UP' Magazine L'innovation pour défi

technosciences

Santéisme & soin de soi : le corps et la vie à l’épreuve des nouvelles technologies

Les technosciences comme la génomique, les nanotechnologies et les technologies digitales sont promues comme réponses à un « besoin social » : améliorer la santé de tous. Toutefois on peut interroger leur rôle dans la valorisation de la santé dans nos sociétés. Dans quelle mesure les dispositifs de quantification de soi, la télémédecine (e-santé), les tests génétiques en ligne ou encore la médecine personnalisée contribuent-ils à faire de la santé une valeur prioritaire dans nos sociétés ?

Se déroulait ce week-end à Lille la 89e session des Semaines sociales de France sur le thème de « L’homme et les technosciences », où philosophes, théologiens ou responsables politiques ont débattu des chances mais aussi des risques engendrés par les nouvelles technologies. Sans nier l’aspect positif de beaucoup de ces nouvelles technologies déjà présentes dans notre vie quotidienne, les Semaines sociales se sont interrogées tout au long du week-end sur les rapports entre les technosciences et l’homme. 

Si le concept de « biomédicalisation » est aujourd’hui courant, le terme plus ancien de « santéisme » (healthism) paraît néanmoins plus adapté afin de dresser une cartographie de l’expansion des pratiques et des savoirs médicaux centrés autour de l’individu. L’analyse du vivant au niveau moléculaire, la miniaturisation des appareils diagnostiques et l’utilisation des technologies numériques intensifient et accélèrent la production, la circulation et l’utilisation de données de santé, reconfigurant ainsi le rapport entre médecine et société. La négociation, voire l’appropriation des technologies et des savoirs dits médicaux par les individus, soit au sein soit à l’extérieur des institutions médicales, ouvrent des zones-frontières d’expertise, suscitent des pratiques-limites entre médecine et soin de soi d’où résulte une multiplicité de figures du patient à la croisée des techniques, des procédures et des plateformes biomédicales.

Bernadette Bensaude-Vincent, Professeur de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Directrice du CETCOPRA (Centre d’Études des Techniques, des Connaissances et des Pratiques), et Philippe Bardy, enseignant-chercheur à l’université Paris Descartes (Paris Sorbonne Cité), organisent une conférence les 12 et 13 décembre 2014 de 9h à 16h30 sur ce thème. Gérard Dubey professeur de sociologie à l’Institut Mines Télécom (École de Management), Justine laurent, chercheuse junior dans l’équipe de recherche Chemical Youth, dirigée par Anita Hardon (Université d’Amsterdam), et Mauro Turrini, chercheur post-doctorant “Marie Curie” au sein du laboratoire CETCOPRA de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, font partie du Comité d'organisation pour interroger les valeurs qui émergent avec ces nouvelles figures du patient ainsi que les imaginaires et les utopies qui les accompagnent :
- comment les nouvelles technologies, par-delà leur visée d’autonomisation technique, favorisent-elles l’émergence d’un patient informé et auto-responsabilisé (“self-empowered patient”) ?
- Quelles figures du corps, du vivant et de la santé façonnent-elles ?
- Quel est leur impact sur la médecine et les politiques de santé publique actuelles ?

Programme des conférences

Lieux :

- Vendredi 12 décembre : Sorbonne -  Amphithéâtre Sainte-Barbe - 4, rue de la Valette  75005 Paris        
- Samedi 13 décembre  : Sorbonne - Salle “Halbwachs”, 17, rue de la Sorbonne, Escalier C, 1er étage droite - 75005 Paris

- Livre "Le gouvernement des technosciences" de Dominique Pestre - Paris, La Découverte, coll. "Recherches", 2014
- Livre "Les vertiges de la technoscience" de Bernadette Bensaude-Vincent - Paris, La Découverte, coll. "Sciences et Société", 2009
- Livre  "L'heuristique de la peur chez Hans Jonas : Pour une éthique de la responsabilité à l'âge de la technoscience" par Serge-Christian Mboudou - Ed. L'Harmattan, 2010 
- Livre "Technocorps ; la sociologie du corps à l'épreuve des nouvelles technologies" de Brigitte Munier - Ed. Françoise Bourin, coll. "Penser le monde", 2014

Photo : Toile de Keith Haring. Dans ses premières œuvres, l'artiste évoque à plusieurs reprises la menace de la substitution de notre réalité par les nouvelles technologies que sont les écrans (télévision et ordinateur). Il s’inquiète par ailleurs du danger qui pèse sur la créativité et l’individualité face à l’hégémonie technologique.

Green Code Lab Challenge

Le jour "J" approche... plus qu'une semaine avant le lancement du Green Code Lab Challenge ! Cette 2ème édition rassemblera plus de 300 étudiants et professionnels soit 80 équipes dans 14 villes et 7 pays, pendant 48h non stop et en simultané en France. Ils se mobiliseront pour rendre une application web moins consommatrice en énergie. En effet, si les pratiques n’évoluent pas, l’utilisation du numérique représentera 30% de la consommation l’électricité mondiale d’ici 10 ans !
Venez à la rencontre des étudiants et des professionnels qui veulent rendre l'informatique plus verte !

Les temps forts

MERCREDI 26 NOVEMBRE à 18h : Lancement du Challenge depuis l’ESAIP Angers, en direct et en simultané sur Internet et dans les 13 autres campus

JEUDI 27 après-midi à Nantes (HubCreatic) et le VENDREDI 28 matin à Angers (ESAIP) : 14 Conférences sur les enjeux du Green IT et l’écoconception logicielle ouvertes aux professionnels et au grand public en présence d’experts nationaux et internationaux. 

Découvrez l’éco-conception logicielle !
- Conférences : 14 conférences de 20 minutes présentées par des experts nationaux et internationaux qui évoqueront des projets de recherche en cours, des bonnes pratiques à mettre en place dans les entreprises et des retours d’expériences.
- Echange : Le colloque laisse également du temps pour le networking entre les différentes sessions afin de pouvoir échanger avec les experts sur place.

Programme complet

Inscription
(Les conférences sont également accessibles en Live sur WebTV.)

VENDREDI 28 à 18h : Remise des prix

Le Challenge en bref

Le challenge se déroule partout dans le monde du 26 au 28 Novembre 2014. Initialement dans le Grand Ouest à Nantes et Angers, il est également présent dans plusieurs villes de France et du monde. Chaque école peut héberger les équipes participantes et devenir un lieu privilégié du Green Code Lab Challenge. Plus de 250 développeurs, étudiants ou professionnels, se réunissent durant 48h pour rendre le numérique plus vert et devenir le meilleur Green développeur.

Ce Challenge organisé en simultané à Angers, Nantes, Aalborg (Danemark), Boulogne sur Mer, Brest, Budapest (Hongrie), Dijon, Louvain (Belgique), Lulea (Suède), Nancy, Paris, Poitiers, Trier (Allemagne) et Valladolid (Espagne),  sert à promouvoir l’éco-conception logicielle auprès des développeurs et à révéler les talents de demain, ceux qui rendront le numérique plus durable.

Initié par l’association Green Code Lab et l’Ecole d’ingénieur ESAIP Angers, ce concours international implique les établissements de l’enseignement supérieur mais aussi les acteurs économiques, publics et privés, autour des enjeux de l’écoconception logicielle : l’une des solutions permettant de réduire la consommation en énergie des TIC. Un système sera également implémenté pour évaluer, toutes les 2h, la consommation de chaque équipe et diffuser les résultats en ligne.

A noter qu’un système innovant de visioconférence mis en place par nos partenaires techniques, permettra de relier les différents sites entre eux et facilitera le travail inter-campus. Un dispositif technique de suivi en direct (live streaming), accessible via le site internet de l’événement et les réseaux sociaux, rendra également possible le suivi à distance et la participation des internautes qui pourront apporter des idées aux participants.

Pour gagner le Green Code Lab Challenge, c’est très simple. Il faut appliquer les meilleures pratiques d’éco-conception au sujet qu’il vous sera transmis le 26 Novembre. L’équipe qui aura le mieux optimisé remportera le concours, soit pour les trois premières équipes : un voyage d’une semaine à San Francisco et 2 chèques de 1000€.

 

Les 14èmes rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques

Les 14èmes rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques auront lieu les 19 et 20 novembre 2014 au siège de l'UNESCO (Paris), dans le cadre de la Journée Mondiale de la philosophie.

Des démonstrations, des table-rondes, des communications, des ateliers, café, banquet, et ciné philo, des stands, le tout ouvert à tous et gratuit.

En célébrant la Journée mondiale de la philosophie chaque année le troisième jeudi de novembre, l’UNESCO souligne la valeur durable de la philosophie pour le développement de la pensée humaine, pour chaque culture et pour chaque individu. La Journée mondiale de la philosophie 2014 tombe le 20 novembre et des événements au Siège de l’UNESCO à Paris, le 19 et 20 novembre, contribueront à la question primordiale des ‘transformations sociales et du dialogue interculturel’ avec une table-ronde pour lancer le ‘Manuel de philosophie : une perspective Sud-Sud’ élaboré avec le soutien du programme international Abdullah Bin Abdulaziz pour la culture de la paix et le dialogue.

D’autres événements auront lieu au Siège de l’UNESCO, notamment une conférence sur les ‘Nouvelles pratiques philosophiques’ ainsi qu’une table-ronde sur ‘la contribution de la pensée d’Ali ibn Abi Talib à une culture de la paix et le dialogue interculturelle’. Des événements auront lieu également à travers le monde courant le mois de novembre.

En proclamant la Journée mondiale de la philosophie en 2005, la Conférence générale de l’UNESCO a accentué l'importance de cette discipline, surtout pour les jeunes, et a souligné que « la philosophie est une discipline qui encourage la pensée critique et indépendante, à même d’œuvrer pour une meilleure compréhension du monde et de promouvoir la tolérance et la paix ». La Conférence Générale de l’UNESCO était persuadée que « l’institutionnalisation de la Journée de la philosophie à l’UNESCO en une ‘journée mondiale de la philosophie’ donnerait une reconnaissance et une impulsion forte en faveur de la philosophie, et en particulier en faveur de l’enseignement de la philosophie dans le monde ».

L'UNESCO mène la Journée mondiale de la philosophie – mais ne la possède pas. Cette Journée appartient à tous ceux, partout, qui apprécient la philosophie.

Programme général des Rencontres

Inscription (L'inscription est gratuite mais absolument indispensable, pour des raisons de sécurité, pour pénétrer dans les locaux de l'UNESCO le jour des Rencontres. Cette inscription permet d'accéder librement à l'ensemble du programme des 14èmes Rencontres)

Lieu : UNESCO - 125 Avenue de Suffren - 75007 - Paris (M° Ségur ou Cambronne)

1er Open Compute Summit à Paris-Saclay

La Fondation Open Compute (OCP) a choisi le territoire de Paris-Saclay, symbole de l’innovation et des hautes technologies pour organiser son 1er sommet européen le jeudi 30 et le vendredi 31 octobre 2014.

Présent aux USA, et en Asie principalement, la fondation a décidé de lancer officiellement son activité en Europe au mois d’octobre et a choisi Paris-Saclay où la communauté européenne OCP est particulièrement active. Territoire d’innovation, rassemblant entreprises, établissements d’enseignement supérieur et centres de recherche, Paris-Saclay est le lieu idéal pour que cet événement qui présentera le projet Open Compute devienne incontournable.
Le projet OpenCompute est la déclinaison matérielle du monde de l’Open Source dans le logiciel. Ce projet s’axe autour d’une fondation à but non lucratif financée et créée par les géants de l’industrie (Facebook, Microsoft, Intel …) dans l’objectif de soutenir l’innovation au travers de collaborations ouvertes et internationales sur la base de spécifications ouvertes de matériel.
Fondée par Facebook en 2011, la Fondation OCP s’est rapidement développée pour inclure Intel, Rackspace, Goldman Sachs et des sommités comme Andy Bechtolsheim. Elle compte aujourd’hui plus de 150 membres officiels, tels qu’AMD, ARM, Bloomberg, Box, Baidu, IBM, Intel, Dell, EMC, Fidelity, Microsoft, Orange, Rackspace, Salesforce, SanDisk, VMWare, et Western Digital. En tant qu’organisation à but non lucratif, OCP est une communauté en pleine croissance, regroupant des ingénieurs à travers le monde dont la mission est de concevoir et de produire les matériels les plus efficaces : serveurs, stockage et centres de données pour les grands consommateurs de plateformes informatiques. La Fondation définit et régit huit projets de haut niveau pour soutenir ces développements et fournir une structure juridique qui accélère le rythme de l’innovation et l’expansion de ses technologies sur le marché.

Lors de cet événement de deux jours, l’OCP et ses membres présenteront les dernières tendances technologiques conçues par la communauté OCP y compris au niveau des serveurs, de la conception de puces, de l’intégration de logiciels, et de leur certification. Une mise à jour sur l’état actuel de la charte européenne sera communiquée, et les représentants des projets seront présents et animeront des ateliers d’ingénierie de premier plan. Le premier Hackathon OCP européen sera également organisé avec à la clé, un prix d’une valeur de $ 5,000 USD pour le gagnant.
"Nous sommes extrêmement heureux que notre premier sommet international se tienne ici à Paris-Saclay. Nous voyons un net engouement se dessiner en Europe et nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires distributeurs pour fournir des technologies Open Compute au marché européen. Ce dernier a toujours été créatif, avec de fortes communautés open source, nous n’avons aucun doute qu’OCP va changer les règles sur la façon dont les serveurs et centres de données seront conçus à l’aide de la communauté européenne" dit Cole Crawford, directeur exécutif, de la Fondation OCP.
"La communauté européenne OCP est en pleine croissance, et accueillir cet événement en France au sein du campus Paris-Saclay, où la communauté OCP européenne est actuellement la plus active, est une vraie reconnaissance. La communauté locale aura l’occasion de présenter ses premiers projets de recherche avec notamment une démonstration d’une solution de refroidissement révolutionnaire et de son architecture, créant ainsi de nombreuses possibilités d’étendre ces travaux avec les membres de la communauté à l’étranger" confirme Jean-Marie Verdun, actuel chef de file d’OCP en Europe.

Lieu : Campus de l'Ecole Polytechnique Paris-Saclay - n91128 - Palaiseau

Inscription

www.epps.fr

4ème semaine J'innove en Nord-Pas de Calais

Du 24 au 28 novembre 2014, les acteurs du réseau J’Innove en Nord-Pas de Calais se mobilisent. Pendant une semaine, 17 manifestations seront organisées dans 11 villes de la région.

Parmi ces manifestations, une sera consacrée à la thématique des Services à la Personne, jeudi 27 novembre, à Santélys – Parc Eurasanté à Loos.
Cet événement, organisé par le C2RP (Centre Régional de Ressources Pédagogiques pour le développement et la qualité de la formation), est placé sous le haut patronage du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique.

Selon les derniers chiffres de l’Insee, la population du Nord-Pas de Calais est vieillissante, une tendance qui
s’accentuera à horizon 2020. Cette transition démographique nécessite d’anticiper l’évolution des besoins et de trouver de nouvelles solutions de prévention et d’accompagnement, intégrées et solvabilisées, en faveur du maintien de l’autonomie et du bien vieillir.
Cette question sera traitée en matinée lors d’une conférence « Les Services à la Personne à l’aune de la Silver Economie : un enjeu d’innovation pour la France, un atout de développement pour le Nord-Pas de Calais » et lors d’un focus régional « La Silver économie levier d’innovations pour les services à la personne : l’action de la Silver Région Nord-Pas de Calais ». De nombreuses solutions seront présentées l’après-midi, lors de tables rondes. Elles illustreront concrètement les innovations sociales et numériques issues de coopération réussies : combinaison de maintien de l’autonomie ; serious game ; GLUPSH ; e-seniors services ; CESU ; EHPAD à domicile ; Drive Home… à découvrir et tester toute la journée sur le showroom !

Cas concret

DRIVE HOME : un nouveau service de livraison de courses à domicile intégrant la dimension d’économie circulaire et
sociale
Depuis quelques mois, les habitants des communes de l’Artois (Béthune-Bruay la Buissière), Lens-Liévin et prochainement Hénin- Carvin, profitent d’un service inédit de livraison de courses à domicile, en bénéficiant d’un crédit ou d’une réduction d’impôt lié à la fiscalité pour les services à la personne, à domicile.
L’idée : Maison des Services à la Personne (MDSP) de la GOHELLE 62, une association qui propose des prestations de services à la personne et à domicile (ménage, jardinage, petits travaux…), a repensé un service de livraison de courses à domicile sur le principe de la livraison des repas à domicile. 3 types d’acteurs se sont ainsi associés : les hypermarchés Cora avec les Drive, MDSP avec son service Drive Home et les services de livraison de plateaux-repas à domicile.
Comment ça marche : les clients de Cora Drive commandent leurs courses en ligne avec éventuellement l’aide de MDSP. Ce dernier se charge de les livrer avec ses véhicules ou en exploitant la flotte de camions utilisés pour les livraisons de plateaux-repas, pendant les heures où ils ne sont pas utilisés. MDSP peut ainsi proposer plus largement sa gamme de prestation de services à domicile, Cora accroît son taux de fréquentation et la flotte de véhicules pour le portage de repas est exploitée toute la journée.

Chiffres clés SAP

L’un des 3 grands défis du 21ème siècle sera le vieillissement de la population.
En 2012, 1 français sur 4 avait plus de 60 ans.
En 2030, 1 français sur 2 aura plus de 50 ans ; 30% de la population aura plus de 60 ans et 12% plus de 75 ans.

En 2010, plus de 70 000 salariés rendaient des services aux personnes du Nord-Pas de Calais, soit 1 salarié sur 20 et 5% de l’emploi en région
Entre 1999 et 2012, la part des séniors de plus de 65 ans a augmenté de 8% dans la région.
Le Nord est le 1er département de France en nombre de résidents de 60 ans et plus, soit près de 500 000 personnes. C’est dans les Flandres que le vieillissement de la population sera le plus marqué à horizon 2020.

A propos de J’innove en Nord-Pas de Calais
J'innove en Nord-Pas de Calais est le réseau régional des acteurs de l'innovation et de la valorisation de la recherche. Il fédère sur l’ensemble du territoire régional : les pôles de compétitivité et d'excellence, les organisations consulaires, les organismes de financement et de protection de l'innovation, les universités & grandes écoles, les grands organismes de recherche, les incubateurs & pépinières, les centres de ressources technologiques…
Ensemble, ils mettent leurs experts à la disposition des entreprises et des porteurs de projets pour accompagner leurs
démarches innovantes.
Dans le cadre de la Stratégie Recherche Innovation pour une Spécialisation Intelligente 2014-2020, l’une des priorités du Schéma Régional de Développement Economique, J’innove en Nord-Pas de Calais est cofinancé par l’Etat, la Région, les Départements du Nord et du Pas de Calais, BPI France, la Caisse des dépôts, l’Union Européenne et est animé par Nord- France Innovation Développement (NFID).
Pour en savoir plus : www.jinnove.com

L’essor international de la FrenchTech

Le 22 octobre 2014 avaient lieu trois événements reliés de près ou de loin à l’initiative fédératrice de la FrenchTech :
- Les Rencontres Internationales de la FrenchTech organisées par UbiFrance et l’AFII.
- La pose symbolique de la première pierre de 1000 Startups à la Halle Freyssinet, le plus grand incubateur au monde lancé par Xavier Niel, et en présence du Président de la République.
- L’événement CES Unveiled de Paris présentant en avant-première quelques startups françaises qui lanceront leur produit au CES de Las Vegas en janvier 2015.

Le point commun de ces trois événements était de mettre en valeur la dimension internationale de nos startups et de notre écosystème d’innovation numériques. Le premier événement, explicitement destiné à partager les bonnes pratiques des entreprises innovantes à l’international, le second créant une première mondiale avec le plus grand incubateur au monde, faisant de Paris une place remarquable et remarquée en matière d’entrepreneuriat, et le dernier illustrant un développement sans précédent des startups dans le secteur des loisirs numériques et des objets connectés. Au point de faire de l’ombre à tous les pays européens présents au CES !

Cela faisait plaisir à voir. Entrain, dynamisme, et aussi de nombreuses innovations au rendez-vous aussi bien côté startups qu’au niveau de l’écosystème, avec 1000 Startups.

Je vais ici reprendre chacun des trois événements et ensuite les relier entre eux par un fil conducteur qui a démarré il y a quelques années déjà sur l’internationalisation de l’écosystème français des startups.

Rencontres Internationales de la FrenchTech

Cette conférence n’est pas nouvelle, seul le nom l’est. Il s’agissait avant des Rencontres Internationales du Numérique ’Ubifrance. J’ai eu l’occasion de faire le compte-rendu de l’édition 2010 de cette conférence. A l’époque, le UbiFrance “bashing” était plutôt légion chez les startups. Elles se plaignaient d’une offre de services peu adaptée à leurs besoins. Ce bashing a baissé de plusieurs tons depuis. UbiFrance s’occupe bien mieux des startups aujourd’hui et en coordination avec les pôles de compétitivité et autres structures de l’écosystème numérique français.

Cette conférence sponsorisée par des entreprises privées (IBM, BNP Parisbas, Air France, Microsoft, …) est l’occasion de croiser et d’entendre à la fois les responsables d’Ubifrance dans de nombreuses régions du monde et des entrepreneurs qui se sont implantés à l’international. Les trophées de l’international du numérique de l’IE Club organisés depuis une dizaine d’année mettaient ici en valeur 17 PME innovantes, très souvent peu connues
Photo : Lionel Baraban (Famoco) . Lionel Barbaran de Famoco, l'un des lauréats des Trophées de l'International du Numérique de l'IE Club annoncés lors des Rencontres Internationales de la Frenchtech organisée par UbiFrance le 22 octobre 2014 à Paris. La société commercialise un lecteur NFC sécurisé tournant sous Android.

Les “best practices” fusaient de toute part. C’est un des rares endroits où en une journée, on peut apprendre énormément de choses sur les opportunités qui existent dans chaque région du monde et comment les aborder. Comme Ubifrance est implanté un peu partout dans le monde, ils ont tendance à vouloir systématiquement rappeler qu’il ne faut pas penser qu’aux USA dans son développement international.

L’une des tables rondes les plus marquantes concernait l’Asie, animée par Alexandre Zapolsky de Linagora et de la commission internationale de Syntec Numérique. Elle rappelait l’attractivité de ce continent, dans la lignée de quelques observations faites lors de mon récent passage à Tokyo : il y a en belle place à prendre en Asie pour les entreprises françaises. Qu’il s’agisse de la Chine, de Taïwan, de la Corée du Sud ou du Japon.

Jean-Marie Giraudon de SSL Europa expliquait ainsi comment il avait, après deux ans d’investissements et de patience, pu pénétrer le marché chinois avec ses solutions de sécurisation et de signature électronique. En plus de la Chine, la société est aussi implantée au Vietnam et en Australie. Advanced Track & Trace. Expérience similaire avec Jean-Pierre Massicot de Advanced Track & Trace qui est aussi implanté en Chine et va y déployer un système de traçabilité alimentaire en partenariat avec la société chinois Wan Cheng. Netgem, le spécialiste des box TV d’opérateurs, s’est implanté à Singapour pour à la fois gérer son plus gros client, Telstra en Australie, ses fournisseurs à Taïwan, et gagner de nouveaux clients, comme au Sri Lanka.

Les clés de la réussite dans les différents pays ont été évoquées. Exemple avec le Japon, un pays friand en innovations où il faut savoir se différentier, respecter les coutumes et les normes locales et, un peu comme en Chine, savoir faire appel à des intermédiaires locaux pour créer une relation de confiance. Il y avait aussi une belle intervention de Bruno Bonnell, dans un robot de téléprésence Awabot alors qu’il était à Lyon, expliquant de manière très synthétique les différences clés entre les différents pays d’Asie (lenteur au Japon, rapidité en Corée, etc).

David Monteau rappelait dans la conférence Ubifrance les trois objectifs de la French Tech qu’il coordonne avec Clara Deletraz à Bercy : labelliser les métropoles, développer l’offre d’incubation et d’accélération privée et surtout, renforcer l’attractivité internationale de l’écosystème français des startups. En clair, surtout aider les entreprises françaises à exporter. Ce dernier point, très étroitement relié au premier, est le plus important pour développer l’écosystème. Le marché des startups est généralement le monde. S’il ne l’est pas, leur croissance n’ira pas bien loin. David Monteau insistait aussi sur l’aspect collaboratif de la FrenchTech. Son organisation l’illustre bien : ils ne sont que deux à Bercy pour la coordonner. Ils s’appuient sur Bpifrance pour gérer le budget de 215 millions d’Euros ventilés à 200 m€ dans le financement en fonds propres d’incubateurs, accélérateurs et fablabs et à 15 m€ pour la dimension communication internationale.

Hervé Schrick de Xange Private Exity et de l’AFIC (Association Française des Investisseurs pour la Croissance) indiquait que le potentiel de développement international est l’un des principaux critères de décision d’investissement dans une startup.

Gaël Duval a annoncé la réédition de la conférence “French Touch Festival” de New York de juin dernier. La prochaine édition aura lieu les 22 et 23 octobre 2015. L’objectif sera notamment d’y attirer plus d’investisseurs, médias et intervenants américains de l’écosystème de l’innovation du coin.

Paul-Francois Fournier de Bpifrance rappelait que le succès de la banque publique d’investissement passera par l’international. Il en profitait pour mettre en avant la création récente du pass FrenchTech qui vise à simplifier l’accès aux différents services publics pour les startups de forte croissance. La sélection des startups est gérée par les pôles de compétitivité et en collaboration avec la Coface, l’INPI, Bpifrance, Ubifrance et les investisseurs. Je participe à l’un des comités de sélection de startups chez Cap Digital, ce qui me donne un point d’observation intéressant.

Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique, clôturait la matinée en se félicitant du dynamisme de la FrenchTech et en rappelant quelques mesures clés qui vont contribuer à la faire rayonner à l’international, et notamment le visa entrepreneurs en cours de création.
Photo : Axelle Lemaire Muriel Penicaud et équipe SponsorLive (12).jpg. Axelle Lemaire et Muriel Pénicaud (Ubifrance) donnent de leur personne pour faire la promotion de Sponsorlive, une des entreprises exportatrices intervenantes dans la conférence Ubifrance.

Je n’ai pas assisté à toute la conférence, étant parti pour les deux autres événements de la journée. Elle se poursuivait l’après-midi avec trois tables rondes : sur l’export en Europe (UK, Allemagne, Russie), sur le financement du développement international et sur l’export dans d’autres zones et notamment l’Inde et l’Afrique. Elle se terminait avec la projection du film “We love entrepreneurs” réalisé par Frenchweb. Le lendemain, les PME et startups pouvaient rencontrer les experts d’Ubifrance pour étudier leurs projets de développement international. Cette conférence annuelle est un des rares endroits où les startups peuvent apprendre des choses concrètes pour se développer à l’international ! D’où son succès grandissant.

Second événement marquant de cette semaine, la pose symbolique de la première pierre de la Halle Freyssinet par Xavier Niel, François Hollande et Anne Hidalgo.

En guise de première pierre, il s’agissait de trois logos bleus imprimés en 3D par les équipes de l’Usine IO, le fablab le plus avancé de la région parisienne, installé à deux pas de la Halle Freyssinet et qui sera aussi en charge de la création du fablab intégré à la Halle. Normal, vu que Xavier Niel est l’un des principaux investisseurs dans l’Usine IO ! (cf quelques photos du lieu).

Beaucoup de personnalités étaient présentes à cet événement, et notamment Axelle Lemaire et Fleur Pellerin, un grand nombre d’entrepreneurs, notamment parmi ceux qui ont été financés par Xavier Niel directement ou via son fonds Kima Ventures, les fondateurs et des élèves de l’école 42, une autre des initiatives de Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon (qui, avec Xavier Niel et Marc Simoncini, est à l’origine de la création de l’EEMI, une école qui forme aux métiers du web), l’architecte Jean-Michel Wilmotte et son équipe, Jean-Louis Missika (Maire-Adjoint de Paris en charge de l’urbanisme et de l’innovation), etc. A lui tout seul, Xavier Niel a créé un véritable écosystème entrepreneurial qui démarre dans l’enseignement, se poursuit dans le financement et couvrira avec 1000 Startups les phases d’amorçage et d’incubation des startups.
Photo : François Hollande (14).jp. L'intervention de François Hollande à l'occasion de la pose des trois premières pierres symboliques de 1000 Startups, imprimées e3D FDM par l'usine IO. Le président a rappelé que l'inventeur du béton précontraint était corrézien !

Dans leurs discours respectifs, Xavier Niel, Anne Hidalgo et François Hollande (discours du Président) ont réaffirmé la place de Paris comme plaque tournante de l’innovation, sur le fait que la France était un pays où il faisait bon d’entreprendre. Hollande a insisté sur l’absence de contradiction entre l’installation d’un incubateur tourné vers le futur dans un bâtiment classé monument historique !

Quid de la “dernière pierre” ? C’est prévu pour fin 2016 sachant que les chantiers de BTP ont des délais voisins de ceux du développement logiciel : imprévisibles et très élastiques, comme les coûts d’ailleurs ! Pour certains, il serait préférable que l’inauguration ait lieu avant mai 2017. En attendant, on peut visualiser la simulation 3D réalisé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

Photo : Halle Freyssinet (5).jpg
Vide aujourd'hui, la Halle Freyssinet sera à partir de 2017 un point focal de l'écosystème parisien des startups.
Côté communication, avec l’école 42 et cet incubateur en construction, Xavier Niel a lancé une offensive salutaire et positive sur l’écosystème entrepreneurial français, qui, semble-t-il, commence à avoir de l’impact outre-Atlantique. Petit à petit, la France commence à être prise au sérieux. Même s’il y a encore beaucoup de chemin à faire !

On met évidemment sous le tapis en pareille circonstance les sempiternels écueils de l’environnement entrepreneurial français : le code du travail, la complexité administrative, le coût du travail (qui est à relativiser dans les startups, notamment du fait du Crédit Impôt Recherche) et la fiscalité de l’investissement (qui au demeurant n’est pas si mauvaise que cela). Comme si on laissait le MEDEF s’en charger car cela concerne toutes les entreprises et pas juste les startups !

Lire la suite : Olivier Ezratty - Blog Opinions Libres

Loading...
Loading...