UP' Magazine L'innovation pour défi

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Où en est la relation start-up - grands groupes ?

Interrogeant start-up et grands groupes sur leurs rapports respectifs, Le Village by CA et bluenove ont présenté ce jour, 20 avril 2017, les résultats du baromètre 2017 de la relation start-up / grands groupes, révélant que le décalage entre les deux mondes est en train de se résorber et que la bienveillance est réciproque entre jeunes pousses et grands groupes.
 
Lancée fin 2015 par Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique, l’Alliance pour l’Innovation Ouverte (AIO) a pour objectif de rassembler les différents acteurs de l’innovation ouverte (grands groupes, incubateurs, médias, institutionnels, clusters, etc.). Dans la continuité de ces travaux, le Village by CA et bluenove, acteurs de l’open innovation et membres actifs de l’AIO, ont lancé le premier baromètre 2017 de la relation start-up/grand groupe du 8 février au 15 mars 2017, en interrogeant 117 start-up et 51 représentants de grands groupes. Objectif : mesurer la qualité de la relation des start-up et grands groupes sur trois critères principaux : la rapidité, la simplicité et la bienveillance, afin d’instaurer une relation de confiance, saine et profitable aux deux parties.
 
Alors que la prédation et le non-respect de la propriété intellectuelle font souvent partie des craintes exprimées par les start-up, les résultats du baromètre montre qu’il ne s’agit plus vraiment d’un sujet d’inquiétude : 78% des start-up interrogées trouvent que la confidentialité a été plutôt respectée ou très respectée dans le cadre de leur collaboration avec des grands groupes. Ce chiffre monte même à 91% pour les représentant de grands groupes.
Les grands groupes et les start-up s’accordent aussi à dire que la bienveillance de leurs partenaires respectifs s’est améliorée par rapport à l’année dernière.
Néanmoins, l’étude met en évidence des différences de perceptions qui subsistent encore.
Selon Martin Duval, Président et Fondateur de bluenove, « Ce baromètre montre qu’il y a un vrai savoir-faire à développer par les grands groupes pour générer une relation de confiance avec leurs partenaires innovants. Il faudra qu’ils travaillent autant la bonne posture managériale, les bons réflexes relationnels et la bonne culture dans une vision de développer un véritable ‘Open Leadership’. A noter que pour certaines de ces grandes organisations qui s’appuient sur des démarches d’Open Innovation, de Design Thinking et d’intelligence collective, il sera d’autant plus aisé de générer de l’empathie, de la simplicité et de la rapidité auprès des startups. C’est aussi l’opportunité pour ces grands groupes d’inclure plus largement, au-delà d’un projet donné, des entrepreneurs et des contributeurs issus de startups dans leurs processus d’innovation. »

Les grands groupes sont plutôt satisfaits d’eux-mêmes…

85% des grands groupes trouvent que la communication est « très facile à facile ».
60% des représentants des grands groupes trouvent que le délai d’exécution est plutôt rapide ou très rapide.
83% des grands groupes trouvent que les objectifs de collaborations sont plutôt clairs ou très clairs.
85% des grands groupes trouvent que la relation avec les start-up est « plutôt équilibrée à très équilibrée. »
 
Pour leur part, les start-up considèrent que les grands groupes peuvent encore s’améliorer : les efforts fournis par les grands groupes ne sont pas encore totalement perçus par les jeunes pousses.
84% des start-up trouvent que le délai d’exécution par les grands groupes est lent ou très lent.
44% des start-up trouvent que les objectifs des grands groupes sont peu clairs ou pas du tout clairs.
Plus d’une start-up sur deux (55%) considère que sa relation avec les grands groupes est « peu équilibrée ou pas du tout équilibrée ».

Point positif : le dialogue est établi et la bienveillance est réciproque

Les deux points sur lesquels grands groupes et start-up se rejoignent sont la bienveillance et la qualité de la communication. En termes de communication, 85% des grands groupes et 63% des start-up la trouvent « très facile à facile ».
Les grands groupes et les start-up s’accordent à dire que la bienveillance de leurs partenaires respectifs s’est améliorée par rapport à l’année dernière : ils sont 91% à le penser côté grands groupes et plus de 80% côté start-up. C’est l’item sur lequel il y a le moins d’écarts de perceptions.
Cette bienveillance mutuelle pourrait notamment s’expliquer par la multiplication des structures d’accompagnement et initiatives permettant d’ouvrir plus facilement le dialogue entre start-up et grands groupes ainsi que la prise de conscience des grandes entreprises de collaborer avec des start-up sans nécessairement les absorber.
 
Pour Fabrice Marsella, maire du Village by CA Paris, « Ce baromètre, qui a vocation à être reconduit chaque année, permet de prendre le pouls des perceptions respectives des start-up et des grands groupes. Il montre qu’aujourd’hui, beaucoup de grands groupes sont encore en phase d’exploration dans leurs relations avec les start-up. Ils n’ont pas tous défini d’objectifs « business » clairs. Souvent les besoins qu’ils expriment ne sont pas en adéquation avec les compétences des start-up qu’ils rencontrent. Cependant on note de leur part une très grande motivation et une volonté sincère d’apprendre et de faire encore mieux.  
Nous conseillons aux grands groupes qui veulent développer une approche d’open-innovation de concilier objectifs précis et ouverture d’esprit, afin d’intégrer les contraintes de l’écosystème et en apprenant de ce que font les autres. Pour cela, ils doivent changer leur organisation et travailler plus vite, en nommant des interlocuteurs uniques en charge des start-up et en facilitant les démarches de leurs partenaires ».

Cinq recommandations des start-up aux grands groupes qui les sollicitent dans le cadre d’une collaboration

De nombreuses start-up ont exprimé leurs souhaits pour faciliter les échanges au sein de l’écosystème. Verbatims :
 
1/ Donner l’accès aux bonnes personnes
« Avoir accès au Comex via un parrain. »
« Il y a trop d'intervenants dans les grands groupes : les décisionnaires sont difficiles à identifier. Beaucoup de gens veulent en savoir plus, mais sans idée de business. »
« Mettre une personne dédiée à la relation avec les start-up pour faciliter la rapidité, et garantir l'avancée et la bienveillance. »
« Identifier rapidement les bonnes personnes, ou en tout cas une équipe projet interne agile avec le pouvoir d'agir. »
 
2/ Clarifier les objectifs
« Bien fixer à l’avance les objectifs en fonction de la relation (accord de distribution, entrée au capital ou partenariat R&D). »
« Bien définir le cadre de la relation et écrire les objectifs avant de démarrer. »
« Etre très cash sur le temps à pouvoir consacrer à l'évangélisation au sein des grands groupes. »
 
3/ Faciliter les démarches
« Nous souffrons toujours du problème de la lourdeur administrative des grands groupes. Ils ont des directions innovations flexible mais les autres Business Units le sont moins. »
« Le fait de ne pas être référencé [parmi les fournisseurs du grand groupe] peut vraiment être un obstacle pour démarrer une collaboration ou refroidir les interlocuteurs intéressés, à cause de la lourdeur des démarches administratives. »
 
4/ Accélérer le rythme de décision
« Certains grands groupes sont très rapides en termes de décisions :
- lorsqu'ils ont une vrai logique et des démarches d'open innovation bien organisées
- lorsqu'il y a une logique "business" (suite à un projet interne, possibilité de prescription auprès de leurs clients)
- lorsqu'il y a un besoin immédiat et urgent. »
 « La seule chose dont a besoin une start-up, c'est de clients ! Les fonctionnements / process / temps de décision et de contractualisation sont encore à des années lumières de pouvoir favoriser des relations simples, rapides et bienveillantes. »
« Avoir un process bien défini avec les achats, différent des autres process internes classiques, pour avancer rapidement. »
 
5/ Adapter les délais de paiement
« Les grands groupes devraient adapter leurs délais de paiement aux besoins des start-ups. »
« Les start-up ne doivent pas être considérées comme simplement de nouveaux prestataires, sans en changer les formes. »
 
Les grands groupes semblent donc avoir fait de gros progrès dans leur relation avec les jeunes entreprises innovantes même si tout ne semble pas toujours aller de soi avec des points de blocage comme la différence de temporalité. Les petites entreprises ont besoin de décisions rapides que les grands groupes, alourdis par leurs procédures internes, ne peuvent pas toujours fournir.
Les grands groupes ont par ailleurs tendance à imposer aux jeunes entreprises le rapport de force habituel qu’ils entretiennent avec leur fournisseur. Des cultures d’entreprise différentes qui tendent donc vers plus d’interconnexion pour améliorer créativité, croissance, dans une démarche gagnant-gagnant pour innover et développer ensemble de nouvelles offres. Les start-up sont un atout majeur dans la détection de nouveaux besoins et usages, aux grands groupes d'être réactifs s'ils ne veulent pas être déconnectés d'un monde en pleine mutation.
 
 
 
A propos du Village by CA :
Fondé par le Crédit Agricole en 2014 le Village by CA est un écosystème créateur de valeur et une pépinière de start-up qui soutient des projets à fort potentiel.  Le premier Village a été créé à Paris en 2014 suivi de six autres à Lille, Orléans, Châteaudun, Caen, St Brieuc et Toulouse. 16 autres Villages devraient voir le jour d’ici la fin de l’année. Le Village dispose de relais dans 25 villes majeures dans le monde (Londres, Moscou, Shanghai, Séoul, Tokyo, Singapour…)  afin d’aider les start-up dans leur développement à l’international. Bénéficiant d’un environnement à la pointe de la technologique et situé au cœur des régions, les start-up de chaque Village by CA évoluent dans un écosystème d’innovation ouvert à une multitude de partenaires privés et publics. Les partenaires du Village parisien sont Amundi, Groupe Avril, Bearing Point, BETC, Bouygues Bâtiment IDF, Crédit Agricole Immobilier, Crédit Agricole Assurances, Crédit Agricole CIB, Engie, HPE, IBM, Indosuez Wealth Management, Microsoft, NEC, Niji, Orange, Philips, Groupe PSA, Sanofi et Sodexo. http://www.levillagebyca.com/
 
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économie

Présidentielle 2017 : les 5 propositions du Club des Entrepreneurs aux candidats

À moins de deux mois du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, le Club des Entrepreneurs adresse à l'ensemble des candidats cinq propositions destinées à stimuler l'entrepreneuriat et l'esprit d'entreprendre.
Ces propositions, applicables facilement et rapidement dans les premiers mois du prochain quinquennat, ont toutes été communiquées à Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Marine Le Pen. A méditer.
 
Considéré à juste titre comme un des principaux moteurs de la croissance et de l’emploi, peu de sujets sont autant discutés et souvent l’objet de procès d’intention que l’entrepreneuriat. Loin des clichés éculés selon lesquels les Français seraient moins enclin que d’autres à créer leur activité, il convient de réa­rmer qu’il existe bel et bien une envie profonde et largement partagée d’entreprendre dans l’Hexagone.
 
Oui, la France est une terre fertile pour la création d’entreprises, comme en témoigne les 554 000 sociétés lancées au cours de l’année 2016, en hausse de 5,5% par rapport à 2015 !
Oui, les millennials rêvent d’entrepreneuriat, avec 6 jeunes sur 10 (étude OpinionWay - Janvier 2017) qui aspirent à devenir startupper.
Oui, la France, est un territoire beaucoup plus favorable qu’on ne le croit aux tempéraments imaginatifs et entreprenants et regorge d’initiatives porteuses de changements durables pour notre société et de notre économie. Se satisfaire de l’existant est pourtant exclu, tant ce potentiel gagnerait à être encore plus stimulé et encouragé, notamment par le biais de réformes attendues depuis longtemps et reportées sine die par les gouvernements successifs.
 
Le Club des Entrepreneurs, réseau fondé en 2005 qui regroupe près de 20 000 membres, porte cinq propositions destinées à tous les candidats à la présidentielle. Leur objectif est simple : augmenter non seulement le nombre d’entreprises créées chaque année et assurer leur pérennité et leur croissance en France comme à l’international. Ces mesures peuvent être rapidement et facilement mises en œuvre et permettraient à des millions de nos concitoyens de réaliser leur envie de créer et de devenir de véritables moteurs pour notre économie.

Cinq propositions pour que les Français deviennent acteurs de leurs activités

Adopter un véritable Small Business Act à la française contenant une première batterie de mesures en faveur de l’entrepreneuriat.
Alors que les Etats-Unis ont reconnu dès 1953 le rôle majeur des petites entreprises dans l’économie via le vote du fameux Small Business Act, une initiative similaire tarde à émerger en France. Le vote d’une nouvelle grande loi dans les premiers mois du nouveau quinquennat est donc une absolue nécessité. Le Club des Entrepreneurs propose d’y inclure notamment la création d’un guichet unique rassemblant les aides financières et les propositions d’accompagnement des TPE/PME.
Ce Small Business Act intégrera aussi non seulement l’obligation de réserver 60% des marchés publics aux TPE/PME. Il permettra aussi une meilleure implication de celles-ci dans l’élaboration des normes en France et en Europe. Dans un cas comme dans l’autre, l’innovation, atout maître de nombreuses petites et moyennes entreprises, doit et peut être favorisée.
 
Faire de l’entrepreneuriat une priorité nationale, l’enseigner dès le secondaire comme une véritable langue vivante. Pour le Club des Entrepreneurs, faire fructifier l’envie d’entreprendre des jeunes générations est une priorité.
Ils proposent qu’un véritable plan de sensibilisation et de formation à la création d’entreprise soit lancé non seulement en direction du monde universitaire mais aussi à destination de l’enseignement secondaire général et technologique, avec une attention particulière aux zones urbaines dîtes sensibles. L’entrepreneuriat doit faire partie du socle commun de connaissance et de compétences. Pour insuffler ce désir d’entreprendre, ils proposent également une grande campagne de communication nationale. Celle-ci pourra notamment s’appuyer sur des success stories sous la forme de témoignages vidéo courts et à fort impact.
 
Diminuer le taux de disparition des jeunes sociétés en généralisant l’exonération totale de charges sociales pour les trois premières années d’activité.
Augmenter le nombre d’entreprises créées chaque année en France n’a de sens qu’à condition d’assurer leur pérennité. 50% des nouvelles sociétés disparaissent avant d’atteindre 12 mois : c’est pourquoi il est urgent, à l’instar du régime Accre, de renforcer et généraliser les dispositifs permettant l’exonération de charges sociales pour toutes les « jeunes pousses » sans distinction pendant les trois premières années.
 
Renforcer le capital-risque à la française afin de répondre aux besoins de financement des entrepreneurs et de leurs structures Le capital-risque est le meilleur allié des entrepreneurs, que ce soit dans la Silicon Valley ou dans le monde entier.
À ce niveau, le marché français, pourtant le deuxième européen, pourrait, avec des montants investis 25 fois moins importants qu’aux États-Unis, nettement mieux faire ! Un financement optimal des jeunes entreprises françaises passera notamment par une fiscalité plus stable et surtout plus incitative pour favoriser l’investissement des particuliers dans les PME, et baisser de la pression fiscale sur les plus-values de cession.
Les chefs d’entreprise et entrepreneurs à succès pourront aussi réinvestir plus facilement leurs profits dans l’écosystème de start-up et de TPE/PME et apporter ainsi leur expertise et une forme de coaching que ne peuvent pas forcément apporter des profils financiers classiques.
 
Fluidifier les parcours entre salariat et entrepreneuriat en encourageant le développement des nouvelles formes d’emploi. Le passage d’une activité entrepreneuriale à une activité salariale, ou vice-versa, exige le plus souvent de passer par un temps de reconversion délicat et parfois dissuasif. Le portage salarial permet à des salariés et demandeurs d’emploi de bénéficier d’un accompagnement à la création de leur propre activité tout en gardant la protection sociale du salariat.
Le Club des Entrepreneurs évalue à plus de 1,3 million le nombre d’entrepreneurs individuels qui pourront émerger grâce à ce véritable tremplin vers la création d’entreprise.
(Source : Le Club des Entrepreneurs – Février 2017)
 
 
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innovation économique

15 propositions pour l'innovation et la croissance

Au-dessus du tumulte d’un temps qui semble ne plus porter d’attention aux véritables enjeux, il faut rappeler que l’innovation et les entreprises innovantes sont incontournables à l’heure où le défi pour la France est celui de la compétitivité et de la croissance. Elles doivent être pleinement intégrées à la stratégie économique nationale et européenne et figurer parmi les priorités car elles sont très concrètement source de compétitivité, de croissance et peuvent donner à la France le souffle dont elle a tant besoin.
Animé par cette conviction, mais conscient des contraintes qui s’imposent aux pouvoirs publics, le Comité Richelieu fait 15 propositions d’actions qui se veulent réalistes, ambitieuses et concrètes pour simplifier, stabiliser, adapter les dispositifs en place et accélérer le mouvement qui doit conduire vers une efficacité appréciable des politiques publiques.
 
Réseau national de plus de 4000 start-up, PME et ETI innovantes dans tous les domaines d’activité, le Comité Richelieu entretient des relations avec les pouvoirs publics tout au long de l’année pour soutenir les mesures et dispositifs en faveur du développement des entreprises innovantes. Pour cela, le Comité se base notamment sur les conclusions annuelles de l’Observatoire de la politique du Gouvernement en faveur de l’innovation mis en place en 2013 [1]. Créer de la confiance, simplifier, accélérer ; c’est dans cet esprit qu’un mouvement de redressement et de développement pourra s’engager.
 
Achats publics innovants, fiscalité de l’innovation et de la recherche, leviers de croissance, développement à l’international, le Comité Richelieu porte un message et fait des propositions d’actions ambitieuses et responsables dans un contexte budgétaire contraint.
 
Il propose notamment que soit fixé un objectif ambitieux d’achats publics innovants correspondant à 10% de l’ensemble des achats publics. Il convient de rehausser et étendre l’objectif actuel de 2 % pour atteindre 10 % d’achats publics innovants à horizon 2020 et d’inclure les Régions et Métropoles. Il faudra par ailleurs mettre en place un dispositif de suivi et de contrôle de la mise en œuvre effective de cet objectif. En 2013, la commande publique représentait 71,5 milliards d’euros (Etat, établissements publics et collectivités).
 
 
Ensuite, à l’écoute des candidats à l’élection présidentielle qui souhaitent une optimisation du soutien aux startups, PME et ETI innovantes, il est recommandé que le taux du Crédit d’Impôt Innovation [2] (CII), 20 %, ainsi que le plafond maximum de dépenses considéré, 400 000 euros, soient revus pour dynamiser significativement l’innovation en France. Cette évolution doit correspondre à un alignement du taux de crédit d’impôt du CII sur celui du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) à 30 % et à un rehaussement du plafond de dépenses maximum pris en compte pour le CII de 400 000 à 1 million d’euros.
Afin de financer cette mesure, pourquoi les groupes de sociétés ayant opté pour la consolidation fiscale de leurs résultats ne verraient-elles pas leurs dépenses de recherches exposées de manière consolidée au niveau du groupe et leur cumul s’apprécier au niveau du groupe (notamment à la limite cumulée de 100 millions d’euros) ? Pour illustration, sur la base des chiffres 2013, la mesure représenterait une économie pour les finances publiques de 530 millions d’euros ; les entreprises du CAC40 conserveraient un montant de CIR de 0,68 milliard contre 1 milliard avec la formule actuelle.
 
Enfin, le principe d’un statut spécifique de Jeune Entreprise Innovante (JEI) est très pertinent et son bilan est bon : c’est un dispositif adapté au financement de l’innovation.
Ce statut de JEI pourrait devenir JEIC (de Croissance), offre à partir de la troisième année et jusqu’à la perte du statut, la défiscalisation totale de la quote-part des bénéfices affectée à ses fonds propres. Cette évolution permettrait non seulement aux jeunes sociétés de continuer à bénéficier d’un allègement de charges de personnels affectés à la recherche et innovation mais également d’alléger l’imposition sur les bénéfices lorsque ceux-ci sont réinvestis dans la croissance de l’entreprise et la création d’emplois.
 
Enfin, dans le prolongement de cette évolution, une réflexion pourrait être menée sur le plafond de détention (25 %) de la société de la JEI par une autre société, plafond qui limite aujourd’hui mécaniquement la capacité de consolider la société au sein d’un groupe plus large, condition forte pour l’émergence de champions.
 
[1] Les éditions 2013,2014 et 2015 ont été élaborées en partenariat avec GAC group. Celui de 2016 a été élaboré en partenariat avec SOGEDEV.
[2] Le Crédit d’Impôt Innovation, tout comme la médiation de l’innovation et l’objectif d’achat public innovant, fait partie des propositions que portait le Comité Richelieu dans son livre blanc de 2012.
 
 
 
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travail

Fin du travail : entre fantasme, serpent de mer du débat public et réalité

Les progrès réalisés dans le champ de la robotique et de l’intelligence artificielle, l’essor de l’Internet des objets, le traitement des données de masse (big data) ou l’émergence de l’impression 3D alimentent aujourd’hui des inquiétudes autour d’un « futur sans emploi ». Dans la littérature économique internationale, depuis 2013, plusieurs études ont cherché à estimer la part des emplois actuels qui pourraient être menacés de disparition du fait des nouvelles possibilités d’automatisation. Le Conseil d’orientation pour l’emploi a souhaité approfondir et affiner le diagnostic en procédant à une analyse complète des impacts prévisibles de la nouvelle vague d’innovations technologiques sur l’emploi et sur le travail.
 
L’innovation détruira-t-elle plus d’emplois qu’elle n’en créera ? C’est la question posée par le journaliste Arnaud de Robert, diffusée dans la Matinale de Radio Libertés.  Selon lui, le secteur de la santé et de la médecine est le premier impacté par la perte d’emplois : télémédecine, télé-diagnostique, robotisation chirurgicale. Puis, l’enseignement : e-learning, télé-enseignement, la présence face élèves quoi que l’on en pense ne s’impose plus, selon lui. On pourrait aussi parler de la sécurité, de l’aide à la personne, de la distribution et de l’industrie. Et ce changement radical de société pose de cruciales questions : si le travail disparait, les revenus aussi ? Le nouveau monde sans travail risque d’être rapidement explosif. Et pourtant non, aux dires de certains analystes. Beaucoup fondent d’ailleurs la transition sur le fameux revenu universel versé à tous sans condition de ressources. Un revenu versé par l’Etat qui lui permettrait de supprimer toutes les autres aides et proviendrait de la seule taxation de l’élite créatrice de richesse. Là aussi, on est loin de l’utopie, surtout quand on voit avec quel empressement nos politiques s’emparent de la question du revenu universel depuis quelques années.
C'est le cas du candidat à la Présidentielle, Benoît Hamon, qui aura au moins réussi à imposer son thème de prédilection dans le débat : la création d’un revenu universel comme réponse à la raréfaction du travail. De l’avis quasi général, voilà bien une des rares - si ce n’est la seule - idées neuves de cette campagne, même si beaucoup en contestent la pertinence.

LIRE AUSSI DANS UP' : Primaire socialiste : une victoire historique pour le revenu universel ? 

Des chefs d’entreprise aussi prônent le revenu universel, comme Elon Musk qui a confié son ressenti sur un avenir dans lequel les machines remplaceront peu à peu, (et a minima) la plupart des emplois du secteur de l’industrie, dans une interview accordée à CNBC et relayée par le site papergeek.fr.
 
Une contestation qui n’est pas seulement de principe. Elle vise aussi le diagnostic initial sur lequel se fonde ce projet politique : diagnostic selon lequel l’automatisation et la robotisation détruiraient de nombreux emplois que les gains de productivité ne permettraient pas de compenser.
Or cette idée d’une irrémédiable raréfaction du travail ne fait pas consensus. Plusieurs études récentes menées en France, notamment celle du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), relativisent l’impact de la révolution numérique sur le volume d’activité. 10 % des emplois seraient menacés : ce n’est pas négligeable mais c’est bien moins que ce qu’anticipaient certains scénarios précédents beaucoup plus pessimistes... et qui auraient justifié peut-être de revoir entièrement notre rapport au travail.
 
Le Conseil d’orientation pour l’emploi a donc adopté, mardi 10 janvier 2017, le premier tome d’un rapport intitulé « Automatisation, numérisation et emploi ».
Alors que les révolutions technologiques successives se sont accompagnées jusqu’à présent d’un développement de l’emploi, l’automatisation et la numérisation, des technologies interdépendantes qui se déploient avec des effets démultiplicateurs au-delà de la stricte production de biens et services alimentent des peurs autour d’un « futur sans emploi ». Des études récentes ont estimé qu’une part massive des emplois existants pourrait être menacée de disparition.
 
Le Conseil d’orientation pour l’emploi a voulu aborder cette question centrale pour l’économie et pour notre pacte social, pour éclairer le débat public et la décision publique.
 
Alors que les études existantes se focalisent uniquement sur les « destructions d’emplois », le Conseil a voulu approfondir l’analyse et embrasser l’ensemble des défis mais aussi des opportunités de la révolution technologique en cours. Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil, observe ainsi  que : « Les études prospectives ont jusqu’ici mis l’accent sur le risque de destruction d’emplois. Attention à ne pas avoir une vision trop simplificatrice. »
 
Dans ce premier tome, le Conseil analyse les effets possibles du progrès technologique sur le volume de l’emploi (en termes de disparition mais aussi de créations), mais aussi les effets sur la structure de l’emploi (quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? quels types de compétences seront à l’avenir les plus recherchées ?) et sa localisation, à la fois à l’échelle nationale (quelles pourraient être les zones d’emploi les plus concernées ?) et internationale (les technologies pourraient-elles favoriser un mouvement de relocalisation des emplois en France ?).
 
Le Conseil publie notamment les résultats d’une étude sur l’exposition des salariés français à l’automatisation. Cette étude, réalisée au sein du Secrétariat général, conclut que :
- moins de 10% des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation ;
- la moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé.
 
Le Conseil publie également une liste de métiers qui, au vu de cette étude, apparaissent les plus vulnérables ainsi qu’une liste de métiers dont le contenu est susceptible d’être transformé.
 
Selon Marie-Claire Carrère-Gée, « S’agissant de leurs conséquences sur l’emploi, les robots, l’intelligence artificielle ou l’impression 3D ne justifient, ni frayeur ni exaltation. Les transformations d’emplois existants, pour être probablement de très grande ampleur, pourront constituer autant d’opportunités et rendre bien des tâches moins pénibles et plus performantes. Les pertes d’emploi, peut-être significatives, pourront être compensées, et plus que, par des créations d’emploi en France. A nous– acteurs économiques, citoyens, pouvoirs publics- de nous en donner les moyens.»
 
Le Conseil étudiera dans un second tome à paraître au printemps les impacts sur les conditions de travail et l’organisation du travail, ainsi que les compétences des actifs. Et cela pour donner aux pouvoirs publics et aux citoyens un diagnostic solide pour préparer les décisions de politiques publiques qui doivent continuer à être prises dans tous les domaines : emploi, formation, protection sociale, mais aussi soutien à l’innovation et à la localisation d’activités.
 

Synthèse du rapport Automatisation, numérisation et emploi Tome 1 PDF - (1.0 Mo)

Rapport Automatisation, numérisation et emploi Tome 1 PDF - (9.1 Mo)

Focus sur l'étude présentée par le Secrétariat général du COE PDF - (1.8 Mo)

Pour aller plus loin :
 
- Etude de Carl B. Frey, Michael A. Osborne, « The future of employment : how susceptible are jobs to computerisation ? », Septembre 2013.
- Livre "La fin du travail" de Jérémy Rifkin, La découverte 1997
- Livre "Le travail : Une valeur en voie de disparition ?" de Dominique Méda, Flammarion 2010
- Livre "Travail : la révolution nécessaire" de Dominique Méda, Nouvelles éditions de l'Aube, 2013
- Livre "L'emploi est mort, vive le travail !" de Bernard Stiegler, Mille et une nuits 2015
- Article "Le grand bluff de la robotisation" - A l'encontre, 21 février 2017
 

 
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