UP' Magazine L'innovation pour défi

google bracelet connecté

Google et son bracelet connecté médical

Le 3 février 2015, le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom) dévoilait son livre blanc sur la santé connectée : "Il est grand temps que les médecins se mettent à l'heure du  numérique" déclarait son auteur, le docteur Jacques Lucas. Eh bien voici le bracelet de télésanté connecté, dévoilé fin juin par Google.
 
Ce bracelet développé au sein du labo Google X Labs, encore au stade expérimental, est capable de mesurer le pouls, le rythme cardiaque et la température à la surface de la peau. Il peut aussi enregistrer des données extérieures liées à l'environnement, comme l’exposition au bruit ou à la lumière. "Un outil médical qui sera prescrit aux patients ou utilisé lors d'essais cliniques", a indiqué  Andy Conrad, responsable du département des sciences chez Google, lors d 'une interview à Bloomberg. L'objectif est de permettre aux médecins de suivre les progrès des patients en temps réel, sans que ces derniers ne soient contraints de rester à l'hôpital pour y être surveillés en permanence. 
 
Mais pas seulement ! Google X souhaite collaborer avec des chercheurs universitaires et des fabricants de médicaments pour optimiser la précision de son produit et obtenir les autorisations nécessaires à un usage médical auprès des autorités de régulation de santé américaines et européennes. Andy Conrad imagine que les personnes en bonne santé pourraient, à l'avenir, porter ce bracelet afin de détecter les premiers signes de maladie. Google a pensé ce bracelet pour la recherche médicale, principalement dans le cadre d'essais cliniques liés à de nouveaux traitements et non pour le grand public. Grâce à un tel système, les chercheurs pourraient accéder en temps réel aux informations liées aux patients inclus dans ces essais. 
Les premiers tests devraient débuter cet été en Europe et aux États-Unis.
 
Récemment, l'entreprise dévoilait un autre prototype de dispositif à porter également au poignet qui, combiné à une gélule de nanoparticules à ingérer, serait capable de détecter les premiers signes de maladie dans l'organisme. 
 
En 2014 Google présentait un agrégateur de données autour de la santé baptisé Google Fit. Nombreuses applications de sociétés comme Withings avec son Pulse Ox ou la Withings Activité Pop, Runtastic avec sa balance connectée Orbit, ou encore  Adidas MiCoach,... toutes compatibles avec le Google Fit. Ce n'est pas un hasard... Il reste à savoir comment le grand public va réagir sur toutes ces données agglomérées chez Google, même via le milieu médical.
 
 
 
eoliennes et bruit

Chouette idée pour les éoliennes !

Une enquête sur la façon dont les chouettes volent et chassent en silence a permis à des chercheurs de développer un prototype de revêtement de lames d'éoliennes qui pourrait réduire considérablement le nombre de décibels qu'elles génèrent.  

Voilà près de quinze ans que les premières éoliennes ont été implantées en France. Progrès vers une énergie non polluante ? Pas si sûr...
Car selon la Fédération environnement durable, le ministère de l'Ecologie recevrait de nombreuses plaintes relatives aux nuisances de ces nouveaux moulins à vent : des voisins d'éoliennes se plaindraient de nombreuses douleurs physiques comme maux de tête violents, vertiges, nausées,... Une pollution sonore sur laquelle se sont concentrés des chercheurs britanniques et américains via l’étude poussée du vol des chouettes et du silence caractéristique de leurs ailes. 

Le magazine Enerzine.com révèle que les premiers tests du matériau qui imite la structure complexe de l'aile d'une chouette, ont démontré qu'il pourrait réduire considérablement la quantité de bruit produite par les éoliennes et aussi par d'autres types d'ailes, telles que celles rencontrées dans les ordinateurs (ailette du ventilateur) ou d'un avion de ligne. 

L’étude microscopique poussée des ailes des chouettes a en effet permis d’observer la composition des plumes dans leurs moindres détails, révélant un revêtement duveteux ou pelucheux, un “peigne de soie” flexible régulièrement espacé le long de leur bord d’attaque (partie avant de l’aile) et un bord poreux et élastique sur le bord de fuite (partie arrière de l’aile).
Or une grande partie du bruit causé par une aile provient du passage turbulent de l’air sur le bord de fuite. “La structure de l’aile d’un hibou sert à réduire ce bruit, à adoucir le passage de l’air sur l’aile, à diffuser le son de sorte que leurs proies ne les entendent pas venir", explique le professeur Nigel Peake du Département de mathématiques appliquées et de physique théorique à l’Université de Cambridge, et directeur de ce projet d’étude.

Des pales d’éolienne comme des voiles de mariées

Cette étude menée sur la façon dont les chouettes ou les hiboux volent et chassent en silence a permis aux chercheurs de développer un prototype de revêtement de pales d’éolienne qui pourraient réduire de manière significative leur volume sonore. Imitant la structure complexe des ailes de chouettes, cette nouvelle technologie (applicable également aux ailes d’avion ou aux ventilateurs d’ordinateur) permettrait d’augmenter considérablement la vitesse des turbines et d’optimiser ainsi la production en silence.

Ce revêtement particulier, développé par les chercheurs de l’Université de Cambridge, en collaboration avec des chercheurs de l’université technologique de Virginie, de l’université Lehigh et de l’université Atlantic de Floride, consiste à éparpiller le bruit généré par la turbine. Les premières expériences, basées sur un matériau identique à celui utilisé pour les voiles de mariage, ont permis de réduire la rugosité sous-jacente de la surface, diminuant ainsi le bruit de 30 décibels.
Cela étant, si le voile de mariée fonctionne relativement bien, il n’est pas applicable en pratique à une éolienne ou à un avion. Les chercheurs ont donc mis au point, selon les mêmes caractéristiques, un matériau prototype en plastique testé sur un segment d’une pale d’éolienne. Durant les essais en soufflerie, le traitement appliqué a permis de réduire le bruit généré par une pale de turbine éolienne de 10 décibels, sans impact notable sur l’aérodynamisme.

Selon les chercheurs, le revêtement doit encore être optimisé pour espérer un jour l’appliquer sur un avion. Préalablement, le revêtement pourrait être utilisé sur une gamme différente d’ailes et de pales. La prochaine étape sera donc de tester ce revêtement sur une éolienne dans des conditions réelles de fonctionnement. (Source : EDF Juin 2015)

 

Le robot et le samouraï

Une vidéo circule en ce moment sur la Toile. Elle vaut le coup d’œil car elle est belle esthétiquement, impressionnante et forte, mais elle nous laisse immanquablement perplexe. Cette vidéo montre un affrontement sur un dojo. A ma droite, Motoman le dernier robot de la société nippone Yaskawa ; à ma gauche, Isao Machii, un expert du katana, le sabre légendaire des samouraïs.

Les équipes du fabricant de robots industriels et médicaux Yaskawa Electric Corporation ont appris à leur dernier né le maniement du sabre. Comme professeur, un digne héritier des samouraïs, qui, motion capture aidant, a transfusé sa science à la machine. Le résultat laisse pantois. Précision, élégance des gestes, rapidité, tout y est. Regardez :


De toute évidence cette vidéo laisse entendre que le robot est l’égal (voire le supérieur) du samouraï, La machine atteignant le niveau suprême d’un art ancestral.

Ce qui nous laisse une impression de trouble, ce sont les dernières images. Celles où l’on voit le samouraï, en sueur, ayant achevé sa performance. Un homme conscient de son art, mais aussi de sa finitude, de ses faiblesses. L’état d’un homme qui a su parachever un enseignement spirituel, le bushido, fruit d’une culture millénaire.

 

Un regard trouble vers le robot qui en dit long sur les limites de la machine. Dans la main de l’homme, le sabre est un symbole, celui de la vie et de la mort ; le tranchant du hakana symbolise le voile des illusions tranchées par la lame. La gestuelle est codifiée et traduit le respect d’un certain stoïcisme, du courage, de la loyauté. Rectitude, vertu, disposition à accomplir ce qui est juste. Dans la main de l’homme, le hakana exprime une philosophie de la vie. Dans la pince du robot, le hakana se résout à un vulgaire instrument de cuisine. Manié avec précision, avec technicité, mais démuni de l’essentiel.

 

Avec son ours connecté, Google s’introduit dans la chambre des enfants

Dans le film Ted, qui fut un succès au cinéma, le héros John Bennet, enfant solitaire et souffre-douleur de ses petits camarades fait, un soir de Noël, un vœu que des millions d’enfants peuvent faire : que leur ours en peluche prenne vie. Or, cette fois-ci, le vœu se réalise et Ted, pour Teddy Bear, prend vie et devient le compagnon et confident indéfectible de John. L’histoire tourne au drame quand, trente ans plus tard, John n’est toujours pas sorti de l’enfance et refuse la compagnie d’autres êtres que son nounours bien-aimé.
Cette fable est en train de prendre une tournure bien réelle. En effet, Google vient de déposer un brevet pour un ours en peluche bourré de capteurs et de connexions qui le rendent presque vivant.

Depuis longtemps les fabricants de jouets surfent sur la vague des objets connectés et cherchent à mettre au point des produits à forte dose d’innovations. Mais ici, Google va beaucoup plus loin. Le brevet que la firme de Mountain View vient de déposer présente un ours en peluche en apparence tout à fait classique. Sauf que sous ses poils se cachent des dizaines de capteurs : caméras à la place des yeux pour surveiller l’enfant, activer de la reconnaissance faciale pour identifier ses interlocuteurs, et oreilles-micro pour écouter ce qui se passe dans la chambre de votre rejeton. Mais cet ours-là sait aussi parler, chanter, faire de la musique ; il sait bouger les oreilles, la queue, se gratter la tête et cligner des yeux quand l’enfant le regarde. Il sait aussi manifester des émotions : rire, plaisir, ennui.


Ce nouveau Teddy Bear est conçu pour parfaitement interagir avec ses utilisateurs en répondant à des questions ou fixer un objet de son environnement. Mais il est aussi connecté par wifi et bluetooth pour transmettre des données et commander d’autres appareils situés dans son périmètre : par exemple baisser la température de la pièce ou allumer la lumière, la TV, lancer un DVD ou alerter un parent.

Un des rédacteurs du brevet insiste sur le fait que cet ours doit être « mignon ». Il pourra ainsi favoriser la plus large adoption possible y compris parmi les plus jeunes membres de la famille.

Craintes et parano

Toutes ces précisions ne manquent pas de susciter de réelles inquiétudes. C’est ce que souligne la BBC en rapportant la réaction du Centre pour la démocratie et la technologie, organisme américain pour la protection des enfants. Ce groupe appelle les parents à être extrêmement vigilants sur ce type de jouets qui vont déferler dans les années à venir. Il appelle les entreprises à la plus grande transparence pour éviter les excès et dérives, notamment sur les informations qui seront collectées via ces appareils. "En général, alors que la technologie permet d'aller vers l'avant, certains marchés poussent et même détruisent certaines normes sociales, notamment en ce qui concerne la vie privée", a prévenu Jens-Henrik Jeppesen, un de ses dirigeants interrogé par la BBC. "Les entreprises responsables comprendront qu'elles doivent se montrer totalement transparentes au sujet des données privées de tels appareils", a-t-il ajouté.

Ces craintes sont légitimes car, en effet, comment ne pas imaginer que Google, en créant cet ours en apparence fort sympathique, se dispensera de collecter une foule de données de toutes natures lui permettant de mieux cibler ses offres ou, pour d’autres, de situer un système de récolte d’informations au centre le plus intime de la famille.

Le site begeek va encore plus loin dans la parano en se disant que si un hacker parvenait à prendre le contrôle d’un tel jouet, il pourrait ainsi non seulement à loisir espionner une famille mais aussi peut-être commander à distance l’objet. Il renchérit en s’interrogeant sur les enfants qui pourraient se renfermer sur eux-mêmes et sur leur compagnon virtuel en oubliant le monde réel comme c’est le cas dans le film « Ted ». Où quand la réalité rejoint voire dépasse la fiction… éternelle question.

Cette idée, Google n’est pas le seul à l’avoir. Une startup croatienne a créé, dans un autre contexte, Teddy The Guardian. Il s’agit ici d’un ours en peluche doté de différents capteurs qui permet de mesurer et transmettre les principaux indicateurs vitaux (rythme cardiaque, niveau de stress, température du corps) des enfants qui jouent avec lui. Reliée à une application mobile dédiée, la peluche collecte et envoie directement aux professionnels de santé une batterie de données sur les jeunes patients fragiles.

 La hotte du Père Noël va devenir de plus en plus compliquée à garnir dans les prochaines années...

Cicada, ou comment l’armée américaine invente les essaims de drones

Les cicadas sont des insectes de la famille des cigales, originaires d’Amérique du Nord, qui peuvent rester tapies dans le sol pendant 17 ans puis se réveiller soudain, et s‘envoler en essaim de plusieurs milliers d’individus pour se propager et se reproduire.
"Nous nous sommes dits, pourquoi ne pas concevoir des engins volants qui auraient un profil similaire: être tellement nombreux, que l'ennemi ne pourrait pas tous les attraper", explique à l’AFP Aaron Kahn, chercheur au laboratoire de la Marine américaine.

C’est de cette idée qu’est né Cicada, de son vrai nom technico-militaire « Close-In Autonomous Disposable Aircraft », présenté cette semaine au « Lab Day » du Pentagone. Il s’agit d’un mini drone qui tient dans la main et ressemble furieusement à un petit avion en papier. Il est d’ailleurs surnommé « avion origami » puisqu'il se présente, avant utilisation, comme une plaque de circuits imprimés de la taille d'une feuille de papier standard, qu'il faut plier selon le mode d'emploi pour la transformer en drone.

 

Il n’a pas de moteur mais se fait larguer en haute altitude par un avion (ou un autre drone) et est capable de planer à plus de 70 kmh pour atteindre ses zones cibles grâce à son GPS et son gyroscope embarqués. Sans moyen de propulsion, en silence, indétectables, intelligents, les essaims de Cicada peuvent être redoutables. D’autant qu’au cœur de l’appareil sont logés des capteurs de toutes natures ainsi qu’une puce téléphonique permettant d’envoyer des signaux au centre de contrôle. Le prototype ne coûte actuellement que 1000 $. Le prix devait baisser sous les 250 $ rapidement.

Quel est l’intérêt d’un tel engin ? Une cigale tapie près d’une route avec un capteur acoustique peut permettre d’analyser des passages de véhicules. Les possibilités de déploiement en essaim pourraient être utilisées dans la lutte anti-sous-marine, ou pour acheminer des doses de vaccins pour des soldats isolés et en danger. Un capteur sismique embarqué pourrait analyser tous mouvements de véhicules. Doté d’un microphone, il pourrait s’avérait fortement indiscret et retransmettre des conversations à distance. L’imagination des militaires, faisons-leur confiance, est sans borne.
Les applications civiles sont aussi évoquées comme par exemple la distribution par des essaims de cicadas de mini capteurs permettant de mesurer au sol des mouvements des masses d’air pour prévenir plus efficacement les tornades ou autres événements climatiques brutaux.

En dépit de leur apparence inoffensive, ces mini-drones cicadas ne sont pas des jouets et pourraient remplir des fonctions d’espionnage ou de surveillance d’une efficacité inégalée. Une innovation dont les applications seront à surveiller attentivement.

Crédit AFP – Photos Laurent Barthelemy, AFP.

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