de R&D voient le jour, suite au 19ème appel à projets des pôles de compétitivité. Ces projets impliquent 50 pôles de compétitivité, 280 entreprises et 120 laboratoires publics de recherche. Ils seront soutenus à hauteur de 88,5 millions d’euros, dont 47,4 millions d’euros de la part de l’Etat et de 41,1 millions d’euros de la part des collectivités territoriales et des fonds communautaires (FEDER).

Sélectionnés parmi les 137 dossiers présentés au 19ème appel à projets du Fonds unique interministériel (FUI), ces projets d’excellence s’inscrivent dans les priorités de la politique industrielle que le Gouvernement a placée au cœur du Pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.
Pilotés par une entreprise, ces projets qui associent au moins deux entreprises et un laboratoire de recherche, apportent une réponse concrète et collective aux enjeux d’innovation.

Ainsi le projet DIDRO, soutenu par le pôle Risques, en rupture complète avec les moyens actuels de surveillance des digues, développera une solution de prestations de services avec un drone instrumenté, dédié à la surveillance et l’auscultation des digues aménagées le long des fleuves, rivières et canaux.
Le projet XTREMCAP, labellisé par le pôle Capenergies, élaborera des solutions alternatives aux batteries, visant un stockage rapide et fiable et fonctionnant dans des environnements sévères, pour répondre aux besoins croissants en énergie et en puissance.
Le projet PRINCESSE, labellisé par le pôle Medicen, concevra une nouvelle immunothérapie contre l’endométriose, ainsi qu’un test compagnon associé.
Le projet NATAROME+, soutenu par le pôle Terralia, exploitera de nouvelles approches biotechnologiques pour concevoir des produits alimentaires « Clean Label » et des arômes naturels à haute valeur ajoutée.
Le projet 4EVER-2, labellisé par le pôle Cap Digital, permettra d’améliorer la qualité d’expérience en télévision, et contribuera à la définition et à la normalisation de l’Ultra Haute Définition.
Le projet ALG, soutenu par le pôle Pégase, développera un système mécanique innovant en vue d’amortir les chocs à l’atterrissage supportés par les petits aéronefs, comme les ULM et les avions de brousse.
Le projet VOIE, labellisé par le pôle Systematic, concevra un démonstrateur de technologies et de solutions de sécurité intégrées aux systèmes opérationnels, focalisé sur la vidéo-protection et la protection des bâtiments accueillant du public.
Enfin, le projet COMPOCHOC, soutenu par le pôle Aerospace Valley, vise à mettre au point une technique de contrôle non destructif de la qualité des assemblages collés, en véritable avance sur l’existant, qui permettra l’octroi d’une certification aéronautique du collage comme technique d’assemblage.

Le nombre, la diversité et la qualité des projets retenus témoignent d'une dynamique d’innovation portée par les pôles de compétitivité et les 7 500 entreprises membres. Pleinement mobilisés, les pôles de compétitivité font naître les projets qui déboucheront sur de nouveaux produits et services commercialisés. Ils permettront ainsi aux entreprises partenaires de prendre des positions de leaders sur les marchés concernés et de développer l’activité et l’emploi dans les territoires.
Un 20ème appel à projets est en cours. Les projets seront sélectionnés au cours du mois de juillet 2015.

Pour en savoir plus sur les pôles de compétitivité 

(Source : CP Bercy - 20 avril 2015)

économie

Comment va la vie ?

Ce 17 avril, est lancée la consultation en ligne sur les nouveaux indicateurs de richesse.  France Stratégie et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) organise ce processus dans le cadre de la Loi Eva Sas, parue au journal officiel ce mardi 14 avril 2015. La députée (EELV) de l’Essonne, qui promeut ce nouveau « thermomètre » du progrès de nos sociétés, était l’invitée de la table ronde "Les indicateurs complémentaires au PIB peuvent-ils changer l'action publique ?" organisée par France Stratégie dans le cadre du Printemps de l'économie (13-17 avril 2015). Explications.

Qu’est-ce qu’une société qui va bien ? Est-ce une société qui améliore son espérance de vie ? Qui réduit les inégalités de revenus ? Qui diminue son empreinte écologique ? Qui continue à investir dans l’avenir ? Qui améliore son niveau d’éducation ? Qui permet à tous d’accéder à un logement décent ? Toutes ces questions sont au cœur du dialogue social qui doit venir préciser les priorités des Français pour signifier leur qualité de vie. C’est la Loi Sas, adoptée le 2 avril 2015 au Sénat qui requiert une mobilisation citoyenne afin de faire voter au CESE en juin un tableau de bord apte à piloter et évaluer les politiques publiques. L’enjeu est de hisser au même niveau de visibilité que le PIB, une dizaine d’indicateurs qui devraient couvrir a minima trois grandes thématiques : l’environnement (notamment la lutte contre le dérèglement climatique et la préservation de la biodiversité) ; l’emploi et les inégalités de revenus ; l’actif public et privé (en regard du passif que constitue la dette). Il s’agit de « nouvelles lunettes » capables de nous faire changer de regard : juger les projets et les actions à l’aune de la prospérité réelle et non de la production brute (PIB).

Construire du sens politique

Pourtant, le grand public est peu sensible à ce sujet perçu le plus souvent comme technocratique. « Il faut parvenir à générer de la signification politique, une démarche à forte composante symbolique », souligne Eva Sas. « Il s’agit de changer nos capteurs, notre gouvernail, pour que la gouvernance économique colle aux besoins de nos concitoyens et aux exigences de notre environnement » souligne André Gattolin, sénateur EELV des Hauts-de-Seine. « L’adoption de la loi sur les nouveaux indicateurs de richesse par le Sénat à majorité de droite montre, s’il le fallait encore, l’intérêt de cette démarche pour tous les décideurs politiques : mieux prendre en compte le quotidien de nos concitoyens dans la définition des politiques publiques ». Celles-ci sont insensibles au progrès social tant qu’elles restent uniquement guidées par le PIB . Si le constat est largement partagé depuis les années 70 (voir encadré) il reste à établir un nouveau tableau de bord signifiant et efficace.

Historique des nouveaux « indicateurs de prospérité » Au début des années 1970, MM. Nordhaus et Tobin ont construit un indicateur de « bien-être économique durable » (3). Quoiqu’expérimentale, la démarche de MM. Nordhaus et Tobin a su montrer que les conventions comptables ne sont pas immuables et peuvent évoluer avec notre conception de la richesse.

 Ces travaux pionniers ont largement inspiré l’émergence d’indices de bien-être économique durable composites. La création d’un indicateur de santé sociale, publié depuis 1987 dans le cadre d’un rapport annuel du Fordham Institute for Innovation in Social Policy (4), comme le succès rencontré par l’indice de développement humain (IDH) créé en 1990 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) (5), inspiré des travaux de l’économiste indien Amartya Sen et de l’économiste pakistanais Mahbub ul Haq, sont à ce titre significatifs. En France, des travaux de recherche ont été engagés sur ce sujet à la fin des années quatre-vingt-dix sous l’impulsion notamment de Mme Dominique Méda (6) et de M. Patrick Viveret (7), suivis par les travaux de M. Jean Gadrey et Mme Florence Jany-Catrice (8), qui promeuvent de nouveaux indicateurs de richesse composites pour évaluer le bien-être humain.

L’initiative internationale « Mesurer et favoriser le progrès des sociétés » en 2007, dont le chef de file était l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). (9) Partant d’« un consensus sur la nécessité de mesurer dans chaque pays le progrès des sociétés en allant au-delà des indicateurs économiques habituels tels que le PIB par habitant », l’OCDE a préconisé un partage des bonnes pratiques et la recherche d’accords, au niveau national, et à terme au niveau mondial, sur un ensemble d’informations permettant d’évaluer les résultats des politiques.

La commission dite « Stiglitz-Sen-Fitoussi », en 2008, chargée d’étudier « les limites du produit national brut comme critère de mesure de la performance économique et du bien-être ». (11) Ces travaux ont abouti aujourd’hui à un large consensus sur la nécessité de tableaux de bords d’indicateurs, juste milieu entre un agrégat synthétique unique et myriade d’indicateurs. Directement inspirés par les travaux de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, des indicateurs du « vivre mieux » ont été publiés par l’OCDE le 24 mai 2011. Chaque semestre, dans le rapport « Comment va la vie ? », l’OCDE évalue la qualité de la vie des citoyens des pays de l’OCDE et certains pays émergents. Cette évaluation couvre onze aspects du bien-être : le logement, le revenu, l’emploi, les liens sociaux, l’éducation, l’environnement, l’engagement civique, la santé, la satisfaction, la sécurité et l’équilibre travail/vie personnelle.

Eva Sas considère que la loi votée est à la fois « modeste et ambitieuse ». Modeste, car elle laisse les citoyens définir ce que veut dire « qualité de vie et développement durable » et elle prend le temps de s’inscrire dans un contexte international très porté sur cette transition majeure (voir les travaux de l’OCDE et ceux menés sous d’égide d’Eurostat, dans le cadre de l’initiative Beyond GDP). Ambitieuse, car elle entend réorienter les politiques publiques et remettre du long terme dans une logique de rationalisation et de visibilité. « La loi propose de hisser au niveau du PIB quelques indicateurs phares sur l’état de progrès de la société ».

Valoriser ce qui fait stabilité

Un relatif consensus semble se dessiner sur trois thématiques à traiter au travers de ces nouveaux indicateurs : la question de l’environnement, pour évaluer le patrimoine naturel que nous léguons à nos enfants, et notamment les enjeux climatiques et la biodiversité ; la question de l’actif, c’est-à-dire du patrimoine national public et privé, qui doit être mis en regard de la dette, parce que la soutenabilité sur le long terme de nos sociétés passe par la qualité des infrastructures, de l’éducation, etc. Le bilan de ce que nous laissons à nos enfants est-il positif si la dette léguée est faible, mais que les infrastructures sont en ruines ? Et enfin, la question du revenu, et plus particulièrement des inégalités de revenus, une question fortement corrélée à la qualité de vie perçue par nos concitoyens et qui reste un angle mort de nos politiques publiques, puisque les délais de publication des indicateurs d’inégalités sont de l’ordre de trois ans.

Jean-Paul Fitoussi, ancien coordonnateur de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, a d’ailleurs proposé qu’ait lieu chaque année un grand débat au Parlement sur les inégalités. « Les inégalités qui conduisent à l’exclusion et à la violence, rompent la cohésion sociale et donc la démocratie. La confiance et la démocratie sont des actifs dits intangibles mais elles sont essentielles pour la soutenabilité. » insiste-t-il.

Une mobilisation internationale déjà bien engagée

De pionnière qu’était la France à la publication du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi en 2009 (voir encadré historique ci-dessus), notre pays a certes fait progresser le suivi statistique social et environnemental en France, mais sans effet véritable sur le pilotage des politiques publiques. Par contre, nos voisins européens sont passés de la parole aux actes.

Au Royaume-Uni, le programme « La roue du bien-être » (the National Well-Being Wheel) met en avant, sur le site du Premier ministre, des indicateurs objectifs et subjectifs permettant d’évaluer et de prendre en compte ces indicateurs dans la définition des politiques publiques. Cette initiative a été portée par David Cameron.

En Allemagne, le Parlement a mis en place une commission parlementaire transpartisane « W3 » qui a préconisé la mise en place de 9 indicateurs d’alarme sur les thématiques économique, sociale et écologique. Sur la dimension économique, la commission a ainsi préconisé la mise en place de trois indicateurs d’alarme : le taux d’investissement net, la distribution des revenus et la soutenabilité financière.

La Belgique a, de son coté, adopté une loi sur les indicateurs complémentaires en janvier 2014 « en vue de mesurer la qualité de vie, le développement humain, le progrès social et la durabilité de notre économie ». Ces indicateurs doivent être intégrés au rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique et débattus au à la Chambre chaque année.

L’usage symbolique – ou démocratique – des nouveaux indicateurs de richesse est aujourd’hui le plus développé. Les exemples de l’OCDE (et son rapport annuel « Comment va la vie ?) ou du Royaume-Uni sont, à cet égard, particulièrement illustratifs et riches d’enseignements. Les Régions françaises ont aussi fait un gros travail d’appropriation sous la l’impulsion de Myriam Cau (urbaniste et vice-présidente de la région Nord-Pas-de-Calais en charge du développement durable, de l’évaluation et de la démocratie participative). Celle-ci s’est appuyée sur la grande expertise rassemblée au sein du Forum pour d’autres indicateurs de richesse (Fair) (13),au sein duquel coopèrent notamment Aurélien Boutaud, Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice. Un rapport paru en 2012 et intitulé Développement durable : la révolution des nouveaux indicateurs (14), a inspiré le choix des  trois nouveaux indicateurs de richesse choisis par les conseils régionaux, qui apportent un éclairage sur le développement durable des régions françaises : l’empreinte écologique, qui mesure la pression exercée par l’homme sur la nature ; l’indicateur de développement humain (IDH-2), qui croise les dimensions santé, éducation et niveau de vie du développement humain, défini par le Pnud ; l’indicateur de santé sociale (ISS), qui résume en quelques variables (éducation, sécurité, logement, santé, revenus, travail et emploi) l’aspect multidimensionnel de la santé sociale des régions.

Ces repères permettent désormais d’établir des comparaisons entre régions et entre territoires, avec des résultats saisissants : l’ile de France qui se place au premier rang des régions en terme de PIB par habitant, elle n’occupe que la 17e place pour l’indicateur de santé social. Inversement, le Limousin est au dix-neuvième rang en termes de PIB par habitant mais au premier rang pour l’ISS.

Tableau de bord plutôt qu’un indicateur synthétique unique

Avec le débat public qui s’ouvre aujourd’hui, la France entend reprendre son rôle de chef de file au niveau mondial sur la question des indicateurs, notamment environnementaux, dans le cadre de la COP21, la Conférence sur le Climat qui aura lieu en décembre 2015 à Paris.

France Stratégie et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui orchestrent et animent ces deux mois de consultation ont préparé la démarche depuis janvier par cinq réunions de travail avec les dix-huit groupes du CESE et les réseaux sociaux concernés. La consultation en ligne durera jusqu’en juin, tandis que trois panels de citoyens auront lieu en mai.

Le 24 juin prochain, le CESE se prononcera sur une liste réduite d’indicateurs qui seront alors proposés au Parlement pour intégration à la Loi de finances.  La machine démocratique est allumée. Malheureusement il manque de la clarté sur le contrat social pris avec les citoyens. Qu’attend-on véritablement de la consultation sur le sujet dès lors qu’il existe déjà tant de matériaux sensés mesurer le développement durable et la qualité de vie. Quelle légitimité aura ce processus à la méthode floue qui est moins contributive que consultative ? Enfin, parviendra-t-on par un tel sondage à se focaliser sur les marqueurs les plus essentiels d’une vitalité ? Comme l’a souligné Jean Pisani-Ferry, Commissaire général de France Stratégie, lors de la table-ronde du 14 avril, il faudra s’attacher à des indicateurs dynamiques, à tout ce qui supporte la vitalité. Mieux vaudra veiller à la qualité des sols (et surveiller l’artificialisation des terres) que de mesurer les espèces ! La Suisse par exemple, a mis en place un indicateur d’artificialisation des sols et impose désormais un bilan neutre ou positif pour tout projet de construction ou d’aménagement urbain. 

Dorothée Browaeys, Rédactrice en chef adjointe UP' Magazine

- Enjeux blog Eva Sas

14 Avril : Les indicateurs complémentaires au PIB peuvent-ils changer l'action publique ?

Intervenants :
- Eva Sas, Députée de l’Essonne
- Jean Pisani-Ferry, Commissaire Général, France Stratégie
- Jean-Luc Tavernier, Directeur Général, INSEE
- Philippe Donnay, Commissaire au Plan du Bureau fédéral du Plan belge
Animation par :
- Ivan Best, Journaliste, La Tribune
- Ugo Tanielian, Etudiant Mines ParisTech

INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE MESURÉS PAR L’INSEE

LES DÉFIS

LES INDICATEURS

1. Consommation et production durable

– Productivité matières (€/kg)

2. Société de la connaissance

– Sorties précoces du système scolaire (en %)

– Dépenses intérieures de recherche et développement (poids en % du PIB)

3. Gouvernance

– Participation des femmes aux instances de gouvernance (% femmes cadre dans le privé)

4. Changement climatique et énergies

– Émissions de gaz à effet de serre (en tonnes équivalent CO2, indice base 100 en 1990)

– Empreinte carbone de la demande finale nationale (en tonne par personne)

– Énergies renouvelables (part en % dans la consommation primaire d’énergie)

5. Transports et mobilité durables

– Consommation totale d’énergie dans les transports en tonnes équivalents pétrole rapportée au PIB (indice 100 en 1990)

6. Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles

– Indice d’abondance des populations d’oiseaux communs

– Artificialisation des sols (en % du territoire national)

7. Santé publique, prévention, gestion des risques

– Indice d’espérance de vie en bonne santé (en année)

8. Démographie, immigration, inclusion sociale

– Pauvreté monétaire (%)

– Taux d’emploi des séniors (%)

– Part des jeunes de 16 à 25 ans hors emploi et hors formation (%) avec une distinction homme / femme

9. Défis internationaux en matière de développement durable et de pauvreté dans le monde

– Aide publique au développement (en % du revenu national brut)

 

Loading...
Loading...